Face à Face : Clément Beaune - 23/12
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h33 sur RMC et BFM TV, bonjour Clément Beaune Bonjour Apolline de Malherbe Vous êtes le ministre des Transports et ce mois matin, de nombreux Français sont coincés dans les gares De nombreux Français ont dû renoncer, renoncer à prendre le train pour aller voir leur famille Une grève qui commence aujourd'hui et qui se poursuit en ce week-end de Noël En urgence, hier soir, la direction de la SNCF a reçu les syndicats La proposition qui a été faite, c'est 120 euros de primes supplémentaires pour les contrôleurs Passé de 600 à 720 euros, 200 embauches supplémentaires et un statut unique pour les contrôleurs A l'heure qu'il est, est-ce que vous savez si le collectif des contrôleurs a répondu ?
Je veux quand même d'abord dire un mot, vous l'avez dit, puisque la grève a commencé hier soir Plus pratiquement ce matin, pour des centaines de milliers de Français qui espéraient partir en train, rejoindre leur famille Je le vois dans mon propre entourage, c'est la galère Certains ont cherché et trouvé une solution alternative, mais ça a été du stress, ça a été compliqué, parfois coûteux Certains n'en ont pas trouvé Et donc je sais qu'au moment où on se parle, pour le week-end de Noël, c'est un répit qui était attendu et qui n'est pas trouvé par un certain nombre de familles
Et c'est fichu ? C'est-à-dire, est-ce qu'aujourd'hui, on imagine bien que ça ne va pas reprendre aujourd'hui Mais est-ce qu'il y a encore une chance pour que demain, après-demain, il y ait des trains qui étaient annulés, qui roulent finalement ?
Je veux être très honnête, ça peut arriver marginalement, mais la galère de ce week-end, elle est là Elle a été annoncée dès le début de semaine, c'est une forme de moindre mal pour que l'organisation face à la galère soit la plus anticipée possible Ça ne compense pas évidemment le problème de train Et on a mis des solutions en place, on pourra peut-être en reparler sur le covoiturage et d'autres Mais c'est la galère et ça ne va pas changer fondamentalement pour ce week-end, il faut être clair sur ce point Les discussions portent sur le week-end prochain pour éviter d'ajouter une crise à une crise
Je vous repose la question, est-ce que le collectif a réagi aux annonces qui ont été faites par la direction de la SNCF hier soir ?
Pas à ma connaissance, mais je vais être très clair aussi La discussion qui doit reprendre, que le gouvernement a incité à reprendre, que la direction de la SNCF a réorganisé hier avec les quatre organisations syndicales représentatives C'est-à-dire élues par les cheminots
C'est tout le problème, on va voir ce qu'il représente vraiment non seulement ce mouvement, mais aussi les cheminots
Oui, mais il est très important qu'on se situe dans le cadre du dialogue social Et donc ce n'est pas avec le collectif, avec d'ailleurs beaucoup de personnes mal identifiées, anonymes, etc. Que la discussion se fait, que la direction négocie, c'est avec les organisations syndicales Maintenant évidemment le but, c'est que ce collectif, qui a créé le problème et la galère pour ce week-end Revienne à une forme de raison et évite évidemment des grèves pour le week-end prochain
Mais ce que vous pointez là, on va revenir bien sûr sur les conséquences concrètes, sur la grève ce week-end Sur l'éventuelle grève du lendemain du réveillon du Nouvel An Mais ce que vous pointez là, tout de suite, en disant la discussion avec les quatre organisations syndicales légitimes, représentatives Elle ne représente pas ce mouvement
Mais alors attention, il faut être très prudent là-dessus, moi je défends justement ce dialogue social
Oui mais du coup vous vous retrouvez à parler à des gens qui ne sont pas ceux qui font grève Donc c'est quand même un système un peu inefficace
Oui mais non, ce n'est pas la prime à celui qui crée son collectif dans son coin C'est d'ailleurs un problème de société en général On voit qu'on a tous les ingrédients de ce qu'on a pu connaître sur le plan politique avec les Gilets jaunes Ce qu'on connaît en ce moment dans d'autres pays, au Royaume-Uni, il y a beaucoup de collectifs qui se créent Je respecte parfois le malaise, les difficultés qui sont exprimées par certains Mais ça ne peut pas être chacun qui crée son collectif dans son coin Et contourne les syndicats, les représentants Parce que qu'est-ce qui s'est passé à la SNCF ?
C'est très intéressant, il y a eu des élections professionnelles il y a un mois Il y a deux tiers des cheminots, c'est assez rare pour être souligné dans une entreprise Deux tiers des cheminots qui ont participé à ces élections professionnelles Des dizaines de milliers de femmes et d'hommes de la SNCF qui ont voté, qui ont élu
Donc quand vous dites représentations syndicales qui sont représentatives, elles le sont à la SNCF plus encore qu'ailleurs
C'est la démocratie sociale, il y a un vote Et il y a eu des mouvements sociaux Moi j'ai dit, il faut éviter les difficultés le premier week-end du départ en vacances On les a évité par le dialogue social Parce qu'il y a eu un accord entre syndicats et direction Une responsabilité des syndicats qui ont levé les difficultés, les préavis pour le week-end dernier
Mais là vous vous retrouvez, c'est une situation, je comprends très bien la théorie Je comprends très bien que vous disiez par principe Par principe, on continue nous à parler avec les organisations syndicales Mais la réalité, la direction de la SNCF La direction de la SNCF, en tout cas vous invitez la direction de la SNCF à poursuivre ce dialogue avec les organisations syndicales Les syndicats qui eux-mêmes, et j'en veux pour preuve Laurent Berger qui était à ce même micro hier matin Qui se désolidarisaient de manière très claire, très nette des grévistes de ce week-end Mais le résultat, c'est que vous vous retrouvez hier soir avec un dialogue entre la direction de la SNCF et des syndicats Qui eux-mêmes ensuite vont appeler le collectif Mais en fait c'est une histoire à trois bandes, plus personne ne se parle
Bien sûr, et puis le résultat de toute façon, c'est que c'est la galère pour les gens Et c'est ça qu'on va éviter, pour être très clair, au-delà des coulisses et des négociations
Oui, enfin les coulisses elles sont importantes là, parce que c'est peut-être à nouveau une nouvelle forme de violence sociale
Ou de discussion sociale, ou alors de syndicats On a mis une très forte pression sur la direction de la SNCF pour reprendre des discussions Pour reconnaître le malaise des chefs de bord ou des contrôleurs Parce qu'il y a des difficultés objectives, et c'est un métier qui a peut-être été mal considéré dans l'entreprise SNCF ces dernières années Il faut entendre ça, et c'était le sens des discussions via les syndicats hier Mais si on ne remet pas les choses dans un cadre de légitimité, de représentation Et c'est tout ça qu'il faut faire, c'est difficile Et bien là je crois qu'on ferait une erreur Et que ce n'est pas abstrait, c'est très concret On se préparerait, parce que moi c'est ma responsabilité de ministre des Transports Si on dit, je crée mon collectif, j'ai des avantages supplémentaires Je n'écoute plus les syndicats, je ne participe plus au dialogue social Oui mais vous allez vous dire ça, ils le font
En fait vous dites, il ne faut pas créer... Ça ne peut pas être la prime au collectif, mais le collectif se crée Il ne vous demande pas la permission
Ça je confirme, mais il faut aussi On est dans un moment où il y a des tensions dans notre société Où il peut y avoir des mouvements sociaux ici ou là Il faut garder ce cadre Je sais que c'est compliqué, il faut éviter d'abord la grève Le 31 décembre et le 1er janvier, ça c'est l'obsession On y reviendra, mais il faut garder un cadre de dialogue social Et je le redis aussi, je le dis A l'intention des grévistes eux-mêmes, je le dis pour les cheminots et les cheminotes Dont beaucoup d'ailleurs, je veux le souligner aussi, se sont mobilisés Y compris parfois en remplacement de leurs collègues grévistes Pour que des trains partent néanmoins ce week-end Si on casse le dialogue social On se prépare des moments extrêmement difficiles Et le dialogue social à la SNCF En plus, je veux le souligner Il a fonctionné avec les syndicats ces dernières semaines Puisqu'il y a quand même eu encore le 7 décembre
Comment vous pouvez dire ça a fonctionné Alors qu'on se retrouve avec la grève ? Il y a bien un truc qui n'a pas fonctionné
Bien sûr, je suis d'accord Mais je veux dire ce qui a fonctionné et ce qui n'a pas fonctionné Ce qui a fonctionné, c'est la discussion Je le dis aussi pour les personnels de la SNCF Les discussions avec leurs syndicats Qu'ils ont choisis Elles ont permis des augmentations qui ne sont quand même pas négligeables Vous vous en conviendrez De 6% pour 2023 Et l'été dernier, je venais d'arriver au Missa Pourtant, cette augmentation n'a pas été signée par ce collectif Alors, il y a un problème spécifique sur les contrôleurs Ça veut dire aussi qu'il faut parfois entendre un certain nombre de malaises et de problèmes spécifiques Qui ne sont pas seulement d'ordre financier d'ailleurs, dans notre société Ce sont l'ordre de la reconnaissance
La question du statut par exemple Ça, ça fait partie de ce qui a été obtenu cette nuit ?
Pas seulement du statut Mais effectivement du métier de contrôleur, de chef de bord On peut l'entendre Mais moi je suis très clair Quand je dis que le dialogue social a fonctionné C'est qu'il a permis des avancées sociales Il a permis d'éviter heureusement d'ailleurs Un mouvement social le week-end dernier Qui était le plus chargé au moment du départ en vacances J'avais dit qu'on aurait des trains On a réussi à en avoir Et donc il ne faut pas lâcher ça Parce que moi je dis aux grévistes Vous avez une responsabilité très lourde De l'image de l'SNCF De l'image du service public ferroviaire De l'image auprès des Français L'SNCF, c'est une belle entreprise Elle a été réformée Ça a été des efforts pour les cheminots Et aujourd'hui, on casserait ça On ne peut pas se permettre ça Et donc il faut remettre les choses dans un cadre de dialogue social Quand je dis que ça marche C'est que ça permet de protéger les travailleurs Et c'est ça qui permet de protéger les Français Parce que ce n'est pas du coup le grand désordre Il faut éviter ce grand désordre Et je ne lâcherai pas l'ambition de négociation Mais aussi l'exigence de responsabilité On ne négocie pas avec des gens anonymes On négocie avec les syndicats
Et je précise en effet que par exemple Celui qui a créé ce collectif de contrôleurs Se fait appeler Olivier Mais qu'on ne connaît pas son nom de famille Et qu'il refuse de le donner
Vous avez raison Mais c'est très important Pauline Deméler On ne peut pas être dans une société Je ne cible pas telle ou telle Dans une entreprise publique comme la SNCF Ou dans un secteur privé Vous imaginez la négociation politique Sociale, syndicale Se ferait comme ça A travers des pseudonymes Ou des interpellations Sur les réseaux sociaux On voit bien que dans la société Il y a cette tentation Individualiste Déresponsabilisante Il faut remettre de l'exigence Du respect Du service public
Et de la responsabilité C'est une forme pour vous D'individualisme Ce qui se passe là En ce moment Ce week-end
Oui encore une fois Il y a deux choses
De refus du collectif
Oui il y a deux choses Moi je comprends encore une fois Sans refaire toute l'histoire de la SNCF Qu'il y a un malaise particulier J'allais dire Presque identitaire D'une profession Que parfois Même les usagers Respectent mal Qui est celui Qu'on appelle contrôleur Et qui en fait fait beaucoup plus Que contrôler un billet S'assure de la sécurité à bord Et d'autres choses Donc ça il faut l'entendre Il faut le comprendre Et c'était peut-être Une des causes profondes Qui a été mal vue Peut-être par tout le monde Dans ce problème Qu'on vit aujourd'hui Qui est très concret pour les français Mais là où je dis Oui à la responsabilité Oui au collectif Oui à l'éthique C'est qu'on s'organise Il y a des élections Il y a des syndicats C'est comme au niveau politique C'est dans ce cadre Et c'est le seul cadre Qui peut marcher
Clément Bonnet Est-ce que le week-end du nouvel an Sera sauvé ?
Écoutez On fait tout pour On fait tout pour Et on a Depuis hier soir Un espoir Beaucoup plus sérieux De le préserver De le sauver Je suis prudent Parce qu'il y a des discussions Qui sont en cours Ce qui s'est passé hier soir C'est très important Les quatre organisations syndicales Avec la direction Encore une fois Vous n'avez pas de réaction C'est comme un dialogue de sourds Non mais parce qu'on voit bien Justement que cette discussion Avec les organisations syndicales Permet des avancées Ça parle peut-être pas à tout le monde Mais une direction métier C'était très attendu Par les chefs de bord D'avoir une augmentation Des primes C'est pas négligeable D'avoir 200 emplois supplémentaires C'est pas négligeable Tout ça sont des avancées sérieuses Donc j'appelle maintenant Les organisations syndicales A la responsabilité Je crois qu'elles le sont Revenir vers la direction En disant On est d'accord Et lever le préavis Vous leur demandez
De lever le préavis Alors attention C'est ça l'accord Justement Là-dessus Clément Beaune Il y a quand même Une petite forme de complicité Entre les syndicats Et ce collectif Parce que je vais redonner le cadre Pour pouvoir faire grève Il faut quand même avoir Déposé un préavis Le collectif en tant que tel Ne peut pas déposer de préavis Puisqu'il n'est pas syndicat Ce préavis Il est donc déposé Par les syndicats Qui eux-mêmes Dénoncent la grève du collectif C'est ce que le journal Les Echos Je trouve de manière Assez imagée Appelle la grève Bernard Lermite C'est-à-dire qu'en fait Il y a le collectif Qui utilise la coquille Des syndicats Est-ce qu'au fond Ce n'est pas une manière Pour les syndicats D'être quand même complices ?
Je ne le crois pas Et s'il y a ambiguïté Il faut être très clair maintenant Et donc c'est ça Qu'on appelle les syndicats À faire d'ici la fin de matinée C'est dire très clairement Il y a eu des négociations Par les syndicats Avec la direction Elles sont positives Elles s'ajoutent À toutes les mesures Que j'ai évoquées Les plus 6%
Est-ce que vous demandez Aux syndicats De lever ce préavis de grève Y compris S'ils n'ont pas de réponse Des collectifs ?
Alors De toute façon Je ne sais pas Ce qu'ils vont faire ce matin Avec le collectif C'est leur affaire C'est leur responsabilité syndicale Ce que je les appelle à faire C'est dans un cadre De responsabilité De dialogue social Il y a eu un accord Avec 4h30 de négociation hier L'accord C'est sous condition De lever du préavis Et donc les appels Après ils prennent les contacts S'ils souhaitent Ça c'est pas mon travail Je ne m'immisce pas Mais c'est de dire D'ici midi Je l'espère bien Nous sommes d'accord Avec ce qui a été discuté Par eux-mêmes Et nous appelons Enfin nous levons Parce que ça C'est leur responsabilité directe Les préavis de grève Pour le week-end Du nouvel an C'est ça La demande
Que vous lancez ce matin Clément Beaune Vous avez parlé D'une gilégionisation du mouvement Est-ce qu'il faudrait davantage Encadrer le droit de grève ?
Alors Si c'est restreint Le droit de grève Je ne le crois pas En revanche Et c'est ce qu'a demandé Aussi le printemps de la République Au gouvernement Au ministre des Transports Que je suis C'est qu'on réfléchisse A des dispositifs Qui sont bons pour les usagers A la fin Les français qui veulent prendre le train Ils se fichent de savoir Comment ça marche En arrière cuisine Ils veulent qu'il y ait un train Ou qu'il y ait des transports publics Et donc Il faut sans doute Faire évoluer Un certain nombre de dispositifs Y réfléchir D'alerte sociale D'anticipation C'est là-dessus Que je pense qu'il faut travailler
Ça veut dire quoi dans les faits ça ?
Ça veut dire par exemple Que c'est une réforme Qui avait été faite Il y a déjà quelques années Qu'on ne découvre pas Déjà La veille Qu'on a un problème social
Mais ça c'est déjà le cas Donc qu'est-ce que vous feriez davantage ? Qu'est-ce que vous feriez de plus ?
La peine de malerme C'est aujourd'hui 48 heures On peut discuter Pour avoir des délais un peu plus longs C'est une possibilité On peut aussi imaginer Qu'il y ait Une négociation plus longue Avant des difficultés sociales C'était aussi une désavancée De la loi précédente C'est-à-dire qu'il y avait Toujours une obligation de négociation Avant de recourir à la grève En dernier recours Donc je ne veux pas être trop prescriptif Il faut aussi mener cette discussion Je le dis Dans le cadre d'un dialogue social C'est-à-dire qu'il faudra discuter Après cette crise Avec les organisations syndicales
Cette crise elle crée un précédent En tout cas
Oui en tout cas Il y a eu des cas Vous savez J'ai une famille d'infirmiers L'infirmière Il y a eu des collectifs L'infirmière dans les années 90 Qui étaient parfois hors syndicat Ce n'est pas complètement nouveau Mais il faut entendre Une difficulté pour les syndicats Pour les directions d'anticipation Et donc il faut remédier à ça
Un système à l'italienne Quand on regarde en Italie En Italie le droit de grève Est tout à fait constitutionnel également Mais avec des périodes Qui sont sanctuarisées Des périodes où on n'a pas le droit Quand on travaille dans les transports Que ce soit dans le privé Comme dans le public Qu'on soit taxi Ou qu'on soit cheminot On n'a pas le droit de faire grève Au moment des fêtes Entre le 19 décembre et le 7 janvier On n'a pas le droit de faire grève Autour de la fête nationale On n'a pas le droit de faire grève Au moment des départs en vacances De l'été Du 27 juin au 4 juillet On n'a pas le droit de faire grève Quasiment tout le mois d'août Parce qu'on considère que c'est un moment Où les Italiens ont besoin De se déplacer Est-ce que sanctuariser quelques périodes Et en l'occurrence sanctuariser Noël Pourrait être envisagé ?
Alors on parle beaucoup depuis hier De l'exemple italien Parce qu'on regarde ce qui se passe à l'étranger Je veux dire aussi d'ailleurs Quand une fois Qu'il y a beaucoup de pays Qui ont des grèves extrêmement dures Y compris des pays Qui n'ont pas cette tradition Comme le Royaume-Uni en ce moment Donc c'est pas un cas que français Mais il faut dire toute la vérité Sur le cas italien Les périodes qui sont sanctuarisées Ça dépend beaucoup des secteurs Et c'est le fruit d'une négociation sociale
Mais est-ce que vous pourriez rouvrir
Des négociations ? Ce que je veux dire par là Est-ce que vous pourriez aller
Vers une nouvelle loi Sur le dialogue social ?
On verra C'est trop tôt pour en parler
Mais vous n'êtes pas contre ?
L'urgence L'urgence c'est de régler le problème Du week-end prochain Après je pense que c'est par le dialogue social Qu'il faut faire un retour Sur ce qui s'est passé On voit bien que la direction De grandes entreprises publiques Ne voit pas exactement venir ces mouvements Que les syndicats eux-mêmes N'ont pas vu venir ces mouvements Et que du coup les français subissent Donc il faut se poser cette question Moi je ne veux pas être prescriptif Parce que ce serait une erreur Je pense aujourd'hui Et ça créerait des tensions supplémentaires Mais qu'il y ait Comme en Italie Des discussions sociales Ce n'est pas venu de la loi C'est venu de discussions sociales Pour dire On fait autrement On anticipe mieux Il y a des périodes où on évite Etc Ça peut se faire par le dialogue social Il faut le regarder
Pourquoi pas ? Sur la question du remboursement Vous avez mis en place Un système très généreux Pour ceux qui se retrouvent Aujourd'hui dans cette situation De galère Avec des billets Qui sont parfois remboursés Enfin qui sont systématiquement D'ailleurs remboursés à 200% Y compris Pour ceux qui ont quand même réussi A prendre d'autres billets Dans ces cas-là Non seulement ils voyagent Mais en plus Ils se font rembourser A 200% le billet Est-ce que vous pourriez élargir ça En faire un principe désormais Je pense aux grèves à la RATP Par exemple Se faire rembourser A 200% son passe Navigo Quand il y a grève
C'est pas magique C'est pas magique
Mais si on le fait pour les uns Pourquoi on le fait pour les autres ?
Ce que je veux dire C'est que cet argent Il est pris dans l'entreprise Donc avec ça
Et comme c'est une entreprise publique
Il est pris quelque part à l'Etat Ou par l'usager Ou par le contribuable Là je pense Et j'ai demandé à la SNCF De faire un geste Qui était inédit Et qui est exceptionnel Et qui était justifié Parce qu'on a une situation exceptionnelle Avec une fatigue des gens Qui a accumulé après le Covid S'il y a déjà eu des grèves à Noël Mais là On voit bien qu'il y a une colère Et une exaspération Tout à fait particulière Et légitime Donc c'était un geste exceptionnel Je ne pense pas Qu'il faille faire systématiquement La même chose Mais en revanche C'est une orientation Que j'ai demandé à la SNCF Comme à nos grands services publics De transport Ça vaut aussi pour la RATP Je pense que la qualité de service Le respect du voyageur L'information du voyageur Ou l'indemnisation du voyageur C'est des choses Qu'on doit renforcer Et améliorer Pas forcément le même geste Parce que là C'est une situation très exceptionnelle Je prends un autre exemple Moi je me suis battu Parce que Les TER des Hauts-de-France Il n'y en a pas assez Et il y a des galères Depuis le mois de septembre Pour les gens dans les Hauts-de-France On n'en parle pas beaucoup Mais c'est très important La SNCF A fait une réduction de 30% De l'abonnement Pour les prochains mois Par respect pour l'usager Qui n'a pas eu le service Auquel il avait droit
Quand vous avez fait les comptes Vous arrivez à peu près à combien Ça va coûter combien ?
C'est un peu trop tôt pour le dire On le saura sans doute Après la grève du week-end Parce qu'il y a encore des ajustements La SNCF a parlé De quelques dizaines De millions d'euros C'est sans doute Autour d'une centaine de millions On le saura En début de semaine exactement
Est-ce que vous allez Réautoriser les avions Sur les petites lignes Quand vous entendez Depuis trois jours Des Français qui disent Moi c'est fini Ça suffit Je me suis fait avoir à chaque fois Je ne prendrai plus De billets de train Mais qu'ils voient Qu'il n'y a pas non plus D'alternative Il y a certaines lignes Sur lesquelles il n'y a pas D'alternative Parce qu'on n'a plus Ces lignes Ou on n'aura plus Ces lignes d'avion Est-ce que vous allez Revenir sur cette décision ?
Non Il y a trois lignes Pour être précis Qui ont été supprimées Pour des raisons écologiques Quand il y a une alternative Ferroviaire De moins de 2h30 Non le combat Il ne faut pas se tromper C'est de trouver C'est que le train marche C'est que le train soit là C'est que le train soit plus accessible Tout le monde est d'accord
Tout le monde veut que le train marche
Oui mais du coup La bonne solution
Le problème c'est que dans les frais
Je suis d'accord Et c'est pour ça qu'on se bat Pour éviter ce genre de grève Pour éviter les grèves Au nouvel an Pour remettre du dialogue social Pour investir dans un certain nombre De nouvelles lignes Je prends un exemple très simple Aujourd'hui La plupart des gens font Paris-Toulouse en avion C'est le mode de transport Le plus utilisé Si on veut être cohérent Je le dis d'ailleurs A certains écologistes Qui s'y opposent On est en train de développer Une ligne à grande vitesse Entre Paris et Toulouse Pour qu'il y ait demain Pendant une dizaine d'années Il y ait une alternative ferroviaire De bonne qualité Rapide A l'avion Donc il faut continuer Nous détourne d'un objectif écologique Mais évidemment Il faut que le train circule Que le train soit confortable Que le train soit à l'heure
Mais parfois On se demande quand même Si vous n'êtes pas en train De lancer des grands projets Alors que Ce qu'on a déjà sous les yeux Ne fonctionne pas J'en veux pour preuve Les annonces sur le RER Dans dix grandes villes Je trouve ça super Tout le monde est pour Mais est-ce qu'il ne suffirait pas Déjà de commencer Par faire marcher les RER Qui existent ?
Mais vous avez raison Apolline de Mellerme Mais c'est les deux Moi je pense que Le secteur des transports A trop souffert Effectivement
Mais a trop souffert
Depuis longtemps De grands projets lointains Il faut les faire quand même Notre pays a développé Son réseau ferroviaire comme ça Le projet Le train qui circule aujourd'hui Ça a été un projet De dix ans ou vingt ans Parfois Des décennies avant Je prends l'exemple De l'Ile-de-France Il y a des galères aujourd'hui Il faut y remédier J'y reviens dans un instant Mais ça n'empêche pas Ça ne doit pas empêcher Le fait qu'on a besoin De lignes supplémentaires Et qu'on est en train De développer avec le Grand Paris Quatre lignes de métro supplémentaires Ça ne veut pas dire
Plus personne ne peut prévoir Ceux qui ont besoin De prendre le RER Ou le métro Pour aller travailler Ne sont jamais sûrs D'arriver à l'heure
C'est pour ça qu'il ne faut pas lâcher Ce serait une erreur L'investissement pour demain 2024 Il y aura une ligne 14 Qui traversera l'Ile-de-France Du Nord-Sud C'est très important Et en plus c'est automatique Mais ça ne veut pas dire Qu'on ne doit pas régler Le problème aujourd'hui C'est pour ça Que la feuille de route De Jean Castex À la tête de la RATP En particulier C'est de recruter massivement Parce que ce qui fait Que vous avez un temps d'attente Insupportable aujourd'hui Indigne Soyons clairs Dans le bus Et dans le métro parisien Sans parler de la Grande Couronne En Ile-de-France Et de quelques autres régions C'est la pénurie De conducteurs et de chauffeurs Et donc l'urgence Au-delà des grands projets Sans les exclure C'est de recruter maintenant C'est de recruter formé
C'est indigne Dites-vous Et ça va l'être Combien de temps encore ?
Écoutez Ça va se rétablir progressivement On ne recrute pas Et on ne forme pas Un conducteur de bus et de métro En 2-3 jours Parce qu'il y a des questions de sécurité Mais ce n'est pas seulement
Le métro était à l'arrêt Et le chauffeur lui-même Le conducteur du métro Disait au micro Écoutez On est désolé Mais vous êtes des habitués Il y a une avarie de matériel Donc là ce n'était pas un problème De conducteur Il y a une avarie de matériel Et j'ai regardé sur le fil De la ligne 8 Ça arrive au minimum 1, 2, 3, 4 fois par jour
Oui mais deux choses
Ça c'est des avaries de matériel
Il y a plusieurs problèmes Mais le vrai gros problème Qui fait que par rapport Aux années précédentes Vous le vivez peut-être La situation est beaucoup plus dégradée A Paris et en Ile-de-France C'est des problèmes de recrutement Avant tout Et donc la première urgence C'est simple Être formé De recruter davantage Aujourd'hui Pour vous donner une illustration Il y a deux fois plus de personnes En formation à l'ARATP Pour devenir conducteur de bus Conducteur de métro Qu'une année normale Avant Covid Donc on peut espérer Au printemps Qui est une vraie amélioration Mais je sais que c'est insupportable Pour beaucoup de gens Mais je mentirais Ce n'est pas l'État qui l'organise C'est la région Mais je mentirais Si je disais que demain On trouve mille conducteurs Comme ça Un peu de patience
Un peu de patience Donc encore Jusqu'au printemps Pour que ça s'améliore En Ile-de-France Mais vous nous le dites Ce matin Clément Beaune Vous avez encore bon espoir De sauver les trains
On fait tout court On s'engage Et c'est un combat Pour le week-end Chaque heure Comme je l'ai fait Depuis le début de la semaine Bien sûr
Pour le week-end Donc du réveillon Du nouvel an Clément Beaune Ministre des Transports Merci d'être venu dans ce studio Répondre à mes questions Il est 8h53 sur RMC BFM TV
Christine Pirès Beaune