Sébastien Chenu : "Après 6 mois, Bruno Retailleau n'a toujours aucun résultat !" (France 2)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous allez voter la motion de censure qui sera déposée par le PS cet après-midi après les propos de François Bayrou sur la submersion migratoire ?
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Mais vous aviez allé s'appeler ni le doute vous de la semaine dernière en disant peut-être on pourrait la voter.
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Vous parlez tous d'une seule voix parce qu'au RN certains plaidaient pour le vote de cette motion et faire tomber le gouvernement Bayrou.
- 1:42OuverteRéponse directe
Vous pourriez déposer une motion de censure dans les semaines, dans les mois qui viennent ?
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Est-ce que l'objectif pour vous c'est une présidentielle anticipée ?
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On se souvient que quand vous aviez dit que vous étiez prêt au moment des législatives l'an dernier, finalement le plan Matignon n'a pas été à la hauteur de ce que vous attendiez.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Cette motion de la gauche dit qu'il n'y a pas de problème avec l'immigration. »
- 0:32Invité politiqueFait
« Cette motion de censure en réalité elle a pour but pour le PS de se dédouaner de ses accords avec Emmanuel Macron »
- 0:46Invité politiqueFait
« Ils ont laissé passer le budget d'Emmanuel Macron et de François Bayrou. »
- 1:31Invité politiqueChiffre
« Regardons plutôt le rapport d'ailleurs de la Cour des comptes qui montre que la dépense publique file, que le déficit est en hausse »
- 2:23Invité politiquePromesse
« La baisse de la dépense publique, la baisse du déficit, s'attaquer au tabou de l'immigration, s'attaquer à l'Union Européenne »
- 2:47Invité politiqueFait
« Il ne vous a pas échappé que ça fait déjà six mois. »
- 2:58Invité politiqueChiffre
« 80 candidats qui posaient problème. »
- 4:10Invité politiqueChiffre
« Les chiffres de l'immigration sont absolument épouvantables. Les chiffres que nous avons vus sur l'immigration battent tous les records. »
- 4:30Invité politiqueFait
« Sur la renégociation des accords avec l'Algérie, je n'entends plus rien. »
- 6:14Invité politiqueFait
« Il est sous la tutelle socialiste. »
- 7:36Invité politiquePromesse
« Si le Premier ministre a menti sur une affaire pareille, s'il n'a pas dit à la représentation nationale la réalité des faits, oui, il y aura des suites et il sera sérieusement en difficulté pour continuer à mener son action. »
- 8:32Invité politiqueFait
« Le Conseil constitutionnel, ce n'est pas fait normalement pour recycler des hommes et des femmes politiques. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu81 %
- Présentateur19 %
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Bonjour Sébastien Chenu, est-ce que vous allez voter la motion de censure qui sera déposée par le PS cet après-midi après les propos de François Bayrou sur la submersion migratoire ?
Non, cette motion de censure n'a pas de rapport avec le budget mais surtout elle est rédigée d'une telle façon qu'elle vient contrer finalement le discours que nous nous portons sur la submersion migratoire. Cette motion de la gauche dit qu'il n'y a pas de problème avec l'immigration.
Mais vous aviez allé s'appeler ni le doute vous de la semaine dernière en disant peut-être on pourrait la voter.
Il fallait voir comment elle était rédigée. Évidemment le PS a choisi une rédaction très caricaturale. Non pas forcément, on sait très bien que cette motion de censure en réalité elle a pour but pour le PS de se dédouaner de ses accords avec Emmanuel Macron d'essayer de redorer son image vis-à-vis de la gauche en disant regardez nous sur ça on n'est pas d'accord alors qu'ils ont laissé passer le budget d'Emmanuel Macron et de François Bayrou. Donc en fait c'est une motion caricaturale, c'est une motion de censure qui dit que l'immigration ne pose pas de problème dans le pays. Évidemment on ne va pas voter ce type de déclaration.
Vous parlez tous d'une seule voix parce qu'au RN certains plaidaient pour le vote de cette motion et faire tomber le gouvernement Bayrou.
Non mais l'idée de faire tomber le gouvernement Bayrou et surtout de censurer le budget, c'est ça qui nous apporte, est intéressante. Mais à la condition que derrière un François Bayrou qui tomberait soit nommé un Premier ministre qui mènerait une autre politique. Or là on voit bien puisqu'il n'y a pas de possibilité de dissolution, si demain dans les quelques mois qui viennent, avant le mois de juin François Bayrou tombe, il est remplacé par quelqu'un qui lui ressemble et qui mènera la même politique. Donc ça n'a pas beaucoup de sens ni d'intérêt.
Regardons plutôt le rapport d'ailleurs de la Cour des comptes qui montre que la dépense publique file, que le déficit est en hausse, que ces gens ne savent pas gérer notre pays et il faut dans ces cas-là se retourner vers les électeurs le plus tôt possible. Vous pourriez déposer une motion de censure dans les semaines, dans les mois qui viennent ? Mais nous on ne s'interdit rien. Nous pouvons, dès que nous le souhaitons, dès que nous trouvons que c'est opportun pour protéger les Français, déposer une motion de censure spontanée.
Est-ce que l'objectif pour vous c'est une présidentielle anticipée ? Jean-Luc Mélenchon a un petit peu revenu là-dessus ce week-end, sur une présidentielle anticipée.
L'objectif c'est une autre politique pour le pays. Je pense qu'elle est possible à partir du mois de juin, c'est-à-dire à partir du moment où le président recouvre la possibilité de dissoudre l'Assemblée nationale et de donner une vraie majorité à une équipe, quelle qu'elle soit, qui mènera une autre politique. Nous nous préparons cela. Donc vous êtes prêts ? Nous sommes en train de nous préparer. Nous considérons qu'effectivement il y a une autre politique qui est possible. La baisse de la dépense publique, la baisse du déficit, s'attaquer au tabou de l'immigration, s'attaquer à l'Union Européenne, dans ce qu'elle coûte et ne rapporte pas aux Français.
Oui, il y a d'autres chemins possibles. On se souvient que quand vous aviez dit que vous étiez prêt au moment des législatives l'an dernier, finalement le plan Matignon n'a pas été à la hauteur de ce que vous attendiez.
Non mais d'abord il y avait cinq jours qui nous séparaient entre le dimanche de l'annonce de la dissolution et le dépôt des candidatures. Cinq jours. Il ne vous a pas échappé que ça fait déjà six mois. Jordan Bardella avait dit que tout était prêt. Non mais d'abord quasiment tout était prêt. Nos candidats n'ont posé problème dans 99% des cas. Aucun problème. Donc il y a eu... 80 candidats qui posaient problème. Non, non, une quinzaine. Mais au-delà de ça, ça sert, il faut se corriger. Quand on fait des erreurs, il faut savoir les corriger. Nous, nous avons corrigé ces erreurs. Et aujourd'hui, si les Français sont appelés aux urnes, ils auront devant eux des candidats et un programme.
Alors en cas de présidentielle anticipée ou de présidentielle en 2027, est-ce que Bruno Retailleau est devenu un concurrent pour Marine Le Pen ?
Ah ben un concurrent, ça c'est à LR qu'il faut poser d'abord la question. Je ne sais pas si LR veut investir Bruno Retailleau. Mais si derrière ça, vous êtes en train de dire est-ce qu'il y a un effet Retailleau ? Moi, vous savez, je me souviens de l'effet Zemmour, l'effet Pécresse... L'effet Sarkozy en 2007 ? Non mais ça, c'est un peu l'exception qui confirme la règle. Mais c'était plus qu'un effet Sarkozy. Il était positionné depuis bien plus longtemps. Ce n'est pas venu par hasard et ce n'est pas un fait d'actualité. Bruno Retailleau, c'est par hasard pour vous ?
Non mais c'est plutôt aujourd'hui les circonstances, les conséquences d'une situation qui font qu'aujourd'hui, il préfère préparer une présidentielle qu'assumer pleinement sa mission de ministre de l'Agriculture. Ce que je comprends parce qu'en réalité, Bruno Retailleau, ça fait six mois qu'il est là et en fait les résultats commencent à peiner. On ne voit pas de résultats. Ça fait six mois que j'entends M. Retailleau...
Lui, il dit qu'il a des résultats.
Ah bon, lesquels ? Sur l'immigration, hier, sans rentrer dans les détails. Les chiffres de l'immigration sont absolument épouvantables. Les chiffres que nous avons vus sur l'immigration battent tous les records. Alors si c'est ça, les résultats, M. Retailleau, sur l'aide médicale d'État, il a perdu les arbitrages, M. Retailleau, sur la négociation... Il y revient sur la M.E. On va voir, ce n'est pas dans le programme en tous les cas. Sur la renégociation des accords avec l'Algérie, je n'entends plus rien. Sur la lutte contre la drogue, il y a maintenant des gens qui, dans sa majorité, puisqu'il est associé à la majorité Macron socialiste, demandent la légalisation du cannabis.
D'ailleurs, je vous ai amené quelque chose, parce que Mme Lusset voulait contrôler les députés. Comme vous êtes le service public, je vous ai amené un autotest. Vous le donnerez à Mme Lusset et à sa rédaction. J'ai voulu que je le laisse moi-même devant vous. Si vous voulez le faire, ça vous regarde. Je ne vous en demande pas tant. Mais derrière ça, ce que je veux dire, c'est que la lutte contre la drogue, c'est quelque chose de sérieux. Ce n'est pas des effets d'estrade. Et quand j'entends des députés de la majorité qui disent qu'ils veulent légaliser les drogues, en tous les cas un certain nombre de drogues, le H, voire la cocaïne, je pense qu'il y a péril en la demeure et que M.
Retailleau devrait se consacrer à cela.
Pour revenir un petit peu, en quelques instants, sur les tests salivaires, puisqu'on ne va pas y passer non plus toute l'interview, est-ce que vous avez regardé le document d'Élise Lusset ? Parce qu'apparemment, quand on regarde plus précisément, on voit quand même que la plupart des députés se prêtent au jeu.
Non, mais moi je l'ai regardé, mais si vous voulez, ce qui m'intéresse, c'est qu'on mène le combat sérieusement. Non, ce n'est pas sérieux. Et si vous voulez, ce n'est pas Mme Lusset, ni flic, ni juge, ni médecin, ni curé. Je ne sais pas si elle va proposer aussi des tests Covid ou des analyses d'urine à l'Assemblée nationale, parce que je veux dire, c'est un combat à mener sérieusement, la lutte contre la drogue. J'attends de M. Retailleau qu'il mène ce combat, j'attends qu'il le mène dans toutes ses dimensions, y compris fiscales, y compris en matière de justice avec le garde des Sceaux, et pas simplement des effets d'estrade.
Pour revenir sur Bruno Retailleau, à force d'en faire une cible et d'en parler dans toutes les interviews, puisque tous vos camarades en parlent, ça ne fait pas un peu... Vous faites mine d'être rassuré alors que vous ne l'êtes pas ? Il vient siphonner sur vos terres.
Non, en réalité, il est sous la tutelle socialiste. Le problème, si vous voulez, c'est que moi j'aimerais qu'il y ait du résultat. J'aimerais que M. Retailleau nous démontre qu'on peut faire autrement, parce que ça validerait ce que le Rassemblement national dit. On peut faire autrement sur ces questions-là. Il y a d'autres politiques à mener, mais à partir du moment où il accepte de ne pas avoir tous les leviers en main, il n'ira pas au bout. Regardez sur l'expulsion de Doualem. C'est un amendement des Républicains au Sénat que présidait M. Retailleau qui permet que ce délinquant, en tous les cas, ne soit pas expulsé. Donc si vous voulez, c'est toujours pareil.
Ce sont des gens qui parlent fort, ce sont des gens qui parlent haut, mais qui, une fois qu'ils sont au gouvernement, aux manettes, aux responsabilités, n'ont pas de résultat, parce que la réalité, c'est qu'il n'y a que le Rassemblement national qui peut et qui veut lutter contre l'insécurité.
Alors dans l'affaire Bétharam, François Bayrou a répété, comme devant l'Assemblée nationale, mardi et mercredi, qu'il n'était pas au courant des accusations visant l'établissement où ont été scolarisés certains de ses enfants. Pour vous, il a menti le Premier ministre ?
Je n'en sais rien. Je ne sais pas si le Premier ministre a menti. Je ne suis pas Mme Soleil. Je pense d'abord aux victimes. Vous l'avez entendu. J'ai entendu le Premier ministre se défendre de façon assez peu convaincante à mes yeux, mais je ne me réfère pas uniquement à Mediapart comme vecteur d'information. Je pense que le dossier est probablement très complexe. Je veux bien entendre ce que dit François Bayrou. Aujourd'hui, je ne suis pas très convaincu de ce qu'il raconte.
S'il a menti, est-ce qu'il y aura des suites comme l'a clamé Jean-Philippe Tanguy ce week-end ?
Si le Premier ministre a menti sur une affaire pareille, s'il n'a pas dit à la représentation nationale la réalité des faits, oui, il y aura des suites et il sera sérieusement en difficulté pour continuer à mener son action. Est-ce qu'il faut une commission d'enquête parlementaire ? Je pense qu'il va falloir se doter en tous les cas. Mais c'est difficile d'une commission d'enquête parlementaire parce que ces faits sont actuellement en justice. Il y a un procès, il y a une enquête qui se tient. Avant même un procès, une enquête se tient. On ne met pas de commission, on n'ouvre pas de commission parlementaire lorsque une enquête est en cours. On va voir la suite.
Aujourd'hui, j'aimerais que François Bayrou soit un peu plus convaincant. Mais pour l'instant, je ne connais pas le détail du dossier. Et c'est surtout l'enjeu de la protection de l'enfance dans notre pays qui, je trouve, est passé un peu à l'as ces dernières années.
En quelques mots, très rapidement, il faut que députés et sénateurs s'expriment mercredi sur la nomination de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel. Est-ce que le Rassemblement national votera contre sa nomination ?
On va voir ce que Richard Ferrand nous dit. Il va falloir qu'il soit convaincant. Moi, je pense que le Conseil constitutionnel, ce n'est pas fait normalement pour recycler des hommes et des femmes politiques. Il va falloir qu'il nous démontre sa capacité à être indépendant, impartial, neutre. C'est tout l'intérêt, d'ailleurs, de cette audition. On se décidera après. On ne peut se décider qu'après avoir entendu l'impétrant. Merci beaucoup et bonne journée à tous.
Sébastien Chenu