8h30 franceinfo du lundi 15 juin 2026
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Laurent Jacobini. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Les Etats-Unis et l'Iran sont parvenus à un protocole d'accord qui met fin à la guerre après plus trois mois de conflit. L'accord avec l'Iran est désormais conclu, a proclamé Donald Trump hier soir, le jour de son anniversaire sur son réseau de trousse sociale. Navire du monde entier, mettez les moteurs en marche, que le pétrole coule à flot, a fanfaronné le dirigeant américain. On écoute le vice-président J.D. Vance.
Cet accord, c'est d'abord l'ouverture immédiate du détroit d'Hormuz et la levée du blocus naval de l'Iran que nous avions mis en place. Deuxième point, l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire. C'est dans l'accord. C'est une très grande victoire et ça s'est produit uniquement parce que le président n'a pas baissé les bras.
Chacun ce matin revendique la victoire. Est-ce vraiment une victoire pour les Américains, pour Donald Trump, Laurent Jacobini ?
Écoutez, je ne sais pas pour qui c'est une victoire. Pour l'instant, nous accueillons cette annonce avec optimisme et prudence. Prudence parce que c'est l'annonce d'un accord qui n'est pas encore signé. Si j'ai bien compris ce qui s'est dit dans la nuit, il y a encore des négociations. On signé vendredi normalement. Voilà, exactement. À Genève, notamment sur le détroit d'Hormuz qui serait libéré pour le passage notamment des pétroliers. Mais là encore, les États-Unis d'Amérique nous disent qu'il n'y aura pas de droit de péage. L'Iran nous dit qu'il y aura un droit de sécurisation.
Donc tout cela est encore flou mais optimisme quand même parce que ça veut dire pour les Français qui nous regardent et qui nous écoutent que potentiellement les navires et les pétroliers vont pouvoir repasser par le détroit d'Hormuz et que ça pourrait casser la phase inflationniste que nous connaissons. D'abord par le coût de l'essence à la pompe, 2 euros le litre. Le coût du pétrole a chuté de 4%. Pardon ? Le coût du pétrole a chuté de 4%. Je crois même que c'est 6 depuis quelques heures.
Et puis ça veut dire aussi que comme le coût de l'énergie de l'essence risque de baisser, ça veut dire le coût de vente des produits et donc la fin d'une phase inflationniste qu'on attend avec beaucoup d'impatience puisque le gouvernement n'a pas réagi.
On va parler effectivement des mesures mais est-ce que c'était une guerre pour rien ? Parce que vous le dites vous-même, il y a énormément d'incertitudes. Un accord qui n'a pas encore été négocié parce qu'une phase de négociation va s'ouvrir et un détroit d'Hormuz qui devrait rouvrir mais peut-être aux conditions de l'Iran. Et puis il était déjà ouvert avant la guerre. Et sur le nucléaire, pas d'avancée non plus par rapport à l'accord de 2015 visuellement.
Ne m'en veuillez pas mais je ne pourrais vous répondre que vendredi. C'est-à-dire qu'au moment où l'accord sera signé, parce qu'avant de se dire c'est une guerre pour rien, il faut se dire c'est une guerre pour quoi ? Qu'en sera-t-il effectivement du nucléaire iranien ?
Mais vous avez compris pourquoi ?
Non, justement je n'ai pas compris pourquoi et c'est bien le problème que nous avons à essayer de déchiffrer les messages du président des Etats-Unis d'Amérique. Est-ce pour libérer le peuple iranien ? Est-ce que c'est pour mettre fin à l'expansion nucléaire de l'Iran ? Est-ce que c'est pour mettre fin au régime des Mollah ? Est-ce que c'est pour sécuriser la vie d'Israël ? Tout ça aujourd'hui on ne sait pas très bien. Donc nous attendons de voir l'accord qui est signé. Mais il y a beaucoup de points en suspens, je viens de les évoquer. Et nous serons très vigilants à l'évolution des négociations. L'Iran a imposé sa volonté divine et d'acier à des ennemis américains et sionistes humiliés.
L'ennemi n'a d'autre choix que d'accepter la défaite et de se rendre. Se félicitent les Iraniens à la télévision d'Etat. C'est aussi une guerre de com'. Est-ce que vous pensez que Trump est au moins un peu humilié par ce projet d'accord qui sera peut-être signé vendredi ? J'en sais rien, ce que je vois dans les propos que vous tenez c'est que l'Iran ne changera pas pour l'instant. C'est-à-dire qu'on a un régime religieux qui le revendique, une dictature qui le revendique pratiquement et qui est un danger pour ses voisins et notamment Israël. Donc est-ce que la question va être réglée, je le répète, sur le problème du nucléaire ?
Imaginez l'Iran avec l'arme de feu nucléaire, ce serait terrible pour la région et pour le monde. Est-ce que Israël qui est à peu près la seule démocratie de la région pourra protéger ses habitants ? On le sait, l'Iran est activiste contre Israël et se pose la question du Liban et du Hezbollah. Comment va-t-on retrouver la paix au Liban avec la neutralisation du Hezbollah ?
Le Liban fait partie de cet accord et Donald Trump voudrait que Benyamin Netanyahou cesse ses frappes sur le Liban. Vous dites aussi qu'il faut qu'Israël cesse de frapper le Liban ? On a une double exigence.
La paix au Liban qui est un pays frère et dont nous voulons qu'il vive dans une démocratie sereine et apaisée avec un peuple libre et tranquille, mais nous voulons aussi qu'Israël soit protégé, Israël qui est la seule démocratie, je le redis, de la région et dont le Hezbollah est un ennemi.
Le Hezbollah dont on voit les liens avec l'Iran de manière tout à fait évidente puisque l'Iran veut l'inclure dans ses accords et c'est probablement un débat de fond qu'il faut avoir et c'est pour ça que Marine Le Pen en tant que chef de groupe du Rassemblement National à l'Assemblée Nationale a demandé un débat public pour savoir ce que veut faire la France qu'est-ce qu'on fait après la finule qui est la force d'intervention pour pacifier la région Que doit faire la France alors ? Que doit faire la France, oui, nous poserons la question Et pour vous ?
C'est très simple, il faut effectivement une présence française sur le Liban pour maintenir la paix mais pas seulement, pour aider aussi au désarmement du Hezbollah Or c'est la fonction que, il faut le dire, la finule n'avait pas remplie pour l'instant et qui faisait que le Hezbollah était toujours ou est toujours une menace Or on ne peut pas laisser cette menace perdurer Donc on a un double objectif pour le Liban La paix au Liban et le désarmement du Hezbollah Et donc qu'est-ce qui se passe après la finule qui est la force d'intervention actuelle ? Quel sera le rôle de la France ? C'est la question que nous avons posée Vous demandez un débat à l'Assemblée ?
Absolument, selon l'article 50.1 pour vos auditeurs, vos téléspectateurs qui connaissent bien le règlement de l'Assemblée
Cet accord intervient au moment où le G7 s'ouvre en France On écoute la réaction d'Emmanuel Macron
Et là l'objectif sera de voir les conséquences de cet accord le soutien au Liban, la réouverture d'Hormuz dans la durée et évidemment la conclusion d'un accord sur le nucléaire et le balistique en Iran
Qu'est-ce que vous attendez au Rassemblement National du Président de la République aujourd'hui ?
D'abord le fait qu'il y ait un dialogue direct, j'allais dire bilatéral aussi entre les Etats-Unis d'Amérique et la France, c'est une bonne chose
Donc il faut maintenir ce dialogue ?
Il faut le maintenir ?
Même si Donald Trump nous humilie ?
Je vais vous dire, la France et les Etats-Unis ont une relation historique amicale de longue date nous avons des intérêts communs, nous sommes des alliés nous faisons partie des grandes démocraties libérales qui doivent se protéger d'un certain nombre de risques communs nous avons intérêt à travailler ensemble Vous avez mis un souci comme on s'était fini le précédent G7, il avait claqué la porte il avait critiqué vertement le président français Oui, au-delà des personnalités, au-delà de Donald Trump et au-delà d'Emmanuel Macron qui ne sont que de passage à la tête de leur pays l'un comme l'autre il y a des relations entre deux nations qui doivent être maintenues et on voit bien que les relations bilatérales sont extrêmement importantes laisser Mme von der Leyen négocier au nom de l'ensemble des nations européennes ça a ses limites et on les a vues qui sont les limites de l'efficacité et les limites de l'intérêt de la France qu'il y ait un dialogue renoué entre les deux présidents de nos deux démocraties reste une bonne chose
C'est une bonne chose d'inviter Donald Trump mercredi soir à un dîner au château de Versailles avec visite du château, galerie des glaces, feu d'artifice c'est une bonne chose ou c'est trop d'honneur pour ce président ?
Mais attendez, il est président des Etats-Unis, l'Amérique il y a un peuple derrière lui, c'est pas la personne qu'on honore c'est la fonction et Donald Trump avec ses qualités et ses défauts est un partenaire, vous savez dans un monde compliqué Il y a encore de qualité pour vous ? Oui, je l'espère pour lui j'avoue qu'il est imprévisible et ça en diplomatie c'est compliqué Donc c'est normal de l'inviter au château de Versailles ?
Oui c'est normal
Aujourd'hui il y a la Chine, aujourd'hui il y a la Russie aujourd'hui il y a beaucoup de points sur la planète qui sont à feu et à sang on a besoin d'allier, on a besoin de discuter avec ses alliés historiques et qu'il y ait un lien, un dialogue est une bonne chose On a encore plein de choses à régler avec le président des Etats-Unis, bien sûr parler de la paix que ce soit à l'est de l'Europe, en Ukraine ou que ce soit au Proche et Moyen-Orient mais on doit parler commerce aussi on a un président américain qui chaque jour change les taxes, les droits de douane qui a une politique, disons-le, erratique en matière d'échanges commerciaux
C'est ce que disait Jordan Bardella sur Donald Trump
Exactement, donc c'est compliqué pour nous donc le rôle du président de la République et j'espère qu'il ne se contentera pas de faire la visite du château et de faire des feux d'artifice, il y a beaucoup de choses de fond à régler notamment sur notre relation commerciale sur notre relation d'alliés alliés en matière de défense alliés en matière de politique internationale donc toutes ces années où ils ont passé leur temps soit à s'ignorer, soit à s'invectiver et bien qu'il y ait un moment où ils s'assoient et qu'ils parlent ensemble c'est une bonne chose reste à savoir ce qu'ils se diront
Justement sur le Détroit d'Hormuz Emmanuel Macron avait mis sur pied une coalition internationale ces dernières semaines avec le Royaume-Uni pour sécuriser le Détroit une fois la fin des hostilités actées est-ce que c'est le moment ? Est-ce que la France doit prendre part à cette mission pour sécuriser Hormuz aujourd'hui ?
La France en tout cas aurait dû prendre part aux discussions depuis le début moi je ne peux que me désoler et nous le disons de manière commune avec tous les députés et les membres du Rassemblement national c'est que la France soit aujourd'hui diplomatiquement isolée les grands accords de paix les grandes avancées que ce soit à l'Est de l'Europe ou au Proche et Moyen-Normand se font pratiquement sans nous notre voix qui était une voix reconnue qui était une voix consultée historiquement et depuis le général de Gaulle sur la scène internationale est-ce qu'il aurait fallu faire ? Une toute petite voix fluette que plus personne n'entend
La mission internationale c'est la France et le Royaume-Uni qui l'ont mis sur pied Laurent Jacovelli
vous ne pouvez pas dire qu'on est en dehors Non mais d'accord on fait des propositions mais qui sont pour l'instant et j'ai le regret de le dire des propositions dans le vent ni l'Iran ni les Etats-Unis ne l'ont mentionné donc la question elle est là quel est notre rôle aujourd'hui dans la paix du monde est-ce qu'on peut laisser un seul acteur qui sont les Etats-Unis négociés bien sûr que non il faut parler à plusieurs voix et chacun a son rôle à jouer on parlait du Liban on a un lien la France et le Liban qui est très particulier nous avons des relations d'amitié d'affection de fraternité avec le Liban et donc on aurait normalement un rôle à jouer or nous ne le jouons plus je vous le dis je suis heureux qu'il y ait à nouveau un dialogue entre les Etats-Unis et la France qui soit bilatéral et qu'il y ait un G7 qui tombe au bon moment espérons que tout cela aille vers une sortie de crise vous parlez du Liban où les frappes israéliennes ont fait 3696 morts depuis le début selon le dernier bilan des autorités on vous reproche souvent de votre soutien inconditionnel à Israël est-ce encore le cas ?
je ne sais pas ce que veut dire inconditionnel mais à son soutien oui merci mais ce que je veux dire c'est que aujourd'hui nous soutenons la démocratie israélienne parce que c'est un pôle de stabilité et d'espoir dans la région face à des dictatures des dictatures religieuses des dictatures sanglantes qui humilient les opposants qui humilient les femmes on a là une terre avec Israël qui partage un certain nombre de valeurs démocratiques et humaines comme nous Israël se défend elle se défend contre des gens qui veulent sa fin l'Iran a dit et vous l'avez cité tout à l'heure qu'il veut la fin et l'éradication d'Israël on ne peut pas en vouloir à ce peuple de se défendre donc le Hezbollah est un ennemi d'Israël est-ce qu'il faut neutraliser le Hezbollah ?
oui maintenant il faut faire attention aux populations civiles il faut le faire dans un cadre international qui est défini est-ce qu'Israël a assez fait attention aux populations civiles vu le bilan que vient de vous donner ? en tout cas il y a eu des morts civiles et chaque mort civile est une mort de trop maintenant malheureusement la guerre c'est compliqué parfois d'éviter ses effets même s'ils sont à critiquer et qu'ils rendent je crois tout le monde assez triste maintenant Israël se défend donc nous nous soutenons Israël nous soutenons la paix nous espérons retrouver la paix au Liban mais vous savez je pense que Israël et le Liban ont un ennemi commun c'est le Hezbollah
Laurent Jacobili vous disiez que Donald Trump avait un comportement erratique vous reprenez exactement le même mot que Jordan Bardella qui parle désormais de ce comportement erratique de Donald Trump et qui dit je ne comprends pas son comportement ça dépend des jours il y a l'attitude du lundi l'attitude du mardi l'attitude du mercredi on est très loin de ce que Jordan Bardella disait avant de Donald Trump je ne vais pas vous refaire toutes les petites phrases mais il y avait notamment où trouve-t-il toute cette énergie pourquoi ce changement de ton il a de l'énergie
vous savez on peut être erratique et avoir beaucoup d'énergie
donc vous maintenez tous les propos pourquoi ce changement de ton
il n'y a pas un changement de ton vous savez nous nous ne sommes pas des groupis nous ne sommes pas des groupis des dirigeants étrangers Donald Trump a été élu par son peuple nous le reconnaissons en tant que président des Etats-Unis d'Amérique et comme l'homme avec qui le dialogue doit être porté ça ne nous empêche pas de critiquer certaines de ces mesures de manière tout à fait objective nous sommes les vassaux de personnes vous savez nous nous sommes pour la souveraineté nous on veut s'occuper des français et de la France mais il y a une volonté
de le tenir un peu à distance au moment où vous rapprochez du pouvoir il est moins fréquentable qu'avant
ce n'est pas une question de fréquentable ou pas fréquentable quand il augmente les droits de douane de manière dangereuse pour l'économie française on le critique parce que nous notre intérêt c'est de défendre la France les entreprises françaises de même que Donald Trump essaye de défendre les entreprises américaines il a été élu nous le reconnaissons comme nous voulons dialoguer avec tous les chefs d'Etat vous savez Marine Le Pen et Jordan Bardella ont été très clairs nous nous voulons l'intérêt de la France nous voulons évidemment oeuvrer pour une diplomatie et une paix mondiale pas à n'importe quelle condition et pour ça il faut dialoguer même avec ceux qui sont nos ennemis éventuels même avec ceux qui ne partagent pas nos idées parce que si on ne discute qu'avec nos amis on n'arrivera à rien Maud Bréjean la porte-parole du gouvernement demande à ce que les baisses des prix à la pont soient aussi rapides que les hausses l'ont été que demande le Rassemblement National pour être très concret la même chose que Mme Bréjean mais je crois que nous sommes en position beaucoup plus légitime pour le demander parce que nous pendant ces semaines de crise nous avons demandé la baisse de la TVA de 20% à 5,5% et je vais même vous le dire même si les prix baissent nous continuons à demander cette baisse de la TVA
pourquoi ? Vous ne trouvez pas au contraire que ça valide la stratégie du gouvernement qui n'a pas dépensé des millions pour rien sachant que cette crise était temporaire ?
D'abord la stratégie du gouvernement excusez-moi regardez passer les trains ce qui s'est à peu près passé quand même en termes diplomatiques et en termes d'économie ce n'est pas une stratégie c'est un aveu de faiblesse donc nous la stratégie elle est très claire faire baisser le prix de l'essence aujourd'hui 60% à 50% du prix de l'essence ce sont des taxes c'est inacceptable l'énergie doit être un atout concurrentiel pour la France on continue de le demander et sur l'essence et sur toutes les énergies pour que nos entreprises soient plus compétitives et pour que le pouvoir d'achat des français augmente je vais vous dire un pouvoir d'achat qui augmente c'est une consommation qui augmente et si demain nous arrivons au pouvoir que nous mettons en place les règles de souveraineté industrielle que nous voulons mettre ça veut dire que ça bénéficiera aux entreprises françaises et donc à l'emploi c'est un cercle vertueux il est temps qu'on sorte du cercle vicieux dans lequel nous sommes perte de pouvoir d'achat augmentation de l'assistance sociale augmentation des impôts baisse du PIB tout cela n'est plus possible
Avec Laurent Jacobelli
porte-parole du Rassemblement National et vice-président du groupe RN à l'Assemblée l'affaire Liana Paul qui continue de faire réagir
On a appris hier que le président de la République et son épouse ont échangé avec les parents de Liana le Premier ministre on le sait a évoqué ses premières réponses législatives est-ce que le Rassemblement National considère que la réponse de l'exécutif est à la hauteur des enjeux ?
Non L'affaire Liana aura je crois à la fois attristé ému et révolté les Français il y a le cas évidemment propre de Liana l'affaire avec probablement des fautes des manquements qui ont été faits l'enquête administrative le démontrera ou pas mais nous verrons bien ce qu'il en ressort mais je crois qu'il faut aller plus loin il faut voir aujourd'hui l'état de la justice en France et l'ampleur du déni de tous ceux qui nous dirigent sur l'état d'insécurité et du retard de notre justice vous savez à force de dire il n'y a pas d'insécurité mais un sentiment d'insécurité à force de nier l'explosion des chiffres en matière d'agression en matière de vol en matière de meurtre en matière de drogue en matière de pédocriminalité et bien à force de déni on n'a pas mis les moyens dans la justice parce que ça aurait été une forme de désaveu nous on est très clair il faut massivement investir dans la justice doubler le monde le nombre pardon de magistrats durcir les peines avec des peines incompressibles avec des peines planchées pour que tous ceux qui portent atteinte à l'intégrité physique des individus soient lourdement condamnés
avec quel argent vous faites ça Laurent Jacobini c'est très simple sur l'essence vous demandez de baisser la TVA sur les retraites vous voulez reculer l'âge légal de départ et en même temps vous dites nous on va réussir à doubler le nombre de magistrats
alors en même temps c'est pas chez nous nous nous prendrons des mesures très claires il faut hiérarchiser les priorités oui la sécurité est une priorité quand les chiffres s'envolent quand nous sommes un des pays les plus criminologiques criminogènes pardon d'Europe on ne peut pas rester les bras ballants sans réagir donc il faut investir sur nos forces de l'ordre sur notre justice il faut investir il ne faut pas seulement investir d'ailleurs sur la justice il faut aussi changer de philosophie la philosophie de l'excuse de la réinsertion du pas de prison mais des peines de substitution tout ça il faut arrêter il faut construire des places de prison et durcir notre loi mais à côté il faut dire qu'il faut faire des économies des économies sur un certain nombre de points de fonctionnement de l'état comme les agences qui ne servent à rien il y a des dizaines de milliards à aller chercher sur le coût de l'immigration subie par les français les 500 000 migrants supplémentaires qui arrivent chaque année le million de migrants clandestins qui vivent en France tout ça ça se chiffre à dizaines de milliards
les mêmes postes effectivement sur lesquels vous voulez pensionner pour financer
de plus en plus de choses je vais vous dire je tiens à rassurer tous ceux qui vous écoutent il n'y a aucune fatalité de la dette on peut avoir demain des budgets équilibrés une dette qui est remboursée partiellement et progressivement et en même temps là j'utilise l'expression plus de sécurité moins d'immigration et plus de pouvoir d'achat il suffit d'écouter les français et de mettre en cohérence les priorités de l'état avec les priorités des français la sécurité je crois qu'aujourd'hui plus personne n'en doute est une priorité en tout cas pour Marine Le Pen et Jordan Bordella c'en est une
Gérald Darmanin aurait dû démissionner a dit Marine Le Pen hier alors qu'il y a quelques jours elle estimait que ça ne changerait rien elle a changé d'avis finalement ça changerait quelque chose
non elle n'a pas changé d'avis est-ce que nous en tant que formation politique premier groupe à l'Assemblée nationale nous demandons formellement la démission de Gérald Darmanin non parce qu'effectivement on remplacerait M. Darmanin par un autre macroniste qui fera la même politique donc vous ne demandez pas
sa démission mais vous pensez qu'il aurait dû démissionner
en revanche et je crois qu'en âme et conscience si chacun d'entre nous avait été ministre de la justice c'est-à-dire chef de l'administration qui a failli patron d'un système qui ne fonctionne plus je crois que l'honneur politique aurait voulu qu'il y ait une démission spontanée la responsabilité c'est pas rien en politique aujourd'hui on n'a que des gens irresponsables un président de la république et des ministres qui passent leur temps à dire c'est pas nous c'est les autres on peut rien y faire c'est nos prédécesseurs ce seront nos successeurs nous on fait tout bien et bien si tout allait bien on ne serait pas autant endettés on ne serait pas face à une submersion migratoire comme nous le vivons aujourd'hui on ne serait pas face à une insécurité aussi flagrante que nous avons donc oui il y a des responsabilités et la grande tristesse aujourd'hui c'est qu'il y a des hommes politiques qui pensent à leur carrière mais qui oublient qu'ils sont responsables aussi d'un bilan M.
Jacobelli le mois de juin est très long notamment pour le Rassemblement National parce que dans trois semaines début juillet vous saurez si oui ou non Marine Le Pen pourrait être candidat à l'élection présidentielle en attendant on a du mal à comprendre votre programme le RN a donc deux candidats potentiels est-ce que vous avez aussi deux programmes ? non je ne vois pas ce que vous avez du mal à comprendre on va vous parler des retraites dans 15 secondes c'est un des exemples on pourrait en citer plein on sent qu'il commence vraiment à y avoir de la friture chouaillée entre Jordan Bardella et Marine Le Pen vous le sentez peut-être mais ce n'est pas la réalité
Jordan Bardella dit l'âge légal ne veut rien dire au même moment où Marine Le Pen dit on reviendra aux 62 ans c'est pas négocié
déjà je vais me permettre de vous épargner un peu de soucis un peu de stress ne passez pas les noix suiviennes à essayer de chercher une différence en pesant chaque mot je comprends bien que ça rendrait le récit beaucoup plus palpitant donc vous niez leur divergence de fond sur la retraite et vous savez vous ne pouvez pas appliquer au Rassemblement National les règles qui s'appliquent ailleurs alors je sais bien qu'il y a une guéguerre entre Attal et Philippe je sais bien qu'il y a une guéguerre entre Mélenchon et le président du parti communiste je sais bien qu'à gauche il y a une guéguerre entre Olivier Faure et M.
Glucksmann mais pas chez nous voilà chez nous on a deux leaders unis qui ont le même programme et qui ont la même stratégie donc il y aura une réforme des retraites par capitalisation ou pas ?
la réforme des retraites je vais vous dire ce que nous voulons et ce que tout le monde veut de Jordan Bardella à Marine Le Pen vous avez commencé à travailler jeune avant 20 ans c'est 40 annuités avec un âge seuil de 60 ans et puis après ça augmente progressivement en fonction de l'âge auquel vous avez démarré le boulot et ça peut aller jusqu'à 62 ans 42 annuités quand Jordan Bardella dit l'âge de la retraite l'âge de départ et la retraite n'est pas l'alpha et l'oméga il a raison quand on voit Edouard Philippe qui dit bah ça sera 67 ans demain il dira 68 75, 82 ça ne veut rien dire en soi pourquoi ?
en France l'âge de premier travail effectif c'est 27 ans ailleurs en Europe c'est entre 22 et 24 ans ça fait 4 ans de cotisations en moins en France il y a 4 retraités sur 10 qui arrivent à la retraite en ayant déjà plus de travail alors qu'ailleurs le travail des seniors est beaucoup plus large donc là aussi il y a du boulot à faire
vous dites pas de friture sur la ligne j'ai une question non pas de friture sur la ligne la cour d'appel se prononcera le 7 juillet sur le sort de Marine Le Pen dans l'affaire des eurodéputés RN jusqu'à présent Marine Le Pen écartait l'idée de faire campagne sous bracelet électronique en cas de condamnation à le porter est-elle toujours aussi catégorique et qu'est-ce que vous en pensez vous ?
je le crois Marine Le Pen veut être présidente de la République parce qu'elle incarne aujourd'hui un programme elle incarne un espoir mais elle veut l'être dans des conditions où elle pourrait être en mesure d'exercer sa fonction donc nous verrons bien le 7 juillet ce qui sort comme jugement je ne l'ai pas aujourd'hui on peut faire tout un tas de politiques fictions Marine Le Pen a été très claire si elle peut être candidate elle le sera c'est notre candidate naturelle et Jordan Bardella sera premier ministre ce qui explique d'ailleurs parfois ce que vous appelez de la friture sur la ligne c'est-à-dire que Marine Le Pen parle en tant que future présidente avec une stratégie et Jordan en tant que futur premier ministre c'est-à-dire comment concrètement on fait les choses
On a une dernière question Laurent Jacobédi pardon parce qu'après il faut qu'on termine depuis l'affaire Diana il y a un nouveau débat enfin un débat qu'on croyait définitivement tranché qui refait surface chez certains médias certains responsables politiques celui de la peine de mort Nicolas Dupont-Aignan demande un référendum pour les crimes commis contre les enfants sur ce sujet est-ce que le RN considère que ce débat est définitivement clos ou vous dites la question mérite d'être posée ?
En tout cas notre programme il est très clair nous sommes pour une perpétuité réelle et incompressible un violeur d'enfant ne doit plus jamais être libre dans les rues il doit rester en prison jusqu'à la fin de ses jours vous savez il y a eu l'affaire de la pédocriminale militée dans le périscolaire à Paris j'ai vu qu'une demande de jugement une demande de peine était pour un de ses auteurs qui a fait neuf agressions sur des enfants de moins de cinq ans c'était un an avec bracelet mais vous avez changé là-dessus Marine Le Pen elle expliquait il y a quelques années qu'un système pénal ne peut pas tenir sans la peine capitale elle réclamait elle-même un référendum sur son établissement là-dessus notre stratégie et notre programme est très clair si demain dans le cadre du référendum d'initiative citoyenne que nous voulons mettre en place il y a un référendum que la population organise enfin demande ce référendum selon les cadres légaux qu'il a lieu et que la peine de mort en sort nous respecterons évidemment la volonté populaire nous ne le proposerons pas nous mais dans le cadre du référendum ouvert bien sûr on ne peut pas avoir de règles mais notre programme est clair perpétuité réelle merci beaucoup d'avoir répondu merci de votre invitation
de France Info merci Paul