L'invité de Bourdin Direct : Valérie Pécresse - 18/01
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Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Valérie Pécresse, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, vous présidez la région Île-de-France. On va commencer avec la situation, évidemment, Covid-19, avec ce couvre-feu à 18h. C'était la bonne mesure à prendre, couvre-feu à 18h.
Il faut évidemment évaluer ce durcissement du couvre-feu pour savoir s'il porte ses fruits. Mais pour moi, tout doit être fait pour éviter la menace d'un troisième confinement.
Vous auriez préféré un reconfinement ou pas ?
Ah non, bien entendu que non. Je pense que le reconfinement a des conséquences économiques qui sont absolument dramatiques et qu'il faut tout faire pour l'éviter.
Bien, regardons la situation, on va parler de la vaccination ensuite, mais regardons la situation avec ces prédictions des épidémiologistes. Là, le virus va s'étendre et possible recrudescence en mars-avril. Bon, nous verrons s'ils se trompent ou pas, mais jusque-là, ils ne se seront pas trompés. Est-ce qu'il faut, par exemple, rallonger les vacances scolaires de février ?
D'abord, ce qu'il faut, c'est qu'on est dans une course contre la montre, vous le dites très bien, une course contre la montre, contre l'arrivée des variants encore plus contaminants, variants britanniques, variants sud-africains. Donc le sujet, c'est d'accélérer, de mettre les bouchées doubles sur la vaccination, qui est vraiment la réponse.
Oui, mais d'ici mars-avril, on n'aura pas vacciné trop et suffisamment de personnes.
Vaccination d'un côté, continuer le dépistage massif, c'est ce que nous avons fait en Ile-de-France ce week-end, avec 300 villes dans lesquelles la région a déployé avec les maires des barnum de dépistage. Il faut continuer le dépistage, l'isolement, les gestes barrières, et de l'autre côté, mettre les bouchées doubles sur la vaccination. J'ajoute qu'il faut aussi fermer les frontières, y compris pour les ressortissants de l'espace Schenken, c'est-à-dire fermer les frontières, au virus, c'est-à-dire en réalité demander à chaque personne qui vient en France, y compris de l'espace Schenken, d'avoir un test Covid négatif. C'est ce que nous demandent...
Un test Covid négatif uniquement ? Pas de quarantaine ?
Si il n'y a pas de test Covid négatif, alors une quarantaine obligatoire. C'est ce que font tous les pays qui nous entourent, l'Espagne, l'Italie, l'Autriche, l'Allemagne bientôt. Donc aujourd'hui, nous avons besoin d'avoir ces tests Covid négatifs.
Il y aura eu une réunion européenne d'ailleurs à ce sujet cette semaine.
Oui, mais vous voyez bien que nos partenaires, eux, le font tout seuls. Donc on a cette souveraineté de dire, si nos partenaires européens le font, nous devons le faire. L'Île-de-France est une région frontière. Vous savez bien qu'énormément d'étrangers arrivent dans nos aéroports et dans nos gares. Il faut qu'on se protège aussi efficacement que nos voisins.
J'ai vu qu'en Bavière, on généralisait, on rendait obligatoire le port du masque FFP2. On va jusque-là en Bavière. Parce qu'on s'inquiète. Ces masques qui sont assez laids, on les connaît, en pèque d'oiseaux. Qui sont surtout assez compliqués à porter, assez lourds. Mais beaucoup plus efficaces. Masques obligatoires dans les transports en commun et dans les magasins en Bavière. Est-ce qu'il faudrait faire la même chose en Ile-de-France ?
Ce n'est pas ce que préconisent les autorités sanitaires. Nous, à ce stade, nous n'avons pas d'informations qui nous disent que le port des masques FFP1, ceux que nous portons aujourd'hui, ne soit pas efficace contre la pandémie.
Bien. Valérie Pécresse, la vaccination, comment ça se passe en Ile-de-France, aujourd'hui ?
Ça m'attriste de le dire, mais c'est le bazar.
C'est le bazar ?
C'est le bazar, parce qu'il y a une dizaine de jours, l'État a décidé, brutalement, de transférer tout le fardeau de l'organisation de la vaccination de proximité aux maires. Et donc, les maires se sont retrouvés dans une détresse totale.
Mais vous aviez demandé cela. Vous aviez demandé à ce que les élus locaux soient associés à cette campagne de vaccination.
Non, nous avions proposé, nous les régions, il y a plusieurs mois. Moi, je l'ai proposé à l'automne, à Olivier Véran, que nous, les régions, nous coordonnions la logistique. Pourquoi coordonner ? Parce que les régions peuvent mutualiser. On aurait pu mutualiser tous les achats. Je donne un exemple. Aujourd'hui, les maires n'ont pas d'aiguilles. Ils n'ont pas suffisamment de seringues pour vacciner. Les maires sont obligés de trouver, dans leur ville, les personnes, médecins, infirmières, pour vacciner. Les maires sont obligés de trouver des frigidaires. Ils n'ont pas de frigidaires. Les maires sont obligés d'organiser le transport, la logistique.
Ce ne sont pas eux qui sont en charge des transports. Donc, tout ça, on aurait pu le mutualiser. D'ailleurs, je vais vous dire, moi, j'avais tendu la main au gouvernement pour aider. Mais je ne vais pas rester les bras ballants. Oui, vous allez me dire ce que vous allez faire. Bien sûr, ce n'est pas parce que l'État n'a pas la main tendue.
Combien de centres de vaccination ouverts en Ile-de-France aujourd'hui ?
Aujourd'hui, en Ile-de-France, il y en a 107. Mais la situation est ubuesque puisqu'à ces centres, on leur avait promis des milliers de doses cette semaine. Et on les a rappelés ce week-end pour dire à tous les maires, ce ne seront pas des milliers de doses, ce seront quelques centaines. Donc, ça veut dire qu'on a en Ile-de-France aujourd'hui, mais j'imagine que c'est la même chose dans les autres régions.
Non, j'ai entendu un reportage à Lyon où on avait les doses, 5000 doses. J'ai entendu un reportage sur France Inter ce matin, j'ai entendu ça.
Alors, écoutez, en Ile-de-France, ce n'est pas le cas. Les maires ont été appelés ce week-end pour leur dire, vous avez pris des milliers de rendez-vous cette semaine. Eh bien, il va falloir déprogrammer les rendez-vous parce que vous n'aurez que quelques centaines de doses au lieu des milliers qui vous avaient été promis.
C'est pour ça, c'est la raison pour laquelle vous demandez...
C'est pour ça que je dis que c'est le bazar. C'est pour ça que je dis aussi qu'il y a une énorme détresse des maires et que la région va venir, évidemment, les aider. Qu'allez-vous faire ? On va venir les aider sur plusieurs sujets. D'abord, on va mettre un fonds financier parce que ce n'est pas du tout la même chose d'être la ville de Paris ou d'être un village rural ou d'être une banlieue populaire. On n'a pas les mêmes moyens. Donc, on va mettre un fonds de 10 000 euros pour les aider à tout payer. Les seringues, les frigos, le covoiturage éventuel. Et puis, on va mettre en place des transports puisque vous savez que la compétence de la région, c'est les transports.
Avec les départements, on organise, vous savez, les transports des personnes handicapées, le PAM. Et je vais demander aux départements qu'on puisse faire gratuitement le PAM pour les personnes âgées qui ont une mobilité réduite. Et puis, en zone rurale, nous allons organiser les transports à la demande pour qu'elles puissent desservir les vaccinodromes. Mais là où vous vous rendez compte que c'est ubuesque, c'est que les lieux en zone rurale qui ont été choisis pour vacciner n'ont pas été choisis en se demandant s'il y avait des transports à la demande qui les desservaient.
Valérie Pécresse, vous demandez toujours l'autorisation d'acheter des doses de vaccin ?
Ce que les régions... Ce sont les présidents de région qui l'ont demandé. Oui, ce que les régions ont demandé à travers Région de France. C'est lorsque, pas maintenant, puisqu'aujourd'hui vous le savez bien, les entreprises...
Oui, parce que où les trouveriez-vous ces doses ?
Aujourd'hui, les doses sont réservées aux États. Mais la vaccination, elle va durer. Elle va durer très longtemps. On le sait bien, on a malheureusement des retombées qui disent que l'immunité des vaccins ne sera pas durable. Il faudra revacciner. Donc ça veut dire qu'à un moment donné, ce serait peut-être utile que les régions en collectif, régions de France, viennent en complément de l'État acheter des doses.
Je vous dis ça parce que j'avais compris que vous demandiez d'acheter des doses tout de suite. C'est ce qui avait été dit au départ, de la part des régions.
Non, on demandait tout de suite l'autorisation de pouvoir en acheter dès lors qu'il y en aura sur le marché. Pour l'instant, il n'y en a pas. Il n'y en a pas suffisamment.
La vaccination obligatoire. Moi, je me souviens, vous êtes venu en novembre dernier, ici même, et vous disiez, je vous cite, « Il faut rendre les vaccins obligatoires, ça me semble nécessaire, c'est un espoir formidable contre le Covid-19 ». Est-ce que vous êtes toujours sur cette position-là ?
En fait, je m'étais mal exprimée. Ce que je voulais dire, c'était obligatoirement proposer à tout le monde. Ça veut dire qu'il faut que tout le monde…
Ah oui, ce n'est pas tout à fait pareil. Ce n'est pas tout à fait pareil. Non, mais l'obligation… C'est ce que vous aviez dit, pardon.
Oui, oui, mais vous savez que le matin, quelquefois, on s'en porte et on parle plus vite. Mais ce que je voulais dire, c'était que l'obligation, pour moi, elle porte sur les pouvoirs publics. Les pouvoirs publics ont l'obligation de donner le vaccin à tous ceux qui le souhaitent et sur tous les territoires. J'insiste, parce que le problème, c'est qu'on voit bien que dans les grandes villes, ça va être plus facile, comme d'habitude, de se faire vacciner. Donc, oui, obligation pour l'État de proposer le vaccin parce que c'est un formidable espoir. Et moi, je ne crois pas, M. Bourdin, à ceux qui disent que les Français ne veulent pas se faire vacciner. Ce que je crois…
Il y en a qui ne veulent pas. Oui, mais on dit les Français, comme si les Français étaient un pays unique. Ce que je crois, c'est qu'il y a évidemment beaucoup de doutes à lever sur l'efficacité du vaccin.
Vous avez des doutes, toujours, sur l'efficacité du vaccin ?
Moi, je suis… Est-ce que vous dites qu'il y a beaucoup de doutes à lever ? Non, qui s'exprime, qui s'exprime. Ah oui, non, attendez, ce n'est pas pareil, ça.
Oui, mais est-ce que… Est-ce que vous avez des doutes sur l'efficacité du vaccin ? Pardon, M. Bourdin, ne me coupez pas parce que sinon… Non, allez-y, Valérie Pécresse.
Je vous coupe parce que je voudrais des précisions.
Moi, je le dis tout de suite, moi, je fais confiance aux autorités sanitaires. Nous sommes dans le pays de Pasteur. Je l'ai dit, j'étais prête à me faire vacciner pour rétablir cette confiance dans le vaccin. Et publiquement. Ce que je crois, et publiquement. Ce que je crois d'ailleurs, c'est que tous les responsables politiques devraient se faire vacciner pour montrer aux Français. Parce que c'est pour ça, je vous dis, il y a des doutes qui s'expriment. Mais les doutes, ils s'expriment parce qu'il faut qu'on montre l'exemple. Et en revanche, je suis sûre que si tout le monde montrait l'exemple et s'il y avait cette confiance, eh bien, les Français iraient se faire vacciner.
Et le passeport vaccinal, vous êtes favorable ou pas ? Parce qu'il y a débat aussi. Les Français, ils sont favorables.
Pour moi, ce débat, il est prématuré. Il est prématuré parce que le vaccin, il protège ceux qui sont vaccinés. Mais on ne sait pas encore s'il empêche la contamination. C'est-à-dire qu'une personne vaccinée pourrait continuer à porter le virus, continuer à le propager.
Si dans un restaurant, une personne vaccinée contamine une autre personne vaccinée, ce n'est pas grave, hein ?
Ah bah si, c'est grave.
Et pourquoi ?
Ah, une autre personne vaccinée ?
Pardon, excusez-moi, j'ai compris. Si entre dans le restaurant, si n'entrent dans le restaurant que des personnes vaccinées, où est le problème ? Elles sont protégées. Oui.
Où est le problème ?
Dans un restaurant ou dans un transport ? Dans un avion ou je ne sais pas, moi ?
Alors, ce qui est certain, c'est que lorsqu'on aura vacciné massivement, on pourra envisager peut-être des mesures du type passeport vaccinal. Mais le problème...
Vous y soyez favorables au moment où nous serons vaccinés.
Je crois que 40 millions de Français. Le problème aujourd'hui, c'est que ce serait totalement injuste. Ça reviendrait à donner des droits à un nombre infime de personnes vaccinées, alors que l'immense majorité attend des vaccins. Mais quand 30 ou 40 millions de Français seront vaccinés, ce sera le même problème. Monsieur Bourdin, est-ce que je peux vous dire qu'aujourd'hui, nous allons recevoir, cette semaine, dans ma région, 50 000 doses de vaccins ?
Oui, en Ile-de-France.
Nous avons 830 000 personnes âgées de plus de 75 ans. Donc ça veut dire qu'à ce rythme, si on ne met pas les bouchées doubles, eh bien, il nous faudra 16 semaines pour les vacciner toutes. Donc vous comprenez bien que ce débat sur le passeport vaccinal, il est totalement prématuré à ce stade. On ne doit pas créer des injustices entre les Français. Aujourd'hui, c'est évident, mais dans quelques mois,
dans quelques mois, Valérie Pégresse...
Quand la population aura pu massivement se faire vacciner, c'est-à-dire que toutes les personnes qui le souhaitent auront pu se faire vacciner, alors ce débat aura toute sa pertinence et nous pourrons le mener. J'ajoute...
Et vous y seriez favorable ?
Il y aura forcément, il y aura forcément, la question se posera forcément. Je vous donne un exemple. Il y aura des pays qui demanderont un certificat de vaccination pour le tourisme.
Bien sûr. La Grèce le souhaite déjà.
Et la France elle-même... Chypre le souhaite, le Danemark le souhaite. Et nous devrons nous-mêmes nous poser la question, parce que nous sommes un grand pays touristique, qui allons-nous accueillir cet été ? Est-ce que nous demanderons que ce soit des personnes vaccinées ? Donc ce débat, il aura lieu, il aura lieu dans les prochaines semaines.
Et vous êtes favorable, vous ? Vous serez favorable au passeport vaccinal ?
Ce débat est légitime. Moi j'attends de savoir ce qu'il y a dans le contenu du passeport, et qu'est-ce qu'on donne comme droit supplémentaire aux personnes vaccinées. Tant c'est impossible d'en donner aujourd'hui, ce serait trop injuste.
Bien. La région vient en aide aux étudiants. J'ai vu cela. Comment ?
Alors d'abord, il faut savoir que les étudiants, c'est une génération qui est totalement désespérée aujourd'hui, parce que les universités sont fermées, donc ils sont confinés. Ils ont perdu leur petit boulot, leur boulot étudiant, qui leur permettait de financer leurs besoins et leurs études. Donc nous avons une immense détresse de la jeunesse, qui ne doit pas être la génération sacrifiée du Covid. Donc la région va mettre en place un plan de secours. Un plan de secours massif, avec quatre types de dispositifs. D'abord, nous allons nous occuper de la santé mentale.
En ouvrant aujourd'hui un site qui s'appelle écoute-étudiant-île-de-france.fr et écoute-étudiant-île-de-france.fr il y aura dessus 150 psychologues. La possibilité de s'auto-évaluer, d'auto-évaluer son état psychologique, et la région offrira 40 000 consultations gratuites de psychologues aux jeunes étudiants d'ici juin, pour qu'ils puissent avoir un réconfort.
Ça va s'ajouter à ce que l'État a annoncé, si j'ai bien compris. L'État qui va fournir un chèque de soutien psychologique.
Oui, mais je ne sais pas comment ce chèque sera distribué, je ne sais pas comment ça va marcher. Nous, ça ouvre, ça marche. Vous êtes complémentaires. De toutes les façons, on vient en plus, et nous, ça marche, ce sera efficace, c'est ouvert, et les psychologues sont là, et c'est gratuit. Donc, on a déjà un premier site. Ensuite, la question du logement est crucial. Vous savez qu'un grand nombre d'étudiants, je l'ai dit, ne peuvent plus travailler. Certains de leurs parents sont dans des situations très précaires.
Donc, nous allons ouvrir quatre hôtels à corps pour accueillir, et ce sera sur la prescription des présidents d'universités, des étudiants qui, aujourd'hui, sont sans domicile fixe, qui squattent dans des colocations à très nombreux étudiants, ou bien qui sont revenus chez leurs parents. Donc, on aura quatre hôtels, 400 places, et l'objectif, c'est, avec le CRUS, de pouvoir les sortir de cette ultra-précarité du logement. Par ailleurs, il y a le numérique. Beaucoup d'étudiants n'ont pas les outils numériques nécessaires. Donc, la région offrira 10 000 ordinateurs, 60 000 chèques numériques ont déjà été versés aux étudiants de première année. Donc, sur tous ces sujets-là...
Il y a aussi une garantie de prêt étudiant. Absolument. Valérie Pécresse. Là, vous doublez la mise de l'État, si j'ai bien compris.
Absolument. Vous savez que, quand j'étais ministre en 2008, nous avons mis en place un système où l'État est caution à la place des parents.
Oui, exact.
Caution à la place des parents. Simplement, il y a trop de demandes. Aujourd'hui, ce dispositif, il est saturé. Et donc, la région va venir, en plus de l'État, pour garantir 15 000 nouveaux prêts étudiants auprès de banques partenaires, comme la BNP, le CIC, la Caisse d'épargne, le Crédit Mutuel, les banques populaires, qui acceptent cette caution régionale. Et l'idée, c'est vraiment que les étudiants puissent subvenir à leurs besoins, surtout qu'ils n'arrêtent pas leurs études à cause du Covid. Par ailleurs, je le dis, moi, je suis favorable à la réouverture des universités. À la réouverture des universités, avec un protocole...
Je vais vous le dire, en présentiel.
En présentiel et distanciel, éventuellement en hybride. En hybride, en façon à avoir des demi-changes. Mais avec du présentiel. Mais avec du présentiel. Il faut que les jeunes retrouvent le chemin...
Vous demandez la réouverture des universités.
Avec des protocoles totalement adaptés, je suis prête à organiser, avec les présidents de l'université que j'ai réunis, des barnum de tests à l'entrée des universités. Avec aussi des tests sérologiques pour savoir combien d'étudiants ont déjà eu le Covid. Parce que cette enquête-là, on ne l'a pas encore faite. On ne sait pas. Si ça se trouve, beaucoup d'étudiants sont déjà immunisés. Donc je demande qu'on puisse faire ce protocole expérimental en Ile-de-France pour pouvoir réouvrir les universités.
Carrefour Couche-Tard, Bruno Le Maire, a été mon invité vendredi matin. Il a dit non. Un nom courtois, mais ferme et définitif. C'est ce qu'il a dit, ici même, vendredi matin. Vous approuvez ?
Il y a aujourd'hui des biens stratégiques économiques. Oui. Et la distribution alimentaire, on l'a vu pendant cette période Covid particulièrement, est un bien stratégique. Donc il faut évidemment que le gouvernement puisse exercer, sur ces biens stratégiques économiques, le droit de veto qui est le sien et qui fonctionne.
Entreprises privées, mais entreprises privées.
Bien stratégiques économiques.
Bien stratégiques économiques. Donc vous approuvez la position du gouvernement. Valérie Pécresse, quand est-ce que vous prendrez la décision d'être, ou non, oui ou non, candidate à la présidence de la République ?
Oh là là, je ne m'attendais pas à cette question si tôt ce matin. Écoutez, vous voyez bien que le temps des campagnes n'est pas venu. Non, non, mais je ne vous demande pas si vous serez candidate.
Je vous demande, quand prendrez-vous votre décision ?
Mais aujourd'hui, pardon, je crois que vous n'avez pas vraiment bien à l'idée, l'état d'esprit qui est le mien. Aujourd'hui, l'état d'esprit qui est le mien, c'est jour et nuit, la vaccination, le test, les étudiants. En ce moment, on est en train... C'est ce que nous avons fait. Mais vous n'y pensez,
Valérie Pécresse, vous n'y pensez jamais.
Ce que je sais...
Jamais. Non, mais soyons honnêtes. Jamais.
Je vous réponds. Ce que je sais, c'est qu'en 2022, il y aura une campagne présidentielle. Et ce que je sais, c'est que cette campagne présidentielle, elle sera cruciale pour l'avenir du pays. Et que j'y prendrai toute ma part, parce que je suis une femme politique, que je porte la voix de la première région de France, et que j'aurai des choses à dire dans cette campagne.
Mais c'est pour ça que je vous pose la question. Vous prendrez votre décision quand ? Après les régionales.
Mais à ce stade, M. Bourdin, je vous le dis, les franciliens, les 12 millions de franciliens m'ont élu pour les protéger. Et aujourd'hui, c'est ce que je fais, ce que j'essaye de faire. Et toutes les semaines, j'essaye de trouver des nouvelles idées pour les protéger davantage. Je vous donne un exemple. J'en suis conscient. La semaine dernière, qu'est-ce que nous avons fait ?
Oui.
Pour éviter le troisième confinement, nous avons travaillé avec les hôpitaux, nous avons travaillé avec un grand groupe privé, Philips, avec des centrales d'achat, pour pouvoir permettre aux hôpitaux franciliens de ne plus avoir 1200 places de réanimation, mais 1700, 500 places de réanimation éphémère, pour qu'on puisse éviter la saturation hospitalière qui a provoqué le confinement. Vous savez bien, on a confiné parce qu'on avait peur de saturer l'hôpital. Donc la région, dont ce n'est pas la compétence, est aujourd'hui en train de réfléchir à comment accroître les compétences hospitalières.
Et nous l'avons fait la semaine dernière avec un partenariat matériel et formation qui permettra d'augmenter de presque 50% nos capacités de réanimation. C'est ça aujourd'hui, mes préoccupations hebdomadaires, M. Bourdin. Alors, je sais qu'il y a des personnes qui ne rêvent que de la présidentielle, qui y rêvent matin, midi et soir. Mais vous y pensez comme tout le monde.
Et c'est normal.
Je n'ai pas dit que je ne pensais pas
quand on est responsable politique de haut niveau.
Je n'ai pas dit que je ne pensais pas à mon pays. Mais ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, je suis dans la lutte Covid.
Bien. Valérie Pécresse, MeToo inceste, des millions, millions, j'exagère, mais des milliers, des dizaines de milliers de témoignages après l'affaire Duhamel, la parole des victimes d'inceste qui se libère. Est-ce qu'il faut rendre le crime d'inceste imprescriptible ?
C'est une question très douloureuse, effectivement. Moi, d'abord, je suis très heureuse que la parole se libère enfin. Il y a vraiment un effet levé d'Omerta qui est très sensible ces dernières semaines. Aujourd'hui, vous le savez, la prescription a été repoussée de 30 ans. Je pense que c'est déjà un geste très significatif. C'est suffisant ? Ce qui est en réalité aujourd'hui, est le plus douloureux. Ce n'est pas que ce soit 30 ans d'imprescriptibilité. C'est énorme, 30 ans. Ce qui est douloureux aujourd'hui, c'est que malheureusement, la loi n'a été passée qu'il y a quelques années.
Et qu'il y a aujourd'hui des personnes qui ont notre âge et qui, eux, pour qui, eux, c'est prescriptible encore. Et qui, eux, ne peuvent pas porter plainte. Typiquement, le cas d'Olivier Duhamel aujourd'hui est prescrit. Alors même que si on appliquait la nouvelle loi telle qu'elle a été votée, 30 ans de prescription, ils ne le seraient pas. Donc, le vrai problème aujourd'hui, c'est qu'on est dans une période transitoire où des personnes qui ont été victimes ne peuvent pas porter plainte. Et ça, c'est extrêmement douloureux. Mais on ne peut pas le faire, c'est constitutionnel.
Puisque vous le savez, la loi pénale, plus sévère, ne peut pas s'appliquer à des faits qui ont été commis avant qu'elle soit passée. C'est ça qui est douloureux aujourd'hui.
Merci Valérie Pécresse d'être venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV.
Valérie Pécresse