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interviewBLAST· 7 février 2024 22 min

TRI SOCIAL À L'ÉCOLE : "C'EST LE GOUVERNEMENT QUI FAIT DU SÉPARATISME"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Amélie oua Castera a confessé scolariser ses trois fils dans l'établissement privé catholique Stanislas Amélie oua Castera répète ne pas avoir menti mais concède que la réalité lui donne tort vous êtes totalement dans le procès d'intention je vous pose directement la question madame la ministre pensez-vous être à même de pouvoir exercer votre fonction ministérielle Monsieur le Premier Ministre la colère gronde partout en France les revendications sont les mêmes respect maintenant le mépris ça suffit la grève et la manifestation était prévu bien avant l'arrivée d'ouéa Castera et elle était prévue parce que bah l'éducation nationale aujourd'hui elle est proche de l'effondrement on l'a dit et on va le redire de quelle école parlez-vous celle de l'école publique gratuite laïque et obligatoire ou celle de l'école payante réservée à une caste et au beau quartier rapport PISA qui mesure le niveau des élèves un niveau à son plus bas historique en France mesdames et messieurs il y a 2 mois je lançais le compte à rebour qui nous séparait alors du choc des savoirs dont j'ai fait vous le savez ma priorité les groupes de niveau donc l'idée de classer nos élèves de les trier en bons élèves et mauvais élèves une école très idéologique très réactionnaire on a des collègues qui sont en pleur en salle des profs ils se disent mais moi je veux pas devenir un agent du tri social madame la ministre la guerre scolaire c'est vous qui la ravivé ce n'est pas nous c'est vous qui employez ces termes c'est vous qui refuser de vous expliquer on va créer un système qui va créer de la rupture qui va créer un séparatisme social et une ségrégation socio-scolaire encore plus forte est-ce qu'on veut une école du tri social ou est-ce qu'on veut une école de l'émancipation démocratisée pour toutes et [Musique] tous je m'appelle Zoé buzback je suis professeur d'histoire-géographie en collège depuis une dizaine d'années j'er j'ai exercé surtout en scène Saint-Denis en éducation prioritaire et puis aujourd'hui je suis csecrétaire de la CGT éducation action 93 la polémique UDA ctera elle est partie de ce moment où elle a dit que elle avait choisi de mettre ses enfants dans le privé à Stanislas en raison du très grand nombre d'absence dans dans l'école où aurait dû être scolarisés ses enfants je vais vous raconter brièvement cette histoire celle de notre aîné Vincent Vincent qui a commencé comme sa maman à l'école publique à l'école litrée et puis la frustration de ses parents mon mon mari et moi qui avons vu des paquets d'heur qui n'étaient pas sérieusement remplacés pour les professeurs c'est vrai que ça a été un choc et puis un sentiment de mépris qui a été vraiment ressenti très fortement parce que bah nous on les connaît ces problèmes de remplacement de manière réelle on sait très bien que là où ces enfants auraient dû être il y en avait moins par contre là où moi j'exerce il y en a un certain nombre au point que dans le 93 nos élèves ils perdent un an de cours sur toute leur scolarité on est très clairement sur une question de séparatisme social et et de l'utilisation du privé ou de détournement de carartte Scola par les classes sociales plus aisés pour justement éviter un certain nombre d'établissements c'est ce qu'on appelle les voilà l'évitement et pour nous bah c'est un vrai souci puisque c'est en fait les riches qui font du séparatisme social et qui refusent la mixité scolaire et puis là le fait que ce soit une ministre de l'éducation nationale qui est censé défendre le public qui finalement défend le privé et reconnaît que ça va extrême mal dans le public mais sans chercher forcément à faire en sorte que ce public s'améliore enfin l'éducation nationale dans le public s'améliore bah ça ça a fait un mouvement de grogne et de contestation sociale extrêmement forte en plus on va dire soutenu par le feu la feuille tonisation que miaap part faisait de cette polémique sur plusieurs semaines alors évidemment ça a mis un peu le feu au poudre mais c'était aussi une date le 1er février qui était prévu de très longues dates sur les salaires et cetera la grève et et la manifestation était prévu bien avant l'arrivée d'oué à Castera euh et elle était prévue parce que bah l'éducation nationale aujourd'hui elle est proche de l'effondrement on l'a dit et on va le redire c'est que ça va vraiment mal il y a plus personne qui veut faire prof aujourd'hui on a besoin d'une revalorisation du métier et on arrive à un moment où on marche sur la tête c'est-à-dire qu'on a un gouvernement qui fait plein d'annonces et qui utilise des grands mots comme la revalorisation du métier et qui en fait dans le même temps détruit notre notre métier [Musique] il fallait faire un mouvement social d'ampleur et avec une demande bah de statut pour les sa SH une demande de revalorisation de des salaires donc nous à la CGT par exemple on demande 400 € de revalorisation immédiate et que ce soit pas des primes que ce soit un vrai salaire socialisé il va y avoir un certain nombre de revendications he comme ça qui vont arriver avec et puis ben on retrouve trouve la demande de nationalisation du privé dans lequel on passe quand même 8 milliards d'euros par an quand on dit que il y a 8 milliards qui sont dépensés pour le privé en fait ce qu'on dit c'est que comme les établissements privés sont sous contrat l'État est obligé de les financer et donc effectivement les parents vont payer une partie de la scolarité de leurs enfants mais la majeure partie est financée déjà par l'État et donc quand on se retrouve dans des établissements qui sont finalement on le remarque hein assez peu surveillés ou en tout cas qui disposent de certaines largesse comme Stanislas et ben on se retrouve à financer des établissements qui font une catéchèse obligatoire ce qui est interdit qui portent des propos qui sont interdit par la loi notamment sur le sexisme sur la mixité fille garçon il y a dans dans ces cours des discours extrêmement problématiques à la fois donc antiivg des discours homophobes mais on a dans le détail des propos qui ont été tenus par exemple en mai dernier donc après l'enquête de médiap après les enquêtes d'un intervenant en cours de catchess par exemple qui va faire la promotion sont des théories de de conversion de conversion qui sont interdites he aujourd'hui qui sont interdites donc c'estàd qu'en mai il tient ce discours là aujourd'hui c'est des propos qui sont dures et enfin moi en tant que professeur d'histoire géographie enseignement moral et citoyen je suis obligé de tenir et c'est normal les propos qui sont en conforme aux valeurs de la République et les valeurs de la République mais c'est l'interdiction des discriminations or ce qu'on voit dans les livrets qui sont distribués à Stanislas c'est illégal c'est ça ne devrait pas avoir le droit d'exister tu cites même le le un livret qui est donné aux élèves de seconde qui mentionne explicitement le choix nécessaire de la chasteté quand on dit qu'on veut la nationalisation de l'enseignement privé c'est pour des bonnes raisons c'est parce qu'en fait cet argent il manque il manque et il manque notamment dans le 93 donc et si on veut partir sur un autre projet de société sur quelque chose qui serait utile à toutes et tous une école de l'émancipation et pas une école du tri social et bien il faut se pencher sur par exemple ce qui peut être fait aujourd'hui au niveau du plan d'urgence dans le 93 c'est une union syndicale enfin une intersyndicale qui a décidé de partir des besoins de la base on a fait une grande consultation dans le 93 il y a 50 % des établissements qui ont répondu donc c'est quand même énorme et à partir de ça on a pu chiffrer de quoi on avait besoin moi pour enseigner de manière correcte à tous les élèves voilà de quoi j'ai besoin et de quoi j'ai besoin ces 20 élèves par classe dans des établissements à taille humaine avec un pôle médico-social renforcé avec suffisamment de personnes dans la vie scolaire vraiment tout ça c'est ce qui me permettrait à moi enseignant d'enseigner dans de bonnes conditions pour toutes et tous et 20 élèves c'est pas un chiffre qui est sorti de nulle part c'estàdire que aujourd'hui dans l'Union européenne la moyenne du nombre d'élèves par classe c'est 19 donc on peut pas nous demander à nous de faire des groupes de besoins enfin des groupes de niveau et cetera alors que on n pas le minimum syndical vraiment le strict minimum qui est 19 élèves par classe et tout ça bah en le chiffrant on arrive entre guillemets à peine à 350 360 millions d'euros par an alors on dit oh là là 350 millions d'euros par an c'est énorme mais en fait c'est rien quand on compare au 8 milliards du privé quand on compare au 2 milliards de l'uniforme au 2 milliards que coûterait le SNU en fait c'est pas grand-chose donc oui c'est faisable oui une éducation pour toutes et tous c'est largement possible et ce qu'on dit et c'est l'idée du plan d'urgence pour le 93 de cette revendication là c'est dire bah nous on veut bien servir de vos locomotive on veux bien vous montrer ce qu'il faudrait pour juste que ce soit à peu près potable on demande pas la lune on demande juste ce qu'il faudrait pour que ce soit à peu près correcte en terme de conditions de travail voilà ce que nous on veut [Musique] allons-y le choc des savoirs proposé par le gouvernement très clairement c'est quelque chose de réactionnaire et ce qui est intéressant c'est qu'il a sorti ça par toute petite touche je pense qu'on aura le temps d'y revenir plus tard mais pour bien comprendre ce que ça va avoir comme impact ce que je vous propose c'est qu'on parte de la scolarité d'un enfant et on part dès le plus jeune âge donc il commence il est en primaire en primaire euh il va être dans une classe euh qui sera pas à 20 élèves par classe euh il va être dans des groupes un peu plus chargés et il va avoir une un ou une enseignante en face de lui qui n'aura pas de liberté pédagogique qui ne pourra enseigner qu'en fonction des évaluations nationales qui ne sont pas particulièrement apprécié par la profession hein puisque c'est nous retirer aussi notre savoir c'est nous retirer notre geste professionnel euh il va être il va être soumis à des manuels spécifiques produits par l'Éducation nationale sans aucune liberté pédagogique et on ne sait pas d'où ils viennent ces manuels on ne sait pas qui l' créé on sait que ça va être probablement par le Conseil supérieur des programmes qui aujourd'hui a un virage à droite très fort et qui ne respecte d'ailleurs pas souvent ce qu'on dit sur les méthodes scientifiques et il va arriver au collège et au collège s'il est repéré comme plus en difficulté il va intégrer le fameux groupe des nuls euh alors et bien évidemment ce sera pas présenté comme ça par les collègues et heureusement mais lui il va très vite le comprendre j'assume de dire que sur le français et les mathématiques c'est une piste ça se regarde c'est pas là une annonce que je suis en train de faire mais en tout cas je souhaite que la mission puisse y travailler expertiser s'il ne serait pas opportun de penser une organisation sur le français et les mathématiques par groupe de compéten au collège le principe des groupes de niveau c'est que pour les élèves les plus en difficulté c'est une forme de stigmatisation qui les fait décrocher encore plus et pour les élèves les plus en réussite c'est pas bien non plus puisque eux ils vont sentir encore plus en compétition et donc il y en a certains qui risquent de décrocher aussi ou en tout cas d'avoir un malêtre supérieur je suis pas en train de dire non laiss laiss je suis pas en train de dire je ne suis pas en train de dire non non je ne suis pas en train de dire même que je suis pour le retour des classes de niveau moi je suis pour qu'on continue à avoir un groupe classe avec des élèves très différents ce que je dis mais vous savez en fait déjà des 7 rentré on commence à le faire à côté de ça ce qu'il faut savoir ben c'est que les élèves ils apprennent entre eux moi j'aimerais beaucoup que mes élèves apprennent uniquement que de moi ça veut dire que je serais merveilleuse et cetera mais c'est pas comme ça que ça se passe dans une salle de classe les plus en difficulté apprennent beaucoup de ceux qui sont les plus en réussite qui les tirent vers le haut et puis parfois bah expliquer aussi à un élève plus en difficulté ça permet à soi-même de mieux comprendre donc un élève va intégrer le groupe de niveau ça va lui donner un rapport dégradé au savoir il va décrocher un peu plus il va se sentir un peu plus en difficulté il va réussir de moins en moins on va lui proposer des stages de réussite encore en français et en math pendant les vacances donc rapport encore plus dégradé à l'école il va continuer à décrocher il risque de redoubler après un redoublement qu'est-ce qui va se passer on va lui proposer un des stages de renforcement et donc bah il va se retrouver avec encore plus de matière où il a des difficultés rapport encore plus dégradé on peut supposer que son brevet il ne va pas l'avoir il va intégrer cette fameuse classe passerelle parce que c'est le seul moyen pour lui d'entrer au lycée il entre au lycée mais où ça bah bah au lycée professionnel sauf que le lycée professionnel avec les dernières réformes et bien il n'a plus d'ouverture réelle pourquoi parce que ça on en a très peu parlé mais ça fait partie aussi de la réforme du choc des savoirs notre élève quand il arrive au lycée professionnel il va se retrouver avec une carte des formations très réduite je voulais voused dire deux mots sur la réforme que nous sommes en train de faire de nos lycées professionnels vous savez que c'est pour moi une des des causes importantes et et un des grands défis de de ce mandat on a commencé à revoir la carte des formations on est en train de repenser les maquettes de de réinvestir pour nos nos jeunes en fait avant quelle que soit la région dans laquelle on vivait on avait accès à toutes les formations possibles en lycée professionnel alors il y avait un manque de place mais au moins il y avait une carte des formation élargie aujourd'hui la carte des formation elle sera strictement limitée au bassin d'emploi c'est-à-dire si dans cette région là il y a pas de chaudronnerie et ben il aura pas accès à la formation chaudronnerie et pire que ça c'est-à-dire que les entreprises du bassin d'emploi vont rentrer au conseil d'administration des lycées et donc elles vont pouvoir influer sur qu'est-ce qu'il y a dans la carte de formation spécifique donc si c'est un élève qui veut faire de la mécanique il arrive à intégrer une formation de mécanique et ben en fait on va lui apprendre à changer les pneus de manière à la manière Speedy et on va pas lui apprendre à faire de la mécanique de manière globale donc là où on nous dit qu'il faut qu'on ait des élèves des futurs ouvriers des futurs travailleurs et travailleuses qui soit pour qui c'est possible de changer de métier pour qui c'est possible de changer de région où ce soit il soit dans la mobilité ben en fait là on va être dans une assignation sociale et territoriale pour tout le monde et ça c'est pour les élèves où ça va pas mais pour les élèves où ça va à peu près ils vont réussir donc à rentrer au lycée général et technologique mais après la réforme de parcours sup en fait on est sur des algorithmes qui trient aussi de manière sociale et donc ces élèves là pour poursuivre ensuite dans des études supérieures ils vont être complètement stigmatisés et ils vont avoir énormément de mal à avoir la formation de leur choix donc qu'est-ce qu'on a on a au final une époque une école du tri social qui va amener un séparatisme encore plus fort puisque les familles vont avoir qu'une envie c'est partir vers le privé pour s'assurer que leurs enfants bah aent accès à l'éducation dont il rêvent et puissent s'en sortir et puis on est euh d'autant plus sur une une idéologie du séparatisme qu'on veut faire en sorte que on va pas se mentir les plus pauvres soit ensemble dans le groupe des nuls et que les plus riches eux puissent intégrer le groupe des forts et là on a un vrai problème de société parce que si on veut faire société ensemble il va peut-être falloir commencer par faire cours [Musique] ensemble pour ce qui est des réformes qui ont créé cette situation il faut repartir dans les années 80 90 au moment des années 80 90 on était dans ce moment où on voulait la démocratisation pas seulementifque mass iication de l'enseignement c'est dire tout le monde arrive sur enfin peut accéder à des études et notamment des études supérieures et donc là ce qu'il faut c'est que non seulement ce soit massifié mais aussi démocratisé donc que toutes et tous est accès et la possibilité de réussir et en fait à partir des années 2000 sarcosi supprime 80000 postes et on arrive à une toute première réforme un peu réactionnaire où on va réinvoquer les fameuses valeurs fantasmé de la République les savoirs fondamentaux sous Hollande ça se calme un petit peu il y a la création de 300 poste alors c'est pas grand-chose parce qu'en même temps il y a une augmentation démographique hein euh mais il y a une légère pause et puis arrivent les réformes au blancaire et c'est ces réformes là qu' fait de manière très intelligente hein c'estàdire que depuis blancaire jusqu'à maintenant on est sur une même avancée on est sur une même logique de réforme donc on va dire à partir de 2017-28 et c'est des réformes qui vont être faites de manière hachée par petite touche on va s'intéresser d'abord à parcours sup ensuite on va s'intéresser au bac ensuite à la voie pro ensuite au collège ensuite à école donc ces réformes successives forment un tout cohérent et l'objectif de ce tout cohérent c'est de casser le service public petit à petit pour ensuite pouvoir ouvrir le marché de l'enseignement au privé alors la stratégie du gouvernement là elle est complètement dans ce qu'on a pu observer sur l'hôpital il y a quelques années c'est ce que disait shomski he c'est que là c'est une attaque du service public pour aller vers la libéralisation et la libéralisation le libéralisme c'est pas moins d'État c'est l'État au service du capitalisme et là on le voit complètement c'estàdire qu'on a plein de lois donc plein d'État mais qui déconstruisent petit à petit ou qui détruisent petit à petit le service public pour qu'on c'est c'est le principe de pour pour tuer son chien on dit qu'il a la rage et bien là c'est exactement le même principe on détruit petit à petit le service public d'éducation pour réussir à le libéraliser donc là on est vraiment complètement là-dessus ces réformes elles sont toujours faites à la dernière minute et ça c'est très logique c'est parce que c'est un but politique et pas organisationnel c'està-dire que là on est vraiment dans des réformes qui portent des messages euh symbolique politique très fort on est on est au point que le choc des savoirs il est salué par le rassemblement national qui dit ah bah c'est très bien ils ont repris tout le programme politique de Marine Le Pen au niveau de l'éducation donc oui c'est fait au dernier moment mais pour une bonne raison c'est parce que derrière on va pouvoir dérouler un certain nombre de choses sans que les professionnels ne puissent réellement s'y opposer je prends l'exemple là en ce moment on est au moment où on réparti justement les heures de cours et donc si on nous dit il va falloir répartir des groupes de niveau il va falloir répartir un certain nombre de choses bah il faut que nous on puisse s'organiser et là en ce moment c'est le moment où les conseils d'administration votent là-dessus moi j'avais le mien hier soir dans mon dans mon établissement et ben il faut savoir que les textes ne sont toujours pas parus les textes de loi ne sont toujours pas parus donc on a toujours pas plus faire correctement la répartition dont on a besoin pour savoir le nombre de poste pour l'année prochaine une année ça une année scolaire ça se prépare 6 mois 1 an à l'avance là on a toujours pas pu le faire et donc on arrive à des situations ubuesque où il y a certains établissements qui en ce moment signent ce qu'on appelle des dag ou des TRM donc ça c'est c'est les grands cyles de l'éducation nationale mais qui répartissent les heures sans groupe de niveau et d'autres qui répartissent les heures avec des groupes de niveau cette visée réactionnaire elle est réelle et il faut pas oublier que c'est une des réponses donc l'uniforme le SNU le choc des savoirs et cetera aux révoltes urbaines de cet été et c'est la seule réponse aux révoltes d'urbaines de cet été c'est-à-dire plus de viser et de pensées réactionnaires et les parents ils et les élèves ils sont ils en sont extrêmement conscients euh je parlais du conseil d'administration que j'avais hier soir dans mon établissement j'ai des parents qui étaient au bord des larmes hier soir dans mon conseil d'établ dans mon conseil d'administration je n'ai jamais vu ça de ma vie des parents qui se sentent impuissants qui ont tout à fait conscience de ce qui va leur arriver et on voit bien là la violence d'État qui s'exerce c'est qu'ils disent mais qu'est-ce que je peux faire pour que mes enfants s'en sortent et donc là aujourd'hui le gouvernement non seulement il détruit l'école publique mais en plus il retire l'espoir aux familles et après on dit que c'est les quartiers des banlieux qui font du séparatisme alors que là c'est le gouvernement qui fait du séparatisme et qui attaque les valeurs de de la République et euh à ce stade-là il faut se dire qu'il y a pas que les parents qui sont en larme il y a aussi les enseignants j'ai de plus en plus de collègues qui me disent mais en fait moi je pense à démissionner on a des collègues qui sont en pleur en salle des profs c'est-à-dire que ils se disent mais je veux pas juste me dire ah bah cet élève il a tel niveau en 6e et c'est même pas moi qui vais décider quel niveau il a c'est les évaluations nationales et avec ce niveau-là je sais très bien que bah en fait le déterminisme social va faire que je sais que en 3ème il sera à tel endroit en secondde il sera à tel endroit et donc sa vie en fait ce sera ça et là-dessus il faut aussi se dire que très bientôt il va y avoir une réforme ou en tout cas une refonte de la carte de l'éducation prioritaire qui risque de disparaître en plus et donc on arrive à un moment où les professionnels sont dépossédés de leur routie de travail les parents se sentent complètement impuissants donc on va créer un système qui va créer de la rupture qui va créer un séparatisme social et une ségrégation socio-scolaire encore plus forte il faut quand même se dire qu'aujourd'hui que les enfants chez les inactifs il y en a un sur qu qui rate son brevet donc il y en a un sur qu on est sûr il finira en lycée pro il y en a un sur 5 chez les ouvriers un sur 8 chez les employés chez les cadres ça va c'est un/ 30 donc ce fameux DNB ce fameux brevet qui sera une une une forme de séparation c'est le déni du droit à l'éducation pour toutes et tous en fait donc là on va instaurer ça et je pense que cette accumulation de choses c'est ce qui fait que le plan d'urgence 93 il fonctionne c'est-à-dire que il permet euh aux collègues de reprendre possession de leur outil de travail de dire c'est moi qui sais je sais où ça en est et et je sais comment faire pour que ça fonctionne et c'est aussi ce qui permet aux parents de se remobiliser on en a parlé hier pendant le CA on a fait voter une motion et ben les parents d'élèves ils m'ont dit bah merci en fait au moins ça nous donne quelque chose à faire ça nous donne une visée on sait vers où on peut aller et je pense que la réponse de la pétition qui est en train de circuler de ce qui se passe ça c'est c'est de la manifestation qui a lieu ce mardi de des de toutes les mobilisations qui vont avoir lieu dans les prochains jours et ben ça a à voir avec ça ça a à voir avec qu'est-ce qu'on fait nous ensemble en tant que citoyen en tant que professionnel pour se réapproprier ça je pense que ce qui est important de retenir c'est qu'aujourd'hui au niveau syndical nous on se bat pas pour une école du tri sociale on se bat pas pour une école de la compétition on se bat pas pour une école des élites notre école à nous c'est celle de la démocratie c'est celle de l'émancipation c'est celle de l'hétérogénéité c'est celle pour faire réfléchir toutes et tous les [Musique] élèves [Musique]

TRI SOCIAL À L'ÉCOLE : "C'EST LE GOUVERNEMENT QUI FAIT DU SÉPARATISME" — Gabriel Attal · Pourquijevote