RDC : un accord de paix fragile et une catastrophe humanitaire sans fin ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Les humanitaires sous le choc à Goma, une française de 54 ans employée de l'UNICEF, a été tuée mercredi dernier par des tirs de drone sur cette maison d'un quartier résidentiel où loge expatrié employé de l'ONU. Le personnel humanitaire ne doit jamais être pris pour cible. C'est le droit international.
Il s'agit du deuxè travailleur humanitaire tué en RDC cette année et nous ne sommes malheureusement qu'au début du mois de mars. Cette attaque dans l'est de la République démocratique du Congo intervient sur fond de confrontation entre l'armée congolaise et les rebelles. Depuis 2021, [musique] le groupe armé M23, soutenu militairement par le Rwanda, gagne du terrain.
L'an dernier, il s'est emparé des grandes villes de Goma et de Bouavou. En RDC, plus de 2 millions de personnes auraient fui les affrontements et les exactions sans savoir où aller. Nous étions tous menacés de mort.
On est parti, on a dû abandonner tous nos biens. Et pourtant, en décembre dernier, Donald Trump s'est félicité d'avoir obtenu un accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Un deal basé sur le commerce et l'exploitation des minerais.
Une bonne affaire pour tous selon le président américain. Premier producteur de cobalt, la RDC détient également 60 % des réserves mondiales de Colet. Son [musique] sous-sol regorge de ses précieux minerais indispensables à la fabrication des composants électroniques, de nos smartphones [musique] et de nos ordinateur.
Alors, les incitations économiques peuvent-elles vraiment mettre fin à 30 ans de conflit et de [musique] cesser le feu bafoué ? Comment sceller une paix durable en République démocratique du Congo et venir en aide aux [musique] populations déplacées ? Les trois invités de notre débat.
Justine Musique Picmal, bonsoir. Vous êtes directrice régionale de l'ONG Solidarité Internationale. Vous coordonnez l'action de solidarité internationale en RDC en l'occurrence.
Selon vous, les combats se poursuivent malgré l'accord de paix qui a donc été signé en décembre 2025. Les civils sont les premières victimes. Plus de 100000 personnes sont dans des camps, vivent dans des camps depuis 10 ans en Itays.
À côté de vous, Jean-Claude Félix Chikaya. Bonsoir. Vous êtes chercheur au pôle Afrique de l'Institut de prospective et de sécurité en Europe.
Selon vous, Karine Buisset, c'est humanitaire donc qui travaille pour l'UNICEF et plus qu'une victime collatérale. Elle compilait des informations sur les exactions commises par le groupe M23 et sur l'armée régulière, l'armée régulière de la RDC, notamment l'esclavage sexuel et d'autres exactions donc commises par ce groupe rebelle M23. On en dira plus au cours de notre débat.
Et à côté de vous Sonia Rolet, bonsoir. Journaliste ancienne correspondante en RDC pour RFI et l'agence Reuters. Vous avez été expulsé de Kinshasa en 2022.
Selon vous, les accords de paix sign à Washington en décembre dernier n'ont pas résolu le conflit. Depuis et bien il y a un enchaînement d'annonce autour des progrès, mais sur le terrain, rien ne change. Et on démarre avec la photo hommage du jour.
Hommage donc à Karine Buiss humanitaire et employé de l'UNICEF qui a donc été tué par une frappe de drone non revendiquée à Goma dans la nuit de mardi à mercredi dernier. Une enquête pour crime de guerre a été ouverte par le parquet de Paris Jean-Claude Félix Chikaya. Elle était délibérement ciblée notamment en raison des enquêtes qu'elle faisait sur le violence sexuelle.
Elisabeth le disait où elle est une victime collatérale pour vous de ce conflit. Moi, j'ai du mal avec cette expression victime collatérale plutôt une victime innocente qui était donc en charge et qui é-il donc plus que la bienvenue en RDC. ce que ce que vous avez dit que j'ai pu dire, c'est ce qui bruisse euh sur euh ce qu' pourrait compiler certaines ONG compilent ce qui peut se passer bien sûr avec les populations qui reçoit, mais là j'ai deux personnes qui pourront sur ce volet-là avec plus de compétences sur les ONG répondre à ma place.
Ce qu'on peut dire, c'est que ça a été l'effroit, une consternation euh de plus, un drame dans les drames euh successifs et quotidien depuis plus de 30 ans euh depuis plus de 30 ans dans l'est du Congo. C'est vrai que souvent on compile, on parle des trois décennies mais les racines de de ce conflit sont coloniales et même avant. Et euh ce qui est important de dire, c'est que ce on en reviendra peut-être tout à l'heure, c'est que cet accord est complètement dans l'impasse et euh cet accord de cesser le feu n'est respecté et est entravé par personne et notamment par le M23 soutenu euh par le grand droit de monsieur Kagamé.
Juste une musique Picmal. Il faut rappeler que c'est pas la première fois que le personnel immunitaire est pris pour siu. C'est le 2e décès cette année, 13 l'an passé et on compte 650 incidents qui ont touché les humanitaires dans ce pays.
Alors, il y a eu beaucoup d'évolution euh comme disait mon mon collègue, on ça fait donc 30 ans que l'DC est en guerre. Il y a une évolution avec l'arrivée des drones. On le voit dans le monde entier.
Voilà, les drones c'est récent sur la RDC. La population congolaise est de façon permanente la première cible de toutes les attaques et vu que les humanitaires ont travaillé avec les Congolais et pour les Congolais, on est forcément complètement dans les mêmes dans les mêmes cercles de d'insécurité. Les drones ont aussi endommagé il y a quelques temps à une autre ONG l'année dernière en fin d'année sur un bureau un peu plus haut dans le dans le Nord Kivou.
Euh c'est la première fois dans Goma que ça attaque dans Goma. Donc un drone attaque dans la ville de Goma. dans une des villes les plus surpuplées d'Afrique.
H alors vous évoquez donc la nouveauté, les drones d'ailleurs, il y en a en Iran dans le conflit en Moyen-Orient. Il y en a qui sont utilisés en Ukraine. Vous nous en parlez Anna.
Usage des drones. Tout à fait. Aujourd'hui en RDC, ces drones, ils ont modifié en très peu de temps la nature des combats.
Jusque-là, il était question d'une guerre d'infanterie plutôt classique avec les forces rebelles qui dominaient le ciel congolais. Mais les choses ont changé avec l'arrivée de ces drones. 70 attaques recensées en 2025 et 31 rien que pour le mois de février 2026.
L'armée congolaise, elle s'est équipée en drone turc ces deux dernières années. On va les voir ici, les TAI AK et les TB2. Et en drone d'attaque longue portée chinois, les CH4 sont capables de lancer des missiles avec une portée comprise entre 3500 et 5000 km.
Ce qui a permis à l'armée de combler son déficit en avion et en hélicoptère. Et puis de l'autre côté, les rebelles soutenus par le Rwanda disposent eux de drones kamikaz turcs qui explosent sur leur cibles et de drones Estonien. Ces derniers mois, ils ont visé à plusieurs reprises l'aéroport international de Kizangani, base de commandement des drones militaires de l'armée.
Et puis au mois de novembre, le Rwanda a conclu un accord de coopération militaire avec la Turquie qui prévoit notamment la construction d'une ligne d'assemblage de drones dans la région des grands lacs Soniaolet. Est-ce que ces attaques récentes de drones, c'est bien la preuve que le CC le feu est complètement caduc, piétiné ? Oui.
Euh effectivement hein, ça c'est une évidence que non seulement euh cette avancée technologique fait des victimes comme on a rarement vu et pourtant c'est quand même un conflit. On a vu beaucoup de victimes, mais c'est vraiment maintenant les les morts ou les blessés que l'on voit sont tous liés soit à des attaques à l'arme lourdes, soit des attaques de drone. Et on a vu que c'était une course entre le Rwanda et la RDC alarmement puisqu'on c'est vrai qu'on parle du M23 mais en fait ceux qui fournissent en fait ces drones et tout ce qui est l'antiaérien et qui avait aussi des systèmes de brouillage par exemple qui ont beaucoup servi justement à éviter jusqu'ici les attaques de drone sur Goma et sur les grandes villes, c'est le Rwanda qui les fournissé au M23 et qui a aussi en train de former le M23 à faire que ces attaques de drone soient aussi euh enfin puissent puisse puisse être aussi relayé par le M23 aujourd'hui. que tout le monde est sur ce niveau-là.
Tout simplement ben parce que en fait il y a plus tellement de combats, les combats au sol sont assez limités. On se retrouve avec des combats entre groupes armés. Donc ça va être les voisinando qui sont un groupe armé allié au gouvernement congolais ou les rebelles ou tourmentandé des FDLR qui sont alliés aussi au gouvernement. et de l'autre côté le M23 qui qui se base sur le terrain.
Il y a quand même des troupes rwandaises aussi d'élite, on sait sur le terrain, mais on a beaucoup plus de combat finalement à distance et c'est pour ça que ça fait des victimes sur les civiles. Il y a combien d'hommes ? Il y a plusieurs milliers d'hommes ce soir.
Ah oui, on a des milliers d'hommes et de chaque côté beaucoup de recrutements. Au départ, c'était beaucoup plus de troupes rwandais que de que de rebelles. Depuis les rebelles quand même, ça fait des des mois là qu'ils ont recruté, qu'ils ont qui forment.
Voilà, c'est une rébellion qui s'est mis en place petit à petit. Au début, le problème était limité et encore on pouvait dire il y a un an que le que le problème était assez limité, un an et demi. Mais là aujourd'hui, on se retrouve avec des milliers voir des dizaines de milliers d'hommes sur ce terrain et ça va ça sera compliqué à résoudre.
Je fé qu'on comprenne bien euh c'est le Rwanda qui est impliqué qui s'est impliqué dans dans ce conflit qui est très présent sur fond aussi de génocide euh dans ce pays il y a quelques années. Donc tout ça a un contexte historique. Il y a un contexte historique, il faut faire attention avec le beau euh génocide.
C'est-à-dire que beaucoup euh de réfugiés donc à pendant le génocide se sont réfugiés au Congo et notamment une partie euh armé euh par rapport au génocide et malheureusement euh le président euh congolais euh actuel a du mal à se séparer donc euh de ce groupe. qu'on peut comprendre euh monsieur Kagamé mais ça lui donne pas monsieur Kagamé le président Rwandais mais ça lui donne pas porte ouverte pour piller le sous-sol les sous-sols les matières premières parce que le Rwanda se trouve aux premières places des matières premières alors qu'il en a très peu voire pas à l'intérieur à l'intérieur de donc des classements internationaux pareil pour pareil pour monsieur Mousseveni président de l'Oganda qui lui aussi parler donc c'est pas seulement une problématique RDC Rwanda c'est régional voir continental avec les multinationales qui ne parlent pas trop voire qui se taisent parce que parfois ils peuvent avoir des prix discount et puis ce qui est pris en RDC est acheminé donc Rwanda et d'ailleurs les accords de monsieur Trump signés par monsieur Kagamé mais c'est comme s'il validait ce que faisait de manière frauduleuse le Rwanda. Donc c'est àile mais ça bfou le droit international et tout ce qui génère tous ces morts au quotidien.
Oui. Et 7800000 personnes déplacées. Et alors vous parlez de cet accord de paix qui a été signé entre les deux parties sous les auspices de Donald Trump en décembre dernier.
Donc tout récemment et le président américain sans féliciter bien sûr. du moins je l'espère sauf qu'il y a une atmosphère glaciale entre les deux Sonia Rolet ils vont pas se serrer la main les deux hommes. Donc c'est un signe précurseur que le conflit ne s'arrête pas à ce moment-là.
C'est deux pays euh deux partis qui sont irréconciliables à ce jour. Ah oui, là euh en fait ils signent des accords, ils en signent, ils se voit. Même le M23 et le gouvernement se sont vu régulièrement à DOA euh ces derniers mois.
Euh il y a des annonces qui sont faites par les médiations. Donc on avait la médiation de DOA puis la médiation de Washington dans c dans ce dossier, puis après la médiation africaine aussi qui était là. Mais en fait la réalité c'est qu'il signait pour ne pas respecter euh le premier accord d'ailleurs qu'ils ont signé qui était en juillet, c'était un accord entre le Rwanda et le Congo qui était en fait un accord négocié à l'époque par la médiation angolaise repris tel quel par les Américains qui arrivaient même pas à les faire négocier à ce moment-là et où ils ont dit simplement vous engagez à respecter ce que vous étiez déjà engagé à respecter et tout le monde avait annoncé un accord incroyable entre la sous l'ég des des États-Unis mais c'était c'était entièrement faux.
Tous les calendriers qui ont été donnés n'ont jamais été respectés. Il devait y avoir des échanges de prisonniers jamais respectés. Il devait y avoir le développement de mission sur le terrain pour observer le cess le feu, jamais respecté.
Le CC le feu, jamais respecté. Donc là, c'est vrai que bah on est sur quelque chose où c'était Alors, il y a quand même euh du côté des Américains quelque chose qui euh qui existe, c'est-à-dire une pression sur les deux pays qui fait que bah chaque fois que le M23 et le Rwanda avancent trop et notamment trop vers ces ressources minières qui sont aussi au Katanga euh et dans le loi là-bas, donc au-delà des limites pour l'instant du M23 et du Rwanda mais qui sont pas très loin, qui sont aux portes et qui intéressent beaucoup les Américains. Là, les Américains mettent un coup d'arrêt quand ça devient des des grosses grosses grosses exploitations minières.
Mais mais bon, en tout cas, à part cette pression là qui fait que le M23 se retire et le Rwanda se retire et et pendant ce temps-là, Justine Musique Picmal, les femmes sont victimes de viol conçus comme des crimes de guerre. Je crois qu'en 2025, il y a eu 80000 victimes de viol, un tiers étant des adolescentes où les chiffres sont largement sous-estimés. Exactement.
La guerre la guerre la guerre en RDC, c'est une arme de guerre depuis depuis 30 ans. Le viol est une arme de guerre depuis 30 ans sur la RDC. On a des dizaines de groupes rebelles sur la RDC.
C'est on dit chez nous celui qui comprend la RDC, c'est qu'il a pas compris la RDC. Donc c'est assez clair, il y a des groupes partout et l'arme de guerre sur les femmes et sur les enfants, le viol massif façon régulière arrive tout le temps. Et en même temps, Jean-Claude Flexi Chikayal, début mars, c'est les les Américains ont pris une nouvelle sanction contre l'armée rwandaise.
Donc ça veut dire que quelqu Est-ce qu'ils ont choisi leur camp ou pas les Américains où ils jouent double jeu ? C'est c'est tellement clair que le Rwanda est plus qu'impliqué comme on vient de l'expliciter et soutient donc euh le le M23 et euh tout ce qui ont bafoué ceux qui ont le Rwanda ceux qui ont bafoué donc en premier les les accords de de cess feu, c'est sur l'M23, c'est qui a soulevé le le courou de monsieur de monsieur Trump qui signe aussi, il faut bien le dire, ces accords de paix qui sont plus des accords de paix géopolitiques et économiques, voire ultra euh ultra euh libéral. et plus que capitaliste sans vergogne.
Je le dis je le dis de manière assez franche parce que comme il le dit lui-même en disant on va se faire de l'argent money. J'allais j'allais justement ressortir ressortir cette phrase qui est dans ce qui est d'un cynisme incroyable. on parle de de choses effroyables comme on vient de le faire euh tous les trois et et vous-même.
Et on voit que cet accord, il n'est pas respecté aussi parce que l'interlocuteur est aussi sans vergogne malgré sa puissance géopolitique et géoéconomique. le la RDC aussi le théâtre géoéconomique et géo avec la Chine et et d'autres puissances et aussi les les voisins qui ne sont pas et notamment l'Ouanda qui se qui essaie de se faire discret sur le plan médiatique et et géopolitique mais on voit bien que c'est beaucoup plus multidimensionnel et multiforme ce conflit là bien sûr les premiers les premières victimes sont les femmes, les enfants et autres depuis plus de tris décennies et il est important, je vous remercie d'ailleurs éé de de refaire une lumière sur ce sur ce conflit et notamment oublé entre guillemets et notamment les les humanitaires qui sont autant au danger que les populations avec lesquelles elles travaillent. Donc il est important peut-être que la communauté internationale, c'est vrai qu'elle a les projecteurs sur d'autres conflits, mais celui de la RDC est vraiment à prendre en considération. 24 millions de personnes qui souffrent d'insécurité alimentaire.
Il faut dire qu'il y a une richesse des sous-sols qui est énorme Sonia Rolé et c'est ça certainement le fruit de toutes les convoitises et notamment des Américains. On parle de cobalt, on parle de Coltan. Oui.
Alors le Coltan euh est plutôt justement dans cette zone qui est contrôlée par le M23 avec cette mine de Roubaya qui est sous son contrôle mais qui avant était sous le contrôle d'autres groupes armés et ce qui pose quand même un problème parce que ça à quoi ça sert le coleton ? Ça sert au téléphone portable. Voilà, c'est ça pour les ordinateurs et cetera.
Donc ça sert au au major de la texte, c'estd Apple, Samsung, et cetera. Et c'est quand même un gros contributeur en terme de colet. C'est à peu près il peut y avoir des chiffres mais si on est conservateur, on va dire 20 % de de la de la production mondiale de coltant.
Donc ça reste énorme. On a toujours eu des problèmes en fait de traçabilité de ces minerais. D'ailleurs, il y avait une plainte qui avait été déposée par le gouvernement congolais contre Apple euh pour justement blanchiment en fait de de ces ressources minières juste avant ce ce conflit là. qui existait déjà et surtout il y a des richesses qui intéressent les Américains mais qui aujourd'hui sont les richesses qui ne sont pas dans la zone contrôlée par le M23, c'est-à-dire c'est le Katanga où aujourd'hui on voit arriver euh le DFC qui est une institution créée par les États-Unis euh qui avec d'autres acteurs et notamment des entreprises américaines qui viennent pour investir dans les quelques mines qui n'étaient pas sous le contrôle des Chinois qui viennent chercher quoi ?
Ils viennent chercher du lithium, ils viennent chercher euh du cobalt et le problème c'est que ils viennent avec des acteurs ou ils viennent pour soutenir des acteurs qui sont en fait liés à des réseaux de corruption et qui sont euh et sur des scandales de corruption qui sont énormes. Et et au-delà des scandales de corruption, juste une musique Picmal, il y a aussi des conditions de travail qui sont proches de l'esclavage moderne, des histoires de déforestation, enfin sur le plan environnemental et des droits humains. C'est un sacage.
Alors oui et euh et en on en fait c'est compliqué pour euh je pense tout le monde de comprendre comment ça fonctionne en RDC mais en fait l'est du l'est du Congo c'est un maillage de petits états avec donc des groupes rebelles dont on parlait euh juste avant et euh en fait il y a pas de protection de de des droits humains dans cette dans toute cette discussion. Il y a pas de protection de des humains. Euh on quand on on parle d'un drone qui tape sur Goma, on le le quartier dans lequel a tapé le drone, c'est un quartier dans lequel dans lequel habite des Congolais.
Donc habite des humanitaires, habitent des Congolais. Donc oui, il y a des il y a un groupe qui vit là-bas et en même temps, c'est un c'est une zone extrêmement habitée. Mes collègues de travail travaill à propos des mines, des conditions de travail dans les mines, c'est des conditions des conditions, il y a pas il y a pas de il y a pas de cas de travail en fait. les des enfants en bas âge vont travailler dans les mines.
Il y a pas de cadeau de travail aujourd'hui sur ces zonesl. On est sur des zones des mines artisanales beaucoup et même sur les mines qui ne sont pas artisanales qui sont industrielles, on a de l'artisanale qui se fait dessus. Donc il y a toujours des enfants qui travaillent dans les mines partout.
Donc dès qu'il y a des enfin des des écroulements des des glissements de terrain, ben en fait il y a beaucoup de morts et notamment des beaucoup de morts parmi les enfants et parmi les mineurs. C'est pas nouveau. On va évoquer la richesse des sous-sols en RDC qui suscite depuis des années la convoitise des uns et des autres.
Retour en 97 quand le pays s'appelait encore le Zaï. Laurent désirait qu'abila venait d'enverser le régime de Mobutou et là c'est la ruée vers l'or. Ils se sont remis à la tâche comme si de rien n'était.
Des sa prises de contrôle des mines d'or à l'est du Zaï. Laurent Désiré Kabila a ordonné aux orpailleurs de reprendre le travail. Sur ce travail, il lèvera des impôts comme le faisait Mobutou.
Il lui faut bien faire tourner sa machine de guerre. La zone que Kabila et ses hommes contrôlent déjà regorge d'or. Son objectif annoncé désormais le sud et la ville de Lubumbashi, capitale du cuivre et du cobalt.
Sur la route de Kinshasa. Ensuite, il y aura les mines de diamant du Cassac. Pour ces trois derniers, le Zaï reste incontournable.
Premier producteur mondial de cobalt, 2è de diamant, 5e pour le cuivre. Un véritable scandale géologique que ce Zaï à se demander comment un pays au sous-sol si riche a pu tomber aussi. Et aujourd'hui, Jean-Claude Félix Chikaya, si on en croit, l'accord de paix qui a été signé, ce sont vraiment les entreprises américaines qui devraient en bénéficier de cette exploitation.
Pas principalement. Qui d'autre ? Ben le Rwanda en tire on tire son épingle du jeu comme j'ai dit tout à l'heure sa valise qui prenait frauduleusement.
La Chine est déjà présente aussi. La Chine est déjà plus que présente hein. Et euh d'autres c'est vraiment la Russie n'est pas loin et puis d'autres ce qui ce qu'il faut comprendre ce qui a été dit et souligné c'est quand même la faillite des gouvernements et des présidences successives.
Euh c'est important parce que là on a vu la carte de la RDC. C'est à peu près euh sur le plan de la superficie euh l'Union l'Union européenne euh Kinshasa, c'est à peu près entre 1500 et un peu plus de de et 2000 km. l'interland est et est est et est est et est est complètement quoi pas toujours euh efficace et c'est pour cela aussi que d'une manière habile euh les tout ce qui est pris frauduleusement euh c'est un euphémisme et ben va euh vers euh va vers la le ronda qui va rester de manière extraordinaire un des plus grands producteurs entre guillemets de de donc de de cobalt et autres.
Sonia Rolet, cette exploitation minière dont on parle, c'est celle qui permet aussi de financer les groupes armés. Oui, c'est c'est clair que c'est une bonne source de financement d'ailleurs comme tout ce qui est barrière parce que il y a il y a des commerçants qui sont là et puis il y a des il y a des barrières qui sont installées et qui permettent aussi aux groupes armées de tenir. D'ailleurs, c'est l'une des raisons.
Au début, on a vu que le M23 se tenait un peu éloigné des mines quand il pensaiit pouvoir négocier assez facilement un accord de paix au tout départ. Et puis à un moment parce qu'ils ont grossi, ils ont eu besoin de ressources et que le Rwanda n'a pas forcément complètement les moyens de ça et ben on a vu que ils se sont mis à exploiter et puis là on a une quarantaine quand même d'exploitations qui sont de l'artisanale mais qui sont quand même des exploitations qui et on sait à peu près combien le rapportent ces mines. C'est alors c'est on n pas on a quelques estimations de l'ONU mais franchement c'est pas c'est pas assez par rapport à ce qu'on voit.
On voit que c'est vraiment énormément et notamment pour l'or qui est beaucoup plus difficile à tracer, c'est compliqué mais c'est des centaines et centaines de milliers voir des millions de de dollars qui sont Ouais, on est vraiment sur des chiffres comme ça. La responsabilité morale de l'Occident vous attriste et vous vous enrage Justine Musique Picman. Moi, je suis attristée.
Je suis attristée qu'on qu'on prenne des boucliers humains dans les dans les guerres qu'ell soi au Congo ou ailleurs. Aujourd'hui, je trouve que de rappeler qu'on n'est pas des cibles nous humanitaires déjà me fait mal parce que en fait l'être humain ne devrait pas être une cible tout court. Euh les Congolais aujourd'hui souffrent absolument de tout.
On a la rouge, on a le choléra, on a le la bariole du singe. Donc toutes les maladies du monde se retrouvent dans ce pays avec un manque de médicaments flagrant aujourd'hui sur donc le petit kivou dont on parlait tout à l'heure à Goma. Euh et vous avez resté malgré les menaces ?
Alors nous en fait la menace du drone était une menace qu'on avait déjà anticipée. C'est le la menace c'est c'est diff c'est différent de savoir de se dire qu'on a des bombardements aériens qui se font à 15 km et qui se font au centre-ville. Forcément les équipes congolaises expatriées sont plus inquiètes.
Par contre, c'est une menace qu'on avait identifié il y a déjà 5 ans. Les avions bombardiers RDC, malheureusement c'est pas d'aujourd'hui. Mais juste rappeler qu'en fait les populations ne sont pas des sont pas des boucliers. ni des boucliers, ni des cibles.
François Piquemal