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ChroniqueINA Actu· 12 juillet 2026 14 minActualité / polémiqueSécuritéJusticeInstitutions & élections

Pourquoi l'attentat de Nice a-t-il provoqué autant de polémiques ?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:30Fait
    « Ce camion n'a jamais été contrôlé malgré ses allées venues dans la ville. »
  • 5:00Fait
    « Le terroriste avait repéré les lieux à plusieurs reprises les jours précédents l'attaque. »
  • 5:30Fait
    « Le 12 juillet 6h du matin, il est filmé par les caméras de vidéosurveillance avec son camion. »
  • 6:00Fait
    « Le 13 juillet, nouveau repérage, exactement le même parcours de nuit cette fois. »
  • 6:30Fait
    « Le 14 juillet, jour de l'attentat, Mohamed Lach Bouel passe sa journée sur la promenade des Anglais. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

14 juillet 2016, Nice, 22h32. Un homme s'engage au volant d'un camion sur la promenade des Anglais et tue 86 personnes. Cet attentat aurait-il pu être évité ?

Zigzagé donc il a voulu percuter. Il percuté, ça c'est sûr. Il est fauché comme du blé quoi. 36 he après la course meurtrière, Daesh désigne Mohamed Laes Boulel comme un soldat de l'État islamique.

Manuel Vals conspit ce matin sur la promenade des anglais au cri de démission. Ce camion qui a servi [musique] à commettre l'attentat n'avait pas le droit de rouler dans la ville de Nice. Il aurait dû être opéré, ça a pas été le cas.

En juillet 2016, la France est victime de son 3è attentat d'ampleur en 18 mois, Nice, après Charlie Hebdo et le 13 novembre. Alors, les victimes et les responsables politiques s'interrogent. Ce 14 juillet 2016, on célèbre la fête nationale à Nice.

Une partie de la promenade des Anglais, l'avenue la plus célèbre de la ville en bord de Méditerranée et même piétonisé. En fin de soirée, un feu d'artifice est tiré. Et c'est à ce moment-là que la nuit bascule dans l'horreur.

Un camion a volontairement renversé les spectateurs. À minuit, le 15 juillet, France I interromp ses programmes et passe en édition spéciale. Les Français découvrent alors l'ampleur de la catastrophe qui vient d'avoir lieu quelques dizaines de minutes plus tôt.

Madame, monsieur, bonsoir. Nous interrompons vos programmes pour une prise d'antenne spéciale ce soir vers 22h40. Un camion affoncé dans la foule sur la promenade des Anglais à Nice.

Pour les Nissois, l'horreur commence à ce moment-là. Des milliers de personnes s'enfu paniqué dans les rues, sur la plage, un seul mot d'ordre. Au volant, le terroriste poursuit méthodiquement son carnage.

Du zigzagé. Donc il a voulu percuter. Il percutait, ça c'est sûr.

C'était pas une perte de contrôle, c'était il voulait choper le maximum de personnes. On l'a pas entendu arriver. Il il arrivé à contesens.

Le camion est arrivé dans le dos des gens. Moi qui allait traverser puisqu'il m'est passé à 50 cm. Je l'ai pas entendu.

J'ai simplement senti quelque chose et j'ai vu le camion passer. Je me suis retourné, j'ai vu des gens de chaque côté et il continu à foncer comme un camion. Il est fauché comme du blé quoi.

En tout, l'attaque dure une minute avant que les policiers ne parviennent à neutraliser par balle le conducteur. Le chauffeur seul à bord est mortellement touché. Sa course folle est terminée.

Le bilan qui fait état au départ d'une soixantaine de morts s'alourdit. L'attentat du 14 juillet fait finalement 86 victimes. Le choc est national.

L'émotion est extrêmement forte. On compte parmi les victimes des enfants, des membres d'une même famille et des personnes âgées. Le gouvernement tente de faire face.

Nous avons tous le le cœur serré. J'étais avec le président de la République avec Bernard Casseneu et Marisol Touren dans cet hôpital pasteur à Nice cet après-midi pour aller à la rencontre bien sûr du personnel médical exceptionnel qui s'est mobilisé pendant des heures pour secourir ce qui avaient été touchés par ce camion fou par ce terroriste. Ce terroriste, dites ce terroriste, cet homme seul qui a est un terroriste.

Vous le qualifiez de quoi ? de terroristes djihadiste, de terroriste, c'est un terroriste sans doute lié à l'islamisme radical d'une manière ou d'une autre. Certains responsables comme l'ancien maire de Nice Christian Estros se montrent très vite en colère et critique l'action du gouvernement.

Et on a oublié qu'il y a eu Bataclan. Après le Bataclan, il y a eu Bruxelles et avant le Bataclan, il y avait eu Charlie Abdo. Et à chaque fois, on a oublié.

Comment est-il [musique] possible qu'un jour de 14 juillet alors qu'il y a des milliers de personnes sur la promenade des Anglais, un camion puisse pénétrer dans ces conditions ? Alors, l'action de l'État a-t-elle été insuffisante ? La question va continuer à se poser, mais on y reviendra un petit peu plus tard.

Pour le moment, l'enquête débute à peine et les investigations se concentrent sur le terroriste Mohamed Lawesh Bouel et sur son profil assez différent d'autres djihadistes. [musique] Né en Tunisie, il est arrivé en France en 2005 et occupé un poste de chauffeur livreur. Mohamed La Wèche Boulet était connu des services de police et de justice pour des faits de menace, violence, vol et dégradation commis entre 2010 et 2016.

Il est en revanche totalement inconnu des services de renseignement et ce tant au niveau national qu'au niveau local et n'avait jamais fait l'objet de la moindre fiche et du moindre signalement de radicalisation. Ses connaissances le décrivent comme un homme violent mais absolument pas religieux. Regardez bizarrement ouvre même pas la porte.

Ça quand on arrive derrière il nous claquait la porte. Euh franchement pas normal. C'est pas du tout religieux.

C'est un fou. C'était un instable. On le voyait dans le quartier.

Dans un autre immeuble, son ex-femme a été interpellée dans un climat très tendu. Elle l'avait quitté il y a peu de temps. Une de ses amies témoigne anonymement de violence conjugale.

Son père parle de lui comme d'un jeune adulte dépressif. Sur cette ordonnance datée de 2004, le psychiatre lui prescrit une longue liste d'anxiolitique. Le ministre de l'intérieur, Bernard Casneuve, parle d'une radicalisation extrêmement rapide, quelques semaines au plus.

Cette thèse est confirmée par la revendication de l'attentat par l'État islamique. 36 heures après la course meurtrière, Daesh désigne Mohamed Laes Boulel comme un soldat de l'État islamique, signe que le Tunisien a bien répondu à sa manière aux appels répétés de l'organisation terroriste de viser les citoyens des États de la coalition. Mais cette revendication pose question.

Mohamed Laesh Bouel n'a vraisemblablement eu aucun contact direct avec Daesh et aucun membre de son entourage proche n'était considéré comme radicalisé. Ce qui n'empêche pas le terroriste d'avoir bénéficié de plusieurs complices. Autour de Mohamed La Boulel.

Un réseau très organisé structuré. Cinq personnes, quatre hommes, une femme tous ce soir devant la justice antiterroriste. Aucun n'était fiché par les services de renseignement.

Dans cette liste, deux profils en particulier se détachent. Mohamed Walidj 1278 contacts en un an entre lui et Mohamed Laes Boulel un homme qui se rend sur la promenade des Anglais le lendemain de l'attentat. Choucrissé, il propose un plan d'action au terroristes.

Il est déjà question d'un camion pour commettre un meurtre de masse. Le 4 avril 2016, un message Facebook de Chou C à l'auteur de l'attentat dans lequel Chou Cille à Mohamed la Wesboulel, je cite entre guillemets charge le camion, met dedans 2000 tonnes de fer et je cite Nick, coupe-lui les freins mon ami et moi je regarde. Le rôle de chacun des complices doit encore être précisé mais au fur et à mesure que l'enquête progresse, des zones d'ombre dans le dispositif de sécurité apparaissent. et une accusation va mettre le feu aux poudre.

Quelques jours après l'attentat, les Français sont en colère. Manuel Vals conspit ce matin sur la promenade des anglais au cri de démission. [acclamation] Le gouvernement tente d'appeler à l'unité mais cela ne suffit pas pour éteindre la polémique avec une première question.

Quel [musique] était exactement le dispositif de sécurité prévu pour cette soirée ? C'est là que le témoignage d'une policière municipale de Nice va provoquer une vive polémique. Elle s'appelle Sandra Berta.

Responsable du centre de vidéos surveillance. Elle raconte avoir subi des pressions alors qu'elle devait rédiger un rapport pour la ville sur le dispositif de sécurité du 14 juillet. Je suis littéralement harcelé téléphoniquement.

Au fur et à mesure que le temps passe, les appels sont de plus en plus rapprochés. À l'issue de cet envoi, elle rappelle de nouveau la personne qui était donc le commandant de police qui était en ma présence et elle lui demande de me faire modifier de me faire modifier certains éléments, certains paragraphes en me demandant notamment de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale. Lui a-t-on demandé de mentir ?

Le directeur de la police nationale ni en bloque. Le président de la République lui tente de calmer les esprits. Il peut pas y avoir de polémique ou d'affrontement.

La vérité, la transparence sont essentielles dans une démocratie et c'est la justice qui doit l'établir et personne d'autre. Le ministre de l'intérieur, Bernard Casneu porte plainte contre la policière pour diffamation, mais son process est terminé par un acquitement le 21 septembre 2017. Le 27 juillet 2016, l'inspection générale de la police nationale rendra son rapport pour évaluer le dispositif de sécurité prévu ce 14 juillet.

Pour elle, aucune faute n'a été commise pour un événement qui n'était pas exceptionnel au vu des nombreuses festivités organisées à Nice tout au long de l'année et plus spécialement pendant l'été. Et sans connaissance d'une menace particulière, le service d'ordre n'était pas sous-dimensionné. Dans le même temps, une autre polémique engage la responsabilité de la ville de Nice.

Au cœur de cette controverse, les caméras de surveillance de la municipalité, après l'attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015, Christian Estros avait déclaré ceci : "Je suis à peu près convaincu que si Paris avait été équipé du même réseau que le nôtre, les frères Kashi n'auraient pas passé trois carrefours sans être neutralisé. et interpellé. Ce dispositif de vidéosurveillance aurait-il dû empêcher l'attentat ?

Déjà, le camion n'aurait jamais dû se trouver à proximité de la promenade des Anglais ce 14 juillet. Ce camion qui a servi à commettre l'attentat n'avait pas le droit de rouler dans la ville de Nice. C'est un arrêté municipal de 2014 qui le dit, noir sur blanc.

La circulation des véhicules utilitaires supérieures à 3,5 tonnes est interdite dans l'agglomération de Nice. Une interdiction permanente. C'est même indiqué clairement sur ces panneaux de la promenade des Anglais.

Une certitude, ce camion n'a jamais été contrôlé malgré ses allées venues dans la ville. Surtout, le terroriste avait repéré les lieux à plusieurs reprises les jours précédents l'attaque. Le 12 juillet 6h du matin, il est filmé par les caméras de vidéosurveillance.

Avec son camion, il traverse Nice d'est en ouest avant de s'arrêter devant l'hôtel Négrumant ses warnings. Le 13 juillet, nouveau repérage, exactement le même parcours de nuit cette fois. Le 14 juillet, jour de l'attentat, Mohamed Lach Bouel passe sa journée sur la promenade des Anglais.

Pour cet ancien policier municipal de la ville de Nice, une faute [musique] a été commise à la fois par les opérateurs des caméras mais aussi dans le dispositif prévu par la ville. Il aurait dû être opéré, ça a pas été le cas, d'autant que le camion avait été vu à plusieurs reprises un petit peu plus loin par les opérateurs, mais ça pas provoqué de réaction. Autre faille selon l'ancien gendarme, le soir du 14 juillet, l'entrée de la promenade des Anglais était fermée par de simples barrière comme celle-ci et non des blocs de béton anti-intrusion comme ceux utilisés quelques jours plus tôt à Nice pour sécuriser un match de football.

Après plusieurs années d'instruction, l'enquête s'achève en 2022. Pour éclaircir les zones d'ombre persistantes, un long procès s'annonce. [musique] À l'approche du procès, les victimes de l'attentat prennent la parole pour décrire leurs attentes.

Certains souhaitent absolument parler comme ce père de famille qui a perdu une fille lors de l'attaque. Il raconte comment il prépare son témoignage. Moi, j'ai difficulté à l'écrire, c'est au fond de moi.

Donc moi quand je vais arriver au procès, je vais dire ce que j'ai écrit mais je peux aussi euh on peut toujours rajouter faire des sortir des trucs que j'ose pas dire h sur papier mais j'attends du procès que qu' a une justice. Voilà. D'autres veulent aussi la vérité sur le dispositif de sécurité du 14 juillet 2016.

On se demande comment c'est possible de pouvoir laisser se ce se faire un événement avec qui rassemble autant de personnes dans ce contexte-là, quelques mois après, le 13 novembre, euh avec une soixantaine de policiers et pas de plot en béton, aucun dispositif, enfin c'est c'est impensable. Mon obsession c'est je dois dire que c'est ça la toute la colère qu'on a c'est plus plus sur ce dossier. Dans ce contexte l'audition de Christian Estros est particulièrement attendu.

L'ancien maire de Nice qui était adjoint à la sécurité le 14 juillet 2016 se présente à la barre le 21 octobre 2022. Admettez-vous un certain relâchement autour de l'organisation de cet événement ? Pourquoi ce type d'attentat n'a-t-il pas été envisagé ?

Les questions du président et des avocats sont tranchantes, précises et identiques à celle des partis civiles. Mais son audition déçoit considérablement. Ah, je suis mitigé et perplexe parce que on a on attendait beaucoup de réponses, on repart avec beaucoup de questions.

J'ai trouvé que deux trois fois il y avait un petit sourire et déjà je trouve ça un peu bizarre et les gens qui étaient dans la salle autour de moi étaient outrés. Si l'assaillant a était tué par les policiers, ils sont h personnes dans le box des accusés pour un procès hors norme par sa taille. [musique] Trois d'entre eux sont notamment soupçonnés d'avoir eu connaissance d'un projet d'attaque.

D'autres sont aussi suspectés d'avoir fourni des armes aux terroristes. Les débats seront également retransmis dans une salle spécialement aménagée à Nice pour les proches des victimes. Au total, ils sont plus de 800 parties civiles au début du procès.

Le verdict tombe finalement le 13 décembre 2022. La cour d'assise spéciale a condamné les h accusés à des peines allant de 2 ans à 18 ans de réclusion criminelle. Ce verdict, c'est le verdict de la justice.

C'est le verdict de la vérité. Les deux seuls accusés condamnés pour association de malfaiteurs terroristes vont faire appel et se pourvoir en cassation. Le 11 février 2026, ils ont tous les deux été condamnés définitivement à 18 ans de réclusion.

C'est la fin de cette vidéo. Merci à vous de l'avoir suivi. À très vite pour une nouvelle plongée dans les archives de Lina.

M.