Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLa France insoumise (sur YouTube)· 24 septembre 2025 98 minAutoproduit

Les visages internationaux de l’extrême droite | #Amfis2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Merci euh tout d'abord aux AMF pour euh aux Amphi pour leur invitation et euh je suis ravie de revenir pour euh pour vous parler. Alors moi, je vais aborder évidemment un sujet un petit peu inévitable qui est le fait que bah les États-Unis sont gouvernés à l'extrême droite et que c'est pour chacun d'entre nous qui sommes soucieux de la question de de l'extrême droite à la fois un modèle, une source d'inspiration et un sujet d'étude et et d'exploration qui peut-être est intéressant pour comprendre les horizons des différentes extrêmes droites qui toutes regardent vers les États-Unis de Donald Trump comme l'accomplissement, le la réalisation du grand fantasme de pouvoir et de puissance euh par les par les idées, le personnel de l'extrême droite. Euh peut-être parce qu'il y a énormément de choses à dire sur les États-Unis, je vais me concentrer par quelques réflexions sur ce qui s'est passé juste ces quelques derniers mois, peut-être même que cet été.

Euh vous étiez en vacances ou pas, mais on est bombardé beaucoup de ces informations là. Donc je vais me concentrer sur quelques petites choses euh qui nous disent ce que fait l'extrême droite lorsqu'elle est à la tête de la première puissance économique du monde et qu'elle se comporte comme l'extrême droite entend se comporter. La première chose dont on a beaucoup entendu parler, c'est la question de la guerre commerciale, c'est-à-dire le fait que à rebour de ce qui s'était passé jusqu'à présent, un homme seul contre la doxa économique de son propre pays décide d'augmenter arbitrairement les droits de douane et de déclencher une guerre un peu métaphorique, mais une guerre néanmoins dans le champ dans le champ du capital avec un certain nombre de pays prétendant que son pays pays est malmené, le perdant, exploité dans une relation asymétrique et donc il décide que l'Europe perra 15 % de droit de douane, 30 % sur les véhicules, que le Canada perra 30 % de plus, puis 20 % puis encore 30 %. que de vieux alliés non seulement comme le Canada mais comme l'Inde, l'Inde de Maudi étant un grand allié de de l'extrême droite américaine para 50 % de droit de douane en plus.

Ce qui est évidemment pour un pays dans lequel la paysannerie est joue un rôle essentiel. Charlotte en parlera. Euh une une une situation tragique pour l'Inde.

Il décide bien sûr que entre 70 et 80 % de droit douan sont imposés par à la Chine parce que la Chine est la grande némésis, le grand ennemi. Et ce qui est intéressant dans l'ensemble de ces mesures, c'est le caractère à la fois extraordinairement arbitraire et unilatéral. Euh le fait que malgré ce caractère unilatéral, le monde semble en prendre son parti.

Les Européens se pressent à Canossa pour une supplication un peu surprenante demander que le grand homme veuille nous épargner. Et peut-être et je lisais ce matin dans le monde que Angela Vaner Lyen se dit parler au nom de toute l'Europe en parlant d'un grand soulagement. C'est-à-dire nous sommes très soulagés que le grand homme n'impose que 15 % à l'Europe sans aucune justification.

L'autre remarque que l'on peut se faire, c'est que incontestablement Donald Trump qui a plus d'un tour dans son sac a cette capacité unique à saboter les outils mêmes de l'hégémonie sur laquelle les États-Unis se sont construits. C'est-à-dire que le libre échange, la domination du dollar, les accords internationaux, les institutions comme l'OMC, après le GAT, tout cela a été façonné par les États-Unis. en vue d'assurer la domination des États-Unis à la fois sur les échanges internationaux mais sur le mais sur la la négociation politique.

Et donc tout l'ensemble de l'appareil hégémonique américain est en train d'être saboté par celui-même qui est quand même à la tête des États-Unis qui ont façonné ces mêmes ces mêmes institutions. Cette étonnante prise de position de l'extrême droite au pouvoir aux États-Unis consistant à prendre acte en réalité d'une ancienne hégémonie qui était agonisante depuis des années pour entrer dans quelque chose de nouveau me semble être intéressante parce que Donald Trump nous fait explicitement entrer dans un âge du post-néolibéralisme. On comprend aujourd'hui que le néolibéralisme était un extraordinaire consentement, qu'il fonctionnait par le fait que par la démocratie, par les institutions, par les règlements, par toute cette espèce d'appareil international qui assurait que l'ensemble des pays de l'Europe au Japon, du Japon au Brésil, le néolibéralisme apparaissait comme le meilleur la meilleure méthode possible.

Trump décide, de même que le néolibéralisme était un postfordme, Trump décide d'entrer dans le postéolibéralisme, c'est-à-dire de se débarrasser de cette dimension de consentement qui était essentielle. Personne ne consent à ce qui est en train de faire Trump, ni ses négociations avec Poutine, ni les négociations internationales. Il est en dehors du consentement.

Il est dans ce que chercheur indien marxiste et un hommage à nouveau à Charlotte qui s'appelle Rajanit Gua appelait la domination sans consentement pour parler de l'Inde colonial. C'est-à-dire que l'ensemble de la politique de l'extrême droite au pouvoir aujourd'hui, elle ne consiste pas du tout à construire du consentement. Qu'a fait ces derniers mois Donald Trump au pouvoir ?

Il a envoyé l'armée en Californie. Il vient d'envoyer l'armée à Washington. Il il gouverne par décret.

Il ne fait passer aucune de ces mesures à commencer par les droits de douane par le Congrès. Il démet les juges, il intimide, il menace, il licencie, il est entré dans une politique de chantage explicite avec les grandes universités dont mon ancienne almateur en expliquant que pour des raisons supposées d'antisémitisme qui n'ont jamais existé, soit les universités payent, soit elles se voi retirer leur budget et leur accréditation. Sa corruption est telle que on sait aujourd'hui que des dizaines d'agences de de cabinets d'avocats qui par le passé ont poursuivi ou les trumpistes du du 6 janvier ou des anciens amis de Donald Trump sont menacés explicitement d'avoir des poursuites s'ils refusent ce qu'il ils ont accepté de le faire de donner des conseils légaux gratuits à Donald Trump.

Il travaille aujourd'hui gratuitement pour Donald Trump. Ce qui est extraordinaire dans cette domination sans consentement, c'est que il n'y a aucune tentative pour masquer le gangstérisme à grande échelle, la corruption généralisée et le refus absolu de donner à la population et en particulier au 49 % d'Américains qui ont voté pour lui quelque chose qui pourrait fabriquer du consentement, de l'allégance. Certes, il y a euh les jeux du cirque.

Les jeux du cirque, c'est le spectacle de la déportation par milliers d'hispaniqu d'immigrés, de basé, enlevé dans la rue par des hommes masqués, déportés dans une à l'étranger sans procès, sans que l'état de droit n'intervienne dans une espèce de goulac globale avec qui des prisons au Salvador, qui des prisons à Gantanamo, Désormais en Afrique à Djibouti. Ce matin un nouveau contrat pour envoyer donc des malheureux Américains qui certains d'ailleurs étant citoyens se trouvent déporté sans sans possibilité de de revenir. Il y a néanmoins, je n'en dis ce qu' vient pas et j'ai écrit sur le sujet une faction, une clique fanatique autour de Donald Trump qui dans sa version parodique se trouve sur les réseaux sociaux, dans la manosphère, la faschosphère.

Il y a un écosystème intellectuel très lié au monde des entreprises, de l'intégrisme religieux. Tout ça existe parfaitement. Mais ce qui fait véritablement la force d'une hégémonie pour l'extrême droite, c'est de donner suffisamment à une population importante de la population de quoi avoir des conditions matérielles, y compris de façon illusoire, améliorée et un appareil idéologique qui fabrique en permanence du consentement.

Or, l'une des raisons essentielles de la réélection de Donald Trump est la situation économique extrêmement dégradée et le fait que le discours contre l'immigration est venu comme une espèce de de de de de planche de salut avec cette idée très simple que s'il y avait moins d'immigrés, il y aurait plus d'emplois. Les politiques douanières avec laquelle j'ai commencé vont vraisemblablement augmenter les prix. Donc le pouvoir d'achat euh euh des Américains ne va pas s'améliorer.

La crise économique qui est imminente, peut-être pas une récession parfaitement nette, mais certainement des difficultés des difficultés économiques parce que la confiance dans le dollar, la confiance dans les institutions américaines, les gens ne veulent plus ne veulent plus investir. Oui, bien sûr, il existe toujours quelques vautours qui vont chercher à attraper vite ce qui peut encore être vendu de de du commun, de l'argent public, du service public qui est qui est qui est saccagé. Mais je suis très étonné de voir la violence avec laquelle cette politique d'extrême droite s'applique aux Américains eux-mêmes.

Que ce que Do a fait, vous savez, cette espèce de de d'agence de mercenaires euh destiné à sacrifier l'État social, elle a touché beaucoup d'États du sud, beaucoup d'États du sud républicains qui sont pauvres, où les gens ont besoin de leur assurance sociale, où les gens veulent un minimum de droit du travail. Euh pour l'instant l'industrialisation est complètement freinée et donc il y a il y a quelque chose comme une un refus explicite de fabriquer du consentement et le fait de ne pas vouloir cacher la corruption généralisée. Euh Forbes a révélé la semaine dernière que Trump avait doublé sa fortune personnelle en l'espace de 8 mois en particulier sur les cryptos.

Il est 10 millions, il a 10 millions de de dollars sur son compte en banque dont se qui viennent de la crypto. Si bien que des gens très sérieux commence à se dire et bien peut-être sa volonté de renvoyer le président de la banque centrale américaine le cher Powerell, le fait qu'il veuille absolument faire dévaluer le dollar dans une espèce de de manipulation. Peut-être qu'en réalité, la seule réalité, c'est qu'il veut que la crypto remplace le dollar et que il est lui-même propriétaire de crypto et que c'est peut-être juste sa fortune personnelle qui est l'indicateur qui l'é et il ne le cache pas.

Et donc il me semble important en particulier pour les forces de gauche, une fois que la fumée est tombée, vous savez, il y a ce il y a ce film de Walt Disney où il y a une espèce de tout petit dragon qui se met devant une ombre et qui apparaît comme une espèce, je sais pas c'est Mulan enfin et donc qui apparaît derrière l'ombre comme une espèce de très grand dragon très très dangereux et en fait c'est un tout petit lézard. Et ce que l'on ce que l'on voit peut-être dans cette dans cette dans cette politique de la domination sans l'hégémonie, c'est que en réalité le soutien populaire pour l'extrême droite dont tout nous dit qu'il est évident et qu'il est général, je je ne sais pas s'il a jamais existé, mais ce qui est certain qu'il peut se déliter à tout moment parce que l'extrême droite au pouvoir, elle ne fabrique pas ce consentement qui est indispensable. À un moment, les Américains en auront assez de voir les immigrés malmenés.

à un moment le discours sur l'antisémitisme Harvard et sur les démocrates qui sont d'infemme organisateur de complot international, ça ne suffira plus. Et donc ce qui me semble important, c'est de méditer dans ce contexte-là ce que fait la gauche. Or la gauche américaine pour l'instant elle n'est pas tout à fait une source d'inspiration parce qu'elle est toujours persuadée qu'il y a une hégémonie de l'extrême droite.

Et donc ce que l'on voit aujourd'hui de la part de la gauche américaine, c'est une série d'écueils qui me semble-t-il sont nécessaires à méditer pour ne pas les reproduire. La première chose que fait euh la la gauche américaine, au-delà du fait qu'elle est complètement pétrifiée, en tout cas pour sa représentation pour sa représentation parlementaire, c'est dans le champ intellectuel de dire et bien après tout, on fait la même chose. Il y a un éditorialiste du New York Times qui s'appelle les raclins, qui est considéré comme une une des jeunes têtespensant de la de la gauche démocrate depuis une dizaine d'années, très branché sur les questions d'économie, qui a sorti un livre au début de l'été qui a été en tête des listes de de du New York Times, des bestsellers pendant très longtemps et qui avance l'idée de l'abondance.

Le le concept de la gauche américaine, dit-il doit être celui d'abondance. Il nous faut une nouvelle croissance. Il faut qu'on redevienne un pays qui fabrique, qui construit.

Et le problème, c'est que nous avons trop de régulation en particulier sur la question du logement. Et il faut euh euh débloquer euh libéraliser. Il faut avoir un un petit peu si vous voulez ce que disaient les nouveaux démocrates dans les années 90, une croissance de gauche.

Il faut que nous soyons des fabricants, des constructeurs. Il faut que nous mettons nous mettions à notre profil à il a des pages littéralement lunaires où il parle du fait que l'Américain le matin se lève et un petit drone lui apporte devant sa maison ses médicaments qu'il aura commandé et donc il sera bien soigné parce qu'un drone lui apporte ce que l'Amérique pourra fabriquer elle-même. L'idée du du du on appelle ça producerism en anglais, l'idée que il faut être dans une logique de la production qui est une une autre maladie de la croissance que la gauche prend à son profit.

Un autre écueil de de la gauche américaine dans la série On fait pareil, c'est par exemple ce que fait actuellement le gouverneur de Californie qui s'appelle Gavin New qui dit bien les les les républicains sont en train de traficoter les cartes électorales dans le sud. Ils redessinent les circonscriptions à leur avantage en en en divisant les communautés noires et hispaniques pour faire en sorte que les républicains gagne toujours. On va faire pareil.

Et donc il fait la même chose en Californie. il vient de faire adopter un plan de redécoupage électoral qui favorise les démocrates. Là aussi, pas une bonne idée.

Un autre écueil, c'est dans la série caricaturale de considérer que tout ce qui vient de la gauche de gauche est un danger. Et on a vu à la faveur de la victoire au primaire démocrates de New York d'un jeune garçon qui s'appelle Zoran Mamdani proche de de Bernie Sanders, une avalanche évidemment de de paranoïa de de la part de la droite parce que il s'appelle Zoran Mamdani qu'il est favorable à la qu'il est en solidarité avec la Palestine, qu'il est favorable au gel des loyers et à des mesures disons de sociale déémocratie un petit peu substantielle. Euh mais ce qui a été très frappant, c'est de voir à quel point l'establishement démocrate lui est immédiatement tombé dessus à bras raccourci en expliquant que voilà, c'était la nouvelle incarnation du communisme aux États-Unis, que bien sûr il était antisémite, hein, cela va de soi, que ce qui ce qu'il disait était parfaitement illusoire, qu'il ne gagnerait jamais, que les New Yorkaais ne voulaient pas de ça, les démocrates eux-mêmes.

Alors que voilà. et je finis, ça tombe très bien, il me reste une minute avec un dernier écueil de la gauche. De façon générale, je déteste les gens qui critiquent la gauche.

Les gens de gauche qui critiquent la gauche, pardon. Je trouve ça repère beaucoup d'énergie et je vais peut-être m'exonérer d'une certaine façon parce que cette dernière critique de la gauche, je me l'applique à moi-même. J'ai écrit un livre qui s'appelle Capital et race et la question de la critique du capitalisme en première chose c'est en premier lieu en premier lieu qui on critique le capitalisme peut poser problème et et je constate qu'aux États-Unis il y a toute une tout un champ de réflexion de de la gauche qui tente à dire écoutez Trump et l'extrême droite selon Trump on s'en fiche le problème n'est pas Trump le problème C'est la maladie néolibérale, la façon dont le capitalisme et la crise de la démocratie représentative, la confiscation par les intérêt d'argent, on fait des États-Unis ce qu'ils sont aujourd'hui.

Et vous avez des gens, vous avez peut-être entendu Slavogijek, mais il y a aussi un un marquiste américain s'appelle Chris Crone ou dans une il y a des versions plus libérales de ça, de gens qui disent "C'est pas la peine de dire que Trump est fasciste, de pousser des grands cris." Obama aussi, il a déporté euh des immigrés par million. Bush a fait des guerres impériales de la même façon.

Il y a eu d'autres autoritarismes avant lui. Après tout, qui veut revenir à l'Amérique d'avant Trump ? elle était pas tellement glorieuse.

Il y avait déjà beaucoup d'exploitations, beaucoup de et d'une certaine façon en cherchant à inscrire Trump dans une logique de domination de long terme, Trump finalement n'est qu'un symptôme. Et et j'avoue que mon prochain livre portera sur l'extrême droite aux États-Unis et et j'essaie d'apporter une analyse structurelle marxiste de long terme, mais je me pose cette question. Est-ce que finalement on ne court pas le risque en faisant de Trump juste ?

Trump étant la métonie hein de l'extrême droite et de ce de ce champ politique qui exerce la domination le consensus aujourd'hui. Est-ce que est-ce que finalement on passe pas à côté de quel pardon est-ce qu'on ne passe pas à côté de quelque chose et est-ce que ceux qui choisissent de parler de fascisme par exemple, c'est-à-dire de rupture radicale avec ce qui a précé c'est précédé n'ont pas aussi un argument que l'on peut que l'on peut entendre sur cette spécificité du régime du régime au pouvoir aujourd'hui. Voilà, si je je répondrai aux questions si j'étais pas assez claire sur la fin, surtout si le mécro était pas très efficace, mais voilà, je vous remercie.

Je m'arrête là. Merci beaucoup pour cette intervention. Euh comme tu l'as dit, il y aura des questions à la fin, donc hésitez pas à noter des petites choses pour poser toutes vos questions.

Euh donc comme vous le savez, le fascisme est né notamment au siècle précédent dans des grandes puissances impérialistes, notamment dans des grandes puissances euh coloniales qui justement perdait en hégémonie coloniale et cetera. On a un peu des choses similaires. Évidemment, je suis pas en train de faire un parallèle strict historique avec ce qui se passe aux États-Unis, mais quand même évidemment, il y a des correspondances aussi. les États-Unis étant la première puissance mondiale qui est en déclin qui se fait rattraper par de nouvelles puissances et cetera, c'est par un hasard si l'extrême droite réapparaît en cette période de crise économique à échelle internationale et notamment en particulier aux États-Unis.

Mais on va on va observer euh ici notamment avec Charlotte Thomas qui a d'autres puissances notamment émergentes qui vivent sous éges de l'extrême droite depuis maintenant plusieurs années notamment en Inde. Euh donc Charlotte Thomas, alors je reprends mes petites fiches pour pas me tromper qui est chercheuse indépendante à l'IRIS spécialiste de l'Inde, donc euh autrice de Pogrome et ghetto euh des musulmans dans l'Inde contemporaine. C'est bien ça.

Et donc on va observer tout ce qui se passe en Inde et et les différents liens qu'on peut faire avec ce qui se passe ailleurs dans le monde. Alors merci, j'espère que je vais réussir à gérer le micro. Hésitez pas à me le dire gentiment.

Euh [Applaudissements] euh merci pour ça. Bonjour à toutes et tous. Du coup aussi en premier lieu, merci beaucoup aux camarades qui rendent tout ça possible chaque année aux amphi et puis je suis très heureuse de poursuivre une discussion qu'on a entamé effectivement l'année dernière avec Sylvie notamment qui était plus effectivement des des cas de des cas d'études en fait bon du cas indien et cetera et du cas états-unien et là moi je vais plus essayer de vous proposer un peu les convergences en fait les convergences et les les et les transferts pardon en essayant aussi de gérer le vent euh les convergences euh et les transferts des pratiques et des idées euh dans les extrêmes droites.

Et pour commencer justement un petit point notionnel parce que moi je parle de convergence et de et de transfert et pas du tout d'international justement pour rentrer un peu dans le vif du débat. Pourquoi je refuse la notion d'international pour parler de de ce qui se passe à l'extrême droite ? Alors la première chose un peu facile, c'est que les gens d'extrême droite eux-mêmes le revendiquent.

C'est-à-dire que Ravier Mieley quand il a été élu a revendiqué de faire partie d'une internationale réactionnaire. Et puis on a un peu l'habitude de l'extrême droite qui nous pique un peu nos notions parce qu'on pense à l'anarcocapitalisme comme une aberration. et puis à Marion Maréchal Le Pen par exemple qui parle d'hégémonie culturelle et justement euh qui fait d'ailleurs se retourner Gramchi dans cette ombe.

Bref, euh mais justement pour cette optique de d'hégémonie culturelle, je pense qu'il faut vraiment pas céder sur les notions et pas leur laisser la notion d'international aussi parce que sur le fond Merci, c'est gentil, merci. Euh sur la notion d'international au sein de la gauche, c'est précisément un projet politique qui a vocation à la lutte des classes à l'international. Enfin, je vous connaissez tout ça.

Donc voilà. Alors que à l'inverse, quand l'extrême droite emploie la notion d'international, c'est précisément dans le cadre d'un projet nationaliste euh qui est et qui permet de racialiser euh les rapports de force pour justement euh obérer toute toute convergence euh des des prolétaires entre guillemets. Donc moi, je parle encore une fois de convergence, transfert, circulation.

Avant aussi de rentrer vraiment dans ces ce concret, euh je passe rapidement, mais si je considère que l'Inde est aujourd'hui un régime fasciste et que j'emploie la définition d'Hugo Paliet, que je pourrais vous rappeler si vous la voulez dans les questions euh et euh et que en Inde en fait ça ce fascisme indien, il s'incarne par l'hindouisme politique. Alors un petit point notionnel, mais les hindouistes, ce sont les partisans de l'hindouisme politique alors que les hindous, c'est juste pour la religion. C'est important.

Et au cœur de cet hindouisme politique, il y a une notion qui s'appelle l'indouva, l'indouité et qui en gros et en très rapide promeut une Inde strictement réservé aux hindus et qui fait des minorités ethn-religieuses des citoyens de seconde zone à une avec une humanité dégradée. C'est vraiment important d'avoir cette idée donc d'humanité dégradée. Retenez aussi à ce stade que c'est une idéologie d'Inde du Nord de HCT.

Vous verrez, j'y reviendrai. Euh dans la pratique, comment ce fascisme indien se se comment dire s'incarne. Selon moi, pour aller vite, il y a trois trois trois composantes qu'on retrouve dans la dotion théorique que propose Hugo.

Il y a d'abord l'embryadement de masse par une organisation massive. Ça, je crois que c'est très important de l'avoir en tête parce que c'est pas le cas dans tous les pays d'extrême droite, ce qui les distingue selon moi du fascisme. Donc, un embryadement de masse par une organisation qui s'appelle le RSS, j'y reviendrai.

La deuxième chose, c'est la purification ethnooraciale qui s'exerce contre les musulmans et les chrétiens, qui est un rejet idéologique mais également économique. J'ai pas le temps là d'y revenir, mais il y a une vraie racialisation de l'économie indienne. Et puis le troisème point un peu rapidement, mais c'est la répression pardon systématique de toute forme d'opposition quelle qu'elle soit.

Et c'est à cet égard que déjà, bon, j'emploie le terme de fascisme pas par provocation mais par esprit analytique et puis que je considère aussi ce que je vous aurais pas dit il y a 2 ans, mais que l'un n'est plus aujourd'hui dans un moment fasciste, elle est vraiment dans un état fasciste avec toute une un comment dire une transformation de l'état l'état je galère un petit peu avec mes petits papiers. Voilà, merci beaucoup Jean-Christophe avec une transformation totale hop de l'État. Merci.

C'est c'est un danger et ça voilà, je pense que en Inde pardon dans le monde, je suis pas sûre qu'il y ait beaucoup d'états fasciste au sens premier du terme. Je suis pas sûr que les États-Unis collent exactement à cette définition. par exemple au regard de l'embrégatement de masse et effectivement Israël quand bien je ne suis pas spécialiste de la question mais on peut faire un parallèle avec Israël où l'armée rend remplace cette cette comment dire cette organisation de masse.

J'en viens maintenant que j'ai posé un peu tout ça à la première chose c'est les transferts idéologiques. Donc je vais commencer un peu sur les transfermes du colonialisme vers l'indoutval induité. Pourquoi j'en parle je parle du colonialisme ?

C'est pas un pas de côté par rapport à l'extrême droite et au fascisme. Mais dans un bouquin qui vient qui a été traduit récemment enfin 2024 d'Alberto Toscano fascisme tardif explique bien aussi les racines raciales en fait et racistes de l'extrême droite notamment dans le colonialisme. Donc l'indouva l'induité comme je vous le disais c'est une notion qui a été codifiée au début du 20e dans le contexte des mouvements décoloniaux et de la chute du califat ottoman.

Et comme je disais, ça repose sur l'impossibilité qui est vécue comme ontologique de cohabitation entre les hindous d'une part et les musulmans et les chrétiens d'autre part et l'impératif absolu de devoir séparer ses groupes. Or en fait cette idéologie Lindoudva, elle reprend exactement les attendus du colonialisme britannique puisqueen fait c'est le fait colonial lorsqu'il surgit en Inde qui pour régner sur enfin gouverner pardon la société indienne met en œuvre ce qu'on appelle le divide and rule divisé pour mieux régner et qui a donc en fait permis à la colon au colons britannique d'intégrer dans le dans la tête des Indiens qu'ils étaient ou des hindous ou des musulmans. parce que avant il y avait des affrontements entre hindou et musulmans mais é qui étaient codifiés plus sur un registre économique pas du tout sur un logique une logique raciale.

Et en 1909 introduction de d'électorat séparés pour les musulmans. Donc vraiment on aboutira d'ailleurs ensuite à la création du Pakistan, mais séparation dans cette société. Et d'ailleurs, cet hindouisme politique euh qui repend reprend pardon les cadres de la de la modernité coloniale et des cadres britanniques.

Elle est décrié par certains théoriciens euh indiens qui considèrent qu'il s'appelle d'un qu'il s'agit d'un hindu orientalisme, reprenant donc euh la notion d'orientalisme de l'Occident qui a été dévoilé par Édouard Saï dans les années 70. Donc ça c'est vraiment un premier point sur le point idéologique. Ensuite à Rebour, on verra que par la suite le nazisme lui-même va reprendre à l'induité.

Alors le cas le plus facile, enfin le plus connu de ici c'est la svastica. Donc lavastica, c'est euh le symbole de l'harmonie, l'harmonie religieuse qui délivre les hommes de de du cycle de renaissance et de réincarnation, pardon, et qui est repris par le nazisme en inversant la le sens de cette croix qui deviendra donc la croix gamée. Mais en fait cette svastica dans le bon sens, c'était déjà l'emblème d'une organisation qui existe toujours, hindouiste et donc raciste, la Indou Mahasaba qui a été fondée en 1915 et qui avait cet emblème.

Donc là, le nazisme le reprend. Le deuxième point du nazisme, c'est que le nazisme reprend la notion d'Arien qui serait donc ce peuple originel, pur par par accessoirement blond aux yeux bleus. Bon euh et qui serait donc le peuple élu.

Alors, c'est une notion qui nous vient aussi de l'Inde parce qu'il est vrai que factuellement l'Inde géographiquement est divisé entre deux groupes ethnoinguistiques, les ariens au nord et les Dravidiens au sud. Donc on a un emprunt mais aujourd'hui il faut savoir que les hindouistes et là je reviens sur le fait que l'hindouisme politique est une notion d'Inde du nord de HCT les hindouistes en fait racialisent aussi les peuples dravidiens qui sont des peuples du sud et qui sont considérés comme plus noirs et plus dégradés dans la hiérarchie pure quoi qu'il et le corps social qu'il qu'il prétend de incarner. Donc vous voyez là aussi transfert entre euh enfin du nazisme à l'hindouisme politique et et vice-versa pardon.

Une fois qu'on a posé un peu ces notions euh idéologiques, dans la pratique aussi. Alors dans la pratique, le premier cas que je vais traiter, c'est le rapport à la violence qui est évidemment consubstantiel à l'extrême droite et au fascisme. Et là, c'est plus le Sud-Indien qui a emprunté dans un premier temps au nord européen.

Narandra maudi, donc l'actuel premier ministre a été formé dans un une structure qui s'appelle le RH tria Soyam Saksang RSS, l'association des volontaires nationaux. Cette organisation, elle est violente et elle a but, elle a pour but de former à la défense armée de la patrie via le manement des armes. Et euh les membres portent donc elle ment portent pardon un uniforme euh brun, un short brun, salut au drapeau et puis euh c'est manimement des armes comme je disais pour défendre la patrie.

Ça c'est quand même parenthèse la plus grande association au monde avec 5 millions membres de base. Donc après il y a les autres membres. Donc là aussi quand on parle des frères musulmans et tout, enfin moi ça me fait toujours un peu rire parce que les hindouis sont vraiment bien présents.

Et donc ce RSS, il est fondé en 195 1925 pardon, exactement sur le le modèle des phalanges fascistes dont j'ai expliqué qu'il reprenait tous les beaucoup de codes, donc le short brun, le salut du bras, la violence et la violence mise au service de la de la défense de la patrie. Et puis de la même façon, un des idéologues les plus connus de l'hindouisme politique, c'est un monsieur qui s'appelle Govalkar qui est mort dans les années 70 et qui jusqu'à sa mort appelé dans ses écrits à faire et là bon voilà, je je le cite hein parce qu'il le dit en ses termes donc affaire aux Indiens de confessions musulmanes ce que Hitler a fait aux juifs en ces termes. Et donc je fais quand même un petit insert aujourd'hui on voit que Maudit et Netaniau sont très proches sur le plan politique.

C'est quand même un petit peu surprenant eu égard à la formation dont vient Maudit. Donc ça c'est pour la violence. Et puis pour la période contemporaine où là je vais me focaliser vraiment plus enfin la période les innovations plus exactement contemporaines sur les termes de la communication.

Et là sur la communication c'est beaucoup plus les nords eur enfin occidentaux notamment États-Unis et français français pardon d'extrême droite qui ont emprunté au sud indien. Alors la communication qu'elle soit sur les réseaux enfin très notamment pardon numérique et sur les réseaux sociaux de l'extrême droite, elle a quel but ? Hégémoniser la pensée fasciste d'une part et d'autre part minoriser, criminaliser les pensées enfin d'opposition.

Et là en fait en 2016 la première campagne de Trump tout le monde s'est body sur cette campagne cette personnification et tout et moi c'est vrai que enfin ça me faisait un peu marrer par qu'en fait Augard donc l'état dont tu es originaire Narandra maudit moi j'ai observé ça depuis 2007 la première campagne massive avec d'une part une personnification de du leader c'est-à-dire quand on parle d'une personnification c'est les gens portent son enfin des masques de maudit il y a des affiches de lui grandeur nature partout ou dans la ville ou dans le pays, il y a des photos boutes pour vous prendre en photo avec Maudi, il y a des photos de Maudit sur les sacs de ration alimentaire et cetera. Tout ça en fait, ça a été ensuite repris par Trump via une personnific Trump et d'autres hein, mais une personnification du culte du chef qui est très propre à l'extrême droite. Incère, mais on ne réduit pas le fascisme au culte du chef hein, c'est juste une immanation mais après il y a une socialisation de la société.

Donc il y a ce culte du chef et puis le deuxième truc dont j'ai été victime moi-même, c'est les armées de troll numérique. Ça c'est quelque chose qui maintenant est très connu aujourd'hui par l'extrême droite mais en fait ça est apparu vraiment en Inde. Alors la les armées de trô numérique, elles avaient quel but ? toujours intimider et harceler l'ennemi entre guillemets hein qui est protéiforme et puis diffuser le récit en l'occurrence hindouiste.

Mais ça pour preuve que c'est né en Inde notamment, c'est qu'il y a une journaliste qui s'appelle bon Swati Chatourvi, bref qui elle-même a subi ça et qui dès 2016 a sorti un bouquin qui s'appelait tac tac tac je suis un troll dans le monde secret de l'armée numérique du BGP. Et cette cette ce bouquin qui sort en 2016, il est basé sur une enquête de qui qui remonte à 2014. Donc vous voyez que c'était déjà euh en fait un petit peu ancien et que vraiment dans le en terme de communication, ce que fait aujourd'hui l'extrême droite dans le monde a vraiment beaucoup pris du côté du côté de l'Inde et du côté du fascisme indien.

Et puis euh pour terminer, je passerai sur les registres de justification de l'extrême droite et des dérives autoritaires parce que dans tout faut que je me bien sûr euh je presque fini euh dans tous les dans tous les dérives autoritaires, on voit bien que il faut quand même que les gouvernements et les pouvoirs en place arrivent à justifier quand même à l'opinion publique entre guillemets les atteintes systématiques à l'état de droit et à la à la comment dire au rétrécissement des libertés publiques. Depuis le 11 septembre, le momentonien de clash des civilisations qui est un inventé tout ça, mais une version réactionnaire de cette lutte du bien contre le mal et vraiment le registre qui on comment dire utilisé le plus sur et la lutte pardon contre le terrorisme et le terrorisme notamment djihadiste qui permet aujourd'hui de justifier tout un tas de trucs et cette islamophobie islamophobie pardon mondiale. Très récemment, justement dans le cadre de l'Asie du Sud, on voit que la guerre illégale, j'insiste, que l'Inde a déclaré au Pakistan, elle a été légitimée au nom de ce terrorisme, enfin de cette lutte contre le terrorisme djihadiste sans aucune preuve de l'implication du Pakistan et alors que c'est un un acte national.

Et puis aujourd'hui en Inde, il y a des destructions massives de quartiers musulmans au moment où on se parle qui sont depuis fin avril justifiés au nom de l'infiltration des djihadistes bangladais et pakistanais. quand bien même ça se passe au à l'autre bout du pays. Bref, et euh et ça j'ai pu le constater malheureusement que c'est repris aussi sur les plateaux de télé français mainstream où on nous explique que c'est la lutte contre le terrorisme international. la même façon très rapidement, mais ce qui s'est passé l'année dernière au Bangladesh avec le renversement du gouvernement de Cheekassina où il y a eu des attaques contre des hindou mais parce qu'ils étaient membres d'un parti politique, je vais très vite parce que je dois je dois conclure, mais Maudit les a décrié comme comme des actes islam enfin des actes démusulmans djihadistes parce que c'est toujours ça djihadistes contre des hindus.

ça a été repris par l'extrême droite française ici sur les réseaux alors qu'en fait c'était des affrontements politiques. Dernier cas, c'est le cas du Cachemir qui est en fait dont l'administration du Cachemir qui qui pour laquelle Narandra maudit s'inspire du modèle de la 6 Jordanie puisque le but à peine couvert c'est de faire du cachemire en fait un territoire à majorité musulmane un territoire où subsistera quelques petits villes avec une majorité musulmane mais sinon complètement comment dire gagné par les hindou auquels les ind enfin dans dans lesquels les hindou seraient à présent majoritaires. Et pour se faire, il a supprimé l'autorisation, l'interdiction pardon d'autorisation des non cachmies au Cachemir.

Donc il a en gros ouvert une politique de colonisation un peu du du Cachmir qui passe par le les habitants, les Indiens et aussi par le tourisme massif. Et là, on retrouve sur le tourisme en fait un parallèle avec la rivière de Gaza parce que c'est vraiment faire euh comment dire euh effacer une population via euh le tourisme. Et pour terminer, à quoi ça sert tout ça ? euh toute cette circulation, ces échanges et ces transferts, ben ça permet en fait au niveau pour les gouvernements d'extrême droite de se légitimer au niveau national par le détour par l'international.

J'explicite, quand des ministres des députés pardon d'extrême droite du Parlement européen viennent visiter le Cachemir après euh la suppression du statut spécial et donc la fin d'interdiction d'installation des non Cachmiri, et ben ça permet à Narandra Maudit d'expliquer que sa politique, elle est valable parce qu'elle est légitimée à l'international par d'autres d'autres États du monde quoi. et vice versa à l'inverse puisque les fascismes non indiens se nourrissent aussi de leur leur lien avec Narandra maudit puissance émergente. Voilà à peu près.

Merci beaucoup. Merci beaucoup pour cette intervention. Euh du coup on va arriver à à l'avant-dernière intervention de Jean-Christophe Séin.

Juste avant c'est vrai que tu as pas mal parlé de d'Hugo Paletta dans ton propos en tout cas en introduction. Euh sachez qu'il devait être présent avec nous aujourd'hui mais finalement il est un petit peu dans chacune de nos interventions. En tout cas, je pense parce que voilà, je vous invite à à observer un peu tous ces ouvrages de compréhension un peu sur euh l'actualité du fascisme en reprenant tout un tas de de définitions historiques mais avec une réactualisation assez pointue.

Donc c'est vrai que ça nous a beaucoup aiguillé évidemment dans nos différents travaux à chaque reprise. Donc voilà. Euh mais là, je vais vous parler de Jean-Christophe Séin du coup qui va pouvoir intervenir euh co-coordinateur national du parti de gauche et qui a récemment sorti un livre avec une très belle couverture.

Tu m'en as fait la promo. Voilà. Euh un livre sur comprendre et vaincre le fascisme.

Rien que ça. Donc donc je l'ai pas encore lu mais je vous invite à aller voir notamment le stand du parti de gauche. Voilà.

Et il y a du coup une intervention voilà sur sur ben tu vas nous tu vas nous en apprendre. Je crois que en tout cas dans le livre, il y a une partie sur la Révolution française en tout cas voilà historique pasention et aussi sur Israël et voilà. Ne me mange pas mon propos mais je je t'introduis je t'introduis.

Merci. Bon merci à toutes et à tous d'être là. Donc merci évidemment aux filles d'organiser ce débat absolument central sur la question du fascisme.

Je voudrais quand même insister sur cette question. Le fascisme n'est pas une thématique de débat au même titre que peut y avoir d'autres thématiques très importantes. Le fascisme quand on est un militant politique révolutionnaire c'est la question centrale parce que historiquement le fascisme c'est un courant politique qui vise à détruire politiquement et physiquement le mouvement ouvrier organisé ses militantes et ses militants.

Je voudrais dire ça en préambule pour prendre la mesure de de ce qu'est le fascisme dans l'histoire et du danger fasciste aujourd'hui à la fois en France et dans le monde. Donc il me revient dans mon propos, dans la répartition des interventions qu'on a faites de revenir un peu sur l'articulation entre le le capitalisme et le fascisme et notamment le fascisme comme dernier recours du capitalisme en période de crise. Alors, on parle de souvent des crises du capitalisme.

En réalité, c'est pas des crises du capitalisme, ce sont des crises de domination du capitalisme et de reproduction du profit du capitalisme et des voies nouvelles qu'à chaque période historique, en fonction des spécificités géopolitiques et historiques que le capitalisme va essayer de trouver pour assurer sa domination. Donc premier élément très important, le capitalisme doit assurer sa domination. Donc historiquement, on va dire que le capitalisme essaye d'assurer sa domination à coût réduit avec des institutions qu'on appelle la démocratie bourgeoise, avec des élus, avec des syndicalistes maison, avec des experts, avec des médias.

Tout ça permet de faire consentir à l'ordre établi qui a été notamment traité par Sylvie dans son propos introductif. donc un espèce de mécanisme où tout le monde consent à l'ordre des choses et à l'ordre du monde par des institutions et un certain nombre de d'éléments quotidiens qui permettent cette régulation et cette domination. Sauf que dans la période de l'impérialisme et dans la période de conquête de territoire, dans la période de recherche du profit, dans la période de la concentration des monopoles, de la période de concentration du capital, tout cela se grippe.

Les mécanismes de domination rentrent en contradiction avec le fait que le capitalisme veut accélérer ses taux de profit, accélérer sa domination, accélérer les cadences, réduire les salaires et cetera. Donc, il y a des contradictions sociales qui émergent non seulement vis-à-vis de, on va dire, de l'immense majorité de la population travailleuse, c'est la classe ouvrière et paysane. Et quand je parle de classe ouvrière historiquement, elle n'est pas la forcément la même encore que qu'au 19e siècle.

Je parle de la classe ouvrière au sens large, c'estd ceux qui vendent leur force de travail, qu'elle soit manuelle ou intellectuelle au capital chaque jour et avec des contradictions y compris au sein de la bourgeoisie et notamment de la petite bourgeoisie. Et c'est là qu'il y a un acteur absolument central qui rentre en ligne de compte sur la question du fascisme, c'est la question de la petite bourgeoisie en crise. Je tiens à le dire parce que c'est souvent véhiculé à gauche.

Le fascisme n'est pas un produit du grand capital. Ça n'est pas le grand capital un jour qui décide qu'il va y avoir une solution fasciste. Il y a des contradictions à l'œuvre à l'intérieur du système capitaliste qui fait qu'il y a une crise de cette petite bourgeoisie qui est une classe intermédiaire qui est victime de la concentration du capital, qui est aperée par la crise et qui va vouloir retrouver sa place et certainement pas redescendre à l'endroit d'où elle vient parce que la petite bourgeoisie souvent vient du peuple, vient de la classe ouvrière et ne veut surtout pas redescendre socialement et précisément elle veut s'en prendre aux éléments du mouvement ouvrier organisé, aux syndicalistes, aux fonctionnaires, aux allocataires sociaux qui sont jugés comme étant des privilégiés en période de crise, ne voyant pas que bien évidemment elle est victime de le la la la crise du capitalisme et de ceux qui dominent le système.

Et ça c'est extrêmement important parce que cette petite bourgeoisie en période de crise va vouloir avoir une expression politique. Et c'est là que le grand capital rentre en lis parce qu'il va pouvoir financer cette expression politique et il va pouvoir lui donner une expression politique centralisée. Et c'est là que le fascisme se propose pour être l'un des candidats à cette à cette expression.

Donc crise, grippage du système euh excusez-moi avec le vent les notes, c'est un petit peu compliqué. Donc, j'ai parlé d'une contradiction majeure euh du fait de cette crise de la petite bourgeoisie apeurée euh et victime de la crise, mais aussi des prolétaires déclassés qui vont pouvoir servir euh de d'armée de réserve, on va dire, pour pouvoir être au côté de de ces mécontentants du de ces de ces mécontents du système pour pouvoir non pas le contester mais euh trouver d'autres bouqu émissaires et d'autres et et et et d'autres personnes responsables de la crise. Donc j'ai parlé de ce grand capital qui va donner un financement et une expression centrale.

Je vais prendre deux exemples historiques sans revenir. ce qui s'est passé en Italie dans les années 1919-120 avec le beigner ressource qu'on appelle les années rouges où vous avez quand même pendant près de 2 ans une grande partie de la production industrielle italienne qui est dirigée par les conseils ouvriers qui se réfèrent directement à l'exemple de la révolution russe et des soviétes et le grand patronat italien en mars 1920 se réunit quand même en disant qu'il faut en finir avec le bolchevisme italien et décide de financer le parti fasciste pour casser justement ce mouvement ouvrier, ses grèves et cetera. Mais c'est aussi valable dans le domaine de la paysanerie parce que les branquées vont sont les les salariés agricoles se se révoltent aussi euh font des grèves pour la réduction de temps de travail, pour avoir des garanties, pour avoir des libertés syndicales et là le fascisme va aussi jouer un un grand rôle pour casser ce mouvement.

Si on prend l'Allemagne, ce sera on connaît l'histoire et c'est notamment traité par Chapoutu dans son dernier ouvrage avec lequel je peux avoir quelques nuances notamment sur les explications individuelles plutôt que les explications des tendances lourdes de la situation notamment des résultats électoraux des forces sociales et des forces politiques en présence où ce seront les magn des banques et de l'industrie lourde qui vont euh fin décider idée au final de de jouer la carte d'Hitler en 1932 et de faire en sorte que Hitler soit chancelier à la fin 1933. Voilà. Donc je sur cette base-là, je voudrais euh et pour reprendre aussi des choses que Palietta a développé et que d'autres auteurs ont développé aussi, c'est de vous proposer quand même de définir l'objet, c'est-à-dire de définir le fascisme.

Je vous propose la définition suivante. Ça serait un appel à l'unité culturelle, organique et étatique de la nation, un recours contre les revendications et les mouvements populaires qu'elle ne peut plus contenir par les voies habituelles et les voies de la régulation dite démocratique dont j'ai parlé au départ. Donc le fascisme est un mouvement politique réactionnaire au service du capital. euh il épouse le mécontentement populaire pour euh le canaliser sous la forme d'un conservatisme radical.

Alors pourquoi cette question euh cette deuxème partie de la définition est importante ? Que le fascisme est un mouvement euh politique réactionnaire au service du capital mais qu'il épouse le mécontentement populaire et on le voit chaque jour dans la propagande du Rassemblement national. cette capacité euh à épouser, à surfer en apparence bien sûr sur euh le mécontentement populaire, mais en dernière sort en étant du côté du manche et à chaque fois qu'ils doivent voter, notamment on l'a vu à l'Assemblée nationale sur toutes les grandes questions où ils sont contre l'augmentation des salaires, contre la répartition des richesses, contre les services publics et cetera et cetera.

Voilà. Donc ça c'était une une chose importante à rappeler du point de vue historique sur l'articulation entre le capitalisme et le fascisme, mais je voudrais insister sur la le cycle historique dans lequel nous sommes actuellement. Je pense que nous sommes dans le cycle historique ouvert par le coup d'état au Chili le 11 septembre 1973 pour euh et pour deux raisons.

La première raison, c'est que la bourgeoisie internationale et notamment la bourgeoisie américaine n'a pas supporté que le gouvernement de l'unité populaire entre 1970 et 1973 fasse la démonstration qu'il y ait une capacité de victoire électorale de la gauche et une possibilité de démonstration politique comme quoi on pouvait faire avoir une alternative au capitalisme. Et là sont entrés en lisse ce qu'on appelle les Chicago Boys autour de Milton Freedman, un économiste ultralibéral. Et le coup d'état au Chili non seulement a servi à casser l'expérience de l'unité populaire, mais à servi de laboratoire sur la question des privatisations, sur la question de la maltraitance sociale de ce nouveau cycle.

Et cette onde de choc, on a pu la retrouver après, à la fin des années 70 dans les années Satcher et Rigan. Cette onde de choc, on l'a eu en Europe avec le plan d'austérité en France. On l'a eu en Allemagne avec les différents plans arts de démantellement de l'état social d'ailleurs que la social-démocratie allemande avait elle-même constitué.

Donc tous ces éléments-là euh et puis après bon les années Sarkozy, parenthèse plus ou moins enchantée du gouvernement Jospin avec des mécanismes d'atténuation, des mécanismes de redistribution ou de frein de de cette mise en place des politiques austéritaires. Enfin, globalement, nous sommes bien dans ce cycle et ce cycle est en train de s'accélérer dans sa dernière phase avec le fait que nous rentrons dans un nouveau cycle dans ce cycle là qui de le cycle d'une économie tournée vers la guerre. Et ça c'est quelque chose d'absolument fondamental parce que ne croyons pas que les guerres se font pour des raisons idéologiques.

Elles se ce sont des guerres qui sont des guerres de conquête, qui sont des guerres de domination. On parlait en aparté de de ce qui se passait actuellement à Gaza. On oublie souvent euh enfin on oublie pas nous mais on on on on oublie souvent dans les commentaires qui sont faits sur la guerre de Gaza qu'il y a quand même des gisements pétroliers et gaziers au large de Gaza et que pour le moment ils apparaîent ils app ils appartiennent aux Palestiniens et que demain ils pourraient appartenir euh au grand Israël.

Donc et comme la guerre en Syrie s'est faite aussi, pas uniquement, mais aussi pour des raisons de tracé, de gazoduc et cetera, on voit très bien que tous ces conflits dans la crise de domination du capitalisme où il y a une crise de saturation des marchés, où il y a une marchandisation extrême et cetera, que le poids du complexe militaroindustriel joue un rôle imminent. et un nouveau rôle. Et dans ce cadre-là, la bourgeoisie, qu'elle soit nationale ou internationale, euh pense que tous les éléments de liberté démocratique, de lourdeur institutionnelle et parlementaire sont un frein, une lourdeur, un luxe dont on pourrait se passer hein.

Pourquoi débattre sans fin des projets politiques et cetera alors que on pourrait effectivement fonctionner par décret comme Trump et avec des tentations de plus en plus brutales et de plus en plus autoritaires. Et dans ce cadre là, dans le cadre d'une économie tournée vers la guerre, on n'est pas encore dans une économie de guerre parce que une économie de guerre, c'est une économie où les gens sont réquisitionnés jour et nuit pour fabriquer des bombes et cetera. On en est pas on en est pas là.

Mais l'économie est tournée vers la guerre. Et ce qui nous intéresse à nous en tant que militant politique de gauche révolutionnaire, c'est de voir que ça rentre bien évidemment en contradiction avec la satisfaction des besoins sociaux mais aussi avec les impératifs écologiques parce que ce qui se passe par exemple à Gaza est non seulement un désastre humain, un désastre social mais un désastre écologique et que cette guerre finalement tourne le dos à tout ce qu'on peut souhaiter pour l'humanité. On m'appelle à conclure.

Donc je dois faire une petite fenêtre quand même sur la question de l'extrême droite française et ça suscitera certainement le débat. On a parlé tout à l'heure d'hégémonie culturelle et de Gramchi. 1981, François Mitteran arrive au pouvoir.

Septembre 1981, le club de l'horloge tient son congrès. Sous-titre du club de l'horloge d'Alain de Benoît qui a d'ailleurs une revue dans tous les kiosques, hein, la revue du Grèce, la revue Élément et cetera et qui a servi d'intellectuel à la nouvelle droite, y compris à une grande partie de l'équipe SarkoZi. Le sous-titre de ce congrès de la nouvelle droite, c'était pour un gramchisme de droite.

C'était le sous-titre, c'était écrit au congrès. Pourquoi ? Alain de Benoît avait dit "Voilà, la gauche a gagné parce que elle a eu l'hégémonie culturelle.

Elle avait les syndicats, les MJC, euh les médias, les artistes. Et bien nous, la droite, nous devons faire pareil." Et il faut se le dire, depuis 40 ans, ils ont pris une longueur d'avance.

Ils ont eu le Figaro Magazine avec Louis Powels, 250000 exemplaires tous les samedis. Ils ont construit des réseaux sociaux, ils sont en capacité d'avoir des fêtes populaires, le puit du fou, ce terrain avec les labelles fêtes de France. Euh donc ça nous amène nous de manière introspective à bien comprendre que la bataille idéologique et culturelle doit se faire aussi avec la prise en charge de nouveaux vecteurs.

Autre élément et je conclus là-dessus, c'est les nouveaux visages de l'extrême droite. Et quand vous voyez que l'extrême droite européenne aujourd'hui est représentée par trois femmes et pas trois anciens baroudeurs burinés par les batailles de rue, vous avez Marine Le Pen, Georgia Meloni, Alice Weidel. Alors on peut en penser ce qu'on veut mais sont trois visages féminins qui évidemment du point de vue symbolique vont porter un autre registre de communication.

Et tout ça doit nous interroger sur leur capacité à mettre en place cette politique qui est parfois difficilement cernable. Je termine sur une chose qui est absolument centrale dans le cas de la bataille idéologique et culturelle, c'est la capacité à brouiller les cartes. Moi, j'avais senti il y a une dizaine d'années que Marine Le Pen allait tourner sur la question d'Israël.

Le parti étant taxé d'antisémitisme, ils allaient soutenir les colonisateurs et l'extrême droite israélienne de façon à ne plus être taxé d'antisémitisme. Et vous avez aujourd'hui cette situation absolument hallucinante. Vous avez Marion Maréchal et Bardala qui sont reçus à Yadva Vachem et que Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise sont taxés d'antisémite.

Donc un renversement complet des paradigmes, une capacité à brouiller les cartes qui nous incite à faire un très très gros travail sur la bataille idéologique et culturelle. Merci de votre écoute. [Applaudissements] Merci pour cette dernière intervention. avant dernière intervention du coup parce que je vais parler et j'ai le luxe de pouvoir conclure voilà donc de pouvoir donner des des éléments évidemment aussi de compréhension mais je vais essayer de faire bref parce qu'on a eu des interventions quand même assez pointues.

Voilà chacune d'entre elles était très intéressantes. Et je voulais juste rebondir sur ce que tu as dit à la fin, sur le fait que l'extrême droite évidemment d'un point de vue stratégique cherche à brouiller les pistes et cherche à nouveau à se renouveler systématiquement et surtout à créer une forme de de ouais de de bouilli intellectuelle, de bouilli historique qui fait qu'on ne s'y repère plus. Et lorsqu'on a plus de repère commun, lorsqu'on a plus de euh d'idées un peu sur ce qui s'est passé dans les dernières années et cetera, c'est à ce moment-là que les horreurs peuvent s'installer.

Ça, l'extrême droite, on a bien conscience d'un point de vue stratégique mais pas que. C'est qu' n'ont aucun mal à évoluer dans cette espèce de bouillie historique, bouillie permanente, intellectuelle et cetera. Non pas parce qu'ils sont bêtes, on aura un peu ce réflexe de penser juste qu'ils sont bêtes, mais tout simplement parce qu'ils souhaitent retrouver une puissance perdue alors fantasmé et cetera la plupart du temps autour du concept évidemment de la nation euh du suprémacisme blanc et cetera.

Il y a vraiment cette idée de retrouver une puissance perdue. Euh et derrière cette idée de retrouver une puissance perdue, on passe par tout et n'importe quoi. J'ai vu récemment un des représentants du gouvernement de de Vladimir Poutine qui se balade, vous savez, avec un un sweetshirt CCCP.

Quel est le lien entre Alors, évidemment l'URSS n'est pas un un quelque chose sur lequel on dirait que que du bien très loin de là, c'est pas un exemple l'URSS, mais en tout cas on on il y a pas de comparaison à faire entre ce qui est en train de faire Poutine et l'URSS. Évidemment, il y a énormément de de divergences, mais en tout cas, il y a vraiment cette volonté de trouver dans l'URSS cette idée qu'à ce moment-là, il y avait une puissance impérialiste qui était capable d'imposer à tout un tas d'États. Vous doutez bien qu'avec la guerre de l'Ukraine, ça va réactiver aussi tout ça, cette idée de retrouver encore une fois cette puissance perdue et donc cette espèce de confusionnisme permanent dans lequel ils se plaisent parfaitement et qui cherchent systématiquement.

Comme là tu l'as dit, il y a une stratégie évidente de la part du Rassemblement national à vouloir euh s'émanciper d'une euh du de l'étiquette d'antisémitisme et cetera, évidemment, mais il se retrouve aussi parfaitement dans l'idée que ça y est, Israël est devenue une puissance sérieuse, elle aussi coloniale, elle aussi qui est capable de mener des génocides et elle aussi qui est capable de mener un suprémacisme à échelle internationale. Et là-dedans aussi, le RN du coup idéologiquement se complet aussi petit à petit là-dedans. Et nous ça nous paraît absurde.

Des gens qui ont grandi dans l'antisémitisme qui il y a à peine quelques mois, quelques années écrivaient encore des choses affreuses dans certains journaux péténistes et cetera qui sans complexe partent faire des allers-retour en Israël et qui viennent justifier évidemment tout ce qui se passe à Gaza. Donc surtout bien se dire qu'il se complesse parfaitement dans cette bouillie intellectuelle et historique. tout simplement parce que la seule chose finalement qui anime les fascistes, le fond philosophique idéologique qui les qui les propulse et qui et qui fait qu'ils arrivent à faire unité au-delà de leur simple outil organisationnel de l'extend droite, c'est cette idée de retrouver une puissance et tu l'as dit évidemment d'un point de vue économique à travers cette question d'un capitalisme qui est en crise d'hégémonie et qu'il faut retrouver donc la puissance d'une exploitation économique mais pas que.

Il y a pas que aussi cette question économique, il y a évidemment cette question raciale qui est aussi au centre euh de la question. La question aussi du masculinisme. On voit avec énormément de discours et de traduction politique de ce masculinisme à échelle internationale encore une fois euh évidemment euh cultivé par Donald Trump, par Poutine et cetera.

Euh et euh donc il y a aussi cette question idéologique qu'il ne faut pas écarter parce que très souvent dans notre compréhension un peu du fascisme, il y avait un peu cette idée mais Jean-Christophe, tuas t'a permis aussi un peu d'étayer cette question là. On avait un peu l'idée à l'après-guerre que euh les grands capitalistes de ce monde se réunirent autour de la table et en gros quand ils sont en période de crise d'égémonie du capitalisme, tac, il nous imposerait le fascisme. En réalité, c'est bien plus complexe que ça.

Évidemment que les capitalistes entre eux, il y a pas eu une une homogénéité claire. Évidemment qu'il y a des disparités entre eux. Et il y a à un moment donné tout un tas de gens qui se font convaincre par ces idéologies suprémacistes qui reviennent sur le devant de la scène, notamment, je pense à des Elon Musk et cetera.

C'est des gens qui à la base n'étaient pas des fascistes autoproclamés. c'est des espèces de libéraux à outrance, libertariens et cetera, mais qui à un moment donné, encore une fois en période de crise du capitalisme, se retrouve dans une idéologie suprémaciste parce que d'une part elles permettent de maintenir voire même d'accélérer leur leur profit et cetera d'un point de vue économique, mais aussi parce qu'ils se complaisent dans une forme d'idéologie, il faut pas oublier d'où viennent ces gens-là. Elon Musk en premier lieu, mais tout un tas de personnes qui traînent autour de Donald Trump et cetera viennent par exemple de l'Afrique du Sud.

Ces gens-là sont des descendants de colon. Ils ont grandi dans des familles où ils exploitaient notamment les les minerés et cetera et cetera. Ces gens-là viennent des colonies.

Et d'ailleurs, une obsession de de Lon Musk, c'est nous expliquer que ça y est, en Afrique du Sud, les blancs se font exploités par les noirs et que c'est affreux et cetera et cetera et cetera. Bon, évidemment, il y a toute l'inversion, encore une fois, la bouillie intellectuelle historique dont je vous parlais mais en tout cas, il y a vraiment cette idée de revanche aussi coloniale qu'il faut pas sous-estimer chez ces gens-là. Il y a évidemment la question économique et les animes, c'est le fond matérialiste, j'ai envie de dire, de leur de leur motivation politique.

Mais il y a aussi à à ne pas sous-estimer la question idéologique suprémaciste et en l'occurrence ici suprémaciste blanc parce que évidemment c'est encore là-dessus que reposent les plus grandes puissances impérialistes. Donc on avait une question en fond qui a été posée dès le début de cette conférence, c'est la question de il est existe-t-il une internationale fasciste ou en tout cas une extrême droite internationale ? Je rejoins l'idée que d'un point de vue philosophique, idéologique et politique, évidemment, on ne peut pas considérer que les fascistes sont internationalistes.

Et donc en soi, si on observe de ce point de vue-là, il n'existerait donc pas d'international fasciste. Ceci dit, il ne faut pas nier, et ça a été rappelé à plusieurs dans plusieurs interventions, qu'il existe tout de même bel et bien une forme d'organisation structurée, cherché et voulue par des extrêmes droites déjà au pouvoir. Je pense à Victor Orban en Hongrie qui essaie de faire des liens aussi à l'international, mais on pourrait comme ça prendre tout un tas de euh de de personnalités politiques à l'extrême droite qui essayent de de construire ces liens-là à l'international, mais par contre, il est certain qu'ils le font dans une situation particulière où justement ils ne font pas encore figure d'hégémonie à l'échelle internationale et qui sont encore dans cette période où ils cherchent à à arriver le plus possible au pouvoir.

Et donc dans ces dans ces circonstances, dans ce contexte-là, oui, ils sont capables de s'allier dans des circonstances particulières. En ce sens-là, d'un point de vue organisationnel, oui, on peut parler de liens internationaux, mais évidemment qu'à long terme, imaginons que tous les États du monde entier venaient à basculer à l'extrême droite ou dans des dans des dans des idéologies pardon qui qui euh se tourneraient vers le fascisme, et ben évidemment, ce serait la guerre partout et que toutes ces nations qui cherchent à imposer leur puissance fantasmée et cetera autour du concept de nation, de suprémisme et cetera, forcément à un moment donné rentrerait en collision avec d'autres voisins qui eux aussi veulent imposer leur puissance par tous les moyens et cetera. et cetera et cetera.

Donc forcément que à la fin ce serait la guerre et donc de ce fait ce ne sera jamais l'internationalisme l'extramourate. Euh et nous du coup qu'est-ce qu'on fait dans tout ça ? Ah c'est un peu la question quand même parce que là le le panorama est pas très réjouissant forcément mais c'est tout simplement justement de réaffirmer l'internationalisme mais au bon sens du terme.

C'est-à-dire l'internationalisme, on souhaite que tout le monde puisse être éga sur la planète en créant des liens, ne serait-ce que que par écologie. Finalement, bon euh l'internationalisme est une vieille idée du mouvement ouvrier euh euh de solidarité humaine et cetera, mais là on est dans une situation presque inédite où toute la nouvelle génération d'ailleurs en a parfaitement conscience. Et c'est ce qui devrait nous soulager dans cette idée d'internationalisme, c'est qu'on a jamais eu d'idée aussi claire que l'internationalisme est une évidence.

C'est une évidence d'un point de vue du parce qu'on parle souvent de l'humain mais du vivant dans son ensemble. Qui pourrait imaginer qu'on puisse mettre en place des choses d'un point de vue écologique seulement dans un petit état par exemple comme la France ? Qui pourrait imaginer ça ?

Évidemment, on sait et c'est la nature, c'est comme ça, c'est comme ça que ça fonctionne d'un point de vue scientifique et cetera. Ce qui va se passer à l'autre bout de la planète aura des répercussions sur l'ensemble du reste de la planète. Et donc logiquement, nous allons devoir travailler et c'est un une de grosses échéances qui nous qui nous sont tendues.

Euh nous allons devoir travailler à construire d'un point de vue international pour faire face à cette crise euh écologique euh qui ça y est en train de de nous montrer ses pires ses pires horreurs et ça va faire qu'augmenter au fil des années. Donc l'écologie nous l'impose et surtout je pense qu'il y a eu une erreur. Moi, il y a un truc qui m'agace un peu dans les discussions qu'on peut avoir même dans dans certaines formations et cetera, c'est un peu l'idée, vous savez, l'internationalisme fantasmé du siècle précédent où les la classe ouvrière était très organisée à raison, c'est vrai qu'il y a eu des des des choses excellentes qui se sont produites et cetera, mais il y avait un peu cette idée que l'internationalisme forcément se réduirait à une organisation coordonnée entre partis ou même un grand parti international et cetera.

En réalité, c'est pas ça l'internationalisme. Ça c'est une forme organisationnelle de comment se traduit l'internationalisme et qu'on doit systématiquement requestionner. Mouvement politique, parti politique, euh solidarité, peu importe.

On on doit requestionner d'un point de vue stratégique cette question-là. Mais ce qui anime profondément l'internationalisme et finalement on n' jamais été aussi internationaliste qu'aujourd'hui, je le pense sincèrement. Ce qui anime profondément l'internationalisme, c'est la question tout simplement de l'empathie que l'on porte envers les peuples du monde entier.

L'internationalisme vit ici, vit dans l'empathie justement internationale. À chaque fois que quelqu'un est touché sur la planète, si on est capable de ressentir de l'empathie pour cette personne ou cet endroit visé de la planète, alors nous sommes de ce fait internationaliste. Ensuite vient la question de comment on fait ?

Mais il y a eu des exemples très récents et d'ailleurs à l'après-gerre à l'après-gerre il y a eu des exemples évidemment au Vietnam où il y a eu des mouvements immenses internationalistes de solidarité avec ce qui se passait au Vietnam en Algérie aussi qui a été une plate tournante de l'internationalisme notamment anticolonial pendant des années évidemment au moment de la révolution et même et même quelques années qui furent après là aujourd'hui avec la Palestine évidemment tout le monde l'a compris ça va être quelque chose c'est je sais pas comment dire mais c'est un tournant là historique tout le monde en a conscience évidemment par solidarité encore une fois comme je disais par empathie pure avec les Palestiniens et les Palestiniennes. On a un intérêt à porter notre solidarité mais pas que aussi parce que là c'est ce qui joue c'est notre avenir à toute l'humanité. C'est une forme de test un peu là pour les tous les gouvernements d'extrême droite de savoir si oui ou non aux yeux du monde entier on a la possibilité de massacrer des Arabes en 4K cas tous les jours comme ça H24.

C'est ça qui est en train de se jouer aussi sous nos yeux. Voilà pourquoi la question palestinienne est cruciale aussi pour notre avenir à toutes et tous et sur l'ensemble de la planète. Parce que vous vous doutez bien que s'il est capable de faire s'ils sont capables de de d'opérer de telles atrocités comme ça sous nos yeux, ça aura forcément des répercussions un moment ou un autre, même sur les pires euh gouvernements suprémacistes blancs, même sur les populations blanches précarisées.

Évidemment que ça aura des répercussions sur le mode de de société dans lequel on est et le la violence qui s'exprime à travers toutes les sociétés. Tout le monde a un intérêt de se lier à la question palestinienne et à observer précisément ce qui se passe là-bas. Il y a aussi chez nous parce qu'on l'oublie souvent alors à juste titre on se mobilise pour la pour la Palestine et cetera, mais on ess précis de notre propre état et en tant que français je pense qu'on a un intérêt à se préoccuper aussi en premier lieu de ce que fait notre propre état ce qui se passe en Afrique par exemple avec le fran CFA avec ce qui se passe en Kanaki.

Là on a eu Christian T1 qui est venu aux amphis d'ailleurs il y avait énormément de monde. Tant mieux. Christian T1 pour rappel et comme d'autres prisonniers Canac, ils ont été enfermés à plus de 18000 km je crois.

C'est en fait c'est strictement à l'autre bout de la planète qu'on a pris ces gens-là. On leur a dit "Maintenant, vous êtes en prison là-bas. Ils sont des fois jamais allés, ils se sont jamais rendus en France métropolitaine.

On leur a dit voilà, vous êtes emprisonné là-bas parce que vous avez osé rebeller contre des formes de colonialisme de notre propre état et cetera." Donc on est dans cette situation où on a un devoir international aussi de se lier à des peuples qui subissent encore des formes de colonialisme renouvelé, des forme de gestion coloniale de notre propre état, y compris aussi dans d'autres dom et cetera. Et donc on a une on a un intérêt encore une fois à être solidaire et à ne jamais rien lâcher sur ces questionsl.

Euh ensuite, de façon plus générale, là j'ai beaucoup parlé de la question de l'internationalisme, mais c'est la question de la gauche de rupture en réalité qui nous est qui nous est posée en cette période justement de crise du capitalisme et en ses formes renouvelées du fascisme comme solution inhérente à ces classes capitalistes qui cherchent de nouvelles structures organisationnelles qui a balayé comme tu l'as dit hein des outils des outils institutionnels qui leur été propres. les États-Unis, c'est flagrant et à chaque fois le fascisme fait ça. Quit à balayer certains outils qui leur été propres jusqu'à maintenant, qui servaient leurs intérêts, il y a une volonté vraiment de tout balayer pour accélérer des processus euh absolument ignobles.

Euh et donc on a une volonté effectivement d'imposer des gauches de rupture partout parce qu'on a ce double intérêt à d'une part lutter contre le fascisme en cours et pour achever le capitalisme en réalité. On est justement dans cette période de crise d'hégémonie du capitalisme. Je suis pas en train de vous faire fantasmer en vous disant ça y est, c'est la grande révolution le grand soir et cetera.

C'est pas vrai, on en est loin, on a beaucoup à construire. Je pense que tout le monde en a conscience ici. Par contre, par contre, bien prendre conscience qu'ils sont plus faibles qu'ils ne laissent entendre.

Le fait qu'il s'agit autant, le fait qu'il mette autant d'énergie, le fait qu'il soit aussi violent, le fait qu'il soit prêt à tout saccager, quitte à saccager encore une fois leurs propres institutions, c'est bien qu'il y a quelque chose qui va pas quand même, qui tourne par rond et on l'a bien vu avec des mouvements de révolte. Certes, des fois qui partent dans tous les sens. les gilets jaunes, il y a des fois euh ça partait vraiment dans tous les sens et des fois pas vraiment un autre avantage.

Bon, c'est normal, c'est la période, c'est la il y a de la confusion et cetera. N'empêche que il y a une crise hégémonique du capitalisme et que c'est le moment donc où il faut la battre et pas regarder à côté en espérant que oui, finalement est-ce qu'on peut composer avec Baou, on sait pas trop, on va essayer de négocier et puis on verra en octobre si on censure. Il y a pas de ça.

Dès qu'on en a l'occasion, on censure. Dès qu'on en a l'occasion, on va dans la rue à commencer par le 10 septembre. Dès qu'on donne à l'occasion, on fait reculer les fascistes.

Donc là-dessus, j'imagine que tout le monde en a bien conscience parce que sinon vous serez pas là. La question de l'insoumission, moi vous savez de base je suis pas insoumis enfin je suis pas insoumis au sens organisationnel mais justement là où toute la nuance c'est qu'on est tout un tas de personnes à se retrouver ici même à cet endroit. Je suis pas en train de faire de la promo de la France insoumise parce que je suis chauvin autour de la France insoumise.

C'est pas vrai, je n'étais pas militant de la France insoumise. Mais avec la jeune garde, ce qui fait qu'on s'est lié comme ce qui fait avec Ali Douara à l'Assemblée nationale. Tout un tas de personnalités comme ça, on vient d'ailleurs.

On vient pas forcément de cet outil organisationnel. On s'est retrouvé ici même parce qu'ici même on a trouvé des gens qui ne baissaient pas les yeux, qui ne baissaient pas la tête et qui étaient prêt à affronter toutes et tous ensemble ce système capitalisme et le fascisme. Voilà où est la solution.

Et si c'est pas la France insoumise plus tard, c'est pas grave, ça sera un autre ro outil organisationnel. Voilà ce qui doit nous animer sans cesse, c'est qu'on se reconnaisse entre nous parce que dans la période ça va secouer. Et bien observer les personnes qui tiennent la barre à commencer par la question palestinienne qui a été un outil malheureusement intéressant aussi pour cette question-là, c'est qui ne lâche pas dans la période ?

Est-ce que vous avez vu le nombre de genoux qui ont tremblé au moment de la Palestine lorsqu'on s'est fait attaquer sur tous les plateaux ? Là, on en parle comme ça, on respire un peu plus parce que ça y est, l'étape palestinien normalement va être reconnu. Mais n'oubliez pas cette période, c'était affreux.

Même nous, militants et militantes qui on qui étions les plus formés, les plus vindicatifs, on va dire, les plus énervés et cetera. Souvent ça nous est reproché même, on est fiché des fois. Et ben souvenez-vous quand même de cette période, je je vous mens pas moi.

Il y a des fois j'étais en mode "Oh, c'est chaud quand même. Comment est-ce qu'on va se relever de ça ?" Alors, évidemment, on lâchait pas parce qu'il fallait le faire.

La question se posait même pas, on aurait jamais lâché. Mais on se disait mais c'est horrible quand même ce qu'on mange depuis des mois et des mois. Et puis là pour reparler encore une fois la France insoumise nous ça a été une satisfaction mais immense en pleine période de médiatisation brutale comme je sais pas quoi et cetera.

Poum Rima Hassan pour les élections européennes. Il y avait pas meilleure réponse. Il y avait pas meilleure réponse et merci.

Je je suis désolé, peut-être je traîne un peu. On va passer aux questions, mais juste avant, je vais juste finir sur quand même une petite note positive pour reparler un peu d'internationalisme. Euh évidemment, il y a tous nos combats politiques et cetera.

Euh on a souvent la tête dans le guidon, on a souvent l'impression en regardant les réseaux sociaux, en regardant ce qui se passe dans les médias, en regardant ce qui se passe aux États-Unis et cetera. On a souvent la tête dans le guidon, on a l'impression "ça y est, c'est mort, c'est rappé, ils ont gagné la bataille culturelle." Et c'est pas vrai hein, pas du tout les amis hein.

Ils sont loin d'avoir gagné mais pas du tout. Ce n'est pas vrai. Alors oui, effectivement ils avancent des pions.

Effectivement c'est rude et eux ils y vont comme des bruts. Ils ont des moyens qu'on a pas, des milliards et cetera. Mais on observe les travaux scientifiques notamment de sociologues.

Alors je suis pas en train de dire qu'ils ont la science infugu. Évidemment qu'il y a des débats entre ces sociologues mais quand même ce qui revient majoritairement en France mais pas qu'en France. en Occident, mais pas qu'en Occident et partout dans le monde et même plutôt ailleurs qu'en Occident, la jeunesse de ce monde est largement politisé à gauche.

Alors, il y a une question genrée dedans. Nombre de sociologues ont observé que principalement les jeunes hommes se radicalisaient à droite et inversement les jeunes femmes se radicalisaient à gauche. Alors, ça veut pas dire que tous les jeunes hommes sont radicalisés à droite.

A priori, normalement c'est pas mon cas. N'empêche que n'empêche que il y a cette division genrée, c'est vrai, mais il y a une majorité de la jeunesse qui est conquise par les idées de gauche, progressistes, antiraciste, avec des révolutions féministes qui ont eu lieu récemment. Ça c'est quelque chose d'immense.

Souvent, on fait des comparatifs avec ce qui s'est passé au siècle précédent dans la montée des fascismes. Mais ce qui s'est passé au siècle précédent, pas l'oublier, chez les nazis euh pardon dans dans chez les partis politiques allemands, le premier parti politique de la jeunesse, c'était le parti politique le parti nazi. C'était le parti nazi là aujourd'hui c'est pas ça.

Alors oui, le RN gagne des points dans la jeunesse, c'est vrai, mais aujourd'hui, le premier parti dans la jeunesse, c'est la France insoumise d'un point de vue électoral et on a encore des jeunes à gagner. Mais tout ça pour vous dire que la bataille est loin, mais très loin d'être perdu, notamment parce qu'on a toute une génération qui arrive. Bon, je souhaite la mort de personne, mais il y a des gens qui vont partir de ce monde et ces gens-là vont nous aussi nous laisser la place pour nous imposer de belles choses d'un point de vue écologique, d'un point de vue économique.

Bref, on a tout à construire. Vive l'internationalisme, vive tout ce qu'on est en train de construire, l'insummission et compagnie. Merci à tout le monde et on va pouvoir passer aux questions. [Applaudissements] Du coup, on va essayer d'alterner les les questions hommes femmes aussi parce que très souvent c'est d'abord les hommes qui prennent la parole.

Allô ? Allô ? Ouais, bonjour.

Euh bah d'abord, merci pour l'intervention, c'était incroyable. Euh je voulais demander en fait, je trouve qu'il y a eu enfin réellement pendant toute cette période de guerre à Gaza et cetera une guerre menée contre la France insoumise, une guerre des mots réellement. C'est-à-dire que le l'opposition euh au génocide à Gaza a été taxé d'antisémitisme sur tous les médias, sur tous les plateaux et ça a été globalement accepté de partout.

Et je trouve qu'en fait bah c'est une vraie guerre qui a été menée et qui est encore un petit peu encore d'actualité aujourd'hui puisque le mot de génocide n'est toujours pas accepté sur tous les plateaux. Il y a encore beaucoup de remises en question sur ce point et euh je me demandais en fait quand est-ce que une repost serait mené, quand est-ce qu'on allait dire le vrai mot, le négationnisme, quand est-ce qu'on allait les taxer de négationniste une bonne fois pour toutes ? Quand est-ce qu'on va pouvoir reposter et que les mecs qui viennent et qui disent "On va mettre, on va interdire le l'emploi du mot génocide, on va le mettre dans la loi." Quand est-ce qu'on va leur dire "Vous êtes négationniste C'est ça que vous êtes. [Applaudissements] Je prends 4 questions.

Ça vous va ? Bonjour. Déjà, merci d'avoir rappelé que l'empathie, c'est vraiment le le démarrage de la lutte antifasciste et j'étais pas là au tout début de la conférence, donc peut-être que j'ai loupé un truc, mais est-ce que vous avez parlé du réseau Atlas et de des S tank ?

Oui, vous en avez parlé. D'accord. Parce que c'est quelque chose qui qui quand même fait vraiment peur, je trouve.

Et par exemple le fait que le père Le Pen, il a donné des idées au niveau mondial aux autres fascistes en faisant l'amalgame entre le nombre d'immigrés et le nombre de chômeurs. Mais peut-être que vous en avez déjà parlé au départ. Oui, je voudrais apporter aussi une note positive euh notamment avec aux États-Unis avec l'émergence d'un nouveau parti qui s'appelle DSA et auquel Jean-Luc Mélenchon a rendu visite, je crois c'est cet hiver ou ce printemps. et le fait qu'ils aient tenu aussi leur congrès qui a été un grand congrès auquel ont participé des des camarades de la de la FI.

Je est-ce que est-ce que la camarade peut en dire un mot ? Et au sujet de l'Inde, est-ce qu'il est possible de dire où en est le cette grande marche qui avait eu des paysans et qui je pense à un moment donné a pu faire vaciller le le régime ? Et en 3è lieu sur la guerre, bon c'est sûr que la guerre c'est c'est le pire fléo pour la classe ouvrière et j'ai vu que notamment il y a le 5 octobre un grand meeting qui s'organise contre la guerre et il y a des inscriptions possibles au village.

J'ai vu ça. Ouais. Oui, bonjour.

Merci beaucoup. C'était vraiment passionnant. Moi, j'ai une question qui est peut-être un peu naïve mais qui euh me tarude entre les questions de fascisme et de capitalisme, d'ultralibéralisme.

Si jamais le 10 septembre ça devait fonctionner et fragiliser encore un peu les ultra riches, enfin le capitalisme, enfin quel type de ripost de leur part qui ont des moyens on pourrait s'attendre et le fait de taper violemment à cet endroit-là, ce qu'on doit faire et je crois qu'on en a tous conscience pourrait accélérer aussi finalement la montée la montée de leur pouvoir enfin par ouais un retournement lié à leur puissance et à leur à leur capacité financière aussi. Voilà, je prends juste une dernière, ça vous va ? Oui, je j'ai remarqué que vous n'aviez pas du tout parlé de de l'évangélisme américain en fait.

Euh moi personnellement, je considère que c'est un élément central en fait dans le dans le soutien de Trump et dans l'existence de Trump. Trump en fait est considéré comme l'antéchrist qui va nous conduire vers vers le retour du Messie. euh que moi personnellement je pense que c'est une des racines du problème que nous insoumis nous ne nous refusons de de comment d'évoquer parce que nous nous sommes très frileux par rapport à la religion et aux religions.

Est-ce qu'on devrait pas en tant que qu'insoumis remettre la lutte contre les religions au au centre en fait pas au centre mais comme partie de notre de notre culture quoi ? parce que euh je suis sûr que dans cette dans ces assemblées, les libres penseurs sont majoritaires. J'ai aucun doute là-dessus.

Euh mais malheureusement, la libre pensée aujourd'hui, elle est totalement détruite et toute la pensée religieuse revient à fond et que si on occulte l'influence de la religion sur tout ce qui se passe, on parle de l'Inde en fait hein, mais on parle aussi on parle de de l'islamisme mais mais en fait le le pire fléo aujourd'hui c'est le christianisme. En fait, c'est le ce sont les chrétiens qui qui sont les plus euh les plus puissants et qui mènent la politique la plus la plus inhumaine qui soit. Donc voilà, je voudrais j'aimerais bien savoir pourquoi nous en tant que France insoumise, on veut jamais on veut toujours reculter ces problèmes là.

On en parle jamais et on s'excuse à chaque fois qu'on veut évoquer ces problèmesl. [Applaudissements] Je peux dire ouais euh ouais moi je vais dire rapidement euh merci pour les interventions et les remarques sur le réseau Atlas. Ouais.

Alors moi je l'avais dans mon intro, j'ai oublié de le dire donc merci que tu le rappelles. Et en revanche c'est pas parce qu'en fait je suis d'accord avec toi mais c'est pas parce que ce réseau existe et qu'il y a des circu que il y a une notion d'international. Là c'est ce qu'on questionnait ce que ce qu'a dit très justement sur enfin Raphaël c'est que s'il y avait que des régimes fascistes on a vous tiré à la guerre de toutes et toutes.

Donc oui il y a des il y a des circulations mais c'est pas pour ça tu vois que ça fait une internationale au sens organisationnel ce qu'on disait strict et tout. Voilà. Euh rapidement, alors moi je trouve qu'on parle pas mal de religion parce que par exemple quand je parle de l'hindouisme politique, je parle pas mal de religion de fait et que le problème c'est pas la religion, c'est l'utilisation politique du religieux parce qu'il y a pas de conflit religieux.

Voilà. Merci. Il y a pas de conflit religieux.

Voilà, il y a que il y a qu'une utilisation politique de ça et on parle des chrétiens mais on peut aussi parler par exemple des bouddhistes he qui en Birmanie sont pas hyper sympas et et des hindouistes qui chez moi enfin en Inde sont pas hyper cool non plus. Euh voilà et sur un petit mot rapido sur la mobilisation des paysans. Alors elle a fait vacier le régime oui enfin le gouvernement oui et non.

Euh le problème c'est que c'était alors cette mobilisation a duré plus d'un an parce que le gouvernement maudit voulait mettre en œuvre des lois qui libéralisaient complètement le marché agricole alors que c'est un marché qui est très protégé rapidement 50 % de la la main d'œuvre indienne et seulement 35 % du PIB. Donc c'est un secteur qu'il faut protéger. Cette mobilisation elle a duré un an, elle a été arrêtée en raison du Covid.

Elle a fait vaer le régime parce qu'en fait c'est l'électorat de maudit qui s'est mobilisé. Donc en fait, on retombe un peu sur une aporie idéologique parce que quand bien même ces gens sont quand même plutôt gagnés à l'hindouisme politique. Et pour l'anecdote, les mesures que Maudi n'a pas réussi à faire passer au moment de ces réformes qui en fait avaient vocation à servir les grands groupes industriels qui financent l'extrême droite indienne, elles vont revenir là grâce en fait au traités de libre échange que l'Inde est en train de négocier à l'échelle internationale et notamment avec l'Union européenne.

Voilà, c'est tout pour moi. [Applaudissements] En ce qui concerne les États-Unis, deux petites réponses. Premièrement, sur DSA.

Donc c'est pas un nouveau parti he démocrate socialist of America a bien une vingtaine d'années. C'est l'aile gauche du parti démocrate. Et c'est là tout le problème.

C'est-à-dire que c'est une organisation qui est indépendante mais qui est chapaotée par le parti démocrate. Et toute la question qui se pose à toutes les gauches du monde, c'est peut-on porter une voie de gauche radicale dans un dans un appareil institutionnel qui est par définition centriste, en sachant que le Parti démocrate est devenu essentiellement une machine à lever de fond et de promotion tous les 4 ans d'un candidat pour les élections. Donc je je ne savais pas qu'il y avait spécialement des liens entre Jean-Luc Mélenchon et DS.

J'avais plutôt entendu le fait que l'équipe de Bernie Sanders n'avait n'avait pas accepté de rencontrer Jean-Luc Mélenchon et que semble-t-il il y avait des tensions. Je suis pas du tout au courant de quoi que ce soit derrière tout ça, mais je je pense que l'idée sur laquelle il y a un espoir à gauche aux États-Unis autour de DS DS c'est formidable, ils ont fait Alexandria Oasio Cortez, ils font aujourd'hui Zoran Mamdani, il y a un mouvement intellectuel autour de la revue jacobin qui est extrêmement dynamique et tout ce qui se fait à peu près d'intelligent et de dynamique sur les différentes coalitions de gauche passe généralement par DSC, mais ils sont toujours euh dans la grande maison qui est la maison hantée qui est le parti démocrate. Et la question est de savoir comment on peut la quitter.

Je dirais peut-être par analogie que vous savez que et Soldana et Jeremy Corbin ont quitté le Labor en Cretagne pour créer véritablement un parti de gauche indépendant et que beaucoup au sein de la gauche américaine se posent la question d'un troisème parti qui serait un vrai parti de gauche. Autre question, la question de la religion et de l'évangélisme. Les évangéliques sont en effet un public Allô là, c'est mieux comme ça.

Pardon ? Pardon ? les évangéliques, disais-je, les voix de Dieu sont impénétrables.

Les évangéliques sont fondamentals parce que c'est en effet une catégorie de la population principalement blanche, traditionnaliste, sujette à au fondamentalisme au fondamentalisme religieux. Pour autant, l'explication religieusoculturelle sur le vote Trump ne m'a jamais convaincu. Je pense qu'il faut garder un fondement matérialiste et par ailleurs pour tout parti de gauche aux États-Unis comme ailleurs, la question alors elle est très libérale donc très bourgeoise mais la question de la tolérance est quelque chose qui à mon avis est plus importante que la libre pensée ou l'antichristianisme.

La question par exemple du fait queen France les musulmans aiment être religieux et peuvent avoir le droit de pratiquer leur religion je pense s'impose au fait de lutter contre toutes les religions comme un obscurantisme et un opium du peuple et tant en Inde que aux États-Unis que en Europe tolérer que la religion compte pour certains, même si je suis até peut-être nous le sommes en majorité mais l'idée de la tolérance pour ceux qui croient me me semble un enjeu Même si bien sûr la question évidemment de l'instrumentalisation politique est est importante. Mais dans la coalition de Trump aujourd'hui dans cet écosystème intellectuelo think tank capitalista médiatique vous avez vraiment tout toutes les toutes les toute la panoplie de la pensée religieuse ou non religieuse. Beaucoup de catholiques ne sous-estimaient pas le fait que vraiment la hiérarchie de l'appareil intellectuel autour de Donald Trump et de l'extrême droite américaine, ce sont des catholiques, plus des évangéliques hein, ce sont vraiment des catholiques. et Gilevin le vice-président est converti au catholicisme et que tous les cercles intellectuels les plus radicaux, ce qu'on appelle les postlbéraux autour du CLIT, ce sont des catholiques et que par ailleurs au plus loin dans la hiérarchie d'extrême droite, c'est-à-dire ceux qui sont limite fascisants, sont des espèces de nichéens complètement antireligieux euh qui sont pour une espèce de de pensée païenne du surhomme et cetera, qui font parfaitement affaire avec les les les bigot et et les fous de Dieu.

Donc en réalité la valeur de de la foi et de l'idée du rétablissement religieux, elle est elle est elle est très elle est très ponctuelle, elle est très pragmatique. Tout ce qui unit ces gens, c'est dans une espèce de vénération pour pour le chef qui par ailleurs n'est pas du tout religieux lui-même. Donc à ne pas surestimer la dimension la dimension religieuse.

Les fanatiques, par définition sont prédéterminés à la pensée à la pensée radicale. Donc je pense que voilà, il faut rester un peu matérialiste et surtout très politique. [Applaudissements] Fa d'abord vas-y.

Vas-y. Parfait. Bon, je vais je vais aussi euh donner quelques éléments, mais j'imagine que tu vas tu vas envoyer euh j'ai juste oublié parler de la dissolution de la jeune garde.

La boulette quand même. Non mais comme vous savez, voilà, on a été dissous par Bruno Rotaillot. Bon, on peut voir ça comme une médaille, ça veut dire qu'on a bien fait notre travail.

Euh voilà. Euh du coup, on va porter recours, enfin, on a porté recours devant le Conseil d'État et normalement, on devrait passer d'ici octobre novembre euh voilà devant le Conseil d'État. Donc évidemment, potentiellement, il y aura des mobilisations, il y aura des des choses qu'on qu'on vous proposera.

Donc restez branché. On a aussi une table alors pas de la jeune garde parce qu'officiellement on est dissous mais de soutien à la jeune garde malin euh du coup sur laquelle sur laquelle on vend des t-shirts, on vend des stickers et cetera. Vous vous doutez que mes cotisations sont grosses.

Donc voilà, ça permet aussi de financer la lutte contre cette dissolution mais on a quand même besoin d'argent parce que ça coûte très cher une dissolution. On a des avocats à payer et cetera. Donc donc hésitez pas à passer à notre table.

Voilà. et aussi pour discuter évidemment politique stratégie et ce qu'on va faire pour la suite. Euh je voulais aussi effectivement revenir sur le 10 septembre parce que ta question en réalité elle était elle était vraiment intéressante.

C'est vrai qu'on a souvent ce cette question qui se pose un peu dans nos débats et d'ailleurs nous-même sur l'antifascisme, on nous l'a souvent posé lorsqu'on a ramené la question par exemple de l'autodéfense de se défendre face aux milistices de l'extrême droite à Lyon qui était extrêmement violente et cetera, il y a des camarades mais de bonne foi qui avaient peur que ça excite encore plus les fascistes. Bon, je voyais pas trop ce qui pouvait plus les exciter, sachant que chaque manifestation, chaque rassemblement, chaque local soit peu progressiste était systématiquement attaqué. Donc je voyais pas ce qu'on pouvait faire de de de plus mal.

Mais c'est un peu cette cette idée que il faudrait des fois et des fois à raison stratégique hein, des fois la question se pose de est-ce qu'il faut pas mieux la jouer un peu doux sur ce coup pour mieux enfoncer des clous après ? Il y a vraiment une question stratégique mais en tout cas surtout pas négliger le fait que les gens qui sont au pouvoir en l'occurrence les capitalistes à qui existe à travers des gouvernements politiques là ici à travers le plan baou et cetera de toute façon répondre à la question de la lutte des classes ni plus ni moins. Et donc cette opposition de lutte des classes ben de fait ils veulent avancer leur pion plus que jamais et que là on pourrait toujours se dire le plan, il est tellement affreux qu'on a l'impression qu'il nous considère pas.

Mais si ils nous considèrent, n'oubliez jamais ça. Là, ils nous sortent un plan affreux, c'est vrai. Et ils anticipent le fait queils risque d'avoir des des mobilisations.

Notamment par exemple le 10 septembre, il risque avoir des députés pas trop contents à l'Assemblée nationale qui viennent porter des censures et cetera. Ils le savent mais pourtant euh euh bien se dire qu'ils iraient deux fois plus fort s'il y avait pas ce rapport de force qui a été imposé par par nous-même. Enfin vraiment ne jamais oublier ça camarade.

Si on était deux fois plus faible qu'on ne l' aujourd'hui, si on était pas en capacité de produire des 10 septembre et cetera, des mobilisations populaires comme il y a eu lors de la réforme des retraites. Certes qu'on a perdu, il faut se laavouer, il faut faire donc deux fois plus fort pour obtenir des victoires aujourd'hui. Mais n'empêche que s'il y avait pas tout ça, bah juste ils iraient encore deux fois plus fort et le plan Bairou serait encore deux fois plus élevé.

Donc surtout pas se dire que euh on fait on fait peut-être trop avec ce 10 septembre. Moi je trouve qu'on fait jamais assez. Euh c'est plutôt comme ça qu'il faut voir les choses.

Après par contre par contre Ramon de la de la lucidité, c'est pas pour jouer au plus radical de du radical. Évidemment qu'il y a une question stratégique qui doit systématiquement nous interroger dans nos modes d'action, dans notre façon d'apparaître politiquement et cetera. Et évidemment que cette question stratégique doit être centrale et qu'on fait pas tout et n'importe quoi.

Et si on si on peut éviter de griller l'ensemble des militants et des militantes euh à finir en prison, que sais-je, ou à discréditer une partie de la lutte et cetera, euh quandbien même elle serait euh elle serait euh bonne pour le pour ce qu'on souhaite à la fin et cetera, bah cette question stratégique doit systématiquement être posée, mais ça n'empêche pas qu'on ne fait jamais assez et que notre objectif à la fin, c'est quand même de renverser les capitalistes. Euh mais j'imagine que Jean-Christophe, tu vas remettre du du lourd sur ces questions du 10 septembre. Mais juste avant, je voulais parler de l'antisémitisme parce que oui, tu as utilisé le terme négationniste.

Je mais je crois que ça a été utilisé, je sais pas si c'est David Giro Rima Hassan, je mimer Carambon je je sais plus quel député a utilisé ça mais évidemment que cette formulation est juste. C'est du négationnisme que ni est le génocide en cours, c'est une évidence et je pense qu'il faut être en fait ce que tu disais à travers ce terme et ça peut être d'autres trucs ne pas lâcher et c'est évidemment ce qu'il faut qu'on fasse. Je m'excuse par avance auprès des camarades qui m'ont déjà entendu en conférence et cetera.

Je sais qu'à chaque fois, je le dis notamment auprès des camarades d'Avignon, je pense qu'ils ont la tête comme ça à force de m'entendre. Cette question, l'antisémitisme, vraiment je vous je vous en supplie, ne lâchez jamais parce que c'est vrai que on s'y est repris même nous avec la jeune garde, on s'est fait en traité d'antisémit comme tout le monde et cetera. Bah des fois, il y a eu des agressions antisémites par exemple et on hésitait à en parler.

Enfin, on n pas fait de réunion pour dire qu'on hésitait à en parler mais on sentait qu'il y avait moins ce réflexe de dénoncer et cetera. Il y a il y a une forme de malaise qui s'est installé et cetera. Mais oh jamais les amis, on va pas se faire prendre des leçons d'antiracisme par des racistes de la première heure, y compris par des antisémites de la première heure.

Et ça, je le répète systématiquement, oui, de l'antisémitisme peut exister à travers toutes les organisations politiques, à travers tous les corants politiques, peu importe qui soit, parce que l'antisémitisme, c'est pas l'émanation d'un parti politique. C'est des rapports de domination qui existent à travers l'ensemble de la société. Comme personne ici n'oserait dire que telle ou telle organisation politique est émancipée par exemple de de des luttes féministes.

Personne n'oserait dire ça. Personne n'oserait dire "Dans telle organisation, c'est sûr, il y aura jamais de VSS". Personne n'oserait dire ça.

Bah c'est exactement la même chose sur l'antisémitisme. Oui, on doit se corriger systématiquement. Il peut arriver de faire des boulettes.

Je peux faire des boulettes. N'importe quel dirigeant politique peut faire des boulettes par manque de formation politique, par manque d'information, par manque de sérieux et cetera et cetera. On doit se corriger entre nous.

Par contre, commencer à baisser la tête comme certains dirigeants politiques de gauche ont commencé à le faire face encore une fois à des racistes de la première heure, face à des Bruno Rotaillot, face à des Marinees Le Pen, face à des C News et cetera. C'est juste abominable et c'est à leur offrir un autoroute pour dérouler toutes leurs horreurs racises derrière. Donc là-dessus, je vous en conjure, ne cédez jamais dans un repas de famille, que sais-je, à dans vos travail quand on dit la France insoumise, c'est des antisémites et cetera.

Ne lâchez jamais. Voilà. [Applaudissements] Oui.

Alors, rapidement parce que je crois qu'il faut conclure, mais il y a eu des questions importantes sur la question de l'antisémitisme. Il faut qu'on soit extrêmement clair entre nous par rapport à ce qu'a dit évidemment c'est notre combat historique, l'antiracisme, donc l'utre l'antisémitisme. Mais pourquoi est-ce qu'on est attaqué ?

Les juifs n'ont rien à voir là-dedans. On est attaqué parce qu'on a osé remettre en cause le projet colonial d'Israël. C'est ça la question centrale.

Il faut dégager tout de suite la question. Il faut que la peur change de camp. On n' pas eu le temps de développer mais pour ceux qui sont intéressés, je le développe notamment dans mon livre qui a été bouclé en février là sur la question du sionisme radical.

Le sionisme radical dans sa dynamique historique conduit inéluctablement au fascisme. La question c'est pas la négation du génocide qu'ils sont en train de faire. C'est la question des Palestiniens.

Ils disent que les Palestiniens n'existent pas. Donc la question du génocide des Palestiniens n'existe pas. Là aussi, il faut renverser les choses et remettre les choses en place.

C'est extrêmement important du point de vue de de l'angle avec lequel on aborde les choses. Sur la question des évangéliques, je reviendrai pas sur la question des évangéliques américains, mais il y a un vrai problème dans un certain nombre de sociétés dont la société américaine qui a laissé une place aux églises dans le champ politique mais aussi dans les sociétés africaines qui sont, il faut le dire, vérolé par les églises évangéliques. l'Amérique du Sud, moi j'ai fait un déplacement assez long au Brésil y a il y a plus il y a il y a 2 3 ans au côté de Loula pour la dernière élection présidentielle et on a pu mesurer le poids de l'église évangélique là-bas.

C'est quand on laisse la possibilité aux églises et notamment à l'église évangélique qui en plus a une doctrine politique d'explication du monde à travers le protestantisme radical comme quoi la réussite individuelle est une récompens une récompense divine et la pauvreté est une punition divine. Il y a donc une justification du capitalisme et de l'exploitation capitaliste à travers le protestantisme radical dans le champ public et dans le champ radical qui dans le champ social qu'il faut prendre en compte. Le dernier élément le dernier élément par rapport au 10 septembre.

Là aussi, il faut, tu as eu raison de le de le dire, faut pas hésiter hein. Moi, j'étais un des premiers à à être dans le mouvement des gilets jaunes à Toulouse et cetera et jusqu'au bout, hein, sur plusieurs mois à faire toutes les mobilisations et cetera. Il faut y être, hein, hein.

Le peuple est pétri de contradiction. Oui, il va y avoir des gens d'extrême Ah oui, il y a des gens d'extrême droite dans les gilets jaunes. Bah oui, il y a 30 % de fachaot, ils sont bien quelque part, y compris dans la rue.

Bon, le peuple ne sent pas le pâté, il faut y être. Moi, j'ai fait une manifestation à Toulouse à côté de la Ligue du Sud où il commençait à chanter Ch ananas, dieon et cetera et on a fini avec le service d'ordre du PG de la France insoumise à chanter l'international parce qu'on était là mais on aurait pas été là, ils emportaient le morceau. Donc le 10 septembre, il faut être là.

Et à quoi on s'attend ? Et à quoi s'attend le 10 septembre par rapport aux réactions ? Mais je vais vous le dire au pire.

Je vais je vais je vais je vais citer quelqu'un qui était pas un anarchiste. Lénine, il disait en dernier sort l'État c'est une bande armée. Donc vous aurez la bourgeoisie en face de vous comme au moment des gilets jaunes avec les LBD, avec la répression, avec les Robocop et cetera et peut-être pire encore parce que là on va plus loin que les gilets jaunes.

C'est le blocage de la logistique, c'est le blocage des réseaux, c'est le blocage du capitalisme qui est posé. C'est ça la question qui est posée. Et dernier élément puisque c'était quand même le le thème du débat, est-ce qu'il y a une internationale fasciste ?

Je crois qu'on a une coordination de gens qui se disent "Les ennemis de mes ennemis sont mes amis". Voilà. Merci beaucoup.

Je suis désolé, on va pas pouvoir prendre d'autres questions. Donc la conférence s'arrête ici. Merci pour les invités.

Voilà toutes vos interventions et merci à tout le monde et à très bientôt dans la lutte. Voilà, on reste motivé, on va renverser tout