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InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 9 janvier 2024 12 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileÉducation & recherche

"Gabriel Attal est l'illustration que notre majorité a su produire des talents" estime Antoine Armand

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44OuverteRéponse directe

    Est-ce que Gabriel Attal est le miroir d'Emmanuel Macron ?

  • 1:32OuverteRéponse partielle

    Quand on est si jeune, peut-on sereinement, pleinement habiter le rôle de Premier ministre ?

  • 2:08RelanceRéponse directe

    Matignon, c'est un enfer, l'enfer de Matignon, dit-on souvent. Gabriel Attal, inexpérimenté en dehors de ses expériences ministérielles, arrivera-t-il à faire pleinement ce job ?

  • 3:06OuverteRéponse directe

    C'est assez nouveau et c'est révélateur de quelque chose, d'un changement dans le quinquennat ?

  • 4:07ComplaisanteRéponse directe

    Et donc, l'importance du politique dans ce contexte.

  • 4:18RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'il n'a pas un peu laissé un certain nombre de dossiers ouverts sans l'éclore ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:48Invité politiqueFait
    « Gabriel Attal est l'un des héritiers d'Emmanuel Macron. Il est issu des rangs de la majorité. »
  • 0:53Invité politiqueFait
    « Il est d'ailleurs l'illustration que notre majorité a su produire des talents politiques appréciés des Français fondés sur les résultats. »
  • 1:45Invité politiqueFait
    « il a été un très bon porte-parole du gouvernement, qu'il a été un ministre des comptes publics extrêmement offensif »
  • 3:20Invité politiqueChiffre
    « Le réarmement, c'est la loi de programmation militaire avec 400 milliards votés, le budget le plus important pour nos armées dans ce contexte. »
  • 3:26Invité politiqueFait
    « Le réarmement, c'est aussi le réarmement civique avec le SNU, avec l'expérimentation de l'uniforme, avec la capacité à remettre de l'autorité à l'école. »
  • 3:51Invité politiqueFait
    « deux personnes, cette nuit, étaient mortes de froid. Le ministre du Logement, qui était en poste avant-hier, a annoncé des millions d'euros supplémentaires pour l'hébergement d'urgence. »
  • 5:21Invité politiqueFait
    « Je crois qu'il n'y a que le Rassemblement national pour penser à lui quand on nomme Gabriel Attal à la tête de Matignon. »
  • 5:36Invité politiqueFait
    « M. Bardella, qui est président du Rassemblement national, qui n'a jamais pris une décision, qui en cinq ans de mandat européen, à part un absentéisme chronique et des erreurs répétées, n'a pas été capable de faire adopter un seul texte. »
  • 5:56Invité politiqueChiffre
    « Un Français sur deux considère que pourtant que Jordan Bardella serait un bon Premier ministre. »
  • 6:11Invité politiqueFait
    « Le Rassemblement national s'oppose fortement au pacte asile et migration, qui est en train d'être adopté au niveau européen, et qui a pour but de sécuriser les frontières européennes, de réguler les flux de demandeurs d'asile à l'entrée pour protéger nos frontières. »
  • 9:22Invité politiqueChiffre
    « sur la cinquantaine de textes que nous avons adoptés depuis le début du mandat, depuis juin 2022, tous les textes hors textes financiers et hors réforme des retraites ont été votés, adoptés 149-3. »
  • 9:39Invité politiqueFait
    « la fameuse loi immigration qui a tant fait parler, nous l'avons votée. Il n'y a pas eu de 49-3. »
  • 10:04Invité politiqueFait
    « On va examiner la loi d'orientation de l'agriculture. Son but est très simple, permettre aux jeunes agriculteurs de mieux s'installer, parce que dans les dix prochaines années, on va avoir la moitié des agriculteurs qui partent à la retraite. »
  • 10:58Invité politiqueChiffre
    « nous sommes un peu plus de 200 dans la majorité parlementaire à l'Assemblée nationale, et que c'est notre histoire, à tous et à toutes. »
  • 11:07Invité politiqueFait
    « Quand vous dédoublez les classes dans les zones prioritaires, est-ce que c'est une mesure de gauche, ou est-ce que c'est une mesure de droite ? »

Temps de parole

  • Antoine Armand74 %
  • Présentateur25 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. L'invité de la matinale, Pierre-Hugues Dubois. Votre invité ce matin, Pierre-Hugues, est Antoine Armand, député de Haute-Savoie, membre de la majorité présidentielle. Bonjour Antoine Armand. Bonjour. Et merci d'avoir accepté notre invitation au milieu d'une actualité politique tumultueuse, puisque la France a un nouveau Premier ministre. Gabriel Attal a été nommé hier midi par le chef de l'État, charge à lui maintenant de constituer un gouvernement à 34 ans. C'est le plus jeune Premier ministre de la Ve République, une association fulgurante.

Est-ce que Gabriel Attal est le miroir d'Emmanuel Macron ?

0:48
Antoine Armand

Gabriel Attal est l'un des héritiers d'Emmanuel Macron. Il est issu des rangs de la majorité. Il est d'ailleurs l'illustration que notre majorité a su produire des talents politiques appréciés des Français fondés sur les résultats. Je pense que c'est très important. On a eu Édouard Philippe, Jean Castex et Elisabeth Borne qui avaient leurs propres histoires politiques. Et l'illustration que nous avons depuis hier avec Gabriel Attal, c'est une majorité politique qui a su créer de nouveaux talents avec à nouveau le dépassement des clivages.

Gabriel Attal, comme de très nombreux Français quand vous en discutez avec eux, quand il prend des mesures, quand il lutte contre la fraude sociale ou quand il lutte contre la fraude fiscale, il ne se dit pas que c'est de droite ou de gauche. Il le fait parce qu'il a fait un constat clair et qu'il en tire des solutions concrètes dans l'intérêt des Français.

1:32
Présentateur

Quand on est si jeune, peut-on sereinement, pleinement habiter le rôle de Premier ministre ?

1:38
Antoine Armand

Écoutez, c'est une question d'abord éminemment intime et personnelle. Ce que je constate, c'est que Gabriel Attal, il est ministre maintenant depuis de nombreuses années, qu'il a été un très bon porte-parole du gouvernement, qu'il a été un ministre des comptes publics extrêmement offensif, et que depuis le premier jour qu'il a passé à l'éducation nationale, il a pris des décisions extrêmement courageuses, rapidement, au-delà des tergiversations qu'on a pu parfois reprocher à certains. Donc je pense qu'il a à la fois l'étoffe, les capacités, et puis, ce qui n'est pas la moindre des caractéristiques, l'envie de changer le pays.

2:08
Présentateur

Oui, mais pourtant, Matignon, c'est un enfer, l'enfer de Matignon, dit-on souvent. Gabriel Attal, inexpérimenté en dehors de ses expériences ministérielles, arrivera-t-il à faire pleinement ce job ?

2:19
Antoine Armand

Alors, vous l'avez dit, il est inexpérimenté en dehors de ses expériences, et il a un parcours qui lui permettra de réussir, je l'espère, je le souhaite, et d'ailleurs, je pense qu'au fond, tous les Français le souhaitent, c'est ce qu'on voit aussi dans les enquêtes de Pignon. Vous avez raison de préciser que Matignon, c'est le lieu de l'arbitrage, c'est le lieu où, finalement, les ministres viennent apporter leurs causes, leurs conflits, et où le premier ministre doit trancher. Et c'est pour ça, je crois, qu'avoir un premier ministre extrêmement politique sera important.

Si on tranche par des demi-mesures, si on tranche par des mesures techniques que plutôt par des mesures politiques, les Français n'y comprendront pas grand-chose, et ça ne changera pas leur quotidien, c'est tout le contraire que l'on peut espérer en la nomination de Gabriel Attal.

2:59
Présentateur

C'est nouveau d'avoir un profil très politique, Jean Castex était assez inconnu du grand public, Elisabeth Borne presque tout autant, c'est assez nouveau et c'est révélateur de quelque chose, d'un changement dans le quinquennat ?

3:08
Antoine Armand

Je crois que c'est assez utile. Vous savez, le président de la République, lors de ses voeux, a parlé de réarmement, et on a beaucoup discuté autour de ce terme. Vous parliez des crises géopolitiques et sécuritaires dans le monde. Le réarmement, c'est la loi de programmation militaire avec 400 milliards votés, le budget le plus important pour nos armées dans ce contexte. Le réarmement, c'est aussi le réarmement civique avec le SNU, avec l'expérimentation de l'uniforme, avec la capacité à remettre de l'autorité à l'école. Et puis, c'est le réarmement industriel de l'emploi, parce que la cohésion de la nation, elle passe par le retour de l'émancipation sociale, la capacité à faire cohésion.

Et je mentionnerai que ce dossier, mais en arrivant sur votre plateau, j'entendais que deux personnes, cette nuit, étaient mortes de froid. Le ministre du Logement, qui était en poste avant-hier, a annoncé des millions d'euros supplémentaires pour l'hébergement d'urgence. Je pense que ça fait partie des questions qu'il faut qu'on se pose pour la cohésion de notre nation, que la crise du logement, que la capacité à aller vers le plein emploi. C'est ça qui, au fond, continuera à nous permettre de faire nation.

4:07
Présentateur

Et donc, l'importance du politique dans ce contexte. Cependant, Gabriel Attal, en arrivant à Mazzignon, laisse derrière lui l'éducation nationale. Il a été assez éphémère, cinq mois seulement, passé rue de Varennes. J'ai un doute sur la rue. Où est le ministère de l'éducation nationale ? Toujours est-il qu'il y a passé très peu de temps, cinq mois seulement. Est-ce qu'il n'a pas un peu laissé un certain nombre de dossiers ouverts sans l'éclore ?

4:30
Antoine Armand

Écoutez, le Premier Ministère a eu une formule qui me paraît assez révélatrice. Il a dit « j'emmène à Matignon avec moi la cause de l'école ». Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que lui, qui est ministre de l'éducation nationale, a lancé des chantiers fondamentaux, structurants. Eh bien, il emmène avec lui, à Matignon, cette cause. Et comme chef de gouvernement, il la portera encore plus fortement que comme ministre de l'éducation à Rue Grenelle.

4:52
Présentateur

Rue Grenelle, exactement. J'étais en train de chercher en parallèle. C'est bien Rue Grenelle qui est le ministère de l'éducation nationale. Ça, c'est pour Gabriel Attal. Il y a aussi l'opposition et Jordan Bardella qui est là. Est-ce une façon pour la Macronie de proposer un contre Jordan Bardella ? Jordan Bardella n'a pas 30 ans. Il est candidat aux Européennes. Il est aussi très populaire. C'est aussi un as de la communication. Est-ce que Gabriel Attal, c'est le miroir de Jordan Bardella ?

5:18
Antoine Armand

Écoutez, j'entendais la réaction du Rassemblement national hier. Je crois qu'il n'y a que le Rassemblement national pour penser à lui quand on nomme Gabriel Attal à la tête de Matignon. Pourquoi ? Parce que d'un côté, vous avez le plus jeune Premier ministre de la République française qui a été ministre de l'éducation, qui a pris des décisions, des actes très forts, y compris comme ministre des comptes publics. Puis de l'autre côté, vous avez M. Bardella, qui est président du Rassemblement national, qui n'a jamais pris une décision, qui en cinq ans de mandat européen, à part un absentéisme chronique et des erreurs répétées, n'a pas été capable de faire adopter un seul texte.

Donc en fait, la comparaison ne tient pas une seconde. On a d'un côté un responsable politique qui agit, et puis de l'autre côté un populiste qui parle. Un Français sur deux considère que pourtant que Jordan Bardella serait un bon Premier ministre. Absolument, et je pense que le sujet majeur que nous avons devant nous d'ici le mois de juin, d'ici l'échéance des élections européennes, c'est de démonter un à un les discours et les slogans simplistes de Jordan Bardella. Je vous donne un exemple.

Le Rassemblement national s'oppose fortement au pacte asile et migration, qui est en train d'être adopté au niveau européen, et qui a pour but de sécuriser les frontières européennes, de réguler les flux de demandeurs d'asile à l'entrée pour protéger nos frontières. C'est une mesure que devrait porter le Rassemblement national. Simplement, le Rassemblement national, à chaque fois qu'on agit pour protéger les Français, on réduit son fonds de commerce et il s'en inquiète. Ce que nous allons montrer dans les prochains mois, c'est l'incohérence et l'inconsistance politique de Jordan Bardella et du Rassemblement national.

6:38
Présentateur

La tâche est très lourde pour les renaissances, pour votre majorité, la tâche est très lourde.

6:45
Antoine Armand

Mais il n'y a pas d'alternative. Il n'y a pas d'alternative à la capacité à faire avancer les dossiers européens un un. Il n'y a pas d'alternative à protéger nos frontières, à être capable d'accepter les demandeurs d'asile qui ont vocation à être sur notre sol et puis ceux qui ont vocation, dès le début, à repartir chez eux. Il n'y a pas d'alternative au réarmement industriel de l'Europe, en fait, face au Inflation Reduction Act des Américains, face aux pratiques commerciales agressives de la Chine. Est-ce qu'il y a une alternative à renforcer l'appareil industriel européen ? Non. En français, nous ne pourrons pas tout faire. En européen, nous pouvons nous protéger.

7:16
Présentateur

Selon vous, Antoine Armand, le mandat de Gabriel Attal, c'est aussi de réussir à aller au front pour ces élections européennes qui s'annoncent délicates ?

7:23
Antoine Armand

Oui. Sans aucun doute, le choix de Gabriel Attal par le président de la République, c'est un choix éminemment politique et éminemment offensif. Et d'ailleurs, vous voyez depuis hier les réactions des oppositions. Elles sont assez empruntées. Vous en avez certaines qui qualifient Gabriel et qui n'osent pas qualifier Gabriel Attal, faisant comme s'il n'existait pas alors qu'il est une incarnation politique très forte. D'autres comme Jordan Bardella qui essaye de ramener les choses à eux-mêmes.

Au fond, vous avez un Gabriel Attal, un chef de gouvernement bien sûr, mais un chef de la majorité, quelqu'un qui sera très dur avec les oppositions et qui dévoilera leurs manquements et leurs inconsistances à son tour.

7:56
Présentateur

La gauche, de son côté, réclame unanimement que le nouveau Premier ministre se plie à un vote de confiance du Parlement. Un exercice auquel Elisabeth Borne avait dérogé. Gabriel Attal doit-il s'y plier ?

8:07
Antoine Armand

Et vous voyez, je déplore cette attitude de la NUPES parce qu'au fond, elle est révélatrice de leur comportement depuis le mois de juin. Quel est leur raisonnement ? Leur raisonnement est le suivant. 1. Aucune proposition et aucune condition pour une éventuelle coalition ou participer au gouvernement. Pardon, mais pour des partis de gouvernement, ça n'aurait pas été totalement absurde. 2. Demander un vote de confiance, alors que 3. Elle s'oppose d'ores et déjà à toute la politique qui n'a pas encore été annoncée par Gabriel Attal. C'est un piège un peu grossier dans lequel je ne suis pas sûr que nous rêvions de tomber dans la majorité.

8:38
Présentateur

Pourtant, déroger un vote de confiance du Parlement, c'est symbolique.

8:41
Antoine Armand

Alors, ce n'est pas une dérogation, pardon, ce n'est pas une obligation. Il y a plusieurs ministres qui se sont présentés devant la représentation nationale et qui ont demandé un vote de confiance, d'autres qui ne l'ont pas fait. C'est une tradition. Dans un contexte de majorité relative, où les oppositions n'ont pas la responsabilité de faire des propositions ou d'accepter des coalitions, je ne suis pas sûr que la situation se présente comme auparavant.

9:01
Présentateur

Et justement, Gabriel Attal s'apprête à gouverner dans une assemblée avec une si faible majorité. La tâche sera très difficile pour lui. Est-ce qu'on est reparti pour de 49-3 en 49-3, comme on a connu avec Elisabeth Borne ?

9:13
Antoine Armand

Vous êtes un trop bon journaliste pour dire ça. Vous savez que sur la cinquantaine de textes que nous avons adoptés depuis le début du mandat, depuis juin 2022, tous les textes hors textes financiers et hors réforme des retraites ont été votés, adoptés 149-3. Il n'y a que six textes, des textes financiers, qui ont été adoptés en 49-3 et la réforme des retraites. Ce que je veux dire, c'est que, rappelez-vous, encore en décembre, la fameuse loi immigration qui a tant fait parler, nous l'avons votée. Il n'y a pas eu de 49-3.

Et donc les textes qui vont être présentés dès le début de l'année, je pense à l'agriculture, je pense au logement, je pense à la question énergétique, nous allons avoir pour but de les faire adopter et de les faire voter, tout simplement. Et vous y croyez encore, 149-3 ? Bien sûr, mais je crois surtout que les oppositions qui se disent de gouvernement ont une responsabilité écrasante. Et nous continuerons, texte par texte, à construire des majorités, deux projets sur des textes qui sont importants. Je vous donne un seul exemple. On va examiner la loi d'orientation de l'agriculture.

Son but est très simple, permettre aux jeunes agriculteurs de mieux s'installer, parce que dans les dix prochaines années, on va avoir la moitié des agriculteurs qui partent à la retraite. Est-ce que les oppositions vont nous aider à construire un texte et à l'adopter, ou est-ce qu'elles vont faire de l'opposition systématique sur le lot de l'agriculture française ? C'est à eux qu'il faut poser la question aujourd'hui.

10:24
Présentateur

Nous sommes avec Antoine Armand, député Renaissance de Haute-Savoie. Gabriel Attal vient plutôt de l'aile gauche, de la Macronie. Elisabeth Borne aussi, et pourtant, elle a dû avaler quelques couleuvres. Quelle sera la ligne politique de Gabriel Attal ?

10:39
Antoine Armand

La ligne politique de Gabriel Attal, ce sera la politique d'Emmanuel Macron, qui n'a pas dévié depuis 2017. Alors je sais, j'en discutais avec des responsables de l'opposition, que pour certains qui sont comme restés bloqués en 2017, c'est un peu difficile d'envisager qu'on peut venir de la gauche et porter certaines mesures de droite, et venir de la droite et porter certaines mesures de gauche. Mais figurez-vous que nous sommes un peu plus de 200 dans la majorité parlementaire à l'Assemblée nationale, et que c'est notre histoire, à tous et à toutes. Chacun vient plutôt de la droite, plutôt de la gauche, et fait un pas vers l'autre.

Quand vous dédoublez les classes dans les zones prioritaires, est-ce que c'est une mesure de gauche, ou est-ce que c'est une mesure de droite ? Quand vous faites voter la loi immigration, et que vous faites que les étrangers délinquants puissent être expulsés beaucoup plus facilement de notre territoire. Est-ce que c'est une mesure de gauche ou de droite ? Il y a un contexte politique, bien sûr, mais au fond, ce qui nous importe aujourd'hui, c'est d'agir avec autorité et avec pragmatisme, parce que c'est ça qui fait la force de la République.

11:29
Présentateur

Dernière question, Antoine Armand. On dit que certains députés attendent frénétiquement que leur téléphone sonne. Est-ce que c'est le cas de vos collègues ? Peut-être de vous-même ?

11:36
Antoine Armand

Écoutez, vous savez, dans les cas, dans les circonstances de remaniement, c'est effectivement un jeu assez classique. Mais je reviens sur votre question précédente qui compte au-delà du casting, c'est la ligne politique. Et je pense que le nouveau souffle qui est incarné par Gabriel Attal, il doit, et c'est aussi une attente des députés de la majorité, il doit se transformer très vite en un programme gouvernemental pour les prochains mois, notamment jusqu'aux européennes, pour incarner concrètement ce nouveau souffle. Je pense à au logement, je pense aussi à la jeunesse qui a de très fortes attentes, et pas qu'en matière d'emploi.

12:05
Présentateur

Merci beaucoup, Antoine Armand, d'être venu ce matin sur notre plateau pour évoquer ce remaniement. Je rappelle que Gabriel Attal a été nommé hier Premier ministre, il remplace Elisabeth Borne, il est actuellement chargé de constituer un gouvernement.

"Gabriel Attal est l'illustration que notre majorité a su produire des talents" estime Antoine Armand — Antoine Armand · Pourquijevote