Violence des jeunes, lieux culturels fermés, régionales... Le "8h30 franceinfo" de Clémentine Autain
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Bonjour Marc Fauvel. Ces dernières semaines, ces derniers mois, la France vient de connaître plusieurs affaires dramatiques qui impliquent des mineurs. La dernière en date, c'était lundi, dans le Val d'Oise. Deux adolescents de 15 ans viennent d'ailleurs d'être mis en examen. Ils auraient roué de coups et jeté dans la scène l'une de leurs camarades de classe. Le mois dernier, dans l'Essonne, ce sont des bagarres entre bandes rivales qui ont fait deux morts, là encore des adolescents. Est-ce qu'il y a aujourd'hui une forme d'ultra-violence dans une partie de la jeunesse ?
En tout cas, il y a des phénomènes qu'on n'accepte pas. Peut-être aussi qu'on n'accepte plus, parce que les rixes, les affrontements entre bandes, on se souvient des blousons noirs dans les années 60, existent presque depuis toujours. Mais la tolérance sociale à l'égard de ces violences n'est plus la même. Et heureusement, parce que c'est inacceptable et on ne peut pas s'habituer à ce que des jeunes soient aussi violents.
Pour vous, ce n'est pas un phénomène qui s'aggrave, c'est qu'on en parle plus qu'on ne le tolère moins.
Non, ce que j'allais dire, c'est que par ailleurs, je pense qu'il y a une forme d'aggravation sous deux aspects. D'abord, la jeunesse, la jeunesse de ceux qui commettent des actes inouïs. Moi, je pense en particulier dans l'Essonne, cette jeune fille, Lily Bell, 14 ans, qui prend un coup de couteau dans le ventre et qui décède. Le lendemain, c'est un autre jeune du même âge, 13 ans même, je crois, qui décède sous un coup de couteau aussi. Et donc, c'est très jeune, c'est très très jeune. Et le nombre de RICS en ce début 2021 semble déjà plus élevé que les années précédentes.
Donc, je ne dis pas qu'il n'y a pas une aggravation, mais je dirais que ce n'est pas un phénomène complètement nouveau. En revanche, les réponses sont défaillantes et c'est sur ça qu'il faut qu'on discute et c'est sur ça qu'il faut qu'on arrive à avancer. C'est les réponses que nous voulons apporter pour cette jeunesse qui est visiblement en état de détresse. Parce que quand on commet de tels actes de violence, c'est quand même quelque chose qui ne tourne absolument pas rond. Et que ça nous implique, ça implique les proches, mais ça implique la société tout entière. Comment est-il possible que cela se produise ?
Je voudrais vous faire entendre les propos du ministre de l'Intérieur hier, Gérald Darmanin, devant les sénateurs.
Quand vous parlez d'enfants de 11, 12 ou 13 ans, vous avez dit vous-même moins de 15 ans, je ne sais pas très bien ce que la police ou la gendarmerie peut faire de plus que les parents ou que le suivi éducatif d'une partie de ces personnes. Que voulez-vous que nous fassions ? Que mettre en prison des enfants de 12 ans ?
Pendant qu'on écoutait Gérald Darmanin, vous disiez c'est incroyable, pourquoi ?
Qu'ils disent qu'est-ce qu'on peut faire comme si c'était évident que la puissance publique ne pouvait rien faire. Oui, je suis un peu stupéfaite, pardonnez-moi, je n'avais pas entendu ces propos. Et j'ai signé précisément une tribune...
Qu'est-ce que la police peut faire de plus que les parents, dit-il précisément ?
Voilà, mais la question n'est pas que la police. Probablement la police, elle joue son rôle d'application de la loi, mais c'est en amont que la question se pose. Et donc que peut faire la puissance publique ? Beaucoup de choses. Et j'ai signé hier une tribune avec plus de 110 personnes qui sont justement des professionnels de l'éducation, du secteur social, de la justice des mineurs, du monde associatif. Et qu'est-ce que nous avons dit ? Nous avons dit qu'il y a péril en la demeure parce que les budgets qui sont consacrés à l'éducation, à la non-violence, alors là c'est très faible, ça n'existe quasiment pas, mais il faut une éducation à la non-violence dans les établissements scolaires.
On a un problème avec, vous le savez sans doute, les services de prévention et de protection de l'enfance dont les moyens fondent comme neige au soleil. Même chose sur les médiateurs sociaux. Il faut des médiateurs et des médiatrices sociaux.
Dans cette tribune, Clément Kinona, autant qu'on a lu avec Néla, vous insistez aussi sur le rôle des parents qui parfois sont désemparés, qui ne savent pas faire. Je pense à des parents isolés notamment. Qu'est-ce qu'on peut faire pour les aider dans ces quatre figures-là quand des adolescentes, 13, 14 ou 15 ans, passent les journées ou les nuits dehors ?
Bien sûr. D'abord, il n'y a pas une solution miracle. Ce qui est sûr, c'est qu'il faut de l'accompagnement. Il faut de l'humain. Il faut aussi des mesures sociales parce que dans les familles monoparentales, avec des femmes, puisque ce sont essentiellement des femmes qui partent à 6h du matin parce qu'elles travaillent à l'autre bout, par exemple, de l'Île-de-France pour prendre un cas concret, qu'elles rentrent le soir, qu'elles sont épuisées, qu'elles ne savent pas comment elles vont finir le mois, qu'elles sont elles-mêmes dans un état de stress immense, forcément, elles n'ont plus l'énergie, elles n'ont plus la possibilité d'être disponibles pour s'occuper parfois des enfants.
Mais l'autorité parentale, ça ne se décrète pas ? Expliquer aux enfants qui doivent rentrer à l'heure, s'ils ont décidé de ne plus le faire, ce n'est pas quelque chose qu'on décrète d'un coup de bruit ?
Oui, mais si vous avez des médiateurs dans la rue, ce qui avait quand même un nombre beaucoup plus important il y a quelques années, il y a aussi des substituts possibles. C'est à eux de ramener les enfants à la maison ? En tout cas, je pense qu'on a besoin de personnels qui permettent d'épauler, de ne pas tout laisser dans la seule responsabilité des parents. Ce n'est pas pour déresponsabiliser les parents. Je ne dis pas, parents, il n'y a pas de soucis, faites ce que vous voulez, d'autres vont s'en charger. Ce n'est pas ce que je suis en train de dire. Mais s'il y a de la défaillance, alors la société doit répondre présent. Et c'est pourquoi je ne partage pas le point de vue de M.
Darmanin, qui consiste à dire qu'on ne peut rien faire. Ça n'est pas vrai. On peut faire, et aujourd'hui, nous avons des budgets qui fondent comme neige au soleil sur des enjeux qui sont des enjeux éducatifs, qui sont des enjeux de prévention. Et c'est pourquoi nous avons tiré la sonnette d'alarque. Parce que si on n'est que sur le volant répressif, comme le fait la droite ou le gouvernement, enfin je pléonasme, ou la droite au gouvernement, eh bien je pense qu'on est dans une impasse. C'est-à-dire qu'on ne trouve pas les solutions qui vont nous permettre de faire régresser ces violences, le harcèlement scolaire et tout ce qui s'y passe qui est inacceptable.
Le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, vient de présenter une réforme de la justice des mineurs, dont l'un des points clés, et qu'il faut apporter une réponse plus rapide. Il dit que le premier jugement, la première décision de justice, doit intervenir trois mois après les faits, en tout cas trois mois après la conclusion de l'enquête. Aujourd'hui, il faut 18 mois en moyenne pour qu'un mineur soit jugé. Vous avez voté contre à l'Assemblée nationale, pourquoi ?
Mais le problème de la lenteur de la justice, c'est d'abord le problème des moyens de la justice. Le problème de la lenteur. Mais venez avec moi au tribunal de Bobigny, venez écouter, venez regarder ce qui se passe. Tout est en retard.
Alors pourquoi vous votez contre ce texte qui dit il faut trois mois, un délai maximum de trois mois ?
Le problème n'est pas un problème de durcir tous les textes.
Là ce n'est pas un durcissement, c'est une question de délai. Il dit d'ailleurs, Éric Dupond-Moretti,
pardonnez-moi, j'insiste de donner des contraintes légales supplémentaires quand vous avez déjà des tribunaux qui n'arrivent pas à traiter. Et ils n'arrivent pas à traiter parce qu'il manque de personnel. C'est ça l'histoire. Donc ce gouvernement en permanence...
Le budget de la justice a augmenté comme jamais ces deux dernières décennies cette année.
Et le texte augmente les moyens des tribunaux aussi. Eh bien écoutez, on va voir le résultat.
Mais vous avez voté contre par principe ?
Par principe, j'imagine qu'il n'y avait pas que ça dans cette loi, non ?
Non, il y a plusieurs points qu'on vient d'appeler.
Je ne savais pas qu'on nous allait en faire un débat sur cette loi. Mais je vous assure que quand on vote, on regarde l'ensemble des choses. Et on n'est pas dogmatique. Vous savez, quand il y a des propositions de loi qui nous conviennent, des amendements qui nous conviennent, on les vote. Mais quand on estime que l'économie générale d'une loi ne convient pas, on ne la vote pas. Et ce n'est pas simplement lié à une chose dans la loi. C'est l'ensemble de la loi que nous envisageons.
Clémentine Autain, députée insoumise de Seine-Sandy, qui portera les couleurs du parti, des insoumis aux élections régionales de juin prochain. Et notre invité, on va s'interrompre quelques instants, si vous voulez bien, le temps du Filinfo, à 8h40 avec Mélanie Delaunay.
C'est aujourd'hui que l'Agence européenne des médicaments rend son avis sur le vaccin contre le Covid de Johnson & Johnson. Ce sera le quatrième autorisé. Pour celui-ci, une seule dose suffit. Les premiers flacons sont espérés le mois prochain en France. À Marseille, la mairie espère transformer dès lundi le stade Vélodrome en centre de vaccination. 500 injections par jour prévues dans un premier temps. Ils ont été placés en détention provisoire. Le couple d'adolescents qui a tendu un guet-apens à Alisha, a mis en examen pour assassiner l'élève de 14 ans du même lycée professionnel et morte après avoir été frappée et jetée dans la Seine à Argenteuil dans le Val-d'Oise.
Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, en garde à vue ce matin pour dédention d'armes non déclarées entendues par la police judiciaire de Seine-Saint-Denis. Compliqué de choisir ses études sans salon d'orientation ou portes ouvertes, les lycéens de Terminal ont jusqu'à ce soir minuit pour inscrire jusqu'à 10 voeux de formation post-bac sur la plateforme Parcoursup.
A Strasbourg, à Pau et à Paris,
des théâtres et des espaces culturels sont occupés en ce moment par des professionnels du spectacle auquel vous avez apporté votre soutien en vous rendant vous-même au théâtre de l'Odéon mardi. Concrètement, que réclamez-vous, qu'attendez-vous du gouvernement ?
Ce que nous attendons, c'est qu'ils écoutent sérieusement ce que disent les personnels qui font vivre les lieux culturels dans notre pays. Donc ce qu'on attend, c'est d'abord un calendrier de réouverture. Pour l'instant, il n'y a aucune visibilité sur la potentialité de réouverture. Et ce débat devrait avoir lieu parce que ce n'est pas simplement pour les professionnels de ce secteur l'enjeu, c'est pour nous toutes et tous parce que nous sommes des êtres qui n'avons pas vocation simplement à fermer trop boulot dodo. Nous sommes des êtres qui avons besoin de partager du sensible, de projeter nos imaginaires et du coup, la culture est en fait essentielle à nos vies.
Donc le choix du gouvernement...
Aujourd'hui, des professionnels de la culture avec Roselyne Bachelot, ministre de la Culture avec le Premier ministre, réunions ce matin. Le calendrier doit être annoncé ce matin pour vous ?
Il aurait dû être annoncé depuis bien longtemps déjà mais ce matin, j'espère...
Si un calendrier est annoncé, l'action s'arrête ?
Le gouvernement ne... Attendez, j'espère que le gouvernement ne rencontre pas les syndicats pour donner la réponse qui m'a été faite mardi à ma question d'actualité sur le sujet c'est-à-dire tout va très bien Madame la Marquise. Donc il y a un enjeu de calendrier. Il y a un enjeu de protection des intermittents parce que l'année blanche ne va pas suffire, vous le savez, ça s'arrête au 31 août et en fait, la situation elle va être en chaîne dans les mois.
Alors pour expliquer rapidement l'année blanche, les intermittents doivent cotiser un certain nombre d'heures
pour pouvoir toucher leurs droits. Pour valider leurs droits. Donc s'ils n'ont pas travaillé pendant une année, évidemment ils ne peuvent pas valider leurs droits. Donc c'est ce qui est d'ailleurs un point très important parce que le système de l'intermittence qui a été conquis en 1936, donc c'est le Front populaire qui a installé cette logique qui est très bonne, qui est un bon régime pour les intermittents, souvent menacé ces dernières années, rogné, etc. mais qu'il faut chérir et même étendre parce qu'il y a plein d'autres métiers précarisés aujourd'hui qui sont dans les secteurs paraculturels, si j'ose dire, en tout cas qui dépendent aussi de cette digitalité culturelle.
Donc d'abord, culture lieu essentiel, ensuite protection de ces intermittents et d'autres sujets qu'il va falloir mettre sur la table. Je prends un exemple, les intermittentes qui sont enceintes. Elles ont un problème aujourd'hui pour accéder aux congés de maternité. Donc ça n'a pas été pensé un certain nombre de droits comme les congés maladie ou les congés de maternité.
Et donc là aussi, il y a des attentes qui sont très fortes. Ce que vous réclamez aujourd'hui, Clémentine Autain, ce calendrier de réouverture, c'est uniquement pour les théâtres, c'est pour l'ensemble des lieux de culture ou c'est aussi pour tous les autres secteurs qui sont fermés. Aujourd'hui, on pourrait citer, entre autres, les restaurants. Oui. Pour tout le monde. Vous voulez un calendrier pour tout le monde ou que pour la culture ?
Il faut des calendriers de réouverture pour la culture et le reste aussi, c'est un problème qui n'est pas de visibilité. Bien sûr que c'est un problème de ne pas avoir de visibilité.
Vous en avez de la visibilité, vous, sur le virus ?
Non, mais par contre, je pense qu'on a de plus en plus de visibilité. Alors, il y a les variants qui arrivent, j'entends bien que c'est compliqué, mais nous savons que ça va durer. Alors ? Non, que la crise va durer. Excusez-moi, que la crise va durer. Et pour l'instant, les études dont nous disposons montrent que ce ne sont pas ni les lieux culturels, ni les salons de coiffure, ni tout un tas de lieux qui ont été fermés, qui sont les lieux principaux de contamination. C'est dans les foyers, c'est quand vous êtes parent avec des enfants scolarisés, voilà, le risque est beaucoup plus grand. Donc, on peut se poser la question et avoir enfin le débat que nous n'avons pas eu à l'Assemblée.
Parce qu'on a débattu toute une série de lois depuis ces derniers mois, mais par contre, les décisions qui ont trait à la crise sanitaire se décident dans un conseil de défense et sans débat parlementaire. Or, savoir ce qu'on ouvre pas, les procédures qu'on pourrait mettre en place, et on le peut dans le monde culturel, on le peut. On peut avoir des gestes barrières, on peut avoir tout un protocole sanitaire. Des passes sanitaires pour accéder aussi aux lieux de culture, vous y seriez favorable ? Ça, c'est encore des questions plus difficiles, qui touchent aussi aux libertés, qui touchent aux libertés dans la logique du pass, c'est-à-dire, en fait, de contrôle vaccinal, etc.
Bon, on est bien d'accord. Ce n'est pas forcément vaccinal
le pass sanitaire, ça peut être l'obligation de présenter une preuve récente qu'on s'est fait dépister et que le test est négatif. Voilà. Ça, vous y êtes favorable ? C'est ce que je suis en train de vous dire,
c'est que ça, ça mérite un grand débat, parce que ça veut dire qu'on rentre dans des logiques de surveillance qui sont...
D'abord, on ouvre les lieux de culture et ensuite, on fait un débat sur le pass sanitaire.
Non, on fait d'abord... Non, on peut... On sait qu'on peut réouvrir aujourd'hui de nombreux lieux de culture, par exemple, les musées. Vous savez très bien que dans les musées, ce n'est pas un grand lieu de contamination. Souvent, les espaces sont grands. On peut avoir des jauges qui sont plus restreintes, mettre des masques qui sont des masques FFP2. Donc, ce que je veux dire, c'est qu'il faut maintenant anticiper la possibilité de réouvrir. C'est nécessaire pour les personnels qui y travaillent, mais c'est nécessaire pour nos vies. Et c'est ça que je veux vous dire, Marc Fauvel, c'est que ce débat-là, on aurait dû y avoir déjà il y a six mois.
Ça fait un an que les lieux culturels sont fermés. Ça fait un an qu'on vit avec cette chape et je pense que c'est mauvais, mauvais pour la société, mauvais pour notre capacité à nous projeter, à ce que nos imaginaires soient vivants, à ce qu'on puisse échanger nos émotions dans un moment qui est très difficile. Donc, j'en veux au gouvernement d'arriver. Alors, c'est vrai qu'il y a les variants, je ne nie pas les difficultés, c'est absolument pas ça, mais je ne crois pas qu'on puisse vivre sous cloche d'un point de vue culturel, durablement. C'est inadmissible, ce n'est pas tolérable.
Vous comprenez la différence de traitement qu'il y a en ce moment entre plusieurs villes comme Dunkerque et Nice où on est reconfiné le week-end et l'Île-de-France où l'on n'a pas durci les mesures sanitaires alors que la circulation du virus y est quasiment semblable.
Non, mais vous n'allez pas me... Moi, je ne vais pas vous dire que je comprends toutes les mesures qui sont prises. Je suis comme tous les Français.
Vous venez de nous dire qu'il fallait à tout prix rouvrir... Je suis en train de dire que les mesures...
Vous me parlez des mesures gouvernementales où on fait une chose à un endroit et pas à un autre. On fait une chose, on ouvre des centres commerciaux pendant le premier confinement et on ferme les théâtres et les musées et vous me demandez la cohérence. Eh bien non, je vous réponds très clairement. Je ne comprends pas la cohérence du gouvernement. D'accord. Donc on confine
le week-end ou personne ?
Je ne crois pas que la méthode du confinement soit efficace. Vous voulez le fond de ma pensée, le problème, il est ailleurs. Voilà. En Île-de-France, on est menacé maintenant d'un nouveau confinement mais il faut s'interroger d'abord sur est-ce que c'est efficace ? C'est-à-dire, est-ce que le confinement est efficace ? Or, quand on regarde les pays qui ont confiné, les pays qui n'ont pas confiné, les résultats, ce n'est pas aussi clair que ça. C'est-à-dire que le confinement soit d'une totale efficacité sauf si on est sur une île totalement fermée, ce n'est pas totalement efficace.
Mais le problème majeur, il est sur le fait qu'en Île-de-France, la saturation vient du nombre de lits de réanimation. 1100 lits aujourd'hui de réanimation. En mars dernier, il y en avait 2000. Donc la saturation arrive évidemment plus vite quand on n'a que 1100 lits. Qu'est-ce qui s'est passé ?
On a fermé 900 lits entre mars dernier et aujourd'hui ?
Oui, on n'a pas permis de pérenniser. On n'a pas permis de pérenniser 900 lits supplémentaires. Pourquoi ? Parce que le gouvernement est dans la même erreur qu'avant. Il estime qu'à partir du moment où ça se désengorge, pas la peine de garder des lits qui sont des lits qui vont être vides. Depuis 2003, 2003, où il y a eu la canicule, les urgentistes tirent la sonnette d'alarme en disant soit on a des lits qui sont effectivement des lits qui peuvent être vides pendant des mois, des mois, voire des années, mais on est en capacité de faire face à une crise sanitaire, soit on est dans une logique de rentabilité immédiate et alors s'il y a une crise, on ne sait pas faire face.
Donc je crois que la question des lits et c'est vrai pour toute la France, pas simplement en Ile-de-France, vous savez que nationalement on a la moitié des lits de réanimation ouverts aujourd'hui par rapport à ce qu'on avait en mars dernier, enfin au moment de la crise, de la première vague, excusez-moi. Donc le problème majeur me semble-t-il est d'abord sur le nombre de lits que nous avons et aussi sur les vaccins. Comment vous expliquer, non mais sérieusement, comment vous expliquer qu'en France on est 6% de vaccinés alors qu'au Maroc on a 11% de vaccinés, aux Etats-Unis après Trump on a 18%.
Parce qu'on a fait le choix de les acheter ensemble en Europe pour éviter que les pays se tirent la bourre les uns les autres comme on l'avait vu avec les maths. Vous auriez préféré que chaque pays achète les vaccins de son côté en Europe ?
Je ne trouve pas que le résultat soit très efficace. Non, ce que j'aurais préféré c'est que les vaccins soient un bien commun de l'humanité, qu'on ait la licence des brevets et qu'on soit capable de réquisitionner les entreprises pour produire des vaccins, produire, Donc on ne peut pas le faire parce qu'aucun pays ne l'a fait
ça ne peut pas se faire. Comment on décrète ?
Déjà il faut le vouloir. Si vous voulez le problème que nous avons c'est que nous avons laissé qu'on voulait que ce soit un bien commun
comment est-ce qu'on fait ?
Il y a une idéologie obsessionnelle selon laquelle le privé va faire mieux et va réussir à réguler. Donc la logique du marché Il se trouve que c'est lui
qui a trouvé les vaccins aujourd'hui le privé ?
Évidemment parce que d'abord il l'a trouvé souvent grâce à des moyens de recherche publique grâce à de l'argent public et donc c'est de l'argent public aux Etats-Unis en particulier qui a permis de trouver le vaccin mais par contre Pfizer Oui ça ne vous intéresse pas mais Pfizer fait 20 à 30% de marge sur le vaccin vous trouvez ça normal ? Ce n'est pas du tout ma question si vous le permettez une fois qu'on a décrété que les vaccins
comme disait un lointain dirigeant du parti communiste une fois qu'on a décrété que les vaccins étaient les biens communs de l'humanité qu'est-ce qu'on fait ? On oblige les usines on va à la sortie des usines on met des camions on met des militaires et on prend les vaccins ?
On réquisitionne pourquoi vous voulez mettre des militaires ?
On réquisitionne
Voilà c'est-à-dire qu'on fait fonctionner les usines vous savez qu'on n'a pas été capable de le faire dans la première vague avec des entreprises Donc on réquisitionne les fabricants de vaccins en France ? Oui écoutez-moi quand à un moment donné vous aviez des entreprises qui ne travaillaient pas alors qu'elles produisaient par exemple des bouteilles d'oxygène que la main d'oeuvre était là disponible disait nous on veut bien travailler mais que l'entreprise était fermée l'Etat n'est pas capable de dire écoutez on vous remet au travail on vous remet au travail pardon j'essaie d'aller au bout de votre raisonnement Clément Timmotin
si on réquisitionne aujourd'hui les vaccins qui sortent des usines de production française et que nos voisins font la même chose on n'a plus un vaccin demain matin ?
Mais non on ne se comprend pas
il se trouve qu'on n'a pas de vaccin français
Oui mais vous pouvez si vous avez le brevet
oui
vous pouvez le produire ensuite
Ah donc on va obliger les entreprises étrangères à nous donner les brevets en France
Mais enfin c'est incroyable Vous allez obliger
M. Pfizer ou M. Moderna qui sont des entreprises étrangères et privées à donner les brevets
Eh bien moi ce que je veux vous dire M. Fauvel c'est que je pense que la santé c'est plus important que les intérêts des groupes financiers des pays C'est le mode d'emploi
qui m'intéressait vous l'avez compris pas le fond de votre pensée
Vous savez qu'il y a oui mais le mode d'emploi on l'a parce que même y compris l'Union Européenne a donné des possibilités de pouvoir avoir ces brevets donc il faut le mobiliser il faut mobiliser ces outils et il faut qu'il y ait l'accès à ces licences et la possibilité de produire des vaccins des vaccins de les produire et de vacciner parce qu'il faut produire des doses mais aussi vacciner vous avez vu comment on s'est fait avoir le nombre de doses quand vous regardez les chiffres dans le détail de conférence de presse en conférence de presse c'est un fiasco français c'est un fiasco français puisqu'on a en projection de moins en moins de doses donc on se fait avoir et on est dans une logique de foire d'empoigne internationale et non pas de bien commun de l'humanité parce qu'en plus il suffit pas de vacciner les français il faut vacciner tout le monde
il est 8h52 on s'interrompt quelques instants le fil info Mélanie Delaunay on vous retrouve dans un instant Clémentinota
ils ont 15 ans et ils sont mis en examen pour assassinat dans l'enquête sur la mort d'Alisha à Argenteuil dans le Val d'Oise les deux suspects sont désormais en détention provisoire l'agression a été préméditée selon le parquet contrairement au vaccin contre le Covid déjà autorisé pour celui-ci une seule dose suffit et il se conserve au frigo l'Europe prend son avis aujourd'hui sur le vaccin du laboratoire américain Johnson & Johnson à qui sera-t-il destiné en France la Haute Autorité de Santé le dira demain ou après-demain l'émotion partagée à travers le Japon le temps d'une minute de silence et de cérémonie en mémoire des victimes de Fukushima 18 000 morts et disparus dans le séisme le tsunami et la catastrophe nucléaire il y a 10 ans exactement les footballeurs du PSG peuvent remercier leur gardien Navas ils sont qualifiés pour les quart de finale de la Ligue des Champions sans briller match nul un partout face au FC Barcelona au Parc des Princes France Info
le 8.30 France Info mais il a la trousse Marc Fauvel
Clémentine Autain c'est vous qui portez la liste insoumise insoumise et communiste en Ile-de-France au début du mois un sondage crédité votre liste de 10% d'intention de vote loin derrière la sortante Valérie Pécresse et surtout les voix de la gauche sont très dispersées est-ce que cela restera en l'état jusqu'au soir du premier tour ça difficile de le dire
on va voir il peut y avoir une alliance avant le premier tour ? moi j'ai pris acte de deux choses d'abord Audrey Pulvar qui est entrée en campagne et qui a voulu faire un rassemblement sans s'adresser aux insoumises
qui est la candidate des socialistes
du parti socialiste elle ne s'est pas adressée aux insoumis j'en ai pris acte et Julien Bayou avec Europe Écologie les verts qui comme partout en France à part de façon toute récente dans les Hauts-de-France souhaite rassembler au premier tour le pôle écologiste et juste le pôle écologiste aujourd'hui vous vous parlez nous on prend acte de cette situation mais vous vous parlez
ça discute entre les trois
les trois listes écoutez Julien Bayou je le croise dans un certain nombre de combats communs que nous avons au triangle de Gonesse à Grand Puy vous savez où il y a une raffinerie qui doit être fermée à cause de Total et là aussi il y a besoin de faire entendre la voix notre voix en tout cas parce qu'on n'entend pas celle de Valérie Pécresse malheureusement sur ce sujet qui est un sujet très important parce que c'est la seule raffinerie d'Ile-de-France donc que la présidente de région on n'a rien à faire que Total décide qu'en Ile-de-France on n'ait plus de raffinerie c'est un vrai problème pareil sur le triangle de Gonesse où j'aimerais bien connaître le point de vue de Valérie Pécresse nous soutenons un projet d'économie circulaire à la place de la folie de la famille Muliesse qui veut faire qui voulait
vous êtes contre l'artificialisation des sols
voilà donc elle est contre oui je ne sais pas ce qu'elle veut faire sur le triangle de Gonesse nous nous avons un projet qui s'appelle Carman
votre projet c'est effectivement enfin je rappelais le combat contre l'artificialisation
je disais pour Julien Bayou que c'était donc des combats communs qui faisaient qu'on se croisait et moi je l'ai dit aussi je suis pour que nous disions aux franciliennes et aux franciliens aujourd'hui de façon très claire qu'au second tour il y aura une fusion des listes en tout cas moi si je suis en tête à gauche je mettrai toute mon énergie pour qu'il y ait cette fusion des listes et auquel cas et auquel cas vous verrez qu'au second tour et même dans les sondages qui sont faits aujourd'hui nous pouvons disputer la région à Valérie Pécresse et je crois que c'est notre devoir d'ouvrir cet espoir
pardon je vous ai encore à couper la parole je vous en prie il faut 10% pour pouvoir se maintenir au second tour des élections régionales c'est à dire qu'il peut y avoir un duel une triangulaire une quadrangulaire pourquoi pas trois listes de gauche vous vous dites non je souhaite
je le dis avec force que nous ayons au second tour une seule liste des gauches
et des écologistes on se rassemble derrière la liste qui est arrivée première à gauche c'est ça ?
ce que je vous dis c'est que si je suis en tête je mettrai mes forces pour qu'il y ait ce rassemblement et ce que je souhaite et je vous le dis Marc Fauvel si jamais vous invitez Julien Bayou ou Audrey Pulvar vous serez ravis que les choses soient clarifiées de leur côté et que les deux puissent s'engager comme je le fais devant vous très solennellement à dire qu'ils mettront toutes leurs forces s'ils sont en tête pour créer les conditions du rassemblement
Audrey Pulvar la candidate socialiste propose si elle est élue à la tête de la région de France que tous les transports en commun soient désormais gratuits c'est une bonne idée ou pas ?
la question de la gratuité est un horizon que nous portons depuis très longtemps vous le savez ma famille politique depuis très longtemps se bat pour l'horizon gratuité nous ce que nous proposons c'est qu'immédiatement il y ait un choc de solidarité dans les transports mais pas seulement dès juillet et dès juillet je souhaite que nous ayons la gratuité pour les moins de 25 ans et pour tous les bénéficiaires des minimas sociaux parce qu'aujourd'hui c'est assez complexe et tous et toutes n'y ont pas de droit
Audrey Pulvar veut que ce soit le cas de tout le monde il faut avancer
vers la gratuité mais vous savez que le budget n'est pas extensible de façon folle donc il faut qu'on avance vers la gratuité mais qu'on investisse dans les infrastructures vous savez moi je suis une usagère du RERB quand je vois l'état du RERB les choix qui sont faits y compris par la région qui préfère voir grandir le CDG Express qui est un train pour les riches plutôt que d'investir pour le RERB bon voilà ça c'est un choix mais ce que je veux dire c'est qu'on a besoin d'investir dans le RERB d'investir dans le RERD d'investir dans des infrastructures et pour ça il faut payer
les abonnements tous les mois
et pour ça pas forcément parce qu'il y a aussi la part des employeurs et il ne faut pas oublier de les solliciter parce qu'eux aussi bénéficient quand même de la possibilité pour les franciliennes et les franciliennes de pouvoir circuler en Ile-de-France donc il faut améliorer les transports et avancer vers la gratuité
merci beaucoup Clémentine Autain merci à vous députée insoumise de Seine-Saint-Denis et tête de liste des insoumis aux élections régionales et des communistes et des personnalités du mouvement social beaucoup Clémentine Autain bonne journée à vous
merci
Clémentine Autain