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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 12 mars 2026 27 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalJusticeSécurité

"La responsabilité première" de ce qui se passe au Liban, "c'est le Hezbollah", dit Jean-Yves Le Drian

Source d'origine 7 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:45OuverteRéponse directe

    Comment vous situez-vous ce matin face à l'escalade de la guerre ?

  • 6:09OuverteRéponse directe

    Quelle est la légitimité de l'intervention américaine et israélienne ?

  • 6:37RelanceRéponse partielle

    Quels sont les buts de guerre américains selon vous ?

  • 8:09OuverteRéponse directe

    Comment expliquez-vous le discours erratique de Donald Trump ?

  • 9:42OuverteRéponse directe

    Est-ce une guerre d'usure économique ?

  • 11:16OuverteRéponse directe

    Pensez-vous que le conflit va durer ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:11Invité politiqueFait
    « Qui ne serait pas inquiet devant la permanence de la guerre et devant l'escalade qui se confirme et qui se conforte. »
  • 6:51Invité politiqueFait
    « Mais pas vraiment, et je suis pas sûr que quelqu'un les comprenne vraiment encore. »
  • 9:09Invité politiqueFait
    « Il faut développer le chaos. »
  • 9:24Invité politiqueFait
    « Il y a même plus de frappes aujourd'hui sur les pays arabes que sur Israël. »
  • 16:55Invité politiqueFait
    « La responsabilité première de ce qui s'y passe c'est le Hezbollah. »
  • 21:40Invité politiqueFait
    « Oui c'est une bonne décision, il fallait la faire, il fallait la prendre. »

Temps de parole

  • Invité politique58 %
  • Locuteur 415 %
  • Présentateur12 %
  • Locuteur 211 %

2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Pierre Haski. Bonjour Florence. Cap sur le détroit d'Hormuz, ce matin, épicentre de la crise au Moyen-Orient.

0:11
Locuteur 2

Depuis des décennies, les traités de géopolitique parlent du détroit d'Hormuz comme l'un des points stratégiques de la planète où un arrêt du trafic maritime aurait des répercussions énergétiques globales. Un article de la revue Politique étrangère en 2021 évoque même une doctrine énoncée en 2006 par le guide suprême iranien Ali Khamenei décrivant un blocus total du détroit dans le cas où l'Iran ne serait pas à l'initiative de la guerre mais répondrait à une agression des Etats-Unis ou de l'un de ses alliés. Dans ce cas prévenait l'ayatollah, assassiné au premier jour de la guerre, les flux énergétiques provenant de la région seraient sérieusement compromis. Nous y sommes.

Et de fait, il n'a pas été très difficile à l'Iran de bloquer cette étroite voie maritime empruntée par près du quart des besoins pétroliers du monde. Hier, trois cargos ont été touchés par des tirs iraniens, soit 14 au total depuis le début de la guerre. Il suffit d'incidents de temps en temps et de la rumeur non confirmée de mines déposées sur la voie d'eau pour que les prix des assurances flambent et que les armateurs immobilisent leurs navires. Quelques 400 cargos et tankers sont ainsi à l'arrêt de part et d'autre du détroit en attendant que la sécurité revienne.

1:21
Présentateur

Dans ces conditions, comment faire revenir la sécurité justement ?

1:23
Locuteur 2

Ça prendra du temps car à ce stade, c'est impossible. Même les Américains, avec leur armada maritime dans la région, ont décliné hier les invitations à escorter les bateaux commerciaux. Même chose du côté d'Emmanuel Macron qui a annoncé une initiative européenne pour sécuriser la voie maritime sur le modèle de ce qui se fait déjà en mer rouge face à la menace des outils du Yémen, mais pas avant plusieurs semaines. Les conditions ne sont pas remplies, a déclaré hier le Président, signifiant qu'il est exclu de démarrer alors que la guerre fait rage.

La crainte est que si un navire de la marine nationale est pris pour cible, la France soit entraînée de fait dans la guerre, ce qu'elle ne veut absolument pas. C'est bien parce qu'ils s'attendent à ce que cette crise dure qu'a été décidée hier, le recours au stock stratégique des principaux pays de l'Agence internationale de l'énergie, dans des proportions inédites, l'équivalent de 20 jours de trafic dans le détroit d'Hormuz. Pierre, ça veut dire que l'Iran a réussi son coup ? Le plus étonnant dans cette affaire, Florence, c'est que les Etats-Unis se soient laissés surprendre.

Toute la littérature stratégique sur la zone évoque l'hypothèse d'un blocus du détroit d'Hormuz, et on aurait pu imaginer que leur priorité aurait été de sécuriser la voie d'eau maritime, d'autant qu'une guerre des tankers a déjà eu lieu dans les années 80 dans cette zone, au temps de la guerre Iran-Irak. Mais les Américains ont visiblement sous-estimé les capacités de nuisance des gardiens de la révolution et le fait qu'ils se préparent à ce scénario depuis des années. C'est un signe de plus de ce qu'un sénateur démocrate, Chris Murphy, qui a eu accès au briefing confidentiel réservé aux élus américains, a qualifié de plan de guerre incohérent et incomplet.

L'Iran espère donc que les répercussions mondiales de la crise énergétique provoquées par le blocus pousseront Donald Trump à limiter la casse. Le détroit d'Hormuz mérite bien sa réputation explosive.

3:10
Présentateur

Merci Pierre Aski. On continue à analyser les effets de cette guerre dans un instant avec Jean-Yves Le Drian.

3:15
Locuteur 2

Mon tout petit France Inter présente

3:20
Locuteur 6

Le podcast Cache Cache

3:23
Locuteur 2

Zoé Varié

3:25
Locuteur 6

Il est l'heure d'aller se coucher Mais mon doudou s'est encore caché Je me demande où est-ce qu'il s'est encore carapaté Au bord de la rivière ? Chez le coiffeur ? Dans la savane ?

3:40
Locuteur 2

Cache Cache

3:42
Locuteur 6

Viens m'aider à retrouver mon doudou sur mon tout petit France Inter et sur l'appli Radio France.

3:49
Locuteur 1

Toyota Production française qui se vend chaque année comme des petits pains On dit que je suis fantastique Je suis...

3:54
Locuteur 7

La baguette ? Le croissant ? Non ! La Toyota Yaris Cross Hybrid Oui !

3:57
Locuteur 1

C'est la voiture la plus produite en France !

3:59
Locuteur 7

Et elle n'a jamais été aussi accessible. Pendant les reprises fantastiques la Toyota Yaris Cross Hybrid est à partir de 215 euros par mois entretien inclus. Yaris Cross Dynamique Blanc Pur exceptionnellement à partir de 215 euros par mois LLD 37 mois 30 000 km entretien inclus sous condition de reprise. Premier loyer 4 390 euros réservé aux particuliers dans le réseau participant du 12 au 17 mars Détails sur toyota.fr Au quotidien prenez les transports en commun

4:19
Présentateur

8h23 France Inter

4:24
Invité politique

Benjamin Duhamel Florence Paracuelos La grande matinale

4:28
Présentateur

Et nous recevons donc ce matin dans le grand entretien un ancien ministre des affaires étrangères ancien ministre de la défense représentant personnel d'Emmanuel Macron au Liban Vos questions et réactions chers auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France Bonjour Jean-Yves Le Drian Bonjour Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter On va évidemment parler de la situation au Liban encore frappée cette nuit mais d'abord au 13ème jour du conflit déclenché par Israël et les Etats-Unis le chaos dans la région ne faiblit pas le régime iranien est toujours en place les conséquences économiques menacent le monde entier alors sur l'échelle de l'inquiétude Jean-Yves Le Drian comment est-ce que vous vous situez ce matin ?

5:11
Invité politique

Qui ne serait pas inquiet devant la permanence de la guerre et devant l'escalade qui se confirme et qui se conforte par l'obstruction de fait du détroit d'Hormuz je pense que ce moment-là c'est une étape supplémentaire c'est un tournant parce que ce blocage va entraîner une internationalisation encore plus forte avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la vie économique du monde donc nous sommes dans une situation dramatique très grave avec par ailleurs un peuple iranien qui continue à être sous la chape de plomb des Mollahs et des gardiens de la révolution et un peuple libanais qui vit dans sa chair et dans son angoisse les effets secondaires mais très fort de l'action du Hezbollah en direction d'Israël et la réponse israélienne bref la situation est très grave et il faut qu'on soit conscient et on ne voit pas de sortie aujourd'hui prévisible

6:08
Présentateur

alors on va parler de la stratégie iranienne dans quelques instants mais 13 jours après le déclenchement de cette guerre qu'est-ce que vous dites de la légitimité de l'intervention américaine et israélienne est-ce qu'il fallait attaquer l'Iran

6:21
Invité politique

cette guerre a été décidée contre les bases du droit international cette guerre n'est pas la nôtre on l'a déjà dit le président de la république l'a dit avec force ceci étant nous sommes là aussi pour défendre nos propres intérêts nos propres alliés il faut qu'on le fasse est-ce que vous

6:37
Locuteur 4

comprenez Jean-Yves Le Drian là encore 13 jours après le début de l'intervention les buts de guerre américains quand on écoute Israël c'est à peu près clair ils veulent la fin du régime des Mollahs Donald Trump selon son humeur selon l'heure de la journée il donne des versions distinctes est-ce que vous les comprenez les buts de guerre américains

6:51
Invité politique

mais pas vraiment et je suis pas sûr que quelqu'un les comprenne vraiment encore quand j'entends le président Trump dire hier si je veux arrêter la guerre la guerre s'arrêtera c'est hier donc pourquoi ne l'arrête-t-il pas et quand j'entends par ailleurs le même dire je n'ai plus rien à frapper on a épuisé toutes les cibles et d'un autre côté dire il y a encore du travail à faire quasiment dans la même matinée on est inquiet sur les objectifs que se donne la coalition Etats-Unis-Israël à l'égard de l'Iran parce que en termes militaires on appelle ça l'état final recherché qu'est-ce qu'on veut à la fin on ne sait pas est-ce que c'est détruire essentiellement les capacités nucléaires les centrifugeuses comme dans le prolongement de la guerre des 12 jours est-ce que c'est détruire les rampes de lancement de missiles qui touchent potentiellement Israël est-ce que détruire les stocks de missiles est-ce que c'est détruire les outils de production on ne sait pas est-ce que c'est détruire le fonctionnement de l'état en touchant des individus ça a commencé par l'élimination de Raménaï mais ensuite ça ne s'est pas poursuivi est-ce que ça veut dire poursuivre des frappes dans les lieux de pouvoir mais les institutions restent là

8:08
Locuteur 4

vous qui avez exercé des fonctions qui vous ont fait côtoyer Donald Trump l'administration américaine notamment là Trump numéro 1 comment est-ce que vous expliquez ce discours erratique cette difficulté à comprendre les buts de guerre est-ce que c'est quoi ? est-ce que c'est de l'impréparation ? est-ce que c'est une sorte de tendance intuitive de Donald Trump qui n'anticipe pas le jour d'après ?

8:29
Invité politique

je crois que c'est un peu ça c'est de l'emballement immédiat après les massacres qui ont eu lieu au mois de janvier et avec la complicité active d'Israël qui veut en finir avec avec le régime des Mollah mais le changement de régime n'est pas à l'ordre du jour à ma connaissance d'autant plus que ce que l'on constate c'est une grande résilience de la part des Iraniens grande résilience qui se traduit par un renforcement de la radicalité l'histoire d'Hormuz en étant un exemple supplémentaire dans le régime qui joue sa survie et la stratégie des Iraniens est très claire il faut développer le chaos il faut développer le chaos d'abord parce que les actions qui seront menées auprès des voisins je pense en particulier aux pays arabes où les frappes sont extrêmement nombreuses il y a même plus de frappes aujourd'hui sur les pays arabes que sur Israël il y a même plus de frappes aux Émirats arabes unis qu'en Israël c'est pour faire en sorte que ces pays l'environnement géopolitique de l'Iran se tourne vers Donald Trump en disant ça suffit il y a ça c'est ça la stratégie du chaos et ça marche plutôt bien pour lui

9:42
Présentateur

c'est une guerre d'usure économique on a vu l'armée iranienne menacer les banques menacer les géants américains de la tech cette nuit présents dans les pays du Golfe Amazon Google Microsoft ça ça peut être de nature à faire reculer Donald Trump

9:57
Invité politique

c'est à lui d'apprécier parce qu'il dit quand je veux arrêter la guerre je l'arrête c'est à lui d'apprécier mais la réalité c'est que la résilience iranienne est beaucoup plus forte qu'imaginée et que parce qu'il y a une chape de plomb sur le pays il y a une terreur sur l'ensemble de la vie civile la vie sociale iranienne qui se poursuit qu'il y a un renforcement du rôle des gardiens de la révolution la radicalité s'est exprimée aussi par la nomination du fils de Raménaï comme Ayatollah qui a été un signal envoyé au monde c'est un signe de radicalité comme Hormuz parce que le régime joue sa survie et donc tous les moyens seront bons faire en sorte qu'il y ait du chaos pour que les acteurs proches éventuellement des Etats-Unis dans la région je pense à l'Arabie Saoudite je pense au Qatar je pense aux Émirats Arabes Unis se tournent vers Trump en disant ça suffit nous sommes en difficulté et par ailleurs cette stratégie du chaos y compris la stratégie d'Hormuz vise à faire changer l'opinion publique américaine pour qu'elle se retourne vers Trump en disant ça suffit donc on est dans l'imprécision dans l'imprévisibilité dans les aléas ce qui donne une situation anxiogène considérable

11:04
Présentateur

ce qu'on découvre aussi c'est que l'armée iranienne a des capacités qu'elle a encore des drones des missiles à envoyer ça ça veut dire qu'on s'achemine vers un conflit qui va durer contrairement à ce que dit Donald Trump vous n'êtes pas devin mais qu'est-ce que vous en pensez ?

11:18
Invité politique

ce qui est clair c'est que les Iraniens les gardiens de la révolution sur l'armée iranienne il faut avoir une position un petit peu différente ont les moyens de tuer en particulier de fabriquer des milliers de drones rapidement et qui peuvent tirer à proximité ce qu'ils ont commencé à faire et c'est la raison pour laquelle ils touchent les pays arabes parce qu'ils sont plus près et ils réservent éventuellement des frappes sur Israël de manière plus ponctuelle

11:46
Locuteur 4

mais là encore Jean-Yves Le Drian votre expérience d'ancien ministre de la Défense quand on voit la puissance de feu américaine combinée à la puissance de feu israélienne comment se fait-il que l'Iran ait encore cette capacité de faire du mal à ses voisins proches à lancer des drones à lancer des missiles

11:59
Invité politique

parce que c'est pas parce qu'on tape les lieux de pouvoir qu'on tape le pouvoir et que les Iraniens se sont préparés à une telle situation et aujourd'hui ils sont en situation de pouvoir continuer une forme de résistance et de résilience qui est quand même assez spectaculaire donc c'était pas prévu comme ça y compris dans les hypothèses de départ qui étaient extrêmement positives voire même enflammées sur le fait qu'il allait y avoir un changement de régime bah non la chape de plomb est toujours là les institutions sont même renforcées la radicalité a pris rendez-vous au pouvoir en Iran et c'est avec ça qu'il faut faire maintenant

12:35
Locuteur 4

donc là encore si on réfléchit à une éventuelle sortitrice puisque c'est sans doute la question que se posent ce matin nos auditeurs qui sont anxieux anxieux aussi des conséquences ici en France c'est quoi la sortie de crise là ? y a-t-il un scénario où Donald Trump dirait j'arrête parce qu'en interne j'ai une pression tellement forte de ma base ou l'Iran dirait je suis prêt à reprendre des négociations ?

12:56
Invité politique

oui il y aura de toute façon une sortie de crise le problème ça sera dans quelles conditions la sortie de crise va se faire y compris d'ailleurs pour Donald Trump pour la sortie de crise il faut être trois en l'occurrence Israël les Etats-Unis mais aussi l'Iran il ne suffit pas désormais que les Etats-Unis et Israël arrêtent de frapper l'Iran pour qu'il y ait une sortie de crise parce que ça ne veut pas dire que l'Iran ne continuera pas à frapper de son côté donc du coup le président Pesachian peut poser ces conditions et les apposer en disant moi je serai prêt à arrêter si on me garantit qu'il n'y aura plus jamais dans l'histoire d'attaques des Etats-Unis et d'Israël sur mon territoire et si en plus vous me payez les réparations donc on n'est pas l'approche on n'est pas proche d'un accord

13:37
Présentateur

quand Jean-Noël Barraud le ministre des Affaires étrangères nous dit lundi matin qu'il attend un changement radical de posture et des concessions majeures de l'Iran est-ce que ça a un sens ?

13:48
Invité politique

c'est logique qu'il fasse les déclarations qu'il fait parce qu'il est dans ses responsabilités la réalité de ce que l'on peut constater c'est qu'aujourd'hui la situation est gelée complètement en Iran et malheureusement mais comment peut-on imaginer qu'il y ait une révolution iranienne qui se développe maintenant avec le système de terreur qui est développé par l'alliance des Mollahs et des gardiens de la révolution avec des Basidji qui se promènent dans les rues avec leur moto et leur mitraillette pour empêcher quiconque de manifester et avec un pouvoir d'oppression considérable donc ce n'est pas incitatif à la révolution et donc le changement de régime n'est pas à mon avis pour demain

14:29
Locuteur 4

Vous reconnaissez la difficulté quand on est ministre des Affaires étrangères en charge de tenir cette position et vous le connaissez depuis le début du conflit Jean-Yves Le Drian la France a revendiqué ce qu'on appelle une posture défensive c'est-à-dire aider les pays de la région avec lesquels on a des accords de défense tout en insistant qu'il n'y a aucune participation française aux frappes sur l'Iran est-ce que quand on envoie le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée orientale avec 8 frégates 2 porte-hélicoptères est-ce qu'on ne prend pas le risque d'être à un moment donné directement impliqué dans le conflit si par exemple l'Iran décidait de frapper ce porte-avions ou ces frégates ?

15:03
Invité politique

La crise est là la France est une puissance importante elle est membre du conseil de sécurité la France a des intérêts dans la région la France a des ressortissants dans la région la France a des alliés dans la région et donc il est logique qu'elle soit présente militairement parlant pour parer à toute éventualité que ce soit pour aider nos ressortissants si d'aventure il y avait une aggravation de crise au Liban ou ailleurs que ce soit pour aider nos alliés à se défendre nous sommes dans une position défensive mais nous avons des accords avec certains nombres de pays et donc il faut respecter ces accords parce que c'est la base de la confiance qu'on peut avoir avec les émirats arabes unis l'Arabie saoudite le Koweït le Qatar etc pour les aider s'ils sont attaqués à se défendre c'est ce que l'on fait et puis par ailleurs à un moment donné vous le disiez en commençant il faudra aussi réfléchir à la bonne manière d'assurer la circulation maritime dans la zone et la flotte française pourra le faire c'est un déploiement significatif mais qui montre aussi que la France est une puissance militaire

16:02
Présentateur

mais Jean-Yves Le Drian si d'aventure un navire français était frappé est-ce que nous serions alors obligés d'entrer dans cette guerre

16:10
Invité politique

je ne peux pas répondre vraiment à cette question tant que l'événement n'a pas eu lieu c'est un risque oui il faut prendre ce risque quand on est en situation défensive on met les moyens dans la situation défensive et ça veut dire que si on nous attaque on répond mais pour l'instant ce n'est pas le cas

16:23
Locuteur 4

il faut Jean-Yves Le Drian qu'on parle du deuxième front de cette guerre celui ouvert au Liban où Israël est engagé depuis 10 jours après des frappes du Hezbollah on en est à 800 000 déplacés la banlieue sud de Beyrouth est pilonnée cette nuit c'est le front de mer qui a été frappé alors que des gens qui ont fui leur maison s'y entassent le sud du pays est également particulièrement visé est-ce que l'action militaire d'Israël pour vous est excessive disproportionnée ?

16:48
Invité politique

il faut d'abord mettre les choses dans l'ordre sur la situation au Liban la responsabilité première de ce qui s'y passe c'est le Hezbollah il faut lui dire les choses parce que il avait été convenu que si le Hezbollah n'intervenait pas dans la crise Israël n'intervenait pas non plus c'est le président Haoun qui s'en était chargé et tout ça était très clair et le Hezbollah le savait sauf que le Hezbollah a agi tout de suite en même temps que l'Iran et il a joué je le dis avec beaucoup de force l'intérêt de l'Iran contre l'intérêt des Libanais il a joué l'Iran contre le Liban l'origine est là et ils étaient prévenus et ça ne s'est pas arrêté depuis puisque le Hezbollah continue même à faire des actions conjointes avec les Iraniens ça montre aussi l'importance qu'ont pris les gardiens de la révolution dans le fonctionnement même du Hezbollah au Liban donc le point de départ est celui-là à partir de ce moment-là la riposte israélienne elle a été disproportionnée on ne peut pas comme ça impunément dire à 700 000 personnes vous sortez de chez vous vous allez habiter ailleurs d'ailleurs c'est contraire au droit international on ne peut pas continuer à frapper y compris avec des dégrats civils Beyrouth et les environs tous les jours toutes les nuits en mettant ce pays en grande fragilité et je rajoute un point essentiel c'est que il y a au Liban un gouvernement un gouvernement de qualité un gouvernement qui a été de sortie de crise l'année dernière qui prend des décisions courageuses qui a dans ses engagements initiaux le président Haoum annoncé que le monopole des armes devait revenir à l'état et qu'il fallait démembrer les milices et en particulier désarmer le Hezbollah un gouvernement qui a pris en place qui a mis en place un plan de désarmement du Hezbollah après les conflits qui vont exister en 2024 mais est-ce qu'il en a les capacités Jean-Yves Le Drian

18:43
Présentateur

non mais il faut les donner c'est-à-dire qu'il faut aider le gouvernement l'armée libanaise

18:46
Invité politique

il faut aider l'armée libanaise à avoir les moyens de son action et ça ne peut se faire que s'il y a un cessez-le-feu je suis moi très très favorable à ce qu'il y ait un cessez-le-feu rapidement et on sait les conditions dans lesquelles peuvent faire ce cessez-le-feu on le sait parce qu'il y a déjà eu un cessez-le-feu en 2024 c'était le Hamas c'était des conditions internationales très différentes mais il y a eu un cessez-le-feu entre les Israéliens et le Hezbollah qui a entraîné ensuite un plan d'élimination des armes du Hezbollah par différents secteurs du territoire libanais contrôlés par les Américains et par les Français par les généraux il faut recommencer ça mais oui Jean-Yves Le Drian un Hezbollah

19:26
Présentateur

désarmé qui ne serait plus qu'un organe politique

19:28
Invité politique

c'est la condition globale qui est posée par les autorités libanaises et aussi par la France la condition c'est que le Hezbollah annonce son désarmement et que parallèlement les Israéliens cessent les frappes et qu'il y a un mécanisme de contrôle des opérations de désarmement du Hezbollah qui se mettent en place et que le désarmement du Hezbollah soit fait par les forces armées libanaises sous couverture avec l'assistance de la force des Nations Unies qui est présente on sait que ce sont les règles on sait que c'est possible et c'est aussi l'intérêt d'Israël parce que pour la première fois depuis le début depuis la fin de la guerre la grande guerre pour la première fois les autorités libanaises ont annoncé par la voix du président de la République qu'ils étaient prêts à des négociations

20:10
Locuteur 4

de paix

20:10
Invité politique

avec Israël mais Jean-Yves Le Drian les négociations de paix ça va au-delà des conflits

20:15
Locuteur 4

et des armes est-ce que vous avez le sentiment que le gouvernement israélien entend le moindre remarque le moindre commentaire qui peut être fait que ce soit par le président de la République Emmanuel Macron que ce soit par l'ONU le président libanais puisque en l'état Israël ne donne pas le moindre signal d'envie d'avoir des discussions directes avec Joseph Aoun vous voyez bien et vous avez là encore connu ces situations le gouvernement de Benjamin Netanyahou est tout à fait sourd à toutes ces remarques

20:39
Invité politique

oui mais il faut le répéter prendre un témoin à l'opinion publique internationale prendre un témoin aussi les pays arabes de l'environnement qui sont nos alliés mais qui pour certains d'entre eux sont des partenaires d'Israël je pense aux Émirats Arabes Unis pour leur dire voilà ce que nous proposons voilà ce qui est possible de faire c'est l'intérêt de tout le monde d'avoir une réorganisation de la sécurité dans la zone qui passera par la reconnaissance du Liban et d'Israël il faut commencer par le cessez-le-feu commençons maintenant

21:05
Locuteur 4

un mot à Jean-Yves Le Drian sur les conséquences économiques de ce conflit hier la trentaine de pays qui composent l'AIE l'agence internationale de l'énergie dont la France ont annoncé le déblocage inédit de 400 millions de barils de pétrole de leur stock stratégique je rappelle que vous étiez aux responsabilités au moment de la guerre en Ukraine et de la crise énergétique qui s'en est suivie quel regard est-ce que vous portez non seulement sur ces décisions qui sont prises sur le risque de choc pétrolier qui a un impact direct et concret sur nos concitoyens qui voient les prix à la pompe augmenter est-ce que c'est une bonne décision comme cela d'avoir débloqué ces stocks stratégiques ?

21:40
Invité politique

Oui c'est une bonne décision il fallait la faire il fallait la prendre parce que ça va alléger la progression du baril qui est à 100 dollars aujourd'hui et qui va donc pouvoir apaiser un peu les marchés mais c'est une solution qui n'a qu'un temps et il faut donc du coup qu'un processus de paix puisse se mettre en oeuvre pour arrêter cette dérive considérable mais ça la main est chez monsieur Trump c'est lui qui dit il faut arrêter ou il ne faut pas arrêter le problème c'est de savoir dans quelles conditions tout ça va se passer et quelle sera la physionomie et l'organisation de l'ensemble de la région après l'arrêt des hostilités et là c'est le grand mystère

22:21
Présentateur

alors débloquer les stocks stratégiques effectivement c'est une solution qui n'a qu'un temps vous êtes bien placé pour le savoir puisque on était également débloqué des stocks deux fois moins mais au moment de la guerre

22:32
Invité politique

de la crise ukrainienne

22:33
Présentateur

et ça n'a pas suffi il a fallu aider c'est une solution

22:38
Invité politique

provisoire pour l'instant je pense que c'est la bonne décision à prendre en attendant l'évolution de la situation

22:44
Locuteur 4

avec aussi puisque tous les sujets internationaux sont liés Jean-Yves Le Drian les conséquences de la guerre proche et au Moyen-Orient sur la situation en Ukraine entre l'Ukraine et la Russie on a appris ce matin que le président ukrainien Volodymyr Zelensky se rendrait en France demain et rencontrerait Emmanuel Macron pour une réunion bilatérale est-ce qu'il y a un risque Jean-Yves Le Drian que l'opinion publique internationale se détourne de ce qui se passe en Ukraine que le président des Etats-Unis se détourne de ce qui se passe en Ukraine si tant est qu'il ne se soit pas déjà détourné compte tenu de la situation en Iran

23:15
Invité politique

les Etats-Unis n'êtes plus beaucoup l'Ukraine à ma connaissance ils ont cessé leur livraison d'armes et le soutien financier depuis déjà pas mal de temps la question est ne pas perdre de vue que la crise ukrainienne se poursuit et que malheureusement la montée des cours du pétrole favorise les finances de monsieur Poutine d'autant plus que le président Trump a levé les sanctions qu'ils avaient initiées au départ contre la Russie et donc le fait que la question ukrainienne revienne au niveau de l'actualité là avec la visite du président Zelensky c'est une très bonne chose pour réaffirmer le soutien des Européens à l'Ukraine il ne faut pas là nous sommes directement concernés parce que c'est notre propre sécurité qui est en jeu

23:55
Présentateur

alors on va passer par le standard de France Inter où nous attend Rémi ce matin bonjour Rémi bienvenue vous avez une question à poser à Jean-Yves Le Drian

24:04
Locuteur 1

oui bonjour France Inter et bonjour monsieur le ministre Le Drian j'ai une question concernant l'Europe côté français côté allemand qu'est-ce qu'on attend en fait pour un sursaut stratégique européen ou en tout cas des points de convergence stratégiques

24:18
Invité politique

merci il y a du côté européen la prise de conscience que l'autonomie stratégique est tout à fait essentielle pour notre propre sécurité il y a progressivement la prise en compte que nous ne pouvons pas dépendre des Etats-Unis pour notre propre sécurité donc il faut qu'on se donne nous-mêmes les moyens d'agir ensemble et d'assurer notre souveraineté et du côté allemand et du côté français cette prise de conscience est tout à fait forte

24:44
Locuteur 4

Jean-Yves Le Drian sur la guerre au prochain Moyen-Orient on a un premier ministre espagnol Pedro Sanchez qui a une position extrêmement offensive en disant non à la guerre en refusant que les avions américains se posent sur des bases espagnoles vous avez Friedrich Merz le chancelier allemand qui dans un premier temps a dit a critiqué ceux qui s'en prenaient à l'opération même s'il commence à amaudir ses critiques on ne peut pas dire que l'Europe est parlée d'une seule et même voix

25:05
Invité politique

ce sont les mêmes Européens qui ont condamné les actions les exactions qui sont faites par les Iraniens ce sont les mêmes Européens qui sont en train de s'organiser pour avoir un soutien humanitaire à l'égard des populations en particulier des populations libanaises ce sont les mêmes Européens qui sont en train de s'organiser pour créer la coalition des nations européennes pour assurer la sécurité maritime non les Européens sont aussi au rendez-vous pas de la même manière en fonction de leur propre histoire ils sont aussi au rendez-vous mais la question qui était posée c'était sur la relation franco-allemande stratégique sur le long terme je pense qu'elle est en voie d'acheminement

25:40
Présentateur

pour finir Jean-Yves Le Drian qu'est-ce que vous dites de ce moment que nous sommes en train de vivre on était déjà déstabilisé par la présidence de Donald Trump on est déstabilisé par la guerre en Ukraine qui dure depuis 4 ans on a désormais ce nouveau conflit qui est très très perturbant pour le monde entier quelle vision est-ce que vous avez de ce moment particulier

26:00
Invité politique

c'est la vision d'une rupture une bascule totale du monde dans son organisation et de la montée des empires qui se manifestent de différentes manières l'empire américain l'empire russe l'empire chinois et autour de tout cela il faut que l'Europe puisse jouer elle-même sa propre partition et pouvoir peser sinon elle sortira de l'histoire et c'est la crise actuelle au Proche-Orient nous le montre avec encore plus de force

26:26
Présentateur

merci merci beaucoup Jean-Yves Le Drian d'avoir été au micro de France Inter d'avoir regardé cette vidéo

"La responsabilité première" de ce qui se passe au Liban, "c'est le Hezbollah", dit Jean-Yves Le Drian · Pourquijevote