Émission spéciale - Objectif 2027 : François Ruffin, l'interview exclusive sur LCI
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 39 %Attaque 45 %Défensif 16 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:40OuverteRéponse directe
Commençons par les manifestations. Est-ce que l'ampleur du mouvement est inévitable ?
- 1:49RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'il y a une ambiguïté de la France insoumise ?
- 2:43FerméeRéponse directe
Oui ou non, est-ce que vous considérez que la France insoumise incendie tout ça ?
- 3:59OuverteRéponse directe
François Ruffin, vous êtes pris entre des géants ?
- 5:06OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en faites, Bali Bagayoko ?
- 5:40OuverteRéponse directe
Marine Le Pen dit que la France n'a plus assez d'argent pour aider l'Ukraine. Avez-vous à telle raison ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:10Invité politiqueFait
« J'entendais la réaction aujourd'hui d'Edouard Geffray, qui après cinq semaines de mouvement lycéen, dit « Le temps des décisions est proche ». »
- 1:31Invité politiqueFait
« C'est-à-dire qu'on ne veut plus de parcours sup. »
- 3:26Invité politiqueFait
« Ça a été la crise des Gilets jaunes. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Et il croit gagner comme ça. »
- 5:46Invité politiqueFait
« Je pense qu'il est plus nécessaire aujourd'hui que jamais de soutenir l'Ukraine face à une Russie qui refuse de négocier. »
- 6:08Invité politiqueFait
« Soit on aide les uns, soit les autres. »
- 7:46Invité politiqueFait
« Poutine autour de la table ? Évidemment. »
- 7:54Invité politiqueFait
« On a un rôle à jouer. C'est nous qui sommes le carnet de chèques. C'est nous qui payons. »
- 14:49Invité politiqueChiffre
« Il est montré que comparé aux autres pays européens sur les contrôles d'identité, la France le pratique de manière beaucoup plus importante, c'est 47 millions au moins de contrôles d'identité l'année dernière. »
- 15:00Invité politiqueFait
« Et ce qui est démontré en comparaison avec nos voisins espagnols, allemands et tout ça, c'est que ce sont des contrôles qui sont beaucoup plus ciblés en termes de population. »
- 18:37Invité politiqueFait
« Ce sont des quartiers que j'ai vus et pour moi la question de la sécurité c'est une question de gauche parce que ceux qui sont touchés par l'insécurité c'est pas les riches qui sont dans les beaux quartiers. »
- 18:40Invité politiqueFait
« j'étais très content que le sénateur Jérôme Durin socialiste ponde un rapport sur cette question là et j'étais aligné sur le volet répressif »
- 25:33Invité politiqueFait
« sans difficulté vous savez nous fêtons ou les Etats-Unis fêtent le 250ème anniversaire de leur déclaration d'indépendance il serait temps qu'on prenne la nôtre »
- 30:17Invité politiqueFait
« même Marx considérait que la dette c'était une aliénation de l'état »
- 30:26Invité politiqueChiffre
« la totalité de l'impôt sur le revenu va servir à payer la charge de la dette »
- 31:47Invité politiqueChiffre
« il nous fait non seulement 1300 milliards d'euros de dettes supplémentaires »
- 35:46Invité politiqueChiffre
« il y a 211 milliards d'euros d'aides aux entreprises »
- 38:55InvitéChiffre
« 50 milliards d'euros qui sont aujourd'hui prélevés sur les ressources de l'État pour payer les retraites »
- 48:48Invité politiqueFait
« ça fait 25 ans que j'écoute les français »
- 49:14Invité politiquePromesse
« vous aurez un livre qui paraîtra le mois prochain avec les 40 chantiers pour remettre le pays debout »
- 50:00Invité politiqueFait
« j'étais la seule circonscription de France à l'avoir fait en réunissant insoumis, communistes et écologistes »
- 52:49Invité politiqueChiffre
« les 500 fortunes sont passées de 6% du PIB dans les années 90 à aujourd'hui 35% »
Temps de parole
- François Ruffin71 %
- Présentateur12 %
- Invité5 %
- Invité 25 %
- Invité 34 %
- ?3 %
≈ 14,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
François Ruffin est l'invité de notre émission, spécial objectif 2027 après Marine Le Pen, Dominique de Villepin, Edouard Philippe et d'autres. Il sera à son tour soumis au feu roulant des questions de la rédaction de LCI. François Ruffin figure des combats pour les droits sociaux, ceux de l'égalité salariale, notamment prend la parole à l'avant-veille de la journée, peut-être de convergence des luttes. Certains prophétisaient de nouveaux gilets jaunes, certains parlent de gilets jeunes. Le candidat sera confronté au scénario d'Alain Bauer qui va revenir dans un instant, aux questions de Mathilde Guénégand pour la politique, de François Langlais pour l'économie.
Il se soumettra aussi au périlleux exercice du oui ou non. Bonsoir François Ruffin. Bonsoir. Commençons par les manifestations. Il y en aura, mais jusqu'à quel point ce sera ce samedi 17 octobre. Quand on voit les images des convergences des luttes, comme on les appelle le nombre de ronds-points et de centres de rassemblement qui se précisent, est-ce que l'ampleur du mouvement est inévitable ?
Est
-ce que vous la voyez déjà ? Est-ce que vous la souhaitez
? Moi,
je souhaite toujours que les gens se mobilisent, qu'ils revendiquent, qu'ils cherchent à obtenir de nouveaux droits et qu
'ils
se fassent entendre dans un temps où le pouvoir ne veut pas entendre. J'entendais la réaction aujourd'hui d'Edouard Geffray, qui après cinq semaines de mouvement lycéen, dit « Le temps des décisions est proche.
»
On attend plus d'un mois pour des demandes qui sont extrêmement basiques. Moi, je vais dans les assemblées générales de lycéens. Ce que j'entends le mot que j'entends le plus, c'est le mot « moisissure ». C'est-à
-dire
que ce n
'est
pas normal qu'on soit 36 par classe. C'est-à-dire qu'on ne veut plus de parcours sup. Et sur ces demandes de base, cinq semaines plus tard, il n'y a toujours pas de décision du gouvernement. Non, le temps approche. Donc,
il
est évident que cette manière de gérer, en espérant le découragement, le pourrissement, ça contribue à nourrir ce qu'Alain Boer a appelé une rage.
Est-ce qu'il y
a
une ambiguïté de la France insoumise ? Il y a deux camps en France. Ceux qui disent « Bravo la France insoumise », eux, sont populaires dans ce mouvement. Il y a deux camps, peut-être plus. Mais en tout cas, un autre camp en disant « La France insoumise incendie tout ça ».
Moi,
je crois qu'il ne
faut
pas
chercher des raisons de détourner
ce
que disent les jeunes, les lycéens en l'occurrence, et qui est, je le répète, tout à fait basique. Et donc, la première chose à faire, c'est d'aller les écouter et de prendre des décisions. Vous savez, moi, ce qui me marque dans ce temps-là, c'est que, alors qu'on devrait avoir une réponse politique et avec des choses simples, dans le prochain budget, il n
'y
aura pas 1 588 postes d'enseignants de supprimés. On ne va pas économiser 600 millions d'euros sur l'éducation nationale. Et on veut aller vers la fin de parcours sup. On met de l'humain en face de l'humain. Vous dites ça. Vous dénouez la situation. Et il n'y a pas de réponse politique. À la place, il n'y a qu'une réponse policière.
Vous ne
m
'avez pas répondu tout à fait sur la France insoumise. C'est un aspect du débat. Oui ou non, est-ce que vous considérez que la France insoumise, alors tout le monde en politique exploite un peu, mais va plus loin que ça.
Non, je dis que le gouvernement n'a pas à accuser la France insoumise. Le gouvernement, il a à prendre ses responsabilités. C
'est un faux procès
pour
vous ? Pardon ? C'est un faux
procès
?
En tout cas, ce
n
'est
pas la réponse qui doit être apportée. Le sujet,
c
'est pas... Les jeunes, quand ils parlent, et que je les écoute, je les écoute à eux, je les écoute à Paris, je les écoute à Amiens, ils ne sont pas agités comme des marionnettes avec quelqu'un qui viendra dire, voilà, dites ça sur les moisissures. Non. Par contre, simplement, vous savez, c
'est
la troisième crise pendant le mandat d'Emmanuel Macron, où on n'a pas de réponse politique, mais on a une réponse policière. Ça a été la crise des Gilets jaunes. Il a choisi de laisser pourrir, d'attendre, de ne pas offrir de réponse sur le référendum d'initiative citoyenne, par exemple, et de faire le blabla du grand débat. Et il croit gagner comme ça. Mais à la fin, et c'est la même chose sur le mouvement du retraite, mais à la fin, le pouvoir y gagne, ce que la démocratie y perd.
François Ruffin, vous allez être soumis à un feu roulant de questions. Alain Bauer va soumettre des scénarios. Mathilde Guenégand, qui est la grande reporter qui suit la gauche, qui va vous interviewer, mais aussi François Langlais. Disons les choses, allons-les à la caricature. Il
y
a ceux qui disent, François Ruffin, le pauvre, il est pris entre des géants. D'un côté,
il
a Jean-Luc Mélenchon avec la puissance de la France insoumise. De l'autre,
il
a Raphaël Luxman. Vous avez vu les sondages, très bons sondages de Raphaël Luxman. Il a réussi là une poussée considérable. Et vous,
vous
vous retrouvez là, entre deux.
Il y
a
un choix qui a été fait. Vous savez, moi, j'étais pour qu'il y
ait
une grande primaire qui aille de Poutou à Hollande. Et je n'étais pas le seul, puisque c'est 80% des électeurs de gauche qu'il a réclamé, 80% des électeurs insoumis, 80% des électeurs socialistes. Et les appareils, en effet, en ont décidé autrement. Et on fait le choix de la division. Et bien, dans ce temps-là, moi, je continue à réclamer que, pour la suite, on est de l'union. L'union pour la présidentielle, ça paraît désormais bien compliqué. Mais il va falloir penser aussi à s'unir pour les élections législatives.
Le phénomène de la nouvelle gauche, certains disent la nouvelle France. Bali Bagayoko, regardez ces quelques images. C'est l'homme qui danse, qui chante. Il était sur notre plateau.
Il
dit,
mais
moi,
je
vais... Il s'appelait le ministre de la Street. Il a une popularité imparable chez les jeunes. On verra d'autres séquences un peu plus tard dans l'émission où il appelle les mamans avec le téléphone du jeune, etc. Qu'est-ce que vous en faites ? Moi,
je suis ému quand je vois Bali Bagayoko qui, devant un lycée, entonne la Marseillaise avec les jeunes. Parce que, vous savez, moi, je me suis bagarré pour qu'on n'abandonne pas le drapeau tricolore, pour qu'on n'abandonne pas l'hymne national au rassemblement national. Et de voir qu'il y a un moment comme celui-là, moi, c'est un moment qui me met les poils. C'est un moment qui m'émeut. C'est un moment où c'est la France que je veux. C'est cette France qui se rassemble derrière ces symboles qui sont issus de la Révolution française et qu
'on
doit poursuivre.
Marine Le Pen, ce soir, confirme. Elle considère que la France n'a plus assez d'argent pour aider l'Ukraine. Avez-vous à telle raison
?
Je
pense qu'il est plus nécessaire aujourd'hui que jamais de soutenir l'Ukraine face à une Russie qui refuse de négocier. Donc, il faut le faire. Maintenant, il est évident que la manière dont on présente les choses, en disant qu
'on
va augmenter le budget de la Défense, on va donner de
l
'argent à l'Ukraine, mais pendant ce temps-là, il va falloir se serrer la ceinture dans les hôpitaux, dans les lycées, et que finalement, on vient dire aux Français, il faut choisir. Soit on aide les uns, soit les autres. C'est une manière de rendre ce soutien international complètement impopulaire. Et donc, moi, je dis qu'il ne doit pas y avoir à choisir entre se protéger sur le terrain de la Défense et construire des services publics qui soient solides. En fait, le cœur de ce que je pense, c'est qu'il faut en finir avec un état subvention et il faut revenir à un état action. Un état action qui prend de l'argent, parce que la France a un fort taux de prélèvement obligatoire.
Mais simplement, ce taux-là, il ne sert pas pour l'école,
il
ne sert pas pour la défense, il ne sert pas pour l'éducation, pour la santé, pour la justice. Et il sert pour la redistribution, notamment aux entreprises de ce pays, mais aussi pour des subventions au logement, pour des subventions à l'agriculture, pour des subventions à l'énergie,
tout
ça. Et donc, en fait, il faut que ce qui est prélevé serve à constituer la colonne vertébrale de la nation et de l'État.
Il
y a un courant, il y a un courant pour parler davantage à la Russie, pour nouer davantage ou renouer davantage à la Russie. Marine Le Pen le dit, ce qu'elle appelle faire la paix, Jean-Luc Mélenchon, qui était assez sévère à l'égard de l'Ukraine, qui disait, il faut peut-être se demander si ça n'a pas un rapport, il parlait de la situation actuelle, avec les tirs en profondeur que fait l'Ukraine, position qui jusque-là n'avait pas été celle des Français. On citait hier, tout à l'heure, le pape François qui avait des positions aussi pas si loin de ça. Est-ce que vous êtes de ce courant, oui ou non ?
Moi,
je dis que, la France et l'Europe doivent être assis à la table des négociations et on doit tout faire pour que s'ouvrent des négociations avec la Russie de Vladimir Poutine.
Il
faut qu'il y ait des négociations.
Donc,
Poutine autour de la table ? Évidemment. Et il ne s'agit pas de déléguer ça comme on le fait aujourd'hui à Washington, avec seulement les émissaires américains. On a un rôle à jouer. C'est nous qui sommes le carnet de chèques. C'est nous qui payons. Et en achetant du matériel de guerre aux Etats-Unis. Donc, évidemment, quand on paye, on a notre mot à dire. Vous savez, il y a un proverbe qui dit quand on n'est pas autour de la table, c'est qu'on est au menu. Et bien là, pour l'instant, l'Europe est au menu entre Vladimir Poutine et Donald Trump.
Donc, votre idéal, c'est une conférence où il y aura Zelensky, Trump et les Européens
? Bien sûr. Et qu'elle se déroule sur le continent européen, a priori. Et donc, voilà. Il faut parvenir à ça. Il faut parvenir à ça avec des compromis, des concessions qui soient faites pour qu'on retrouve, pour que l'Ukraine, pour que la Russie retrouve la paix.
On
va
nous rejoindre Alain Boer. Je vous en prie, Alain Boer.
C
'est une tradition de cette série Objectif 2027, François Ruffin, où chacune ou chacun des candidats se soumet au scénario. Vous ne les avez pas. C'est le secret absolu. Je l
'ai
découvert. On pourrait avoir un huissier qui ouvre l'enveloppe. Voilà. On n
'a
pas besoin de ça pour être sûr de votre secret, Alain Boer. Premier scénario. Bonsoir. Rebonsoir.
Bonsoir. Monsieur le Président de la République, d'abord, vous venez d'être élu après une campagne pleine de rebondissements. Et évidemment, à peine élu, vous êtes face à toute une série de problèmes qui sont ceux d'un chef de l'État. Et il s'agit moins d'un scénario au jeu de société qu'une confrontation avec la dure réalité de la vie à l'Élysée. Suite à un nouvel affrontement entre manifestants et policiers,
deux
personnes sont très grièvement blessées. L'une par mortier,
l
'autre par une grenade. Votre nouvelle majorité vous pousse à prendre des mesures visant à changer l'équipement des policiers. Et parmi tous ceux qui vont apparaître, voilà, que supprimez-vous et que gardez-vous ? Alors, vous avez le canon à eau. J'espère qu'il va apparaître. En tout cas, c'était prévu pour. La grenade lacrymogène,
la
grenade assourdissante,
la
grenade de désencerclement
et
le LBD.
Vous
pouvez tout supprimer si vous avez envie, je précise. Mais la question qui est posée, c'est qu'à priori, vous avez aussi peut-être besoin d'une police. Oui.
On a besoin d'une police. Je veux dire un mot à ce sujet. vous avez cité tous les cas de viols, d'incestes qui, non seulement aujourd'hui, ne sont pas prévenus dans les écoles, mais font fort peu l'objet d'un traitement, de la moindre investigation.
Il
peut y avoir des viols dans notre pays sans que le téléphone portable de la victime et du suspect soit fouillé, sans qu'il
y
ait une interrogation, de mise en garde à vue du principal incriminé. Je dis ça pourquoi, M. Bauer ? Parce que je considère que depuis quelques années, il y
a
un détournement des moyens de la police, que la police, elle n'est plus mise à sa place. Là où elle devrait être au service de la société, au service des citoyens, pour les gens, eh bien, elle est mise maintenant au service du pouvoir comme une force de coercition qui lui sert de protection. Et je pense que c'est dangereux pour la police elle-même que d'en faire finalement un bouclier. C'était le cas dans le mouvement des Gilets jaunes. Pas de réponse politique, mais une réponse policière. Ça a été le cas dans le mouvement des retraites où contre 80% des Français, contre tous les syndicats unis, on utilise la police comme une protection pour le pouvoir.
Et c'est le cas encore, je vais vous répondre, sur le mouvement des lycéens.
Alors répondez François Ruffin, allons au nerf, oui ou non ?
Est-ce que
vous
supprimez certains... Vous avez donné la philosophie générale ?
D'abord, je vais vous dire comment je... C'est pas François Ruffin omniscient qui arrive à l'Elysée. Jupiter, il faut en finir avec ça. Donc ça veut dire qu'au moment où vous avez des décisions à prendre, vous entrez en discussion.
Vous
entrez en discussion avec qui ? Avec M. Boer, vous serez le bienvenu. Vous entrez en
discussion...
Il est cher.
Il est très cher. Vous entrez en
discussion avec les syndicats de policiers. Vous entrez en discussion avec les syndicats de salariés, avec les syndicats de lycéens, avec les syndicats d'étudiants pour discuter de comment on va faire pour trouver une solution politique. Ça, c'est une chose. Mais pour adapter la réponse policière. Donc voilà. Je pense qu'il faut en finir avec l'homme tout seul qui, du jour au lendemain, décide de ça. Maintenant, il y en a une là-dedans qui est à proscrire. C'est la grenade de désencerclement. Puisque là, on n'est pas dans le cas d'une arme utilisée normalement en manifestation. Mais c'est défini comme étant une arme de guerre. Donc ça n'a pas sa place pour le...
François
Ruffin, est-ce que vous maintenez oui ou non le LBD ? Tout à l'heure, il y a quelques minutes seulement, quelques dizaines de minutes, porte-parole d'un des syndicats de policiers disait nos hommes sont très frustrés qu'on leur dise utiliser le moins possible le LBD. Alors qu'une autre partie de l'opinion, notamment après les éborgnés, dit au contraire que c'est l'arme de la honte. Est-ce que vous la maintenez
?
Elle doit être utilisée avec beaucoup de réserves. Mais là, ce qui ne va pas, c'est que dans le maintien de l'ordre aujourd'hui, vous avez des unités qui ne sont pas spécialistes du tout du maintien de l'ordre. Ce n
'est
pas comme si vous aviez des CRS. Moi, j'ai connu des manifestations. Il n'y avait quasiment que des CRS et les renseignements généraux à l'époque. Là, vous avez toutes les unités dont ce n'est pas la spécialité qui viennent se mêler de ça. Ça ne va pas. Ça ne va pas non plus quand on a... Vous savez, j'ai fait un rapport, moi, sur la police. La formation est complètement insuffisante. Non seulement la formation initiale a été raccourcie, on est passé de 12 mois à 9 mois, mais ensuite, derrière, la formation continue est inexistante. Tous les syndicats policiers que j'ai interrogés me disent non, il n
'y a
pas de formation continue. Non, on a besoin, non seulement on a besoin d'agents, l'État a besoin d'agents, mais on a besoin d'agents qui soient formés, qui soient formés continuellement. Sinon, qu
'est
-ce qui se passe ? Vous mettez en danger les manifestants, mais vous mettez en danger les policiers eux-mêmes. Et c'est bien ce qui est en train de se produire.
La police, la police, François Ruffin, a été qualifiée par la France insoumise en des termes très durs, parfois, violence, mais aussi, la police est raciste. On dit un certain nombre de représentants de la France insoumise. Le pensez-vous
?
L'expression de racisme systémique me convient. C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas d'incriminer
un
individu à l'intérieur de la police, mais le fonctionnement général, sur un point particulier, qui est le contrôle d'identité,
qui
est fait l'objet d'une inflation. En fait, comme ce qui devrait être pour moi les deux piliers de la police, c'est-à-dire une police du quotidien, ce qu'on a appelé l'îlotier, qui a complètement disparu, et de l'autre côté, la police d'investigation, la police judiciaire, qui est bien mal en point. On a remplacé ça par ce que les policiers eux-mêmes appellent la bâtonnite, une politique du chiffre, et notamment sur les contrôles d'identité. Vous
savez,
attendez,
avant
d'avancer, vous portez quand même une accusation, vous considérez que les contrôles au faciès sont trop courants en France
?
Il est montré que comparé aux autres pays européens sur les contrôles d'identité, la France le pratique de manière beaucoup plus importante, c'est 47 millions au moins de contrôles d'identité l'année dernière. Mais au faciès ? Et ce qui est démontré en comparaison avec nos voisins espagnols, allemands et tout ça, c'est que ce sont des contrôles qui sont beaucoup plus ciblés en termes de population.
C
'est vrai, Alain Bauer
?
Alors c'est surtout que dans les autres pays,
il n
'y
a
pas de contrôle d'identité. Le contrôle d'identité pour le contrôle d'identité n'est pas prévu. D'ailleurs, beaucoup de pays n'ont pas de pièce d'identité obligatoire. C'est un des éléments particuliers de l'histoire du pays. Après, quand vous discutez avec les policiers eux-mêmes, ils vous expliquent, et c'est assez curieux d'ailleurs qu'ils font plus, parce qu'il m'arrive de parler beaucoup avec les baqueux,
qui
ne sont pas toujours docteurs en philosophie, qu'ils font plus de contrôle à la capuche qu'au faciès. C'est un sujet, alors je ne dis pas que l'un ne va pas parfois avec l'autre, mais c'est un sujet qui est un peu différent. Mais il y a un sujet qui est le contrôle d'identité pour le contrôle d'identité comme un moyen de reprise en compte du territoire par rapport à des individus qui eux pensent qu'ils sont face à une autre bande, l'autre bande s'appelant de la police. C'est un sujet qui méritera sans doute l
'édition
avec mes collègues sociologues.
L'acte contrôle d'identité, il n
'y a
pas de statistique. Quand on rentre au commissariat, on ne dit pas j'ai contrôlé tant de personnes, il n
'y a
pas de rapport à faire sur cette question-là. C'est perçu comme étant un geste anodin. Or la personne qui le subit en face, ce n
'est
pas vrai, ce n
'est
pas anodin de se balader tranquillement dans la rue et à un moment d'être contrôlé. Donc moi je suis pour que il y
ait
un moratoire sur les contrôles d'identité que pendant quelques mois, la police fonctionne sans cet outil-là et qu'on voit ce qui manque, ce qu'on voit, de quelle manière on peut travailler autrement et avec quand même un objectif qui est pour moi de retrouver à la fois la police du quotidien Lillotier et de l'autre côté
la police du quotidien. Est-ce que ce n'est pas
le même contrôle du territoire ? Vous savez, les chiffres ont été donnés dans cette émission,
il
y
a
peut-être 600 000, 700 000, 800 000 clandestins en France. Donc le contrôle n'est même pas, le territoire n'est même pas correctement contrôlé avec les contrôles d'identité.
Mais là, c'est le contrôle aux frontières et vous savez, moi je ne suis pas un adversaire du contrôle aux frontières. Je vous dis que aujourd'hui, pour moi, les forces de police ne sont pas utilisées sur les missions qui pourraient être les plus utiles à la société, qui pourraient être les plus utiles aux Français. On a parlé de pédocriminalité, c'est un chapitre, mais par exemple sur la question du narcotrafic. Alors parlons-en,
parlons-en puisqu'on va aller à un deuxième scénario avec Alain Boyle. Vous tombez
bien.
Durant
les célébrations de votre victoire, de nombreux élus sont visés par des tirs près des mairies
dont
les auteurs sont identifiés comme appartenants au narcotrafic et qui revendiquent publiquement leurs actions coordonnées, notamment la seule structure véritablement mafieuse que la France connaît qui est la DZ mafia. Quelles mesures comptez-vous prendre contre des organisations criminelles de cette nature ? C
'est
quelque chose de très particulier dans l'histoire de la France qui jusqu'à présent
n
'avait pas véritablement connu de mafia. Elle avait connu des mafieux mais pas de mafia.
La question du narcotrafic vous dire que pour moi c'est pas quelque chose que j'ai découvert les dernières années. Ce sont des quartiers que j'ai vus et pour moi la question de la sécurité c'est une question de gauche
parce
que ceux qui sont touchés par l'insécurité c'est pas les riches qui sont dans les beaux quartiers qui ont des digicodes à l'entrée et des caméras de vidéosurveillance pour se protéger.
Ce sont les habitants des quartiers populaires ce sont les nôtres et c'est des vies qui sont pourries parce que c'est du bruit la nuit c'est la peur de rentrer chez soi bon donc c'est quelque chose à prendre absolument au sérieux et sur la question du narcotrafic moi j'étais très content que le sénateur Jérôme Durin socialiste ponde un rapport sur cette question là et j'étais aligné sur le volet répressif c'est à dire il faut taper les gros bonnets au porte-monnaie il faut avoir les moyens d'aller faire des investigations à peu près partout et voilà les assécher de ce point de vue là non pas seulement en ramassant le dealer en bas de sa tour mais en cherchant à monter les étages donc ça demande de l'investigation ça demande du temps j'ajoute et il en était d'accord avec moi que pour moi on doit fonctionner sur deux jambes il y a la jambe qui intervient à l'extérieur qui fait de la répression donc ça veut dire des officiers de police mais ça veut aussi dire les services d'impôt ça veut dire les douanes qui se mettent en action sur les les grands trafiquants mais à côté de ça il doit y avoir une police de la proximité qui est capable d'avoir du renseignement d'où le rôle de l'îlotier aussi et enfin la principale bataille contre la drogue si on veut la gagner elle se gagnera pas de l'extérieur elle se gagnera de l'intérieur des quartiers
par
ceux qui sont les premiers concernés les parents qui disent à leurs gamins quand tu reviens du collège je ne passe plus par tel endroit et tel endroit évite ce point là etc c'est eux en fait qui doivent être aidés pour venir lutter contre le trafic de drogue dans leur quartier or ça ça veut dire quoi ça veut dire les associations ça veut dire les centres sociaux ce sont des points d'appui ce sont finalement pour moi des bastions de la république dans des endroits qui sont parfois compliqués or la politique du gouvernement qui est de dire on veut renforcer la répression mais sur le volet aide à ceux qui font un travail de prévention d'accompagnement de soutien dans les quartiers là c'est complètement abandonné
François Ruffin pardon vous n'êtes pas un peu dans le monde des bisounours Alain Boer ici présent Alain Boer ici présent rapporte des choses incroyables il dit que depuis des années de plus en plus ce sont les pompiers qui sont visés quand ils vont dans certains quartiers les pompiers encore une fois c'est pas l'affrontement avec la police où il y a une certaine tradition hélas mais enfin il y
a
une tradition les pompiers théoriquement tout le monde aime les pompiers pour
en
arriver personnel médical pour en
arriver ça
paraît incroyable François Ruffin franchement beaucoup de ceux qui nous écoutent se disent mais
il
faut vraiment être sacrément détraqué pour s'attaquer à des pompiers à des infirmiers qui viennent aider des vieilles gens enfin il y
a
là quelque chose d'anormal
mais
et en quoi je dis moi je n'ai pas de problème avec la répression je n'ai pas de problème avec le bâton je n'ai pas de problème avec la sanction mais ça ne suffit pas il faut avancer sur les deux jambes or si on n'avance que sur une seule jambe on ne règle pas les causes du problème il y a des gens qui aujourd'hui dans les quartiers et ailleurs vous savez
j
'insiste pardon pour en arriver à s'attaquer à des pompiers des bêtises tout le monde a pu en faire dans sa vie de voler un truc dans un magasin c'est autre chose s'attaquer à des pompiers s'attaquer à une infirmière qui vient aider des gens on sort du cadre
mais même vous savez moi vous avez l'air d'écarter d'un revers de manche comme si s'attaquer aux forces de police ça faisait partie
désormais du pays c'est pas le cas
pour moi je vous le dis monsieur Rochebin c'est pas le cas pour moi donc évidemment tous ceux qui représentent l'état mais même les citoyens ordinaires moi je sais à quel point il peut y avoir des vies pourries parce que c'est de l'inquiétude on vit avec la peur pour ses enfants notamment par le trafic de drogue mais pas seulement dans les quartiers donc dire que moi j'ai pas de problème avec la sanction j'ai pas de problème avec le bâton ça m'a jamais posé de soucis mais qu'en revanche ça doit absolument être complété par le volet qui est le volet association qui est le volet soutien scolaire qui est le volet qui fait que les gens qui dans les quartiers font tout pour que ça tienne debout qui sont la pointe avancée de la république dans des endroits compliqués ils se sentent soutenus or aujourd'hui c'est pas le cas suppression des contrats aidés le plan Borloo pour la ville qui tombe à l
'eau
etc il y a eu un complètement désengagement sur ce volet là et ça ne peut pas marcher en ayant que la jambe sanction tout ce qui tient le sport moi je vous dis le prochain craquage que je redoute dans notre pays c'est le craquage des associations parce que si on a encore du sport de la culture de la solidarité partout dans notre pays c'est grâce aux associations quand on leur reduit année après année leurs subventions quand on leur supprime les contrats aidés quand on leur fait passer un temps administratif colossal pour faire des rapports d'activité en fait ceux qui tiennent le pays debout pour le sport pour la solidarité pour la culture et bien ça les décourage et moi je crains pour les temps à venir le craquage du monde associatif
Troisième scénario Alain Bauer et cette fois on part pour l'étranger enfin l'étranger et France
Monsieur le Président de la République dans votre métier si vous voulez être très collectif sur beaucoup de sujets il y en a au moins un où vous êtes assez seul où vous êtes décideur vous êtes le chef de l'État mais surtout le représentant de la France à l'étranger et votre téléphone va sonner quelques minutes après l'annonce de votre élection et vous allez avoir Donald Trump
qui
va vous appeler directement comme il le fait parfois dans des termes extrêmement aimables comme il le fait par exemple avec le maire de New York ce qui a toujours été un moment de stupéfaction totale surtout quand c'est devant les caméras là c'est juste dans votre téléphone et il vous invite séance tenante à venir passer le voir pour vous découvrir mutuellement à Mar-a-Lago
que
faites-vous
pour
votre première visite
à
l'étranger
quel silence je réfléchis
et puis vous
savez je consulte je vais y compris consulter des gens qui viennent sur ce plateau comme Gérard Arrault je consulte et vous a piégé là à l'involution j'ai jamais vu un silence pareil c
'est comme du
Mozart
un silence de François Roussin Gérard
Arrault c'est un bon choix
je consulterai Dominique de Villepin qui a occupé des fonctions au Quai d'Orsay donc je veux dire la première mission c'est de consulter maintenant il est évident que je ne me précipite pas je dirais dans la gueule du loup puisque on a en la personne de Donald Trump dirigeant des Etats-Unis un protecteur qui est devenu un prédateur
c
'est ça la situation dans laquelle on se trouve et donc évidemment moi je pense qu'il faut discuter avec tout le monde c'est un chef d'Etat donc on discute avec des chefs d'Etat
mais
on ne se précipite pas et on construit des alliances or voilà la première chose c'est de construire des alliances avec qui sommes-nous alliés
pour
faire quoi avec les Etats-Unis
François Ruffin derrière la question excellente d'Alain Bauer et je notais votre silence il y a la grande question est-ce qu'on peut être plus courageux face à Trump vous avez vu Madame von der Leyen qui est allée s'humilier à ses pieds vous avez vu la danoise qui achète encore plus de F-35 alors qu'il l'a piétiné est-ce que vous président vous pourriez être plus audacieux face au président des Etats-Unis
sans
difficulté vous savez nous fêtons ou les Etats-Unis fêtent le 250ème anniversaire de leur déclaration d'indépendance il serait temps qu'on prenne la nôtre
et
l'exemple peut devenir d'Outa Trampik du Canada de Marc Carnet qui lui a refusé de signer un accord asymétrique avec les Etats-Unis qui lui a protesté fermement contre ce que fait piétine Donald Trump le droit international avec la Cour pénale internationale Marc Carnet a montré du courage alors qu'il est juste à côté Madame Melony vous avez vu le courage de Madame Melony qui a claqué littéralement Donald Trump et bien pourquoi nous n'avons pas ce courage
je
pense qu'il y a une habitude qui a été prise vous savez quand on a trois présidents de la république successifs qui ont été des Young American Leaders à la fois Nix Nicolas Sarkozy François Hollande Emmanuel Macron ça veut dire que on baigne dans un climat où on est naturellement l'ami des Etats-Unis et je ne veux pas qu'on en devienne l'ennemi mais simplement qu'on se dise qu'est-ce qu'on a comme intérêt commun qu'est-ce qu'on a comme intérêt divergent et la deuxième chose c'est qu'il y avait le chantage à l'Ukraine
ils
allaient cesser d'aider l'Ukraine et au nom de l'Ukraine c'est comme si on devait accepter de se soumettre et de signer des accords qui sont complètement injustes je rappelle que l'accord signé sur le golfe de Donald Trump en Écosse c'est les importations aux Etats-Unis sont taxées à 15% et en retour c'est 0% mais ce n
'est
pas seulement ça c'est que Mme von der Leyen s'engage à acheter de l'énergie aux Etats-Unis à acheter des armes aux Etats-Unis et à ne
pas
toucher aux services numériques américains donc là il est temps aujourd'hui que vis-à-vis des Etats-Unis nous prenions notre indépendance mais ça ne veut pas dire la France tout seul ça veut dire que la France elle doit trouver des alliés et moi je regrette que finalement c'est l'Espagne
de
Pedro Sanchez qui aujourd'hui joue le rôle que jouait la France à la fois un rôle de venir dire non sur la scène internationale la France est grande quand elle dit non quand la France du général de Gaulle dit non à l'OTAN quand la France de François-Mitterrand dit non à la guerre des étoiles quand la France de Jacques Chirac dit non à la guerre en Irak on a une fierté à ce moment-là est-ce qu'on sort du commandement intégré de l'OTAN
?
c'est pas le moment évidemment c'est quand le moment ? c'est pas le moment on a une guerre qui aujourd'hui sur le continent européen c'est pas dans un moment comme celui-là qu'on balaye tout non pas de l'OTAN mais du commandement intégré comme le général de Gaulle l'avait fait ça n'est pas le moment et après ? évidemment et après ? l'utilité de l'OTAN est-ce que c'est nous qui devons quitter l'OTAN ou est-ce que finalement c'est les Etats-Unis qui doivent quitter l'OTAN ?
puisqu'ils se désintéressent du sort de l'Europe mais c'est pas spécifique à Donald Trump déjà Barack Obama avait dit que l'avenir c'était l'Asie donc nous nous faisions le passé Joe Biden avait fait l'IRA qui était des mesures protectionnistes anti-européennes et Donald Trump prolonge ça de manière brutale et caricaturale mais là il y
a
un éloignement des Etats-Unis disons que c'est une chance
c
'est une chance nous vivons un temps où il y a un espace qui s'ouvre est-ce que nous on a rêvé d'être pour toujours sous la tutelle des Etats-Unis s'il y
a
bien un pays en Europe qui a rêvé qui a désiré avoir une indépendance entraîner d'autres pays avec lui c'est la France notre chance c'est qu'on a aujourd'hui des sud globaux qui refusent d'être pris entre les impérialistes américains et chinois ça devrait être nos partenaires
merci merci beaucoup Alain Boer on va continuer cette émission avec deux figures de la rédaction de LCI et TF1 qui vont vous interviewer j'appelle Mathilde Guénégant grand reporter elle a toute l'expérience puisqu'elle suit en particulier les parties de gauche pour TF1 et LCI bonsoir bonsoir merci beaucoup Mathilde d'être là et François Langlais voilà le père la rigueur de l'économie sur TF1 et LCI et l'un et l'autre vont vous interviewer d'abord sur l'économie ensuite et aussi sur la politique
François
Ruffin bonsoir bonsoir à vous
depuis
quelques semaines il y
a
une ambiance de crise financière à cause de la montée des taux d'intérêt auxquels la France s'endette qui étrangle littéralement le pays enfin qui contraigne notre marge de manœuvre budgétaire ce qui me frappe fermement que je suis les campagnes électorales c'est que la plupart des programmes mentionnent l'objectif de diminuer la dette et c'est nouveau y compris celui de Jean-Luc Mélenchon qu'il a présenté hier y compris celui de Mme Le Pen qui date de la semaine dernière
est
-ce que vous êtes inquiet aussi
est
-ce que vous partagez cette préoccupation au point de dire il faudra réduire la dette
oui
je
dirais dans mon discours c'est pas nouveau monsieur Langlais vous savez même Marx considérait que la dette c'était une aliénation de l'état et que à la place de nourrir les services publics on nourrissait les rentiers aujourd'hui quand on voit que la totalité de l'impôt sur le revenu va servir à payer la charge de la dette ça veut dire qu'on fait passer des salariés des retraités qui sont aujourd'hui imposés vers des rentiers vers des marchés financiers et souvent étrangers donc évidemment je considère qu'aujourd'hui c'est un grand souci pourquoi
vous
savez aussitôt après la crise Covid j'ai été très inquiet j'ai vu là le grand dérapage
je
ne remets pas en cause le fait qu'on ait tiré la couverture et de manière générale et sans chipoter pendant la crise Covid je pense qu'il le fallait le problème c'est après et voilà et le problème tout de suite après je me suis dit mais ça devient de la folie on décide de refaire des plans qui vont coûter des centaines de milliards d'euros on décide de supprimer la taxe d'habitation on décide qu'on va baisser les impôts de production tout ça c'est de la folie les républicains à cette époque là lancent une commission d'enquête
sur la dette publique je vous retrouverai tout à fait sur ce constat mais à partir de là il y a deux routes il
y
a ceux qui disent il faut augmenter les impôts
et
les autres qui disent ah non c'est plutôt les économies dans une dépense publique qui représente 1700 milliards et qui est devenue hors de contrôle quelle est votre option ?
d
'abord dire le rôle d'Emmanuel Macron quand même là-dedans parce que vous avez eu le chouchou des marchés financiers du FMI le Mozart de la finance et que finalement il nous fait non seulement 1300 milliards d'euros de dettes supplémentaires mais à mon avis ce qui est le plus tragique c'est que ça ne sert même pas pour l'investissement
on
le voit là pas d'investissement en matière d'éducation
pas
d'investissement sur le grand défi démographique avec pas de loi grand âge pas d'investissement sur le plus gigantesque des défis qui est l'environnement le défi climatique donc non seulement on a 1300 milliards de dettes supplémentaires mais ça n'est même pas pour l'investissement alors ça c'est le
passé vous avez en hérité si vous êtes à l'évisé deux routes impôts économiques
évidemment il faut lever des impôts
de
manière juste c'est à dire que simplement disons des choses simples monsieur Langlais les milliardaires dans notre pays doivent en proportion au moins payer autant d'impôts que leurs secrétaires ou que les infirmières
les
grandes entreprises dans notre pays doivent à minima payer autant d'impôts que la PME ou que le boucher du coin voilà donc là il y a un effort à faire sur ce plan là mais maintenant le coeur de mon raisonnement je voudrais que si vous me permettez qu'on prenne deux minutes pour expliquer ça nous sommes passés d'un état action à un état subvention vous l'avez dit c'est plutôt une parole d'homme de droite et bien je voudrais vous expliquer comment je le retourne en homme de gauche mais il faut faire un constat juste parce que sinon les français ne nous croient pas derrière l'écran ils disent mais ils sont le taux de prélèvement obligatoire de notre pays est très élevé vous voulez l'augmenter encore je veux l'augmenter de manière ciblée sur ceux qui aujourd'hui échappent assez largement à l'impôt monsieur l'anglais et je suis prêt à le baisser pour d'autres
au dessus de combien au dessus de combien
mais
c'est pas au dessus de combien on voit que sur les sur les les grandes fortunes ça se concentre sur le 0,01% c'est là qu'il y a une chute de l'impôt par des mécanismes tels que les holdings sur les grandes entreprises ce sont les plus grandes
vous
évitez la question François Ruffin rappelez-vous quand François
Hollande avait dit attendez
attendez quand François Hollande avait dit 4000 euros après il avait corrigé il
y
a quelques mois sur
LCI il disait 4500 là
on est sur les 500 fortunes ou les 1000 plus grandes fortunes
mais pardon je précise
la question ici oui ou non ceux qui sont au dessus de 4500 euros c'est à dire quand même un peu plus de monde que ceux qui ont des millions ou des milliards ceux-là est-ce qu'ils sont aussi visés par le plus d'impôts d'après
vous
? je voudrais reprendre ensuite mon raisonnement
en
l'état non d
'accord
en l'état non je vais vous dire au tchat c
'est pas très rassurant
c'est pas très rassurant en l'état non mesurer
à
quel point aujourd'hui nous sommes dans une crise fiscale
pourquoi
? parce que
plus
personne ne comprend rien à sa feuille d'impôt plus personne ne comprend rien à sa fiche de paye
et
tout ça étant devenu illisible ça paraît injuste je vous dis la condition sine qua non c'est que il y
ait
pour moi des états généraux de la fiscalité en 1788 il y avait une grande crise fiscale le roi avait besoin de sous parce qu'il a été mené la guerre d'indépendance aux Etats-Unis qu'est-ce qu'il fait ? il réunit les états généraux et il demande à ce qu'on se mette d'accord pour lever des impôts et ça débouche sur une crise démocratique ça m'alquini nous
sommes
ça dépend de
quel point de vue et ça dépend
pour
qui surtout ?
pour Louis XVI en tout cas nous sommes dans la même situation alors on est en 1788 aujourd'hui je ne
dis
pas qu'on est dans une situation pré-révolutionnaire je dis qu'on est dans un moment où sur la question de fiscalité ça paraît injuste à tout le monde et donc si jamais on veut lever des nouveaux impôts c'est la base du contrat de la nation que l'impôt et donc il faut ce temps de discussion où il y a des retraités où il y a des enseignants où il
y
a des salariés et où il y a y compris bien sûr les entrepreneurs et un strapentin pour Bernard Arnault mais si on ne passe pas par ce temps-là pour définir un nouveau contrat on n
'y
arrivera pas et je vais vous dire pour moi aujourd'hui la clé elle est du côté du MEDEF le MEDEF doit dire écoutez il y a 211 milliards d'euros d'aides aux entreprises alors là-dedans il y a un peu de tout c'est des choux et des carottes d'accord enfin là vous avez par exemple c'est dans les échos de mon ami Bernard Arnault le crédit d'impôt recherche va redevenir la niche fiscale la plus coteuse à hauteur de 7,4 milliards
d'euros
voir ce qu'elle
produit en termes d'emploi et bien justement
le rapport du conseil d'analyse économique de la cour des comptes les propos de monsieur Philippe Aguillon et compagnie disent qu'il y a au moins 3 milliards à les récupérer là-dedans donc moi je dis la balle est dans le corps du MEDEF le MEDEF il devrait dire moi je vais montrer l'exemple voilà on est prêt à récupérer 5 milliards là-dessus et 5 milliards là-dessus pourquoi ? parce que si jamais ça vient pas d'en haut l'exemple ne vient pas d'en haut pourquoi je suis un député au SMIC pourquoi si jamais je deviens président je serai un président au SMIC parce que je pense qu'on est dans un temps où il n
'y a
besoin que l'exemple ruisselle d'en haut et voilà ça doit être la clé sinon comment en dessous on pourrait accepter de faire des concessions d'aller faire des efforts si l'exemple n'est pas montré d'en haut alors
on
va tout de suite s'interrompre un très court instant et on va vous retrouver et sur l'économie évidemment avec Mathilde Guenégan puisqu'il y
a
beaucoup de questions qui se posent sur la suite et notamment sur vos alliances des alliances on parlera de Jean-Luc Mélenchon on parlera de Dominique de Villepin il y a presque une sorte d'idylle politique avec Dominique de Villepin étonnant tandem
un dialogue en tout cas et on
verra
dont le pays a besoin
vous nous en parlerez à tout de suite merci d'être avec nous c'est la suite de notre émission spéciale Objectif 2027 avec vous François Ruffin face à vous Mathilde Guenégan grand reporter TF1 NCI qui suit la politique et notamment les parties de gauche et vous François Langlais repartons avec vous repartons sur les retraites évidemment la grande affaire
oui
merci a publié hier des chiffres impressionnants sur le poids financier des retraites publiques dans le budget de l'Etat au total c'est une cinquantaine de milliards d'euros
et
c'est réparti dans les différents ministères 32% du budget de l'éducation nationale est consacré au paiement des retraites des anciens employés des anciens employés de l'éducation nationale 30% pour le budget de l'intérieur est-ce que ça ne démontre pas par l'absurde si je puis dire la nécessité absolue d'une réforme des retraites
pour
restaurer les marges de manœuvre budgétaire que vous appelez de vos voeux justement pour constituer un Etat qui intervient dans les domaines où on en a besoin
Monsieur
Langlais d'abord je me permets de vous corriger et puis si vous voulez il
y
aura un fact-checking mais les 32% ne financent pas les retraites des anciens enseignants ça finance ceux des anciens fonctionnaires et la difficulté qu'on a c'est principalement les enseignants et les fonctionnaires du ministère
d'éducation nationale la grande
difficulté qu'on a monsieur vous savez j'ai connu le régime des mineurs le régime des mineurs à la fin il était hyper déficitaire pourquoi il n
'y
avait plus de mineurs qui cotisaient
et
il y avait des mineurs qui étaient à la
retraite
c'est pas le cas pour les
enseignants
et bien on est dans une situation qui est comparable c'est pas le cas pour les policiers Monsieur Langlais vous vérifierez d'accord vous vérifierez
mais je l'ai fait si je vous pose la question ce sont des données qui sont publiées par Bercy donc qui sont assez rigoureuses qu'on connaissait d'ailleurs sous une forme plus parcellaire en réalité vous avez 50 milliards d'euros qui sont aujourd'hui prélevés sur les ressources de l'Etat pour payer les retraites Monsieur
Langlais
vous vérifierez ce que je dis d'accord mais ce que je vous dis c'est que comme
il
y a des gens qui hier étaient fonctionnaires et qu'aujourd'hui on recrute des contractuels
qui
ne cotisent plus au régime de la fonction publique et bien vous avez ça fait mécanique et de manière très importante d'accord donc maintenant je vais vous donner mon raisonnement sur les retraites j'entends Edouard Philippe qui dit voilà 64 ans 65 ans etc moi la question alors c'est la question du travail
d
'accord moi je souhaite qu'entre 20 et 60 ans tout le monde travaille à
60 ans
on s'arrête à 60 ans on s'arrête je suis pour la retraite à partir de 60 ans après 40 annuités mais ça veut dire qu'entre 20 et 60 ans on doit avoir comme objectif que tout le monde travaille or aujourd'hui on a dans notre pays un gigantesque gâchis productif c'est quoi ce sont les 100 000 personnes qui chaque année sont mis en nid d'aptitude parce qu'ils sont broyés physiquement ou psychiquement par les troubles musculosquelétiques ou par les burn-out 100 000 personnes c'est comme si l'équivalent de toute l'industrie automobile disparaissait chaque année ça a plus que doublé en 10 ans et ça n'est un souci pour personne c'est-à
-dire
des personnes qui normalement devraient cotiser devraient travailler devraient produire et à la place se retrouvent malgré elles à percevoir des aides et à coûter c'est le premier gâchis mais vous avez un gâchis productif à l'entrée du marché du travail quand vous avez des jeunes qui sont stabilisés deux ou trois ans après nos voisins européens parce qu'ils passent par des stages parce qu'ils passent par des CDD parce qu'ils passent par de l'intérim et vous avez le même effet à la sortie parce que vous savez qu'à partir de 50 ans grosso modo on devient un senior dans un certain nombre d'entreprises vous avez un gâchis sur les étrangers qui voudraient travailler et qu'on empêche de travailler vous
avez
un gâchis sur les personnes en situation de
handicap j'entends vos arguments et ils sont bien réels on serait beaucoup mieux si tout le monde travaillait intégralement sa carrière mais
il
y a quand même la réalité démographique dans la fonction publique vous avez un retraité pour un cotisant dans le secteur privé c'est un pour un et demi et ça va ne faire que se détériorer donc le responsable politique que vous êtes ne peut pas ne pas s'intéresser à cette question j'observe et vous l'observerez avec moi que
tous les
pays du monde ont fait une réforme de retraite tous les pays d'Europe sont plutôt entre 65 et 67 ans pour le terme de la carrière ça ne vous interroge pas monsieur Langlais
je vous dis qu'aujourd'hui on est dans un temps de faillite des élites
vous
voyez à quel point la manière de penser depuis 40 ans est en faillite alors c'est la faillite sur la dette mais c'est la faillite sur le défi climatique c'est la faillite sur la protection donc on est dans un temps où maintenant les problèmes il faut les prendre autrement quand vous avez eu la réforme Balladur la réforme Fillon la réforme Sarkozy la réforme Raffarin vous avez eu ça fait 30 ans qu'on fait des réformes là-dessus oui parce que la
démographie se
détériore depuis
40 ans
ce que je vous conseille monsieur Langlais ce que je souhaite pour les français c'est qu'on regarde le problème par un autre bout vous voulez que les gens travaillent plus plus longtemps mais pourquoi pourquoi ils veulent le quitter le travail pourquoi ils veulent quitter le travail pourquoi quand il y a le conflit sur les retraites en fin de compte les gens parlent moins de leur retraite que de la peine qu'ils ont au travail c'est la moitié des salariés qui aujourd'hui sont dans un état d'anxiété au travail dans notre pays contre 11% en Allemagne c'est 4 fois supérieur donc c'est
d
'abord vous pensez que les patrons français sont sauvages ?
je suis loin de dire que les patrons français sont sauvages mais il y a des modes de management par ce qu'on appelle les planeurs par des objectifs qui sont chiffrés qui font qu'il y a eu une dégradation du travail ces 40 dernières années c'est chiffré par le ministère du travail qui dit que c'était 11% des salariés qui avaient une triple contrainte physique dans les années 80 aujourd'hui on est passé à 35% on est à 60% chez les ouvriers sur les triples contraintes psychiques on était à 6% on est passé à 35% et c'est à 50% sur les employés donc si jamais on dit aux gens qu'il faut rester plus longtemps au travail c'est d'abord qu'est-ce qu'on y fait au travail est-ce qu'on se réalise en réalisant vous savez moi je suis un grand partisan du travail je pense que notre pays il est comme après-guerre on est dans un temps qui a besoin d'une grande reconstruction qu'on y est arrivé après-guerre parce que tout le monde s'est retroussé les manches on avait les ponts qui étaient détruits les routes qui étaient détruites les usines qui étaient détruites tout ça nos grands-parents l'ont reconstruit par du travail par du travail qui était respecté qui était valorisé qui n'était pas considéré comme un coup et avec une promesse qui était grâce à votre travail vous allez bien vivre aujourd'hui il faut qu'on retrouve ça qu'on soit amené à se retrousser les manches quel vide vous savez vous n'allez pas dire aux gens vous allez travailler plus longtemps pour cotiser c'est pas un objectif cotiser vous n'allez pas travailler longtemps pour le marché c'est pas un objectif ou la compétitivité ou la rentabilité qu'est-ce que c'est c'est pas contradictoire non je pense que on
entend votre
le rôle d'un dirigeant politique monsieur Langlais c'est de fixer un horizon et de dire voilà oui le pays il a des défis à remplir un défi productif pas de grand pays sans grande industrie sans une agriculture qui assure notre autonomie le défi démographique il faut s'occuper des personnes âgées le défi climatique qui suppose à peu près tout transformer logement déplacement industrie énergie et que tout ça ça réclame du travail et que dire aux français voilà on va se retrousser les manches pour faire ça ensemble vous savez c'est la phrase d'Antoine des Saint-Exupes qui disait s'aimer ce n'est pas se regarder l
'un
l'autre c'est regarder ensemble dans la même direction aujourd'hui il n
'y
a pas de direction on entend votre éloge
du travail qui est d'ailleurs assez atypique pour un homme de gauche une question connexe mais sur cette génération des baby boomers au fond qui est à la retraite aujourd'hui très largement pas complètement mais très largement sont-ils selon vous les profiteurs qu'on dénonce alors que les jeunes seraient les victimes du système autrement dit est-ce que vous voyez matière en France des arguments pour soutenir la thèse de la guerre des générations et vous
savez monsieur Langlais quand je vois la France qui se déchire c'est pas ça que je souhaite quand je la vois qui se déchire dans la rue je veux pas ça je veux pas des français qui s'opposent à d'autres français et je veux surtout pas la guerre des générations et il
y
a quelques temps dans la foulée du Covid j'avais fait un rapport parlementaire pour au contraire un contrat intergénération il s'agit de renouer un contrat de fait nous avons aujourd'hui une jeunesse qui est écrasée qui est écrasée sur le plan financier le taux de pauvreté chez les 16-30 ans il est trois fois supérieur au plus de 65 ans qui est écrasé sur le plan immobilier parce qu'ils doivent pour se loger c'est devenu beaucoup plus cher que ça l'était pour nos parents ou pour nos grands-parents qui est écrasé sur le plan professionnel parce qu'on y rentre par le plus mauvais bout les CDD l'intérim qui est écrasé sur le plan politique en plus avec l'abstention mais
François Ruffin est-ce que oui ou non ça voudra dire qu'il faudra aller chercher davantage chez les boomers pour payer les non-boomers c'est ça la question
la grande question et qui même peut trouver des échos chez le Macron de 2017 qui proposait d'aller chercher la rente la question c'est celle de la grande transmission on a une accumulation du patrimoine aujourd'hui chez les plus âgés et qui est au fond stérilisé c'est comment moi je suis pour qu'il n
'y
ait pas de gâchis du capital humain stérilisé ils l'ont gagné attendez stérilisé ils l'ont gagné
c'est à eux le problème c'est
que ça sert à rien ça
sert à rien elle est placée par exemple
les 2000 milliards d'assurance vie j'étais par exemple favorable moi au livret industrie de Michel Barnier les 2000 milliards d'assurance vie le taux d'épargne des français n
'a
jamais été aussi élevé faut pas dire des français ça sert quand même à financer l'état qui en a grand besoin en partie mais vous savez par exemple les PME françaises sont aujourd'hui moins financées par l'assurance vie que le Nasdaq américain donc il y a une question de fléchage et donc évidemment cette question d'un impôt sur les héritages dorés je parle pas moi je suis pour que chaque famille puisse donner à son enfant l'équilibration d'une belle maison à 300 000 euros sans
qu'il y ait un euro d'impôt
encore un impôt vous
dites qu
'il
y
en
a
trop c
'est pas un impôt vous savez l'impôt sur les héritages il existe mais pour l'instant il est troué et donc ce qui fait que les personnes modestes vont parfois être amenées à le payer moi je vous dis jusqu'à 300 000 euros il n'y a pas un euro d'impôt qui est payé mais
donc oui
évidemment vous le savez monsieur Langlais que la question de la grande transmission de comment on fait pour que l'accumulation du capital à un bout ça serve à l'économie française et ça devienne ça produise de la vitalité monsieur
Ruffin votre candidature à l'élection présidentielle elle passe par une victoire ou des victoires Mathilde Guénégand les sondages déjà
ah oui alors il reste 185 jours avant le premier tour de
l
'élection présidentielle ça passe vite alors François Ruffin on imagine une chose nous sommes le dimanche 2 mai 2027 il est 20h votre visage s'affiche sur télévision des français vous êtes élu président de la république moi j'ai une première question je voulais savoir si vous êtes vraiment prêt à gouverner est
-ce
que vous avez déjà réfléchi à un premier déplacement une première mesure qui serait votre premier ministre est-ce que vous êtes prêt à gouverner ce soir
?
oui bien sûr que j'y réfléchis je réfléchis à où serait mon premier déplacement en tout cas je pense que l'un des premières choses à faire c
'est
d'aller en Chine si on veut une renaissance de l'industrie dans notre pays la question des hackers commerciaux vous savez on parle beaucoup du déficit public mais pour moi le déficit de la balance commerciale c'est au moins aussi grave et on s'est habitué à ce déficit de la balance commerciale donc et quand je pense qu'il
y
a quelques années Emmanuel Macron était allé rencontrer le président chinois et qu'il n'y avait même pas eu une négociation sur les accords commerciaux enfin c'était à tomber par terre donc évidemment je réfléchis à ça mais vous savez c'est pas comme si j'y réfléchissais depuis là six mois un an en fin de compte ça fait 25 ans moi ça fait 25 ans que j'écoute les français ça fait 25 ans que quand je vois un accident du travail quand je suis à la sortie d'une usine quand je discute dans un hôpital je me demande mais qu'est-ce qu'il faudrait faire qu'est-ce qu'il faudrait faire pour que le pays se remette debout quels sont les chantiers qu'il faudrait remplir donc c'est pas une improvisation même sur les quelques derniers mois vous aurez un livre qui paraîtra le mois prochain avec les 40 chantiers pour remettre le pays debout au boulot
25 ans d'engagement François Ruffin et si on rembobine juste le fil de votre première campagne présidentielle vous avez fait une annonce de candidature aux 20h de TF1 ça c'était en janvier depuis vous multipliez les déplacements il y a eu notamment une tournée des campings cet été dont une partie a été faite en trajet en autostop vous publiez des cahiers de campagne il
y
a celui sur l'industrie qui vient d'être rendu public cet après-midi et pourtant dans les sondages notre dernier sondage IFA Fiducial ça ne décolle pas 2% des intentions de vote au même niveau que Fabien Roussel ou encore Marine Tondelier pourquoi selon vous ça ne prend pas
?
Écoutez moi j'ai toujours été un partisan de l'Union quand je me suis présenté en 2017 aux élections législatives j'étais la seule circonscription de France à l'avoir fait en réunissant insoumis communistes et écologistes et je proposais moi qu'on ait une grande primaire qui aille de Poutou à Hollande et qui permette à la gauche d'avoir son candidat et je le dis C
'est mal
barré aujourd'hui
80% des électeurs de gauche 80% des électeurs insoumis 80% des électeurs socialistes étaient favorables à ça maintenant il y a les appareils qui ont décidé que c'est les forces centrifuges qui l'emportent c'est les mêmes forces vous savez qu'en 2024 le soir de la dissolution j'ai dit Front Populaire il y a deux personnes qui ont dit non tout de suite c'était Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann
et vous avez essayé pourtant de vous incruster dans leur primaire des social-démocrates et ça n
'a
pas marché est-ce que sans union votre candidature a encore du sens aujourd'hui
? Elle a un sens je n'ai aucun doute là-dessus parce que si je ne
suis
pas là pour vous parler qui va venir dire qu'il y a 100 000 personnes par an qui sont jetées broyées par le marché du travail et qui se retrouvent en inaptitude vous n'aurez personne pour en faire un combat qui va venir dire à quel point pour remplir les défis qui sont ceux de notre pays il faut un travail qui ne soit pas considéré comme un coût mais qui soit considéré comme un atout il n
'y
aura personne pour le faire à ma place pour venir défendre les auxiliaires de vie les femmes de ménage les assistantes maternelles celles dont on a dit pendant la crise Covid qu'elles tenaient le pays debout mais qui n'en obtiennent ni reconnaissance ni rémunération il n
'y
aura personne pour le faire à
ma place
Et une campagne présidentielle ça coûte de l'argent il faut aussi 500 parrainages pour valider aujourd'hui vous en êtes où d'ailleurs
? Le souci n'est pas là d'accord ? Le souci n'est pas là le souci ne sera pas ça
permet de savoir si vous allez jusqu'au bout
? On pourra aller jusqu'au bout sur une campagne qui ne sera pas une campagne à 10 millions d'euros et c'est voilà on ne joue pas à armes égales dans cette campagne Vous avez combien
? Vous avez combien
?
On doit avoir 200 signatures mais voilà c'est en route mais je vous dis le souci n'est pas là le souci c'est quelle est l'utilité ? C'est ça la question que je me pose quelle est l'utilité ? Et est-ce qu'à un moment pour réussir à faire barrage c'est pas faire barrage c'est faire dérailler le train de la fatalité qui aujourd'hui emmène Marine Le Pen à l'Elysée qu'est-ce qu'il faut faire ? Moi je suis convaincu qu'il faut qu'on sorte de son couloir que si on ne sort pas de son couloir il n'y a pas d'espoir il n
'y
aura pas de victoire d'où les discussions que je tiens à entretenir avec tout le monde à gauche et même avec des gens qui ne sont pas issus de la gauche
Justement si on tire une ligne entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann aujourd'hui François Ruffin
mon histoire elle est celle d'une gauche de gauche non pas d'extrême gauche non pas de gauche radicale ce sont des mots que je n
'ai
jamais accepté mais d'une histoire qui est de gauche et qui est en faveur d'une forte répartition des richesses quand je vois que les 500 fortunes sont passées de 6% du PIB dans les années 90 à aujourd'hui 35% oui je pense qu'il y
a
un gâteau qui est à répartir donc sur le fond je suis plus proche de Jean-Luc Mélenchon sur la forme et sur le rapport à la démocratie je peux avoir quelques soucis
Est
-ce qu'aujourd'hui il y a quelque chose de rédhibitoire dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon qui ferait qu'un ralliement serait impossible oui ou non
? Écoutez si je pensais ce soir
que
Jean-Luc Mélenchon
peut
battre Marine Le Pen au deuxième tour je serais déjà dans sa campagne
Mais
il
y
a d'autres candidats qui peuvent avoir cet effet vote utile si l'objectif c
'est
de faire barrage à Marine Le
Pen ça peut être Raphaël Glucksmann
ça ne suffit pas aujourd'hui il faut une remise à plat du système on ne peut plus le bricoler on ne peut plus le rafistoler il faut qu'il y ait une autre manière de penser
Mais
pardon François Ruffin vous venez de dire quelque chose qui est le mieux placé à gauche pour battre Marine Le Pen au second tour
?
En l'état pour l'instant personne c'est la tragédie c'est la tragédie aujourd'hui en l'état Marine Le Pen elle met des cartouches à tout le monde à gauche
Êtes
-vous si sûr de ça ? Regardez les scores de Raphaël Glucksmann la poussée de Raphaël Glucksmann qui a surpris y compris beaucoup de journalistes qui ne s'y attendaient pas est-ce que lui on voit qu'en général Jean-Luc Mélenchon est dans les sondages mais pas toujours ça commence à s'équilibrer est-ce que Raphaël Glucksmann battrait Marine Le Pen ? Écoutez
mécaniquement donc voyons ce que donne Raphaël Glucksmann dans un mois dans deux mois vous savez des flambées post-primaires on en a connu un certain nombre donc je pense qu'il faut avoir le calme des vieux sages et un peu regarder ce que ça donne après la flambée si vous voulez bien monsieur Rochebin mais par ailleurs je veux dire moi quel est mon objectif politique c'est de réconcilier gauche et populaire partout dans le pays à la fois dans les villes dans les métropoles dans les quartiers mais aussi dans les campagnes je le dis la figure de Raphaël Glucksmann n'est pas celle qui incarne le mieux le plus naturellement la réconciliation de gauche et de populaire et quand il dit qu'il est plus à l'aise à New York ou à Berlin qu'en Picardie chez moi je pense que c'est un souci pour le projet politique qui est le mien qui est de réconcilier gauche et populaire
François Ruffin il y a quelque chose d'étonnant dans votre parcours vous n'avez jamais été encarté autre que dans un parti que vous avez créé pourquoi aucun parti n'a un jour trouvé grâce à vos yeux quand vous étiez jeune
vous savez moi je suis venu à l'engagement enfin j'ai toujours été un révolté soucieux de justice sociale d'empathie de voilà le sentiment qu'il y a des gens qui sont humiliés dans la société et que je savais que les ouvriers qui chez moi Honeywell Magneti Marelli Whirlpool se sont pris des délocalisations en série et c'est je dirais avec ça s'est construit mon journalisme en lien avec les syndicats de gauche évidemment mais ceci dit en étant un journaliste fier de son indépendance et dont le sous-titre du journal était ce journal est fâché avec tout le monde ou presque donc voilà voilà avec un ADN plutôt libertaire et finalement je vais vous dire c'est parce que la profession n'a pas permis de m'accomplir finalement parce que je devais devenir après merci patron après nuit debout je considère que je devais devenir un Hanouna de gauche avoir une émission de télé une émission de radio et pour accéder à l'appareil public j'ai vu que j'allais être barré marqué au fer rouge et je me suis dit bon bah si je veux accéder à ça ça passe en fait par la validation par des électeurs d'où ma bataille dans la première circonscription de la Somme avec un projet politique qui était de montrer qu'on pouvait réconcilier gauche et populaire dans un coin où le rassemblement national était donné et gagnant
des
jeunes révoltés comme vous il y
en
a beaucoup en ce moment dans les rues la mobilisation elle continue des lycées bloquées aujourd'hui des manifestants dans les rues encore 1400 du côté de Rennes jaunes et jeunes l'appel à la mobilisation du 17 octobre qui fait un lien avec les gilets jaunes moi j
'ai
une question est-ce que le François Ruffin de 2026 c'est le même que celui de 2018 vous étiez en première ligne pour défendre et soutenir les gilets jaunes vous aviez préparé ce que vous appelez la réplique à Macron alors aujourd'hui est
-ce
que vous êtes plutôt mobilisation de masse dans la rue ou vous êtes plutôt on réunit tout le monde autour d'une table pour trouver des solutions concrètes ce qu'a fait le ministre de l'éducation avec les lycées encore aujourd'hui
non mais le ministre de l'éducation excusez-moi c'est pathétique on en est à un moment pathétique mais c'est un choix du gouvernement qui est celui du pourrissement parce que des solutions il y en a à des problèmes comme celui-là il y
a
des messages à faire passer je veux dire au bout de 5 semaines le
ministre
de l'éducation vient de vous dire le temps des décisions est proche au bout de 5 semaines de mouvement
mais
qu'est-ce serait la technique la méthodologie de François
Ruffin la première
chose c'est d'aller tout de suite écouter c'est ce que j'ai fait c'est le report
vous êtes allé
sur les blocus
avec les boulogiciens bien
sûr je suis allé à eux je suis allé à Amiens je suis allé à Abbeville je suis allé à Paris et j'ai commencé par écouter par prendre des notes dans mon petit cahier le mot moisissure qui revenait tout le temps le 36 par classe parcours sup qui décide de nos vies à partir de ça je sais que dans l'urgence dire voilà dans le prochain budget il n
'y
aura pas 1588 suppressions de postes c'est un message qui aurait dénoué une crise politique que de dire pour l'orientation on met de l'humain en face de l'humain et on ne fait pas ça par un algorithme et bien je sais que c'est un message qui voilà donc il y
a
des choses qui sont simples parce qu
'ils
ne demandent pas la lune qui permettent de dénouer des crises politiques mais là le choix en série d'Emmanuel Macron depuis 10 ans c'est de ne pas dénouer les crises politiques c'est de les laisser pourrir merci beaucoup merci Mathilde et merci François
François Ruffin