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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 5 octobre 2023 23 min

François-Xavier Bellamy : "Il faut aller beaucoup plus loin" pour soutenir l'Arménie

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
François-Xavier Bellamy

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10.

0:06
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin un eurodéputé, également vice-président du parti Les Républicains. Il publie le 11 octobre prochain, espérez la violence, l'histoire, le bonheur, aux éditions Grasset. Vos questions, amis auditeurs et auditrices, au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. François-Xavier Bellamy, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro, on va parler de votre livre dans un instant, où il est question, je viens de le dire, de violence et d'histoire. Ce ne sont pas que des sujets théoriques ou philosophiques, la violence et l'histoire, elles se déploient en Ukraine, mais aussi dans le Caucase.

Aujourd'hui au Parlement européen, vous voterez une résolution sur la situation au Haut-Karabakh, alors même que les Arméniens ont été chassés de cette région. Est-ce que vous allez la voter précisément, cette résolution ? Et à quoi peut-elle servir ?

1:02
François-Xavier Bellamy

Bien sûr, je voterai cette résolution qui dit la révolte que nous éprouvons aujourd'hui devant l'inaction européenne, l'inaction de nos pays et de l'Union européenne face à ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux, à nos portes. Vous l'avez dit, c'est aux portes de l'Europe que se passe aujourd'hui un processus d'épuration ethnique qui est quasiment arrivé à sa fin en quelques jours, sans que personne ne fasse rien. Nous, nous faisons tout ce que nous pouvons, c'est-à-dire que nous crions. Et ça fait des années maintenant que je crie dans le Parlement européen.

J'ai été en Arménie plusieurs fois, j'ai tenté par tous les moyens, avec d'autres collègues, avec des élus du Parlement européen, de plusieurs bords, de plusieurs familles politiques, avec nos collègues français. Je pense au Sénat qui avait reconnu l'indépendance du Haut-Karabakh, à l'Assemblée nationale qui avait pris la même décision. Je crois que ce travail-là, nous l'avons fait pour essayer de faire tout ce que nous pouvions pour alerter. Mais nous n'avons pas la capacité d'agir. Ça, c'est nos gouvernants qui l'ont. Et la question que je me pose aujourd'hui, et la question que je voudrais leur poser, c'est, pourquoi ne rien faire ?

Est-ce qu'on est condamné à commémorer ensuite, pendant des années, une nouvelle épuration ethnique, un nouveau projet génocidaire ? Parce que c'est de cela qu'il s'agit. Aliyev le dit, il suffit de l'écouter.

2:10
Invité

Il veut faire un génocide d'Arméniens ?

2:12
François-Xavier Bellamy

Bien sûr. Il a dit, nous chasserons les Arméniens comme des chiens. Il suffit de lire les manuels qui sont distribués aux enfants en Azerbaïdjan, pour voir la haine dans laquelle grandit la jeunesse azerbaïdjanaise. Et pardonnez-moi de le dire, mais encore une fois, ça nous concerne. Ça nous concerne moralement d'abord, parce que l'Union Européenne est née sur les décombres d'un génocide pour que plus jamais une telle situation n'arrive. Et ça nous concerne aussi parce que c'est notre propre sécurité qui est en jeu. Pierre Aski le disait à l'instant très bien, ce qui est en jeu, c'est le comportement d'un acteur comme la Turquie.

Or la Turquie, nous le savons bien, la Turquie menace la Grèce, la Turquie occupe Chypre, la Turquie a menacé un bateau français il y a quelques semaines, il y a quelques mois. Et donc tout ça menace aussi notre propre sécurité. Et notre facilité d'aujourd'hui, c'est le danger pour nous.

2:54
Invité

Vous dites nos gouvernements qui ne font rien. La ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna était hier à Erevan en Arménie. Elle a donné son accord pour que Paris livre du matériel militaire à l'Arménie. Est-ce suffisant ? Est-ce suffisant ? Aujourd'hui, les Arméniens ont perdu le Haut-Karabakh. Ce qu'ils craignent maintenant, c'est que l'Azerbaïdjan attaque une nouvelle province, le Sunnik. C'est ça qu'ils craignent. Est-ce que juste livrer des armes militaires à l'Arménie, ce sera suffisant ? Ou est-ce qu'on pourrait imaginer aller plus loin, mettre une force d'intervention française ?

3:27
François-Xavier Bellamy

Quel est votre avis ? C'est un premier geste. Et moi, je veux dire, je suis dans l'opposition à Emmanuel Macron et à son gouvernement. Mais je suis heureux que le président de la République et que son gouvernement aient été parmi les seuls à faire les pas nécessaires pour essayer de dénoncer ce qui était en train de se jouer. Mais il faudrait aller beaucoup plus loin. Et moi, j'ai deux pistes très concrètes à proposer. La première, sanctionner Aliyev. On est en train de parler de l'Azerbaïdjan. Pardon, on ne parle pas de la Chine ou de la Russie. Oui, mais il a le gaz.

Mais en réalité, et c'est la deuxième piste, l'Azerbaïdjan dépend de l'Europe beaucoup plus que l'Europe ne dépend de l'huile. Nous importons une toute petite partie du gaz dont nous avons besoin d'Azerbaïdjan. Et d'ailleurs, c'est du gaz russe, en réalité. Ça fait des mois qu'on le dénonce. Avec d'autres collègues, d'autres groupes politiques, on a mis le doigt sur les faits, sur les chiffres, sur les statistiques. Et donc, on voit bien qu'on est en train de contourner nos propres sanctions en Russie. Essayons de nous passer de ce gaz. Franchement, c'est 2% de l'approvisionnement européen. On aura largement de quoi l'importer d'ailleurs.

Et surtout, je crois, aujourd'hui, nous avons les moyens de faire reculer à l'IEF. Avec des sanctions ciblées, avec la fin de ce contrat gazier qui est une honte pour l'Europe, on a les moyens de faire reculer à l'IEF. Et à ce moment-là, on aura fait la preuve que nos pays, que nos pays européens, sont capables d'être des acteurs géopolitiques clés autour de nos frontières.

4:41
Présentateur

Alors, venons-en à votre livre « Espérer » construit autour d'une question posée par Emmanuel Kant. « Que m'est-il permis d'espérer ? » C'est le fil conducteur des trois conférences qu'on trouve dans le livre qui porte sur la violence, l'histoire et le bonheur. Parler d'espoir, vous l'écrivez vous-même, n'est pas une évidence. Aujourd'hui, je vous cite, le temps est à la grande inquiétude. Où que le regard se tourne, tout semble n'être qu'intranquillité, instabilité, incertitude du lendemain. Vous dites qu'en Occident, l'avenir n'est plus une promesse, mais un danger. Alors, face à ce monde bien sombre, on vient d'en parler, là, sur l'Arménie, je vous pose la question kantienne.

Que m'est-il ? Que nous est-il permis d'espérer ? Essayez de répondre rapidement.

5:24
François-Xavier Bellamy

J'ai voulu parler d'espoir parce que je crois qu'aujourd'hui, c'est ce dont nous avons le plus besoin. Et je pense qu'on ne comprend ce que c'est qu'espérer que si on distingue l'espérance de son contraire, en réalité, qui est l'optimisme. L'optimisme consiste à croire que tout va bien se terminer quoi qu'il arrive. L'espérance, au contraire, consiste à affronter le caractère sombre des temps. Et effectivement, cette inquiétude actuelle, moi, je suis marqué comme prof aussi, je suis marqué de voir à quel point les jeunes générations grandissent dans l'inquiétude.

L'inquiétude environnementale, l'inquiétude créée par les grands bouleversements du monde, par les inquiétudes migratoires que beaucoup de nos concitoyens éprouvent. Et cette peur-là, au fond, il faut y répondre non pas par le déni de réalité, qui veut dire l'optimisme, l'idée que de toute façon, tout va bien se terminer, qui est au fond une forme d'irresponsabilité parce que si tout va bien se terminer quoi qu'il arrive, dans ce cas, pourquoi agir ? Pourquoi s'engager ? Mais il faut y répondre par un acte d'espérance qui consiste à regarder en face la réalité du monde et à choisir d'agir malgré tout pour un bien possible.

6:19
Invité

Mais vous, vous voulez agir ou pas, François-Xavier Bellamy ? C'est toujours la même question avec vous, vous connaissez les mots de Raymond Aron, on ne peut pas être en même temps homme d'action et homme d'études sans porter atteinte à la dignité de l'un et au métier de l'autre, sans manquer à la vocation de l'un et de l'autre. Entre philosophe et politique, on vous entend, vous avez l'œil qui brille quand vous parlez de Kant, est-ce que vous n'êtes pas mieux comme philosophe que comme politique ?

6:41
François-Xavier Bellamy

Moi j'ai une immense estime pour Raymond Aron, mais je crois que sur ce point, aujourd'hui en tous les cas, la réalité lui donne tort. Il me semble qu'au contraire, il faudrait, comme Bergson le disait, réconcilier la pensée et l'action. Il faudrait agir en homme de pensée et penser en homme d'action.

6:54
Invité

Mais vous dites vous-même que la politique c'est le monde de la violence, que c'est ultra-violent, qu'on est forcé à se faire violence soi-même, et donc à ne pas réfléchir, à sortir des concepts philosophiques pour parfois trahir, pour parfois dire ce qu'on ne pense pas.

7:08
François-Xavier Bellamy

Je n'ai jamais pensé ça. Je n'ai jamais pensé qu'on soit obligé de se renier quand on rentre en politique. J'ai toujours cru, au contraire, que si on était conduit à se trahir, c'était toujours, d'une certaine manière, parce qu'on avait manqué à la ligne qu'on devait garder.

7:22
Invité

Vous n'avez jamais trahi vos convictions, vous n'avez jamais avalé des couleuvres.

7:27
François-Xavier Bellamy

J'ai vécu des moments difficiles, j'ai gagné des batailles, j'en ai perdu d'autres. Mais je crois que de tout ce que j'ai pu dire ou écrire, il n'y a rien que je n'assumerai pas aujourd'hui. En tous les cas, s'il m'arrivait un jour de dire à quelqu'un, j'ai dit cela ou je me suis tué parce que je n'avais pas le choix, je considérerais ça comme une lâcheté absolue. On n'est jamais contraint à rien en politique. Et au contraire, c'est un exercice de liberté que de rentrer en politique et de tenter dans le débat public de faire advenir ce que l'on croit nécessaire et de rendre possible l'espérance qu'on veut partager.

7:55
Présentateur

Alors quittons un instant le monde du concept pour revenir à l'actualité. Au monde des institutions, Emmanuel Macron a prononcé hier un discours à l'occasion du 65e anniversaire de la Constitution de la Ve République. Il a proposé deux modifications de la Constitution. L'une visant à modifier l'article 11 qui concerne le champ du référendum. L'autre à assouplir les conditions de mise en œuvre du référendum d'initiatives partagées. Cette réforme pourrait vous permettre un jour d'organiser un référendum sur l'immigration, ce que vous réclamez à droite depuis longtemps. Est-ce que vous saluez cette initiative du Président ?

8:33
François-Xavier Bellamy

La seule chose qui compte, c'est quand est-ce qu'on s'y met ? Nous, on a déjà fait une proposition, on l'a mis sur la table. En effet, sur la question de migratoire, il est fondamental que les Français puissent se déterminer et déterminer la politique de la nation par référendum. Parce qu'on voit bien à quel point cette question est à la fois majeure pour notre avenir et en même temps à quel point elle est source de crispation dans le débat public. Et donc il faut absolument, c'est la réponse de la démocratie à toutes les contradictions qui peuvent survenir dans la conversation civique, il faut que les Français puissent se prononcer.

Et on a fait pour ça une proposition de loi constitutionnelle. Elle est sur la table, on l'a soumise au Président de la République. Depuis longtemps déjà. Il ne nous a jamais répondu. Alors si c'est sa réponse hier, on en est très heureux. Mais nous, ce qu'on attend, c'est une date, un mode d'emploi, une action. Parce que les paroles, il y en a beaucoup, mais des actions, il y en a pas.

9:17
Invité

Vous avez assisté à la messe du pape au Vélodrome. Le catholique que vous êtes, est-il tiraillé par les mots du pape quand il dénonce en Europe le fanatisme de l'indifférence vis-à-vis des migrants ? Ou comme le Rassemblement National, vous dites, le pape est un Argentin, il ne connaît rien à la situation européenne, il fait trop de politique et il est donneur de leçons ?

9:33
François-Xavier Bellamy

Non, mais le pape a raison, évidemment. Qui peut être indifférent au fait que des gens meurent en mer Méditerranée ? La question, c'est évidemment la meilleure manière de répondre à cette situation. Et moi, je crois que cette situation terrible, qui endeuille tout notre continent, parce que ceux qui viennent y chercher l'asile meurent sur la route pour y aller, cette situation terrible, elle est liée à une seule et unique raison, qui est l'impuissance de l'Europe à protéger ses frontières.

9:58
Invité

Mais vous, vous voulez fermer, on est bien d'accord. C'est-à-dire que vous voulez tout fermer. Par exemple, là, sur les 11 000 arrivés à Lampedusa, c'est zéro migrant, on est d'accord. La France n'en a qu'à eux, puisqu'on parle concrètement.

10:10
François-Xavier Bellamy

Parlons concrètement, vous comprenez très bien une chose, c'est que si c'est 11 000 personnes, ce qui va être le cas, évidemment, malgré le déni du ministre, si c'est 11 000 personnes restent sur le sol européen, arrivent sur le sol français, alors ça veut dire pour d'autres candidats à l'exil qu'il faut tout risquer pour pouvoir mettre le pied sur le sol européen. Parce que quand vous y avez réussi, vous êtes sûr de pouvoir y rester. Et c'est ça qui fait que des gens meurent.

10:32
Invité

Donc vous, vous dites qu'il faut aujourd'hui fermer totalement les frontières. Dites-moi exactement votre position, assumez-la.

10:37
François-Xavier Bellamy

Je veux qu'on en arrive à une situation très claire, qui sera connue de tous, qu'on ne peut s'établir sur le sol européen que quand on y est rentré légalement. C'est-à-dire que le jour où on aura reconstruit nos frontières, où on aura retrouvé la capacité de maîtriser les frontières de nos pays, ce jour-là, plus personne ne se nourra en mer Méditerranée.

10:55
Invité

Le projet de loi immigration, il est au Sénat. Il arrive au Sénat, vous connaissez le problème pour vous. C'est-à-dire que vous dites à Gérald Darmanin, on veut bien le voter si tu enlèves la disposition sur les métiers en tension, la régularisation des sans-papiers dans les métiers en tension, parce qu'on manque de mains et il faut aller chercher des mains ailleurs. Il ne l'a pas enlevé. Il ne l'a pas enlevé, la disposition est toujours là. Donc vous ne voterez pas ce texte.

11:22
François-Xavier Bellamy

Non, et exactement pour la raison qu'on vient de dire. Si on continue dans la logique de la régularisation des personnes qui sont entrées illégalement sur le sol français, alors on dit en substance à tous ceux qui veulent chercher un avenir dans notre pays, allez-y, tentez tout. Si vous arrivez illégalement, vous allez rester. Et c'est ça qui fait aujourd'hui le cœur du business model des passeurs. Le jour où nous serons suffisamment capables de maîtriser nos frontières pour dire que toute personne qui est entrée illégalement sur le sol français ne pourra pas y rester, ce jour-là, encore une fois, il n'y aura plus de mort.

Et on aura retrouvé la capacité de nos démocraties à maîtriser leur destin. S'il y a un 49-3, nous l'avons dit très clairement, sur ce sujet-là, les républicains assumeront leurs responsabilités, c'est un sujet majeur, et nous voterons contre tout passage en force du gouvernement qui empêcherait notre pays de retrouver la maîtrise de ses frontières.

12:14
Présentateur

François-Xavier Bellamy et Emmanuel Macron a souhaité hier que l'inscription dans la Constitution de la liberté des femmes à recourir à l'avortement aboutisse dès que possible. Le président veut, je le cite, « trouver un texte accordant les points de vue entre l'Assemblée nationale et le Sénat et permettant de convoquer un congrès à Versailles ». Fin de citation. Vous y étiez opposé à titre personnel, contrairement à Éric Ciotti. Vous pensez toujours que c'est une erreur d'inscrire le droit à l'IVG dans la Constitution ?

12:44
François-Xavier Bellamy

Oui, je pense que c'est une erreur, d'abord parce que ce droit n'est pas menacé du tout, personne ne remet en cause la loi Veil aujourd'hui dans le débat politique français. Je pense que c'est une erreur aussi parce que la Constitution...

12:52
Invité

Elle est menacée partout, dans beaucoup de pays. Enfin, en France, en tous les cas. Aux Etats-Unis, en Hongrie, en Australie il y a quelques années.

12:58
François-Xavier Bellamy

En France, objectivement, ce n'est pas du tout un sujet, d'ailleurs les chiffres le montrent. Donc, la question n'est pas là et surtout le débat qui mobilise les Français n'est pas là. Et d'ailleurs, si je suis opposé, ce n'est pas seulement moi, c'est un François Bayrou, c'est d'ailleurs une grande partie de la majorité. Il y a quelques années, il y avait eu une proposition de constitutionnalisation de l'IVG. Gabriel Attal s'y était opposé. Il avait voté contre. Yaël Braun-Pivet avait voté contre. Elle avait jugé que ce n'était ni nécessaire ni utile.

Voilà, moi je pense qu'il y a tellement de sujets majeurs pour le quotidien des Français, tellement de sujets pour lutter contre la précarité sociale qui monte, pour lutter contre les tensions qui traversent la société. Objectivement, ça me paraît être une forme de diversion qui n'est pas à la hauteur des enjeux.

13:36
Présentateur

Allez, on file au standard d'Inter. Laurent nous appelle de Metz. Bonjour. Bonjour France Inter. Question politique, je crois.

13:43
Auditeur

Ben, tout est politique de toute façon.

13:45
Présentateur

Ah ben voilà, vous avez raison, allez-y.

13:46
Auditeur

Que ce soit au niveau national, au niveau européen, avec le Parti Populaire Européen, le positionnement est clairement sociologique et identitaire, ce qui vous différencie très très très peu du Rassemblement National, et ce qui ne constitue pas, à mon avis, un programme collectif d'avenir. Et quand on voit un petit peu la politique menée par votre chef de file, Mme Ursula von der Leyen, qui fait cavalier seul pour l'Allemagne, et on voit les petits jeunes en France, comme M. Laurent Wauquiez, ben je crois que d'un côté, on n'a rien à envier à des gens comme M. Orban, ou alors celui qui vient d'être élevé en République tchèque.

14:26
Présentateur

Donc, quelle est votre question exactement ? Est-ce qu'il y a une différence entre les LR et le RN, c'est ça ?

14:33
Auditeur

Oui, et on n'arrive pas à déchiffrer, on n'arrive pas à déchiffrer à droite un projet, quel est leur projet collectif d'avenir ?

14:40
Présentateur

D'accord.

14:41
Auditeur

Le positionnement sociologique, on ferme tout, on boucle tout, ce n'est pas une perspective d'avenir, à mon avis.

14:47
Présentateur

Mais vous les voulez séparer, LR et RN, ou vous les voulez ensemble ?

14:51
Auditeur

C'est des nuances de gris, on va dire, quoi.

14:54
Présentateur

Ah, très bien. Ben, écoutez, on va essayer de mettre François-Xavier Bellamy devant le tableau et lui demander d'expliquer les choses, des nuances de gris.

15:03
François-Xavier Bellamy

Bon, alors, il y avait beaucoup, beaucoup de... peut-être de complexité dans la question posée. Je voudrais simplement redire quelques éléments très simples. Ursula von der Leyen n'est pas notre chef de file. Elle a été nommée présidente de la Commission européenne par Emmanuel Macron, et d'ailleurs, elle va chez Renaissance dans quelques jours. Aujourd'hui, nous, le PPE, nous défendons une Europe qui puisse assumer sa responsabilité géopolitique. Et notamment sur la question de l'Arménie, je crois que c'est un élément qui est absolument fondamental. Sur la question du rassemblement national...

15:31
Invité

Elle a du mal sur l'Arménie, Ursula von der Leyen.

15:33
François-Xavier Bellamy

Ben, c'est même un peu pire que ça. C'est-à-dire que je n'ai toujours pas entendu de sa part, et j'ai eu l'occasion de le lui dire avec beaucoup de vigueur, parce que je crois que c'était nécessaire. Mais aujourd'hui, le contrat gazier dont elle avait dit qu'il faisait de l'Azerbaïdjan un partenaire fiable de l'Union européenne est, encore une fois, je le redis, une véritable honte pour nos pays.

15:51
Présentateur

Sur la différence avec l'ERN, alors...

15:53
Invité

Surtout vous, François-Xavier Bellamy. On vous reproche, même nous sommes de votre propre parti, d'être... Le Figaro écrivait, par exemple, sur vous, la gémélité de François-Xavier Bellamy avec Marion Maréchal.

16:04
François-Xavier Bellamy

Vous êtes jumeau ? Non, je ne crois pas. D'abord, moi, j'assume mes convictions. Je ne me définis pas par rapport aux autres. Ça a toujours été mon cas. Je défends les idées qui sont celles de notre famille politique. Et je défends le programme que nous avons porté dans l'élection européenne de 2019. Mais vous avez des différences avec elle ?

16:20
Invité

Vous avez des différences avec Marion Maréchal ?

16:22
François-Xavier Bellamy

La première grande différence, pardon... Idéologique, de fond ? Je n'ai, encore une fois, pas besoin de me définir par rapport aux autres. Mais je dirais, la première grande différence, c'est que d'abord, pendant les années qui viennent de s'écouler, on a obtenu des résultats absolument majeurs. L'ERN, lui, est aux abonnés absents sur tous les sujets. Et monsieur qui nous appelait tout à l'heure se demandait si on avait un projet clair. J'ai envie de poser la question au Rassemblement National, qui a été pour le Frexit, qui m'a maintenant dit le contraire, qui a été contre l'euro, qui m'a maintenant dit le contraire. On a du mal à suivre exactement leur position sur l'Europe.

Nous, nous avions un projet clair et nous avons délivré. Il y a quelques jours, elle est rentrée en vigueur, peut-être, puisque monsieur parlait du fait qu'il fallait se tourner vers des projets d'avenir, je suis d'accord avec lui. Il y a quelques jours, il y a quelques jours, est entrée en vigueur le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. C'était notre première promesse de campagne en 2019. La barrière écologique. Pour faire en sorte que ceux qui importent en Europe payent pour le carbone qu'ils émettent quand ils développent un produit. ce qui est une manière à la fois de pousser la décarbonation des grands producteurs mondiaux parce qu'aujourd'hui, ça c'est un enjeu majeur.

Il faut décarboner la production en Chine, en Inde, aux Etats-Unis. Il faut faire en sorte de créer un incitatif, un levier pour que le marché européen force ses producteurs du monde à sortir du charbon pour lutter contre le réchauffement climatique. Et le deuxième élément clé, c'est pour redonner de l'oxygène à nos industries. Ça, c'est des sujets majeurs et ça, c'est nous qui permettons que ce résultat arrive. C'était notre premier engagement. Nous l'avons tenu. Il est rentré en vigueur. Après, on me demande de me définir par rapport à d'autres. J'ai envie plutôt de demander à ceux qui nous écoutent de regarder les résultats, de regarder la réalité de l'action. Et la réalité de l'action,

17:47
Invité

par exemple, sur l'écologie, François-Xavier Bellamy, Laurent Wauquiez a annoncé la sortie de Verdronalp, la région qu'il dirige, du dispositif zéro artificialisation nette piloté par les régions et dont l'ambition est d'arrêter la bétonalisation des sols en 2050. Vous approuvez ce qu'il a décidé de faire. Il faut continuer à bétonner les sols. On y va ?

18:05
François-Xavier Bellamy

Laurent Wauquiez a totalement raison de dénoncer le zéro artificialisation nette. Pourquoi ? Parce que cette mesure purement technocratique, administrative, bureaucratique, est en réalité une manière d'asphyxier le développement de nos territoires. Or, aujourd'hui...

18:20
Invité

Donc, il faut continuer à bétonner les sols.

18:21
François-Xavier Bellamy

Il faut évidemment protéger notre environnement. Mais aujourd'hui... Tout en bétonnant les sols. Non, mais le but n'est pas de bétonner pour bétonner. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, aujourd'hui, on parle tous de développer, par exemple, de nouvelles sources d'énergie. On parle d'hydrogène, on parle de développement d'une industrie verte. Mais aujourd'hui, le premier frein au développement de cette transition environnementale, c'est qu'il n'y a plus nulle part d'endroit pour construire. Même... Écoutez-moi bien... Vous avez vu cette couve ? Je la montre. Du parisien.

18:47
Invité

On verra, du parisien, ce béton qui grignote nos paysages.

18:51
François-Xavier Bellamy

Non, mais Léa Salamé,

18:52
Invité

je vais sur le terrain. C'est une réalité.

18:53
François-Xavier Bellamy

Je vais partout en France. Une ou deux fois par semaine, je fais un déplacement en France. Il y a quelques jours, j'étais dans les Alpes de Haute-Provence. On me raconte que j'ai visité ce site industriel. Un site industriel, une ancienne usine complètement polluée, une ancienne usine chimique. On ne peut même pas construire sur cette usine qui est complètement bétonnée. C'est un site industriel qui est en friche. de la transition environnementale. Pourquoi ? Parce que le ZAN interdit de construire. C'est ces aberrations-là auxquelles il faut...

19:18
Présentateur

En attendant, Laurent Wauquiez se met en position de désobéissance civile. Il désobéit aux lois votées par le Parlement. Vous cautionnez ce genre de comportement ?

19:28
François-Xavier Bellamy

Je crois que le but est de dénoncer le ZAN, de faire en sorte qu'on sorte de cette impasse. Nous, on s'est battus au Parlement européen. La loi a été votée, il désobéit. Derrière les plus belles intentions, il y a souvent des impasses. Au Parlement européen, on a eu un texte qui s'appelait restauration de la nature, qui voulait imposer l'équivalent d'un ZAN européen, qui voulait condamner les agriculteurs à rendre à l'Afrique 10% des terres agricoles, faisant baisser la production alimentaire dans nos pays.

Mais tout ce qu'on fera contre le développement de l'économie, de l'agriculture, de la production en Europe, on le fera pour augmenter les parts de marché des producteurs du reste du monde qui ont des modèles de production bien plus dévastateurs que les nôtres pour l'environnement. Aujourd'hui, le meilleur service que la France puisse rendre à l'environnement, c'est de recommencer à produire.

20:11
Invité

Xavier Bellamy, Laurent Wauquiez, a fait un pas supplémentaire vers sa candidature en 2027 en déclarant qu'il veut y consacrer toute son énergie. Vous le soutenez ? C'est votre candidat ? Vous êtes Tim Wauquiez ?

20:21
François-Xavier Bellamy

Lui-même n'a pas déclaré de candidature.

20:24
Invité

Il a fait un bon pas.

20:24
François-Xavier Bellamy

Mais en tous les cas, on a la chance d'avoir dans notre famille politique quelqu'un comme Laurent Wauquiez qui a un président de région exceptionnel et qui montre, qui démontre par les faits. Parce que je crois que c'est ça qui fait que la politique retrouvera la confiance des Français, qui montre la constance, la cohérence, la clarté d'une ligne. Et on a besoin, évidemment, de figures comme la sienne.

20:40
Invité

Avant la présidentielle, il y a les Européennes. Vous étiez tête de liste des Européennes la dernière fois. Vous le saurez également cette fois-ci ?

20:49
François-Xavier Bellamy

La décision ne m'appartient pas. Elle appartient à Éric Ciotti.

20:52
Invité

Mais vous le souhaitez, vous êtes candidat à être tête de liste ?

20:54
François-Xavier Bellamy

Je serais heureux d'y retourner. Si quelqu'un est meilleur que moi, je serais heureux de le soutenir. Mon but, c'est d'être utile pour rendre aux Français cet espoir dont on a tellement besoin. Et mon but, c'est de pouvoir faire en sorte de défendre aussi notre bilan et notre ligne. Et si je m'engage dans cette bataille, je m'engagerai à fond parce que je crois que dans cette bataille européenne se joue quelque chose d'essentiel pour l'avenir du pays.

21:12
Invité

Et si Éric Ciotti décidait de la conduire à la liste lui-même, le patron du parti aurait une cohérence ?

21:19
François-Xavier Bellamy

Ce serait complètement légitime. Encore une fois, moi, je suis là pour servir quelque chose de plus grand que moi qui n'est pas d'abord les couleurs d'un parti mais qui est une ligne politique qui, je crois, est nécessaire aujourd'hui à l'avenir de l'Europe et de l'Afrique.

21:28
Invité

À prendre la tête de liste ?

21:30
François-Xavier Bellamy

Encore une fois, ce sera son choix, je le redis, et ce sera le choix de notre famille politique dans son ensemble. Et pour moi, ce qui comptera, c'est d'être à la hauteur de cet engagement collectif.

21:37
Présentateur

Un dernier mot sur le Conseil des ministres qui a acté la dissolution de l'organisation catholique intégriste Civitas, accusé notamment d'appeler à entrer en guerre contre la République, y compris en recourant à la force. Le ministre de l'Intérieur avait le 7 août dernier demandé à ses services d'instruire ce dossier de dissolution après une énième polémique sur des propos antisémites tenus par Pierre Hillard lors de la récente université des Tetsivitas. Vous la comprenez, cette dissolution ? Ces propos antisémites,

22:07
François-Xavier Bellamy

en tous les cas, étaient absolument révoltants. La dissolution d'une association, c'est un élément qui fait entrer en jeu des questions d'ordre sécuritaire que je ne connais pas. Je ne connais pas cette association. Mais ces propos antisémites qu'on a tous vus étaient effectivement complètement scandaleux. Et il faut évidemment les combattre avec énergie.

22:25
Invité

Merci.

22:25
Présentateur

François-Xavier Bellamy d'avoir été à notre micro ce matin. Il est 8h46. Sous-titrage Société Radio-Canada

François-Xavier Bellamy : "Il faut aller beaucoup plus loin" pour soutenir l'Arménie — François-Xavier Bellamy · Pourquijevote