#RDLS131 : Macron-Vidal : le nouvel obscurantisme d'État
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 95 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Jean-Luc MélenchonFait
« Dans la loi de 1905 le mot "laïcité" n'est pas cité, donc faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles. »
- 9:00Jean-Luc MélenchonFait
« En décembre dans le journal l'Express il dit que Pétain était un brillant militaire, ce qui n'est pas vrai, et que Maurras était un brillant littéraire. »
- 17:00Jean-Luc MélenchonFait
« La "théorie du genre" n'existe pas. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour, c'est la 131e édition de cette étrange Revue de la semaine. Ça se passe cette fois ci dans mon bureau, au siège du mouvement insoumis, et avec d'un côté Jean-Luc Mélenchon et de l'autre côté de la caméra Antoine Léaument. Pourquoi je précise tout ça ?
Parce que normalement il y a des nouveaux venus aujourd'hui, à la suite de la diffusion sur ma chaîne youtube du replay de l'émission chez Hanouna. La semaine dernière nous avons eu 5000 abonnements supplémentaires, donc on pense qu'il y en a quelques-uns qui sont là en ce moment et on leur dit grand bonjour et bienvenue. Je vous rappelle à tous que, après, si ça vous a plu, vous mettez des pouces bleus parce que ça nous fait monter le moral, et puis que si vous voyez des gens à qui proposer cet abonnement ou pour ceux qui découvrent pour la première fois, vous savez que vous pouvez vous y abonner, que c'est gratuit et que ça le restera toujours.
Voilà ! Allez : le générique : Bon, je vais vous reparler de la semaine passée parce que j'estime qu'il s'est produit un événement. Il y aura un avant et un après, ce genre d'événement qui ne se voit pas beaucoup, qui ne se relève pas assez quand il se déclenche.
La semaine dernière, c'était à l'Assemblée nationale, la discussion sur cette absurde loi dite d'abord "contre le séparatisme" puis "pour la laïcité" puis "pour renforcer les principes républicains de notre pays" ça a changé de nom à plusieurs reprises, pas parce qu'il y avait une sorte d'explosion d'inventivité de la part des auteurs de la loi, mais juste parce qu'ils faisaient sans cela, référence à des concepts qui n'existent pas en droit et qui donc ne pouvaient pas avoir leur place à cet instant-là. Et cette loi évidemment, était vouée à montrer du doigt les musulmans de France comme étant ce que le Président de la République avait appelé "le terreau du terrorisme". Alors voilà, donc comme ce sont des très intelligents, ils en ont déduit que comme ces terroristes se réclament de l'Islam donc l'Islam conduit au terrorisme.
Et ils ont joué de cette ambiguïté tout le temps et jusqu'à la fin, quand on leur a dit et répété que c'était une loi pour montrer du doigt les musulmans et l'Islam, on nous a dit : "mais comment osez vous dire ça, le mot Islam n'est même pas écrit dans la loi". C'est du haut niveau, ce qui est toujours frappant avec eux, avec le méprisant de la République et sa bande, c'est qu'ils prennent toujours les autres pour des idiots, pour des gens incultes, qui ne sauront pas quoi leur répondre. Quand il me dit "Il n'y a pas le mot Islam dans la loi contre l'Islam", c'est à peu près aussi ridicule que si moi je lui avais dit ou quelqu'un d'autre avait dit : "mais dans la loi sur la laïcité il n'y a pas le mot laïcité".
Ben non, en effet, dans la loi de 1905 le mot "laïcité" n'est pas cité, donc faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles je trouve que ça faciliterait le débat public, ça le rendrait plus intelligible, mais vous avez compris comme moi que leur but n'est pasde rendre le débat public intelligible, c'est-à-dire d'aider à penser, de pousser à penser et à prendre position sur les problèmes qui se posent à nous parce que c'est vrai qu'on rencontre des problèmes et notamment le problème du terrorisme. Il ne s'agit pas de dire que le terrorisme n'existe pas et que le terrorisme islamique n'existerait pas, bien sûr qu'il existe et bien sûr qu'il faut le combattre. La question qui est posée, c'est de savoir comment et leur façon à eux a consisté à dire qu'ils s'en fichent en réalité, ce qui compte pour eux c'est de pouvoir faire un socle l'électoral sur les gens à qui on montre du doigt, comme ça, quelque chose qu'ils ne connaissent pas, le plus souvent, ou qu'ils n'apprécient pas parce que les manifestations extérieures de la religion, souvent choquent les gens, tout le monde d'ailleurs, les Français sont comme ça, ni ils n'aiment qu'on martyrise des gens pour une opinion singulière, ni ils n'aiment que les gens qui ont une opinion singulière, donnent l'impression de vouloir l'imposer à tous les autres.
Donc c'est à l'intérieur de cet espace-là que d'une manière extrêmement cynique, extrêmement malveillante, les macronistes ont essayé de fabriquer un, comment dire, un marche-pied pour entrer dans l'électorat d'extrême droite parce qu'ils se disent "quand on fait ça eh ben du coup il y en a qui se disent : "ah monsieur Macron il est plus fort que tout le monde pour taper sur les musulmans". Alors ils prennent absolument tout le monde pour des imbéciles, aussi bien ceux qui votent à l'extrême droite, c'est pas ma branche hein, je l'ai combattue toute ma vie et je continue à les combattre, mais pour autant ça va quoi ! C'est pas non plus que des imbéciles qui ne savent pas penser, ils ont une opinion, qui à mon avis est détestable et conduirait la France à la ruine et à la guerre civile, mais c'est… ils ont une idée qui est construite, donc c'est pas juste en agitant la clochette qu'on les fait tous rappliquer.
La seule chose qu'aura fait monsieur Macron c'est d'abaisser le niveau de résistance à l'extrême droite. Quand par exemple en décembre dans le journal l'Express il dit que Pétain était un brillant militaire, ce qui n'est pas vrai, et que Maurras était un brillant littéraire, ce qui est beaucoup moins vrai, mais en tout cas les deux étaient d'abominables antisémites qui ont donc poussé au crime toute une population et à accepter le crime qui a été par exemple la déportation de 13 000 juifs en France et la rafle du Vel-d'hiv. La police a ramassé tout le monde, il y a eu quelques héros pour aller dire aux gens "écoutez, alerte, demain ils viennent vous ramasser, mais les autres ont obéi, comme d'habitude au garde-à-vous, et ont déporté, et il ne s'est rien passé dans la population quand 13 000 personnes ont été embarquées comme ça dans des trains pour être déportées.
Donc pour que ça ait été possible, il y avait fallu une préparation de l'opinion publique qui avait reposé sur deux aspects : le racisme anti juif et de l'autre côté le martyre de la gauche en tapant, tapant, tapant sans arrêt sur la gauche qu'à l'époque ils appelaient judéo-bolchévique, c'est-à-dire que l'on assimilait la gauche communiste pour l'essentiel, au judaïsme et le judaïsme à une abomination. Ben là aujourd'hui ils font pareil, la gauche est "islamo-gauchiste" c'est-à- dire ils la rattachent à une religion, et la religion ils la rattachent au terrorisme et "passez muscade" c'est la même astuce, c'est la même manière de faire et moi je vous en parle parce que je sais que, notamment dans les plus jeunes générations qui m'écoutent, bon ils connaissent pas tout ça et pour cause, et je vous explique que ce n'est pas la première fois qu'on fait ça dans l'Histoire et que nous sommes aujourd'hui, on nous accroche une pancarte de "islamo-gauchistes" à nous qui ne sommes ni musulmans, quoiqu'il y ait des musulmans dans nos rangs, on ne pose pas la question de savoir dans nos rangs de quelle religion sont les gens, ni des gauchistes, quoiqu'il y ait des gauchistes dans nos rangs, le gauchisme c'est une manière de voir, en tout cas je vous garantis que des islamo-gauchistes ça n'existe pas, ni à la France insoumise ni nulle part, ça n'a pas de sens, ni dans l'Islam ni dans la gauche. Mais donc c'est une vieille méthode et c'est une méthode qui est criminelle.
Je demande qu'on m'entende bien, vous savez on me fait toujours la guerre sur un mot, donc je pense que là, il y a comme un chiffon rouge, il y en a beaucoup qui vont s'agiter, "Ah Mélenchon a dit criminelle" ils m'amusent beaucoup, tellement c'est bête et c'est continuellement recommencé. Mais là, d'étape en étape on franchit des seuils, il y a eu la semaine, les quinze jours pendant lesquels a duré la discussion sur cette loi soi-disant contre le séparatisme, qui était une discussion absurde parce qu'en effet dans le texte de la loi il n'est pas marqué "Islam", ils n'ont parlé que de ça pendant quinze jours. Heureusement pour nous tous, ça n'a pas vraiment franchi les grandes murailles de l'opinion, alors comme ça ne marchait pas, ils ont mis les bouchées doubles, et pour que ça marche ils ont inventé l'émission de France 2 dont la direction de l'information politique évidemment une sorte de… l'ORTF d'avant quoi, ils téléphonent tous les matins pour savoir quelle est la ligne et répètent les éléments de langage à longueur d'année, donc ceux-là ont, d'une manière incroyable, c'est le service public quand même, c'est vos impôts c'est les miens, on payent tous pour ça, pour avoir une information, on ne demande pas qu'elle soit neutre, on sait que la perfection n'est pas de ce monde, mais disons au moins quelque chose de raisonnable, qui nous informe qui nous permettent de savoir où on en est, qui ne soit pas pourri par les liens avec l'argent comme c'est le cas à certains endroits ni pourri par une idéologie officielle.
Donc eux, ils sont complètement dans l'idéologie officielle, ils l'ont acceptée, la répète, il la mette en scène avec un certain talent, parce qu'il y a des lecteurs et lectrices de prompteur qui sont assez… ça le fait quoi, ça passe bien, mais c'est quand même de la tambouille, et là ils ont monté, ils se sont dit : "ouais, bonne affaire on va améliorer notre audience", parce que de numéro en numéro ils plongeaient un peu plus bas et une émission qui était parti de aux alentours de 2 millions, 3 millions pardon, descendait, descendait, descendait, à moins de 1 million d'auditeurs, alors que c'est la 2ème chaîne, le service public important dans le pays, et donc ils ont installé un paysage qui vous proclame, à vous tous qui êtes derrière votre télé et par hasard vous regardez le service public, et on vous dit "écoutez vous autres, il y a un problème qui préoccupe tout le monde : c'est l'Islam". Alors vous dites "ah bon", parce que vous vous dites "je crois que c'est plutôt le chômage le problème, parce que ça bat des record". "Non, non, non c'est l'islam" Vous dites "ben non, faut quand même pas exagérer, le problème c'est qu'il fait froid et les gens ont faim, il y a quand même 2 millions de personnes à l'aide alimentaire dont 1 million qui dit : "c'est la première fois que j'y vais". "Ah non non non, votre problème c'est le voile sur la tête des femmes dans la rue" Ah bon !
Et ainsi de suite. On pourrait continuer comme ça, on pourrait dire il y a 300 000 personnes qui n'ont pas de toit sur la tête, et nous pendant ce temps-là on discute de savoir combien de gens ont un voile sur la tête. Tout ça est absurde, mais c'est ça qu'ils ont fait, ils ont installé ce paysage-là pour vous dire : c'est ça qui vous intéresse !
Alors vous, soit vous vous êtes dit : "ben non, moi je ne participe pas à ça, donc je change de chaîne", ce qui était l'attitude la plus normale et la plus décente. Alors après, les deux se sont affrontés et une partie d'entre vous est ressortie absolument écœurée de ça, parce que une partie d'entre vous a voté Macron au deuxième tour de l'élection présidentielle pour empêcher madame Le Pen d'être élue, parce que, vous avez vos raisons : on vous a expliqué sur tous les tons qu'elle n'est pas républicaine et tout ça, mais là, tout d'un coup sur le plateau, incroyable, c'est le ministre macroniste qui dit à madame Le Pen : "vous êtes trop molle" – Vous êtes plus molle que nous ne pouvons l'être" – Et qui lui dit à d'autres moments "mais alors quoi, maintenant ça a changé ? " parce qu'elle a dit "moi je m'en fous, l'Islam c'est une religion comme une autre, c'est pas le sujet pour moi".
Ça n'a pas empêché "l'islamisme, frères musulmans, machin, truc" toute la soirée, mais enfin, à ce moment-là, elle a un éclair et elle dit ça, et l'autre le macroniste dit "ah bon parce que pour vous l'Islam n'est pas un problème", et donc en deux secondes, il avoue qu'il a fait tout ça parce que, à ses yeux, l'Islam est un problème, comme pour la génération d'avant guerre c'était le judaïsme qui était un problème et ainsi de suite. Donc ils ont installé ce tableau et ça, ça fracasse une nouvelle fois une digue, en décembre Macron fracasse une digue en disant "bravo Pétain et Maurras" et là, 2ème étage de la fusée : "oui le problème se sont les musulmans" et aussitôt toute la machine de propagande se met en mouvement sur tous les plateaux de télé, vous les connaissez comme moi donc c'est pas la peine que je vous les raconte, vous avez tous les béni-oui-oui qui sont là, qui rappliquent et qui viennent répéter en cadence ce qu'il y a dans les éléments de langage que distribue la REM à toutes les personnes qui sont susceptibles d'aller sur un plateau de télévision. Et là, un nouveau seuil a été franchi cette semaine, incroyable, et je vous en parle, j'ai voulu d'abord que vous ayez ce contexte pour vous rendre compte de comment un contexte en crée un deuxième qui en crée un troisième qui en crée un quatrième, comment on passe de plus en plus, non seulement à un régime autoritaire, mais à un régime qui est parti pour pratiquer la police politique.
Alors comment il pratique la police politique ? C'est évidemment en obligeant tout le monde à penser de la même manière, en mettant en scène des problèmes qui n'existent pas pour les transformer en problèmes qui existent parce que la loi telle qu'elle a été présentée ne donne pas un seul moyen pour lutter contre le terrorisme. Le terrorisme, c'est une méthode de combat politique qui passe par les actions violentes, le meurtre, les attentats etc. et ça se combat par des opérations de police.
Ça ne sert absolument à rien de faire des lois sur le sujet pour faire jurer fidélité à la République aux associations comme dorénavant ce sera le cas, où pour rappeler que la polygamie est interdite et les certificats de virginité sont interdits, parce que tout ça est déjà interdit et on ne l'a remis dans la loi que pour faire parler. Et là, que s'est il passé, quel est l'événement incroyable ? Cet événement incroyable, d'abord par lui-même deuxièmement parce qu'il a lieu en France qui est le pays réputé être le pays du raisonnement, de la libre discussion, de l'échéance d'arguments, eh bien c'est madame Vidal qui est la ministre de l'Enseignement supérieur, si vous ne le savez pas je vous apprends son nom, retenez le, Vidal, V I D A L, et cette femme a amené en France ce qui existait auparavant aux États-Unis il y a bien longtemps, ça s'appelait le maccarthysme du nom du sénateur McCarthy qui s'était mis à faire la chasse aux communistes partout : dans le monde universitaire, dans le monde des lettres, dans le monde du spectacle, et partout il pistait les gens pour trouver des agents communistes qui allaient dissoudre les États-Unis d'Amérique et faire un putsch communiste.
Et donc cette période est restée tristement célèbre dans la mémoire des États-Unis qui regorge d'épisodes honteux de cette nature, toute la période de l'esclavage, la période de l'apartheid, et puis il y a eu la période maccarthiste, le mot est resté, McCarthy donc maccarthisme donc en France c'est le vidalisme du nom de madame Vidal, c'est la police de la pensée. Alors, pourquoi c'est scandaleux ? Parce qu'elle est ministre de l'Enseignement supérieur et voici ce qu'elle a déclaré tout d'un coup : "il faut savoir dans ce pays si, à l'Université, il n'y a pas des gens, des chercheurs, qui font des études qui déclenchent des études", alors, eux-même étudient, leurs étudiants étudient, par des doctorats, "des études qui en réalité sont un engagement islamo-gauchiste, c'est-à-dire qui reprend des notions politiques".
Alors dans l'enseignement supérieur on sait mieux qu'ailleurs que la frontière entre une pensée politique et une pensée tout court est extrêmement faible et depuis les origines c'est comme ça, bon, parce que toute pensée qui met en cause l'évidence, l'ordre des choses, finit par avoir, un jour ou l'autre, un prolongement, une conséquence politique. Par exemple quand l'humanisme apparaît, bon alors, l'humanisme proclame que l'être humain est l'auteur de lui même, c'est-à-dire qu'il se construit lui même, il n'est pas structuré par son seul instinct, mais aussi par sa raison et au point que les êtres humains se reconstruisent par leurs pratiques culturelles, sociales etc. et qu'une génération n'est pas la même que la précédente, ne vit pas de la même manière ni avec les mêmes outils, vous avez ça sous vos yeux, depuis deux générations c'est une accélération extraordinaire du changement, là où autrefois pendant deux millénaires on a les mêmes objets les mêmes outils, les mêmes choses produites au même endroit, nous en même pas 3 ou 4 ans on est passé d'une chose à une autre.
Donc ce grand mouvement a toujours une origine dans la civilisation des faits matériels, des choses qui se passent matériellement, dans les idées, et puis progressivement dans les rapports sociaux, ça finit par se traduire, je ne vous dis là que des évidences et sans doute je les dis mal pour un universitaire qui m'écouterait, et qui mettrait plus de nuances, ou plus de complexité parce que véritablement ce sont des processus complexes et la pensée ce n'est pas 140 signes d'un sms, la pensée ça prend du temps à être exprimée, surtout quand vous rompez avec l'ordre de ce qui paraît évident. Alors pour raconter autre chose, ben ça prend plus de temps que pour dire : "ben ici il y a une pomme ou ici il y a un arbre" parce que c'est un peu plus compliqué, on peut dire "ben tiens ici il y a une injustice", ah bon, c'est quoi la justice, c'est quoi l'injustice ? Vous voyez, quand on arrive dans le domaine des idées, il faut des mots qui prennent du temps, de la pensée qui prend du temps à être construite, donc madame Vidal, elle, ministre de l'Enseignement supérieur et elle dit : "dans l'enseignement supérieur il y a un problème politique sur le contenu des recherches" et donc il faut faire la police.
Et qui va faire la police, pas elle ? Elle, elle lit en 140 signes, mais les autres, à qui elle demande cà ? Au CNRS c'est à dire le Centre national de la recherche scientifique, des chercheurs, la recherche publique, mal payés, avec des budgets à la noix et puis elle va leur dire : "écoutez, vous allez surveiller vos collègues de l'Université".
Hé hé, ça ne se fait pas quoi ! C'est impensable qu'entre collègues… bon qu'on dise par exemple, je sais pas, si on disait dans telle ou telle branche : en mathématiques faut que vous voyiez entre vous les mathématiciens, comment vous organisez vos recherches, ça n'aurait d'ailleurs pas de sens, mais dire "le CNRS va aller surveiller les études de sciences humaines, dans les facultés, " c'est tout simplement aberrant, ça n'a pas de sens, c'est donc purement vexatoire pour les membres du CNRS qui n'ont jamais dit "nous voulons être fonctionnaires de la police politique" ou de la police de la pensée, nous n'adhérons pas au vidalisme, les uns sont de telle ou telle branche, mais des vidalistes il n'y en a pas dans dans le CNRS et il n'y en a pas non plus dans l'enseignement supérieur. Donc les gens qui sont au CNRS ne sont pas candidats à être la police macroniste, vidal-macroniste à l'Université, bien !
Et de la même manière, les universitaires, je l'espère ne vont pas se laisser faire, mais comme tout le monde est tenu à la gorge par les subventions et tout ça, vous pouvez avoir un milieu qui a peur. Mon propos est de dire à ceux qui m'écoutent : si vous laissez faire, il ne faudra pas vous étonner de la suite, si vous les laissez exercer une police politique de la pensée, nous sommes perdus, nous ne sommes plus en France, nous sommes en Iran c'est-à-dire là où, en effet, il est censé y avoir une vérité supérieure que Dieu a révélée au guide suprême de la révolution, qui lui-même l'enseigne à ceux qui gouvernent, mais ce n'est plus la France, ce n'est plus un pays libre, ce n'est plus une démocratie, ce n'est plus une république. Alors maintenant, voyons ce qu'elle reproche.
Elle pense que certaines études ont un contenu politique. Alors le contenu il vient à la sortie de ces études, pas au moment où on étudie, par exemple en ce moment, sur les plateaux de télé reviennent à la charge toutes sortes de gens qui sont la plupart du temps des ignorants et qui viennent pérorer par exemple sur ce qu'ils appellent la "théorie du genre". La plupart d'entre vous n'ont jamais entendu parler d'une telle théorie, n'ayez pas de complexe, ça n'existe pas, la "théorie du genre" n'existe pas.
Vous avez des études dans les sciences sociales qui sont des sciences. Science, ça veut dire savoir, donc sciences sociales : des gens qui étudient comment les êtres humains construisent une perception d'eux-mêmes qui font que soi-même on se dit "je suis un homme" où "je suis une femme" c'est-à-dire j'appartiens à tel genre ou à tel autre. Comment ça se fabrique ça, alors il y en a peut-être d'entre vous qui disent : "ah ben tiens, tu parles si c'est malin, je sais comment ça se passe", mais non tout est une construction culturelle chez les êtres humains, il y a différentes manières de se représenter le fait d'être un homme, le fait d'être une femme, suivant les civilisations, suivant les continents, suivant les cultures, suivant les époques, suivant les langues.
Donc ça n'a rien de si évident que ce que spontanément chacun d'entre nous peut croire. On croit que… et c'est pas vrai, c'est différent suivant les endroits. Donc vous avez des sciences sociales qui étudient comment se construit le genre et comment se construit le fait que, pendant des millénaires, on part de l'idée que la femme appartient à un genre inférieure à l'homme et comment ça se construit à travers toutes sortes d'idées, des archétypes, il y a des adjectifs qui vont avec, les femmes sont plus faibles, les femmes sont plus changeantes les femmes ceci, les femmes cela et ça c'est pour la féminité, et puis pour la virilité ben vous avez d'autres critères comme ça et dans le racisme c'est de même.
Bon on attribue à une couleur de peau ou à une ethnie des caractéristiques qui seraient inséparables d'elle, alors ceux-la ont le sens du rythme dans la peau, les autres, de la discussion sans fin, bla bla bla tout ça c'est évidemment des préjugés. On dit "préjugés" pour dire c'est jugé avant même que cela ait eu lieu, quelqu'un arrive, il a telle apparence donc il est ceci ou cela, il est un homme, il est une femme, on lui assigne les caractéristiques liées au fait d'être noir ou d'être arabe ou d'être blanc ou d'être je ne sais… qu'est ce que je sais, de toutes les catégories préconçues, Donc les sciences sociales étudient comment on s'assigne un genre, comment on se dit soi-même et qu'est-ce qu'on intègre à partir du moment où on accepte. Je pense que tous, moi je suis un homme donc je peux parler de la manière avec laquelle j'ai pu me construire comme homme c'est-à-dire me disant que j'étais un homme, à travers ce que me disaient mon père, mes oncles, mes parrains, bref tous les hommes qui m'entouraient auxquels j'ai essayé de ressembler, quand j'étais plus petit, parce qu'on commence tous dans la vie, par essayer de ressembler à nos modèles, tout le monde fait ça, il n'y a pas de honte à le dire, c'est si vous ne le faites pas qu'il y a un problème, donc vous essayez de ressembler à un modèle, puis à un moment donné vous le mettez à distance, et après vous pouvez le contester fondamentalement.
Et il ne faut pas mélanger ce qui est de la construction culturelle de ce qui est d'une autre dimension, par exemple l'homosexualité n'est pas une construction culturelle, sinon dans le regard dépréciateur de ceux qui pensent que c'est une construction culturelle, que c'est une maladie, c'est une orientation sexuelle sur laquelle l'individu n'a pas de prise, pas plus que ceux qui sont hétérosexuels n'ont de prise, n'ont de capacité à décider qu'ils cessent de l'être, ça n'a pas de sens, il faut bien déjà arriver à distinguer ce qui est de l'ordre de la construction biologique avec toutes ses conséquences de ce qui est de l'ordre purement culturel. Chez les êtres humains, la partie culturelle c'est comme ça et la partie biologique c'est comme ça. Attention comme c'est comme ça, ça ne veut pas dire que ça ne compte pas.
Ça compte, mais les êtres humains sont d'abord des êtres de construction culturelle, ils se représentent eux-mêmes à travers des signes. Voilà ce que font les sciences sociales qui s'occupent du genre et de la construction culturelle du genre, comment on se représente ce qu'on doit être quand on est une femme, quand on est un homme, aux yeux des autres. Alors ça c'est la "théorie du genre" ils ont recommencé avec cette bêtise, mais alors il y a les autres, par exemple : les discriminations "intersectionnelles" alors déjà, comme personne ne comprend le mot, ça fait un peu mystérieux et on dit oh la la c'est pas clair cette histoire !
En effet, ça veut dire qu'on regarde comment les discriminations, tout le monde comprend ce qu'est une discrimination, c'est mettre à part quelqu'un au nom d'un préjugé, eh bien donc ce qui est intersectionnel c'est de voir comment se recoupent des discriminations, celles qui sont attribuées au genre par exemple "les femmes sont plus faibles", à quoi vous rajoutez d'autres préjugés racistes, et puis ça s'empile et à la fin vous trouvez des gens qui sont à l'intersection d'à peu près tous les préjugés et qui se les prennent tous en pleine tête de manière additionnée. Alors c'est clair que la situation la plus favorable est celle de l'homme blanc qui a les moyens de vivre confortablement, le dire, ça n'est pas montrer du doigt les hommes blancs, c'est absolument incroyable, j'ai vu ça une fois, mais ce sont des crétins qui disent ça. On dit : voilà quelle est la situation, pourquoi ?
Parce que c'est ce qui est dominant, entre le dominant et le dominé il y a toute l'échelle des dominations et il y a quand même un moment où vous êtes obligés de dire qui est au dessus de la pile. Alors je peux vous dire qu'au dessus de la pile c'est l'homme blanc riche, parce qu'aujourd'hui c'est comme ça, mais il faut comprendre que ça ne veut pas dire pour autant que c'est lui le plus intelligent, que c'est lui le plus beau, que je sais pas quoi, donc vous déconstruisez comme on dit et ce qui vous paraît d'abord comme une évidence, au bout d'un moment, vous paraît comme une usurpation, parce que vous vous dites : "mais quand même bon c'est juste une domination", c'est donc juste un rapport de domination. Voilà ce que font les études intersectionnelles dont madame Vidal et monsieur Macron veulent "débarrasser" l'éducation nationale et l'enseignement supérieur.
Je ne fais pas le tour de tous les concepts qui sont traités comme ça par ces gens-là, parce que c'est d'abord et avant tout, comme vous le comprenez, le fondamental c'est l'ignorance et le préjugé, le jugé à l'avance, là c'est un préjugé qui va sur les idées, et après, pas le temps de finir la phrase que vous êtes classé, si vous dites "il y a un problème, telle situation les gens sont racisés", "Ah vous avez dit racisés, donc vous êtes vous-même raciste une histoire de fou dans laquelle on est. Et ça c'est l'art des macronistes qui ont cet art de tout mélanger pour empêcher de penser. Leur but essentiel est d'empêcher de penser et là ils sont en train de faire la police des idées, j'espère que les universitaires vont se rebeller, Je leur demande de le faire.
La conférence des présidents d'université s'est déjà indignée de la méthode de la ministre de l'Enseignement supérieur, plus vite cette femme aura démissionné et quitté son poste, mieux on se portera, parce que c'est une honte qu'une chose pareille ait lieu en France. Par respect pour notre Université, pour la liberté de la discussion, vous savez, les idées quand elles arrivent, et surtout quand elles dérangent et qu'elles mettent en cause un certain ordre des choses, je ne veux pas dire que quelques dérangements que ce soit est équivalent et que de tout dérangement il résulterait que de belles idées, ce n'est pas ça, Mais ça mérite d'être regardé, étudié, discuté, les universitaires français ne perdent pas leur temps à discuter de choses qui n'existent pas. Et puis quand bien même des fois ils explorent, il faut explorer, il faut faire le tour d'une idée, c'est à ça que servent les gens de sciences et les sciences sociales sont des sciences, ce n'est pas une amusette, parce que je sais qu'il y a aussi un préjugé on dit "les sciences dures", c'est-à-dire celles qui passent par les mathématiques, physique, chimie, tout ce que vous voulez, c'est sérieux, c'est indiscutable, ben non, même ça se discute, et puis les autres, on en déduit que ce sont des sciences "molles" puisqu'elles ne sont pas dures, alors ce serait les sciences sociales, on serait dans l'à-peu-près.
Alors vous avez une partie des gens qui sont dans les sciences sociales, qui font des complexes gros comme eux et qui veulent à tout prix mettre du chiffre là-dedans, tout calculer, tout mettre en chiffre en disant : "ben là au moins, ça montre qu'on approche de la vérité". Sauf qu'en sciences sociales les chiffres donnent des indications, tracent des chemins, mais ne peuvent pas être autre chose ou davantage compte tenu de la complexité des comportements humains et des interférences qui construisent le comportement humain. Donc c'est un événement gravissime, en même pas 10 jours, on a franchi en France deux seuils moraux, psychologiques, intellectuels et je termine en disant spirituels, l'idée qu'on se fait du monde dans lequel on vit, des liens intimes parfois inconnus, mystérieux, on ne sait pas comment ça marche.
Qu'est-ce qui me rapproche de cet arbre que j'aperçois par la fenêtre, qui est là dehors, on a toutes sortes de constructions intellectuelles sur la part de carbone qu'il prend etc. mais quand même, bon je ne sais pas vous le dire, mais si je ne voyais plus d'arbre du tout, je ne serais plus le même homme. Il y a beaucoup de gens qui, par exemple, n'arrive pas à comprendre comment on fait pour ressentir autant de douleur quand on perd un animal familier, le chien ou la chienne avec qui vous avez été élevé quand vous étiez enfant, et qui bien sûr vieillit plus vite que vous, ou bien c'est un chat, beaucoup d'êtres humains souffrent d'une manière terrible de la perte d'un animal familier et domestique, eh bien je pense qu'il y a aussi beaucoup d'êtres humains qui ont une sensibilité particulière à ce type de disparition, celle d'un arbre.
Alors quand on change tout le paysage intellectuel qui était jusque-là un paysage où on mettait un point d'honneur à l'ouverture, l'attention critique et qu'on remplace ça par le fanatisme idéologique d'un Macron, d'une madame Vidal qui décide que "ceci est bien, ceci n'est pas bien", et qui vous donne ses ordres en vous infantilisant c'est que nous sommes dans un moment de profonde décadence, et en tout cas de recul, je le dis, intellectuel, psychologique, et spirituel parce que ce monde-là est rabougri, c'est un monde dans lequel l'humanité est réduite à la partie qui est respectable parce qu'elle pense bien, et tous les autres, ils ne comptent pas. Et alors ceux qui ne pensent pas, c'est encore moins, les arbres et les animaux là-dedans, pour eux ça n'existe pas et d'ailleurs ça n'existe pas ! C'est un pouvoir qui, après avoir fait voter une petite loi dans laquelle il y a quelques éléments de confort pour les animaux, refuse d'interdire les élevages hyper intensifs.
Alors on dit : "mais, Mélenchon, vous faites un rapport entre des choses qui n'en ont pas." mais si, je suis en train de vous décrire comment ils construisent un monde à leur main dans lequel, ce qu'il y a dans vos têtes aussi est manipulé par eux, ils contrôlent tout, où vous allez, où vous venez, qu'est ce que vous croyez, ce que vous lisez, ce que vous pensez, et c'est ça qu'on voit, et l'essence de cette attitude, vous la trouvez dans quelque chose que peut être lui-même ne maîtrise pas, le Président de la République a fait une interview en décembre, je l'ai lue dans le journal "l'express" qui ont beaucoup ce genre d'idées, alors dans la première partie, on dit du bien de Pétain et de Maurras, les deux étant d'horribles antisémite, je vous l'ai dit tout à l'heure, et dans la deuxième partie le Président de la République fait une grande tirade contre, dit-il, "l'horizontalité de la société où tout se vaut", et ça nous apprend deux choses sur lui. La première c'est qu'il trouve qu'il n'a pas assez d'autorité, alors que personne n'en a eu autant que lui ni n'en a abusé autant que lui, et la deuxième, c'est cette méfiance à l'égard de l'opinion des autres quand elle n'est pas validée par je ne sais quelle instance, parce qu'il dit "tout se vaut" bien sûr que non, que tout ne se vaut pas, personne n'a jamais prétendu que tout se vaut, mais ce qui est certain c'est que la liberté de pouvoir dire et penser comme on croit juste de le faire, elle est essentielle au fonctionnement de la société, et que la vérité se fraie un chemin à travers le tâtonnement entre des erreurs ou des erreurs partielles, des erreurs totales, des erreurs partielles, des choses "pas tout à fait vraies" ou plus compliquées que ça, c'est ça le cheminement de la pensée, ce n'est pas "un, deux, un, deux, ", le professeur Ratapoil a dit : à l'émission en information continue, "les virus ceci, les virus cela", bon très bien, sur les virus, on vous connait, vous savez tout, mais comment vous en déduisez juste derrière : "Ah ben il faut confiner tout le monde" ?
Ah bon, vous avez aussi une opinion politique sur la manière de gérer la société et "passez muscade", les trois quarts des gens se disent : "Bah il s'y connaît quand même en virus donc il doit nous dire ce qu'on doit faire". Ben non, il doit pas vous dire ce qu'on doit faire, à part vous débarrasser du virus avec les vaccins, en respectant les gestes barrières, et ensuite tout le reste il faut réfléchir à comment on s'y prend. Vous voyez, toutes ces choses marchent les unes avec les autres, l'idée qu'on se fait du pouvoir, la manière de le pratiquer, quand cet homme méprise les gens, il apparaît chez lui toujours cette même idée, la hiérarchie des êtres humains, la hiérarchie des idées, tout ce qu'ils pensent, tout ce qu'ils font est marqué par une vision hiérarchisante de la société, et bien sûr qu'il y a un ordre des choses, un ordre des normes, mais on en discute, pour savoir qu'est ce qu'on met au sommet de la pile, et dans la société libérale, la comparaison entre les gens est toujours en comparaison malsaine : "Combien tu gagnes ?
Ah, tu gagnes pas assez". Là je termine en vous racontant vraiment une histoire de gamins : quand j'étais môme, arrivaient à Tanger, à intervalles réguliers, des bateaux américains et donc quand les Américains arrivaient, toute la jeunesse, dont mes parents, bon ben participait, alors il y avait des bals des choses comme ça, ils s'amusaient quoi ! Comme les jeunes gens ont toujours fait.
Et ce qui faisait rire tout le monde à propos des Américains c'est qu'ils parlaient tout le temps d'argent, ça choquait tout le monde, quand ils rencontraient quelqu'un, il lui demandait : "combien tu gagnes ? " C'était horrible, à l'époque parler d'argent ça ne se faisait pas, on ne classait pas les gens d'après la valeur de leurs salaires, et dans la société ceux qui sont en haut, la plupart du temps, finissent d'évaluer les gens d'après leurs salaires, leurs biens, etc. et dans tous les autres, il y a plus de bon sens, on évalue les gens d'après leur valeur humaine, la qualité de leur relation aux autres, ce qu'ils peuvent dire, ce qu'ils peuvent raconter, s'ils connaissent des poésies, s'ils savent jouer de la musique, s'ils savent cuisiner des bons plats, si quand on est à table ils racontent des bonnes blagues, ou quand il y a une difficulté dans la vie, la personne sait quels mots trouver ou comment vous réconforter ou être là, c'est comme ça qu'on juge la valeur des gens, la valeur.
Eux non ! Eh bien c'est dans ce monde-là qu'ils vous invitent à aller vivre, et moi je vous invite à la résistance totale, absolue, complète à tout ce qu'ils font parce que tout ce qu'ils font est nuisible et mauvais, parce que ça change la manière non pas seulement avec laquelle nous vivons, mais la manière avec laquelle nous nous regardons nous-même. À la fin, ils nous proposent comme un miroir et ils nous demandent de nous regarder dans le miroir et de nous demander si nous sommes de la bonne couleur de peau, du bon niveau de revenu, si nous pensons juste ou faux, voilà ce qu'il nous demande de faire.
Il faut casser le miroir. – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -
Gérald Darmanin