Édition Spéciale : François Bayrou, l’interview événement sur LCI avec Darius Rochebin
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
...très exactement ce jeune cycliste dont on n'avait pas de nouvelles en Iran, son arrestation est maintenant confirmée. On ne sait pas tout à fait ce qu'allèguent les autorités en Iran. Quel est le message que vous leur adressez ? D'abord, en effet, son arrestation, l'arrestation de ce jeune homme qui s'appelle Laurent, est confirmée que les autorités françaises sont en liaison avec les autorités iraniennes. Deuxièmement, qu'on n'en parle pas davantage pour ne pas mettre en difficulté ou en péril l'issue de cette affaire.
Troisièmement, que les Français, spécialement les jeunes Français qui nous écoutent, ne croient pas que lorsque les pouvoirs publics disent qu'il ne faut pas aller dans ce pays, c'est une lubie où on peut parfaitement les détourner. Vous avez vu que sur ces réseaux sociaux, ils s'étaient moqués beaucoup de la consigne de ne pas aller en Iran. Au contraire, il faut respecter ces consignes. Il y a des pays particulièrement dangereux dans le monde. Et si les autorités françaises disent « Attention, s'il vous plaît, faites attention », mesurez ce que ça signifie comme mobilisation pour essayer de sortir ce jeune garçon. Et les autorités sont naturellement en contact avec sa famille.
Quel est le message que vous adressez précisément au gouvernement athéant ? Tout le monde sait que le devoir des pays est de ne pas persécuter des innocents qui sont parfois inconscients des risques qu'ils courent, que nous avons un devoir de protection réciproque et que ce devoir de protection réciproque, surtout dans les temps si difficiles de tensions et de guerres où nous sommes, il faut le respecter pour que les pays puissent ensemble tracer un jour un chemin vers la paix. François Bayrou, la situation de la France. Je cite vos propres mots. « Le danger pour la France est immense. Ça donne le ton des enjeux, notamment de l'urgence, de la réforme dont on va parler maintenant.
Les réformes faites, mais aussi les réformes à faire, le gouffre financier, le risque de basculer dans l'inconnu. Plus tard dans l'émission, vers la fin, on parlera de votre avenir à Matignon et évidemment de ce que ça détermine pour la France entière, pour la situation de la France. D'abord aussi, peut-être une note, si on veut, optimiste, vu de l'histoire. Aujourd'hui, c'est la capacité de se relever dans les plus durs moments. Aujourd'hui, à Vichy, vous avez rendu hommage à ces 80 parlementaires qui avaient dit non au plein pouvoir, au maréchal Pétain. C'était un même 10 juillet 1940. Quelle est la leçon que vous tirez de ce moment-là ?
Bon, la première chose, c'est que vous vous souvenez ce que ça signifiait, juillet 1940. Un pays tout entier jeté sur les routes, effondré dans sa défense militaire, effondré dans son moral. Un pays qui croyait qu'il était armé pour résister et qui tout d'un coup découvre qu'il ne tient pas face à l'ennemi. Personne ne l'imaginait ? Personne ne l'imaginait, on imaginait le contraire. Il faut penser que 20 ans auparavant, c'était la victoire de 1918. Et que donc, un pays où les anciens combattants jouaient un rôle très important, vous savez ce que c'est la guerre de 1914, 20 ans avant ? C'est 1,4 million morts. 1,4 million des jeunes hommes, entre 20 et 40 ans, tués.
Et au moins deux fois autant blessés. Et donc, ça avait été une épreuve, on croyait que c'était la der-de-der, vous vous souvenez ? On disait que c'est la der-de-der. Et puis, le nazisme arrive, on le voit arriver, mais on ne prend pas tout ça au sérieux. Et puis, il y a des accords dont on croit qu'ils vont éviter la guerre, les accords de Munich. Et il y a très, très, très peu d'observateurs qui disent, attention, là, c'est un danger que nous n'arriverons pas à conjuguer. Là, c'est un danger mortel.
Et le pays tout entier s'abandonne à la figure du maréchal Pétain, qui avait la stature et puis qui avait été le héros de la guerre de 1914, et puis qui offrait au pays quelque chose qui paraissait d'une autorité. Tout le monde s'abandonne, sauf une petite poignée, qui vont être des résistants. Le général de Gaulle qui part à Londres, et ces 80-là, parlementaires, députés, sénateurs, et une vingtaine qui s'est embarquée pour l'Algérie. Pour l'histoire, rappelons la proportion.
Il y avait 80 qui ont été, c'est courageux, honneur à eux, mais 569 parlementaires, de droite et de gauche, qui ont voté oui à Pétain, régime odieux qui est au milieu même de la débâcle, considéré comme sa première priorité, une de ses premières priorités de voter le statut des juifs. Oui, c'est même pire que ça. Alors donc, 12% des parlementaires, il est vrai de tous bords. Il ne faut jamais oublier, c'est la chambre du Front populaire, la chambre de la gauche unie, qui vote les pleins pouvoirs à Pétain. Un peu redimensionné, parce que les communistes n'en étaient pas tous. Ils soutenaient le pacte germano-soviétique pour une grande partie d'entre eux.
Qui votent les pleins pouvoirs à Pétain. Et cette poignée-là, aujourd'hui, précisément, jour pour jour, il y a 85 ans, ont osé dire non. Et donc, j'ai voulu aller au nom du gouvernement, avec leur famille, 85 ans après. J'ai amené avec moi Charles de Courson, qui est le petit-fils d'un des 80. Et ces 80-là ont osé dire non avec tous les risques qu'ils allaient courir. Et je trouve qu'il y avait quelque chose, qu'il y a quelque chose dans cette mémoire, qui permet aussi de penser qu'un pays se relève, à une condition, c'est qu'il ne perde pas les valeurs pour lesquelles il veut vivre. Nous avons construit en France une république.
C'est le mot qu'on utilise pour dire, c'est une organisation politique qui porte des valeurs. la volonté de se respecter, de vivre ensemble. Et c'est le plus précieux de ce que nous avons. Est-ce que vous dressez un parallèle ? C'est presque un lieu commun de dire, il y a quelque chose dans les années 30, dans ce que nous vivons. Il y a aussi la fragilité économique, ça va être la grande partie de notre émission, entre, heureusement, c'est beaucoup moins tragique aujourd'hui, mais il y a de grands dangers, et aujourd'hui.
Alors, il y a quelque chose de frappant dans les années 30, c'est que tous les piliers de la société, qu'on croyait impossibles à fragiliser, qu'on croyait surpuissants, que tous ces piliers se sont effondrés. Vous savez, il y a un très beau livre d'un historien qui s'appelle Marc Bloch, dont le titre est magnifique, c'est « L'étrange défaite ». Et, comme vous savez, c'est un thème que j'ai essayé de porter dans la vie politique française. Nos fragilités menacent notre avenir. À condition que nous sachions les identifier, et à condition que nous sachions y répondre, alors nous pouvons trouver un chemin différent.
Ça a été le cas pour la dette, dont nous allons parler beaucoup, ça fait plus de 20 ans que j'essaie d'appeler l'attention de nos concitoyens sur ce très grand sujet. Et tant d'autres faiblesses. Eh bien, ces faiblesses-là, il est temps de les conjurer, de les affronter, de les identifier, et en effet de sortir de ces dérives-là. Alors, M. le Premier ministre, faisons-le. Parlons d'abord du déficit public de la France. La Cour des comptes le révèle dans une ampleur qui donne encore plus le vertige. Regardez les courbes qui se sont croisées. La France est désormais l'état de la zone euro, qui affiche le déficit le plus important à 5,8 points du PIB.
Regardez bien la courbe qu'on va afficher ici. On comprend bien que l'Italie, dont on avait si longtemps dit que c'était les pays du Sud, vous vous rappelez, on disait les fourmis, on disait les cigales, pardon, avec un tout petit peu de mépris. Regardez, la France... On disait le Club Med. Le Club Med, voilà. Là, le Club Med se venge un peu, parce que le Club Med fait mieux que la France. Quelle est l'attention que vous tirez de ça ? Alors, je pense qu'une chose essentielle est de caractériser où nous en sommes sans nous laisser décourager par les difficultés, et notamment par l'idée que nous serions devenus incapables de répondre aux questions qui se posent à nous.
Nous avons laissé s'accumuler des déficits depuis des décennies. Vous savez de quand date le dernier budget en équilibre qui a été voté en France ? C'est très ancien. 1974. Il y a plus de 50 ans que chaque année, la France a dépensé plus que les recettes qu'elle pouvait réunir. Et si une famille dépense tous les ans plus que ce qu'elle a comme ressources, si une entreprise dépense tous les ans plus que ce qu'elle a comme ressources, si une association... Eh bien, il est sûr qu'elle se plonge dans un risque énorme que tout le monde connaît, dont tout le monde connaît le nom, qui est le risque du surendettement. Mais, M. le Premier ministre, ça a empiré.
Parce que regardez ce taux autre graphique, parce que tout le monde s'attendait, connaissant cette situation, que la part des dépenses publiques diminue. Et c'est le contraire qui s'est produit. Regardez, tout est là dans ce graphique-là. On voit très bien que, légitimement, la France a fait un très grand effort pendant le Covid. Et ensuite, il s'agissait de diminuer. Et la France l'a fait de manière méritoire, 2021, 2022, 2023. Et là, ça paraît martien. Au moment où il faudrait dégraisser la dépense publique, c'est le contraire qui se produit.
De façon pédagogique, en deux phrases, pour le public qui est là, pour celles et ceux qui nous entendent, est-ce que vous arrivez à expliquer ceci qui paraît tellement inexplicable ? Vous savez ce qui est arrivé. Quoi ? Le Parlement, il y a eu de nouvelles élections, un nouveau Parlement. Et le Parlement a dit, de ces économies, nous ne voulons pas. Et ils ont renversé, le Parlement a renversé le gouvernement de Michel Barnier, qui me précédait. Et donc, il a fallu, lorsque nous avons été nommés, c'était à la fin du mois de décembre, la France n'avait pas de majorité, elle n'en a toujours pas. Elle n'avait pas de budget pour l'action publique, l'action de l'État.
Et elle n'avait pas de budget pour la sécurité sociale. Puisque vous savez, tous les ans, le Parlement vote ces deux budgets-là, action publique de l'État et sécurité sociale. Et vous, vous avez tenu bon, contrairement à M. Barnier. Mais vous ne nous allez pas vous en tirer comme ça. Regardez, parce que le but, c'est, je crois, les 3% en 2029. Mais ça, c'est la promesse. Pour arriver à la promesse, écoutez ce que dit le gouverneur de la Banque de France. Il dit, c'est quand même tellement loin et tellement improbable qu'il va falloir des efforts avant. Écoutez ce qu'il dit et vous réagirez.
Par rapport à ce cap 2029 de 3%, il faut une étape significative de réduction du déficit l'an prochain, passer nettement sous 5%, le plus proche possible de 4,5%. Voilà, là, il y a une demande de la Banque de France. C'est-à-dire, avant le rêve, qui serait les 3% en 2029, dès à présent, aller en direction du 4,5% de déficit. Est-ce que c'est possible ? Ben, c'est pas seulement que ça soit possible, c'est que nous allons le faire. L'engagement que j'ai pris, le contrat que j'ai avec les Français, un contrat moral, c'est que, oui, nous n'allons pas laisser les déficits s'accumuler. Lorsque nous avons été nommés, les déficits étaient proches de 6%.
Ça veut dire qu'on dépense 6% de plus que les ressources qu'on a accumulées. Et pour faire face aux dépenses, on emprunte. On est à 5,8%. Exactement comme une famille. On est à 5,8%. Nous allons cette année passer à 5,4%. Et l'année prochaine, c'est le budget que nous allons annoncer, c'est les principes que je vais présenter mardi, après-midi, avec ce que ça suppose comme décision à prendre. Nous allons aller vers 4,6%. C'est exactement ce que dit le gouverneur de la Banque de France. Mais cette année, ça ne sera pas improvisé à la dernière minute.
Pour une fois, pour la première fois depuis très très longtemps, dès le début du mois de juillet, le gouvernement va dire ce que sont les contraintes, les efforts nécessaires, les décisions à prendre pour qu'on se tire de ce piège mortel. Et ce sera vraiment cette fois votre budget, votre responsabilité. Alors, je vais être honnête avec vous, François, vous savez comment sont les journalistes, ils sont toujours d'une rigueur absolue, vous qui les aimez tellement. Ce qui est convenu, pourquoi est-ce que vous souriez ? Ce qui est convenu, c'est qu'évidemment, il ne s'agit pas de défleurer ce que vous allez annoncer le 15, mais de parler des principes. Et vous savez combien...
Je ne le ferai pas. Vous avez raison. Je vous ai dit quand vous m'avez invité, je viendrai, mais je ne vais évidemment pas spoiler, comme vous dites, dans votre langage. Ne vous inquiétez pas, et ça n'est pas mon langage non plus. Révéler, et donc vous m'avez dit, bien sûr... L'esprit, l'esprit quand même. L'esprit, cependant, et notamment parlons de la croissance, parce que le vrai miracle, c'est ça. La croissance, c'est le médicament universel. Bercy dit 0,7%. Et là, ce n'est pas très fameux, c'est plus ou moins la stagnation, 0,7%. Si en plus, Trump mange en partie ça, avec son 10% de taxe, peut-être 20%, qu'est-ce qui va rester ?
Alors, vous posez une question très importante, et on va s'y arrêter un quart de seconde. Bien sûr, il va falloir faire des efforts. Bien sûr, il va falloir faire des économies. Plus qu'on n'en a jamais fait. Je crois, de mémoire, je n'ai pas souvenir qu'il y ait eu une mobilisation du gouvernement autour de l'idée qu'on ne va pas laisser dériver les choses, on ne va pas laisser s'enfoncer notre pays. Et je vous dirai dans une minute ce que veut dire « on ne va pas laisser s'enfoncer le pays ». Et donc, on va prendre des décisions et des orientations. D'habitude, on annonce ça à la fin du mois de septembre.
Nous allons l'annoncer à la fin de la première quinzaine de juillet, deux mois avant les autres années. Pourquoi ? Pour que les Français se donnent à eux-mêmes ce cap, se disent à eux-mêmes, comprennent ou acceptent l'idée de la gravité de ces choses. Parce que ceux qui dirigent vraiment le pays, ce n'est pas les gouvernants, c'est les Français. Par votre intermédiaire, par l'intermédiaire des médias, par l'intermédiaire... Mais le rapport de vérité qui doit présider au pacte entre les citoyens et les gouvernants, ce rapport de vérité, il sera respecté. M. le Premier ministre, est-ce que ça passera par des sacrifices ? Pardon, je vous laisse...
Excusez-moi, parce que j'avais commencé à répondre précisément à la question que vous avez posée. Je vous laisse finir. Parce que, évidemment, nous dépensons plus que nos ressources ne nous le permettent. Donc, on est obligé d'emprunter l'argent qu'on n'a pas. Et ça crée des difficultés dont on parlera énormes et des menaces énormes. Et une charge de la dette quand on est... Mais le fond de l'affaire, et c'est pour ça que c'est extrêmement difficile, c'est que nous sommes dans cette situation parce que nous ne produisons pas assez.
Si la France produisait des richesses tous les ans comme ses voisins, on n'aurait pas de problème de financement de notre action publique ni de notre action sociale. Et que donc, pour moi, l'essentiel, c'est, en même temps, ou au moins aussi important, c'est de donner un élan à la production du pays. Et on va entrer dans le détail. Production agricole, production industrielle, production intellectuelle. On va entrer dans tous les détails par les moyens par lesquels vous voulez passer pour doper cette production. Mais on ne m'a pas répondu quand même. Sur ce qui restera de la croissance si... Allez, prenons l'hypothèse la plus optimiste. 10% de taxes.
Qu'est-ce qui restera, selon vous, de la croissance de la France ? Ce que nous voudrons en faire, et la détermination qui sera la nôtre. Je ne crois pas que nous soyons en face du président des États-Unis comme le petit oiseau en face du serpent. Je ne crois pas que nous soyons sans armes, sans capacité de nous faire entendre. Je ne crois pas que l'Europe et la France soient à ce point désarmées. Je pense que, depuis très longtemps, nous avons le devoir de construire une influence au moins aussi grande. Vous savez, les difficultés budgétaires que je décris, c'est aussi les difficultés des États-Unis. C'est les mêmes.
C'est le seul pays dans le monde qui a le même type de difficultés, c'est les États-Unis. Ils ont la planche à billets. Mais eux, ils ont le dollar. C'est-à-dire qu'ils sont capables, au fond, de favoriser leur croissance en ayant une création monétaire, ou en tout cas une ouverture à la création monétaire qui donne de l'optimisme à leur économie. Mais cependant, François Bérou, un mot de tonalité. Laissez-moi dire ce rêve. Et je rêve que la Banque Centrale Européenne sente, mesure qu'elle a son rôle à jouer dans la croissance de l'Union Européenne. En faisant quoi exactement ?
Eh bien, en prenant les mêmes principes qui sont de favoriser la capacité des entreprises à investir, des pays à investir. Autrement dit, qu'elles soient en soutien à l'activité, au lieu d'être en freinage de l'activité. Ça veut dire quoi ? Quand t'as c'est tôt, par exemple ? Oui, quand t'as c'est tôt. Qu'elles fassent quoi exactement ? Je vais vous dire ce que je crois. Nous vivons avec l'urgence et le besoin de trouver des prêteurs pour notre économie, pour notre pays. Des gens qui acceptent de nous prêter en pariant sur notre avenir. Et qu'est-ce qui fait qu'un prêteur prête ?
C'est qu'il a le sentiment que son argent va lui revenir avec les taux d'intérêt qui lui permettront de justifier son investissement. La confiance. Et donc, il faut de la confiance. Et il faut qu'il y ait un différentiel positif, une différence positive, entre les taux d'intérêt et la croissance qui est attendue. Mais pardon, M. Bayou, la confiance manque précisément. On est au stade assez vertigineux où la France emprunte plus chèrement que l'Italie. Parce qu'elle a fait des sacrifices. Au même taux, à peu près. Une chipotante. L'Italie est à 67 ans de la retraite. Elle a fait, elle, des sacrifices. J'aimerais vous entendre juste sur ce mot-là.
Est-ce que oui ou non, ça passera en France par des sacrifices ? Ça passera par des efforts. Pourquoi évitez-vous le mot-sacrifice ? Parce que si ceux qui nous écoutent retiennent de l'émission les sang, les larmes, il n'y a pas d'espoir, on va être obligé, il n'y a pas de porte qui s'ouvre sur l'avenir, alors je ne fais pas mon travail. Quand vous dites, est-ce que vous vous rendez compte de la gravité des choses, je vais vous dire, pourquoi croyez-vous que je sois là ? Pourquoi croyez-vous que j'ai été nommé dans cette responsabilité et on a essayé bien d'autres expériences avant ? Et puis là, on était devant une difficulté particulière.
Et donc, est-ce que nous avons conscience de la gravité des choses ? Oui, et mon but est que ceux qui nous écoutent, en tout cas nos concitoyens, les Français, se rendent compte de la nécessité absolue, impérieuse, d'apporter enfin des réponses qui soient solides, substantielles. 40 milliards à trouver, 40 milliards à trouver, et aujourd'hui, ce matin, le journal de l'Opinion affirme que Bercy veut économiser plus, alors à l'échelle de la dette, on dira que ce n'est pas grand-chose, mais enfin, 45 milliards, quelle est la bonne version ? 40 ou 45 milliards ? Vous verrez. Je vous ai dit que je ne... Regardez, vous avez un dessin de cac.
Je vous ai dit que je ne détruirai pas la communication que je dois faire mardi, en révélant à l'avance ce que nous allons faire. Mais je vais vous dire, peut-être qu'il faut s'arrêter une seconde pour expliquer ce que ces 40 milliards sont. Oui. Nous devons atteindre un but précis, le plus vite possible, et ce qu'on a fixé, c'est 2029, c'est-à-dire dans 4 ans. le but à atteindre, c'est que la dette arrête d'augmenter, cesse d'augmenter. Et 3%, c'est le seuil, à peu près, à partir duquel, 3% de déficit du pays, à partir duquel la dette n'augmente plus. Et donc, ce seuil-là, on va l'atteindre. Pour l'atteindre, il faut des marches d'escalier.
Et cette année, la marche d'escalier, elle est importante, comme le disait tout à l'heure le gouverneur de la Banque de France. La marche d'escalier, elle est à peu près de 40 milliards. Et jamais on ne présente des efforts de cet ordre. Ces efforts, vous me demandiez quel principe. Je veux que tout le monde y participe. Je ne veux pas qu'il y ait des catégories ciblées et d'autres qui ne le sont pas. Avec un effort de justice, qu'il va falloir, évidemment, mettre en place. Est-ce que ça voudra dire une augmentation d'impôts ? Non. Pas principalement. Qu'est-ce que ça veut dire, pas principalement ? C'est-à-dire, il peut y avoir, ici ou là, des efforts particuliers.
Mais je ne crois pas que ce soit par l'impôt qu'on résout des problèmes de cet ordre. Je pense que la bonne approche, c'est la dépense publique. C'est que nous sommes le pays du monde qui a la dépense publique la plus importante. Et nous sommes le pays du monde qui a les impôts les plus importants. Or, si la prospérité venait des impôts, puisque nous avons les impôts les plus importants du monde, nous serions les plus riches du monde. Il faut avoir un minimum de bon sens dans ces choses-là. Alors, pardon, s'il faut réduire la dépense publique, on trompe quand même dans certains détails. Et je ne veux vraiment pas vous tirer les verres du nez sur ce qui se passera.
Non, mais vous n'y arriverez pas. Et je n'y arriverai pas. Et j'en suis bien conscient. Je vous dis à l'avance. Et vous avez tout à fait raison. Mais dans l'esprit de ces réformes, est-ce que ça voudra dire, par exemple, que quand on parle des arrêts maladie et qu'on voit qu'un certain nombre de gens disent que ça n'est plus possible de rembourser 100% un jour de carence d'utilité publique non remboursée fera partie des outils possibles, en tout cas des options possibles ? Les verres du nez dans vos questions. Bon, eh bien alors, constatons ensemble que vous avez essayé, et c'est bien d'essayer de tirer les verres du nez, mais vous n'y êtes pas arrivé. Les dépenses sociales...
On peut prendre acte de ça. Absolument. Mais l'esprit des dépenses sociales, est-ce que oui ou non, ça voudra dire, encore une fois, on prend l'exemple d'Italie, c'est pas qu'ils ont fait des miracles, c'est que ça va un peu mieux. Un peu mieux, ils partent de très haut. Est-ce que certaines dépenses sociales devront être diminuées ? Certaines dépenses sociales devront être contrôlées. Oui, vous voyez bien, nous sommes le pays le plus généreux du monde dans les dépenses sociales. Nous sommes d'ailleurs le pays le plus généreux du monde dans toutes les dépenses publiques.
On prend en charge chez nous, vous savez bien, vous connaissez bien la Suisse, le moins qu'on en puisse dire est qu'en Suisse, qui n'est pas un pays qui va mal, qu'en Suisse, l'État ne prend pas en charge les dépenses des citoyens et des familles. Si on doit faire la liste ensemble, vous allez voir que, chez nous, l'école est gratuite depuis la maternelle jusqu'à l'université ou à peu près. Chez nous, la santé est entièrement prise en charge. Chez nous, le chômage est entièrement pris en charge. Chez nous, les assurances font que... Bon, et c'est notre modèle à nous. Et ce modèle est très populaire et très ancien, mais est-ce qu'il devra être revu ? Il doit être reconfiguré.
Vous donnez l'exemple du chômage, est-ce que ça voudra dire que nous devons revoir l'indemnisation du chômage en France ? Non, non, c'est vous qui le donnez, François Bayrou, c'est vous qui le donnez. Ça ne vous fatigue pas d'essayer désespérément de me tendre des pièges dans lesquels je ne tomberai pas. Donc, c'est un jeu auquel il ne faut pas que nous jouions. On va parler de choses aussi importantes. Je ne dévoilerai pas les décisions, les orientations que nous présenterons mardi. Je vous rappelle que c'était votre engagement. Sur le fait que l'État doit maigrir, et ça, ça ne fait pas seulement partie du budget, ça fait partie d'une volonté générale.
Est-ce que vous pouvez prendre l'engagement que la dépense générale, la dépense publique, au total, diminuera ? Pour l'instant, on a vu que ça n'est pas le cas. La dépense économisée 40 milliards sur l'augmentation attendue de la dépense publique, c'est en effet faire des économies. Et c'est ce que nous allons faire. Mais ne continuons pas à jouer à ce petit jeu parce que ça serait un petit jeu qui ne serait pas normal et loyal, étant donné le sujet de cette émission. Les réformes que vous prenez maintenant et qui ont un lien très direct, vous avez pris celle par exemple concernant les préfets.
Et c'est une réforme de grande importance parce qu'une partie de ce qui était géré notamment par les directions régionales, etc., sera prise en charge par les préfets de manière plus directe et plus simple. Est-ce que c'est un début de réponse ? C'est la réorganisation nécessaire de l'État. L'État, vous le voyez, il dépense beaucoup d'argent, il coûte très cher au pays. Et est-ce que les Français sont satisfaits de leur État ? Non. Est-ce qu'ils sont satisfaits de son efficacité ? Non. Est-ce qu'ils sont satisfaits de sa lisibilité ? Non. Et donc, nous allons réorganiser cet État. Nous avons commencé là par l'État local. François Bayrou, comment ? J'essaie d'y avoir de l'eau.
Vous voulez de l'eau aussi ? C'est très difficile à avoir l'eau. La dernière fois, vous avez vu, c'est très difficile à avoir l'eau. Mais c'est bien qu'on s'écoute. Nous avons commencé par la réorganisation de l'État local. Et vous savez bien ce que les Français disent et ce que les élus disent. C'est qu'on ne trouve jamais personne de responsable en face de nous. On essaye d'obtenir des réponses et puis on nous dit non, ce n'est pas nous, ce n'est pas cette direction-là, c'en est une autre.
Alors, on a décidé de mettre un responsable qui permette à toutes ces forces de travailler ensemble et ça sera celui dont les préfets, le seul dont les citoyens savent qu'ils représentent l'État, ce sont les préfets. Et donc, le préfet sera, a été annoncé hier, comme celui qui va coordonner toute l'action de l'État et de toutes les directions et toutes les agences qui représentent l'action publique dans notre pays. Est-ce que ça passera, disons les choses, par un moment libéral ? Il y a beaucoup de pays en Europe qui l'ont vécu, y compris d'ailleurs sous la houlette de premiers ministres plutôt de centre-gauche.
Les Allemands ont eu ça avec Schröder, où le mot évidemment fait un peu peur en France. Merci beaucoup. Le mot fait un peu peur, mais voilà, à un moment donné, les États, très social, la France est un État social, tant mieux, tant mieux pour les Françaises et les Français, mais il y a un virage libéral qui est pris. Il n'y a pas d'économie qui marche sans liberté. La création, le risque qu'une jeune femme ou un jeune homme prend en créant une entreprise, les start-up dont on parle qui sont des entreprises plus souvent dans le monde numérique, par exemple, tout ça a besoin de liberté.
Et en France, on a, comment dire, bloqué, corseté par des paperasses innombrables, par des normes, comme on dit, innombrables, et les gens ne s'y retrouvent plus. Ils ont le sentiment qu'ils sont perpétuellement écrasés sous la bureaucratie. Est-ce qu'il y a eu un fantasme bureaucratique ? Je vous donne un exemple, François Bayrou. Regardez, ça a beaucoup fait provoquer sur les réseaux sociaux de réaction. Ce que l'INSEE a fait sur le logement. Vous avez vu ça. Où l'INSEE s'est mis en tête de dire qu'il y a beaucoup de Français qui ont trop d'espace, apparemment, pour leur logement. On ne sait pas très bien dans quel but c'est.
Certains plaisantaient sur le thème un petit peu est-ce que c'est le côté un peu post-bolchevique. Il y a des gens qui ont trop de pièces dans leur appartement. On se dit, quand il faut économiser tellement, c'est un peu étrange, que des gens se mettent au travail pour constater qu'il y a des gens qui ont de trop grands appartements ou de trop grandes maisons. Oui, c'est n'importe quoi. Voilà. Je peux le dire de manière simple. On a le droit de vivre en France. On a le droit de choisir l'utilisation de ces moyens. C'est la moindre des choses. Combien de mètres carrés est-ce que vous avez, vous ? Moi, je n'en sais rien. Ah ben voilà. Moi, je ne sais pas très bien.
En tout cas, ce n'est pas hors normes. Et on voit que quand vous parlez de dérive bureaucratique, c'est ce type de choses qui étonnent un petit peu les gens. Ah mais c'est un type de choses extrêmement nuisible. Nous avons pris hier une décision très importante qui n'a pas coûté un centime et qui a, vous savez qu'on est dans une crise du logement énorme, et qui a remis sur le marché de la location écoutez bien 850 000 logements. C'est un grand changement. C'est un énorme changement. Ça n'a pas coûté un centime. Et pourquoi ?
Parce que nous nous sommes aperçus en étudiant la crise du logement qu'une règle avait été fixée qui faisait que les logements chauffés à l'électricité étaient presque automatiquement dans les catégories vous savez les plus lourdes de l'alphabet F, G, etc. interdits de location. C'était la pénalisation de ce qu'on appelle les passoires thermiques. Et vous avez revu ça. Mais là, ce n'était pas ça du tout. Si ça avait été lutter contre les passoires thermiques, c'est absolument normal. Mais on s'est aperçu en étudiant les raisons de tout ça que l'État avait décidé que si c'était chauffé au gaz alors on calculait votre dépense au gaz.
Si c'était chauffé et on disait ça dépense beaucoup donc ça ne va pas ou ça dépense moins et ça va bien. Mais pour l'électricité ce n'était pas ça. Au lieu de calculer la dépense en électricité comme on calculait la dépense du gaz quand c'était électricité on multipliait par 2,3 la dépense. Et c'est une réforme saluée même François Langlais vous savez quand François Langlais n'a pas la dent dure sur le gouvernement c'est vraiment que c'est très très bien même François Langlais dit c'est bien donc prenez le compliment mais est-ce que ça veut dire qu'il y a eu un excès de réglementation de corsetage au nom de l'écologie mais de façon excessive ?
Je ne veux pas dire au nom de l'écologie en tout cas les habitudes françaises qui consistent à enfermer la vie dans des règles bureaucratiques technocratiques comme on dit dont personne ne comprend la raison parce que comment vous voulez comprendre que 1 kWh de gaz valent 1 mais 1 kWh d'électricité valent 2,3 comment vous voulez comprendre ça ?
Et en réalité alors on s'aperçoit qu'il y avait derrière tout ça une idée que les centrales électriques elles dépensent beaucoup d'énergie pour chauffer pour faire tourner les turbines mais mesdames et messieurs qui prenaient ces décisions excusez-moi les centrales électriques françaises elles sont nucléaires c'est-à-dire c'est zéro émission de gaz à effet de serre zéro François Bayrou pour celles et ceux qui nous rejoignent je tiens à souligner à quel point on va progresser dans cet entretien on va quitter un peu la question du budget on attendra effectivement le 15 juillet on va parler de la classe politique de l'état de votre gouvernement de l'appel que Emmanuel Macron avait lancé à ce sujet de votre avenir à Matignon il y a beaucoup de chapitres qui s'ouvrent devant nous j'aimerais vous entendre encore un mot sur ce qui va se passer le 15 juillet et ne vous inquiétez pas je ne veux pas vous faire quoi que ce soit révéler quoi que ce soit sur l'état du budget mais sur le qui tout double quelle sera votre attitude est-ce que vous direz c'est ce budget ou rien ou est-ce que vous entrerez en réalité dans une négociation dans une autre négociation le but qui sera fixé dans les annonces de principe on est obligé de baisser la dépense publique du pays on est obligé de faire que le déficit ne s'accroisse pas et que la dette s'accroisse moins vous verrez les chiffres quand on pourra les rendre publics ils sont vertigineux ce principe là ne changera pas le degré d'effort que nous allons proposer il ne changera pas après si quelqu'un a dans les deux mois qui viennent de meilleures idées pour qu'on trouve mieux comme économie mieux comme baisse du déficit je suis preneur de toutes les bonnes idées mais le but que nous nous sommes fixés il ne changera pas vous devrez trouver des espaces de compromis vous l'avez fait et c'est une grande partie du secret de votre survie politique certains vous donnez par temps il y a déjà un moment oui depuis le début on verra jusqu'où ça dure et ça continue c'est la mère de Bonaparte pour vous que ça dure pour l'instant ça dure alors la gauche voudra plus de fiscalité sur les riches est-ce que ça fait partie en termes disons de de vision de la société française dans le moment quand vous dites vous avez dit tout à l'heure il faut des efforts particuliers pardonnez-moi de vous dire je vous ai déjà dit trois fois depuis le début de cette émission ou peut-être quatre ou peut-être cinq que je ne révèlerai pas les principes et l'organisation que nous allons proposer pour le budget je ne le ferai pas je ne serai pas venu pour cette émission et vous m'avez à mille reprises affirmé que vous comprenez très bien que ça serait mon principe je ne le ferai pas pourquoi ?
parce qu'on a besoin d'un plan global on a besoin d'une cohérence on a besoin de comprendre que c'est quelque chose qui pèse qui est important et donc je ne révélerai pas même bribes par bribes même fil par fil je ne déferai pas ce que nous allons annoncer mardi ce qui n'est pas le contenu du budget c'est le contrat disons politique que vous devez passer avec une grande partie de la classe politique qui a le pouvoir de faire le pouce en bas c'est évidemment ce qui s'est passé avec le RN concernant le gouvernement Barnier est-ce que là un certain nombre de compromis seront nécessaires je pense en particulier à la proportionnelle alors vous mélangez beaucoup de sujets la proportionnelle ceux qui nous écoutent rappelons-leur que c'est la loi électorale qui permet que chaque partie ait le nombre de sièges correspondant à son nombre de voix ce qui n'est pas le cas aujourd'hui parce que le mode de scrutin comme on dit fait que ça avantage de très loin ce qui arrive en tête donc je suis je suis acquis à l'idée de la proportionnelle depuis longtemps mais je ne vais pas en faire un échange de bons procédés on n'est pas en marché aux bestiaux je ne vais pas échanger je ne vais pas troquer la survie du pays contre tel ou tel changement il se trouve que vous avez souvent défendu cette idée donc ce n'est pas absurde j'ai souvent défendu cette idée je continuerai à la défendre je suis persuadé qu'il y a là quelque chose de très important qui est la possibilité d'apaiser les débats dans notre pays donc ce n'est pas le marché aux bestiaux ça peut contribuer à la bonne entente politique oui est-ce que parce que l'état de l'Assemblée nationale aujourd'hui le moins qu'on en puisse dire c'est que c'est inquiétant attristant navrant parfois les injures d'un bord sur l'autre l'incapacité à s'écouter l'incapacité à débattre parfois on y arrive on y est arrivé sur la fin de vie on peut y arriver sur des sujets essentiels mais pour l'essentiel c'est un champ de bataille et pour moi la vie politique n'est pas un champ de bataille la vie politique c'est des opinions différentes qui se confrontent qui peuvent être en désaccord et parfois trouver des accords mais pas systématiquement le un contre tous et tous contre un c'est pas comme ça que ça que ça doit marcher donc je défendrais la proportionnelle je l'ai défendue depuis toujours et toute ma vie politique est-ce que ça pourra prendre un aspect concret à échéance de quelques mois oui je vous savez quelle est la difficulté sur la proportionnelle c'est très simple il y a une majorité à l'assemblée nationale pour cette loi électorale mais dans ce qui soutiennent le gouvernement ça ne fait pas l'unanimité et donc on va on va essayer de réfléchir ensemble vous savez le fond de ce que je pense c'est que c'est par référendum qu'il faudrait arrêter ce mode de scrutin c'est que c'est les français qui doivent choisir est-ce que c'est votre espoir concret pas seulement une idée générale mais un espoir là concret si ce n'était pas mon espoir concret je ne vous en parlerai pas quelle échéance quelle échéance c'est imaginable je ne sais pas on va on entre dans le budget pour l'automne et puis le référendum vous savez c'est le président de la république bien sûr qui choisit vous avez quelques rapports avec lui oui même assez confiant j'espère et donc en tout cas de ma part sans aucun doute de la sienne de la sienne j'espère aussi je crois en tout cas il le dit à juste titre mais c'est lui qui choisit vous voyez bien c'est un sujet qui empoisonne la vie politique du pays depuis des décennies c'est un sujet sur lesquels on n'arrive jamais à se mettre d'accord alors mon point de vue est assez simple confions-le aux français ceux qui nous écoutent ceux qui sont là après tout ils ont bien le droit de décider eux si à leur avis il faut que tout le monde soit représenté ou qu'il faut que les uns écrasent les autres mais François Bayon vous dites une chose très importante là est-ce que ça peut être un moment de cohésion de disons de débat national c'est un beau sujet la proposition je le crois je le crois que vous proposerez au président de la république pour d'ici 2027 je vous promets que quand je parlerai au président de la république je le ferai sans vous inviter à la conversation et je vous en remercie parlons puisqu'on parlait du RN le RN est aujourd'hui un parti bousculé dans des circonstances qui sont graves parce que c'est le premier parti d'opposition de fait c'est la perquisition qui a eu lieu hier en lien avec une information judiciaire sur les dernières campagnes je vous propose d'écouter la réaction très vive de Jordan Bardella à ce sujet et vous pourrez réagir la France vit une dérive antidémocratique extrêmement inquiétante qui me fait plus penser à un pays comme la Russie qu'à une grande démocratie digne de ce nom comme la France et j'ai un peu le sentiment comme beaucoup de français ce soir que dans la France d'Emmanuel Macron mieux vaut être trafiquant de drogue qu'opposant politique monsieur le Premier ministre est-ce que vous le comprenez ?
je le comprends et ne l'approuve pas je le comprends parce que j'ai subi des perquisitions et franchement c'est un moment qui n'est pas agréable et on a le sentiment en effet d'être persécuté et j'ai vécu ça on n'est pas les seuls le nombre de partis politiques qui ont subi des perquisitions en France est très important vous vous souvenez de Mélenchon et des incidents que ça avait provoqué mais il n'est pas le seul beaucoup d'autres partis politiques vous employez un mot très fort un sentiment de persécution dites-vous oui vous êtes là et voilà que viennent frapper vous avez à votre porte des inspecteurs de police parfois des policiers en tenue des magistrats qui ont le droit d'aller fouiller toutes vos affaires y compris les plus personnels et donc oui on a un sentiment de persécution et cependant c'est la justice de notre pays je ne crois pas du tout que ça soit lié à la situation d'opposants politiques on ne veut pas la peau du RN parce que non je ne crois pas j'ai été dans cette situation et je n'étais pas opposant politique et nous avons été perquisitionnés et nous avons été traduits devant les tribunaux j'ai été relaxé et tout ça c'est une épreuve c'est extrêmement difficile est-ce qu'on est allé trop loin dans une forme appelons ça comme on voudra de volonté d'ailleurs les politiques eux-mêmes ont voté les lois mais de volonté disons puritaine de la vie politique oui je ne sais pas très bien ce que ça veut dire j'entends cette thèse assez souvent des gens qui disent on est allé trop loin vers la transparence c'est l'évolution de la société dans laquelle on est que disent les français ils disent des choses assez simples ils disent nous chaque fois qu'on commet une faute un délit on est poursuivi les puissants doivent être poursuivis comme nous c'est ça qu'il y a au fond de l'esprit des français et donc je ne crois pas à la persécution je ne crois pas que ça soit pour des raisons politiques mais je pense en effet qu'il y a un mouvement général qui a touché ou qui doit toucher toutes les formations politiques il est vrai que toutes n'ont pas été touchées même quand on pouvait chercher vous pensez auquel ?
non je ne ah bah attendez là c'est vous qui en avez trop dit ou pas assez vous pensez auquel François Bayrou ? j'ai fait un sourire au passage parce qu'il est vrai qu'on a eu le sentiment que les très grandes formations politiques étaient à l'abri de ce genre mais bon c'est un sentiment tout le monde doit se plier à la loi puisqu'il s'agit de financement des campagnes vous aviez proposé une banque de la démocratie ça a été un moment important où le RN en bénéficie mais tous tous ceux qui ont la peine à se faire financer auprès des banques de manière disons classique est-ce que vous seriez prêt à relancer ces idées ?
c'est pas la relancer je suis déterminé à proposer la banque de la démocratie pourquoi ?
si vous voulez bien on s'arrête une seconde et le RN lorsqu'il s'exprime sur ce sujet et d'autres disent des choses justes qu'est-ce qui est choquant c'est que les financements politiques sont décidés par des banques privées c'est que vous déposez un dossier et il arrive ça m'est arrivé que en dépit de toutes les garanties que vous pouvez présenter la banque dit non on vous on vous financera pas et puis vous apprenez en lisant le journal que d'autres parties eux ont été financées sans difficulté et pour des sommes considérables et je traduis là encore cette idée que quand vous êtes un parti minoritaire ben vous avez le sentiment de ne pas avoir les mêmes droits que les autres pouvez-vous expliquer comment ça fonctionnera de façon synthétique ça veut dire quoi cette banque de la démocratie tout le monde pourra tous les partis pourront aller s'y présenter avec des garanties bien sûr l'idée est simple lorsque vous avez la possibilité de prouver que vous avez toutes les chances d'obtenir un remboursement ou si vous ne les avez pas que vous prenez des assurances alors la banque elle ne se pose plus la question de savoir si vous lui plaisez ou pas elle se pose plus la question de savoir si vous avez bonne image ou pas si vous avez les garanties si vous êtes un parti démocratique la banque prend en charge le prêt que vous auriez obtenu autrement auprès de banques privées d'où viendra l'argent ?
moi je pense que ça doit être adossé à la caisse des dépôts et consignations qui est comme vous le savez ce bien de la nation immense bien de la nation à partir duquel on finance les collectivités locales les logements que alimentent les livres et d'épargne bon et donc je trouve que ça c'est justice tout le monde est traité de la même manière et d'ailleurs on peut imaginer que ça soit élargique il n'y a pas de raison qu'il n'y ait que les partis politiques il peut y avoir les syndicats qui sont aussi éligibles qui parfois ont du mal à se financer auprès des banques privées et François Bayrou donc on comprend que visiblement vous tenez beaucoup à ce projet est-ce qu'on peut articuler une échéance là c'est-à-dire c'est quoi c'est dans les mois qui viennent que vous l'espérez j'espère présenter ce projet avant l'automne c'est très clair François Bayrou puisqu'on reste au RN encore un mot là-dessus c'est l'importance de ce parti qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas dans une partie considérable des français c'est ce sondage qui révèle qu'une partie très significative je crois que c'est 34% on va le voir ici des françaises et des français considèrent que c'est le principal parti d'opposition et après très vite on voit que ça se ça se dissémine un peu ce qui enlève rien aux qualités ou défauts des autres mais le RN est vu comme de fait votre position principale par une partie significative des françaises et des français si Marine Le Pen devait être privée de candidature à la fin de la fin de tous les recours possibles judiciaires est-ce que pour vous ce sera un problème politique pour moi à vos yeux oui je me suis déjà exprimé sur ce sujet lorsqu'un parti réunit un nombre significatif aussi significatif d'intention de vote le trouble que ressentent les électeurs est un problème que je trouve significatif et donc mais je ne suis pas la justice j'ai subi la justice comme les autres je n'ordonne pas des perquisitions j'ai subi les perquisitions comme les autres j'ai fait ce chemin là et donc je sais que notre devoir et notre obligation est de respecter les décisions de justice et les procédures de justice et donc mais ce n'est pas un problème pour moi c'est un problème pour cette formation politique et pour la démocratie française en général quel est le statut aujourd'hui de ce parti vous avez commencé en parlant d'histoire et la grande et tragique histoire de Vichy 1940 il y a deux manières de regarder l'ERN d'aujourd'hui c'est la manière de madame Borne dans votre gouvernement qui avait dit l'ERN d'aujourd'hui est l'héritier de Pétain et d'ailleurs elle avait été corrigée par le président de la république et puis il y a une autre partie de l'opinion qui dit non c'est fini ce temps là d'ailleurs tout le monde a eu ses cadavres à Vichy il y a eu beaucoup de radicaux socialistes comme Bousquet il y a eu des gens qui sont devenus gaullistes ensuite qui ont été condamnés plus tard comme papons mais enfin la droite nationaliste a été très compromise jusqu'en 1945 là on est en 2025 cette histoire est-ce qu'elle est définitivement passée ou est-ce qu'il en reste quelque chose ?
c'est à eux de le dire je ne partage pas les idées de ce courant politique là je ne les ai jamais partagées je n'ai jamais eu la moindre accointance et cependant je considère qu'ils font partie de la démocratie française je suis à l'Assemblée nationale je les respecte en tant que député exactement à l'égal de tous les autres bancs bancs de l'Assemblée nationale c'est un parti comme un autre c'est une formation politique qui a 130 ou à peu près députés à l'Assemblée nationale je ne refuse pas de leur serrer la main parce que pour moi c'est des représentants du peuple je les combats je suis en désaccord j'essaie de convaincre qu'ils se trompent mais je ne les regarde pas comme des pestiférés quand on a vu à la tribune de l'Assemblée au moment du vote un certain nombre de gens qui refusaient de leur serrer la main comment vous l'avez ressenti ?
Mal je pense que surtout c'était à l'égal à l'égard du plus jeune député de l'Assemblée j'ai trouvé que c'était extraordinairement violent je pense que quand on est entré à l'Assemblée nationale au Palais Bourbon quand vous êtes dans cet hémicycle la règle civique doit être de respecter tout le monde de ne pas approuver les dérives de ne pas approuver les injures de ne pas approuver les insinuations mais cependant dans cet hémicycle là qui est le cœur de la démocratie française dans cet hémicycle là à mes yeux et notamment à mes yeux de chef de gouvernement tout le monde est également respectable je combats les idées mais je ne je n'écarte pas les personnes François Bayrou qu'on les approuve ou qu'on les désapprouve on voit qu'un certain nombre d'idées qu'on attribuait au RN sont revendiquées aujourd'hui par des gouvernements européens de plusieurs couleurs on voit les sociodémocrates danois par exemple qui veulent restreindre l'immigration qui veulent même changer les pratiques européennes pour cela la Pologne rétablit contrôle aux frontières avec l'Allemagne l'Allemagne durcit les règles pour les illégaux est-ce que ce mouvement là fait pour vous partie d'un mouvement de bon sens auquel la France devra se comment dire se participer c'est le droit d'une nation de contrôler ses frontières et même si je peux aller plus loin c'est le devoir d'une nation de contrôler ses frontières de ne pas donner à ses ressortissants à ses citoyens le sentiment que bon on subit que c'est comme ça et qu'on n'y peut rien parce qu'à ce moment là il se révolte et il passe dans le rejet pur et dur et cependant je refuse qu'on distingue les citoyens français selon leur origine selon leur nom selon leur religion selon leur couleur de peau ceci on parla des clandestins inégaux l'Allemagne par exemple parle des clandestins inégaux c'est plus compliqué que ça les citoyens les gens avec qui nous partageons la vie je refuse qu'on les juge sur des critères qui ont trait à ces origines là je vais vous dire quelque chose qui va vous paraître bizarre je ne vois pas la différence des couleurs de peau on a eu un jour un débat vous et moi ensemble sur ce sujet là vous m'avez dit mais comment il se fait dans votre classe il n'y avait que des blancs ben oui il y a des pays dans lesquels les couleurs de peau ne sont pas les mêmes et pour moi je refuse que ça soit un critère est-ce que ça veut dire qu'il y a une forme de destin que l'Europe soit métissée par exemple Jean-Luc Mélenchon avec beaucoup de clarté qu'on l'approuve ou qu'on le désapprouve encore une fois par de la créolisation et on voit notamment en Allemagne à quel point la démographie a changé est-ce que c'est la logique européenne excusez-moi je désapprouve complètement cette phrase de Mélenchon pourquoi parce que créolisation ça veut dire quoi ça veut dire que le français n'est plus notre langue que pour l'avenir c'est plus large dans son esprit non non non qu'est-ce que c'est le créole c'est une déformation locale ou une transformation locale de la langue française moi j'apprécie j'aime je mets la langue française au-dessus de tout c'est mon métier comme vous savez j'ai été professeur de français de latin et de grec je pense qu'une langue ça forme une pensée et je pense que la langue française elle est un trésor national j'ajoute qu'elle n'est pas la seule langue qui soit un trésor national j'aime et je défends les langues régionales qui ont cette richesse là de porter une pensée une manière de voir le monde différente vous avez posé le principe sur les frontières mais qu'est-ce que ça signifie concrètement puisque certains de ces pays sont en train de revoir disons les choses les principes de Schengen Dublin les principes fondateurs de l'Europe est-ce qu'on est à un moment où il faut se décomplexer et les revoir les principes fondateurs de l'Europe c'est qu'on défend nos frontières ensemble et que ça n'est pas des pays ouverts à tous les vents si vous donnez le sentiment que vous êtes incapable de faire respecter pour vos concitoyens le territoire national et leurs droits parce que les droits des citoyens ils sont réels et que tout ça est sans régulation tout ça est sans surveillance et bien les gens se révoltent ils ont le sentiment qu'ils sont abandonnés par leurs dirigeants et tant que je serai dans des responsabilités comme ça je n'accepte pas d'abandonner mes concitoyens et en même temps je refuse comme vous le voyez toutes les arrières-pensées sur l'origine la couleur de la peau et la religion je crois au contraire que nous devons en tant que concitoyens nous devons cultiver toutes les raisons que nous avons de nous respecter de vivre ensemble et si possible et si possible de nous aimer comme le dit les allemands de rétablir certains contrôles aux frontières supplémentaires dans cette logique nous devons le faire ensemble entre pays européens c'est ça le contrat que nous avons passé à Schengen et c'est cela que les allemands veulent construire avec nous et je suis d'accord pour que nous ensemble les pays européens nous ayons une démarche positive aujourd'hui on voit à quel point la question de l'autorité est au centre des débats publics alors il y a ce qui s'est passé on va y revenir après la victoire du PSG il y a un match important ce dimanche la question le débat sur la police municipale où une députée LFI a proposé de désarmer la police municipale qu'est-ce qu'il en est par exemple à Pau chez vous ?
il y a une police municipale importante armée ?
armée et je vais vous expliquer pourquoi la police municipale est armée à Pau et il y a des caméras de vidéosurveillance nombreuses auxquelles la justice fait appel écoutez bien tous les jours en moyenne chaque jour de l'année la police nous dit est-ce que vous avez des images de tel forfait de telle agression de tel de tel rixe de telle tentative d'assassinat et nous avons ces images et personne ne s'est jamais plaint que ces caméras existent mes oppositions étaient contre exactement comme la députée qui a demandé qu'on désarme la police alors je vais vous dire pourquoi j'ai armé la police municipale quand je suis arrivé je me suis dit peut-être on peut se contenter de donner à la police municipale des armes qui ne soient pas létales c'est-à-dire qui ne tuent pas et puis il y a eu à Nice le 14 juillet 2015 peut-être ce camion sur la promenade des anglais qui a foncé et fait des dizaines de victimes or il se trouve que la promenade des anglais dominait le feu d'artifice et que nous avons à Pau qui est une ville où les anglais ont eu une villégiature nous avons exactement la même disposition sur ce qui fait notre fierté qu'on appelle le boulevard des Pyrénées et d'où on regarde le feu d'artifice tiré en contrebas du boulevard des Pyrénées et ce jour-là je me suis dit mais si un camion arrive et fonce sur la foule les bâtons ou les ou les ou les ou les tésers ne suffiront pas et donc j'ai décidé d'armer la police municipale elle l'est et je crois que les agents sont contents d'être armés la population est contente qu'il le soit et je le suis aussi sur l'état de la France aujourd'hui c'est 2016 l'attentat à Nice 16 oui sur l'état de la France est-ce que certains diront ça montre quand même que c'est un pays où la sécurité a considérablement reculé pour pas Chicago je ne critique ni n'approuve ce que vous me dites mais est-ce que de fait la sécurité a reculé en France à un point inquiétant partout sur la planète et dans les pays occidentaux la sécurité a reculé partout les risques sont beaucoup plus importants le les agressions sont de tous les jours et quel est le devoir des responsables c'est d'assurer la sécurité de leurs concitoyens est-ce que ce sera un grand même de 2027 et de ne pas reculer de ne jamais reculer lorsqu'il s'agit d'accomplir ce devoir impérieux vous savez pourquoi qui sont ceux qu'il faut protéger c'est les plus faibles lorsque vous avez une mère de famille qui est avec ses enfants dans la rue si vous la laissez exposer aux violences aux intimidations aux injures aux crachats vous êtes coupable les responsables sont coupables et donc le devoir impérieux indiscutable qui doit s'imposer aux gouvernants que ce soit les gouvernants nationaux ou les gouvernants locaux c'est de protéger leurs citoyens spécialement les plus faibles on en aura un exemple lors du match c'est Chelsea PSG ce dimanche tout le monde a en mémoire ces images ça a été un moment important dans la prise de conscience de ces questions après pendant et après la victoire du PSG l'autre jour qu'est-ce que vous attendez de ce moment dimanche j'attends que le le respect des biens et des personnes et l'attitude des supporters soient plus honorables que celle qu'il y a eu ce soir là et tous les soirs précédents parce que ça monte depuis des années et donc que les forces de sécurité soient là et que ceux qui ont de l'influence sur les supporters et sur ceux qui ne sont pas des supporters mais qui ont envie de casser que tout ça soit franchement déterminé à ce que notre capital devienne respectable redevienne respectable François Bayrou regardons vers l'avenir Dieu sait s'il est important pas seulement vous pas seulement le gouvernement mais plus largement c'est ce qui va se passer jusqu'en 2027 vous avez fait le choix d'un gouvernement de poids lourd et avec les risques que ça comportait vous dites c'est pas une cour d'école c'est pas une école enfantine c'est un vrai gouvernement politique pas avec des techniciens avec les bons et les mauvais côtés que ça représente est-ce que vous êtes prêt à aller plus loin par exemple je vous posais la question si les choses devaient tourner bon pas très fort pour l'économie on l'a compris en début d'émission ouvrir encore est-ce que vous seriez prêt à dire autour de la table il en faut d'autres je suis prêt à accueillir les grandes forces politiques démocratiques du pays dans un gouvernement qui aurait pour mission de faire face à des risques inusités je l'ai toujours été j'ai décrit quand j'ai été nommé cette méthode qui consistait à dire à toutes les forces politiques vous êtes dans la majorité vous avez votre place et je vous écoute vous n'êtes pas dans la majorité mais vous êtes positif avec l'action qu'il faut mener et même vous êtes dans l'opposition et même dans les oppositions les plus radicales mais n'oubliez pas que vous êtes co-responsable de l'avenir du pays jusqu'où est-ce que ça peut aller un Gabriel Attal un Édouard Philippe qui sont là plutôt à la position de ceux qui regardent et qui critiquent est-ce que vous seriez prêt à dire venez non je crois pas qui critique critique ou qui critique moi est-ce que des grandes personnalités comme ça peuvent faire partie d'un gouvernement d'union nationale bien sûr mais je ne suis pas au-delà du principe vous imaginez vraiment un gouvernement d'union élargi parce que dans les circonstances graves où nous sommes où un Édouard Philippe par exemple siégerait à vos côtés pourquoi pas c'est une personnalité respectable et c'est une personnalité éminente dans la majorité et d'autres nous avons le devoir de réunir le plus largement possible les forces démocratiques du pays pour qu'on réponde aux défis si graves qui sont devant nous monsieur le Premier ministre ce gouvernement de tête de forte tête de caractère d'ambition présidentielle certains en nombre nous retaillons je pense que ça ne fait aucun doute vous avez un doute là-dessus c'est à lui de le dire c'est pas à moi en tout cas il existe il fait partie de ceux parfois même qui contredisent le président de la République rappelons ce que disait à ce sujet Emmanuel Macron moi j'ai nommé un Premier ministre le Premier ministre il doit diriger son gouvernement et les ministres du gouvernement doivent s'occuper des politiques qu'ils conduisent chaque ministre ceux-ci on se met à avoir des ministres qui s'occupent de tout ça ne s'appelle plus un gouvernement François Bayrou réponse l'unité du gouvernement j'en suis le garant et il n'y a jamais eu au sein du gouvernement une critique à l'égard du gouvernement alors c'est des chefs de parti c'est des responsables politiques de premier plan il leur arrive assez souvent de s'exprimer devant leurs militants sur telle orientation du pays j'accepte très bien ça mais il n'y a pas de discussion de la ligne du gouvernement il peut y avoir des opinions différentes mais il n'y a qu'une ligne du gouvernement et un peu alors soyons honnêtes quand Bruno Retailleau par exemple critique dit dans la politique à l'égard de l'Algérie dans la très grave affaire de Boalem Sansal et du confrère journaliste retenu en otage en Algérie il y a même deux lignes en gros il le dit lui-même il y a celle du président de la République et il y a celle du Bruno Retailleau absolument pas je suis assez bien placé aux premières loges pour savoir ça chacun des deux cherche le moyen de peser sur les dirigeants algériens pour obtenir la libération de Boalem Sansal et de votre confrère journaliste chacun des deux est indigné par le fait que notre compatriote 80 ans malade grand écrivain soit ainsi réduit en situation de captifs mais il n'y a absolument pas de confrontation ou de contradiction ça tiraille attendez attendez ça tiraille Laurent Saint-Martin il est dans votre gouvernement il n'est pas parti pour l'instant Laurent Saint-Martin qui dit il parle de Bruno Retailleau Bruno Retailleau devait-il ou non rester l'allié du bloc central il dit ça n'est pas à lui de décider s'il doit rester ou ne pas rester oui bien sûr ça me gêne dit Laurent Saint-Martin ça le gêne non c'est vous voyez il y a c'est comme dans un couple c'est comme dans une association vous avez absolument mis l'occasion de prendre une petite discordance et d'en faire un affrontement mon travail à moi ma mission à moi c'est de réunir les gens ma mission à moi c'est de faire que l'équipe gouvernementale soit solidaire et solide et donc non je ne vois pas ce que vous essayez de mettre en valeur je ne mets pas en valeur regardez quand Bruno Retailleau fait sa tribune sur les énergies et que le camp macroniste c'est votre majorité quand même dit ça n'est pas acceptable de remettre en cause de cette façon là vous me regardez d'un air mais oui c'est l'effet excusez-moi Bruno Retailleau il est ministre de l'intérieur et comme ministre de l'intérieur c'est la politique du gouvernement chef de parti il peut avoir l'occasion de dire des choses que le reste du gouvernement n'approuve pas point il n'y a pas de difficulté au sein du gouvernement qui reste dans le gouvernement le plus tard possible je ne sais pas le plus tard possible il est membre du gouvernement le président de la république l'a nommé sur ma proposition et je suis le défenseur de l'unité du gouvernement et je suis le défenseur je vais vous dire il y a des gens qui passent leur vie à imaginer que c'est mieux de se disputer que de s'entendre et je crois spécialement dans des moments aussi difficiles que ceux que nous vivons je crois que c'est beaucoup mieux de s'entendre que de se disputer et quand il y a des petites anicroches je préfère laisser les anicroches de côté et au contraire mettre en valeur ce qui rassemble quel est l'état de votre relation c'est pas de l'angélisme c'est la nécessité pour que le pays apparaisse comme un pays en ordre et pas comme un pays en désordre avec le président de la république vous avez un très long compagnonnage vous l'avez aidé de manière significative à gagner en 2017 vous avez compté beaucoup pour ça vous parlez depuis si longtemps là cette fois vous êtes premier ministre à quel rythme est-ce que vous parlez question très pratique chaque jour trois fois par semaine plus il faut mes relations n'ont pas changé avec le président de la république parce que avant d'être des relations de responsable à responsable c'est des relations d'homme à homme alors ça peut paraître mystérieux parce que tout le monde voit la vie politique comme un immense ring dans lequel on se tape sur la figure on croit que c'est de la boxe ou du catch ça n'est pas vrai en tout cas pour moi et je crois pour lui ça n'est pas vrai et les relations d'estime que nous avons ce sont des relations qui sont inchangeables au travers du temps il est le chef des armées et on vit dans un moment plus tard dans l'émission on va voir ce qui se passe en termes de menaces y compris nucléaires et le fait qu'aujourd'hui c'est une des grandes activités de la soirée le Royaume-Uni et la France veulent unir dans une certaine mesure leur capacité de dissuasion coordonnée vous avez raison c'est le bon mot est-ce que et là pardon je suis obligé de vous poser même si c'est un petit trait avec le budget mais là on est vraiment dans les principes les plus supérieurs est-ce qu'il y a un cas particulier de la défense c'est-à-dire le moment est si grave dans l'Europe entière est-ce que le budget de la défense est pour ainsi dire en dehors ça crée oui le budget de la défense l'état du risque en Europe et l'état du risque dans le monde est tel qu'on n'a pas le droit de baisser la garde même pour des raisons budgétaires et ça c'est la gravité de l'heure oui c'est notre devoir je pense qu'en Europe en Europe dans l'ensemble européen on a trop cru que la sécurité était assurée parce que les américains ne laisseraient jamais l'Europe mise en cause et on s'est trompé on a vu avec les prises de position récentes sur l'Ukraine sur le sur le Groenland sur on a vu que ça n'était plus aussi vrai qu'autrefois et alors ça entraîne des conséquences beaucoup plus lourdes et beaucoup plus graves la première de ces conséquences c'est qu'on ne peut pas dépendre de l'industrie américaine pour l'armement des Européens alors je sais qu'un grand nombre de pays n'en sont pas encore là ils sont encore sur les habitudes d'autrefois mais la vérité est que il s'enracine de plus en plus dans les esprits l'idée que on est obligé d'avoir notre propre industrie de défense pour assurer notre propre sécurité et ceci c'est formidable on peut peut-être s'arrêter une seconde pour dire que c'est la position de la France depuis la Ve République c'est la position de la France depuis 1958 et on avait raison enfin je veux dire le général de Gaulle avait raison ceux qui le soutenaient dans cette position avaient raison et ceux qui au contraire pensaient qu'on pouvait se confier à d'autres se trompaient une promesse a été faite à l'OTAN tous les membres de l'OTAN étaient là une promesse a été faite d'augmenter les budgets de la défense est-ce que là elle engage la France c'est-à-dire que est-ce que le budget de la défense de la France ira grandissant je pense qu'il faut regarder deux choses essentielles qu'on ne regarde pas la première c'est que la France a fait des efforts considérables et notamment des efforts ces huit dernières années on le voit ici c'est vrai pour que son budget soit à la hauteur du risque premièrement deuxièmement la France a construit une défense nucléaire elle est comme on dit dans le langage dotée de l'arme nucléaire et avoir construit une capacité de défense nucléaire ça s'est fait au travers du temps et on ne peut pas considérer que ce ne soit pas des efforts immenses qui ont été accumulés au travers du temps par les gouvernements successifs et je pense qu'on ne peut pas traiter de la même manière des pays qui n'avaient fait aucun effort de défense et des pays qui avaient fait l'effort de construire une armée complète qui a toutes les possibilités de son action depuis les sous-marins nucléaires jusqu'à des armes à une aviation puissante et à des armes spatiales puissantes et aussi une infanterie et une marine vous avez dit le budget des armées est sacré vous savez combien il y a de militaires ici à LCI autour de la table vous les verrez tout à l'heure vous pouvez les rassurer de ce point de vue là ça ne reculera pas en France ça c'est un domaine il n'y aura pas de coupe c'est non seulement un engagement mais un devoir monsieur le premier ministre durer vous connaissez le mot de méternique l'essentiel c'est de durer à vous durer contre certaines cassandres qui vous prédisaient que ça ne tiendrait pas est-ce que votre but est de rester jusqu'au bout pas seulement pour rester mais pour la stabilité de la France est-ce que pour vous le but est mai 2027 durer pour quoi faire durer ça n'a aucun sens si c'est pour baisser les bras durer ça n'a aucun sens si c'est pour se résigner et durer ça n'a aucun sens si c'est pour renoncer à ce à quoi on croit je crois à la durée à condition qu'on porte une volonté une action et une capacité de décision à ce moment là c'est bien de durer c'est utile ça permet de résoudre de grandes questions mais durer pour durer ça n'a aucun sens ça passera évidemment par la question si cruciale des retraites un mot de votre méthode on a compris que vous avez tenu le conclave qu'une partie du consensus qui est apparu dans ce conclave vous espérez le mettre dans la loi 90% qu'est-ce que ça voudra dire à la rentrée qu'est-ce qui se passera à la rentrée vous avez proposé une loi où il y a encore une discussion qui aura lieu autour de cette loi à la rentrée merci de poser cette question parce qu'il y a eu beaucoup d'incompréhension voulue autour de ce sujet lorsque nous avons été nommés nous avons fait le constat tous ensemble les journalistes aussi que cette question des retraites elle empoisonnait la vie politique française or il se trouve que j'ai alerté depuis très longtemps j'étais commissaire au plan j'ai alerté sur le déséquilibre du financement du système de retraite j'ai même avancé des chiffres dont on sait aujourd'hui qu'ils étaient exacts et simplement j'avais rencontré tous les responsables d'entreprises et syndicaux ils m'avaient tous dit ouais vraiment il y avait des marges d'amélioration on n'a pas pu les faire avancer et j'ai donc pris au mot la démocratie sociale française c'est à dire les représentants du patronat les représentants des syndicats et je leur ai dit mais moi je suis prêt à vous aider à ce que vous discutiez ensemble des progrès possibles et s'il y a des progrès possibles si vous vous mettez d'accord je les ferai entrer dans la loi et puis il se trouve qu'ils ont énormément progressé je dis ils ont fait 90% du chemin et puis ils ne sont pas arrivés tout à fait à l'accord je ne me résigne pas aux défaites quand je sais qu'elles sont simplement une apparence donc une discussion reprendra à la rentrée non je discuterai avec chacun d'entre eux mais le gouvernement va trancher et il va mettre dans la loi les progrès qui ont été réalisés quels sont les progrès 1 la situation des femmes qui était dans la réforme précédente peut-être pas suffisamment prise en compte parce que les carrières des femmes elles sont interrompues par la maternité parfois rendues plus difficiles dans un pays qui devrait avoir plus de solutions de garde d'enfants et donc les syndicats et les organisations d'entreprises se sont mises d'accord pour qu'on améliore la situation des femmes et se sont mises d'accord pour qu'on puisse prendre sa retraite si on n'a pas encore tous ses droits un peu plus tôt que les 67 ans qui étaient prévus se sont mis d'accord sur la pénibilité sur deux points et demi essentiels sur trois alors quels sont les deux points et demi essentiels c'est définition des métiers pénibles et par exemple des critères qui avaient été écartés le fait d'être soumis à des vibrations quand on tient un marteau-piqueur ou bien le fait d'avoir des postures difficiles quand on s'occupe de petits enfants on doit être à genoux tout le temps ou quand on s'occupe des personnes dans un EHPAD il faut les soulever et ça fait des troubles au dos musculo-squelettiques comme on dit ils sont mis d'accord pour prendre ça ils sont mis d'accord pour la cartographie des métiers pénibles et ils se sont mis d'accord sur la moitié des réponses qu'on peut apporter aux métiers pénibles la première étant la prévention Monsieur le Premier ministre la méthode là en juillet est à la rentrée est-ce qu'il est possible on l'entend beaucoup dire que le budget sera présenté en même temps qu'une loi sur le travail c'est tout à fait possible qu'on imagine ça les partenaires sociaux travaillent sur ces sujets le gouvernement travaille sur ces sujets mais vous ne réessayerez pas de me faire dévoiler des décisions c'est vous qui avez dit il faudra développer les forces du travail produire davantage ce sera l'esprit de cette loi sur le travail produire davantage je crois travailler plus nombreux et faire que le travail au lieu d'apparaître comme une punition apparaisse comme un épanouissement ouvrir voilà les principes que je crois nécessaires si nous avions les mêmes taux de personnes au travail que nos voisins nous n'aurions pas de difficulté de finance donc les français doivent produire davantage davantage qu'aujourd'hui non seulement davantage ils doivent se réconcilier avec la production ils doivent se réconcilier avec la présence d'entreprises sur notre sol avec la production agricole et avec la production industrielle et avec la production intellectuelle tout ça c'est nécessaire ouvrir davantage les magasins ouvrir le dimanche ouvrir ouvrir tout ce qui favorise l'activité économique et la création d'entreprises et la place des plus jeunes dans le travail et la place des femmes dans le travail et au fond l'idée que le travail c'est bon pour la vie tout ça va dans le bon sens François Bayrou il y a ce lieu commun sur l'enfer de Matignon on dit tellement vous n'avez pas l'air de vivre en enfer si je peux me permettre pourquoi ?
parce que j'ai toujours eu assez de joie de vivre pour considérer que quand je choisis un cap c'est plutôt mieux de le réaliser c'est pas ce que vous faites c'est dur quand même non ? votre métier est plus dur que le mien si je peux me permettre oui mais je savais avant d'entrer à quelques exceptions près je savais que ça serait difficile pourquoi ? pour une raison simple c'est qu'on avait à peu près tout essayé n'est-ce pas ?
et on a vu où ça nous conduisait où les difficultés s'étaient accumulées et j'avais toujours eu le sentiment qu'on ne me confierait ces responsabilités que le jour où les difficultés apparaîtraient insurmontables et mon idée était de montrer que cependant un chemin existait et je pense toujours ça je pense que la société française n'est pas condamnée à l'échec je pense que tous ceux qui veulent baisser les bras se trompent je pense que tous ceux qui veulent qu'on continue dans le sens qui nous a mené où nous sommes se trompent je pense que nos obsessions sont pas bonnes je pense que l'idée qu'il faut que les français s'affrontent entre eux par exemple je pense que l'idée que les salariés sont en guerre avec les entreprises est une mauvaise idée et d'ailleurs sur le terrain c'est pas comme ça que ça se passe et donc je ne crois pas à l'affrontement systématique que beaucoup de gens voudraient perpétuer on vous sent fier d'être premier ministre oui vous êtes chef du gouvernement de votre pays vous aimez votre pays plus que tout vous avez mené des combats depuis très longtemps pour lancer des avertissements sur ceux qui venaient quand vous êtes à la proue d'un navire et que vous voyez venir un iceberg votre responsabilité de dire attention ça vient et si on vous confie la barre et bien de faire ce qu'il faut pour essayer de redresser le bateau la route du bateau vous êtes le fils d'un père mort prématurément je me rappelle vous avoir pendant le travail entendu dire à quel point le fait que vous dirigiez les centristes était pour vous une fierté en pensant à ce qu'il aurait imaginé alors premier ministre alors c'est intime ce que vous dites tous ceux qui m'ont précédé et qui ont disparu trop tôt je ne les ai jamais quittés j'habite toujours le village où je suis né je suis élu dans la ville où j'ai été élu le premier jour de mon engagement politique et je ne la quitterai pas et je n'ai jamais oublié que mon père et tant d'autres comme lui paysans ouvriers c'était des gens qui avaient une valeur extraordinaire et que personne n'écoutait ma première interview il y a très longtemps quand j'ai pensé à me présenter à une élection je disais ça je disais je veux être la voix de ceux qu'on n'écoute pas je n'ai jamais changé d'avis sur ce point mais ma foi dans la famille politique qui est la mienne ce n'est pas une foi pour quelqu'un c'est une foi parce que je crois que c'est vrai vous m'aviez lu une fois une page de Pagnol le château de ma mère telle est la vie des hommes quelques joies très vite effacés par d'inoubliables chagrins oui c'est une page qui je vous confie quelque chose c'est une page qui m'a toujours fait pleurer quand je l'ai lu à mes enfants ou à mes amis il se trouve que je suis copain avec Vincent Lindon et un jour j'ai lu cette page à lui et à son frère et je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer en la lisant parce que c'est la mort de sa mère vous savez et donc oui je pense que la vie n'est pas faite que que de bonheur et d'enthousiasme mais je pense qu'elle vaut la peine d'être vécue il y a beaucoup de gens qui pensent qu'elle ne vaut pas la peine d'être vécue je pense exactement le contraire je pense que chacun de ces moments où on prend des risques où on s'avance seul contre tous chacun de ces moments où on accepte de relever le défi chacun de ces moments vaut la peine et c'est même à peu près ça le sens d'une vie humaine François Bayrou vous avez vécu des épreuves Matignon on parle de l'enfer de Matignon ce sont toutes les accusations liées à l'affaire de Bétarame plus de 200 anciens élèves d'établissement catholique Béarnet qui ont dénoncé des cas de violences psychologiques physiques sexuelles de 1950 à l'an 2000 il n'a pas lieu ici ce serait l'objet de l'émission entière mais qu'est-ce que ça dit de votre milieu d'origine ce monde catholique conservateur provincial où ce genre de choses était possible tout est faux dans ce que vous dites je n'ai jamais appartenu à un monde catholique conservateur c'est la question que je vous pose non mais n'essayez pas de l'insinuer parce que c'est faux les victimes de Bétarame je suis avec elles et elles savent que je suis avec eux on a essayé de faire une affaire et vous savez au terme d'une confrontation de plus de 5 heures j'ai fait la preuve par écrit que chacune des accusations était fausse et infondée c'était une ignominie c'est des gens qui voulaient détruire en se servant d'une affaire j'aurais pu y laisser la peau politique parce que si je n'avais pas trouvé les preuves et bien ça aurait été accusation contre accusation ils adorent faire ça et moi je me défends et donc je ne suis pas d'un milieu conservateur d'origine tout ça est ridicule c'est ce milieu là que le secret a été maintenu c'est ce que votre fille c'est pas une accusation contre vous c'est ce que votre fille décrivait elle-même c'est ce milieu qui a fait que le secret a été tenu pendant si longtemps c'est ce que votre fille a décrit excusez-moi ma fille a dit exactement le contraire ma fille a dit et elle a beaucoup réfléchi à ce sujet depuis longtemps ma fille a dit on ne parle pas parce qu'on ne peut pas parler et elle a décrit alors c'est pas que les établissements catholiques tous les autres les associations sportives dans laquelle il y a ce genre d'atteinte le le le les établissements scolaires dans la la culture le cinéma c'est pas le milieu catholique mais personne ne parle d'abord parce qu'on n'est pas sûr de voir ce qu'on a vu et ensuite parce que je crois on a peur de de heurter les gens avec qui on vit et ce que ma fille a décrit c'est le fait que parler est impossible ou peut-être on va le dire autrement parler était impossible et peut-être maintenant on fera plus attention à la parole de ceux qui sont atteints et si j'ai pu aider même pour de mauvaises raisons à ce que la parole des victimes soit mieux entendue je trouverais que ça n'a pas été totalement inutile François Bayrou de tous les qualificatifs il y en a un qu'on ne peut pas enlever c'est la province voilà vous venez de ce monde provincial vous m'avez souvent parlé des petits marquis parisiens qui souvent alors soit vous voulez votre peau soit se disait qu'est-ce qui vient là se béarner avec son accent ici se mêler de de nos affaires est-ce qu'il y a quelque chose comme une revanche le fait que vous soyez là et que vous teniez bon peut-être je ne dirais pas le contraire ce n'est pas une revanche c'est le pouvoir concentré dans les mêmes cercles depuis des générations ne correspond pas à ce que j'aime dans notre pays dans la république ça ne correspond pas ce dont je rêve ce qui m'intéresse c'est que ceux qui ne viennent pas des milieux de pouvoir puissent un jour y avoir accès c'est que ceux qui ne viennent pas des milieux de la culture puissent un jour y avoir accès ceux qui ne viennent pas des milieux où on peut suivre des aventures qu'ils puissent y avoir accès ce que je déteste et ce que j'ai aimé dans la campagne du président de la république c'est qu'il s'est attaqué à ça au fait que quand vous naissez dans un milieu vous êtes condamnés à y rester toute votre vie et c'est vrai que j'ai fait tout ce que je pouvais pour faire éclater ce plafond de verre et je voudrais qu'on soit très nombreux à faire éclater le plafond de verre les filles les jeunes filles les garçons les jeunes garçons et les personnes plus âgées ne sont pas destinées à être condamnées au silence peuvent se faire entendre et si je suis d'une certaine manière la représentation de ça ou un exemple de ça tant mieux Monsieur le Premier ministre merci beaucoup combien de fois vous étiez candidat à la présidence de la république trois fois trois fois alors on ne peut pas dire jamais 304 mais il y a ceux qui n'ont pas survécu à Matignon politiquement et puis il y a eu quelques cas quand même qui ont eu un avenir après Matignon vous y pensez encore ?
Non je crois que dans les circonstances où nous sommes vous savez il y a un très grand livre de l'histoire de l'humanité qui s'appelle la divine comédie du très grand poète italien qui s'appelle Dante et dans la divine comédie il y a la description de l'enfer et sur la porte de l'enfer il y a écrit vous qui entrez ici laissez toute espérance et j'ai toujours pensé que dans la situation de crise où nous sommes si on franchit le seuil de Matignon il ne faut pas le faire en pensant à d'autres destinées à la fin de la divine comédie il y a aussi à la fin l'amour qui meut le soleil et les autres étoiles l'envie quand on a été trois fois candidat ne me faites pas croire qu'on n'a pas envie de 4ème commenté Dante moi je me contente de voir les difficultés de l'heure pour les résoudre merci beaucoup monsieur le premier ministre d'avoir été avec nous et dans quelques instants avec nos autres avec nos éditorialistes et invités on commentera évidemment merci beaucoup à celles et ceux qui étaient aussi présents sur ce plateau vous avez des électeurs on est toujours en campagne quand on est homme ou femme politique merci à vous de nous avoir suivis restez avec nous dans quelques instants le commentaire des quelques annonces que vous avez faites sur la proportionnelle sur la banque pour la démocratie sur notamment le caractère sacré du budget des armées de la nécessité là de ne pas toucher aux économies concernant aussi les impôts les efforts particuliers sont les mots que vous avez prononcés merci encore à vous et on se retrouve dans quelques instants évidemment aussi sur la situation internationale et des très importantes nouvelles que le président de la république et le premier ministre anglais ont donné à tout de suite et on se retrouve dans quelques instants
et on se retrouve dans quelques instants