Fabrice Leggeri : "Nous défendons une Europe des nations souveraines !" (France 5)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00ComplaisanteRéponse directe
Fabrice Légeri, bonsoir. Merci d'avoir accepté cette invitation.
- 0:03OuverteRéponse directe
Vous êtes députée européenne du Rassemblement National, membre du groupe Les Patriotes pour l'Europe, et puis je rappelle que vous avez été directeur de l'agence Frontex de l'Union Européenne entre 2015 et 2022.
- 0:14OuverteRéponse directe
On rappelle qu'elle a été condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate en première instance à 5 ans. Est-ce que ça veut dire qu'elle est en train, j'allais dire, de jeter les gants, d'accepter son sort ?
- 0:57OuverteRéponse directe
On les voit tous les deux, là. Ils sont interchangeables.
- 1:24OuverteRéponse directe
Fabrice Légeri, vous la connaissez bien, Marine Le Pen. Est-ce que c'est douloureux pour elle de devoir anticiper, sur l'hypothèse, après le combat d'une vie, qu'elle ne puisse pas y aller ?
- 1:45OuverteRéponse directe
Elle n'aura peut-être pas le choix. C'est la justice qui décide, pour le coup.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20PrésentateurFait
« On rappelle qu'elle a été condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate en première instance à 5 ans. »
- 0:37Invité politiquePromesse
« Marine Le Pen a fait appel, et nous avons toute confiance dans le fait qu'elle pourra prouver son innocence au cours de l'été 2026. »
- 1:49Invité politiqueFait
« Une justice très politisée, comme on l'a vu, comme les Français l'ont vu. »
- 3:22Invité politiqueFait
« Ce qui est sûr, c'est que le président de la République actuelle, Emmanuel Macron, n'est pas à la hauteur des enjeux. »
- 3:40Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron a réussi à discréditer la parole de la France. Les amis de la France n'ont plus confiance dans la parole d'Emmanuel Macron. »
- 3:51Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron a réussi à nous fâcher avec à peu près tout le monde, y compris simultanément l'Algérie et le Maroc. »
- 4:15Invité politiqueFait
« En réalité, il y a un danger existentiel. L'Iran, la République islamique d'Iran, se dote, veut se doter de l'arme nucléaire. »
- 4:22Invité politiqueFait
« C'est interdit, puisqu'il y a un traité international qui fait interdiction à l'Iran, comme à tous les autres pays signataires, de se doter, donc, de la bombe atomique. »
- 4:33Invité politiqueFait
« Or, nous savons que l'Iran, c'est écrit dans sa constitution, l'Iran, le répète tous les jours, veut anéantir l'État d'Israël. »
- 4:51Invité politiqueFait
« il y a une menace pour la France, et il y a des associations terroristes, des groupes terroristes que soutient l'Iran, et on imagine le danger pour le monde, pour la paix dans le monde, si l'Iran avait la bombe. »
- 5:13Invité politiqueFait
« Nécessité fait loi face à ce risque existentiel majeur pour Israël, mais aussi pour la paix dans le monde. »
- 7:21Invité politiqueFait
« Alors, nous l'avons dit, nous sommes plutôt dans une posture gaullienne, le général de Gaulle en 1966 est sorti du commandement intégré de l'OTAN, puis ensuite c'est Nicolas Sarkozy qui a fait revenir après 2007 la France dans le commandement intégré. »
- 8:23Invité politiqueFait
« La Russie a agressé militairement l'Ukraine en 2022, et il y a une nécessité de pouvoir, au sein de l'OTAN, nous protéger collectivement contre des menaces qui pourraient venir de nos voisins. »
- 9:21Invité politiqueFait
« Le Rassemblement National pense que la France et, au sens plus large, les Européens doivent être capables d'assurer leur propre défense. »
Temps de parole
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Fabrice Légeri, bonsoir. Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes députée européenne du Rassemblement National, membre du groupe Les Patriotes pour l'Europe, et puis je rappelle que vous avez été directeur de l'agence Frontex de l'Union Européenne entre 2015 et 2022. Elle dit Marine Le Pen, j'ai intégré l'hypothèse que je ne puisse pas me présenter. On rappelle qu'elle a été condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate en première instance à 5 ans. Est-ce que ça veut dire qu'elle est en train, j'allais dire, de jeter les gants, d'accepter son sort ?
Non, Marine Le Pen est combative, Marine Le Pen a fait appel, et nous avons toute confiance dans le fait qu'elle pourra prouver son innocence au cours de l'été 2026. Mais cette phrase illustre le fait que Marine Le Pen et Jordan Bardella ont toujours travaillé en binôme, en tandem, et que Marine Le Pen a vraiment le sens de la France, de l'intérêt de la France et des Français, et le sens de l'intérêt supérieur, et qu'en ce sens, c'est une femme d'État.
On les voit tous les deux, là. Ils sont interchangeables. Ils n'ont pas la même histoire. Elle n'a pas la même histoire avec le pays que Jordan Bardella, qui n'a pas encore 30 ans.
Ils travaillent en tandem. Donc ce que Marine Le Pen apporte est complété par Jordan Bardella et vice-versa. Et on voit que les Français qui votent pour le Rassemblement National sont attachés à ce que les idées du Rassemblement National puissent arriver aux responsabilités.
Fabrice Légeri, vous la connaissez bien, Marine Le Pen. Est-ce que c'est douloureux pour elle de devoir anticiper, sur l'hypothèse, après le combat d'une vie, qu'elle ne puisse pas y aller ?
Je suppose que c'est douloureux, mais je pense que c'est dans ce moment-là qu'on voit aussi la grandeur de la personnalité politique et de la personne qu'est Marine Le Pen.
Elle n'aura peut-être pas le choix. C'est la justice qui décide, pour le coup. C'est sa décision, mais aussi celle de la justice.
Une justice très politisée, comme on l'a vu, comme les Français l'ont vu. Mais en tout cas, Marine Le Pen est combative. Marine Le Pen a fait appel. Elle croit, évidemment, dans la force de son combat. Elle nous communique son énergie dans toutes les circonstances.
Et vous souhaitez que ce soit elle, vous ?
C'est la candidate naturelle du Rassemblement national. Marine Le Pen l'a dit, et Jordan Bardella l'a dit aussi. C'est la candidate naturelle, bien entendu.
Une dernière question. Est-ce que vous craignez que cela crée des tensions au sein de votre formation politique ? On a vu certains messages de commentateurs, comme on dit, notamment sur la question de la Nouvelle-Calédonie, où il y avait une espèce de recadrage de Marine Le Pen. Est-ce que vous craignez des tensions ? Ou est-ce que vous pensez que ce passage de relais peut se faire en douceur, de manière quasi naturelle ?
Je crois que c'est dans l'adversité que l'on se resserre les coudes. C'était le cas lors de notre meeting de soutien, exprimant notre solidarité avec Marine Le Pen il y a quelques semaines à Paris. Et donc, moi, j'ai toute confiance que ça nous ressoude, que ça nous resserre autour des idées et du combat du Rassemblement national dans l'intérêt de la France et des Français.
Il ne faut pas se laisser aller à des tensions internes, c'est ça qu'on comprend. On va parler des désordres du monde. Une dernière question sur Jordan Bardella. Est-ce que vous pensez qu'à 30 ans, il aura 31 ans en 2027, on est en capacité de faire face à ces enjeux des chefs d'État qui, aujourd'hui, assument la loi du plus fort ?
Ce qui est sûr, c'est que le président de la République actuelle, Emmanuel Macron, n'est pas à la hauteur des enjeux. Pourquoi vous dites ça ? Parce qu'il a été absent, incapable, Emmanuel Macron, de définir un cap géopolitique par rapport aux tensions du monde, par rapport aux dangers du monde. Et Emmanuel Macron a réussi à discréditer la parole de la France. Les amis de la France n'ont plus confiance dans la parole d'Emmanuel Macron. Et Emmanuel Macron a réussi à nous fâcher avec à peu près tout le monde, y compris simultanément l'Algérie et le Maroc.
Alors, on va voir comment vous auriez fait, vous, ce que vous auriez dit, vous, sur les sujets d'actualité. Marine Le Pen a dit hier soir à l'Assemblée nationale, il faut saluer la manière dont le président Trump est intervenu dans cette crise géopolitique. Ce qu'il a choisi, Donald Trump, c'est la manière forte. Ça veut dire que ça, c'est une méthode que vous défendez ?
En réalité, il y a un danger existentiel. L'Iran, la République islamique d'Iran, se dote, veut se doter de l'arme nucléaire. C'est interdit, puisqu'il y a un traité international qui fait interdiction à l'Iran, comme à tous les autres pays signataires, de se doter, donc, de la bombe atomique. Or, nous savons que l'Iran, c'est écrit dans sa constitution, l'Iran, le répète tous les jours, veut anéantir l'État d'Israël.
Et au-delà des menaces pour Israël et pour le Proche-Orient, y compris menaces sur les autres voisins arabes de l'Iran, il y a une menace pour la France, et il y a des associations terroristes, des groupes terroristes que soutient l'Iran, et on imagine le danger pour le monde, pour la paix dans le monde, si l'Iran avait la bombe.
Ces frappes étaient légitimes, dit Emmanuel Macron, mais pas légales. La légalité sur la scène internationale, est-ce qu'aujourd'hui, ça n'est plus un sujet de respecter les règles du droit international ?
Nécessité fait loi face à ce risque existentiel majeur pour Israël, mais aussi pour la paix dans le monde. Et donc je crois que la clarté de ce qu'a exprimé Marine Le Pen hier à l'Assemblée nationale montre que le Rassemblement national a des idées qui sont à la hauteur des enjeux du moment.
Vous êtes à l'aise avec l'ingérence d'un pays, par exemple, d'une puissance comme les Etats-Unis. C'est vrai qu'au RN, très régulièrement, quand on lit vos propos, quand on lit les programmes, on a l'impression que le RN est sur une ligne, donc le RN veut être la voie de la paix, et on a entendu Marine Le Pen expliquer qu'elle était contre le droit d'ingérence dans les affaires des Etats. Là, typiquement, c'est une puissance qui décide de bombarder des installations nucléaires dans notre pays.
Alors, ce que dit le RN aussi, et Marine Le Pen l'a dit également, il ne s'agit pas de faire des frappes, nous ne cautionnons pas l'idée de faire des frappes militaires pour changer le régime en Iran. Il appartient au peuple iranien, qui est un grand peuple, qui a une longue histoire, de pouvoir retrouver les chemins de sa liberté. Moi, je rappellerai quand même que le régime islamique en Iran est un régime qui pend des homosexuels, c'est un régime qui lapide des femmes, c'est un régime d'ailleurs soutenu, qui a la sympathie de LFI, de la France insoumise, donc voilà qui est très étrange.
Ça veut dire que le soutien à Israël n'ira pas jusqu'à vouloir un changement de rédile, ce serait la limite que vous vous fixez au Rassemblement National ?
Ce que nous avons salué, c'est que Donald Trump ait le courage de faire ses frappes militaires, il était le seul, apparemment seul, l'armée américaine avait ce qui permettait d'endommager les sites nucléaires iraniens, mais Jordan Bardella l'a dit, Marine Le Pen l'a dit également, il appartient aux Iraniens, au peuple iranien, de décider de son avis, et notamment s'il veut un changement de régime.
Un mot sur l'OTAN, c'était le sommet de l'OTAN hier à l'AE, sommet évidemment où on attendait la venue de Donald Trump, qui est venu, qui a obtenu le passage à 5% du PIB, des dépenses de défense de la part des 32 pays de l'Alliance. Est-ce que l'URN veut toujours sortir du commandement intégré de l'OTAN ?
Alors, nous l'avons dit, nous sommes plutôt dans une posture gaullienne, le général de Gaulle en 1966 est sorti du commandement intégré de l'OTAN, puis ensuite c'est Nicolas Sarkozy qui a fait revenir après 2007 la France dans le commandement intégré. Ce que nous avons dit également au Rassemblement National, c'est que comme il y a actuellement une guerre en Ukraine, il ne serait pas, si vous voulez, une bonne idée, là en ce moment, de donner l'impression qu'on veut remettre en cause le fonctionnement de l'OTAN.
Donc, la question de la présidence, pour le moment, nous restons, parce que ce ne serait pas le bon moment, alors qu'il y a cette guerre en Ukraine, ce ne serait pas le bon moment de donner l'impression d'une désunion au sein de l'OTAN.
Comment vous vous seriez positionné ? Typiquement, hier, la difficulté de la signature de l'accord final, ça a été de dire, la Russie est une menace, mais l'OTAN, collectivement, n'a pas reconnu l'agression russe vis-à-vis de l'Ukraine. Ce pas de deux sur ce sujet-là, comment est-ce que vous l'arbitrez ?
Alors, le Rassemblement National est très clair. La Russie a agressé militairement l'Ukraine en 2022, et il y a une nécessité de pouvoir, au sein de l'OTAN, nous protéger collectivement contre des menaces qui pourraient venir de nos voisins. Et Jordan Bardella l'a dit, la Russie est une menace multidimensionnelle, y compris pour la France et pour l'Europe.
Est-ce que l'URN croit encore à un désengagement américain ? Et encore une fois, c'est une des hypothèses qui est évoquée par les spécialistes du sujet, ça n'a pas été tranché hier, les États-Unis vont retirer des troupes américaines qui sont actuellement postées sur le territoire européen. Est-ce que c'est une bonne chose que les Américains commencent à se désengager ?
Le Rassemblement National pense que la France et, au sens plus large, les Européens doivent être capables d'assurer leur propre défense.
La France ?
La France a une voie particulière, elle a un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies, elle a l'arme nucléaire, et donc elle a une vocation particulière d'indépendance et d'être capable pour elle-même, mais aussi pour tous ses intérêts vitaux qui sont en Europe, à être indépendante des États-Unis, si un jour, les États-Unis décidaient de ne plus venir au secours des Européens.
Mais en tout cas, la conclusion du sommet de l'OTAN, c'est qu'on a réaffirmé, y compris avec Donald Trump présent, la force de cette solidarité de l'article 5, qui est le cœur de l'Alliance, et qui dit que les Américains iront aider les Européens, et réciproquement, ce qui a d'ailleurs été fait après les attaques du 11 septembre.
Il a dit qu'il y avait différentes façons d'interpréter l'article 5, mais ça fera l'objet d'une autre discussion entre nous. Merci beaucoup d'être venu sur ce plateau. Fabrice Leggeri, je rappelle que vous êtes député européen du Rassemblement National.
Fabrice Leggeri