Attractivité : la France reste championne d'Europe - C dans l’air - 17.05.2025
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Questions et réponses
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La France reste-t-elle championne d'Europe de l'attractivité en 2024 malgré l'instabilité politique ?
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Pourquoi l'Allemagne et le Royaume-Uni baissent-ils plus que la France ?
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Quels sont les points faibles de la France en termes d'attractivité ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Quels sont les points forts de la France en matière d'attractivité ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Les sommets comme celui de l'IA ou Choose France ont-ils un impact réel sur l'attractivité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00M.LhermitteFait
« Cette nouvelle donne politique a créé de l'incertitude, notamment fiscale. »
- 4:00M.LhermitteChiffre
« En 2024, l'investissement s'est contracté de 5 %. »
- 4:00M.LhermitteChiffre
« L'énergie aux États-Unis est 4 fois moins chère. »
- 6:00M.LhermitteFait
« La France est aussi la 2e économie européenne. »
- 8:00M.LhermitteChiffre
« La France est le pays qui a reçu le plus d'investissements en matière d'IA. »
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Essayez le nouveau ZzzQuil Sommeil Spray. ... - A.de Tarlé: M.Lhermitte, bonsoir.
Vous êtes associé au sein du cabinet EY, qui publie chaque année le baromètre des pays les plus attractifs d'Europe sur le plan économique. La France, depuis 5 ans, était en tête. On va voir ce qu'il en est du dernier millésime.
Cocorico! C'est à nouveau la France qui a été le pays le plus attractif pour les investisseurs étrangers en 2024. Ca peut paraître surprenant.
Vous-même aviez alerté l'été dernier sur l'émoi des investisseurs étrangers vis-à-vis de la dissolution et de l'instabilité politique qu'il y a en France depuis. - M.Lhermitte: Cette nouvelle donne politique a créé de l'incertitude, notamment fiscale.
Mais le Royaume-Uni a aussi eu ses propres élections et une bascule très forte vers un gouvernement travailliste, qui a ajouté de la fiscalité sur les entreprises. En Allemagne, il y avait un flottement. Les chefs d'entreprise étaient très remontés contre une absence de cadre politique et économique.
La France, finalement, et ses 2 compétiteurs, baissent beaucoup dans une année qui est difficile pour l'Europe. Mais la France conserve sa 1re place. - A.de Tarlé: On est numéro 1, mais tout le monde baisse.
Les Allemands, ce sont eux qui baissent le plus en Europe. On entend souvent dire que c'est à nouveau l'homme malade de l'Europe, l'Allemagne. Le pays est presque en récession. - M.Lhermitte: Il faut savoir ce qui se passe en Europe.
Les 3 pays sont très liés. En 2024, l'investissement s'est contracté de 5 %. Pendant ce temps, l'investissement international aux Etats-Unis augmentait de 20 %.
Les investisseurs américains de plus de 3 ans ont réduit la voilure de moitié en Europe. Le plan Biden... - A.de Tarlé: Vous parlez de 2024.
C'était sous J.Biden. - M.Lhermitte: On le voit en Europe.
Dans ce contexte européen, vous avez 3 pays qui représentent à peu près la moitié des investissements qui viennent, les 3 plus grosses économies européennes, les 3 endroits où on a envie de mettre de la recherche. Ces 3 pays sont touchés par ce phénomène européen. Finalement, l'Europe est une zone sans croissance depuis 3 ans, depuis la guerre en Ukraine.
On n'a pas de croissance en Europe. Cela contraste avec la croissance dans les pays asiatiques. 3 à 4 % de croissance aux Etats-Unis.
Il y a aussi l'énergie. C'est un facteur qui touche l'Allemagne, notamment. L'énergie aux Etats-Unis est 4 fois moins chère.
On ne se gêne pas pour aller pomper du gaz de schiste, là-bas. La France a un avantage dans cette guerre de l'énergie qui est très importante pour les industriels. On a une énergie nucléaire.
Elle est très demandée par les entreprises, qui y voient une énergie décarbonée. C'est très important pour leurs bilans, leurs clients, leurs parties prenantes. La France est aussi la 2e économie européenne. - A.de Tarlé: Vous avez comptabilisé les investissements et vous avez interrogé les grands patrons.
Vous leur avez demandé ce qui les inquiète en Europe. Ils vous répondent: en 1, les conflits géopolitiques, en 2, le contexte macroéconomique, et en 3, la guerre commerciale. Trump et Poutine sont des facteurs d'incertitude. - M.Lhermitte: L'Europe, ça a toujours été complexe, un peu agaçant.
Il y a une valeur refuge. C'est la 2e région économique mondiale, d'abord. Depuis 3 ou 4 ans, l'Europe, c'est aussi une région d'instabilité.
C'est assez nouveau à nos frontières, avec la guerre en Ukraine, mais aussi parce qu'il y a les convoitises d'industriels chinois. La géopolitique va nous toucher, directement ou indirectement. C'est ça que les entreprises regardent.
Dans certaines régions, il y a des risques avérés. L'Europe reste quand même une valeur sûre. On peut y faire beaucoup de choses.
Il y a des géants mondiaux, notamment en France, dans l'agroalimentaire, l'aéronautique. Cet endroit est un peu moins tranquille et certain qu'auparavant. - A.de Tarlé: Points forts et points faibles, en France?
Commençons par les points faibles. Les investisseurs étrangers disent que la main-d'oeuvre est chère. On ne le sait pas tellement, mais une heure de main-d'oeuvre coûte plus cher en France qu'en Allemagne, alors que ce n'est pas la Deutsche Qualitat chez nous.
Toutes les politiques de compétitivité n'ont pas permis à la France de rejoindre la moyenne de la zone euro. On est à 44 euros de l'heure versus 38 euros pour la zone euro. - M.Lhermitte: C'est notre gros talon d'Achille.
C'est la faiblesse de la France. Quand on compare un peu rapidement avec les 1ers tris qu'on fait quand on a des sites implantés, quand on doit faire des arbitrages...
Plus de 5000 entreprises ont fait ces choix en Europe et ont comparé les pays. On regarde d'abord la masse salariale, surtout dans une période de faible croissance où les marges se réduisent. C'est le 1er poste de dépenses d'une entreprise.
Elle est toujours beaucoup plus importante en France que dans d'autres pays. On n'est pas trop payés en France car on se rend compte que le reste à dépenser pour les Français n'est pas considérable. Mais le choix qui a été fait d'affecter à notre salaire, à nos revenus, des charges salariales, patronales, ces cotisations qui rémunèrent un certain nombre de services publics, c'est difficile à vendre quand vous êtes une entreprise américaine ou chinoise.
D'abord, vous vous demandez s'il y a un endroit où vous pouvez avoir un peu de marge de manoeuvre. La France a du mal à le faire. Elle a réussi à intéresser beaucoup d'entreprises. 1025 l'an dernier.
Elle crée moins d'emplois, à cause notamment de ça. Il y a aussi une certaine prudence qui reste par rapport à la manière d'ajuster les outils industriels en France. Quand on a un retournement de conjoncture, un client qui lâche, c'est un peu plus compliqué en France avec le droit social. - A.de Tarlé: On ne va pas bouder notre plaisir.
La France est numéro 1 pour l'attractivité. Ca veut dire qu'on a des points forts. On va les regarder ensemble.
Vous les avez listés. D'abord, le marché intérieur. En France, on est nombreux et on est au centre de l'Europe.
En gros, il y a des clients. Ensuite, l'innovation et la R&D. - M.Lhermitte: Ca fait 10 ou 15 ans que la France s'est organisée un peu mieux pour regrouper les universités, les pôles de recherche, dialoguer un peu mieux dans les entreprises quand on est dans la recherche publique.
Ca se voit. Il y a une French Tech. On fait de la science, en France.
C'est dans ce secteur qu'on a de bonnes nouvelles en 2024. - A.de Tarlé: Vous avez listé par secteurs là où la France est la plus attractive.
Pour l'IA, je pensais voir l'Angleterre en numéro 1, mais la France est le pays qui a reçu le plus d'investissements en matière d'IA. C'est assez inattendu. - M.Lhermitte: On a des concurrents super forts.
Il faut regarder les projets autour de Londres. En nombre d'investissements, on est numéro 1, et de très loin. Ce n'est pas de la poudre aux yeux.
Le sommet de l'IA... - A.de Tarlé: Ca joue, tous ces sommets?
E.Macron a fait le sommet de l'IA en février. Lundi, il y a le sommet Choose France, où E.Macron invite tous les grands patrons.
Le patron de la grande banque américaine JP Morgan va créer un millier d'emplois supplémentaires dans la capitale. Il dit que tous ces investissements n'auraient pas eu lieu sans l'engagement du président français. Ca compte? - M.Lhermitte: Oui.
On voit bien que la France n'a plus la stabilité politique qu'elle avait avant. Les entreprises en ont fait leur deuil. Ca ne les rassure pas tant.
Le budget 2025 a été fait avec difficulté. 2026 va être compliqué à boucler. Ca veut dire des conséquences fiscales.
Quand on se compare de l'extérieur, quand on voyage dans le monde, au Japon, en Chine et aux Etats-Unis, il y a une personnalité politique qui incarne assez bien l'Europe économique, pro-business, c'est le président Macron. Je ne dis pas que ses homologues européens n'ont pas le même charisme économique, mais on sait que la France a une sorte de continuité, notamment sur la recherche, innovation, la technologie. Ca se voit dans l'IA. - A.de Tarlé: Bonnet d'âne en Europe pour les finances publiques, mais félicitations en termes d'attractivité politique pro-business. - M.Lhermitte: La question des finances publiques, la dette, ça inquiète.
Les chefs d'entreprise n'aiment pas du tout ça. Il faut balayer devant notre porte. - A.de Tarlé: Merci.
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