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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 1 décembre 2025 26 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiInstitutions & électionsEnvironnement & énergie

ARCELORMITTAL : MÉLENCHON ET LA CGT ONT-ILS RAISON DE VOULOIR LA NATIONALISATION ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Les députés votent la nationalisation d'ArcelorMittal. Qu'est-ce que ça veut dire ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Thomas, ça veut dire quoi concrètement nationaliser ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi et comment il y a eu cette vague de privatisation dans les années 2000 ?

  • 15:00RelanceRéponse directe

    ArcelorMittal génère des bénéfices. Pourquoi nationaliser ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la stratégie du RN sur ce dossier ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Media TV et le Méia 247, et d'activer la cloche. J'ai l'impression que les politiques ont pas cru à l'industrie française. Ils l'ont ils l'ont abandonné, ils l'ont méprisé même.

On est concurrencé sur tous les secteurs. Bon, pas de problème. La Chine nous mène une guerre cognitive, a dit Emmanuel Macron avec TikTok.

Alors, on fait les constats et après le travail c'est dur. Ah bon ? Bah, changeons les lois travail.

Et puis vous savez, on a quand même besoin d'être aidé. Arcormital, 300 millions d'aides de l'État. 300 millions.

Donc quand vous cumulez tout ce qui a été donné comme aide, tout ce qui a été donné comme réforme, bon ben on serait largement gagnant de de nationaliser. Je suis ravi de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'instant Porscher. Toutes les semaines, on entend tout et son contraire sur l'économie et pas que.

Alors, on est là avec Thomas pour détricoter tout ça et on en a du travail. Nous avons besoin de vous pour ouvrir la TNT aux médias indépendants. Cette bataille pour la démocratie nous concerne toutes et tous.

Alors, signez et faites signer la pétition sur tnt-d. Bonjour Thomas. Salut Lisa.

Alors avec toi aujourd'hui au programme, les députés votent la nationalisation d'Arcorital. Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu'on doit revenir sur la vague de privatisation ?

Est-ce que ces choix nous ont conduit dans le mur ? C'est parti. [musique] Les députés ont voté la nationalisation des activités françaises d'Arcélor Mital.

Le géant de l'acier qui emploie des milliers de personnes dans le pays a signé un plan de licenciement la semaine dernière avec la CFDT et CFECGC 600 emplois supprimés dans le nord et c'est qu'un début. LFI soutenu par le reste de la gauche a mis au voie lors de sa niche parlementaire jeudi dernier la nationalisation d'arcelormital. Le texte a été adopté grâce aux voix de la gauche.

Le RN s'est abstenu et les macronistes ont voté contre mais était très peu présents sur les bancs. Le texte doit encore passer au Sénat et risque de rencontrer pas mal d'obstacles sur sa route. Le gouvernement se bat complètement contre.

La nationalisation est une réponse populiste à un problème structurel. La France a besoin d'un cap industriel clair, pas d'une prétendue formule magique que serait la nationalisation, a affirmé Roland l'escur, ministre de l'économie. Thomas, ça veut dire quoi concrètement nationaliser et c'est quoi la la place des entreprises publiques dans le pays aujourd'hui ?

Alors, nationaliser, ça veut dire soit racheter une entreprise privée, soit rentrer au capital et devenir actionnaire majoritaire pour pouvoir peser euh sur sur les décisions. Alors, il faut bien avoir en tête que euh la majorité des des des entreprises importantes dans notre économie sont des entreprises publiques. Euh l'énergie, euh EDF, au départ, d'ailleurs, le grand plan énergétique était d'avoir une entreprise énergétique dans chaque énergie.

EDF pour l'électricité, gaz de France pour le gaz, ELF pour euh euh les carburants, euh également dans le transport, la SNCF, la RATP, dans le transport de de colis, de courriers. Donc euh l'idéologie de base, c'était quand même d'avoir dans des secteurs choisis pour des raisons stratégiques des grandes entreprises qui sont sous le contrôle de l'État. Il faut dire que à partir des années 80, il y a eu un changement d'idéologie et une partie de ces entreprises euh ont été euh privatisé euh pour des raisons d'abord idéologiques parce que c'était des entreprises qui fonctionnaient bien.

Euh la CGT, elle dénonce dans ce cas d'harcur mital la perte d'un patrimoine industriel et des salariés victimes d'une OPA de la famille. C'est tout ce qu'on demande qui vient de nous voir parce que on est une entreprise qui gagnons de l'argent. On n'est pas nos entreprises qui perdons de l'argent.

Voilà. Mais on n'est pas assez rentable aux yeux du banquier Mital parce que Mital est un banquier. Mital n'est pas un industriel.

MAL a pillé notre savoir-faire en voilà en 2006. Et je vais vous je peux vous le dire les journalistes, je vais vous garantires 20 ans en France il est fait trort. Voilà.

Voilà, c'est 20 ans, il est fait tr pas 2021 2022 2023 rien que la société je parle pas des autres sociétés harcel en France rien que la société harcèital France a gagné en bénéfice 1,2 milliards d'euros. Et combien ils ont payé d'impôts ? Et quasiment rien parce que c'est des holdings qui sont au Luxembourg.

Voilà, les députés là, ceux qui représentent le peuple, il faut qu'ils prennent leur responsabilité que ça soit les socialistes, les autres, la droite, tout ça. Maintenant, c'est clair. On veut quoi ?

On tout le monde parle. Il y a aucun groupe politique qui me parle pas de souveraineté nationale. La souveraineté nationale, c'est aujourd'hui, c'est une étape.

Parce que si nous aujourd'hui, on réussit, ça sera une étape et ça sera un exemple pour essayer de sauver ces centaines de boîtes qui vont être fermées l'année prochaine. Voilà. Thomas, pourquoi et comment il y a eu cette vague de privatisation dans les années 2000 ?

Parce que le cas d'Arceller, tu viens de le dire, c'est pas du tout un cas isolé en fait. Non, c'est pas du tout un cas isolé. En fait, il y a eu cette cette idéologie qui s'est dit voilà le privé et le privé fonctionne mieux que le public et et la concurrence notamment la concurrence mondiale euh fait en sorte que les entreprises vont devoir s'adapter et innover.

C'est à peu près ça qu'on nous disait. Donc, il y a eu vraiment un un un certain nombre de public de PR de privatisation. On a on compte à peu près 70 grosses entreprises qui ont été privatisées totalement ou en partie.

EDF, on a revendu une partie du capital puis on l'a racheté. GDF, on a vendu trois/4 du capital. Arcellor Mital, avant c'était Arcelor, encore avant c'était Usinor et Usinor à un moment a été nationalisé.

Donc on on a laissé, on s'est dit voilà que le privé euh enfin on s'est dit les dirigeants politiques sont dit que le privé allait mieux gérer. Or euh le problème de la privatisation c'est que quand c'est une entreprise privée qui gère, le premier but de l'entreprise est faire du profit et du profit sur le court terme. Donc la vision euh court termiste et qui est une vision liée reliée au cours des actions parce queon fait quandme ça du du bénéfice hein et on fait des bénéfices, on fait monter des actions en compressant les coûts en délocalisant.

La vision de court terme a remplacé la vision de long terme qu'avaient les entreprises publiques où euh dans les entreprises publiques, il n'y avait pas un actionnaire qui était extrêmement gourmand puisque l'actionnaire c'était l'État. Donc ça fonctionnait plutôt bien. Euh dans le cas euh d'Arcelor Mital, il y a effectivement eu cet abandon, cette fusion.

On a laissé faire ce rachat ensuite par par Mital. Mais de manière générale, il y a pas eu un plan euh pour l'acier euh au niveau français et même européen. Donc on on a laissé finalement ces entreprises se faire racheter et aujourd'hui les nationaliser c'est une bonne chose mais il faut aussi nationaliser dans un plan.

Voilà et ça c'est toute la question. Ça a été tu dis les privatisations, ça n'a pas fonctionné. Ça a fonctionné pour certaines personnes, notamment les actionnaires ou le le secteur privé.

C'était très bénéfique pour eux de privatiser parce que c'est comme on l'avait dit pendant la période du Covid et cetera, c'est que on privatise les gains mais par contre quand il y a des problèmes, on socialise les pertes. Tout à fait. Donc c'est toujours le contribuable qui paye au final alors que c'est devenu une entreprise privée.

C'est exactement ce qui s'est passé. Tu tu as entièrement raison de le rappeler. C'està-dire quand les privatisations a été fait.

Alors il faut vraiment rappeler aux gens que c'est pas quelque chose qui est tombé du ciel qui s'est fait naturellement. C'est un choix politique théorisé par certains économistes pour les raisons que j'ai dit, c'est-à-dire raison d'efficacité, le fait qu'il y ait de la concurrence va faire euh qu'il va y avoir de l'innovation et cetera. Et en réalité, on s'est rendu compte que ça a contribué très largement à la désindustrialisation parce que bah oui, quand vous fermez une usine pour l'ouvrir à côté où les coûts sont moins élevés, vous faites remonter la valeur de l'action et vous faites remonter le profit.

Et donc ça a profité un petit nombre euh d'individus, les actionnaires mais aussi les haut dirigeants puisqu'ils ont leur salaire euh relié à ce qu'ils vont donner au aux actionnaires. Et c'est pour ça que beaucoup de de de dirigeants, de grands capitaines d'industrie euh français euh étaient pour les privatisations et même quand ils étaient à la tête d'entreprise publique en 81 à l'époque de Mitteran qui a fait un certain de nationalisation, il considérait qu'une entreprise publique devait fonctionner comme une entreprise privée, c'estàdire faire du profit. Et c'est c'est dans ça dont dont on se retrouve aujourd'hui hein.

Je veux dire aujourd'hui une entreprise comme EDF ou la SNCF fonctionne comme une entreprise privée. En réalité, elle est publique mais elle fonctionne comme une entreprise privée. C'estàdire elle regarde ce qu'elle peut faire à l'export.

Euh elle ne traite plus euh les les personnes comme des usagers mais comme des clients. Euh quand vous achetez un billet de train, vous avez aujourd'hui un système qui est propre aux hôtels, c'est-à-dire une tarification dynamique et cetera. Donc euh on peut être public et se comporter aussi comme une entreprise euh privée.

L'important c'est de comprendre que s'il y a nationalisation, il faut aussi derrière qu' a derrière qu'il y ait un plan à long terme et accepter que cette entreprise publique, même si elle est publique, ne peut pas se comporter comme une entreprise privée. Les libéraux affirment que le problème d'Arscellor même nationalisé, c'est la concurrence internationale, l'état du marché de l'acier dans et le souci aussi de décarbonation. Pourtant, Arcelor est loin d'être en faillite.

C'est quand même bien de le rappeler. Thomas, est-ce que tu peux nous expliquer c'est quoi l'état du marché de l'acier là ? Alors, c'est c'est vrai que Arcelor génère des bénéfices que que ça va plutôt bien.

Mais il est vrai également que la concurrence mondiale est très rude. La Chine inonde les marchés d'acier d'acier à Bakou. Il est vrai également que en Europe avec la désindustrialisation, avec le passage d'une économie de service, la demande notamment dans l'automobile, la construction a également chuté.

Et il est vrai également que nous demandons aujourd'hui et c'est une bonne chose, d'avoir une une production d'acier qui ait des normes environnementales plus élevées que la concurrence et donc c'est un coût supplémentaire. Alors ça n'empêche pas l'entreprise de de générer des bénéfices et cetera. Mais la vraie question aujourd'hui qu'il faut se poser, c'est quel choix nous voulons ?

Si nous disons "Ah ben on nationalise mais on reste dans le cadre d'une économie mondiale où c'est la concurrence qui prime, on va avoir les mêmes problèmes. La vraie on peut pas avoir la mondialisation, la production à niveau environnemental plus élevé ça et et la délocalisation ça ne pourra pas marcher. S'il y a nationalisation, il faut protéger Arcelor de la compétition mondiale parce qu'on peut pas être en compétition à Ramégal avec des pays émergents et il faut insérer Arcelor Mital dans une production globale du rail, des voitures électriques que nous voulons produire, de la transition énergétique et cetera.

Mais oui, c'est ça, de la commande publique. Donc nationaliser pour nationaliser, c'est c'est une bonne chose, mais c'est pour protéger des emplois. Mais si derrière il y a pas un plan, euh ça va se finir comme EDF, comme la SNCF où il y a des licenciements, des des travailleurs précaires et cetera alors que sont des entreprises publiques.

Donc derrière c'est le le le plan que nous devons mettre en place. Mais après dire en fait qu'est-ce qui se passe chez les industriels en fait là comme monsieur monsieur Mital, c'est qu' ils veulent toujours un rendement supérieur supérieur supérieur et donc même quand ça marche pas suffisant parce que en Chine parce que Trump parce que si. Bon ben on a compris ce jeu-là.

Maintenant, si on sort de ce jeu-là, il faut y sortir sur une grosse partie, c'est-à-dire protéger notre industrie et le mettre dans un planifié, une production globale dont aurait besoin euh don d don dont tu aurais besoin industriel et euh et mais ça ça veut dire moins gaver les actionnaires. Donc tu vas pas le moment on est national, l'actionnaire c'est l'État donc il est pas obligé de se gaver comme un comme un dingue. Je veux dire aujourd'hui sur EDF, il y a plein de de décisions qui sont prises pour faire remonter du dividende qui est l'État.

Je trouve que c'est pas ça. Quand on est l'État, on a une vision de long terme et on a un objectif normalement si on a une entreprise publique de de servir un usager et de de s'incorporer dans une planification globale et c'est ça qui manque aujourd'hui, c'est cette planification globale. Si on veut faire la transition écologique, énergétique, développer le transport du rail, on va avoir besoin d'acier.

Si on a besoin d'acier, il faut qu'on ait une production d'acier qui soit nationale. Voilà, ça c'est clair, net, précis. Puis surtout, on nous parle tout le temps de dettes, de déficit et cetera qui ont explosé.

On est au bord du gouff, on se rappelle François Baou. Mais euh j'ai l'impression qu'à chaque fois ce qui ressort de nos discussion, c'est que dès qu'on suit les règles euh libérales de la mondialisation, de la concurrence, et cetera, ça nous coûte beaucoup plus cher à moyen long terme que que ça nous rapporte en fait. Bien sûr.

Non, mais ça nous rapporte à court terme. Ah super, on a revendu. Mais en fait, à long terme, même l'histoire des autoroutes et tout, à long terme en fait, on on est on est très perdant.

Ouais. Mais là dans dans le cas de enfin dans le cas d'une entreprise comme Arcelor, qu'est-ce qui se passe Arcelor Mital ? C'est que ils se disent ils disent "Attention, il y a la concurrence, on risque de fermer." Donc on dirait vous risquez de fermer, bon on va alors qu'ils ont encore des bénéfices, c'est quand même très mais c'est pas les seuls à dire ça, mais toutes les grosses entreprises disent ça.

Voilà. Et donc là, qu'est-ce qu'ils vont dire ? Le gouvernement ou là là, ça va mal, baissons la fiscalité.

Donc ça commence comme ça, on baisse la fiscalité et puis le travail c'est dur. Ah bon ? Bah changeons les lois travail.

Et puis vous savez, on a quand même besoin d' un peu d'être aidé. Arcormital 300 millions d'aides de l'État. 300 millions.

Donc au final quand on met tout comme ça bout à bout effectivement la la la nationalisation ça coûterait 3 milliards 2 à 3 milliards. Voilà de les calcul de Thomas Daler un économiste atterré 3 milliards d'autres calculs mais 2 à 3 milliards. Donc quand vous cumulez tout ce qui a été donné comme aide ces dernières années, tout ce qui a été donné comme réforme bon ben on serait largement gagnant de de nationaliser.

C'est très clairement là ce serait un gain un gain très clair en terme de finances publiques. On était à l'assemblée et devant l'assemblée où il y avait la manifestation, on a vu les images. On a été aussi dans le palais Bourbon pour aller un petit peu interroger les députés.

Puis moi ce qui m'a aussi intéressé dans cette séquence politique, c'est l'extrême droite qui se dit toujours très près des ouvriers, très près des salariés et qui était en fait assez timide jeudi dernier jusqu'à s'abstenir lors du vote et les députés Rassemblement national disent que la nationalisation ça servira à rien et qu'il vaut mieux que l'État entre un petit peu au capital. Regardez, c'est quoi votre proposition du coup ? Écoutez, que l'État soit présent dans le capital d'arceloral.

Oui, il y a l'État peut faire quelque chose, c'est la stratégie. que va devenir la sidérurgie en France avec un état qui a une part déterminante dans l'actionnariat euh de Arcelor Mital et qui définit des stratégie qui euh interdit euh euh les délocalisations d'emploi. Là, c'est utile mais donner toutes les clés à l'État comme veut le faire la France insoumise, c'est vouloir un état gestionnaire des ressources humaines, gestionnaire du budget mlond d'archien.

Il ne sait pas le faire au niveau du pays. Il a ruiné les caisses. Il a mis la France dans la rue et vous voulez lui confier euh les clés de la gestion quotidienne d'une industrie stratégique, c'est une folie.

Vous dites euh le l'État sera pas capable de gérer parce qu'il est pas déjà pas capable de gérer le budget et cetera. On a l'impression que vous faites plus confiance au privés qu'au public quand on entend ça pour gérer des entreprises. Oui.

Bon bah au moins c'est clair. On les sent frileux. Ils sont même pas comme je disais ils sont même pas allés voir les salariés parce qu'apparemment c'était la CGT devant les devant le à côté du palais Bourbon. le RN veut aujourd'hui séduire les milieux financiers.

Donc là, on voit très bien qu'ils sont dans la stratégie de dire voilà, il faut que Alors, c'est ce qui est assez marrant, c'est contradictoire parce que l'État euh peut rentrer quand même au capital, il peut avoir son mot à dire mais il faut pas qu'il le dise trop parce que à partir d'un moment bizarrement peut-être quand il dépasse 50 % du capital ou soit et ben là il devient mauvais gestionnaire. Donc c'est c'est un petit peu on est dans l'entre deux en fait. Donc ils veulent pas aller au bout et en même temps ils vous disent que bon on peut rentrer quand même dans le capital, aider à investir et cetera, que l'État peut faire ça.

Non mais on voit bien la stratégie. La stratégie du RN aujourd'hui, c'est de d'aller séduire les milieux financiers. Et les milieux financiers ont horreur de la nationalisation parce que pour eux, ce serait c'est la pire des choses, hein.

Voilà. Et donc, on doit faire peur avec les exemples du Venezuela, de ce qui s'est passé en Amérique latine sans regarder notre propre histoire. C'est-à-dire que nos plus grosses entreprises sont des entreprises nationales et les fois nous avons le plus innové les trains à grande vitesse et cetera, c'était grâce à des entreprises nationale et que de manière générale, même quand les entreprises sont privées, elles sont sous perfusion de l'État par des aides, par une politique économique sur mesure, mais aussi parfois des soutiens quand ça va très mal l'économie parce que quand ça flanche et ben après il faut que l'État les les les aides, on l'a vu avec la crise 2008, on l'a vu avec la crise du Covid Donc quand on a on juge que un bien est important, l'acier en étant un, l'énergie en est un autre, le transport en est un autre, quand on juge que c'est important, il faut pas hésiter à nationaliser.

Voilà. Mais derrière, il faut avoir un plan. Et ça c'est la deuxième chose que non que n'ont plus personne parce que les seuls plans qu'ils ont les gens, c'est de dire il faut qu'on soit plus compétitif que notre voisin.

Parce que aujourd'hui on on est vraiment dans l'heure des constats sans plan. Tout le monde constate qu'il y a des problèmes partout. Alors il le constate vraiment.

L'Europe a été trop naïve sur l'industrialisation. On est désindustrialis désindustrialisé, c'est très grave. Sur le digital, la Chine nous met nous mène une guerre cognitive a dit Emmanuel Macron avec TikTok comme s'ils avaient aucune responsabilité dans ces cons.

Voilà, il nous dit ça. Alors, on fait les constats et après qu'est-ce qu'on fait ? Bah rien.

Bah rien grosso modo. Donc là, on a le constat que on a besoin d'acier. On a le constat qu'on est en train de perdre un fleuron de l'industrie et bon benah oui, il faut nationaliser mettre ça dans un plan.

Voilà, un plan de développement. Tu disais aujourd'hui tout le monde dresse des constats. Tu as parlé d'Emmanuel Macron.

J'ai l'impression que les gens ils dressent des constats sans porter enfin comme s'ils n'étaient pas responsables, comme s'il venait d'arriver. On l'a beaucoup entendu ça. Mais Emmanuel Macron il vient pas d'arriver.

Il est il était ministre de l'économie il y a 10 ans. C'est ça en fait. C'est comme s'il venait d'arriver, c'est comme si les choses tombaient du ciel et que au final constatait ça mais qu'après on rectifiait jamais le tir.

Et puis les gens disent "Oui, c'est vrai." Et à la fin, on revient sur nos mêmes débats de dire "Bon ben, c'est un problème de coup du travail, c'est un problème de gens qui veulent pas travailler assez, c'est un problème voilà alors que on on le connaît le constat." Le constat effectivement c'est qu'on a été trop naïf.

Effectivement le constat, c'est que des chefs d'entreprise et des experts ont dit que c'était génial de délocaliser, qu'il fallait se concentrer sur les produits à forte valeur ajoutée, le marketing, la recherche, le digital. Et je veux dire, c'est c'est pareil dans tous les secteurs. Dans tous les secteurs, c'est pareil.

Donc la vraie question, c'est de revenir à ce dont nous avons besoin, où nous voulons aller. Et ça, le commissariat au plan a été créé pour ça. Alors, faudrait voir ce qu'il arrive à produire, mais où nous voulons aller et est-ce que nous voulons continuer à jouer ce jeu de la concurrence mondiale où nous sommes perdants et tout le monde le reconnaît, où nous avons été perdants sur un certain nombre de produits, peut-être pas le vin, peut-être pas le champagne et cetera.

Mais bon, c'est pas pour ça qu'ailleurs, il faut qu'on soit naïf. Quand quand tous les autres pays, y compris aux États-Unis qui a un pays libéral, reprennent en main un certain nombre de de de leur économie, pourquoi nous français, on ne devrait pas jouer la même chose ? Les gens disent "Oui, mais c'est pas à l'échelle française, c'est à l'échelle européenne." Quand j'entends le le le le patron de de de d'Arcelor Mital qui nous dit "Voilà, c'est plutôt au niveau européen qu'on doit voir les solutions, mais au niveau européen, ça changera pas grand-chose parce qu'il y aura toujours des délocalisations à l'intérieur de l'Europe." C'est un moment à à une échelle beaucoup plus petite celle de de d'un pays.

Qu'est-ce que où est-ce qu'on veut aller ? Là, si on attend qu'il y a une décision qui soit prise au niveau européen, on va attendre très longtemps. Donc, ouvrons la voie et puis après essayons d'influencer nos nos partenaires si ce sont des partenaires.

Mais c'est important, voilà, d'avoir cette direction là. Or là, on a l'impression que bon, écoutez, on est concurrencé par des produits subventionnés venant de Chine, bon ben on le constate, pas de souci. Euh, on est concurrencé sur tous les secteurs.

Bon, pas de problème. Donc, il y a il y a vraiment un problème de de de planification globale et et il faut faire un peu marche arrière sur la mondialisation parce que la mondialisation nous amène à la à la courte vue quoi, à la politique du coût plutôt qu'à la politique de d' d'un produit de qualité qui servirait justement ce plan global. Oui, c'est ça.

Il y a la compétitivité coût sur laquelle on a essayé de s'aligner et c'était perdu d'avance et la compétitivité qualité ou alors un peu de protectionnisme économique, c'est pas un gros mot. Faut le ramener aussi à gauche le protectionnisme parce que l'extrême droite se l' accaparé. On voit bien que déjà ça veut rien dire pour eux.

Bref, mais euh j'ai l'impression que on tire pas assez les leçons parce que par idéologie hein, pas par naïf, enfin tu as dit naïf mais pas par voilà mais par idéologie parce qu'on veut pas revenir sur la stratégie libérale qui sert très bien à quelques-uns. Mais c'était sûr qu'on avait le droit dans le mur à essayer de faire de la compétitivité coût face à des pays qui avaient des sû mais il y a plein d'économistes. Il y avait il y avait un très bon papier euh je crois dans les années 90 d'Aglietta et d'Orléan. qui disait en fait que à force de vouloir aller sur de la compétitivité coût euh on était finalement à la fin euh au milieu du gay et qu'on cumulait tous les avantages.

C'estàdire qu'il fallait sur la compétitivité produit, tu vois, de l'innovation et puis et mais quand on est sur la compétitivité coût, on peut pas être plus compétitif que que des pays de l'est, pas plus compétitifs que que des pays émergents. Et donc au final, on était toujours comme ça à vouloir chercher mais qu'on était au milieu. Et c'est ce qui s'est passé.

On est on n' pas été innovant sur plein de choses. On a loupé des tournants même sur les énergies renouvelables he parce que tout est quasiment fabriqué en Chine. Donc on a loupé des tournants importants qu'on était capable de faire.

On avait tout le savoir faire. On était capable. On avait tout le savoir-faire.

Je veux dire, on avait tout le savoir-faire. Il manquait juste de la volonté politique mais on a fait des stop and go, on a subventionné le solaire puis on a arrêté et cetera. Donc on n pas réussi à le faire et on le voit bien aussi sur le rail.

Sur le rail, on a réussi à le faire à une époque. On a développé un maillage assez important. On a fait les trains à grande vitesse, ce qui sont mais quelque part une petite révolution parce que on peut faire un un Paris Bordeaux en 2h, un Paris-Mail en 3h, c'est hallucinant et même là on n pas réussi à avoir on va dire une vision de long terme sur le transport de marchandise, sur le train de nuit, sur le fait de relier d'arriver à relier des capitales européennes entre elles.

On est en train de détricoter le train de nuit là et on détricote le le le le fret. Donc, on se rend bien compte que là-dessus, on a été soumis et c'est des entreprises publiques, hein. On a été soumis euh très clairement euh à la logique euh euh des coudes, du profit et de la vision de court terme.

Mais si on veut relancer euh par exemple, j'en sais rien, des fabrications de rail et cetera, là on a on a perdu beaucoup de savoir-faire. Moi, je pense aux fonderies par exemple qui avait des forces de fusion de fond ou d'aluminium assez exceptionnelles en France qui ont tout été démantelés, fermés grâce à des petits coups entre les grandes entreprises et l'État. Là, si on veut faire repartir, on va ça va nous coûter beaucoup d'argent et d'énergie.

En fait, j'ai l'impression que les politiques ont pas cru à l'industrie française. Ils l'ont ils l'ont abandonné. Ils l'ont méprisé même.

Ouais, ils l'ont abandonné, méprisé, ça les intéressait pas. C'était on était dans une société de service. La plupart des gens vous disaient, il faut rester que sur le service.

L'industrie c'est finie. On va aller acheter ça dans d'autres pays qui fabriquent moins cher. Aujourd'hui, on se rend compte qu'il fabriquent dans des conditions parfois très détestables fermer et que et que ces biens peuvent rentrer chez nous très facilement avec internet qui qui est le Far West. pense à des marques comme Chine et cetera.

Donc il faut reprendre un peu la la main sur notre économie. La mondialisation fait que des biens pénètresent chez nous facilement. La mondialisation fait que on peut aller chercher des gens avec des propositions marketing extrêmement agressives sur les réseaux sociaux.

Il faut qu'on reprenne la main et la mondialisation fait que aujourd'hui des biens importants sont importés. Donc il faut la prendre à tous les niveaux. Faut revenir à la souveraineté agricole.

Il faut revenir à à à un plan de transition écologique qui fasse intervenir des entreprises euh le le plus possible françaises. Déjà en premier lieu, peut-être européenne et après on on voit on voit pour le reste. Mais là, dites-moi aujourd'hui qui est-ce qui a un plan sur ce qu'il veut voir à 15 ans ?

Personne. Enfin, le plan de Macron, c'était de redynamiser l'économie avec des réformes structurelles. Pe louper quoi.

Voilà. Voilà. Donc il y a très peu de politiques, il y en a peut-être quelques-uns, mais très peu qui on qui ont un plan complètement euh aligné sur ce qu'ils veulent.

Et ça c'est c'est le nerf de la guerre. Des pays émergents comme la Chine ont fait des plans à 15 ans, 20 ans sur les secteurs qu'il voulaient avantager et sur ce qu'ils avaient un peu comme vision. Les pays occidentaux euh en tous les cas ceux qui ont été au pouvoir euh n'avait pas de plan si ce n'est baisser des impôts, flexibiliser le marché du travail et et c'est tout hein.

Il y avait rien d'autre. Et là, il faut revenir avec cette vision de long terme. Donc, et dans ce plan-là, bien sûr, il faudra des nationalisations parce que on doit mettre ces ces ces ces entreprises à l'abri de la concurrence.

Il y a rien de mieux que la nationalisation pour ça. Voilà. Surtout quand on sait que les entreprises privées, tu l'as dit, nous nous coûtent très cher au final.

Donc autant que qu'elles soit publique quoi. Bah quand quand on les juge utiles et quand on voit que même quand elles font du profit, c'est jamais assez, il vaut mieux à un moment les que le on rentre au capital. Et c'est ce qu'on a dit, c'est ce qu'on a dit même pour des entreprises parfois innovantes mistrales.

On on avait parlé avec taxman que l'État de voilà que l'État devait rentrer au capital dans cette entreprise d'intelligence artificielle. Bon, tout le monde a crié mais en réalité c'était assez malin parce que en rentrant au capital il pouvait également protéger Mistral de ses concurrents parce qu'aujourd'hui le premier concurrent de Mistral c'est c'est Chat GPT et peut-être que Chat GPT à un moment prendra la mise et on dira au revoir à Mistral. Alors que si l'État était là, il pourrait le protéger, on pourrait avoir une IA française, ce qui serait mieux que d'avoir une IA américaine.

Et c'est pareil pour tous les secteurs. Voilà, des secteurs que l'on stratégique doivent être protégés et le fait que l'État rentre au capital qui soit majoritaire ou même euh le seul actionnaire, c'est pas une mauvaise idée. Et pour remettre un peu le curseur politique parce que là l'extrême droite parler de du RSS et cetera, dès qu'on ose prononcer le mot nationalisation, on rappelle que les nationalisations ou alors rentrer au capital, c'est pas à la base un truc d'extrême gauche.

Enfin, c'est des propositions économiques qui ont déjà eu lieu. C'est c'est c'est c'est les pays riches qui l'ont appliqué de de à l'après-guerre. C'est les pays riches qui l'ont appliqué et comme j'ai dit dans les secteurs de l'énergie, tous les pays riches avaient des grosses entreprises nationales parce que là, on dit que c'est populiste et cetera.

On voit qu'il y a quand même un gros curseur qui qui enfin la fenêtre d'Overton, elle part loin. Qu'est-ce qu'est-ce qui est l'avantage dans la dans la nationalisation ? C'est que tu tu prends tu prends l'entreprise mais en plus tu lui offres un cadre, c'estàdire monopole et public, tu vois.

Donc tu lui offres un cadre un cadre hyper avantageux pour elle, ce qui lui permet de se développer mais nous avons choisi de le faire et c'est et c'est même des gouvernements de droite qui l'ont fait hein pour pour nos grands énergiciens et d'autres entreprises et ça a été partout pareil en Europe et même aux États-Unis. Donc ça a été des choix voilà qui ont été faits à à une époque par les pays riches euh et c'était pas le gosplan l'URSS [rires] ou ou Cuba. Pire ça reste socialiste mais c'est tranquille quoi.

Exactement. C'est des et même la droite était enfin je pense qu'aujourd'hui personne ne veut privatiser le DF personne [musique] de droite. Donc la nationalisation et et c'est l'entreprise nationale.

Donc la nationalisation existe dans notre économie. Faut pas faut pas croire que il y a que des entreprises privées, des start-ups dans l'économie française. C'est fou.

Merci à vous chez vous d'avoir suivi cet épisode de l'instant pourché. J'attire une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite et historique et nous avons besoin de vous pour ouvrir la TNT aux médias indépendants.

Cette bataille pour la démocratie nous concerne toutes et tous. Alors signez et faites signer la pétition sur tnt-d.fr.

FR spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine. Ah. Ah.