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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 12 juillet 2025 28 min

Défense nationale : «Sans aimer notre drapeau, on ne s’en sortira pas», assure le député LR J

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Europ soir weekend 19h 21h Guillaume Lariche il est 19h11 vous écoutez Europe un soir weekend et en ce samedi soir je reçois avec mes chroniqueurs Jules Tor journaliste politique au JDD bonsoir Jul bonsoir Sarah Salman bonsoir Sarah avocate et auteur de l'ouvrage le bon droit en toute saison chez Robert Lafond on reçoit ensemble et bien notre Jean-Louis Tierou député à l'air de Sémarn Bonsoir monsieur vous êtes membre de la commission de la défense nationale et des forces armées ancien ministre délégué auprès du ministre des armées et des anciens combattants. Hier matin et c'est assez rare, le chef d'état-major des armées s'est exprimé durant une conférence de presse Kry Braard qui a clairement désigné la Russie comme menace pour l'Europe et la France en particulier. L'objectif selon lui c'est pas d'alarmer les Français mais de faire prendre conscience à nos concitoyens et à nos concitoyennes que nous sommes face à un moment de bascule.

Oui, le le chef d'étatmajor des armées a pris la parole. C'est totalement inédit. Il y a plus eu de prise de parole depuis 2021, ce qui dit la la gravité de la période.

Euh je crois d'abord qu'il faut dire que c'est ce n'est pas nous qui avons choisi que la Russie soit la principale menace. Vladimir Poutine et le SEMA l'a bien évoqué a bien indiqué que la Russie ciblait spécifiquement la France puissance nucléaire puissance de référence en matière en matière militaire en Europe. Le but ça n'est pas d'inquiéter les Français.

Le but c'est tout simplement de dire la vérité. La menace aujourd'hui à laquelle nous faisons face est une menace qui à tout moment peut nous toucher dans nos vies quotidiennes et qui existe déjà de manière hybride. On sait bien aujourd'hui que quand on a eu des hôpitaux, on a eu des conseils départementaux, celui de Sénémarne en particulier de dans mon département qui ont été victimes d'attaque cyber qui clairement pointe à l'est.

L'objectif c'est quoi ? C'est de montrer que la France est vulnérable. Demain, on peut avoir des actuellement c'est seulement des menaces cyberes.

Non, non, non. Ce sont des menaces cyberes. Ce sont euh c'est l'ensemble du de l'architecture de sécurité euh qui est potentiellement menacé.

J'étais en mer du Nord avec la mission Jeune d'arc la semaine dernière. Nous sommes en permanence reniflés par des avions ou euh par des des bateaux russes. Mais si vous voulez, ce qui est plus grave que ce qui se passe actuellement qui demain peut avoir sans que ce soit la Grande Guerre, personne ne craint les chars russes sur les Champs-Élysées, il faut être sérieux.

Mais demain, ça peut être des attaques de satellite. Donc ça veut dire que nous qui dans nos vies quotidiennes utilisons tout le temps les GPS du jour au lendemain retourner à la carte papier, ça peut être compliqué. Ça peut être une déstabilisation des infrastructures énergétiques.

Tout ça, il faut s'y préparer. Moi, je crois que le la vraie question de fond, c'est de savoir est-ce qu'on croit que la menace est sérieuse ou pas. La menace, elle l'it, tous les indicateurs de renseignement le disent avec derrière la volonté de Vladimir Poutine de reconstituer euh une grande Russie telle qu'elle est euh fantasmée et qui ne se fera pas en allant conquérir demain la France, c'est pas du tout ce que nous disons, mais qui se fera en déstabilisant progressivement les alliances européennes.

Moi, je crains beaucoup quand si le conflit est gelé en Ukraine et si on narrive pas à maintenir une Ukraine suffisamment forte qui reste une écharde dans le cœur de la Russie. Ce qui fait que tant que l'Ukraine reste forte, même avec un conflit gelé, c'est une menace pour la Russie. Demain, on peut avoir une prise de gage, je ne sais pas, en Estonie dans la ville de Narva avec des minorités russophones.

Et quand on verra des hommes verts demain à Narva, on a intérêt à pouvoir réagir vite. Le but étant qu'on soit suffisamment fort et suffisamment dissuasif vis-à-vis d'un adversaire pour pas avoir à le faire. Parce que je rappelle quand même que tout notre combat et celui que j'ai mené à la commission défense, au gouvernement que je continue à mener aujourd'hui, c'est bel et bien pour préserver la paix et éviter la guerre en évitant les aventures des autres.

Europein 19h15. Justement Jean-Louis Cariot, vous êtes membre de la commission défense, vous disiez comme ça d'avec le le sourire demain on a'ura pas les chars sur les Champs-Élysées. Si finalement c'était le cas, est-ce que nous sommes prêts à un conflit de haute intensité en Ukraine ?

Oui, les chars russes sur le toresse. Oui, il y a il y a quand même un principe géographique, c'est que aujourd'hui les chars russes sont sur le Niepre donc ils ont entre-temps à franchir la vistu à franchir l' conflit de haute intensité qui serait le conflit de haute Oui. le le conflit de haute intensité, on s'y prépare et on s'y prépare tous les jours.

Euh il faut bien être conscient que si un tel conflit devait advenir, ce serait forcément en coalition. C'est la sécurité collective de l'Europe, c'est-à-dire avec les Allemands, les Polonais. euh les Baltes, les Britanniques euh seul évidemment on n'y arriverait pas.

Aujourd'hui, l'enjeu et c'est euh le l'objet sous-jacent des propos du chef d'étatmajor et ce que probablement annoncera demain le président de la République, c'est d'avoir des armées conventionnelles euh en Europe et en particulier une armée française qui soit capable de faire face en ayant à la fois la technologie qui s'impose mais aussi la masse. Je rajouter quand même un élément qui est important, c'est que la menace, elle n'est pas que russe, elle est principalement russe, mais on a des situations en Méditerranée qui peuvent être extrêmement tendues et pensons à ce qui s'est passé avec les outils qui sont des proxy de l'Iran qui ont tiré des missiles dans la mer rouge. sont des conséquences directes sur nos approvisionnements, donc sur le coût des produits, donc sur l'inflation.

Là encore, ça touche directement les Français. Donc ça veut dire qu'il faut évidemment regarder à l'est, mais il faut aussi regarder partout ailleurs, notamment dans le domaine naval, dans le domaine satellitaire, dans tous ces éléments-l et c'est tout l'enjeu justement de ce qui se passe actuellement pour pour la France. On dit qu'il faut pas inquiéter les Français, pas les alarmer, mais est-ce que c'est ce ce conflit est parti pour durer des des années, voire plus d'une décennie ?

Je ne suis pas prophète, je ne sais pas ce qui va se passer en Ukraine par rapport à l'expertise que vousz. En revanche, ce que je peux dire, c'est qu'on est dans un changement complet de modèle. C'est un nouveau monde et ça n'est pas une crise qui s'arrêtera demain.

C'est une crise qui dure. Ce nouveau monde, c'est le recours des inhibés à la force. C'est la fin des traités internationaux.

C'est le retour de logique impériale assumée, que ce soi les Russes, que ce soient les Chinois, que ce soit même les Azér Face à l'Arménie. Donc on est parti pour des années d'un nouveau monde. On a connu un cycle anormal qui est enfin anormal dans l'histoire qui était une anomalie dans l'histoire qui était la paix depuis la fin de la guerre de 45 en Europe.

Aujourd'hui, on revient malheureusement dans le monde où ce qui compte c'est le rapport de force. Le rapport de force justement, vous le dites et c'est pour cela que le chef de l'État doit s'exprimer demain soir depuis l'hôtel de Brien à Paris devant les forces armées en compagnie de Sébastien Lecnu, ministre des armées. Alors que l'actuel gouvernement cherche à faire 40 milliards d'euros d'économie, c'est bien le problème.

Des annonces importantes pour être faites à la veille du 14 juillet. On en parle justement avec vous ce soir qui être un fin connaisseur du du dossier militaire. Jean-Louis Terot.

Est-ce que vous avez une idée de ce qu'on peut s'attendre comme annonce de la part du chef de l'État ? forte. Pour autant que je le sache, on va avoir un appel au renforcement et au réarmement.

Euh, on devrait aussi euh constater que la loi de programmation militaire, la dernière, était déjà un effort important, mais qu'il faudra nécessairement aller plus loin. Ce que je ne sais pas aujourd'hui, je crois que ça n'est pas encore arbitré, en tout cas ça ne l'était pas hier, s'il y a des montants qui seront annoncés ou pas, mais je crois quand il faut se avoir en tête ce que disait Sébastien Lecnu, ministre des armées, qui disait "Le poid de forme des armées françaises, c'est un budget de l'ordre de 90 milliards d'euros par an. Aujourd'hui, on est à 50 milliards.

Mais et c'est quand même la précision importante, euh si vous mettez 90 milliards aujourd'hui sur la table, vous ne saurez pas le dépenser, ne serait-ce que pour le temps de produire. Donc actuellement, dans ce qui est prévu dans la loi de programmation militaire, on est à des marches supplémentaires de l'ordre de 3 milliards par an, et bien euh ce qui serait raisonnable, ça serait de passer à des marches. Je lance un chiffre un peu au hasard à 6, mais il faudrait doubler les marches pour arriver à l'objectif qui est en 2030 d'arriver effectivement à ce point de forme.

On verra si le chef de l'État vous suit. Jul Tores. Non mais c'est très intéressant en effet de de parler de de cette audition de Sébastien Lecnu que j'ai suivi où il dit en effet que le poid forme de l'armée française serait autour de 90 milliards.

Mais il dit aussi dans cette même audition augmenter sans cesse le budget de l'armée est très bien mais pourquoi faire ? Qu'est-ce quelle armée on veut ? Quelle comment dire est-ce qu'on va sur une armée plus conventionnelle ?

Est-ce qu'on va sur une armée beaucoup plus défensive ? Sur quels axes on accélère ? Est-ce que c'est sur la marine ?

Est-ce que c'est sur l'air ? Est-ce que c'est sur la terre ? vous vous, quel est votre votre position par rapport à ça ?

Quel quels sont les les deux vrais objectifs aujourd'hui de l'armée ? Non, l'objectif c'est d'abord de préserver ce qui est le cœur du cœur, la dissuasion nucléaire, la capacité à tout moment de faire comprendre à un adversaire qu'on est capable de lui faire subir des dommages irréparables. Et ça engage euh toutes les armées, en tout cas la marine à travers les sous-marins nucléaires, lanceur d'engin et les fanus.

Évidemment, l'armée de l'air avec les forces aériennes stratégiques. Ça c'est le cœur du dispositif. pour les intérêts vitaux.

Euh pour le reste, l'idée n'est pas de reconstruire l'ancienne première armée, c'est d'être capable de d'apporter ce que la France sait faire probablement mieux que les autres parce que elle en a l'habitude à travers sa dissuasion nucléaire, c'est-à-dire à coup sûr être capable de faire des frappes dans la profondeur de matière conventionnelle. On a besoin de renforcer notre défense solaire. On a besoin et ça c'est un besoin européen dans le cadre du pilier européen de l'alliance de renforcer nos capacités de commandement euh autonome de centre de commandement.

On a besoin de plus de satellite. Et pour répondre à votre question précise, mais l'échéance est à déterminer. Du point de vue naval, on a besoin de quelques bateaux en plus, pas beaucoup.

On a une flotte de surface avec 15 bâtiments majeurs. À moins de 18, on tient pas les contrats opérationnels. Aujourd'hui, d'ailleurs, ça a été reconnu par le ministre.

On a besoin de rafale en plus vous en dire combien ? Entre 20 et 40. Et on a besoin pour l'armée de terre de renforcer nos capacités au niveau corps d'armée, c'est-à-dire du génie en plus, de la guerre électronique, du commandement en plus et qui prend une dimension capitale depuis le voyage d'Emmanuel Macron à Londres qui a annoncé un accord autour de la coalition des volontaires avec les Britanniques pour développer une capacité autonome de niveau corps d'armée.

L'outil militaire ne vaut que face à l'appréciation de la menace et aux ambitions qu'on a. La bataille conventionnelle avec des chars dont il faut tout espérer qu'elle n'ait jamais lieu. Toute façon en première ligne, ce seront les Polonais, ce seront les Allemands et ce seront les bales.

Ce qu'il faut en revanche, c'est que si les Baltes devaient être victimes d'opération hybride que j'évoquais, qu'on soit capable de les aider très rapidement. Vous écoutez Europin sur weekend 19h23 Jean-Louis Tiot député LR de Saintmarne membre de la commission défense et notre invité. En préparant cette émission avec Adrien Baget, le programmateur de cette émission, on a parlé évoqué d'une armée bonzai pour la France, je m'explique, une armée française complète, très professionnelle mais des moyens humains financiers pour le coup très limités.

Elle ressemble à quoi notre armée Jean-Louis Tariot ? Alors, l'expression armée bonsda, il y a effectivement une une expression euh de euh journaliste, il y a une autre expression qui dit la même chose, c'est une armée échantillonnaire. Nous avons fait le choix et je pense qu'on a eu raison, euh de n'abandonner aucune de nos compétences parce que retrouver des compétences quand vous les avez perdu, c'est très difficile.

Mais par exemple, dans le domaine du génie, on considérait qu'on ne se battrait plus en en centre-Europe et que le minage ou le franchissement d'un fleuve, c'est pas important. Aujourd'hui, on sait que c'est important. Donc effectivement, le véritable enjeu, c'est à la fois de gagner en masse et les réservistes aussi ont un rôle à jouer euh sans sacrifier pour autant la haute technologie.

Parce qu'il faut bien se rendre compte que aujourd'hui, on vit deux types de conflits en parallèle. L'Ukraine où c'est le sang, l'acier, les tranchées, mais en même temps sous les hautes technologies bon marché des drones. Et de l'autre côté, on a eu la réussite militaire exceptionnelle des Israéliens dans la frappe de contre l'Iran.

Ces frappes là, c'est la haute technologie israélienne américaine qui a permis de détruire à peu près toute la défense solaire iranienne. Et on est aujourd'hui confronté à ces deux défis. savoir avoir des produits en masse pas trop cher, qu'on puisse produire très vite si on en a besoin et en même temps avoir ces armes de décision de haute technologie.

Il faut des armes d'usure et des armes euh de décision. Ça sera pas l'un sans l'autre, c'est bien l'un et l'autre. Et avec une dimension de fond qui est une dimension industrielle, je vais prendre l'exemple des drones qui est aujourd'hui un un des éléments très nouveaux.

On doit être capable de les inventer et de les produire, mais ça sert à rien de les produire en masse aujourd'hui parce que les logiciels qui sont dedans changent à une telle vitesse que votre stock, il sera obsolète dans un an. Donc c'est là où il y a un partenariat à faire entre l'industrie militaire et l'industrie civile pour être capable au claquement de doigt une fois le premier choc encaissé de remonter en puissance. La guerre sera aussi industrielle.

Jean-Louiot, il faudra atteindre 100 milliards d'euros de budget de défense par an. Quand on voit que notre voisin allemand est proche de cet objectif, la France est à 50 milliards. On est très loin.

Oui, ça ne me fait jamais plaisir de constater que l'addiction de la France à la dépense publique depuis 1974 où on a progressivement baissé tout ce qui était l'effort régalien au profit de transfert dont on constate en plus aujourd'hui que ça marche plus ou moins bien, ça ne me fait pas plaisir. Et c'est vrai que dans un moment historique, notre situation budgétaire catastrophique est une source de faiblesse. La défense nationale, c'est l'ensemble d'un pays et avec une économie faible, c'est beaucoup plus compliqué.

Donc euh ça ne me fait pas plaisir. Euh faut aussi euh voir que mettre beaucoup d'argent pour une armée qui n'était pas une armée d'emploi, c'était le cas euh de nos alliés allemands, euh ça prendra beaucoup de temps avant de pouvoir produire tous ces effets. Mais euh quelque part, le combat de François Berérou pour réduire les déficits et le combat que nous portons pour les armées, c'est le même.

C'est renforcer la France dans son ensemble. Ce que je veux simplement dire, c'est que je Il faut surtout que la Russie, elle est entièrement tournée vers une économie. Exactement.

Et ce que je veux rajouter, c'est que un effort militaire, ça prend entre 5 et 10 ans et plutôt 10 que 5 pour produire ces effets. Donc je crois que dans les efforts budgétaires qu'on peut faire, on doit vraiment mettre cet effort militaire à part en sachant aussi qu'un effort militaire, notamment en matière d'équipement a des effets sur la recherche a des effets industriels dans les territoires. Notre industrie de défense, c'est 4000 entreprises, 200000 emplois non délocalisables.

Donc c'est aussi un enjeu industriel et je crois que le défi collectif qu'on a, c'est de faire face à ces menaces, mais aussi de transformer ce défi en une véritable opportunité, y compris industrielle, y compris technologique. Nous ne sommes les autres ne sont forts que de nos faiblesses. Vous écoutez repor weekend bientôt 19h28 avec nous Jean-Louis et Thiot.

Vous restez avec nous juste après le journal permanent de 19h30. On vous retrouvera pour poursuivre cette discussion. Le journal permanent c'est avec Maë Laurent dans un instant.

À tout de suite sur Europe 1. Non. Europ soir weekend 19h 21h Guillaume LRich en compagnie de Jules Torres journaliste politico JDD et Sarah Salman avocate.

Avec nous ce soir dans les studios d'Europe 1 Jean-Louis Thiot député à l'air de Sénémarn membre de la commission en défense et ancien ministre délégué auprès des ministres des armées et des anciens combattants. Jean-Louis Tiot, vous êtes également chargé par le premier ministre François Beou d'une mission sur la stratégie industrielle de défense européenne. C'est jusqu'à septembre donc vous allez bien travailler cet été.

Pas beaucoup de vacances. Le rarmement de la France se fera forcément à l'échelle de l'Union européenne ou pas ? Les deux sont liés.

Euh je l'évoquais tout à l'heure, la France n'est pas seule. On est dans un système de sécurité collective. Euh l'Union européenne qui est une puissance économique avait renoncé à être une puissance géopolitique.

Il est bien évident que si on met des moyens en commun euh si on participe à des projets euh en commun, ça peut permettre des économies d'échelle et ça a tout son sens et c'est nécessaire. Il y a deux limites à cela sur lesquelles il faut être vigilant. La première c'est que la défense européenne ça n'existe pas.

La défense c'est de la compétence des États, c'est en vertu des traités. Donc on peut avoir des coopérations industrielles capacitaire, mais la défense ce sont bien les États. Premier élément. 2e élément important euh à partir du moment où il y a de l'argent européen dans un projet, cela doit être dépensé pour des projets européens. rien ne serait plus absurde et certains de nos partenaires qui veulent acheter le parapluie américain seraient prêts à acheter avec de l'argent européen des matériels euh américains.

Et il y a une idée funeste qu'on entend de temps en temps BITD transatlantique c'estàd base industrielle et technologique de défense transatlantique. Si c'est ça, c'est la mort de la souveraineté industrielle européenne. Donc des coopérations, oui, mais en restant très vigilant sur ça, il y a et on se bat et je me suis battu du temps que j'étais ministre à Bruxelles et on continue avec les parlementaires européens, on se bat pour que dans les règlements à venir, un règlement qui s'appelle IPS, c'est du jargon, c'est un règlement de projet conjoint, nous ayons bien une autorité design européen, c'est que la concept soit européen, que la plus grande partie des composants soit européens et en plus qu'on ait des produits guitarf c'est que les Américains ne puissent pas nous interdire de les exporter à des tiers.

Avant de laisser la parole à Jul Tores, Jean-Louis Tiot, vous parliez tout à l'heure des 4000 sociétés françaises, industrie industrie française donc qui travaillent pour l'armement dans notre pays. Justement, elles sont soutenues, je suppose, par notre état. 4000, c'est suffisant pour réussir à à tenir.

Je dirais compte, c'est presque trop. c'est que on a aujourd'hui une industrie de défense avec tous les fournisseurs successifs qui est extrêmement fragmenté. Euh donc en tout cas ce que l'on doit faire c'est faire en sorte que ces 4000 entreprises euh puissent vivre donc et une visibilité sur les commandes.

On doit aussi les pousser à avoir des activités duales, c'est-à-dire dans le civil et dans le militaire parce que la réalité c'est que la plupart des technologies aujourd'hui critiques, elles viennent du civil. Les grandes réussites américaines en matière de défense récente. Je pense à une société comme Uuril qui s'est spécialisé dans l'intelligence artificielle et dans les drones.

Ça vient des technologies civiles. Donc on sera encore plus fort quand on aura les deux pieds civils et militaires ensemble. Je rappelle une époque où Thomson faisait à la fois des radars et des machines à laver.

L'exemple ukrainien montre que finalement ça marche pas si mal. Jules Torres. Euh non mais du coup, j'ai une autre question euh mais je poserai celle que j'avais avant, je vous le promets.

Euh non mais c'est très intéressant ce que vous dites euh parce que euh justement il y a des membres de l'industrie militaire euh qui de les de l'armement qui vous disent "Bon bah nous on est prêt mais on attend les carnets de commande de l'État. Euh on n' pas assez de commande par rapport à ce qui a été euh demandé notamment pour se mettre dans les clous de l'OTAN, notamment dans le cadre du projet de loi du plan de programmation militaire. Qu'est-ce que vous répondez à tous ces acteurs ?

On pense notamment par exemple à MBDA qui peut faire partir parfois de ceux qui vous disent "Bon bah on est prêt nous, on attend juste le feu vert du ministre." Comment comment vous répondez à leurs inquiétudes ? C'est un peu un petit jeu.

Alors il y a un phénomène réel. Il y a un phénomène réel, c'est que la motion de censure et le fait qu'on a pas eu de budget avant le mois de mars, ça a tout décalé. Donc quand vous vous appelez d'assaut ou Talè avec une trésorerie solide, c'est pas trop grave.

Lorsque vous êtes le euh sous-traitant 2 3 4 et que les commandes n'arrivent pas, on a des entreprises qui risquent d'aller au tapis avec ça. Donc il y a un effet euh motion de censure, il y a un effet euh prudence budgétaire excessive avec des gels et des surgels. C'est en train euh d'être réglé.

Après, il y a un 3è point, c'est qu'il y a une réforme structurelle aussi que doivent avoir certains de nos grands donneurs d'ordre qui vivaient quand même un peu dans la logique de l'arsenal et qui avait l'habitude de ne se reposer que sur les commandes françaises. Quand vous voyez le dynamisme de Rain Metal qui est le la grande entreprise d'armement terrestre allemande qui va chercher les marchés avec les dents en Hongrie, en Ukraine, qui fait des vicés des joint venturer en Ukraine, faut vraiment y réfléchir. Il faut plus de commandes, c'est évident et c'est ce qui devrait résulter, espérons-le, des annonces du président de la République.

Mais on a aussi à avoir une BTD globalement plus agile. C'est le propos d'ailleurs du de Sébastien Lecornu qui disait "On doit être sûr que tout soit le mieux dépensé." C'est intéressant.

Mais vous parliez justement de d'assaut, pourquoi on narrive pas à exporter davantage nos rafales ? Je crois que actuellement en Europe, il y a que trois pays qui ont ou ont commandé des rafales. Je crois qu'il y a la Croatie, je crois qu'il y a la Serbie et et la Grèce et la Grèce.

Euh, comment ça se fait qu'aujourd'hui par exemple les Danois achètent des F35 américains et pas des rafales français, des rafales européen, si je puis dire ? La réponse est très simple. Euh c'est un deal qui je crois sera perdant et un deal où on se dit on achète du F35 et donc on aura le parapluie militaire américain et on aura la protection des bombes nucléaires américaines.

Euh pour vous clairement nos avions sont meilleurs que les Américains. Non, je dis pas qu'ils sont meilleurs. Je pense qu'ils sont au même niveau.

C'est pas pas une question de meilleur ou pas meilleur mais en tout cas il y a aucune raison industrielle qui ne soit pas choisie. Ce qui est curieux, c'est que le le la seule la seule menace aujourd'hui pour les Danois territorial, c'est les Américains au Groenland. Oui, mais vous avez remarqué que monsieur Trump s'est un peu calmé.

Je suis pas sûr qu'ils aient envie de réactiver le de remettre une pièce dans la machine. Là où je suis pas d'accord, c'est que c'est pas la seule menace. Quand vous regardez la présence navale en Baltique, ils le vivent très différemment de nous.

Et c'était je rebondis une seconde sur ce qu'on disait, sur le sentiment de la menace. Nous, on est loin, on a l'impression que la menace est loin, mais aller faire un tour dans l'ensemble des pays du Florest, les opinions en sont conscients. Et je crois que c'est ça qu'on doit transmettre.

La menace, elle nous concerne par le sud ou par l'est. Vous écoutez Europe un soir weekend et je laisse la parole justement à Sarah Salm. Quand vous parlez de menaces, vous parlez de toutes les menaces endogènes et exogènes.

Mais par exemple pour la menace russe, on l'a vu en avril, c'est la première fois que la France a vraiment nommé en disant il y a eu une menace, une cyberattaque russe. Et c'est la première fois que c'était dit publiquement alors qu'il y a eu plein d'exemples par le passé où c'était le cas et d'après vous, pourquoi on le dit aujourd'hui alors qu'on l'avait jamais dit avant, c'était je crois le 29 avril. Non, il y avait à la fois une volonté de ne pas être escalatoire et une autre un autre élément qui est que techniquement c'est toujours très compliqué d'attribuer parce que ils utilisent des proxy qui utilisent d'autres proxy.

Donc on pourra toujours trouver euh l'individu qui sur Twitter va dire en fait c'est pas les Russes. Donc il y a aussi un élément technique. Aujourd'hui c'est un choix politique.

On assume de savoir qu'on est ciblé et je crois que mais avant on le disait pas. Avant, on ne le disait pas et je crois que l'élément important il y a eu le ce qui s'est passé en euh Roumanie où on a vu à travers la manipulation d'algorithme euh que ça a pu avoir des conséquences et je crois que ça a désinhibé euh une inquiétude euh légitime euh des décideurs politiques en Europe d'attribuer ou de ne pas mais ça montre aussi nos propres lacunes. Donc s'il y a bah si admettre admettre qu'il y a eu une cyberattaque russe.

Non, mais des cyberattaques, vous en avez tous les jours. Vous avez des voyou euh qui attaquent. Vous avez une dimension euh aussi, je l'espère.

On répond nous aussi, je l'espère. Officiel, non. Oui.

Alors, si vous voulez, vous avez on a des services qui s'occupent de ça, mais de toute façon, nos sociétés sont extraordinairement vulnérables, entièrement dépendantes du numérique. On doit travailler à la résilience. Ce qui me permet d'ajouter un dernier point dans cette à la veille de la fête nationale.

Notre capacité à nous défendre, elle dépend de tous les moyens qu'on a évoqué, mais elle dépendra d'abord de notre unité nationale. Elle dépendra d'abord de notre cohésion nationale. Sans aimer notre drapeau, on s'en sortira pas.

Et c'est ça le combat qu'on doit justement aimer son drapeau parmi les annonces attendues du chef de l'État, peut-être celle d'un service militaire revisité pour volontaire. Vous pouvez nous en dire un petit peu plus si vous en savez sur le sujet et est-ce que vous y seriez favorable à ce service militaire revisité ? Alors le projet est encore assez nébuleux à ce stade donc on sait pas exactement.

Oui, j'y suis évidemment favorable. On a besoin de jeunes qui s'engagent. On n pas besoin de rétablir la conscription.

On aurait 700000 jeunes parce que hommes et femme ça fait 700000 jeunes. On saurait pas les armés, on saurait pas les entraîner, ça coûterait une fortune. Mais on a besoin d'avoir 30 40 500 jeunes qui tous les ans une formation militaire.

C'est ça qui est plus ou moins dans les tuyaux. 6 mois, 1 an, j'en sais rien. Je crois qu'il faut à la fois l'encourager parce que ça crée de la cohésion sociale.

Il faut aussi que ça en vaille la peine. Moi, je ne serais pas hostile. Et là, c'est que Jean-Louis Tiot qui s'exprime.

Est-ce que avoir fait ça, ça vous donne des points en plus dans Parcours sup ? Parce que c'est un engagement extrêmement fort. Qu'avoir fait ça, ça vous donne la possibilité d'être certain d'avoir le permis de conduire sans le pays.

Enfin, tous ces éléments-là, ça aurait du sens. Dans ma génération, quand on faisait son service militaire, on sortait avec de son pays, son drapeau. Fier de son pays, de son drapeau.

On sortait aussi avec le permis de conduire. Et quand on sait aujourd'hui à quel point les régions ram pour arriver à financer, et bien voilà l'exemple même de ce qu'on pourrait faire. Le permis de conduire après, enfin ça peut être une bonne idée si vous l'avez du premier coup, ça coûte pas si cher.

C'est si vous le ratez beaucoup de fois. Non non mais après non mais je vois vous voulez mettre une carotte. Non mais c'est on va pas on va pas servir 6 mois.

On se on se pas drapeau pendant 6 mois ou un an pour une carotte. Mais si en plus on peut donner ça, c'est mieux. On le fait parce qu'on aime son pays.

On aime son drapeau. On est d'accord. Merci à tous les deux.

Eins weekend 19h42. Merci Jean-Louis Thiot, député LR de Saint-Emarne et membre de la commission défense d'avoir répondu à nos questions sur Europe. Dans un instant, le journal permanent de Maë Laurent pour faire le tour de l'actu et juste après, nous parlerons avec Sarah Salman et Jul Toress d'Emmanuel Macron qui instaure ce 12 juillet comme journée de commémoration pour la réhabilitation du capitaine Drefus.

C'est tout de suite sur Europein. [Musique]

Défense nationale : «Sans aimer notre drapeau, on ne s’en sortira pas», assure le député LR J — Jean-Louis Thiériot · Pourquijevote