Julien Odoul : "Les électeurs de droite ont été dégoûtés par la droite au pouvoir !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:59OuverteRéponse directe
La présidentielle, il en a envie, à votre avis ?
- 4:58OuverteRéponse directe
Vous êtes d'accord avec cette analyse, Julien Audoul ?
- 7:54OuverteRéponse directe
Quelles sont les différences entre Marine Le Pen et Jordan Bardella ?
- 9:05OuverteRéponse directe
Le RN est-il de droite ou de gauche ?
- 9:11RelanceÉludée
Pouvez-vous citer une réforme de droite dans les 40 dernières années ayant eu un intérêt important pour les Français ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:44PrésentateurFait
« Nicolas Sarkozy est le dernier à avoir fait gagner la droite. »
Temps de parole
- Présentateur55 %
- Présentateur 225 %
- Présentateur 310 %
- Locuteur non identifié5 %
- Locuteur non identifié 25 %
≈ 3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Julien Audoul nous a rejoint, député Rassemblement National de Lyon. Voilà, vous le voyez, le livre « Ce que veulent les Français ». Bon, il n'y a plus de doute, ce sera lui en 2027. Bonsoir. Bonsoir. Si vous me permettez cette introduction. C'est important, vous avez raison. Non mais, Jordan Bardella a présenté, non pas un livre programme ou un livre de campagne, mais un livre témoignage. Un livre témoignage de Français oubliés, de Français qui incarnent le pays réel, que ce soit une infirmière, la mère d'un petit village de la ruralité, un fonctionnaire de police qui est intervenu au Bataclan, un agriculteur, un pêcheur.
Tous ces Français qui, par leur visage, par leur sociologie, par leur parcours, par leur opiniâtreté aussi au quotidien, incarnent la France. Et il a voulu leur donner la parole, justement, pour montrer à la classe politique qui est responsable de la situation terrifiante que nous traversons, de dire « Regardez ce que veulent les Français et regardez ce qu'ils nous disent. » Leur donner la parole et s'adresser à eux, leur transmettre des messages. Justement, cet exercice-là, il est révélateur. C'est un autre exercice, ce n'est pas juste une introspection, une autobiographie comme l'année dernière. Il va plus loin, là. Pour le coup, ce n'est pas leur transmettre des messages.
Jordan Bardella les a écoutés. Ça a été des rencontres dans l'intimité de ces Français, sur leur lieu de travail, chez eux, sans journaliste, où il a véritablement pris comme seul outil un calepin pour retranscrire ce que ces Français avaient à lui dire. Il les a écoutés, parce qu'aujourd'hui, la classe politique, depuis même 30 à 40 ans, n'écoute plus les Français. Donc, en tout cas, ce n'est pas une candidature. Il n'est pas candidat pour 2027, Jordan Bardella. Il se prépare, évidemment, à exercer le pouvoir.
Il l'a toujours dit, puisque, en cas de dissolution, notamment, il est prêt à exercer la charge et la mission de Premier ministre si les Français nous donnent une majorité à l'Assemblée nationale. Et la présidentielle, il en a envie, à votre avis ? Mais, Jordan Bardella l'a toujours dit, Marine Le Pen est notre candidate naturelle. Il est le candidat naturel pour Matignon. Si, par malheur, Marine Le Pen était empêchée et ne pouvait pas, pour tout un tas de raisons, se présenter à l'élection présidentielle, c'est évidemment Jordan Bardella qui serait notre candidat.
Ce qui est intéressant dans ce livre, Julien Audoul, c'est que Jordan Bardella, et ça c'est factuel, on ne peut pas me contredire, il est très jeune, il a 29 ans, et qu'il essaye de se donner une épaisseur en donnant la parole à d'autres personnes qui, d'une certaine façon, lui font son apprentissage sur des métiers. Et il le dit, j'essaye d'apprendre à penser contre moi-même. Et c'est vrai que, quand on écoute Jordan Bardella, il est beaucoup moins affirmatif, évidemment, qu'une personne comme... C'est naturel, comme Mme Le Pen, qui est plus âgée que lui.
Et d'ailleurs, il donne une interview, demain, dans le Parisien, ce soir, dans le Parisien, qui est très intéressante, à deux ou trois titres, si vous me permettez de développer... Une interview sous forme d'échange avec des Français, là encore. Alors là, c'est encore avec une forme d'échange à l'œil français, mais ça, c'est la technique du Parisien. Avec l'électeur du Parisien, oui. Et ce qui est intéressant, c'est qu'il dit une chose sur Marine Le Pen, sur Marine Le Pen, c'est qu'il dit... C'est peut-être la solution au dilemme du RN. Je suis en politique parce que c'est Marine Le Pen... Marine Le Pen, qui m'a, à l'âge de 16 ans...
Qui m'a influencé, c'est pas négatif d'ailleurs, qui a inspiré mon engagement en politique. Et puis, voilà. Mais il dit des choses qui sont assez intéressantes, que moi, c'est la première fois que j'entends. Ah, lesquelles ? La première, c'est sur Nicolas Sarkozy. Ah oui. Où il dit, c'est la dernière fois qu'un homme de droite, qu'un homme politique de droite a gagné une élection. Et ça m'inspire, je réfère comme lui, parce qu'il a su rassembler des classes populaires, des bourgeois, des classes moyennes. C'est le dernier qui a réussi cet exploit.
Le dernier, alors précisément, on a l'extrait, le dernier qui a réussi à faire gagner la droite, c'est Nicolas Sarkozy, parce que précisément, il a fait ce que moi, je souhaiterais faire. C'est cette jonction entre l'électorat populaire, l'électorat des classes moyennes, et une partie de la bourgeoisie patriote pour rassembler un maximum de... C'est pas Marine Le Pen qui parle là. Et surtout, il dit ce qui est... Moi, je souhaiterais faire. Moi, ce que je souhaiterais faire. Une deuxième citation qui me paraît très importante, c'est sur le Rassemblement national et la France insoumise. Ce sont les deux seuls partis qui ont des convictions, en gros.
Alors, est-ce que c'est subliminalement son rêve de se retrouver en deuxième tour de l'élection présidentielle face à Mélenchon, parce qu'il sait qu'il serait probablement le favori, si c'était le cas ? Mais il dit que, malgré leur divergence, nous avons, avec la France insoumise, deux mouvements politiques pour lesquels les électeurs émettent un vote de sens et de sentiments. Et il va plus loin... Vous êtes d'accord avec cette analyse, Julien Audoul ? C'est factuel. C'est factuel. Et autant, vous savez, toute l'inimitié, voire plus, que je porte à la France insoumise.
Mais force est de constater, et on le voit d'ailleurs dans les débats budgétaires, que les deux seuls partis, que les deux seuls groupes qui sont cohérents, qui ont un projet de société antagoniste, notre projet de société n'a rien à voir, il est aux antipodes de celui qui est porté par Jean-Luc Mélenchon, mais que face au marasme, en fait, de ce centre, de ce gloubi-boulga, qui ne signifie rien, qui n'a pas de cône vertébrale, qui est capable de changer d'avis dix fois, de se renier dix fois, nous sommes, et je le dis, nous serons face à l'extrême-gauche en 2027, puisque l'extrême-gauche a un projet qui est délétère, qui est un projet de déconstruction, mais qui arrive à capter, malheureusement, une part de l'électorat.
Mais quand on vote PS, ce n'est pas un vote de conviction ? Ce n'est pas un vote de sens ? Non, non, non. On voit bien le GPS, qui s'est renié, trahi, vendu, qui, par opportunisme, tantôt fait alliance avec la France Insoumise pour avoir des postes, tantôt, pour ne pas perdre son poste, fait alliance avec les macronistes et sauve le gouvernement. Tout cela, évidemment, n'a pas de méroir. Pour vous, le PS, Macron, etc., c'est la même chose. D'ailleurs, il leur taille un costard, si vous me permettez l'expression.
PS et LR, ils disent de toute manière, ils ne vont jamais avoir le courage de voter la censure et d'aller vers une dissolution, parce qu'ils sont sûrs de se rétamer si jamais il y a une dissolution à venir la prochaine fois. Ils sont prêts à vendre leur mère et à couper un nombre. Oui, oui, oui, pour ne pas que ça ait lieu. Et alors, dernière remarque, si vous me permettez, c'est sur les retraites, parce que ça, les retraites et le Rassemblement National, c'est toujours très intéressant. Pour la première fois, me semble-t-il, Jordan Bardella dit que, eh bien, il n'est pas sûr qu'il faille un âge légal de départ à la retraite.
C'est très intéressant, parce qu'on était à 60 ans, après, ils sont consentis de passer à 62. 62 ? Et maintenant, comme ils sont embarrassés, à mon avis, il n'y a plus d'âge légal. Plus d'âge légal, Mignotoul ? Je vais démentir deux fois Yves Tréard. La première fois, Jordan Bardella n'a pas 29 ans, mais 30 ans. Oui, bon, voilà. Ça, on vous l'accorde. Et la deuxième, sur les retraites, il faut quand même étudier le programme de 2022 de Marine Le Pen, qui est un système progressif, c'est-à-dire qu'à partir de 42 annuités travaillées, quand on a commencé à travailler à partir de 20 ans, c'est un système qui est progressif, c'est-à-dire qu'on a commencé à travailler à 25 ans, on part à 67.
Oui, mais qui ne rapporte pas d'argent. Donc, il n'y a pas... Bien sûr que si. Qui ne rapporte pas d'argent. Si vous n'avez pas d'âge pivot, vous ne pouvez pas gagner d'argent. Non, mais encore une fois, ce n'est pas une question de gagner de l'argent. La retraite, je sais, on n'est pas d'accord, mais la retraite n'a pas été pensée pour gagner de l'argent. Pas pour en perdre, il ne faut pas qu'on en perde. Vous allez en perdre. Mais ça n'a pas été pensé pour gagner de l'argent. Ce qu'il faut, c'est relancer la natalité et surtout relancer... Mais en tout cas, est-ce que ça ne souligne pas pour vous des différences entre Marine Le Pen et Jordan Bardella ? Quelles sont ces différences ?
Il y a bien des choses qui les distinguent. Ah oui, bien sûr. Énormément de choses. C'est un homme, c'est une femme, il a 30 ans, il est un petit peu plus âgé, il a son parcours, il est né en Sinsanis, il a sa sensibilité. Effectivement, ce ne sont pas des clones. Mais sur les idées, il y en a un qui est plus libéral que l'autre, non ? Non, ça, encore une fois, c'est du commentaire, excusez-moi, journalistique. Il n'y en a pas un qui est plus... C'est pas un détail. Mais non, mais non, ils ont le même programme, ils ont la même volonté pour les Français, ils ont les mêmes orientations. Après, qu'ils les expriment différemment en fonction de leur sensibilité, c'est tout à fait normal.
Alors, encore une fois, ce ne sont pas des robots qui disent exactement la même chose avec les mêmes mots
et les mêmes relations. C'est pour ça que c'est intéressant
de l'analyser.
Je viens en dos. Vous savez sur quoi je vais vous titiller. Vous le savez très bien. Alors, effectivement, Yves Trier l'a rappelé. Jordan Bardella, dans cette interview au Parisien, dit Nicolas Sarkozy est le dernier à avoir fait gagner la droite, ce que moi j'aimerais faire. Donc, il se positionne clairement à droite. En tous les cas, c'est l'électorat qui veut aller chercher droite populaire comme droite bourgeoise. Il veut faire cette union-là. Marine Le Pen, ces dernières semaines, ces derniers mois, n'a eu de cesse de répéter sur tout un tas de plateaux qu'elle n'était ni de droite ni de gauche.
Notamment parce qu'on lui disait qu'elle était de droite et il disait non, non, je ne suis pas de droite, surtout pas. Le RN est-il de droite
ou de gauche ? Alors, pour vous répondre, je vais vous demander, vous poser une question. Est-ce que vous pouvez me citer la réforme de droite, la politique de droite dans les 40 dernières années qui a eu un intérêt extrêmement important pour les Français ? L'allongement de la durée de départ à la retraite. Non, mais je vous parle de quelque chose d'important. Je ne vous parle pas d'une bidouille. Encore une fois, rien. C'est quand même pas rien. C'est quand même pas rien. C'est une bidouille.
Est-ce que le RN va porter des mesures de droite qui vont faire changer la vie des Français ou est-ce que le RN est toujours un parti qui n'est ni de droite ni de gauche ? Mais on est un parti de rassemblement
qui va bien au-delà de la droite. Dans les 11 millions d'électeurs du RN, dans nos adhérents, dans nos sympathisants, vous avez des gens qui viennent de la droite, vous avez des gens qui viennent de la gauche. Vous avez des gens qui n'ont jamais été encartés dans un parti politique qui voit en Marine Le Pen et Jordan Bardella des figures d'avenir et une espérance pour le peuple français. Mais il y a quand même un autre indice. On parle beaucoup de la taxe Zuckman. Marine Le Pen est totalement opposée à la taxe Zuckman comme la droite. Et Jordan Bardella aussi. Mais comme la droite en tout cas.
Je ne sais pas comme la droite ou peut-être comme la droite où la droite est attachée comme Marine Le Pen et Jordan Bardella justement à ce que les entrepreneurs, les entreprises ne quittent pas la France et ne soient pas taxés et ratiboisés. Peut-être. Mais au-delà de ce débat, encore une fois, qui est archaïque pour moi, le clivage gauche-droite, il est préhistorique. Parce que quand vous regardez le gouvernement, vous avez autant de gens de droite que de gens de gauche. Vous avez un conglomérat de mondialistes de gauche et de mondialistes de droite. Le pire de la gauche et le pire de droite qui se sont réunis au sein de ce qu'on a appelé la Macronie, le nouveau monde.
Mais si on dit nationaliste, est-ce que ça vous convient davantage ? Nationaux, ça me va bien. Patriotes, ça me va bien. Souverainistes, ça me va bien. On est un parti aujourd'hui de rassemblement qui, je le dis, va bien au-delà. Parce que la droite, vous savez, on peut se dire de droite parce qu'on a une fibre, on a, encore une fois, une sensibilité qui va sur des préjugés de droite. L'ordre, le mérite, le travail, etc. Sauf que la droite, quand elle a été au pouvoir, a percuté ses fondamentaux et ses préjugés. Elle a fait tout l'inverse. Notamment Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy a fait ce rassemblement magnifique en 2007. sauf qu'il a fait au-delà de la droite, au-delà de la droite.
Nicolas Sarkozy a rassemblé des patriotes qui aussi n'étaient pas forcément de droite. Pour autant, la politique qu'il a menée, si on se rappelle des 500 000 naturalisations, un million de tuts de séjour, une politique qui a été désavastatrice pour les entreprises, pour la fiscalité et autres, c'était une politique que je ne considère pas de droite mais qui a été mondialiste, européiste et qui a eu des effets terribles sur le que tient les Français.
Vous aviez une question ? Oui, en fait, je voulais revenir sur ça. C'est-à-dire que vous, vous ne voulez pas vous prononcer mais je rejoins ce qu'a dit à l'instant Victor. Jordan Bardella est très explicite par rapport aux termes de droite donc j'ai l'impression que ça vous semble infamant. Lui, il n'a pas l'air du tout de rejeter cette position. Pourquoi vous n'arrivez pas à vous aligner sur quelque chose qui semble quand même assez évident ?
En tout cas, sur la taxe Zuckman, les seuls qui la rejettent sont les partis de droite et ça, que vous le vouliez ou non, vous êtes aligné quand même sur une ligne idéologique donc je pense que la ligne d'un parti elle n'est pas uniquement constituée par ses électeurs, c'est une orientation dans ce que vous décidez au niveau de votre parti et j'ai du mal à comprendre en fait pourquoi vous rejetez ce vocable.
Alors je ne rejette pas du tout la droite, vous savez, moi je suis élu député sur une terre de droite avec des électeurs de droite qui ont été lassés, dégoûtés par la droite au pouvoir et qui à un moment donné se sont dit que les traîtres qu'ils avaient élus pour plus d'autorité, plus d'ordre, moins d'immigration, qui ont plus de pouvoir d'achat finalement étaient inconséquents ou avaient trahi leurs promesses donc ils se sont tournés par un rassemblement national.
Les idées que vous énoncez sont les idées comme portées par la droite l'ordre, l'immigration, etc. c'est vraiment des idées de droite.
Oui mais si vous prenez dans l'histoire vous savez il y a eu une gauche qui a été tenante de l'ordre, de la sécurité qui considérait avant la gauche et l'extrême gauche que la sécurité était une priorité pour les Français. Je ne sais pas si la sécurité est le droit ou le gauche. La sécurité en tout cas c'est l'une des priorités. Vous arrivez à vous entendre avec quelqu'un de droite qui s'appelle Éric Ciotti. Exactement. Quelqu'un de droite courageux qui a fait le choix de l'alliance et qui a fait le choix de sa patrice.
Merci beaucoup.