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interviewBFMTV· 24 juillet 2024 20 min

Sécurité des JO, gouvernement démissionnaire... L'interview de Gérald Darmanin en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Il est 8h35, tout pile sur RMC et BFM TV. Bonjour Gérald Darmanin. Bonjour. Vous êtes ministre démissionnaire, mais toujours ministre de l'Intérieur des Outre-mer. Jusqu'à quand ? Ça, vous nous le direz dans un instant. Mais avant cela, nous sommes à 48h de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. Franchement, est-ce que vous arrivez à dormir en ce moment ?

0:27
Gérald Darmanin

Depuis 4 ans que je suis ministre de l'Intérieur, on dort peu pour que les Français dorment mieux. Nous avons beaucoup préparé ces Jeux Olympiques, ça fait 4 ans, avec les policiers, les gendarmes, les services de renseignement, les pompiers. Je pense que nous sommes prêts. Aujourd'hui, ils commencent les premières épreuves de rugby et de football, avec des matchs importants. Et cette cérémonie d'ouverture, il faut bien comprendre que c'est la chose la plus extraordinaire qu'un pays peut faire. On n'a jamais organisé une cérémonie d'ouverture en dehors d'un stade. Et sur la scène, dans le contexte géopolitique et terroriste qu'on connaît, c'est effectivement un très grand défi.

0:57
Présentateur

Je rappelle les chiffres qui donnent le tournis, c'est colossal. 300 000 spectateurs, 39 sites olympiques, 35 000 forces de l'ordre et même 45 000 pour la cérémonie d'ouverture. 1 800 renforts de policiers venant de plus de 40 pays. Depuis 4 ans, vous êtes à Beauvau. Est-ce que vous avez déjà eu autant de sueur froide, franchement ?

1:16
Gérald Darmanin

Alors, je pense que le plus dur… C'est le plus gros dossier. Oui, très certainement. Mais le plus dur, quand on est au ministère de l'Intérieur, c'est l'imprévu. C'est l'attentat qui surgit, c'est la catastrophe naturelle avec des milliers de personnes qu'il faut sauver, loger. Quand vous préparez un grand événement, vous avez du temps pour le faire. Et c'est ce que nous avons eu pour les Jeux Olympiques. On a pu, l'année dernière, je vous le rappelle, organiser le troisième plus grand événement au monde, la Coupe du Monde de Rugby, en même temps que la venue du Roi et de la Reine d'Angleterre, en même temps que la venue du Saint-Père à Marseille, dans le contexte du 7 octobre.

Donc, nous avons su déjà avoir un multifront sécuritaire d'organisation et tout s'est très bien passé. Donc là, nous sommes très bien préparés. Et je pense que les Français seront fiers de leurs policiers et de leurs gendarmes.

1:59
Présentateur

Alors justement, les Français, pas de sueur froide chez vous, mais chez les Français un petit peu dans les sondages. Un Français sur deux plaide encore aujourd'hui pour une autre cérémonie d'ouverture moins risquée. Et depuis quelques jours, on entend tous les jours, dans l'actualité des faits d'ingérence, on va y revenir notamment d'un Russe hier, vous avez parlé de deux projets d'attentats déjoués en France. Les Français qui disent les Jeux n'en valent pas la chandelle, est-ce qu'ils ont raison ?

2:24
Gérald Darmanin

Moi, je comprends leur inquiétude, mais je ne pense pas qu'ils aient raison. Je pense que nous avons raison de voir la France en grand. C'est un magnifique moment, ceux des Jeux olympiques d'été, un moment sportif, festif évidemment. C'est la carte postale de la France, c'est le symbole d'une France qui sait organiser ce que personne au monde ne sait organiser. Et Paris et toutes les villes, jusqu'en Polynésie française, vous savez que ces Jeux d'été sont partout sur le territoire national. C'est pour montrer qu'une fois par siècle, la France sait être le moment de la fraternité, du sport, mais aussi montrer que notre pays est le plus beau du monde.

Donc nous avons raison, semble-t-il, d'être ambitieux pour notre pays. Il faut avoir confiance dans nos services de renseignement qui sont parmi les meilleurs du monde, nos policiers, nos gendarmes qui ont sans doute les meilleures formations du monde. Et je pense que les Français seront très fiers après ce moment d'inquiétude, évidemment, de vendredi prochain.

3:10
Présentateur

Alors on parlait notamment du contexte géopolitique, il s'est fait d'ingérence. On a parlé hier d'un russe. On en sait peu encore. Est-ce que vous avez plus d'informations sur ce qui s'est passé ?

3:19
Gérald Darmanin

Alors la police a interpellé en effet, avec le travail que fait la DGSI, le service de renseignement, un individu citoyen russe dont nous pensons très fortement qu'il allait organiser des opérations de déstabilisation, d'ingérence, d'espionnage. Je sais ce que ça veut dire. Dans d'autres pays qui peuvent prendre plusieurs formes. Ça peut être des cyberattaques dont on a besoin de complicité. Ça peut être la manipulation de l'information. Aujourd'hui, voilà, il est dans les mains de la justice qui va pouvoir concrétiser les soupçons de la police. Mais ces mouvements d'ingérence, nous en connaissons beaucoup.

3:53
Présentateur

Il est sur le sol français, pardon, depuis combien de temps ?

3:55
Gérald Darmanin

Il est récemment sur le sol français, mais encore très récemment, d'autres individus, nationalité russe également, ont été arrêtés à la préfecture de police à Paris. Et puis on constate que sur Internet, des vidéos fleurissent. On a vu notamment cette vidéo qui se fait passer pour quelqu'un du Hamas, qui appelle à un attentat ou qui annonce un attentat dans les jours qui viennent parce que la France accueillerait les athlètes israéliens. Selon toute vraisemblance, je n'en ai pas la certitude absolue, mais nous pensons que c'est une fausse vidéo qui a été relayée par des comptes dont nous constatons qu'ils sont pro-Kremlin, pro-Russes.

Donc ces multiplicités de mauvaises informations, de fake news, d'ingérence, peuvent porter préjudice à notre pays, créer de l'inquiétude. Et c'est fait pour ça. Et c'est nos ennemis qui le font.

4:37
Présentateur

Alors on a appris hier aussi qu'un homme de 18 ans a été arrêté en Gironde car soupçonné de préparer une attaque terroriste. Est-ce qu'on sait aujourd'hui si ça avait un lien avec les JO ?

4:48
Gérald Darmanin

Alors nous sommes encore sur cette affaire, à éviter les détails au moment où nous parlons. Mais oui, nous pensons que c'est un lien de projet d'action violente contre les JO, et c'est symbole. C'est le quatrième. Il y a eu deux attentats qualifiés comme tels, déjoués par les services de renseignement, par le ministère de l'Intérieur. J'en félicite les agents. Il y en a deux autres, qui aujourd'hui ne sont pas qualifiés comme tels, scripto sensus, par le parti antiterroriste. Mais nous pensons que ce sont des projets d'action violente. Donc deux autres, vous dites, le jeune homme de 18 ans, et le quatrième, c'est lequel ?

Celui que nous avions interpellé au Mans, et qui n'a pas été qualifié comme tel pour l'instant par le parti antiterroriste, parce que nous regardons les supports informatiques, et on essaie de savoir si ce projet était constitué.

5:28
Présentateur

Et ce jeune homme voulait venir à Paris ?

5:30
Gérald Darmanin

Il voulait toucher. Vous savez, les JO, c'est pas qu'à Paris. Il y a des épreuves à Saint-Etienne, à Bordeaux, à Nice. Donc c'était en région, plutôt ? Voilà, donc on verra. C'est normalement constitué que cette personne voulait s'en prendre à la France pendant des épreuves olympiques.

5:44
Présentateur

Alors, Charles Damanant, vous en parlez à l'instant. Autre source d'inquiétude, la protection des 89 athlètes israéliens. Et selon son contexte, je le rappelle, de guerre à Gaza, ils sont protégés 24 heures sur 24 par des militaires du GIGN. Déjà, est-ce que ce sont les seuls, les Israéliens, à être protégés 24 heures sur 24 ? Ou est-ce qu'il y a d'autres nationalités ?

6:03
Gérald Darmanin

Non, il y a des équipes très sensibles, les Américains, les Iraniens, l'équipe palestinienne. On oublie de dire qu'il y a une équipe palestinienne qui est évidemment la bienvenue aussi, bien sûr, sur le territoire national, qui peut aussi être l'objet d'attaques. L'équipe ukrainienne. Et puis évidemment, ici ou là, selon les matchs, selon les moments, il y aura davantage de protection. L'équipe israélienne est particulièrement protégée.

J'ai pris cette décision, voilà, 15 jours, parce que nous connaissons, depuis Munich, depuis les Jeunes Munich, où certains athlètes ont été assassinés, nous connaissons la grande sensibilité, parce que la vie géopolitique fait qu'ils sont particulièrement menacés. Et donc, du début jusqu'à la fin de leur présence sur le territoire national, ils sont protégés par des hommes et des femmes du GIGN, du RAID, 24 heures sur 24.

6:48
Présentateur

– Est-ce que c'est les propos de certains insoumis qui considèrent que les Israéliens n'ont pas leur place au JO vous ont poussé à renforcer leur sécurité ces derniers jours ?

6:57
Gérald Darmanin

– Non, nous ne faisons pas de la politique de sécurité en fonction de ce que disent les parlementaires de la France insoumise, fort heureusement pour la sécurité des Français d'ailleurs.

7:03
Présentateur

– Vous disiez qu'ils avaient une cible dans le dos.

7:05
Gérald Darmanin

– Mais oui, il est certain que les propos qui sont tenus excitent. Et vous savez, le plus compliqué à comprendre, c'est que quand la parole, le verbe peut tuer, quand la parole est sur les médias données ainsi en désignant quelqu'un la vindicte, on peut avoir des loups solitaires qui passent à l'acte. C'est ça le grand danger de nos Jeux Olympiques et de manière générale du terrorisme en France. Il y a la menace organisée, exogène d'un État ou d'une organisation comme ça a été le cas au Bataclan ou comme l'attentat de Moscou voilà quelques semaines. Ça évidemment c'est le travail de lutter contre ces organisations.

Et puis il y a des personnes individuelles, des loups solitaires, ce qu'on appelle en renseignement la menace endogène, qui peut passer à l'acte, qui prend un couteau et qui passe à l'acte parce qu'il entend sur Internet, à la télévision, des gens qui appellent au meurtre, plus ou moins directement.

7:50
Présentateur

– Vous trouvez que Thomas Porte ou Amri Caron, pour ne pas les citer, ils appellent au meurtre ?

7:53
Gérald Darmanin

– Je pense qu'ils ont une grande responsabilité dans la violence qui est commise contre notamment nos compatriotes de confession juive, c'est certain, depuis plusieurs mois, c'est sûr. – Appellent au meurtre, le terme est fort.

8:04
Présentateur

– Si ça appelle au meurtre et au antisémitisme, ça veut dire que c'est utile par la justice.

8:11
Gérald Darmanin

– Quand on est un homme politique, quand on est une personne qui a la chance d'être invité à vos micros et qu'on parle à des millions de Français qui nous écoutent, on a une responsabilité. Et de dire que la police tue, de dire que les Juifs sont responsables d'une partie des maux de la terre, de désigner à la vindique de dire que des attaques ne sont pas les bienvenus, sous prétexte, il faut s'en débarrasser, c'est ce que ça veut dire. Alors je pense que ce sont des propos extrêmement violents contre les policiers, contre les Juifs, contre l'État. – Il y aura des poursuites judiciaires justement ?

– Je sais que madame la procureure de la République de Paris a été saisie, je vais la laisser faire ce travail.

8:40
Présentateur

– Alors la cérémonie c'est vendredi, mais avant, il y a dès ce soir, des premiers matchs, notamment de foot. Mali-Israël, ça se passe au Parc des Princes, et Irak-Ukraine également. Est-ce que ces deux matchs font l'objet d'un dispositif de sécurité particulier ?

8:55
Gérald Darmanin

– Oui, alors toutes les compétitions font l'objet de dispositifs de sécurité, mais il est vrai que ces deux matchs, et singulièrement le match au Parc des Princes, fait l'objet d'une sécurité, un périmètre antitéroriste, ce soir au Parc des Princes, il y aura un millier de policiers qui vont permettre de faire que nous sommes là pour le sport. Au bout d'un moment, et je pense qu'on verra ça après la cérémonie d'ouverture, le sport va prendre le pas sur les questions de sécurité, c'est normal, et nous allons nous effacer discrètement pour que le sport puisse être une fête, pour que les Jeux Olympiques ne puissent pas être le rendez-vous de la sécurité, mais le rendez-vous du sport.

Mais oui, ce soir est un match important pour nos dispositifs de sécurité.

9:29
Présentateur

– Et pourtant les Parisiens et beaucoup de Français voient cet aspect sécuritaire et le constatent au quotidien. Vous avez misé dans la capitale notamment, Gérald Darmanin, sur deux choses, les grillages, il y en a beaucoup, beaucoup vous le reprochent, et les QR codes pour accéder aux zones les plus protégées. Résultat, sur RMC et FMTV, on a reçu beaucoup, beaucoup de témoignages, de restaurateurs en colère, vous les avez entendus, mais aussi de soignants ou de malades qui disent, on n'a même pas pu accéder à certains hôpitaux. – C'est du zèle, Gérald Darmanin ?

9:58
Gérald Darmanin

– Non, nous organisons une fois par siècle les Jeux Olympiques. Ça fait plusieurs années, plusieurs mois, que j'évoque les contraintes de faire une cérémonie d'ouverture sur la Seine. Comme vous l'avez dit, quasiment 400 000 personnes, 100 chefs d'État, toutes les équipes du monde entier. Nous savions qu'on ne peut pas organiser une cérémonie d'ouverture sur la Seine sans des contraintes de sécurité. J'ai la plus grande compassion et le plus grand accompagnement pour les restaurateurs et les commerçants. Je suis fils de restaurateur, je sais ce qu'ils vivent. Et d'ailleurs, ils seront indemnisés. Il faut le répéter, nous avons prévu des indemnisations.

C'est la ville de Paris et Bercy qui s'en occupent, ce n'est pas le ministre de l'Intérieur. Et ces grillages, c'est la concrétisation du périmètre antiterroriste. – Et les QR codes ? Les QR codes sont gratuits, chacun peut tout à fait, dès maintenant, sur passejeu.fr, avoir ce QR code gratuit. Et personne n'a été empêché de rentrer dans le périmètre s'il avait son QR code, qu'on soit résident, qu'on ait loué un Airbnb, qu'on soit soignant, qu'on soit quelqu'un qui va voir sa grand-mère sur l'île de Saint-Louis. Il y a 20 000 résidents dans cette partie de la Seine. C'est vrai que des contraintes sont extrêmement fortes.

Mais qu'est-ce que vous diriez si je laissais passer avec le préfet de police dans ce périmètre des personnes qui seraient radicalisées, des personnes qui porteraient une arme ou des bombes ? Vous diriez, le ministre de l'Intérieur, ce n'est pas sérieux, il n'a pas pris les mesures. Donc une fois par siècle, nous organisons cela, c'est vrai. Je n'ai pas été celui qui a demandé les Jeux olympiques à Paris. Je suis le ministre qui a concrétisé ce que d'autres avaient proposé et annoncé. Je suis très fier de le faire, mais effectivement, il y a des contraintes.

11:24
Présentateur

– Vous êtes pleinement mobilisé, je le vois, je l'entends, sur ces Jeux olympiques, et pourtant vous êtes un ministre des missionnaires. Vous pouvez bien expliquer aux Français, s'il y a un incident durant ces Jeux, est-ce que vous avez exactement les mêmes pouvoirs qu'un ministre qui serait de plein exercice ? – Tout à fait. – Donc par exemple, si vous avez besoin de décréter un détail d'urgence, vous pouvez le faire. – Tout à fait. – Combien de jours maximum ? – C'est 12 jours maximum, comme la loi classique. – Et le Parlement pourrait prendre le relais si vous devez…

11:51
Gérald Darmanin

c'est quelque chose que vous pouvez envisager. – Il faudrait que le président de la République convoque le Parlement, bien sûr, en session extraordinaire, si cela arrivait après 1er août. Mais c'est tout à fait le cas. Ce que regardera la jurisprudence, ce que regardera le Conseil d'État, le Conseil constitutionnel, c'est est-ce que c'est très urgent que de prendre ce genre de décision législative ou réglementaire ? Ce le sera sans doute.

12:09
Présentateur

– Gérald Darmanin, vous disiez ce week-end, je vous cite, « Le président m'a demandé d'assurer le bon déroulement des Jeux. » Point et fin de citation. « Des Jeux olympiques et paralympiques ? »

12:20
Gérald Darmanin

– Alors, ce n'est pas moi qui décide de la fin de ce gouvernement.

12:22
Présentateur

– Qu'est-ce qu'il vous a dit, le président ? Il vous a dit « olympiques et paralympiques » ?

12:24
Gérald Darmanin

– Il m'a dit « des Jeux olympiques ».

12:26
Présentateur

– Ah, donc ça veut dire que le 11 août, vous pourriez quitter le gouvernement ?

12:30
Gérald Darmanin

– Moi, je serai là autant qu'il le faudra pour garantir la sécurité de nos concitoyens. Le jour où le président de la République nommera un nouveau gouvernement, s'il choisit un nouveau gouvernement où il me remplace, je laisserai ma place au ministère de l'Intérieur. Mais jusqu'à la dernière heure, dernière minute, je serai en responsabilité pour la sécurité des Français. Personne ne comprendra que le ministre de l'Intérieur aille bainbaucher, aille en vacances, pendant qu'il a la sécurité des Français, notamment pendant les Jeux olympiques.

12:54
Présentateur

– Et d'autres se diraient aussi, c'est étonnant que Gérald Darmanin, qui suit ce dossier depuis des années maintenant, s'occupe des Jeux olympiques et pas des Jeux paralympiques.

13:01
Gérald Darmanin

– Est-ce que la menace est là aussi ? – Je suis à disposition du président de la République, s'il faut rester jusqu'au début septembre, je resterai jusqu'au début septembre.

13:06
Présentateur

– Alors lui, il a dit, jusqu'à mi-août, on ne change rien, il ne changerait pas de gouvernement. Après, selon vous, il y aura quand même une urgence politique à nommer un nouveau gouvernement ?

13:15
Gérald Darmanin

– Je pense que pour la rentrée, voilà, il serait normal. – C'est quoi la rentrée pour vous ? – La rentrée, c'est la rentrée des classes. – D'accord. – Non, ça ne vous rappelle pas des souvenirs. – Si, si, ça fait longtemps, vous savez, mais… – Pour la rentrée, je pense qu'il est normal que nous ayons un gouvernement de plein exercice qui puisse, et c'est normal, tirer les conclusions des élections législatives.

13:35
Présentateur

– Et vous exclut d'en faire partie, ce prochain gouvernement ou pas ?

13:39
Gérald Darmanin

– Alors, je pense que moi, d'abord, je suis très concentré sur les choses olympiques. – Mais vous dites, c'est ce que c'est pour moi ? – J'ai eu le bonheur d'être réélu comme député à Tourcoing. Je compte bien exercer ce mandat de parlementaire. J'ai eu l'occasion de dire que pour moi, ces questions de femmes et d'hommes étaient intéressantes, mais étaient beaucoup moins intéressantes que ce que nous allons faire. D'abord, un, j'ai vu que le président de la République hier a évoqué le fait que nous avions perdu ces élections. C'est une très bonne chose. Parce que dans mon camp, il y a encore des gens qui pensent que nous avons gagné. Nous n'avons pas… – Qui ? – Vous pensez à qui ?

– Je pense que la bataille des égaux, la bataille des places démontre… – À l'Assemblée ? – Démontre qu'il y a un petit problème peut-être de compréhension de ce qu'ont dit les Français. Ils ne nous ont pas reconduit pour faire la même politique, mais pas avec les mêmes personnes. Donc ça, c'est bien que le président de la République, moi, j'en suis très heureux, est dit avec beaucoup d'humilité que nous avions perdu. Alors certes, personne n'a gagné, mais nous n'avons pas gagné non plus. Deux, je comprends du président de la République qui a dit qu'il fallait faire une introspection. Pourquoi le Rassemblement national fait 11 millions de votes dans notre pays ?

D'abord, ce n'est pas normal qu'il n'y ait pas de place au bureau de l'Assemblée nationale.

14:36
Présentateur

– Mais attendez, je m'arrête sur ça deux secondes. J'étais quand même étonné en écoutant ça hier soir. – Il a eu raison. – Il dit, ils n'ont pas de poste à l'Assemblée. Je suis étonné. Mais attendez, il y a quand même un groupe à l'Assemblée que vous n'avez pas voté pour ces gens, pour ces députés Rennes.

14:51
Gérald Darmanin

– Vous ne savez pas pour qui j'ai voté. – Où est-ce que vous avez voté pour les députés Rennes ? – D'abord, le vote est secret. Et moi, j'aime bien que les votes soient secrets de manière générale. – La consignité de ne pas voter pour des députés Rennes ? – J'ai eu l'occasion de dire, oui, mais regardons la conclusion de tout ça. Ce n'est pas très positif. Et je peux dire que les Français, même ceux qui n'ont pas voté pour l'Assemblée nationale, ne comprennent pas que les élus du Rassemblement national ne soient pas représentés dans les instances de l'Assemblée nationale.

15:09
Présentateur

– Donc une majorité dit pendant des jours, on ne vote pas pour l'ARN pour ces postes-là prestigieux assemblées. Et le président dit deux semaines après, ah moi, je ne trouve pas ça normal.

15:16
Gérald Darmanin

– Le président s'est manifestement détaché une partie de sa majorité. Je constate qu'une partie de la majorité s'était détachée du président de la République. – Oui, c'est moins qu'en plus dire. – Donc moi, en tant que citoyen élu, qui représente mes concitoyens, j'ai toujours combattu le Front national dans ma vie. J'ai soutenu Xavier Bertrand quand il a pris la région de Haute-France. Je l'ai battu dans ma ville, je l'ai battu dans mon canton, je l'ai battu dans ma circonscription. Je l'ai battu dans ma démocratie. On puisse trier les élus. Il n'y a pas de sous-députés, en effet. C'est un deuxième point très important. Et troisièmement, enfin, il faudrait que nous parlions des idées.

Moi, j'ai évoqué un certain nombre de choses. J'ai dit, voilà, quelques jours, que je trouvais que l'augmentation du SMIC, qui était l'augmentation des gens qui travaillaient, ce n'est pas de la Cistanat, c'est des gens qui bossent, qui bossent pour 1300, 1400 euros par mois. – Vous êtes favorable. – Je suis favorable à cette augmentation.

16:00
Présentateur

– Mais pas aux 1600 euros net proposés par le Nouveau Front Populaire.

16:02
Gérald Darmanin

– Je pense que les 1600 euros décidés par le Nouveau Front Populaire tuent une grande partie de nos entreprises et de notre industrie. Mais entre 1400 euros et 1600 euros, il y a peut-être une négociation. C'est ça, la politique. C'est de trouver le meilleur compromis. Pourquoi personne ne met des idées sur la table ? L'intérêt, ce n'est pas que Mme Duchemolle ou M. Duchemolle deviennent Premier ministre ou président de groupe ou président de l'Assemblée nationale. L'intérêt, c'est qu'est-ce qu'on fait pour les Français ?

16:23
Présentateur

– Vous avez fait des propositions, vous, par exemple ?

16:25
Gérald Darmanin

– J'en ai fait une la semaine dernière. J'en referai le 15 septembre, puisque je ferai un grand rassemblement comme l'année dernière sur les questions sociales. Mais ça, c'est quand même très intéressant. Les Français, ils nous regardent bizarrement, vous savez. Qu'est-ce que c'est que ces gens ? On a tous été votés très nombreux. On a voté pour les extrêmes, majoritairement. Ils ont perdu et ils continuent à faire comme avant. Donc moi, je pense, indépendamment, et ça vaut pour l'NFP comme pour nous, de donner un concours pour savoir qui n'allait pas être Premier ministre.

16:49
Présentateur

– Justement, je pense que le plus important, ce sont les idées. – Le Front Populaire, le nouveau Front Populaire a mis des idées sur la table durant cette campagne. Hier, ils ont enfin donné un nom, celui de Lucie Casté pour Matignon. Emmanuel Macron a balayé cette idée, mais justement en deux secondes. Si je résume, vous faites barrage à la gauche alors qu'elle est arrivée en tête pour les législatives, c'est ça ?

17:11
Gérald Darmanin

– Alors, si je peux me permettre, qu'est-ce que la gauche, là ? – Le Front Populaire, la connaissance de quatre mouvements. – Non, mais moi, je ne soutiendrai aucun gouvernement qui a des députés de la France insoumise en responsabilité. J'aime trop la police pour prendre des gens qui vont dans les manifestations et disent « la police tue ». Vous voyez, ça, ce n'est pas possible. Donc, si un gouvernement… – Lucie Casté ne l'a pas dit, n'est pas la plus radicale du groupe. – Cette dame que je ne connais pas, manifestement, est soutenue très largement par la France insoumise. – Par l'EPS aussi, les écologistes. – Je distingue les socialistes de la France insoumise.

– De toute alliance, je la rejette. – Non, mais je serai le premier à la combattre. Ce n'est pas que je la rejette. – Je pense que c'est un point très important de se dire qu'on ne peut pas travailler avec la France insoumise. Les propos antisémites tenus, les propos antipolis tenus font qu'ils ne sont pas, pour moi, dans cet arc républicain. Voilà. Donc, le président de la République, pour moi, a raison de dire qu'on ne peut pas nommer un gouvernement avec la France insoumise.

18:07
Présentateur

– Il nous reste 30 secondes, Gérald Darmanin. Une dernière question, un petit peu anodine, mais importante. Je vous regarde là, vous n'avez pas de cravate. Vous faites même une stratégie politique, je vous cite, « La cravate est devenue le symbole d'une élite. Ne plus la mettre est une façon de montrer que j'ai compris le message. » Vous êtes sérieux, Gérald Darmanin ? – Oui. – Un peu populiste, non, de dire ça, je n'ai pas de cravate.

18:25
Gérald Darmanin

– Ça va que vous n'habitez pas tout le coin.

18:26
Présentateur

– Vous savez, je suis originaire de région, donc je connais très bien…

18:29
Gérald Darmanin

– Mais région, on n'est pas originaire de région. – Jean-Luc de Garderome, moi aussi ? – On n'est pas originaire de région, on est de quelque part. Moi, je suis de quelque part.

18:36
Présentateur

– Et ils vous disent, enlever la cravate, c'est ridicule ?

18:38
Gérald Darmanin

– Moi, je pense que les Français nous ont dit, pas que la cravate, les voitures avec chauffeur, la façon de se comporter, les mots utilisés. Nous avons une sécession entre les élites politiques, journalistes, magistrats, économistes, chefs d'entreprise et les gens. – Vous dites, j'ai changé, vous dites, Gérald Darmanin ? – Et donc, la cravate, c'est un symbole. Bon, en plus, c'est l'été, donc permettez-moi, même si c'est climatisé ici. – Je vous confirme. – Il y a beaucoup de gens, vous savez, qui n'en portent pas. – Mais vous dites, j'ai changé ? – C'est un symbole pour dire, justement, pour parler de cette question de la sécession des élites.

Les gens qui habitent en dehors de Paris, et il y a beaucoup de gens à Paris qui pensent pareil, parce que malheureusement, ils vivent dans des conditions difficiles et précaires. Il y a une misère sociale, et surtout une distance avec les gens qui, eux, voient la mondialisation qui a réussi. Si nous ne le voyons pas, si nous, les hommes politiques, on ne se dit pas, on s'est trompés. – Ça sera le dernier mot, Gérald Darmanin. – Non, mais c'est très important. – Allez-y, c'est quoi. – Parce que c'est pour ça qu'il y a 11 millions de voix pour le Rassemblement national, parce qu'il y a l'impression qu'on n'a pas compris le message. Et donc, ils augmentent le son à chaque élection.

Moi, j'ai compris, il n'y a pas besoin d'augmenter le son, et j'ai compris pourquoi les gens votaient Rassemblement national. – Merci beaucoup d'avoir été notre invité. 8h54 sur RMC et BFM TV.

19:34
Présentateur

– Sous-titrage ST' 501

Sécurité des JO, gouvernement démissionnaire... L'interview de Gérald Darmanin en intégralité — Gérald Darmanin · Pourquijevote