La député LFI de l'Isère, Elisa Martin
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9. Et à 6h20, notre premier invité est députée la France Insoumise et membre de la Commission des lois Marion.
Également co-chef de file du parti sur la loi immigration, bonjour Elisa Martin. Vous êtes avec nous Elisa Martin, vous nous entendez ? Bonjour. Bonjour. Le président de la République dit vouloir trouver un compromis. On a un petit décalage avec vous je crois. Le président de la République dit vouloir trouver un compromis intelligent sur cette loi dont le Parlement a refusé de débattre cette semaine. Ça vous semble possible Elisa Martin dans le cadre de cette commission mixte paritaire ?
Ça me paraît très compliqué à vrai dire. Alors personne bien sûr ne lit dans le mar de café mais il me paraît très difficile de trouver une majorité qui paraît introuvable au fond et qui n'a pas pu être trouvé dans l'hémicycle lui-même. Ça me paraît compliqué de trouver une solution en commission mixte paritaire. Bon, y compris parce que chacun, je pense, souhaite donner sa propre marque, souvent d'une façon assez malheureuse d'ailleurs sur ce projet de loi. Ce qui explique aussi la difficulté à trouver un compromis intelligent, je crois, a dit Emmanuel Macron.
La première ministre discute aujourd'hui avec sa majorité. Plusieurs ministres se disent optimistes. C'était le cas hier de Marc Fénaud qui était invité de France Inter. Pierre, Elisabeth Borne doit recevoir les cadres, les Républicains, ce soir. Est-ce qu'en joignant vos voix de la France Insoumise à celles d'autres oppositions dans la motion de rejet cette semaine, vous ne vous êtes pas tiré une balle dans le pied ? Parce que le risque, c'est que le projet va pencher beaucoup plus à droite.
Non, moi je ne le crois pas. Je ne le crois pas. D'abord, je me permets de vous signaler que la commission des lois a débattu pendant 48 heures en 3,5 jours. Donc du débat, il y en a eu. La seule chose qu'il en a pu constater, c'est une sorte de course à l'échalote à qui serait le plus xénophobe, donnerait une image de la France, on va dire, la moins accueillante possible. Donc on s'est surtout évité 15 jours de débat de la même nature qu'en commission des lois.
Mais est-ce que vous n'avez pas donné la clé aux Républicains qui, aujourd'hui, sont en mesure de faire passer ou non ce texte ?
Eh bien non, parce que nous verrons bien ce qu'il se passe. Mais encore une fois, si ça penchait trop à droite avec beaucoup de guillemets, puisque c'est quand même le cas, quoi qu'il en soit, du texte du gouvernement, eh bien il y a quand même un risque de ne plus arriver à compter les voix du groupe Renaissance. Donc on sent bien qu'il y a une équation là, qui est une équation tout à fait impossible à avoir suffisamment de voix dans l'hémicycle pour pouvoir aller au bout, pour le gouvernement en tout cas, de ce projet de loi.
Elisa Martin, d'après les informations de France Inter, un compromis serait en train de se dessiner dans le cadre de la commission mixte paritaire.
Eh bien nous verrons bien.
L'aide médicale d'État serait renvoyée à plus tard ? Ce problème de la supprimer ou non, ça serait renvoyé à plus tard ?
Nous le savons déjà, c'est quelque chose que Darmanin a d'ores et déjà annoncé. Donc de ce point de vue-là, il n'y a pas de changement. La question de l'accord avec l'Algérie aussi, les accords privilégiés avec l'Algérie, qui est quand même un peuple frère, serait là aussi discuté plus tard.
Il y a les régularisations qui se feraient au cas par cas, et non pas systématiquement pour les migrants dans les métiers en tension. Il faudrait passer trois ans en France pour obtenir des allocations, il n'y aurait pas de mineurs en centre de rétention. Quel est votre avis sur ces premières mesures qui commencent à filtrer ?
Tout ça, c'est des choses qui sont déjà sorties de la commission des lois. Donc pour l'instant, de toute façon, il n'y a rien de nouveau. Donc vraisemblablement, ce n'est peut-être pas sur ces sujets-là que ça bloque le plus, puisque c'est des choses qui ont déjà été annoncées. Peu importe, j'ai envie de dire peu importe, nous verrons bien lundi si la CMP est conclusive ou non, et si elle l'est conclusive, y aura-t-il une majorité dans l'hémicycle pour soutenir ce texte ? Je ne le crois pas. Mais nous verrons bien, nous verrons bien.
Ce qui est certain, c'est que nous avons fait notre travail, non seulement en commission des lois, et qu'ensuite, nous avons décidé, chacun en nous-mêmes, si nous votions ou pas, cette motion de rejet. Vous comprenez, on renvoie toujours à des questions de calcul, si je puis m'exprimer ainsi. Et on verra quels sont les calculs du gouvernement.
J'ai d'autres questions à vous poser, Elisa Martin. Effectivement, le suspense va durer au moins jusqu'à demain pour cette commission mixte paritaire. Je voulais vous poser une question quand même sur votre parti, la fille qui tenait ce samedi son assemblée représentative. Il a lancé un appel à se regrouper derrière le programme de la NUPES pour les Européennes 2024. Tout à fait. Alors, on avait peut-être mal compris, mais on avait cru comprendre que Jean-Luc Mélenchon disait que la NUPES était morte.
Ah, vous savez, ce qui compte, ce n'est pas ça. Ce qui compte, c'est d'abord regarder devant nous l'avenir et savoir autour de quel contenu on peut effectivement se rassembler. Il y a le programme de la NUPES, au sein de laquelle il est question d'Europe. Il n'y a pas de difficultés à l'intérieur de la NUPES et de tous ceux qui se sont retrouvés derrière ce programme. Donc, il n'y a pas de raison de ne pas le défendre, y compris dans cette prochaine échéance électorale. Le programme de la NUPES, c'est les contenus de la NUPES. Le programme, évidemment, bien sûr. Le programme garde toute sa validité, de toute façon, quoi qu'il en soit.
Elisa Martin, députée LFI et co-chef de file du parti sur le projet Immigration. Merci beaucoup de nous avoir répondu sur France Inter.
Merci. Merci à vous. Toutes les deux, bonne journée.
Élisa Martin