Pour Jean-Philippe Tanguy, évoquer des "Français d'origine étrangère" "n'implique aucune discrimination"
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France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9.
Grand entretien ce matin avec Marion Lourdes. Nous recevons un député sortant du Rassemblement National. Il est candidat à sa réélection dans la quatrième circonscription de la Somme, conseiller régional de la Somme également. Vos questions, vos réactions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 ou sur l'application France Inter. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Monsieur, Bonjour Madame. Et bienvenue, vous avez le rôle dans votre parti d'être celui qui est en charge des questions économiques, notamment budgétaires éventuellement, on vous prête même l'ambition ou le destin peut-être, qui sait, de devenir ministre de l'économie d'un prochain gouvernement, Rassemblement National.
Mais laissons de côté la politique fiction, parlons de ce qui est aujourd'hui au cœur de la campagne, à savoir un vide et une forme d'absence. Vous n'avez toujours pas de programme à quelques jours maintenant du premier tour ?
Mais si, vous savez, notre programme, c'est celui de Marine Le Pen à la présidentielle, celui de nos candidats, oui, et celui que Jordan a présenté pour les enjeux européens il y a quelques semaines et qui a été mis très en avant et avec une très belle victoire. Il faut quand même le rappeler parce qu'on a l'impression que cette victoire aujourd'hui paraît bien loin et que tous les événements partent les Français. Et ce programme, il va évidemment être adapté à la cohabitation, mais les Français le savent, la cohabitation. Ils l'ont connu en 1997 avec Lionel Jospin et Jacques Chirac. Vous n'avez pas tous les pouvoirs, vous n'avez pas notamment le monopole.
On va y venir, on va y venir, à la question politique, mais sur la question des programmes, puisque la question est fondamentale dans la mesure où ce sera au cœur de la prochaine législature. Et en l'occurrence, votre parti, depuis que le président de la République a annoncé la dissolution de l'Assemblée nationale, votre parti a formulé plusieurs propositions qui reviennent sur d'autres qui étaient au cœur de la campagne de Marine Le Pen en 2022. Le report de l'exonération d'impôts pour les moins de 30 ans, l'abrogation de la réforme des retraites qui n'est plus une priorité, on va y venir. Cette question du programme, elle est cruciale.
Vous comprenez qu'un électeur, par exemple, pourrait avoir tout simplement envie d'aller sur le site du Rassemblement national et de voir ce que vous proposez ?
Mais monsieur, tout cela n'est pas exact. Quand vous dites que la réforme des retraites ne sera pas une priorité, le fait qu'il y ait un calendrier législatif ne veut pas dire que l'abrogation de la réforme de M. Macron et la mise en place des promesses promises par M. Bardella et par Mme Le Pen est remise en cause. Pas du tout. On va arriver, si les Français nous font confiance, nous arriverons au pouvoir en juillet, en plein pendant les JO. C'est le mot même du président de votre parti, Jordan Bardella ? Non mais, la priorité à l'arrivée du pouvoir, nous allons arriver en plein pendant les JO. Il va falloir gérer les JO olympiques. M.
Bardella a indiqué évidemment qu'on maintiendrait notre confiance dans les services de l'État. Il y a ensuite deux urgences que nous pouvons impliquer immédiatement. C'est le pouvoir d'achat avec la baisse de la TVA. Ça tombe de mesures très fortes sur l'immigration et la sécurité. Et ensuite, le gouvernement doit se mettre en place. Le dialogue avec les partenaires sociaux, les syndicats de salariés, les syndicats patronaux doit se mettre en place. Et nous pourrons abroger la réforme de M. Macron et mettre en place les réformes que nous avons prévues. Mais aucun gouvernement n'a jamais abrogé une réforme des retraites et surtout mis d'autres mesures à sa place dans une semaine en arrivant.
Ce ne serait pas sérieux. Moi, je suis extrêmement surpris, si vous voulez, des doubles attaques dont on fait l'objet. À savoir, on nous accuse de ne pas être sérieux avec des attaques de mauvaise foi sur le programme. Et en fait, on nous reproche le fait qu'on soit trop sérieux sur la mise en place de la réforme des retraites qui, évidemment, demande un temps d'installation, un temps de concertation et un temps de travail. J'ajoute que la crise dramatique des finances publiques, sur laquelle j'ai pu, à de nombreuses reprises, m'exprimer sur votre antenne, impose un travail d'audit très important, un travail de transparence.
Les mots même de l'ensemble des rapports de la Cour des comptes, le rapporteur spécial du Sénat qui a fait un rapport, il faut bien dire, un peu dans l'indice féran général, il y a deux jours, qui explique que le gouvernement a fait de la rétention d'informations sur la situation du déficit, impose la transparence que nous ferons aux Français sur les finances publiques.
Parlons-en des finances publiques, Jean-Philippe Tanguy, puisque vous nous dites, notre première mesure, nos premières mesures, elles concernent le pouvoir d'achat. Il y a donc cette baisse de la TVA sur les prix de l'énergie qui descendrait à 5,5%, la sortie du marché européen de l'énergie pour ce qui concerne l'électricité. Vous avez aussi dans vos cartons une exonération, par exemple, d'impôts sur le revenu pour les médecins qui s'installerait dans les déserts médicaux. Mais rien que cette baisse de la TVA, elle est chiffrée à 12 milliards d'euros par vous, alors Bercy dit 16, avec une dette à 3 000 milliards d'euros. Où est-ce qu'on va le trouver, cet argent ?
Mais nous allons assurer l'équilibre économique de cette réforme. Le bouclier tarifaire de M. Lemay à de M. Macron, qui n'a pas fonctionné, par exemple, a coûté plus de 60 milliards d'euros. Et ils n'étaient pas, comment dire, harcelés au quotidien de questions pour savoir comment ils allaient le financer. Alors si, on pose la question à tout le monde, M. Tanguy. Oui, écoutez, il a pu dépenser de l'argent n'importe comment, sans que visiblement ça pose de problème à pseudo-experts qui se réveillent maintenant. Nous ne laisserons pas filer le déficit.
Donc nous prenons un certain nombre de mesures, un certain nombre de niches fiscales, sur un certain nombre de gabgis que j'ai identifiés en commission des finances et que j'ai dénoncés régulièrement depuis deux ans. Mais il y aura un équilibre financier.
Est-ce que vous pouvez être un peu plus précis ? Un certain nombre de niches fiscales, ça veut dire qu'on va augmenter les impôts ?
Nous allons répartir les impôts différemment. Vous-même, vous dites que nous allons baisser la fiscalité sur la consommation pour les catégories populaires et moyennes de 14 à 16 milliards d'euros. Donc nous allons les compenser par d'autres mesures. Ce ne sera pas donc une baisse ou une hausse d'impôts, ce sera une répartition différente de l'effort fiscal. Puisque ce qui se caractérise le mandat de M. Macron, c'est l'injustice fiscale. Nous avons à la fois le record d'impôts depuis 7 ans et une très mauvaise répartition de cet effort qui est toujours fait sur les mêmes. Et nous, nous voulons redonner en fait de l'air aux classes moyennes et populaires. C'est tout l'enjeu de cette réforme.
Mais évidemment, elles seront financées. Il n'y aura pas de fuite en avant sur le déficit public. J'ajoute que Jordan Bardella annoncera des mesures beaucoup plus précises la semaine prochaine. Et nous sommes en train de finaliser la consolidation de ce plan avec ces deux étapes, les urgences tout de suite en arrivant et les réformes que nous mettrons en place à l'automne, puis à l'automne, à l'hiver et au printemps.
Alors, on aurait aimé en savoir plus sur le financement, mais ça marche aussi pour ce qui est des comptes sociaux. Parce que Marie-Élise Léon, la patronne de la CFDT qui était là juste avant vous, à ce micro, elle nous a parlé de cette baisse des cotisations qui permettrait d'augmenter le revenu disponible des salariés que vous prévoyez et qui fait aussi partie de vos mesures pour le droit d'achat. Et là, c'est pareil, il y a un trou de la sécurité sociale.
Absolument pas.
Où trouver l'argent ?
Madame Léon fait semblant de ne pas comprendre cette réforme, ou peut-être ne veut-elle pas la comprendre, puisqu'elle refuse systématiquement de débattre avec nous. Ce n'est pas une perte de recette, puisque ce sont des hausses de salaire qui n'existent pas. Ce que nous proposons, c'est quand une entreprise met un accord cadre qui permet d'augmenter en une seule fois les salaires de 10%, alors sur cette hausse de 10%, il n'y aura pas de charge patronale afférente sur cette hausse.
Et donc cet argent n'ira pas à la sécurité sociale, aux retraites ?
Non, mais excusez-moi, c'est important parce qu'on entend n'importe quoi sur cette réforme. Il n'y aura donc pas de baisse des cotisations sociales sur la masse salariale existante, et bien au contraire, à partir du moment où vous avez une hausse de 10% des salaires, vous aurez des retours fiscaux très importants, puisque les gens seront libres de mieux consommer. Aujourd'hui, et ce qui a faussé un certain nombre de prévisions économiques du gouvernement depuis deux ans, qui explique une partie du déficit caché de la dernière année, c'est que le taux d'épargne des Français est trop important, y compris des classes moyennes. Ça veut dire quoi ?
Non, ils n'ont pas trop d'argent, mais comme les Français ont peur des hausses d'impôts, ou ont peur de l'inflation, ils mettent de côté plus d'argent que nécessaire, et donc ça freine la consommation. Or, vous savez très bien, le rôle de la consommation dans la croissance française est primordial. Donc en redonnant confiance aux Français, en leur redonnant de l'air, et en les payant mieux collectivement pour le travail qu'ils assurent, nous redonnerons de l'air et nous relancerons la croissance française. C'est le premier pilier du retour de la croissance, le deuxième étant de libérer les forces économiques pour produire en France.
La Bourse de Paris a vu tous ses gains depuis janvier s'évaporer cette semaine. La pire semaine, on le disait tout à l'heure dans notre chronique éco pour le marché actions depuis mars 2022 et l'invasion de l'Ukraine. Comment est-ce que vous pouvez rassurer les milieux économiques aujourd'hui ?
Mais M. Macron joue à l'apprenti sorcier avec M. Le Maire, puisqu'il prend des décisions inopinées, et non seulement elles sont inopinées pour les marchés, puisqu'il avait dit le contraire aux Français et aux marchés la semaine d'avant, en disant que jamais ils ne céderaient à la demande populaire de dissoudre, mais ils ne font que faire peur aux marchés. En racontant absolument n'importe quoi sur le programme économique et financier du Rassemblement National, qui évidemment pourrait gagner ces élections, il joue avec le feu.
Donc aujourd'hui, tout ce qu'on perd des épargnants, tout l'argent qui est mis sur les marchés, ce que nous devons emprunter plus cher, puisque le spread, c'est-à-dire l'écart du taux d'intérêt entre la France et l'Allemagne, s'est malheureusement dégradé, tout cet argent est perdu pour les Français, à cause des manipulations de M. Macron et de M. Le Maire, qui mentent matin, midi et soir aux marchés, aux Français, qui font peur à tout le monde. Donc les marchés s'agitent, et c'est de l'argent et de l'épargne perdus pour les Français.
Donc c'est très grave, parce que je vois que c'est présenté, pas ici, mais dans un certain nombre de médias, comme, comment dire, quelque chose de drôle, ou peut-être des agitations de campagne. Non, le comportement notamment de M. Le Maire, qui utilise les moyens de l'État pour faire des expectatives bidons et pour affoler les marchés, a des conséquences concrètes sur l'épargne des Français et sur les intérêts que vont devoir payer les contribuables. Ça veut dire que pendant cette période de folie, où le ministre des Finances, au lieu de rassurer les marchés, leur fait peur, et bien les contribuables vont devoir payer pour cette agitation et pour cette propagande de campagne.
Et maintenant, avec le programme du Front Populaire, qui vient nourrir cette anxiété, qui vient nourrir cette folie sur les marchés, ça va coûter malheureusement très cher aux Français pour trois semaines de baratin. Donc moi, j'appelle tout le monde à la mesure, j'appelle tout le monde à la responsabilité. Quand il y avait des menaces sur la notation française par les agences de notation, jamais le Rassemblement National n'a mis de l'huile sur le feu. Nous n'avons jamais appelé à la sanction de la France. Nous n'avons jamais appelé aux sanctions des marchés ou au comportement de M. Le Maire.
Nous avons toujours agi en responsabilité, parce que quand un parti politique d'opposition, et encore plus un parti au pouvoir, fait peur au marché, il fait payer la facture aux Français. Et je trouve que c'est dramatique, et je voulais le dire ce matin, je vous remercie de poser cette question, parce que ça a des conséquences très concrètes sur les gens.
De nombreuses questions d'auditeurs. Jean-Philippe Tanguy, et notamment celle d'Ahmed, le Rassemblement National, pendant la réforme des retraites, beaucoup d'auditeurs y reviennent. C'était prononcé contre. Et contre, est-ce qu'aujourd'hui, vous pouvez dire que vous allez abroger la retraite à 64 ans et revenir à 62, oui ou non ? Qu'on comprenne de manière simple et claire.
La retraite de M. Macron, qui a fait porter l'âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans, sera abrogée. Le Rassemblement National a toujours dit qu'elle était économiquement non viable. Pourquoi ? La réforme Wörth-Fillon de 2008-2010 a été expertisée par l'adresse et la Cour des comptes. Cette réforme a des coûts cachés. Qu'est-ce que c'est ? C'est intéressant pour ceux qui nous écoutent. Ça veut dire que quand vous obligez des gens qui ont un travail pénible ou douloureux à travailler plus longtemps, les corps, malheureusement, s'abîment et la vie est difficile. Et donc, vous avez des coûts sociaux. C'est-à-dire que vous avez une hausse des pensions d'invalidité, malheureusement.
Vous avez une hausse des maladies chroniques. Vous avez une hausse des handicaps liés à l'usure du corps. Et tout cela a des coûts. Ça coûte 3 milliards pour la réforme Wörth-Fillon. Ça coûtera, selon les experts, entre 3 et 5 milliards. C'était 3 milliards, pardon, évidemment, pour la réforme Wörth-Fillon. 3 à 5 milliards pour la réforme Borne. Donc, ce sont des coûts cachés. Donc, c'est économiquement pas viable. Et donc, les mesures annoncées par Jordan Bardella et Marine Le Pen seront appliquées. La seule chose que nous devons faire, c'est concerter...
Elles seront appliquées si vous êtes aux responsabilités.
Oui, c'était le sens de votre question, M. Badou. C'était dans l'expectative où nous gagnons, évidemment. C'était pour faire une transition vers la prochaine question. Pardon, excusez-moi. Mais nous devons concerter, moi, si vous voulez. On va sortir de 7 ans de macronisme où les corps intermédiaires ont été écrasés. Où les syndicats ont été écrasés. Eh bien, nous ne gouvernerons pas comme M. Macron. Nous gouvernerons fidèlement aux esprits de la 5ème République qui, je vous rappelle, est une République sociale. Et une République sociale, elle est fondée sur la concertation des acteurs sociaux.
Jean-Philippe Tanguy, vous parlez au futur. Comme s'il n'y avait pas de doute sur la victoire de votre plan et du Rassemblement national. Vous avez évidemment lu la presse et notamment le journal Le Monde hier avec le président de la République qui parle de cette dissolution comme une décision qu'il avait prise depuis plusieurs semaines. Il dit, je cite, je suis ravi, je leur ai balancé ma grenade dégoupillée dans les jambes. Maintenant, on va voir comment ils s'en sortent. Est-ce que vous êtes si sûr d'avoir la main ?
Ou est-ce que vous n'avez pas l'impression, en lisant justement ces propos rapportés et la confiance du président de la République, d'être finalement tombé dans une sorte de piège électoral ?
Non, mais vous connaissez cette phrase qui s'applique parfaitement à M. Macron. Les événements le dépassent. Il feigne d'en être l'auteur. M. Macron...
Non, en l'occurrence, c'est lui qui en est l'auteur de la dissolution.
Non, c'est le peuple français qui a représenté...
Non, c'est lui qui est la origine de la dissolution.
Eh bien, moi, je pense que les hommes politiques, y compris le président de la République, doivent servir le peuple et c'est le peuple qui s'est exprimé. Et l'avance de Jordan Bardella a été telle que le pays n'était plus gouvernable par M. Macron, qui devait, je vous rappelle, trouver 95 milliards d'euros de réformes et d'économies pour s'en sortir. Et donc, il a décidé d'obéir au peuple français. Maintenant, il fait croire que c'est lui qui ne dirige tout absolument pas. Il est évident que M. Macron a dû céder au peuple français. Maintenant, c'est le peuple français qui, une fois de plus, va décider de son destin. C'est lui qui va aller voter. C'est lui qui va aller faire son choix.
Et je crois que M. Macron n'avait prévu ni la grande coalition qui a réussi à rassembler Jordan Bardella et Marine, de tous ceux qui veulent redresser la France, M. Dupour-Aignan, M. Ciotti, Mme Marion Maréchal. Et je pense qu'il n'avait pas non plus vu cette alliance très mal nommée du Nouveau Front Populaire qui rassemble, il faut bien le dire, tous les sociopathes violents de l'extrême-gauche et les sociotraites socialistes comme M. Rousseau qui a organisé la réforme des retraites portant l'âge de 62 à 64 ans. Sociotraitres ? Ah oui, sociotraitres, les socialistes français. Je pense qu'on peut dire les sociotraitres. D'ailleurs, c'est comme ça que les appelait M.
Mélenchon quand ils étaient au pouvoir. C'était les solfériniens sociotraites.
Non, mais c'était étonnant d'entendre un vocabulaire qui appartient à l'extrême-gauche dans votre bouche, Jean-Philippe.
Je crois que c'est un vocabulaire qui appartenait aussi au général de Gaulle qui n'avait pas beaucoup d'admiration ou de respect pour les socialistes de salon qui font de belles promesses aux travailleurs et quand ils sont au pouvoir, les trahissent une fois plus. M. Rousseau qui va être candidat de ce Front Populaire alors qu'il a organisé la réforme des retraites pendant plus d'un an avec Mme Borne, c'est tout simplement scandaleux.
Vous parliez d'Éric Ciotti à l'instant, le patron du parti Les Républicains. Vous avez passé un accord avec lui. On a vu hier que la justice a tranché, elle a invalidé en référé l'exclusion d'Éric Ciotti de la présidence du parti Les Républicains. Il reste donc à la tête de sa formation. Mais tout de même, vous avez conscience que votre allié pour l'élection,
il est quand même divisé, fracturé. Mais il est divisé entre ceux qui étaient des macronistes cachés ou qui ont participé à la faillite de la France et ceux qui veulent redresser notre pays. Moi, c'est une clarification dont je me félicite que j'avais moi-même fait en rejoignant, alors que j'étais à Debout la France, Mme Le Pen. C'est qui est-ce qui veut aider à redresser la France ? Bon, écoutez, moi, je suis plutôt content qu'un certain nombre de gens qui ont malheureusement une responsabilité dans les difficultés que traversent nos concitoyens, que traversent les Françaises et les Français, aient fait le choix de rester du côté de M. Macron. Ça clarifie les choses et M.
Ciotti a été très courageux.
Et vous avez un accord avec eux sur 70 circonscriptions. Est-ce que vos programmes, ils sont vraiment conciliables ? Parce que, par exemple, vous, vous voulez annuler la réforme de l'assurance chômage ? Eux, pas du tout. Vous voulez un retour à la retraite à 60 ans ? En tout cas, à long terme, ils ne le souhaitent pas. Il y a vraiment des points communs sur vos programmes ou c'est uniquement électoraliste ?
Absolument pas. Écoutez, ce n'est pas électoraliste parce que vu le courage qu'il a fallu à M. Ciotti dans une circonscription qui était ingagnable pour le Rassemblement National, M. Ciotti est très bien implanté. D'ailleurs, ce n'est pas une attaque qui a été faite par nos adversaires. Donc, c'est sur le fond, c'est redresser la France. Nous avons des points d'accord sur la sécurité, sur l'immigration, sur la sécurité, sur le respect des institutions, sur l'école, sur un certain nombre de questions de société comme le respect de la langue française qui peut paraître anecdotique, mais pour moi, ça ne l'est pas.
La lutte contre l'écriture inclusive, c'est la défense de la civilisation française. Qu'est-ce que vous entendez,
la défense de la langue française ?
L'écriture inclusive, M. Badou. Le fait qu'un certain nombre d'administrations, de membres de ce que j'appelle du monde académique résistent à la constitution française qui dit qu'il y a une seule langue en France et qu'ils la martyrisent, qu'ils veulent la changer contrairement à ce que veulent une très grande majorité des Français. Donc, vous voudriez interdire l'écriture inclusive ? Totalement interdire l'écriture inclusive.
Totalement interdire ?
Totalement, dans la mesure des moyens de l'État. Comment allez-vous faire
lorsque deux personnes s'échangent un SMS ?
Dans la limite des moyens de l'État, c'est évidemment l'utilisation du français dans l'administration, dans la communication publique et dans le monde académique. Je vois à l'universitaire un certain nombre d'universitaires qui sont payés par l'État français, qui doivent obéir aux lois françaises, qui veulent imposer l'écriture inclusive alors qu'ils n'en ont pas le droit. S'ils veulent écrire des SMS incompréhensibles entre leurs amis, ils le font.
Mais j'en doute parce que je connais un certain nombre personnellement de personnes qui utilisent l'écriture inclusive pour faire les malins dans leur salle de classe ou dans le grand public mais qui m'écrivent des textos en français normal parce que c'est tout simplement impraticable et illisible. Je crois que cette petite anecdote illustre bien leur hypocrisie et le fait que l'écriture inclusive est une espèce de poison politique bien loin de la réalité des gens. De poison politique ? Oui, c'est un poison politique parce qu'on essaie d'utiliser la langue française pour ce qu'elle n'est pas. Vous savez très bien, M.
Badou, de par vos études et de par vos connaissances que la langue, ce n'est pas juste un véhicule ordinaire. Il y a un projet politique que la langue est vivante, qu'elle évolue. Et donc, quand on veut lui donner un sens, elle perd le sens patrimonial qu'elle a. Par ailleurs, nous voulons aussi défendre le français face à l'anglais. Et nos amis québécois nous montrent le chemin. Défendre sa langue, c'est défendre sa culture, son indépendance d'esprit. C'est aussi défendre, M. Badou, la façon dont on pense.
Vous savez très bien qu'une langue traduit la façon dont on pense et quand un certain nombre d'élites ou de messages publicitaires pensent en anglais, eh bien, ça se polie les français de leur culture et de leur façon de penser. L'utilisation de la langue, la protection de la langue, sous cloche, c'est très important pour la défense de la culture et de la pensée en général. Je crois que cette conviction dépasse largement le Rassemblement National. Jean-Philippe Tanguy. Peut-être même que vous y pensez parfois.
On ne parle pas beaucoup d'environnement dans votre programme, dans votre profession de foi. Ce n'est pas un sujet malgré le nombre de morts du chaque année à la pollution de l'air ?
Bien sûr que si, c'est un sujet. Nous avons un plan clé en main pour la décarbonation qui s'appelle le plan Marie Curie. C'est votre serviteur qui l'a rédigé. C'est un plan de 40 pages pour assurer la neutralité carbone, la fin des particules polluantes, avec le nucléaire, avec le développement de l'hydroélectricité, avec la transition des centrales à charbon que M. Macron a maintenues en service vers la biomasse propre. C'est M. Loubet dans sa circonscription de Moselle qui le propose. Donc nous allons dépolluer l'atmosphère française avec des méthodes.
Mais ce n'est pas dans les priorités.
Mais si, c'est une priorité. Mais c'est un plan sur 5 ans. Ce n'est pas dans l'actualité aujourd'hui. Mais ce plan, il existe. Il n'a pas changé. Je vous remercie d'en parler. Le plan Marie Curie, vous verrez qu'il est très développé pour permettre la neutralité carbone et la fin de la pollution atmosphérique.
Jean-Philippe Tanguy, des questions au standard. Bonjour Géraldine. Bonjour. Et bienvenue sur France Inter. Vous avez une question pour notre invitée. Bonjour Madame.
Oui, oui, oui. Oui, bonjour Monsieur. Vous promettez une hausse des salaires de 10% exonérée de cotisations. Mais cela ne dépend pas du gouvernement. Cela dépend des entreprises. Donc comment pensez-vous que les entreprises vont répondre à votre promesse ?
Merci Géraldine pour votre question et c'est effectivement une question qui se pose puisque ce n'est pas l'État qui décide des augmentations de salaires.
Absolument. C'est notre différence fondamentale avec le programme de la NUPES Nouveau Front Populaire. C'est un accord d'entreprise et donc évidemment c'est qu'au sein d'un accord d'entreprise quand l'entreprise choisit de pousser à 10% pour tous les salariés sans discrimination il y aura cette baisse de charges.
Nous voulons les inciter parce que nous avons la certitude qu'aujourd'hui les entreprises veulent augmenter les salaires qu'ils ont conscience que leurs employés ne peuvent pas vivre dignement avec leurs salaires mais aussi pour attirer des nouveaux talents et donc nous pensons que les entreprises sont volontaires pour faire cette augmentation mais oui vous avez raison ce ne sera pas une augmentation automatique mais nous ne l'avons jamais prétendu.
Votre président le président du Rassemblement National a parlé de français d'origine étrangère qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Reprenez l'expression à votre compte ?
Il y a des français qui sont d'origine étrangère comme monsieur Bardella lui-même qui est d'origine italienne par ses parents je ne vois pas qu'est-ce que ça veut dire d'autre que ça ça n'implique et j'ai été attentif à ce qu'a dit Jordan Bardella hier aucune discrimination évidemment tous ceux qui aiment la France quelle que soit leur origine quelle que soit d'ailleurs leur pensée politique et qui sont c'était la fin de la phrase sont donc français évidemment de droit de cœur de plein droit et donc nous ne faisons aucune différence entre les français quelle que soit leur origine seul l'amour de la France de la patrie et du respect des lois nous importe et Jordan Bardella je crois en est l'incarnation puisqu'il est lui-même le fruit de cette assimilation de cette réussite républicaine
et le droit et la citoyenneté merci Jean-Philippe Tanguil d'avoir été un député de France Inter Merci d'avoir regardé cette vidéo
Jean-Philippe Tanguy