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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 26 février 2017 92 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesImmigration & asileTravail & emploi

Daniel Cohn-Bendit : "Si vous voulez vraiment éviter Marine Le Pen, Emmanuel Macron est le mieux placé aujourd'hui"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 48 %Attaque 32 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 23:11OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous dites à la génération 68 qui va voter aujourd'hui ?

  • 25:21FerméeRéponse directe

    Si le scrutin était demain, vous votez Emmanuel Macron ?

  • 26:59OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est uniquement pour faire obstacle à Marine Le Pen ?

  • 29:04OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous conseillez Emmanuel Macron ?

  • 31:25RelanceÉludée

    Pourquoi vous ne dites pas pour qui vous êtes ?

  • 32:28FerméeRéponse partielle

    Est-ce que vous conseillez Benoît Hamon ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 23:33Invité politiqueFait
    « Il y a aujourd'hui une partie de la société française qui chavire. Et politiquement, ça s'appelle Marine Le Pen, le Front National. »
  • 24:39Invité politiqueFait
    « Si vous voulez vraiment nous éviter Marine Le Pen, eh bien, Emmanuel Macron est aujourd'hui, au jour d'aujourd'hui, le mieux placé. »
  • 26:41Invité politiqueFait
    « Marine Le Pen, c'est Trump. Elle le dit. Et Trump, c'est la destruction. »
  • 30:14Invité politiqueFait
    « Il faut qu'il clarifie plus flexibilité, sécurité. »
  • 33:52Invité politiqueFait
    « Je trouve qu'Emmanuel Macron ne va pas assez loin sur les drogues. »
  • 36:06Invité politiqueFait
    « Il faut que l'Allemagne ait confiance pour que l'Allemagne change. »
  • 36:04InvitéFait
    « Je crois que Macron a raison de dire qu'il faut que l'Allemagne ait confiance pour que l'Allemagne change. »
  • 37:46InvitéFait
    « Je m'excuse, j'étais France vieux jeu. Ça se fait en France. Les socialistes le font, là, les emplois plus ou moins fictifs de la famille. D'accord ? Ça se fait. C'était une erreur. Je ne le ferai plus. »
  • 38:37InvitéFait
    « Marine Le Pen, c'est quand même une personnalité qui a le plus d'affaires dans toute cette histoire en ce moment. »
  • 38:50InvitéFait
    « Vous avez un argumentaire de la haine et du refus, du rejet des autres, que ça soit à l'extrême gauche par Mélenchon, dégage. Si vous dégagez, c'est la haine. »
  • 43:34InvitéFait
    « Je crois que cette génération est très sensibilisée par le problème de Marine Le Pen. »
  • 44:28InvitéFait
    « C'est lui qui représente le meilleur barrage à Marine Le Pen. »
  • 47:23InvitéFait
    « Moi j'ai travaillé pendant 10 ans un mouvement alternatif exactement dans les mêmes conditions. Donc je comprends tout à fait le problème. »
  • 47:34InvitéFait
    « Il y a des situations où un revenu décent est nécessaire et doit être accompagné par l'État. »
  • 48:37InvitéFait
    « On le voit avec l'Allemagne, la Hartz-Fierre, où qui est pour certains quelque chose de détestable, de très dur, et d'autres qui s'installent, qui s'installent depuis 10 ans, 20 ans, dans cette situation. »
  • 48:56InvitéFait
    « Emmanuel Macron ne reprend pas l'idée d'un service civil obligatoire. »
  • 52:24InvitéFait
    « Si vous voyez ce qui se passe aux États-Unis, et ça je ne l'invente pas, c'est quand même la destruction de tout un tissu démocratique qui se met en place. »
  • 52:51InvitéFait
    « Dans l'histoire, et ce n'est pas de la morale, c'est de l'expérience historique, on a vu ce que donne l'élection du pire. »
  • 1:05:27InvitéFait
    « l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui fonctionne mal. »
  • 1:06:40InvitéFait
    « sortir de l'Europe c'est une catastrophe pour la France. »
  • 1:08:21InvitéFait
    « l'Europe n'a pas tenu ses promesses c'est vous qui êtes responsable puisque vous étiez aux affaires. »
  • 1:14:09InvitéFait
    « une partie de la dette allemande a été rayée l'autre partie a été prolongée. »
  • 1:14:23InvitéPromesse
    « il faudrait faire la même chose avec la Grèce. »
  • 1:14:58InvitéFait
    « les Allemands aussi en 54 étaient responsables de les dettes parce que c'était pas simplement l'ancienne dette c'était aussi la dette qui venait aussi de Hitler. »
  • 1:17:31InvitéFait
    « Marine Le Pen dit Trump c'est mon homme. »
  • 1:18:43InvitéFait
    « Trump aujourd'hui va se casser les dents sur la structure démocratique des Etats-Unis. »
  • 1:25:19InvitéFait
    « la décision de l'Union Européenne d'arrêter les quotas laitiers était une décision néfaste. »
  • 1:27:45InvitéFait
    « ou ça passe par l'Europe ou pas du tout vous ne ferez une politique responsable face à l'agriculture que par une réforme en profondeur de la politique agricole européenne. »
  • 1:29:53InvitéFait
    « il faut arrêter la pénalisation des drogues douces parce que vous en fait vous ne faites que soutenir le marché des trafiquants. »

Temps de parole

  • Invité71 %
  • Présentateur8 %
  • Invité 27 %
  • Invité 33 %
  • Présentateur 22 %
  • Daniel Cohn-Bendit2 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:12
Présentateur

Bonjour et bienvenue dans Questions politiques, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. Notre invité aujourd'hui, Daniel Kohn-Bendit, ancien député européen. Il sera avec nous à partir de midi 20 et répondra à vos questions à partir de 13h15 au 01 45 24 7000 sur franceinter.fr et via Twitter avec le mot clé question Paul, question au pluriel. Tout de suite, voici la semaine politique. France Inter, questions politiques, Sébastien Paou. Avec les rendez-vous dont vous avez l'habitude dans cette première demi-heure, le portrait de Daniel Kohn-Bendit, brossé par Karine Bécart, le zapping de Laurence Perron.

Mais d'abord, le meilleur de l'humour politique de France Inter, Nicole Ferroni. C'était mercredi dans le 7-9 face à Brice Tinturier, le directeur général d'Ipsos, où l'on découvre que la politique, c'est comme l'apéro.

1:02
Invité

Écoutez, aujourd'hui, je suis très impressionnée d'être devant celui que tout le monde redoute en période électorale. M. Tinturier de l'Institut Ipsos, qui est au candidat des présidentielles, en fait voir de toutes les couleurs. Et je ne dis pas ça pour le jeu de mots, mais par souci de vérité, puisque c'est quand même ça le métier de sondeur. C'est de prendre sa petite sonde, sa petite pipette, et d'aller mesurer les couleurs dans le cœur des Français. Est-ce qu'ils virent du rose au vert ? Est-ce qu'ils tirent plutôt sur le bleu marine ? Et vous, M.

Tinturier, vous dites, ben non, là, ils ne tirent ni sur le vert, ni sur le bleu, ils se tirent tout court, ils n'en ont plus rien à faire, plus rien à foutre, ils ne croient plus en la politique. Et moi, je me dis, mais c'est bizarre cette conclusion, parce que moi, au contraire, je trouve que ça boum boum vachement la politique chez les citoyens. Je veux dire, cette année, il y a quand même eu la première primaire citoyenne, qui par le vote de 130 000 personnes a permis d'élire la candidate citoyenne Charlotte Marchandise.

Il y a aussi le mouvement de la maison des citoyens et son candidat Alexandre Jardin, qui nous offre tous deux de beaux messages d'espoir, mais aussi de très beaux jeux de mots, puisque leurs soutiens pourront crier « Le monde n'est pas une marchandise, enfin sauf notre candidate ! » Où ils pourront dire « Pour cultiver votre jardin, élisez d'abord le nôtre ! » Bref, il y a une ferveur à s'emparer de la politique, même si tout le monde ne se sent pas armé pour le faire.

Et c'est vrai que, par exemple, je voyais samedi soir à l'apéro chez Sophie, mon pote Vincent, qui pourtant participait au débat, me disait « Oh mais Nicole, tu sais que pour de quoi, moi je ne sais pas qui c'est notre député ? » Et moi je dis « Ah bon ? » Il me dit « Non, mais tu sais, moi franchement, la politique, je ne comprends rien. » Et moi je dis « Mais comment un mec qui prend l'apéro peut ne pas comprendre la politique ? » Parce qu'au final, c'est quand même exactement pareil. Rien ne ressemble plus à des chips, finalement, que des députés, puisque le principe est le même. Tu goûtes et si tu aimes, tu reprends, si tu n'aimes pas, tu reposes.

Et donc je dis « C'est pas compliqué, avant les élections des députés, tu vas sur le site de l'Assemblée nationale, tu regardes qui est le tien, s'il est venu à l'Assemblée déjà, et ensuite ce qu'il a voté, puis tu vois si ça te va. » Et là Vincent, il me dit « Mais on peut voir ce qu'il a voté ? » Et moi je lui explique. J'ai dit « Bah oui, bien sûr ! » Enfin non, disons que tu peux connaître le vote de ton député si le vote est en séance publique. Tu sais, c'est quand ils sont dans la grande salle et qu'ils passent à la télé. Mais tu sais, quand ils sont en petits groupes cachés en commission, là c'est vrai que c'est hyper opaque, le compte-rendu ne donne jamais le vote.

Et après j'ai dit « Mais en même temps, si tu en as à te plaindre de ne pas trouver le vote dans le compte-rendu, c'est déjà bien, parce que ça veut dire que tu l'as trouvé le compte-rendu. » Alors que déjà pour le trouver, tu es obligé des fois de prendre les sites parlementaires à coup de pelle, c'est-à-dire creuser, creuser avant de trouver. Et le pire c'est qu'une fois que tu as trouvé les pelles, tu n'as plus du tout envie de les leur rouler, parce qu'ils votent n'importe quoi en termes de loi. Et là ce serait que Damien faisait remarquer par exemple que les parlementaires qui crient avec nous au scandale sur l'affaire Fillon « Oh c'est mal, c'est pas bien !

» dans le même temps nous apprennent que sénateurs et députés viennent d'adopter définitivement une loi dans laquelle les infractions occultes comme les abus de biens sociaux, les prises illégales d'intérêts, la fraude fiscale feront désormais l'objet d'une prescription selon une nouvelle limite de 12 ans après les faits. Autrement dit, si une future affaire Fillon vient à se créer, il suffira que le délinquant au col blanc soit juste 12 ans bien caché pour passer au travers du filet. Et là, en fait, plus je parlais et plus je me rendais compte, je me disais « Mais en fait, c'est pas du tout Vincent et les Français qui en ont rien à foutre de la politique.

» C'est la politique qui en a rien à foutre des Français. Mais la politique en fait, elle vient, elle promet, puis elle te trompe, elle crie transparence, puis elle se cache, elle s'offusque, mais elle coctionne, elle est payée pour faire un boulot qu'elle ne fait pas toujours, elle veut qu'on la vouvoie parce qu'elle fait sa belle en costard dans l'hémicycle, mais après elle arrive chez toi, elle se sert dans ton frigo sans te demander, elle ne met même pas les coudes sur la table, elle y met les pieds, elle te parle mal, elle se fout de ta gueule et en fait, elle est quand même tout sauf polie, la politique.

Donc moi, je veux bien qu'il y en ait qui disent « Ouh, c'est pas très beau, que les Français, il y en a rien à foutre de la politique. » Moi, je dirais d'abord « Oui, maîtresse, mais c'est elle qui a commencé. »

4:28
Présentateur

Le zapping politique de la semaine à présent se mène riche en rebondissements, Laurence Perron. Au générique, tous les hommes s'appellent François, où ils sont affublés d'un nom qui se termine en « on ». Il n'y a qu'une femme dans ce film choral, mais elle porte le nom de son père, et c'est censé être une histoire d'amour.

4:43
Invité

Si on prend des vedettes, on nous donnera de l'argent. Pour faire un film, il faut de l'argent.

4:46
Présentateur

Bon, alors il n'y a qu'à prendre des vedettes. Le scénariste est intrépide, il n'aime rien tant que brouiller les cartes. Un carton explicatif, donc au début, le président François, menacé à sa droite par un autre François, a abdiqué. Il avait un fils, Emmanuel Macron, la famille des « on », qui l'a trahi et vient de s'allier avec un autre François, François Bayrou, de la famille de personnes.

5:06
Invité

« J'ai décidé de faire à Emmanuel Macron une offre d'alliance. »

5:10
Présentateur

On en était là en début de semaine, d'un côté François, celui de droite, un nom en « on » aussi, Fillon, la fille Marine Le Pen, encore plus à droite, la fille de son père donc, François Bayrou et Emmanuel Macron alliés au nom du « ni droite, ni gauche ». « Vous savez, François Mitterrand disait que le centre, c'est ni de gauche, ni de gauche. » Oui, là, celui qui parle, c'est Benoît Hamon, la famille des « on ». Il a été rajouté très récemment au scénario. Personne ne croyait vraiment à son personnage, le fils rebelle qui devient l'héritier du royaume quand le chef abdique. Et finalement, la projection test a convaincu les spectateurs. Alors, nouveau coup de théâtre, le scénario intrépide.

Benoît Hamon, le rebelle de la famille en « on », convainc Yannick Jadot, le chef des écologistes, dont le nom de toute façon de rimer avec personne, de lui faire allégeance. « Je retire ma candidature à l'élection présidentielle pour participer à une grande aventure, qui est l'accord que nous avons trouvé. Vous savez, il y a un accord qui est écrit. » Le McGuffin du film, l'argument en quelque sorte, c'est que tous, les François, ceux qui ont un nom en « on », sont un rempart contre un péril qu'on appelle ici le parti de la colère, le Front National. Benoît Hamon.

6:11
Invité

Est-ce que c'est un risque que la France veut prendre ? Je le dis aux ouvriers, je le dis aux fonctionnaires, je le dis à celles et ceux qui vivent de peu. Vous avez raison d'être en colère, mais ne vous trompez pas de colère, parce que vous allez servir le désordre.

6:27
Présentateur

Cette ère de liberté au-delà des frontières, aux peuples étrangers qui donnaient le vertige, et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige, elle répond toujours du nom de Robespierre, ma France. « Et ce que nous disons également,

6:49
Invité

c'est que des actes irresponsables, comme ceux qui ont été commis ce matin, remettent en cause cette stratégie globale, seule capable de faire plier les patrons. » « En tout cas, il y en a qui perdent pas leur temps en paroles inutiles et qui se marrent. »

7:02
Présentateur

« S'il vous plaît. » Au château, on s'organise, mais un petit village résiste lui aussi. Son chef a aussi un nom en « on », Mélenchon. Il a une potion magique que personne n'ose absorber.

7:12
Invité

Alors il attend. « De quoi parle-t-on ? Benoît Hamon dit qu'il propose sa candidature. Moi aussi. Si vous voulez que le programme s'applique, la meilleure des garanties, c'est moi. De ralliement, non, faut pas y rêver. Ça n'aura pas lieu. D'ailleurs, personne ne le proposait. Le premier qui a dit qu'il maintiendrait sa candidature jusqu'au bout, c'est Benoît Hamon, sondage ou pas, je le comprends. Et je respecte ça. Les socialistes ont bien le droit d'avoir leur candidat. C'est le point numéro un. Au démeurant, ce n'est pas moi le problème, ni nous. Nous sommes au niveau auquel nous étions un peu plus haut d'ailleurs que 2012. C'est eux qui ont perdu la moitié de leur suffrage.

Donc c'est normal qu'ils essayent de se trouver une solution. Mais il ne faut pas compter sur nous pour aller faire l'appoint d'une force politique qui a du mal à remonter sur le cheval.

7:52
Présentateur

Et le spectateur politique, lui, il attend aussi. Si on était au cinéma, il en aurait pour son argent. Mais en politique, l'électeur est souvent bien plus imprévisible. De pleines en forêt, de vannons en colline. Du printemps qui va naître à tes mortes saisons. De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine. Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson. Voilà pour ce zapping sonore signé Laurence Perron accompagnée de Jean Ferrat. Je vous présente l'équipe de questions politiques ce dimanche. Bonjour Nathalie Saint-Cricq. Bonjour Sébastien. Vous représentez France Télévisions autour de cette table. Bonjour Arnaud Leparmentier. Bonjour. Vous êtes le monde dans cette édition. Dans sa plénitude.

Et dans sa complétude. On verra ça et bonjour. Ça me paraît un peu ambitieux tout ça. Karine Bécard que vous entendez. Vous êtes vous, France Inter. Karine dans questions politiques. Qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine tous les trois ? On commence avec vous.

8:47
Invité

Karine ? Moi j'ai envie de revenir sur l'attelage Bayrou-Macron. Je trouve que les médias l'ont peut-être quand même un petit peu survendu. On a beaucoup entendu parler d'alliance.

9:00
Présentateur

C'est le terme de François Bayrou.

9:02
Invité

C'est le terme de François Bayrou évidemment. Repris par Emmanuel Macron. Mais si on regarde bien c'est pas une alliance pour moi. C'est un ralliement. C'est le ralliement de François Bayrou à Emmanuel Macron. Parce que pour parler d'alliance il faut une dot. Et moi j'ai pas vraiment vu de dot. J'ai pas vu. Je vois pas vraiment un parti derrière Bayrou. Je vois pas beaucoup de militants. Je suis pas sûre qu'il ramène beaucoup de voix. Donc tout ça en fait que ça soit le parti, les voix, les militants tout ça est en miettes quand même autour de François Bayrou. Donc je trouve que François Bayrou a très très bien vendu sa petite affaire.

Parce qu'en réalité ce ralliement révèle je trouve beaucoup l'échec en fait de François Bayrou. C'est-à-dire qu'il nous dit là que définitivement il aura jamais réussi à être président de la République. Et puis surtout que ce centre qu'il a essayé d'animer aujourd'hui il est en miettes. Il n'existe plus. Il est totalement éclaté.

9:46
Présentateur

Trois fois candidat et une dot maigre

9:48
Invité

pour une quatrième fois. Arnaud. Je trouve que c'est très très macho de parler de dot comme ça. Comme si on était encore... On n'a pas dit qu'il y a été la mariée. Je suis très choqué. Alors moi j'ai mis mon plus bel avis de gauche aujourd'hui. Je vais vous parler de Martin Schulz. Donc on croyait que les élections allemandes étaient faites. Jouaient d'avance qu'Angela Merkel remportait. Quoi qu'il arrive son quatrième mandat en septembre ? C'est pas tout à fait certain. Est arrivé Martin Schulz qui est un vieux briscard. En réalité il n'est pas d'août tout neuf. Il est élu depuis 1994 au Parlement européen. Mais en Allemagne on ne le connaît pas bien. Donc il fait neuf.

Et le SPD qui risquait de tomber vers les 20% des voix. En fait dépasse 30% des voix dans les sondages pour le moment. Et le candidat il a de la volonté. Il n'y va pas pour perdre comme ses amis Gabriel, Steinmeier, Steinbrück qui avaient tous été soumis à Angela Merkel parce qu'ils avaient gouverné sous ses ordres. Et donc on commence à respirer. Alors ça va sans doute gêner Daniko de Médit qui aime beaucoup Mouti, Angela Merkel de voir que ses amis de gauche peuvent l'emporter. Alors en réalité plus sérieusement il y a quelque chose de très intéressant.

C'est qu'on croyait que la corbinisation c'est-à-dire soit la gauchisation le côté la disparition progressive de la gauche était inéluctable. Et bien c'est pas vrai du tout. On voit donc qu'en Allemagne le SPD peut retrouver des couleurs. Même s'il a toujours un problème avec l'héritage de Schröder. On voit que Syriza qui était venu d'extrême gauchière est devenu un parti social-démocrate. Et en France finalement au lieu de voir que le parti socialiste s'est ammonisé, corbinisé, on peut voir qu'en réalité la nouvelle gauche c'est Emmanuel Macron et donc en fait la gauche n'est pas condamnée à se radicaliser. Voilà c'était mon quart d'heure optimiste. Schultz comparé à Benoît Hamon en fait.

Ah non pas du tout, au contraire. Schultz comparé à Emmanuel Macron. Schultz à Macron pardon. Qu'est-ce que j'ai dit ?

11:29
Présentateur

Hamon. Ah mais tout c'est on je me perds. C'est ce que disait Laurence Perron tiens il y a un instant. Nathalie Saint-Cricq, la semaine c'était quoi ?

11:37
Invité

C'était les 5 minutes optimistes d'Arnaud. Moi ça va être mes 5 minutes positives. Contrairement à ce que disait Karine. Moi c'était pour rendre hommage. Alors je sais qu'une femme ne peut pas rendre hommage mais famage ça n'existe pas. À François Bayrou. Parce que François Bayrou, on peut dire qu'il aurait fait que 6% qu'il n'a pas d'argent, qu'il ne pouvait pas être candidat, qu'il aurait mal fini sa vie. Bon, il s'est retiré quand même au profit de quelqu'un d'autre. Ce qui veut dire qu'on sait avoir moins d'égo, s'effacer parfois, accepter d'être numéro 2. Et aussi un petit hommage à Yannick Jadot. Alors on dira aussi 1,5, 2%.

C'est-à-dire qu'il n'aurait pas eu des parrenages, il n'aurait pas eu de chance. Mais finalement, des gens qui rêvent de quelque chose. Pour François Bayrou, ça a été toute sa vie. On peut imaginer qu'il a adoré être en campagne. Pour ces gens qui adorent passer à la télévision, quelquefois pour eux-mêmes et quelquefois pour défendre leurs idées, savoir au nom de la responsabilité face à Marine Le Pen se retirer et s'en remettre à d'autres, je trouve que ça mérite d'être salué. Que ce n'est pas juste des bas calculs politiques. Ça peut aussi faire partie et relever d'une certaine forme de panache. Un coup de chapeau de Nathalie Saint-Cricq à François Bayrou. Et Yannick Jadot.

12:36
Présentateur

Et Yannick Jadot. Et on verra forcément François Bayrou à la télévision. Vous dites qu'il aime les écrans.

12:41
Invité

Oui, mais pour les avoir vus dans les émissions politiques de prime time, des campagnes électorales, et voir cette espèce de jubilation, voire jouissance, à être là au centre du monde et tout, je crois qu'à un certain âge, pour François Bayrou, ou plus jeune pour Yannick Jadot, c'est quand même quelque chose d'assez chic, on dira.

12:56
Présentateur

C'est vrai. 12h18 sur France Inter.

13:01
Invité

Question politique sur France Inter.

13:05
Présentateur

Notre invité cette semaine est donc l'ancien neurodéputé Daniel Cohn-Bendit.

13:10
Invité

Bonjour Daniel Cohn-Bendit. Bonjour. Comment allez-vous ? Très bien. Bien. Moi je suis optimiste. Ah bon, on va reparler.

13:17
Présentateur

On est ravis d'avoir deux heures d'optimisme avec vous. Merci d'avoir accepté l'invitation de France Inter, de France Info et du Monde. Avant de vous interroger avec mes trois comparses,

13:26
Invité

votre portrait signé Karine Bécard.

13:28
Daniel Cohn-Bendit

Bonjour Daniel Cohn-Bendit.

13:30
Invité

Bonjour. Daniel Cohn-Bendit, comme il me faut vous résumer, je dirais que vous n'avez jamais cessé d'être français tout en étant allemand. Et ce qui fait votre spécificité, c'est que l'inverse est vrai également. Vous n'avez jamais cessé d'être allemand tout en apparaissant profondément français. En réalité, depuis tout petit, vous naviguez. Vous êtes né de ce côté-ci de la frontière, à Montauban, mes deux parents réfugiés juifs allemands. La langue de Molière est la première que vous apprenez à parler, mais c'est la nationalité allemande que vous choisissez à votre majorité. Et ce n'est pas tout.

À l'adolescence, l'internat très ouvert dans lequel vous êtes inscrit se trouve tout près de Francfort, mais c'est à Paris, à Nanterre, où vous êtes allé pour vos études à l'université. Vous vous êtes bâti, Daniel Cohn-Bendit, dans ce va-et-vient permanent. Ce qui, au passage, a donné de vous l'image d'un homme en perpétuel mouvement. Même chose politiquement. Vous avez été deux fois eurodéputé allemand et deux fois eurodéputé français. Et ce, alternativement. Tout cela fait de vous, forcément, un incroyable spécimen européen.

14:36
Présentateur

L'Europe semble dans vos gènes, dans votre nature même, et elle vous a permis aussi de créer le personnage qui est le vôtre aujourd'hui. Mais sa carrière au Parlement européen, Karine, n'a vraiment commencé qu'à l'âge de 50 ans.

14:48
Invité

À 49, oui, exactement. En fait, c'est le temps qu'il vous a fallu, Daniel Cohn-Bendit, une petite vingtaine d'années, pour, si j'ose dire, vous assagir un peu, pour rentrer dans le rang. C'est-à-dire, d'abord, par exemple, commencer par voter. Vous avez 37 ans quand vous vous y mettez. Ensuite, il a fallu que vous acceptiez de vous encarter. Les verts allemands, les Grunen, vous les fréquentez depuis un petit moment, mais vous attendez d'avoir presque la quarantaine pour adhérer vraiment. Et puis, vous prendrez encore quelques années pour vous décider à candidater. Autrement dit, l'enfant terrible de mai 68 aura mis près de 20 ans à sortir de ses strictes idées gauchistes.

Pendant 20 ans, vous êtes éducateur, vous êtes libraire, vous êtes journaliste, et vous vous plaisez, vous qui, d'ailleurs, vivez en communauté, dans le bouillonnement contestataire allemand.

15:34
Présentateur

Ce qui va commencer à vous transformer, ce sont les choix de votre ami Fischer, Yoshka Fischer, le futur ministre des Affaires étrangères de Gerhard Schröder.

15:43
Invité

Comme vous, il vient du milieu libertaire, mais contrairement à vous, il finit par avoir envie d'exercer quelques responsabilités. Il se lance, il vous pousse, mais vous, Daniel Cohn-Bendit, vous résistez parce que vous tenez bien trop à votre liberté. Et quand finalement vous devenez, à 44 ans, adjointe à la mairie de Francfort, vous êtes un ovni politique, un verre militariste, un peu trop ouvert sur les questions d'intégration. Vous continuez donc à déranger ce que vous avez toujours aimé. Aimez discuter avec tout le monde, aimez polémiquer, sans pour autant être prisonnier de vos idées. En réalité, vous avez toujours construit votre pensée en la confrontant à celle des autres.

Résultat, pris dans le bain du Parlement européen, l'anarchiste du début, toujours verre, mais un verre plutôt clair, est devenu réformiste, bref, quasiment centriste.

16:35
Présentateur

Et quel est son bilan alors ?

16:37
Invité

Alors à dire vrai, il n'y en a pas vraiment, enfin pas concrètement. Il n'a jamais écrit de grands rapports, a toujours refusé de diriger les verres et n'a surtout pas cherché à devenir un jour commissaire. Dans toute votre vie, Daniel Cohn-Bendit, vous avez surtout aimé être un empêcheur de tourner en rond, un détonateur d'idées, mais qui laisse le soin aux autres de trouver un moyen de les appliquer. Vous resterez à jamais un sourire impertinent et un européen viscéralement capable tout de même de convertir même les pires eurosceptiques, comme l'a été José Bové, en neurophiles invétérés. Qu'est-ce que j'entends, Daniel Cohn-Bendit ? Vous n'avez pas de bilan ?

D'abord, deux petites corrections. J'ai choisi la nationalité allemande à 14 ans pour ne pas faire mon service militaire. Parce que si j'avais choisi la nationalité française, j'aurais dû faire mon service militaire. Mais en Allemagne, les enfants de réfugiés, la droite avait donc une exception, et donc je trouvais ça formidable. Je suis le seul Allemand au monde qui est devenu Allemand pour ne pas faire son service militaire. Donc à 14 ans, pas à 18 ans, c'est ça que vous voulez dire. Donc c'est déjà pas mal. Très tôt donc. Pour mon bilan, j'ai un bon bilan là.

Et deuxièmement, j'étais adjoint au maire, j'ai créé l'office des affaires multiculturelles, de l'intégration, et la droite l'a repris. C'est mon plus grand bilan au niveau du local, c'est qu'au début, ils m'ont combattu en disant c'est inutile, et quand la droite a gagné les élections, eh bien ils ont dit ça, on le garde parce que c'est vraiment trop bien. Mais après, vous n'avez jamais voulu, Daniel Cohn-Bendit, être dans l'exercice concret du pouvoir, une responsabilité ministérielle, une responsabilité opérationnelle durable. Candidatée, comme disait Karine. Est-ce que vous avez préféré la force du verbe et votre liberté ? La liberté, absolument. Moi je trouve qu'il faut des ministres.

Et moi j'ai toujours soutenu Yochka Fischer, que j'ai même poussé pour qu'il soit ministre. Il faut des ministres, mais pas pour moi. C'est pas une vie. M'imaginer toujours me balader avec deux gardes du corps, etc. Non, voilà.

18:35
Daniel Cohn-Bendit

Mais est-ce que c'est pas frustrant d'avoir belles idées, mais jamais essayer de les appliquer ? On fait de la politique normalement pour changer la vie des gens, non ?

18:42
Invité

Oui, mais je crois que dans la manière que j'ai de faire de la politique, d'influencer, ça change les conditions de la politique. Si tous ceux qui parlent politique, par exemple les journalistes, voulaient être ministre, ça serait terrible. Vous serez d'abord trop nombreux, mais deuxièmement, non, je voulais simplement dire que, voilà, moi je crois que j'ai une possibilité, je dirais même une capacité, à influencer la société, ou une partie de la société. Et je crois que c'est très important pour faire de la politique et pour changer les choses. Alors, vous êtes vert, vous avez été grunonne et vert à la fois.

19:21
Présentateur

Nathalie Saint-Cricq a une information pour vous concernant les Verts Europe Écologie et les Verts Français.

19:25
Invité

Yannick Jadot, que peut-être vous influencez lui aussi, en tout cas qui est un de vos amis, qui vient d'être un très grand copain, vient d'avoir l'approbation de militants, puisqu'à 79%, ils ont validé son retrait. Et donc ce ralliement à Benoît Hamon. Vous êtes content, vous considérez que c'était inéluctable, nécessaire, fondamental ?

Oui, je trouve que pour l'avenir, je crois que ça ne jouera pas tellement pour les élections présidentielles, mais que pour l'avenir, on a aujourd'hui l'ébauche, et quand on voit le contenu de leur accord, qui est un contenu très écologiste, que je ne vois pas comment le PS dans son entier pourrait signer quelque chose comme ça, pour l'accepter ça, mais je crois qu'on a, on émerge là, la naissance d'un parti social écologiste, un PSE. Vous allez voir que le paysage politique français, après ses présidentielles et ses législatives, va être complètement bouleversé. Ça fait longtemps qu'il n'y a pas eu de candidat écolo à la présidentielle, ça ne vous embête pas ?

Non, pas du tout, parce que pour faire 1,5%, je ne vois pas l'importance. Attends, Arnaud, allez développer Daniel. Non, non, je dis l'élection présidentielle est l'élection la plus dure pour les écologistes, parce qu'ils n'ont pas réussi à construire quelque chose qui leur donne une chance d'être au deuxième tour. Donc, ils sont toujours les victimes du vote utile.

20:45
Daniel Cohn-Bendit

Oui, mais ça leur permet d'exister en termes d'idées, justement. Vous qui les aimez, ces idées, ça permet de les entendre en deux, non ?

20:48
Invité

Non, mais c'est d'exister en se ridiculisant. Vous n'allez pas me dire qu'Eva Joly a permis à Europe Écologie d'exister. Cécile Duflo, ça aurait été la même chose, etc. On a vu que la négociation s'était faite aussi avec des négociations de circonscription. Est-ce que ce n'est quand même pas, notamment pour Cécile Duflo, il y a tout un débat à Paris, si elle doit en avoir, sur votre ami Yannick Jadot, qui exige une circonscription, on ne lui a pas donné. Est-ce que ça ne donne pas l'impression que le PS et les Verts, c'est toujours les combinations habituelles ? Donne-moi des postes et je te soutiendrai à la présidentielle. Là, vous posez un vrai problème.

C'est pour ça que l'élégance de François Bayrou, qui pensait la même chose, mais qui n'a pas attendu de longues négociations, dit « je me rallie parce que je crois que c'est nécessaire contre Marine Le Pen », ça, vous l'avez oublié. Son argument fondamental, c'est « je mets tout ce que j'ai dans la balance ». Peut-être que c'est rien, mais j'ai, moi, quand même une autorité. Et on le voit, d'ailleurs, le sursaut pour Macron après le ralliement de François Bayrou, c'est parce qu'il y a Marine Le Pen. Voilà son argument. Et d'ailleurs, moi, je lui ai parlé, il me dit « on n'a pas le choix, il faut gagner. On ne peut pas laisser la France à Marine Le Pen ». C'est ça qui l'a poussé.

Et vous, les journalistes, je vous dis une chose, personne, moi y compris, le matin même, j'ai fait une chronique en disant « il va y aller, il a tellement d'égo ». Et puis après, quand il y va, tout le monde dit « mais c'est évident qu'il n'y va pas ». Mais personne ne l'a dit avant. Personne ne l'a dit avant.

22:19
Présentateur

On va reparler de Daniel Cohn-Bendit et Emmanuel Macron avec notre invité, donc Daniel Cohn-Bendit. Vous lui poserez vos questions à partir de 13h15 après le journal. Rebonjour et bienvenue dans « Questions politiques », l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde,

22:42
Invité

sur le canal 27 de la TNT pour France Info, la télé, et donc avec le quotidien du soir. Alors, notre invité cette semaine, c'est l'ancien neurodéputé Daniel Cohn-Bendit.

22:52
Présentateur

À mes côtés, pour vous interroger, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions, Arnaud Leparmentier du Monde et Karine Becker de France Inter.

22:59
Invité

Je tenais à dire que Stéphane, ça vous va très bien.

23:01
Présentateur

Oui, mais c'est Sébastien. Sébastien. C'était Sébastien Demorand il y a un instant, passons. Ma mère, précisément, Daniel Cohn-Bendit, était à Nanterre, à la fac, en 1968, elle avait 18 ans, avec vous. Qu'est-ce que vous dites à cette génération qui a fait la révolution en 1968

23:19
Invité

et qui aujourd'hui va voter ? Vous lui dites de voter Macron comme vous allez le faire, vous ? Non, moi, je ne dis pas de voter. Les gens font ce qu'ils veulent. Je dis simplement... Vous dites que c'est Macron. Non, non, non, moi, je dis la chose suivante. Il y a aujourd'hui une partie de la société française qui chavire. Et politiquement, ça s'appelle Marine Le Pen, le Front National. Je crois que, et là, on peut reprendre les termes de François Bayrou ou d'autres, une société ouverte pour l'Europe, même s'il faut bouger l'Europe, s'il faut changer l'Europe, voilà ce qu'il faut défendre.

Et maintenant, regardez les programmes des uns et des autres, regardez qui peut, au deuxième tour, le mieux battre Marine Le Pen. Parce que, pour la première fois, la décision du premier tour est une décision complètement différente. Parce que, je crois que si c'est François Fillon qui gagne, qui est au deuxième tour, la gauche n'ira pas voter. Ou très difficilement, vu son programme. Elle le fera comme en 2002. Arkeo et tout ça. Deuxièmement, si c'est Benoît Hamon, la droite n'ira pas voter. Ou elle ira voter Marine Le Pen. Ou une partie ira voter Marine Le Pen.

Donc, si vous voulez vraiment nous éviter Marine Le Pen, eh bien, Emmanuel Macron est aujourd'hui, au jour d'aujourd'hui, le mieux placé. Donc, je dis à ceux qui ont été à Nanterre ou qui n'ont jamais été à Nanterre, eh bien, il faut regarder l'évolution des choses. Il faut regarder l'évolution des choses. Comment se structurent maintenant les décisions des Françaises et des Français qui vont aller voter. Et moi, ce que j'espère, c'est que le candidat qui sera au deuxième tour sera au premier tour, ou sera au premier tour, devant Marine Le Pen. Vous votez Emmanuel Macron. Pardonne-le pas. Aujourd'hui, moi je dis pour ça, parce que je ne sais pas ce qui peut arriver.

Non, mais si le scrutin est demain, vous votez Emmanuel Macron, oui ou non ? Si le scrutin, aujourd'hui et demain, vu qu'il est à 23, je dis, faisons passer, si c'est demain, la semaine prochaine, disons, faisons passer Emmanuel Macron à 25, 26, pour qu'il soit devant Marine Le Pen. Ça ne veut pas dire, et je le dis encore, que je trouve qu'il y a des tas de choses très intéressantes dans l'accord Jadot-Amont. Et que ça, ça les positionne pour l'avenir.

25:48
Présentateur

Mais pour la première fois, vous allez voter, vous, à une présidentielle française, puisque vous êtes Français depuis 2015. Vous allez voter donc Emmanuel Macron pour la première fois à l'élection.

25:55
Invité

Au jour d'aujourd'hui, mais je ne sais pas ce que je vais faire demain ou après-demain. Oui, mais enfin, on est à deux mois de l'élection. Imaginez que, comme le pensent Jadot et Amont, que Amont arrive maintenant et qu'Emmanuel Macron décroche complètement. Je ne voterai pas. Je ne vote pas idéologiquement. Je vote pour la personne qui est la mieux placée, pour nous éviter, et gagner par 70-30, si ce serait contre Marine Le Pen au deuxième. Vous voulez au secours de la victoire. Vous voulez au secours de la victoire. Non, je vote contre Marine Le Pen. Je crois. Ce n'est pas au nom de la victoire. Je vote pour la société ouverte. Je vote pour la démocratie.

Regardez ce qui s'est passé aux Etats-Unis. Ce n'est pas joué. Marine Le Pen, c'est Trump. Elle le dit. Et Trump, c'est la destruction. C'est la tentative de détruire les structures démocratiques des Etats-Unis. Donc, moi, je ne vole pas vers la victoire. Je vole pour la défense de la démocratie, de la société ouverte et de l'Europe. Nathalie Saint-Cricq. C'est ça, Daniel Cohn-Bendit. Vous aviez dit, j'ai deux poulains, Jadot et Macron. Bon, Jadot, c'est terminé. Est-ce que c'est uniquement pour faire obstacle à Marine Le Pen ?

Ou est-ce qu'il n'y a pas, chez Emmanuel Macron, notamment dans ses prises de position pro-européennes, dans ce qu'il peut y avoir d'européens chez Bayou aussi, est-ce qu'il n'y a pas chez vous, un peu plus que simplement, on ne veut pas de Marine Le Pen, mais un début d'adhésion à cette nouvelle forme de politique et de façon d'exercer la politique ? Mais je l'ai toujours dit. Mais qu'est-ce qu'il y a un petit coup de cœur ? Je trouve ce qui est intéressant pour dire, par exemple, que Yannick Jadot a réussi à faire de Benoît Hamon, et dans l'accord, d'être beaucoup plus européen. Plus européen. C'est-à-dire qu'Hamon était un noniste.

Et je crois qu'il y a eu un travail très intelligent que pour eux maintenant aussi, quelle que soit la situation, comment il faut changer l'Europe, ils ont Thomas Piketty qui leur a fait tout un programme, etc. Je ne dis pas qu'il est bon ou mauvais, mais il se place dans le cadre de l'Europe. Mais c'est vrai, c'est vrai qu'aujourd'hui, ce qu'il me plaît dans ce que dit Emmanuel Macron, c'est qu'il dit arrêtons avec droite-gauche comme si on avait dit quelque chose. Et moi, mon frère vient de faire un texte très intéressant. Il me dit, moi en 1956, lui, pas moi, lui, parce que... Gaby Kohn-Lenick. Gaby Kohn-Lenick, quand il est rentré en politique, en 1956, la gauche c'était quoi ?

C'était le Parti Socialiste pour la guerre d'Algérie, et le Parti Communiste pour l'intervention des Russes à Budapest. Et il n'y avait que des débiles mentaux trotskistes libertaires qui disaient, ah non, on ne peut pas.

Et que Taubira, Christiane Taubira, que j'adore, de faire cette attaque contre Emmanuel Macron, alors qu'elle a fait, elle a été dans une liste, Bernard Tapie, un homme de gauche reconnu, de partout, qui a été une liste, qui a été mise en place par François Mitterrand pour une fusée destructrice contre Michel Rocard, je trouve qu'elle pourrait dire, je ne suis pas d'accord avec Macron, c'est évident, on peut changer, mais attention, ces scuds comme ça sont indignes de l'intelligence de Christiane Taubira. Est-ce que vous le conseillez, Emmanuel Macron, est-ce que vous le conseillez ?

Parce qu'on sait très bien que vous vous parlez et que vous parlez à beaucoup de gens, d'ailleurs dans la classe politique, même si vous êtes un retraité, entre guillemets, actif de la politique que tous les Borlots, tous les Hulots, tous ces gens qui gravitent, c'est quoi votre poids ? Mon poids, c'est mon verbe. Oui, mais il n'y a pas que vous... Non, mais mon poids, c'est... Non, mais moi...

29:24
Daniel Cohn-Bendit

C'est de vous fâcher, c'est de vous énerver, c'est de vous agiter. Non, pas du tout,

29:26
Invité

je ne m'énerve pas quand je leur parle. J'essaye de clarifier, j'essaye de dire, parce qu'il y a des choses qui m'énervent, c'est vrai. C'est vrai que Christiane Taubira m'a énervé parce que je l'aime et j'ai trouvé indigne la manière dont elle a attaqué Macron. Pas qu'elle dise je suis pour un monstre, c'est son droit le plus strict, etc. Entre choses, mon poids, c'est justement de parler aux gens, de dire voilà ce que je comprends, voilà ce qu'on peut faire, et puis après, ils en font ce qu'ils veulent. Et j'ai dit ça aussi bien, je discutais avec Yannick Jadot qu'avec Emmanuel Macron.

29:56
Daniel Cohn-Bendit

Donc vous avez murmuré à l'oreille de Macron et de Bayrou ?

29:58
Invité

Non, pas de Bayrou, je lui ai parlé après. François Bayrou et moi, nous avons une histoire compliquée. Oui, je sais. Mais je trouve qu'il a été très... Et vous avez dit quoi à Macron alors ? Qu'est-ce qu'il a fait de lui dire ? Moi, je dis à Macron, par exemple, qu'il faut qu'il clarifie plus flexibilité, sécurité. Je trouve que le problème des Français, parce qu'on dit qu'il est un libéral, ça ne veut rien dire. Ça ne veut rien dire comme ça. C'est un gros mot de gauche ? Oui, c'est une insulte. Mais quand j'ai sorti, moi, libéral, libertaire, rappelez-vous, aux élections européennes, qu'est-ce que j'ai pas entendu ? Mais c'est exactement la même chose.

Et donc, moi, je crois que, dans le programme, s'il veut une libéralisation du marché du travail, il faut qu'il nous explique, et qu'il explique mieux, et plus clairement, la sécurité. Comme le font les Danois, qui s'est fait, ce sont des sociodémocrates, des gens de gauche, qui ont mis sur place, et ça, je crois qu'il n'est pas encore assez clair.

31:00
Présentateur

Il détaille son programme jeudi, je crois, la semaine prochaine. Voilà.

31:06
Invité

Flexi-sécurité, je crois que c'est ce qui les différencie de tous les autres candidats. S'il arrive à bien expliquer, il avait dit, dès Versailles, les boucliers. Vous lui parlez, vous le conseillez, vous l'appréciez, on n'entend que ça. Vous l'encensez, surprenant, déroutant, fascinant, presque le symbole du renouveau. Je crois que c'est compliqué, finalement, d'annoncer que vous le soutenez. On voit bien que vous vous défendez comme un lion, là.

Non, mais je vais vous dire, pour la simple raison, que ce qui est intéressant, quand vous discutez avec quelqu'un, par exemple, quand je discutais avec Yannick Jadot, et je trouve bien qu'il ait rejoint Benoît Hamon, parce que je trouve qu'il y a une logique dedans, eh bien, il faut garder une indépendance. Il faut garder... Moi, après, au dernier moment, je pourrais dire, mais s'il faut...

31:54
Daniel Cohn-Bendit

Ça va faciliter, ça, quand même, non ? C'est pas de la politique.

31:56
Invité

Mais moi, je ne fais pas de la politique. Je la commande, je l'explique, comme vous. Pourquoi vous ne dites pas, vous, pour qui vous êtes ? Pourquoi vous ne dites pas ? Parce que je ne sais pas, vous n'êtes pas journaliste. Mais vous êtes une journaliste importante. C'est nous qui posons les questions, ici. Mais c'était quand même des... Écoutez, vous êtes des journalistes importants qui influencent la société. Et moi, j'aimerais bien... Je trouve que les Américains, le New York Times et tout ça, longtemps à l'avance, ils déclarent pour qui ils sont. Pour pas qu'ils se cachent derrière nous sommes des journalistes, machin, truc chouette, je ne sais pas, voilà.

Daniel Comédie, est-ce que vous conseillez Benoît Hamon ? Parce qu'on va prendre les choses différemment. Puisque vous ne voulez pas dire exactement pour qui vous êtes. Non, non. Non, je parle avec Yannick Jadot. Yannick Jadot. Bon, d'accord. C'est votre cheval d'autre. Oui, non, parce que Yannick Jadot, il y a une... Moi, je l'ai connu, je l'ai fait à sa connaissance qu'on en a fait la plus belle campagne que les écologistes n'aient jamais faite. Vous avez le sentiment de le trahir en rejoignant de facto pour l'heure jusqu'à nouvel ordre Emmanuel Macron ? Non, Yannick Jadot a eu, c'est d'ailleurs à France Inter, une très belle phrase.

Il a dit, on discute tous les jours, Danny veut battre la droite et moi, mon problème, c'est que je veux faire renforcer l'écologie. C'est vrai qu'on a... Vous avez deux programmes différents, deux actes différents. On a deux entrées différentes pour l'instant, mais attendez. C'est pour ça que je dis à Thomas Piketty, à Benoît Hamon, à Yannick Jadot, n'insultez pas l'avenir. Vous allez tous appeler à voter Macron au deuxième tour. Donc, soyez cool, les enfants. Il est de gauche, Macron, selon vous ? Dans les classifications, dans les classifications, est-ce que vous mettez Emmanuel Macron à gauche, au centre-gauche, mais à gauche ? Il est, pour certaines choses, dans la tradition de gauche.

Pour d'autres choses, il est dans la tradition libérale. C'est pour ça qu'on ne peut pas dire qu'il est de gauche, qu'il est de droite. Il essaye, justement, de dépasser, sur certains sujets, le traditionnel clivage droite-gauche ou libéral-gauche. Voilà. Mais, par exemple, je trouve qu'Emmanuel Macron ne va pas assez loin sur les drogues. Il a renoncé. Il avait envisagé de dire... Il a renoncé. Voilà. Il est candidat. C'est pour ça qu'il y a une différence avec moi. Il veut gagner aussi. Il est candidat. Il veut gagner. Et il dit que la France, sur les drogues, a toujours 15 ans de retard. Maintenant, on a des salons de shoot.

Moi, je m'en rappelle, parce que vous avez dit que j'étais adjoint au maire en 89. Ça a commencé. On les a instaurés à Francfort en 92. Et la France a mis 15 ans. Et je ne vous parle pas des débats sur la substitution. Oh là là ! Ce n'est pas possible, etc. Donc, la France est ancrée vraiment dans un conservatisme là-dessus. Et Emmanuel Macron a eu peur. A eu peur. Au contraire de Benoît Hamon, par exemple, et de Yannick Jadot. Bon. Alors, Daniel Cohn-Bendit ne veut pas dire pour l'instant s'il votera Emmanuel Macron. Je ne suis pas à l'église. Je ne suis pas à la confession. Je ne suis pas à la confession. Mais une confession, c'est quand c'est quelque chose de mal.

Donc, on peut considérer que l'image n'est pas forcément. Non, la confession... C'est peut-être pas une bêtise de voter Macron. Non, mais moi, je ne dis pas. Au contraire, je veux que les gens votent Macron. Non, on parle de la bêtise au confessionnel. Mon problème, c'est que je suis d'autant plus crédible que quand j'ai une distance. Parce qu'il dit « Ah ben, c'est vrai, il a des arguments. Même s'il n'est pas d'accord, il a des arguments. Bah oui, moi, je trouve qu'en France, il a fait preuve, disons, de manque de courage sur les drogues. Et je crois que c'est important.

Parce que vous ne pouvez pas arriver à répondre à la question de sécurité dans les banlieues sans poser le problème de la faible drogue. C'est la continuation du programme de François Hollande, quand même un peu. Vous ne trouvez pas ? D'abord, ça ne serait pas une insulte, simplement. Deuxièmement, ce n'est pas vrai parce qu'il a quitté. Il a quitté. Et justement, par exemple, ce qu'il a commencé à définir sur la sécurité va au-delà. Et comment il prend la question de l'Europe ? Parce que Jadot Hamon, Piketty prennent aussi l'Europe. Mais eux, ils veulent faire une alliance avec le Portugal, le sud de l'Europe, la Grèce, etc. Je m'excuse.

Il faut trouver un moyen de faire évoluer l'Allemagne. Et je crois que Macron a raison de dire qu'il faut que l'Allemagne ait confiance pour que l'Allemagne change. Parce que si l'Allemagne ne change pas sur la communautarisation de la dette, si l'Allemagne ne change pas sur le fait qu'il faut un autre type d'investissement, que Hamon a raison sur une Europe de Jadot Hamon, Hamon reprenant une vieille idée des écologistes européens, une Europe de l'énergie, etc., de l'énergie renouvelable, etc., eh bien, on n'y arrivera pas.

Mais pour cela, il faut arriver en Allemagne avec un programme et une volonté de répondre aux angoisses des Allemands, qu'on ne va pas dilapider l'argent comme ça, et donc que l'arriverait à faire évoluer l'Allemagne. Bon, alors, passons à droite, toujours en politique française,

36:56
Présentateur

Daniel Cohn-Bendit. François Fillon, lui, est embarrassé par les affaires judiciaires. Il va profiter d'une trêve avant l'élection, d'après vous ? Écoutez... De la trêve

37:06
Invité

non écrite, mais... Habituelle. Habituelle, oui. Qui a l'air bien brisé. Oui, enfin, ça dépend des médias. Ça dépend... Moi, ce qui me fascine, c'est que aussi bien, disons, le noyau dur du potentiel électoral de François Fillon comme le noyau dur de Marine Le Pen n'en a rien à cirer. N'en a rien à cirer. Ils disent, bah oui, c'est comme ça, c'est de la trahison, c'est ça qui est fou. C'est pas... Maintenant, François Fillon... Il a dit... Quand il a fait sa déclaration, là où il a été sincère, il a dit, écoutez, je m'excuse, j'étais France vieux jeu. Ça se fait en France. Les socialistes le font, là, les emplois plus ou moins fictifs de la famille. D'accord ? Ça se fait. C'était une erreur.

Je ne le ferai plus. Mais bon, c'est comme ça. Et donc, si vous voulez, maintenant, c'est à la justice de définir exactement. Moi, je sais très bien, parce que j'ai été député 20 ans, ce que font les assistants ou les collaboratrices parlementaires ou pas. Ce sont des gens qui ont une formation extraordinaire, qui ont une capacité, justement, à permettre le travail des députés. Peut-être que Madame Fillon l'a fait ou non. Ça, ce n'est pas à moi de le décider aujourd'hui. Je ne vois pas comment. Mais moi, je n'ai pas de boule de cristal. Donc, je ne sais pas. Et la même chose pour Marine Le Pen.

Marine Le Pen, c'est quand même une personnalité qui a le plus d'affaires dans toute cette histoire en ce moment. Mais pourquoi ça n'accroche pas, selon vous ? Pourquoi ça n'accroche pas ? Ce que on est arrivé, c'est comme quand vous êtes, vous avez un argumentaire de la haine et du refus, du rejet des autres, que ça soit à l'extrême gauche par Mélenchon, dégage. Si vous dégagez, c'est la haine. Et vous pouvez, sur les réseaux sociaux, dire n'importe quoi des autres et des vos partisans, puisque de toute façon, c'est des traîtres. Et de toute façon, les autres, ce sont des antipatriotes.

Donc, une justice des antipatriotes, des antifrançais, s'attaque à une patriote, eh bien, ce n'est pas la justice qui a raison, c'est les patriotes qui ont raison. Et donc, dans cette logique manichéenne totale, ça ne les touche pas.

39:30
Daniel Cohn-Bendit

Il n'empêche qu'avec toutes ces affaires judiciaires, on a le sentiment que la campagne présidentielle, elle n'existe pas, elle ne prend pas, elle n'a presque même

39:37
Invité

pas commencé. Je trouve que, si vous prenez, disons, Benoît Hamon et Emmanuel Macron, et même Fillon a fait des propositions. Alors, c'est vrai que lui... On ne les entend pas ? On les entend quand on va aller les chercher ? On a entendu les 500 000 fonctionnaires, on l'a entendu sur la sécurité sociale, alors qu'il rétropédale. Moi, je suis droit dans mes bottes, mais au premier accro, je rétropédale, moi, je veux bien. On l'a entendu. Sur le revenu universel, on l'a entendu, Benoît Hamon.

Alors qu'il revienne maintenant un salaire décent de Manuel Valls financé par le CICE, moi, je veux bien, mais cette agressivité, le CICE a été nécessaire, même s'il faut le faire évoluer, même si le patronneau doit délivrer, comme on dit en anglais. Bon, Emmanuel Macron fait des propositions sur l'Europe, il a fait des propositions sur flexi-sécurité, c'est ça qu'il faut faire émerger. Donc les affaires judiciaires, elles ne gênent pas et la trêve judiciaire n'en a pas besoin. Les affaires judiciaires, maintenant, c'est au juge d'instruction de faire leur rôle. que le candidat de la droite le parlementier, les républicains, soient empêchés pour une affaire d'emploi fictif.

Est-ce que Fillon aurait dû se retirer pour permettre à son camp de porter ses idées ? Si Fillon acceptait ce que dit Fillon, il aurait dû se retirer. Si Fillon ne veut plus être Fillon, il a le droit de ne pas se retirer. Nathalie Saint-Cricq. Deux questions très courtes, Daniel Cohn-Bendit. Que dites-vous à Jean-Louis Borloo qui a représenté une espèce d'aile de centre droit dans l'échiquier politique et aujourd'hui, on ne sait pas très bien où il est, on se demande de quel côté il va aller. Qu'est-ce que vous lui diriez-vous qu'il connaissait bien ? Daniel Cohn-Bendit. D'abord, il a fait un petit pas.

Quand le maire de Valenciennes va à Lille soutenir Emmanuel Macron, il a téléphoné avant à Jean-Louis Borloo puisqu'ils sont très très proches. Donc, on voit où va le cœur de Jean-Louis Borloo. Il n'est plus dans la politique et évidemment, il a un problème peut-être un peu comme François Bayrou. Un peu comme François Bayrou. Il s'imaginait à cette place. Il s'y voyait. Et moi, ça, je ne critique pas. Je comprends ces gens qui ont construit quelque chose pour leur vie et arrivent un jeûneau de 39 ans. On ne sait pas d'où il vient. On ne sait pas de trucs. Et tout d'un coup, le mec, il dit moi, je vais faire une organisation par clic, en marche. Une idée géniale.

On voulait le faire à Europe Écologie. Les Verts ne voulaient pas. Voilà. C'est pour ça qu'on n'a pas réussi. Clac, ils ont 200 000 personnes et les gens se militent et qui militent. Et donc, ce n'est pas si facile que ça. Je comprends. je pense qu'il va finir par sauter le... Je crois qu'il n'est pas tout à fait un copain de François Fillon. Si j'ai bien compris la lecture... Ils ont été un peu

42:38
Daniel Cohn-Bendit

en lutte à une époque.

42:39
Invité

C'est la journée des relations.

42:40
Daniel Cohn-Bendit

Ils étaient un peu en vie de Matignon tous les deux.

42:41
Invité

Tous les deux et la manière dont il s'est... Pendant qu'il était ministre de l'Environnement, la manière qu'il se faisait bloquer par Matignon, c'était des fois très difficile. J'ai bien lu...

42:55
Daniel Cohn-Bendit

Il y en a un qui a traité l'autre de Zozo. Non, ce n'était pas ça aussi ?

42:57
Invité

Oui, enfin, ça, c'est... Voilà. Donc, je crois qu'à la fin, la logique ferait que Jean-Louis Barreau dise, bah oui, en fin de compte, même si Emmanuel Macron doit encore apprendre pas mal de choses. Ça, je trouve que les anciens ont toujours le droit de le dire. Virgule. Les anciens ! Mais justement, on a l'impression que c'est la course aux vieux. Bayrou, Barreau, Arthuis, le septuagénaire, Cohn-Bendit. Non, il y a des tas de jeunes. Vous regardez un peu. Non, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. Mais vous demandez... Il n'y a pas vieux, Alain Mank ? Il y a Alain Kohn-Bendit. Oui, mais parce que les gens qui ont vécu...

Moi, je crois que cette génération est très sensibilisée par le problème de Marine Le Pen. Je crois que ça, il ne faut pas le nier. C'est une génération qui n'a pas vécu l'après-guerre, parce qu'on est né et après la guerre, mais qui a vécu après sur cette histoire de ce qu'est l'extrême-droite. Ce qu'a fait l'extrême-droite et quand on voit après Brexit, quand on voit Trump, eh bien, cette génération qui a une expérience de l'histoire, qu'on soit bon ou mauvais, qu'on ait dit des bêtises ou pas, eh bien, avec cette expérience de l'histoire, on dit il ne faut pas jouer. On n'est plus dans la cour de récréation. On ne joue pas à la marrelle, là.

C'est l'avenir de ce pays de l'Europe qui se joue et alors là, c'est peut-être plus facile après de dire bah oui, bon d'accord, on a des désaccords avec Emmanuel Macron, on a des accords, il faut continuer à discuter, mais pour l'instant, c'est lui qui représente le meilleur barrage à Marine Le Pen. Je radote et je radoterai jusqu'à la fin. Et vous le dites à Nicolas Hulot ça ? À Nicolas Hulot, vous lui dites ? On en parlera après. Ah mais Nicolas Hulot, moi je crois que... À la fin, Nicolas Hulot va qu'il soutienne... Rallier Emmanuel Macron lui aussi. Non, il va d'abord peut-être rallier d'abord pour le programme écologique et ça je comprendrais.

Pour le programme écologique, il va d'abord rallier Benoît Hamon et après, on se retrouvera tous ensemble au deuxième tour contre Marine Le Pen. Et on en reparlera dans un instant. Et je dirais qu'il coule. D'accord. Il est 12h53 bientôt. Toutes les semaines, la parole à un reporter de la rédaction de France Inter ou comme aujourd'hui du quotidien Le Monde,

45:17
Présentateur

Elvire Camus s'installe avec nous. Bonjour. Bonjour. Vous revenez du quartier de la Croix-Rousse à Lyon qui expérimente depuis plusieurs années déjà un autre rapport au travail, un travail collaboratif, associatif. Ces habitants ont fait le choix de travailler moins et ils attendent évidemment avec impatience le revenu universel.

45:34
Daniel Cohn-Bendit

Voilà, bonjour monsieur Cohn-Bendit. Bonjour. Moi, j'étais donc cette semaine à Lyon et j'ai rencontré Samuel. Samuel, il a 35 ans et une formation d'architecte et il est menuisier aujourd'hui. Rapidement après avoir obtenu son diplôme, il s'est rendu compte qu'il avait du mal à trouver un emploi et surtout qu'il n'avait pas envie d'y consacrer tout son temps à son emploi. Alors depuis trois ans, il s'organise pour pouvoir faire du bénévolat des après-midi par semaine toutes les semaines dans une association qui apprend aux habitants à bricoler pour qu'ils puissent faire des travaux chez eux eux-mêmes.

Seulement voilà, travailler moins, ça implique de gagner moins et aussi d'adapter son mode de vie en consommant autrement, en faisant de la récup, en cuisinant davantage par exemple. Ce qui s'inscrit dans la démarche de Samuel qui veut aussi avoir un comportement plus soucieux de son environnement. Mais encore faut-il pouvoir avoir accès aux infrastructures qui permettent d'entrer dans ces modes de consommation dits alternatifs. À la Croix-Rousse justement, là où j'ai rencontré Samuel, il y a tout ce qu'il faut. Dans le quartier historique des Canuts, les ouvriers de la soie, sont implantés plus de 2000 associations d'échanges de savoir-faire en tout genre.

J'ai aussi rencontré Patrick à la Croix-Rousse. Patrick qui est lui retraité, il a 62 ans, il est impliqué dans la même association que Samuel. Et lui, il en veut aux politiques d'être hors sol, de ne pas voir que la société change. Moi, j'ai connu le plein emploi, m'a-t-il dit, mais aujourd'hui, force est de constater que la réalité n'est plus celle-là et que les pouvoirs publics échouent à accompagner les Français dans cette nouvelle réalité. Les candidats à l'élection présidentielle continuent de promettre le retour de la croissance, le retour du plein emploi. Alors moi, je voulais avoir votre avis. Selon vous, qu'est-ce qu'il faut faire pour accompagner ces évolutions ?

47:15
Invité

Daniel Cohn-Bendit. Alors d'abord, moi j'ai travaillé pendant 10 ans un mouvement alternatif exactement dans les mêmes conditions. Donc je comprends tout à fait le problème. Je crois que la difficulté maintenant, c'est qu'il y a des situations où un revenu décent est nécessaire et doit être accompagné par l'État. Benamias parlait des paysans, par exemple, en disant que quand on travaille 36 heures sur 24 en tant que paysans et qu'on a 350 euros, on ne peut pas s'en sortir. C'est juste. Et là, je crois que la réponse Valls, Macron et tout ça ne touche pas. Il faut arriver à redonner du travail. Ces gens-là ont du travail. Ceux que vous disiez ont du travail.

Donc je crois que là, dans la flexicurité, flexisécurité telle que je la comprends, il faut qu'il y ait une possibilité d'aider ces gens. Alors il y a plusieurs possibilités. Il y avait, on appelait l'impôt négatif, par exemple, qui était une possibilité de ramener les gens à un certain revenu. Je trouve que c'est juste. Le problème du salaire universel, il est un autre côté, et c'est vrai que la bagarre du travail est importante, il y a toute une partie de la société qui peut s'installer dans le non-travail.

On le voit avec l'Allemagne, la Hartz-Fierre, où qui est pour certains quelque chose de détestable, de très dur, et d'autres qui s'installent, qui s'installent depuis 10 ans, 20 ans, dans cette situation. Par exemple, moi je suis, et je trouve que là, Emmanuel Macron ne reprend pas l'idée d'un service civil obligatoire. D'abord je suis pour un service civil obligatoire, les jeunes entre 18 et 25 ans, pour tout le monde, qu'ils soient européens en même temps, qu'on puisse le faire en Europe, mais que hommes ou femmes fassent un an d'apprentissage de solidarité. Je trouve que dans la société telle qu'elle existe aujourd'hui, c'est quelque chose de nécessaire.

et que s'il y a des gens qui n'ont pas, qui n'ont pas de travail, mais qui n'ont pas de projet non plus, parce qu'on me cite toujours les gens qui ont des projets, moi je connais des tas de gens qui n'ont pas de projet, et bien ils auront une aide dans un service civil, mais ils seront obligés de faire quelque chose.

Et alors là, se pose le problème, qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on propose à des jeunes, ou des moins jeunes, qui aujourd'hui, n'arrivent plus à se reconnecter au travail, au monde du travail, alors il faut une autre formation, là encore, la France est en retard de je ne sais pas combien de trains sur la formation, et après, quand on perd un travail, parce que la voiture électrique, ça va être une nécessité incroyable de reformation de tout le monde de l'automobile, je peux vous en faire des heures. Donc je crois qu'il faut d'un côté, oui, une protection, et d'inventer quelque chose dans les cas que vous avez, et d'un autre côté...

50:16
Présentateur

On en reparle dans deux minutes après le journal de 13 heures, et vous poserez vos questions à notre invité, Daniel Cohn-Bendit, dans deux minutes, donc le journal de 13 heures. Retour sur le plateau de questions politiques, l'émission politique de France Inter, la télévision France Info, et en partenariat avec le quotidien Le Monde, toujours avec Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions, Arnaud Leparmentier du Monde, et Karine Bécard de France Inter. Trois possibilités pour poser vos questions à Daniel Cohn-Bendit, le standard de France Inter au 01 45 24 7000, le site, bien sûr, franceinter.fr, et Twitter, avec le mot-clé question Paul, question au pluriel.

Tout de suite, premier candidat en lice, premier appel en lice, Rémi nous appelle de Bourg-en-Bresse. Bonjour Rémi, posez votre question, merci de le faire, et bienvenue à questions politiques. Bonjour, et bon dimanche, bonjour M. Cohn-Bendit. En 2002, j'avais 13 ans, j'en ai 28 aujourd'hui, et j'ai assisté à la présence de Le Pen au second tour, et en fait, depuis que j'ai 15 ans, depuis que je peux voter, j'entends qu'un discours moralisateur de votre part ou des désignés experts qu'on voit à chaque fois qu'il y a des élections, à chaque fois on me dit il faut voter pour un seul pour éviter d'avoir Le Pen.

Personnellement, je supporte plus discours, c'est ce discours même qui fait que dans mon entourage on vote à Seine, qui fait que dans mon entourage on ne vote pas, et voilà, moi je fais partie

51:54
Invité

des hommes et des femmes d'une génération qui veulent du neuf, qui veulent des idées nouvelles, même de l'idéologie, de l'écologie réelle, et pas un discours moralisateur. Alors, qu'est-ce que vous pouvez me dire ? Daniel Cohn-Bendit vous répond. Merci Rémi. Bonjour d'abord. Moi aussi, j'aimerais qu'on puisse depuis des années ne plus toujours poser le problème de Le Pen ou dès Le Pen, mais une chose est certaine, si vous voyez ce qui se passe aux Etats-Unis, et ça je ne l'invente pas, c'est quand même la destruction de tout un tissu démocratique qui se met en place. et donc, à partir de ce moment, si vous voulez quelque chose de novateur, je suis d'accord.

Si vous voulez que la France et l'Europe se reprennent avec une écologie réelle, vous avez raison, mais pour cela, d'abord, il faut éviter le pire. Dans l'histoire, et ce n'est pas de la morale, c'est de l'expérience historique, on a vu ce que donne l'élection du pire. Moi, je ne me résoudrai jamais à dire il y a un danger stalinien, je ne voterai jamais pour un parti communiste stalinien, et je ne... Ce n'est pas mon réalisateur, c'est avec une idée de la démocratie et non pas de la morale que je dis ça, et la même chose, je me battrai toujours contre un parti d'extrême droite qui, en fait, est un parti de destruction massive de l'idée de liberté et de démocratie.

Et ce n'est pas de la morale, c'est de la réalité. Mais ces jeunes électeurs, il y a beaucoup de questions sur Twitter dans le même sens, sur le vote tactique, qui vous disent pourquoi depuis plusieurs élections

53:33
Présentateur

les Français votent pour, contre, pardon, et non pas pour, il y en a plusieurs comme ça, qui vous appellent aussi à ne pas oublier le vote tactique contre Marine Le Pen, mais aussi contre François Fillon. Je cite Jérôme 68, par exemple, qui nous écrit ce message sur Twitter. Moralisateur,

53:47
Invité

je ne sais pas, mais il y a quand même des questions de jeunes électeurs qui se posent et qui vous sont posées aujourd'hui. Écoutez, moi, je fais tellement de débats avec des jeunes en France et en Allemagne, je sais, mais qu'est-ce que vous voulez que je leur dise ? Je leur dis simplement, non, je leur dis simplement, d'abord, vous savez, il y a des questions des fois sur Twitter qui se répètent, il faut faire attention, mais ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, dans la situation, c'est vrai qu'il y a une faillite des politiques traditionnelles. Et si un Benoît Hamon ou un Emmanuel Macron, s'ils sont élus, ils auront un immense problème.

N'importe quelle présidente sera élue qui n'aura eu au premier tour aller au plus 25%. Donc, il y a 25% des gens qui se définissent après leur programme et les autres, pour faire 60, 65, se seront définis simplement contre. Et là, l'intelligence que n'a pas eu François Hollande, que n'a pas eu, par exemple, Jacques Chirac, que n'a pas eu Sarkozy, c'est comment après, on essaye de définir une politique qui écoute ce que, au moins, la même moitié des gens qui ont voté pour lui, mais n'étaient pas d'accord avec leur programme. Donc, c'est ça qui est difficile dans la conception de la politique en France. Et c'est pour ça que moi, j'espère qu'au deuxième tour, il n'aura pas de majorité absolue.

Moi, je ne veux pas qu'il y ait un parti avec une majorité. Il faut que la France arrive à comprendre que la politique, la construction pragmatique de la politique, ce sont des compromis politiques avec des gens qui ne pensent pas la même chose. Donc, il faut changer de république, on n'est plus sur la cinquième république. qu'il pourrait écrire. Écoutez, la bonne nouvelle de François Bayrou, point 4, c'est quand même, il dit, il faut, il veut aller vers la proportionnelle. Moi, imaginez, je suis Emmanuel Macron, je ne suis pas, je suis trop vieux, d'accord, vous avez raison, mais, eh bien, il peut faire proposer à Benoît Hamon un accord.

On dit, voilà, vous proposez la proportionnelle, nous aussi, eh bien, voilà, on fait 4 points, ça ne seront pas les 4 points de Benoît Hamon, 4 points importants pour le début du quinquennat avec, dans 18 mois, 10 solutions et entre temps, on aura voté à l'Assemblée la proportionnelle et on refait des élections pour la proportionnelle. Vous avez fait

56:13
Présentateur

de nouvelles élections ? Arnaud le Parlementier.

56:15
Invité

Mais je n'appelle pas, je dis, si on veut introduire la proportionnelle, si on le pense réellement, et moi, je suis pour, je suis pour, eh bien, il faut le faire. On ne peut pas attendre la fin du quinquennat parce qu'à chaque fois, on ne le fait pas. Donc, il faudra le faire dès le début et de dire dans, alors je ne sais pas dans combien de temps, au plus tard, dans 18 mois, nous organiserons de nouvelles élections avec les nouvelles lois pour la proportionnelle. Proportionnelle, forcément, ça veut dire quand même une présence du Front National plus visible dans nos institutions. C'est la vie, elle existe au Parlement européen, même s'il triche, même s'il triche, ils existent.

Ils trichent, vous voulez dire avec les assistants parlementaires ? C'est ça. Vous l'avez compris, oui. Le Front National fait partie intégrante de la réalité politique française. On n'est pas des enfants, vous savez, quand les enfants à 5 ans jouent à cache-cache, ils se mettent la main devant les yeux, ils disent je ne suis pas là. Eh bien, on fait la même chose avec le Front National. On se met le Front National. Alors, c'est vrai qu'à chaque présidentielle, on dit oulala, oulala, mais le Front National a sa place à l'Assemblée Nationale. Arrêtons de nous mentir. c'est pas que ça me plaise, mais c'est comme ça la vie.

57:24
Présentateur

On repasse au standard où nous attend Jean-Pierre. Jean-Pierre, bonjour, bienvenue dans Questions Politiques. Vous avez une question pour Daniel Kohn-Bendit. Vous nous appelez des Hauts de France.

57:33
Invité

Oui, bonjour, bonjour M. Kohn-Bendit. Bonjour. J'ai entendu votre discours et j'ai du mal à comprendre comment vous pouvez soutenir aussi franchement, aussi nettement M. Macron alors que celui-ci a tenu des discours pro-diesel, pro-nucléaire, pro-gaz de couche. Pour moi, M. Jadot et M. Hamon, M. Hamon et M. Jadot, peuvent encore gagner les élections. Écoutez, M. C'est pour ça que j'ai été, bonjour, pardon, pardon, j'ai été prudent tout à l'heure, j'ai dit et si Benoît Hamon renverse la table et passe devant Emmanuel Macron, j'expliquerai pourquoi eh bien, je trouve bien et que Benoît Hamon est un moindre mal que Marine Le Pen. Voilà, et qu'il faut aller dans cette direction.

Vous avez raison que le programme écologiste de Benoît Hamon est très intéressant mais arrêtons de dire il a dit aujourd'hui dans son programme écologiste Emmanuel Macron a une autre position sur le diesel qu'il avait avant. « Welcome to the club ». Il a compris les politiques peuvent changer. Écoutez, je vous donne un exemple. Mme Merkel, moi je n'ai jamais voté pour elle, elle a été élue sur un programme de maintenir le nucléaire et de développer le nucléaire. Elle a gagné contre les sociodémocrates et les verts sur ce programme. Arrive Fukushima, elle a dit « Je me suis trompé ». Elle a changé d'avis.

Eh bien, je dis bravo, elle n'a pas exécuté son programme, mais elle a fait le contraire. Je dis bravo, elle a vu l'évolution de la politique. C'est être capable de changer, là où vous avez raison, c'est quand les politiques changent. Ce n'est pas leur dire « Ah là là, vous avez changé, mais il faut qu'ils l'expliquent ». Il y a une explication au changement. C'est une défense de la stratégie Macron, ça, pas trop grave. Arnaud Leparmentier. Non, je ne dis pas. Alors, encore une fois, vous êtes d'une rapidité. J'espère que M. Leparmentier, vous n'écrivez pas aussi rapidement que vous parlez.

Alors, encore une fois, je n'ai pas dit pas de programme, je dis on a un programme et des fois, le programme, aujourd'hui, ne correspond plus à ce que j'ai dit il y a un an parce que j'ai évolué, parce que j'ai compris. Les journalistes, si je prenais tous les éditos des journalistes sur deux ans, ça ne serait pas mal. Ça vous arrive d'évoluer ? Bravo. Sur le nucléaire, Benoît Hamon propose sous l'influence probablement de votre ami Yannick Jadot d'aller plus vite, plus loin, 25 ans. Est-ce que vous trouvez que là encore, Emmanuel Macron aurait fait un petit effort parce que sur le gaz de schiste, il a effectivement évolué, mais sur le nucléaire, ça reste encore un petit peu...

Sur le nucléaire, il est hollandais. Alors, ça veut dire que... Il est hollandais, il a dit, il garde, enfin François Hollande, il garde de réduire à 50%. Écoutez, si la France arrive à 2030, il a dit, je ne sais plus exactement, 2030, je dis Inch'Allah, ça ne serait pas mal qu'on y arrive. Ça veut dire aussi, là, il faut qu'il continue à penser, il doit fermer plus que Fessenheim. Pour arriver jusqu'à 2030, à réduire à 50%, il faut fermer plus d'une centrale. Il faut aller vite. Il faut aller vite. Donc, c'est déjà très rapide.

Donc, maintenant, de dire la politique, on est de gauche si c'est 2025 et on est de droite si c'est 2030, je dis, c'est une définition de gauche-droite qui devient très intéressante. Mais vous, vous êtes encore vert, vous êtes un vert très clair ou vous êtes plutôt centriste finalement ? Parce que quand on vous écoute, on vous entend centriste. Moi, je suis un vert très clair qui a tout qui a toujours dit que l'écologie politique dépasse la droite et la gauche. Toute la campagne européenne de 2009 était sur ce thème. C'est pour ça que je me suis fait attaquer. Libéral, libertaire, alors de quoi ? T'es de gauche ou de droite ? Donc, vous êtes centriste ? On peut le dire ? Non !

Moi, je suis écologiste. Vous êtes macroniste ? Macronien. Non, je ne suis pas macronien, je suis combenditiste. Je reste, moi. Vous êtes très égocentré. Modestement. Non, pas égocentré, je ne suis plus candidat. Je regarde ce que proposent les uns et les autres. Je dis, voilà, moi, je fais partie d'une initiative, une nouvelle Europe, l'initiative du 9 mai sur l'Europe. Il y a des tas d'initiatives sur l'Europe qui se font. Il y a des manifestations en Allemagne aujourd'hui dont le Pulse of Europe, le Pulse of Europe. Il faut redonner de la dynamique à l'Europe.

Eh bien, tous ceux qui veulent faire cela, qui s'appellent Benoît Hamon, qui s'appellent Yannick Jadot ou Emmanuel Macron, eh bien, je suis pour les pousser. Parce que c'est dans cette direction qu'il faut aller. Donc, arrêtez de vouloir me figer. Est-ce que vous êtes macronien ? Il n'y a pas d'idéologie Macron. C'est un ovni politique qui vient d'arriver débarquer en France. Tout le monde est étonné. Et bon, peut-être qu'en ce moment, il apparaît comme la meilleure solution. Mais ça veut dire... Moi, je suis pour un parti socialiste écologique que veulent faire Jadot à Mont pour faire avancer l'écologie. Et puis, que va faire le reste du parti socialiste ? Ils vont faire un parti démocrate.

Welcome ! Faites-le ! Faites exploser le paysage politique français. Il est... que les modernes, les modernes à droite, NKM, Chantal Joanneau, Dangean, le maire du Havre, mais qui prennent leur courage à deux mains, qu'il y ait une rupture avec ces conservateurs archaïques, la France a besoin d'une droite moderne. Quand je dis ça, vous allez me dire « Ah, vous êtes de droite maintenant ! » Non ! Je trouve qu'on a un paysage politique qui ne correspond pas à la nécessité de la réalité de la politique en France aujourd'hui avec ces différences.

1:03:23
Présentateur

01-45-24-7000, c'est l'un des moyens pour poser vos questions

1:03:27
Invité

à Daniel Cohn-Bendit, le site de France Inter, franceinter.fr également, ainsi que Twitter

1:03:31
Présentateur

avec le mot-clé « Question Paul » au standard. Denis nous attend et il nous appelle de Metz. Il a une question pour vous. Bonjour Denis et bienvenue. Bonjour France Inter, merci d'avoir pris ma question et je fais cite France Inter du débat que France Inter organise régulièrement au niveau politique pour éclairer la conscience des citoyens. Voilà, ma question est à Daniel Cohn-Bendit. Bonjour Daniel Cohn-Bendit. Bonjour. Il me semble que vous avez été longtemps parlementaire européen.

1:03:59
Invité

Pas de 20 ans, oui.

1:04:00
Présentateur

Il me semble que vous avez défendu une forme d'Europe qui aujourd'hui est rejetée rejetée par beaucoup de Françaises et de Français ce qui explique à mon avis le vote extrême-droite en France qui progresse. Ne vous sentez-vous pas responsable vous en tant que parlementaire européen de la situation qui prévaut aujourd'hui ? Je prends un seul exemple l'histoire de la directive des travailleurs détachés. Voilà. Donc ma question c'est écoutez je finis mon intervention au niveau des affects politiques. On a le même âge Daniel Cohn-Bendit. On a vécu les mêmes périodes de 68.

Je dis aujourd'hui haut et fort à tous ceux qui sont à l'antenne que je préfère il n'y a pas photo un type comme Mélenchon comme parlementaire européen que comme Daniel Cohn-Bendit. Excusez-moi mais je devais le dire vous je vous mets dans ceux qui font partie des responsables de la situation actuelle. Voilà. Est-ce que vous vous sentez responsable ? Oui ou non ?

1:05:03
Invité

Merci Denis pour cette question. D'abord monsieur je m'incline devant vos choix. Vous avez tout à fait le droit de préférer un député européen qui est rarement au parlement européen. Vous avez le droit c'est la vie c'est la démocratie c'est la liberté. Maintenant moi vous savez j'ai une idée vous savez j'ai sorti même des textes sur l'Europe des livres l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui fonctionne mal.

Il y a des tas sur les travailleurs détachés le problème c'est qu'il y a plusieurs il y a eu plusieurs tentatives de réformer cette directive mais qu'on n'a pas trouvé la majorité parce que l'Europe telle qu'elle existe existe à l'unanimité pour ce genre de décision et que c'est très difficile d'avoir l'unanimité aujourd'hui avec par exemple les polonais etc. Mais que on exagère à part dans certaines régions l'importance de la destruction du tissu social etc.

dû aux travailleurs détachés mais encore une fois ma réponse à là c'est que moi je veux bouger l'Europe oui l'Europe telle qu'elle existe aujourd'hui ne répond pas à nos nécessités mais que face à la mondialisation face aux Etats-Unis aujourd'hui face à Poutine aujourd'hui et bien il n'y a que par l'Europe que nous serons capables de défendre notre souveraineté et c'est ce qui me déferencie de M.

Mélenchon en fin de compte lui il dit si l'Europe ne change pas je ferai un référendum et évidemment qu'il votera pour sortir de l'Europe sortir de l'Europe c'est une catastrophe pour la France ça ne veut pas dire que l'Europe est bien mais l'Europe va mal la France va mal aujourd'hui qu'est-ce que vous voulez faire vous voulez la changer la France l'Europe va mal et mal aujourd'hui il faut la changer l'Europe mais vous ne voulez pas sortir de la France et bien sortir de l'Europe ça serait terrible vous savez dans 30 ans l'importance de la France dans la mondialisation ça sera l'équivalent de l'importance d'Andorre en Europe vous avez le droit de vouloir de devenir Andorre et un paradis fiscal mais alors arrêtez de rêver d'une autre situation écologique ou sociale c'est comme ça c'est un peu caricatural quand même justement c'est discours caricatural dire que la France va être réduite à le royaume d'Andorre c'est quand même dans la mondialisation vous regardez un peu regardez regardez regardez un peu regardez un peu on va passer de la sixième puissance économique mondiale dans dix ans dans dix ans on sera déjà la seizième dans dix ans on est la seizième on vient de parler vous savez les Etats-Unis vous avez la Russie vous avez la Chine vous aurez le Brésil va reprendre et puis après la France continue elle le continuera même l'Allemagne va descendre l'Allemagne va devenir elle sera toujours devant la France elle va devenir la quatorzième et dans 35 ans et c'est ce que dit l'économie allemande dans 35 ans ils seront 18ème les Allemands c'est la vérité si on reprend la question de notre auditeur donc vous pouvez dire c'est pas une caricature moi je vous mets à défi de me donner une autre projection qui est celle qui est la projection de tous les spécialistes économiques monsieur Kohn-Bendit notre auditeur dit vous êtes aux affaires depuis 20 ans l'Europe n'a pas tenu ses promesses c'est vous qui êtes responsable puisque vous étiez aux affaires donc finalement vous n'êtes pas bien placé pour la reconstruire c'est quand même ça le débat est-ce que l'Europe telle que vous avez participé à son élaboration depuis 20 ans a failli oui monsieur Mélenchon était sénateur depuis 30 ans en France il a toujours été dans le système politique il n'est pas bien placé pour réformer la France ah mais non il était dans l'opposition mais moi aussi est-ce qu'on m'a dit que j'étais dans la majorité la majorité au parlement européen est une majorité qui était faite des sociodémocrates et des chrétiens démocrates il y a des tas de choses que nous avons proposées par exemple quand on a proposé l'Europe de l'énergie etc.

qui n'a pas été reprise donc il faut voir aussi le parlement européen comme un parlement où il y a des différences politiques aujourd'hui quand on vous dit Bruxelles a décidé mais c'est qui Bruxelles le mannequin de pisse le maire de Bruxelles non c'est la somme des états qui se mettent d'accord et le parlement européen la majorité du parlement européen sinon on ne peut rien décider donc vous pouvez dire que ceux qui ont décidé les majorités et vous pouvez dire mais là monsieur Cohn-Mendit donc Cohn-Mendit pas coupable non si pas responsable si parce que je ne suis pas arrivé à avoir la majorité puis il y a des choses que j'ai votées avec la majorité qu'on peut me reprocher attendez à la limite c'est même pas le sujet de savoir si vous êtes coupable ou si c'est quelque chose le problème c'est que ce que dit notre auditeur ce que disent beaucoup de gens et beaucoup de candidats c'est que ça ne peut pas durer comme ça oui ça ne peut pas durer comme ça parce que soit on rénove et on adhère soit on ne rénove pas même sur les travailleurs détachés donc concrètement moi je n'ai toujours pas compris qu'est-ce qu'on peut faire pour faire évoluer parce que j'ai bien compris qu'il y a des majorités qu'il y a l'unanimité mais qu'est-ce qu'on fait et qui peut faire quoi auprès de qui pour que ça évolue la directive la directive qu'il faut sortir qui est très simple à salaire égal à travail égal à salaire égal et les charges égales c'est à dire si tout le monde n'est pas d'accord il faut gagner il faut d'abord gagner c'est à dire par exemple au conseil européen il faut dire aux polonais si vous n'acceptez pas ce compromis et bien il y aura des répercussions dans les transferts mais qui est mou par exemple qui ne fait pas ça pourquoi ça ne marche pas pourquoi on ne le fait pas ce qui est mou c'est que par exemple vous avez au parlement européen ou vous avez des alliances au conseil européen tout le monde se tient un peu par la barbichette et c'est pour cela que j'ai dit tout à l'heure que dans la rénovation de l'Europe telle qu'on en a besoin il faut que les allemands avancent par exemple les allemands ne peuvent plus continuer avec cette politique qu'ils ont face à la Grèce qu'aujourd'hui il faut accepter de poser le problème de la dette de la Grèce mais pour cela il faut que les allemands aient des garanties que c'est eux qui mettent beaucoup d'argent là-dedans ça ne soit pas à fond perdu c'est ça et la même chose avec les polonais il faut leur expliquer d'accord pour votre sécurité puisque les polonais avec Trump ont un problème de sécurité face à la Russie mais vous vous devez faire un effort c'est-à-dire qu'il faut aujourd'hui redéfinir ce que sont ce que devraient être les compromis européens parce que vous avez besoin d'un compromis en Europe pour clore ce chapitre qui a commencé sur Jean-Luc Mélenchon on a appris qu'il avait dîné vendredi soir

1:11:33
Présentateur

avec Benoît Hamon l'équipe de Benoît Hamon confirme ce dîner qui pourrait donner lieu nous dit-on à des annonces dans les heures qui viennent

1:11:39
Invité

arrêtez on voit que ça vous enthousiasme vous allez casser les pieds au monde il y a eu un dîner c'est déjà pas mal j'espère qu'ils dînent ensemble mais moi je suis sûr qu'ils ont dîné plus d'une fois ensemble à Strasbourg tout le monde dit avec tout le monde à Strasbourg si vous voulez alors vraiment je ne vois vraiment pas le problème

1:11:55
Présentateur

on verra ce qui ressort de celui de vendredi à Paris

1:11:58
Invité

si jamais il y avait une alliance tout d'un coup il pourrait dépasser Macron si jamais il y avait une alliance le Christ revient sur terre bon il est 13h38 d'accord

1:12:05
Présentateur

France Inter question politique intervenez au 01 45 24 7000 et sur les réseaux sociaux avec le mot clé question Paul David nous attend au standard bonjour David et bienvenue vous nous appelez de Paris et Daniel Condendit vous écoute

1:12:20
Invité

bonjour Daniel bonjour je me présente je suis franco-américain il y a deux questions que je voudrais vous poser alors en gros les deux axes principaux c'est d'une part la dette grecque ça vient d'être effleuré et la politique américaine donc de Donald Trump vis-à-vis de l'Europe alors un petit point d'histoire je fais une parenthèse vous connaissez la question d'être allemande au début des années 50 je ne sais plus l'année exact c'est 52-53 54 l'Allemagne comment ?

54 voilà c'est ça 54 l'Allemagne l'avait remboursé alors je crois que c'est sur les deux guerres mondiales elle l'avait remboursé j'ai plus de chiffre en tête c'est 60 ou 70% ce qui veut dire qu'elle devait au moins encore 30 ou 40% de la dette on était en pleine guerre froide bien entendu je pense que c'est ça qui a dû jouer et il a été décidé par les occidentaux que la dette serait remise je pensais et l'Allemagne je connais un peu la Grèce moi je suis américain franco-américain et j'ai la famille grecque par alliance la Grèce a beaucoup beaucoup souffert et je suis plus au froid de l'occupation et de l'attaque de l'Allemagne nazie sur elle et vous savez que la Grèce n'a jamais touché de dommages de guerre alors vous avez raison vous avez raison je trouve que la position je peux vous répondre est quand même très dure avec les Grecs je peux vous répondre alors David Daniel Kohn-Bendit vous répond David voilà Sébastien non oui Daniel Stéphane alors d'abord vous avez raison en 54 comme on voulait que l'Allemagne redevienne un état qui fonctionne parce qu'en plus on en avait besoin dans la guerre froide il y a eu une remise de la dette en 54 une partie de la dette allemande a été rayée l'autre partie a été prolongée je crois que la dernière tranche de remboursement c'était il y a deux ans si je ne me trompe pas et vous avez raison et il faudrait faire la même chose avec la Grèce et c'est pour ça que c'est inadmissible que l'Allemagne freine de ce côté l'Allemagne dit oui mais l'Europe c'est défini qu'on ne prenait pas les dettes en charge les dettes des autres il faut surmonter cette situation et deuxièmement ce qui est vrai aussi c'est que surtout le ministre des finances allemand qui est très influence qui a beaucoup d'influence allemande ne comprend pas la valeur symbolique d'une telle décision c'est vrai que les Grecs on leur dit mais vous êtes responsable de votre dette les Allemands aussi en 54 étaient responsables de les dettes parce que c'était pas simplement l'ancienne dette c'était aussi la dette qui venait aussi de Hitler donc il y avait une responsabilité allemande de deux guerres mondiales qui ont amené à cette terre et on a dit aux Allemands ok on va pas jouer moralement sur votre responsabilité il faut avancer et je crois que vous avez raison c'est exactement ce qu'il faut faire avec les Grecs une communautarisation d'une partie de la dette non pas qu'ils ne payent rien c'est à dire qu'il faut échelonner et ça sera dans 20 ou 30 ans que peut-être une partie de la dette sera remboursée par les Grecs parce qu'il y a aussi une responsabilité de l'état grec mais dans cette situation je crois qu'un nouveau gouvernement français quel qu'il soit doit faire bouger l'Allemagne ou le mieux ça serait que François Hollande qui n'a pas grand chose à faire à l'Elysée pour l'instant et bien prenne son bateau de pèlerin bâton de pèlerin fasse les voyages Athènes Bruxelles Berlin Paris pour arriver ça serait extraordinaire avant la fin de son mandat à un bon compromis avec la Grèce David vous aviez aussi un volet une question à poser concernant Donald Trump je crois la remarque d'Annie c'est bien le bâton de pèlerin ça ferait une belle sortie pour Hollande au moins il laisserait un bon souvenir ça c'est un point bon les Etats-Unis moi je suis franco-américain comme j'ai dit en blaguant mon père est américain ma mère belge on est venu pour des vacances on ne peut pas terminer on est venu au début des années 50 puis il y a eu le macartisme vous voyez je suis très inquiet pour les Etats-Unis franchement Trump Steve Bannon le comptier spécial alors je ne sais pas si Danny vous avez entendu parler je ne sais plus le nom du bonhomme un ancien du Ku Klux Klan qui trouvait que le père de Marine était très bien et il trouvait aussi que Marine Le Pen était une bonne dirigeante alors ça aussi c'est quand même très inquiétant je crois que c'est un certain David Burke si mes souvenirs sont bons qui a dirigé le clan effectivement et qui soutenait qui a fait l'éloge de la famille Le Pen moi je suis aussi très inquiet parce que Bannon qui est la bête à penser de Trump veut détruire ce qu'on appelle la structure check and balance de la démocratie américaine est-ce qu'il va y arriver ou pas je n'en sais rien pour l'instant la justice semble tenir je peux vous dire ça aujourd'hui mais c'est vrai c'est pour ça que quand je parle quand Marine Le Pen dit Trump c'est mon homme je dis bah voyez ce qui se passe on l'a en démonstration première chose deuxièmement j'ai lu un article parce qu'il faut être optimiste un article dans Le Monde de Robert Littel le père de Jonathan Littel qui est extraordinaire parce qu'il dit Trump a fait une erreur il s'est mis à dos la CIA et le FBI et ça c'est mortel il raconte qu'en l'élection de John F.

Kennedy John F. Kennedy voulait se débarrasser de Hoover qui était responsable du maccartisme et donc Hoover va voir son ministre de tutelle Robert Kennedy le frère de John F. il lui dit je voudrais parler au président très bien ils arrivent dans le bureau du président Hoover a sur la table tout un dossier il dit au président lisez et là il y avait toutes les copines avec qui accouchait John F.

Kennedy où et comment ses relations avec la mafia le dossier était fermé Hoover est resté je crois que la CIA aujourd'hui et le FBI et on l'a vu ça commence Trump voulait obliger le FBI à témoigner qu'il n'avait pas eu de relation son équipe avec les Russes et le FBI a refusé donc je crois que Trump aujourd'hui va se casser les dents sur la structure démocratique des Etats-Unis c'est ce que j'espère c'est bizarre c'est paradoxal oui mais des fois la vie est paradoxale d'avoir comme ça on a quand même fait une alliance avec Staline pour battre Hitler c'est paradoxal mais c'était nécessaire

1:19:06
Présentateur

vous pensez qu'il ira jusqu'au bout votre diagnostic et qu'il pourra dire

1:19:08
Invité

ah moi je crois que s'il a vraiment à dos le FBI et la CIA il n'ira pas jusqu'au bout il vient d'annoncer qu'il ne participerait pas pour la première fois depuis 30 ans au dîner des correspondants de la Maison Blanche il pourra aller dîner avec ceux qui dînent ensemble avec Mélenchon allez on repasse avec Mélenchon et Hamon vendredi dans un restaurant avec Marine Le Pen imaginez Marine Le Pen Trump c'est positif ou négatif en France est-ce que c'est positif pour Marine Le Pen un dîner avec Trump elle croit que oui puisqu'elle a essayé d'aller elle est restée à côté Trump moi je crois que si vous vous prenez la Hollande où il y a des élections le 15 mars ce qui est extraordinaire c'est que depuis l'élection de Trump Wilders est en train de perdre c'est-à-dire que tout le monde nous dit il va avoir le plus de sièges peut-être 27 ou 28 vous savez combien de pourcents c'est ?

18 il y a l'éclatement du paysage politique hollandais mais personne l'extrême droite aujourd'hui est en train de rebaisser de rebaisser en Hollande et d'ailleurs les verts quadruples pour ceux qui veulent une information politique plus générale lui ne nous appelle pas de Hollande mais de Vannes bonjour Pierre posez votre question

1:20:24
Présentateur

à Daniel Cohn-Bendit merci de votre appel

1:20:27
Invité

bonjour à tous bonjour Dany moi je voudrais réagir par rapport à ce que j'ai entendu ce matin et la question que ça m'inspirait voilà je suis sympathisant de gauche déçu par ce quinquennat je suis européen dans l'âme je suis 200% d'accord avec l'approche l'analyse que Dany nous a présenté ce matin et je pense que cette analyse est unique et qu'il faut qu'il la développe donc ma question est la suivante il l'a peut-être évoqué ce matin ne pense-t-il pas qu'il faut appeler Benoît Hamon à sa désiciter le plus tôt possible en faveur de Mélenchon Mélenchon de Touré c'est d'exister en faveur d'Hamon ça me paraît impossible vis-à-vis de son électorat vis-à-vis de sa position depuis plusieurs années il y a aussi un aspect générationnel permettrait en se désistant d'atteindre un double objectif renforcer un candidat unique à gauche et permettre le transfert d'une partie de son électorat vers Macron pour le renforcer face au Front National l'objectif est de battre le Front National et de le battre avec le score le plus élevé possible Hamon qui se désiste au profit de Mélenchon Daniel Cohn-Bendit ah ça c'est du Talmud alors là c'est intelligent mais franchement d'abord Benoît Hamon est élu du Parti Socialiste maintenant il ne peut pas décider du suicide collectif du Parti Socialiste donc c'est un c'est pas une question de personne l'inverse s'il y avait une véritable différence entre Hamon et Mélenchon disons ou Mélenchon pour Hamon si c'était 18-9 d'un côté comme de l'autre on aurait des arguments vous auriez des arguments mais là non et puis Mélenchon toute sa vie ce n'est que ses candidatures à la présidentielle donc Mélenchon ne se désistera jamais pour Benoît Hamon et Benoît Hamon représentant quand même toute une histoire du Parti Socialiste ne pourra jamais se désister pour quelqu'un qui veut détruire le Parti Socialiste il y a juste un sondage alors il y aura plein de sondages mais Odoxa en l'occurrence qui vient de sortir qui donne Benoît Hamon à 13 je vous donnerai après le résultat de votre candidat c'est une blague on est dimanche vous avez raison alors voilà je vais vous dire c'est Le Pen 27 Macron 25 Fillon 19 mais ce qui rejoint la question de l'auditeur Amon 13 et Mélenchon 12

1:22:47
Présentateur

en précisant qu'il ne s'agit que d'une photo à un instant T soyons prudents avec le sondage

1:22:51
Invité

dans l'hypothèse pour revenir à la question d'auditeur ou Benoît Hamon où il y aura un nouveau croisement où Mélenchon serait au-dessus est-ce que votre réponse est toujours la même et toujours valable et valide écoutez je n'ai pas la prétention de me casser la tête ni pour Hamon ni pour Mélenchon c'est pas ma tasse de tête donc vous considérez de toute façon c'est du non je considère que c'est à eux de décider mais moi j'ai déjà assez de problèmes d'expliquer pourquoi je trouve le programme écologiste Jadot Hamon bon et quand même je suis pour Macron au premier tour et que je trouve très bien au deuxième aussi on peut imaginer si vous avez compris ça c'est évident mais ça j'ai déjà dit qu'on se retrouverait tous au deuxième tour pour le deuxième tour j'ai aucun problème on fera les estrades ensemble c'est pas ça ce qui est intéressant dans ce sondage quand même c'est que Hamon Macron n'est plus qu'à deux points photographie aujourd'hui mais il y avait des photographies où il était très loin de Marine Le Pen 25-27 ça commence à devenir sacrément intéressant Fillon est à 19 ça commence à décrocher sérieusement

1:24:00
Présentateur

alors méfions-nous

1:24:01
Invité

encore une fois de ces sondages on peut les commenter on est friands à ce petit jeu sinon qu'est-ce que c'est on dit on est non il faut tout le monde dit on n'aime pas les sondages on adore moi j'adore je peux vous donner les sondages en Hollande oui oui on n'a pas le temps merci d'avoir joué avec nous retournons au standard de France Inter et de questions politiques où nous attend Pierre-Rick bonjour Pierre-Rick vous nous appelez de Bretagne vous êtes producteur de lait je crois oui exactement bonjour tout le monde bonjour j'aurais une question très terre à terre je veux savoir ce que vous pensez de la crise agricole notamment la crise éthière et est-ce que vous connaissez le PRM le programme de responsabilisation face au marché

1:24:43
Présentateur

le programme de responsabilisation face au marché face au marché

1:24:48
Invité

Daniel Cohn-Bendit connaissez-vous le PRM ça doit être ce que propose d'un côté Macron je ne sais pas pourquoi Pierre-Rick l'offre

1:24:58
Présentateur

allo

1:24:58
Invité

éclairez-nous Pierre-Rick oui allez vous êtes en ligne

1:25:00
Présentateur

oui ça consiste à adapter l'offre à la demande c'est-à-dire qu'on ne produit que ce que l'on peut vendre

1:25:05
Invité

pour le lait c'est difficile

1:25:06
Présentateur

plutôt que d'être dans la sous-production qu'on vient actuellement

1:25:09
Invité

écoutez il y a deux choses il y a eu je crois que la décision de l'Union Européenne d'arrêter les quotas laitiers était une décision néfaste on aurait dû organiser ça différemment deuxièmement je crois qu'aujourd'hui les responsables publics et ça c'est aussi il faut que ça se fasse à l'échelle européenne doivent arrêter la descente en enfer du prix du lait parce que aucun producteur ne pourra survivre à cette descente en enfer c'est à dire que nous avons aujourd'hui une situation qui est et là tout le monde est concerné aussi bien les consommateurs c'est à dire qu'il faut revenir à un prix réel du lait et donc ne pas l'adapter simplement au bon gré si vous voulez des grandes surfaces donc prix garanties et quotas comme Armand Leparmentier pas prix garanties parce que c'est des fourchettes mais il faut aujourd'hui rééquilibrer le problème aussi c'est que vous avez des grandes surfaces de production par exemple en Allemagne ou qui justement la concurrence d'une manière déloyale si vous voulez les petites productions donc là encore il faut arriver à une formule de rééquilibrage et troisièmement je crois que qui dit producteur de lait dit qui fait le lait c'est à dire les vaches c'est à dire il faut faire entrer dans cette péréquation une dimension de l'élevage écologique de l'élevage responsable et de pas des grandes unités et c'est pour ça que je ne comprends pas comment Hollande et le Foll puissent permettre des immenses usines à vaches de 10 000 20 000 je sais pas enfin j'exagère toujours parce que c'est plus écologique c'est ce qu'on dit c'est que grosso modo quand on a une grosse usine à vaches on peut installer toute la capacité de retraitement et mécanique qui fait qu'en réalité et en dépit des apparences ça pollue moins qu'une ferme de 150 vaches c'est pas le problème de polluer d'abord c'est le problème que vous avez ici une industrialisation de l'agriculture qui a comme on l'a vu détruit complètement toute l'infrastructure de l'agriculture et donc vous avez aujourd'hui donc des élevages d'abord plus écologiques ça veut dire quoi c'est plus industriel mais c'est pas plus écologique faut pas confondre les autres les deux choses et donc moi je crois que dans l'avenir et ça c'est la politique européenne et là encore ça démontre que ou ça passe par l'Europe ou pas du tout vous ne ferez une politique responsable face à l'agriculture que par une réforme en profondeur de la politique agricole européenne et quand les Verts parce qu'on me disait mais qu'est-ce que vous avez fait les Verts José Bové avait demandé un plafonnement de ce que l'Union Européenne pouvait payer à des producteurs et bien ce sont les Etats la majorité qui l'a refusé alors que la Commission allait dans la bonne direction mais les Etats et la majorité du Parlement ont soutenu la FNSEA ont soutenu une partie des syndicalistes européens dont la FNSEA en France donc c'est compliqué l'Europe des fois des champs où se trouvent les vaches de Pierrick en Bretagne on passe aux Alpes David est en ligne avec nous vous nous appelez

1:28:35
Présentateur

de Savoie David

1:28:35
Invité

oui bonjour

1:28:37
Présentateur

bonjour et bienvenue

1:28:38
Invité

ma question va être courte je voudrais savoir monsieur ce que vous pensez de la légalisation contrôlée qui est du cannabis donc qui est proposé par monsieur Jadot Hamon et Mélenchon qui permettrait enfin la mise en place d'une véritable politique

1:28:54
Présentateur

de réduction des risques et permettez-moi l'expression de couper l'herbe sous le pied des trafiquants et des mafias pourquoi ne pas proposer cette proposition à monsieur Macron pour faire un petit peu d'électoralisme là il serait sûr d'emporter des voix pour le coup

1:29:08
Invité

on en a parlé un petit peu en première partie de l'émission je l'ai dit tout à l'heure mais j'ai aucun problème à me répéter vous avez raison c'est vrai que si nous voulons je crois que le maire de Sevran Stéphane Gatignon a raison ce qui m'irrite moi c'est que des grands responsables politiques arrivent à ces solutions toujours quand ils sont plus en charge prenez l'ancien ministre de l'intérieur français monsieur Vaillant qui a signé des textes pour il a écrit un rapport prenez des grandes figures responsables mondiaux comme l'ex-président brésilien Cardozo l'ex-secrétaire général de l'ONU qui ont signé un texte en disant il faut arrêter la pénalisation des drogues douces parce que vous en fait vous ne faites que soutenir le marché des trafiquants donc monsieur vous avez raison là-dessus malheureusement je ne suis pas le spin doctor de monsieur Macron qui lui impose tout ce mais non vous voyez je suis là vous devriez dîner un petit peu plus souvent je ne suis pas vous voulez influencer alors qu'est-ce qui se passe mais oui mais des fois on perd je ne suis pas voilà c'est un jeune homme indépendant autonome qui dit t'es bien gentil mon petit vieux mais il y a des choses que tu ne comprends pas ça m'arrive à moi aussi

1:30:30
Daniel Cohn-Bendit

faites-lui fumer un peu de cannabis

1:30:31
Invité

je rigole non mais moi je ne fais pas c'était des petits gâteaux moi

1:30:36
Daniel Cohn-Bendit

ah c'était des petits gâteaux oui oui

1:30:37
Invité

je l'ai déjà expliqué quand vous viviez en collectivité oui on avait suivi ça mais pourquoi quand je vivais ah vous continuez de manger des petits gâteaux au cannabis non de vivre en communauté

1:30:45
Locuteur

ah pardon

1:30:45
Présentateur

bon merci Daniel Cohn-Bendit d'avoir participé à la question politique merci à Nathalie Saint-Cric à Arnaud Leparmentier et à Karine Becker dimanche prochain un autre invité sur ce plateau et d'ici là ce soir il y a du foot à la télé il y a du foot au MPSG ça ne vous intéresse pas

1:31:03
Invité

si ça m'intéresse moi je n'ai pas compris comment l'OM le PSG a pu battre 4-0 le Barcelone j'en reviens pas encore mais bon c'est la vie ils ont perdu en Ligue 1 non c'est pas le temps mais moi alors vraiment peut-être qu'on pourrait réunir tous les candidats et on parlera foot pas de coupe du monde en Russie et pas de coupe du monde en Qatar c'est scandaleux merci si vous voulez parler foot parlons scandale c'est trop tard

1:31:26
Présentateur

mais on pourra en parler merci Daniel Cohn-Bendit merci et encore une fois bon dimanche à tous merci

Daniel Cohn-Bendit : "Si vous voulez vraiment éviter Marine Le Pen, Emmanuel Macron est le mieux placé aujourd'hui" — Daniel Cohn-Bendit · Pourquijevote