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InterviewEurope 1 (sur YouTube)· 28 mai 2025 7 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesBudget & impôtsSolidarités & famille

Annonce de François Bayrou : "Ce sera très difficile de demander des efforts aux Français"

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:40OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce que vous décodez ? Hausse d'impôts, moins d'État-providence, un petit mélange des deux ?

  • 2:13OuverteRéponse directe

    Et sentez-vous justement les Français consentants ?

  • 2:51RelanceRéponse directe

    Même si on surestime probablement l'ampleur de la fraude quand même, il faut le dire.

  • 3:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que selon vous, le consentement à l'impôt est menacé ?

  • 5:11OuverteRéponse directe

    François Bayrou n'a pas intérêt à dépolitiser cette question ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20PrésentateurFait
    « François Bayrou veut demander un effort à tous les Français, sans exception, pour redresser les finances publiques. »
  • 0:20PrésentateurFait
    « Le Premier ministre dit préparer un plan de retour à l'équilibre des comptes dans les 3-4 ans à venir. »
  • 1:22InvitéChiffre
    « Sur 25 milliards d'efforts on a fait à peu près 90% d'augmentation d'impôts. »
  • 1:38InvitéChiffre
    « Les économies c'est 40 milliards d'euros, et j'entends certains qui parlent de plan de rigueur, il faut rappeler que 40 milliards d'euros ce n'est que seulement 2,5% de la dépense publique. »
  • 2:56InvitéChiffre
    « La fraude sociale c'est à peu près 25 milliards. »
  • 4:38InvitéChiffre
    « 50% de la dépense publique, c'est justement lié à la protection sociale. »
  • 4:55InvitéChiffre
    « 20% c'est de la dépense des collectivités locales. »
  • 4:58InvitéChiffre
    « 30% c'est de la dépense de l'État. »
  • 5:11PrésentateurChiffre
    « François Bayrou dit que l'on dépense 10% de plus que ce qui rentre dans les caisses. »

Temps de parole

  • Invité72 %
  • Présentateur28 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

7h, 9h, Europe 1 Matin. Il est 7h12 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko, vous recevez ce matin le directeur général de l'association Contribuables Associés. Bonjour Benoît Perrin. Bonjour Dimitri, bonjour à tous. Bienvenue sur Europe 1, François Bayrou veut demander un effort à tous les Français, sans exception, pour redresser les finances publiques. Le Premier ministre dit préparer un plan de retour à l'équilibre des comptes dans les 3-4 ans à venir. Alors ça sera présenté début juillet, retour à l'équilibre des finances publiques. Alors ça c'est quand même sacrément ambitieux.

Alors c'est vrai que la dette est devenue un sujet d'inquiétude populaire, mais avant tout il y a cet effort que le Premier ministre veut demander aux Français, Benoît Perrin. Qu'est-ce que vous décodez ? Hausse d'impôts, moins d'État-providence, un petit mélange des deux ?

0:46
Invité

Alors déjà ce qu'il faut préciser c'est que François Bayrou fait preuve de pédagogie utile, mais j'aurais tendance à dire que c'est de la pédagogie qui est un peu dépassée, puisque ça fait des années en fait que nos responsables politiques parlent de cette situation financière très préoccupante. Et le seul enjeu je crois qu'attendent les Français, c'est justement l'action. C'est-à-dire est-ce qu'on va avoir un Premier ministre qui va effectivement mettre en place des actions correctrices, ou alors il va simplement rester dans la parole ? Et comme vous le savez, pour établir des comptes publics, il n'y a pas qu'une solution.

Soit vous augmentez les recettes via l'impôt, et on sait tous que la France est un pays dans lequel effectivement la taxation est très importante. Soit vous baissez les dépenses publiques. Et très concrètement on voit ce qui s'est passé en 2025 pour le projet de loi de finances, où en fait sur 25 milliards d'efforts on a fait à peu près 90% d'augmentation d'impôts. Donc là on a quand même l'impression que le Premier ministre sent que la situation est vraiment très embêtante, et doit trouver des économies. Les économies c'est 40 milliards d'euros, et j'entends certains qui parlent de plan de rigueur, il faut rappeler que 40 milliards d'euros ce n'est que seulement 2,5% de la dépense publique.

Donc, et on a déjà du mal effectivement à trouver ces 40 milliards, on attend avec impatience les pistes qui vont être évoquées. Pour l'instant il n'y en a pas beaucoup, et on va voir si effectivement le Premier ministre ose affronter un certain nombre de Français. Parce que ce qu'il faut bien comprendre c'est que baisser la dépense publique, si en fait considérer que de l'argent qui allait dans la poche de Français ou d'entreprises ne doit plus y aller. Donc il faut faire du courage politique, et pour l'instant ce n'est pas le cas.

2:13
Présentateur

Et sentez-vous justement les Français consentants ? On a vu spontanément les réactions autour de vous, Benoît Perrin, j'imagine que c'est un peu pareil. Moi j'ai senti de la réticence, pour ne pas dire de l'hostilité, face à un Premier ministre exigeant des efforts. Et ce qui ressortait le plus souvent c'est, et les politiques, qu'est-ce qu'ils ont fait pendant toutes ces années ? On a beaucoup entendu ça hier.

2:34
Invité

Alors je crois qu'il y a effectivement un problème de méthode. C'est-à-dire que je crois que tant que les Français n'auront pas la conviction, que 1, on lutte vraiment contre les fraudeurs, c'est-à-dire contre des gens, des entreprises qui soit ne paient pas correctement leurs cotisations, soit contre des Français qui effectivement trichent avec le système, abusent avec le système.

2:51
Présentateur

Même si on surestime probablement l'ampleur de la fraude quand même, il faut le dire.

2:56
Invité

Mais j'aurais tendance à dire, vous avez raison, la fraude sociale c'est à peu près 25 milliards. Mais en tout cas, tant que les Français, je crois, n'ont pas l'impression, n'ont pas le sentiment, même la conviction, que les fraudeurs sont pourchassés, tant qu'ils n'ont pas l'impression, vous avez raison, que l'État et les collectivités locales font des efforts, y compris sur des choses assez symboliques. On parle souvent des comités théodiles, vous savez, des comités qui se réunissent ou pas. On ne sait pas exactement, enfin en tout cas dont l'activité n'est pas démontrée. Ça, ça coûte à peu près 30 millions. Donc vous voyez, ce n'est pas là-dessus qu'on fait des économies.

Mais malgré tout, je crois que tant que les Français n'ont pas cette conviction-là, on va chercher les fraudeurs, et on fait des efforts à la fois symboliques et de fond sur l'État et les collectivités locales, je crois qu'effectivement, ce sera très difficile de demander des efforts aux Français, sachant que les Français font déjà des efforts. Ça a été dit ce matin, notamment sur le pouvoir d'achat, dont on voit qu'il décroît après année.

3:45
Présentateur

Mais vous dirigez Contribuables Associés, donc Association, Benoît Perrin, on les entend, les Français se demandaient où va l'argent. Est-ce que selon vous, le consentement à l'impôt est menacé ?

3:55
Invité

Alors je crois que le consentement à l'impôt est largement menacé, parce que j'aurais tendance à vous, c'est un peu un choix de société. Soit on accepte de payer beaucoup d'impôts, et dans ce cas-là, on a des services publics qui sont vraiment au niveau. Et à ce moment-là, ce consentement n'est pas fragilisé. Mais là, on voit tous, dans nos vies respectives, que notre pouvoir d'achat baisse, d'une part, et que d'autre part, on n'a pas cette espèce de retour sur investissement. Il suffit d'aller dans un hôpital, il suffit d'aller dans un commissariat de police. On n'en a pas pour nos impôts. Il suffit de regarder le niveau de l'école. C'était le scandale de Gabriel Attal. Eh bien, exactement.

Et quand on voit justement la cartographie, en fait, de la dépense publique, on comprend mieux, en fait, pourquoi on a du mal à justement réduire cette dépense publique. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que quand on regarde cette cartographie, on voit que 50% de la dépense publique, c'est justement lié à la protection sociale. Donc, c'est absolument énorme. Protection sociale, comme vous le savez, ce sont les retraites, la santé, le chômage, la famille, ou encore la lutte contre la pauvreté. 20% c'est de la dépense des collectivités locales. Et 30% c'est de la dépense de l'État.

Donc, on voit bien que si on n'examine pas l'ensemble de ces dépenses, et notamment la dépense sociale, qui est une dépense qui est donc difficile à traiter, puisqu'il y a des Français derrière qui touchent de l'argent, eh bien, il sera absolument impossible de rétablir les comptes publics.

5:11
Présentateur

Oui, ceci dit, quand François Bayrou dit que l'on dépense 10% de plus que ce qui rentre dans les caisses, il y a une véritable urgence. Est-ce que finalement, François Bayrou n'a pas intérêt à dépolitiser cette question ? Je pense en cela à Michel Barnier, qui avait coloré ses annonces, en disant qu'il faut redresser les finances publiques, mais il avait tout de suite parlé de justice fiscale, ce qui avait été considéré comme une gaffe politique à l'époque pour Michel Barnier.

5:39
Invité

Alors souvent, effectivement, quand les responsables politiques parlent de justice fiscale, ils parlent, pour décoder, il faut entendre augmentation d'impôts. Donc le problème, c'est justement que nos responsables politiques ont trop eu souvent recours à l'augmentation d'impôts quand il s'est agi, justement, de rétablir les comptes publics. Vous avez parlé de 10%, l'État, c'est exactement, enfin, déficit d'écart de 10% entre les dépenses et les recettes, donc c'est exactement comme si l'État gagnait, ou un ménage gagnait 2000 euros tous les mois, et tous les mois, dépensez 2200 euros, et ça fait à peu près 50 ans que ça dure, d'où une dette qui est aujourd'hui extrêmement importante.

Ça ne peut plus durer, c'est presque du bon sens, c'est-à-dire que vous ne pouvez pas éternellement continuer à dépenser plus que ce que vous gagnez. Il y a un moment où la réalité vous rattrape. Alors la question, c'est quand est-ce que la réalité va nous rattraper ? Donc quand est-ce que, concrètement, les marchés financiers vont commencer à s'affoler ? Personne n'en sait rien. En tout cas, on est certain qu'il y a un mur en face de nous. On a du mal à évaluer à quelle distance on est du mur, mais ce qui est certain, c'est que pour éviter de se taper le mur, il faut absolument trouver des moyens de rétablissement des finances publiques.

6:43
Présentateur

Merci Benoît Perrin, directeur général de l'association Contribuables Associés. Merci d'être venu nous voir ce matin sur l'antenne d'Europe.