Incendies historiques : la course contre les flammes
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Questions et réponses
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- 1:00OuverteRéponse directe
Pourquoi les secours ne parviennent-ils pas à éteindre ces incendies dévastateurs?
- 3:00OuverteRéponse directe
Les feux en Gironde sont-ils exceptionnels?
- 5:00OuverteRéponse directe
Comment les pompiers sur le terrain vivent-ils cette situation?
- 7:00OuverteRéponse directe
Ces feux sont-ils des feux monstres?
- 9:00OuverteRéponse directe
Fallait-il s'attendre à ces chiffres historiques?
- 11:00OuverteRéponse directe
Le vent complique-t-il la tâche des pompiers?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00N.BerrodChiffre
« Près de 100 000 ha de forêts sont partis en fumée en France en 2026. »
- 3:00N.BerrodFait
« Les feux en Gironde sont exceptionnels de par leur ampleur, leur rapidité d'expansion, par le nombre d'évacués aussi. »
- 5:00D.AnnotelFait
« Les saisons sont de plus en plus longues. Je ne sais même pas si on est à la moitié de la saison. »
- 7:00D.AnnotelFait
« Ce sont des feux complexes, hors normes. »
- 9:00A.GoutardFait
« On pouvait s'y attendre. Le Giec nous prévient depuis des années. »
- 11:00D.AnnotelFait
« Le vent a beaucoup tourné depuis le début de ces incendies. Cela complique la tâche du commandement de secours. »
- 13:00N.BerrodChiffre
« Le but est de pouvoir déverser d'un coup 20 000 l de produit retardant. »
- 15:00A.GoutardFait
« En 2021, il est venu. En 2022, il y a eu des essais en Espagne. »
- 17:00P.Vilain-CarlottiFait
« Cette situation qui semble exceptionnelle, mais qui était prévisible, va devenir la future norme. »
- 19:00D.AnnotelFait
« A l'heure actuelle, ce n'est pas le cas. Le feu est à 25 ou 30 km. »
- 21:00A.GoutardFait
« Vers la Gironde, c'est une évidence. Ca a été demandé par le ministre de l'Intérieur. »
- 23:00D.AnnotelFait
« Il a été impacté hier. Il a impacté également les moyens de lutte. »
- 25:00D.AnnotelFait
« On a un manque d'effectifs. On a encore énormément de progrès à faire dans ce domaine. »
- 27:00N.BerrodFait
« Le patron de la sécurité civile laissait entendre que cet été devrait marquer les esprits et qu'à la rentrée, plus de choses seraient annoncées pour les étés prochains. »
- 29:00D.AnnotelFait
« Jeter son mégot par la fenêtre de sa voiture, ça représente énormément de départs de feux. »
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Je rappelle le numéro hors-série du "Parisien": "L'enquête Epstein, ... - S.Brakhlia: Bonsoir à tous.
Bienvenue. C'est un triste record historique: près de 100 000 ha de forêts sont partis en fumée en France en 2026. Actuellement, la Gironde, le Var, les Landes, les Pyrénées-Orientales sont toujours en proie aux flammes.
Près de 170 000 personnes évacuées en Gironde et dans les Landes. Des actions préventives pour éviter les risques existent. En Gironde, le feu s'approche de la métropole bordelaise.
Le Premier ministre a ordonné le déploiement d'A400M dès cet après-midi. E.Macron a demandé à l'armée de se mobiliser aussi.
Pourquoi les secours ne parviennent-ils pas à éteindre ces incendies dévastateurs? La canicule la semaine prochaine va-t-elle aggraver la situation? En plateau, pour en parler, N.Berrod.
Bonsoir. Vous êtes chef de service adjoint et spécialiste de santé au "Parisien". Vous êtes l'auteur d'un article sur l'impact sur la santé mentale des personnes évacuées durant ces incendies.
Lieutenant-colonel D.Annotel, bonsoir. Vous êtes pompier.
A.Goutard est là. Vous êtes grande reporter chez France Télévisions.
P.Vilain-Carlotti, bonsoir. Vous êtes docteure en géographie.
Voici votre livre, "L'Epreuve du feu". Bienvenue à tous. L'ampleur de ces feux et leur simultanéité, c'est du jamais-vu en France? - N.Berrod: Du jamais-vu, je ne sais pas.
Il y a eu des feux gigantesques les autres années, mais dans l'histoire moderne, cette année est historique sur le plan des feux de forêt. Les feux en Gironde sont exceptionnels de par leur ampleur, leur rapidité d'expansion, par le nombre d'évacués aussi. Ils sont inclus dans un contexte de sécheresse historique avec un été qui sera probablement le plus chaud jamais mesuré en France avec déjà 2 canicules et une 3e qui arrive.
Les sols sont secs. Les conditions météo étaient propices à ce que la moindre petite étincelle déclenche un feu gigantesque avec des vents qui ont tourné. Ca a largement compliqué l'action des pompiers sur place.
Pour toutes ces raisons, la situation est exceptionnelle. Les feux dont on parle ne sont qu'une partie des feux que l'on a depuis le début de l'été. Tout porte à croire qu'il y en aura malheureusement d'autres. - S.Brakhlia: On n'est que fin juillet.
On est à la moitié de l'été. Que vous disent vos collègues sur le terrain quand ils voient...
Nous, on est déjà impressionnés par ces images folles de ces feux, notamment en Gironde. Les flammes montent au ciel. Sur le terrain, comment ils vivent ça? - D.Annotel: Les saisons sont de plus en plus longues.
Je ne sais même pas si on est à la moitié de la saison. Les collègues sur le terrain sont forcément fatigués de par cette ampleur et par le début de la saison qui s'est fait dès la mi-juin. Ils ne lâchent rien.
Ils ont le couteau entre les dents. Le coeur de l'engagement, c'est la lutte contre les incendies. On a parfois des équipes démobilisées qui ont vocation de taxi.
On le dénonce assez régulièrement. Là, c'est la raison même de leur engagement. Ils iront jusqu'au bout.
On est parfois obligés de les relever de leurs fonctions car il y a des temps de repos à respecter. La motivation est toujours là. Ils vont continuer à se battre jusqu'à l'extinction. - S.Brakhlia: Concernant ces flammes impressionnantes, on a entendu des expressions dans les médias, mais ce sont des feux monstres? - D.Annotel: Ce sont des feux complexes, hors normes.
En 2022, la Gironde a déjà connu 2 foyers majeurs. Là, il y a la proximité avec l'habitat. Il y a un interface forêt/habitat très étroit.
C'est le cas à Biscarrosse. Des maisons ont brûlé. Les pompiers ont fait le nécessaire, mais ils n'ont pas réussi à sauver toutes les maisons.
On a un rapprochement de la métropole bordelaise. Il y a encore de la distance. Les fumées sont déjà très impactantes.
Il y a l'impact sur le quotidien des habitants. On est dans une zone touristique. C'est la double peine.
Il y a ceux qui voulaient venir, ceux qui vont repartir et derrière, il y aura un impact économique. - S.Brakhlia: Des chiffres frappent.
Ils sont historiques. Près de 98 000 ha ont brûlé en 2026 en France. C'est un record.
Il fallait s'y attendre vu les données scientifiques dont on disposait? - A.Goutard: On pouvait s'y attendre.
Le Giec nous prévient depuis des années. Les scientifiques aussi. Madame a écrit un livre.
On le sait tous. Nous, journalistes, on travaille dessus depuis longtemps. On entend les experts nous en parler.
La tragédie dans cette affaire, c'est qu'on le savait. La France est plutôt bien préparée. On ne peut pas dire qu'on n'ait rien fait depuis 2022.
La France met des moyens dans la lutte contre les incendies. Les pompiers sont très bien formés. Leur savoir-faire est reconnu partout en Europe.
On sait gérer les feux. La forêt de Gironde était une forêt bien entretenue. Là aussi, la préfecture l'a dit, elle se préparait à ce type d'incendies.
Elle savait qu'il y avait de forts risques. Le maximum avait été fait. Et pourtant... - S.Brakhlia: Des milliers d'hectares brûlés dans cette forêt de Gironde. - A.Goutard: On est à un moment inédit de notre histoire où malgré le savoir-faire des hommes, la motivation des hommes, nous ne pouvions pas être prêts face à ce drame.
On pourra toujours faire mieux les années prochaines, mais tant qu'on n'aura pas imaginé un plan global et quasi mondial, nous ne serons jamais prêts face à ce dérèglement climatique. - S.Brakhlia: Avant de parler de la prévention, ce qui se passe en ce moment, parlons des soldats du feu qui se battent encore contre ces flammes et de la difficulté de fixer ce feu.
Il est particulier. Il y a la sécheresse, mais aussi le vent. Il n'aide pas.
Il complique la tâche des pompiers. - D.Annotel: Oui.
Le vent a beaucoup tourné depuis le début de ces incendies. Cela complique la tâche du commandement de secours. Il va donner ses objectifs, ses missions.
Quand le vent tourne au bout de 5 heures, ce n'est plus l'axe de propagation qui était initialement envisagé. Vous devez revoir tout votre objectif. Il faut redistribuer les missions à l'ensemble des équipes.
Quand vous avez 2000 pompiers sur les lieux, dont plus d'un millier en action, c'est un temps nécessaire. Derrière, on court toujours après ces incendies d'une virulence et d'une intensité rarement vues. - S.Brakhlia: Le déploiement de l'A400M qui devait plutôt être déployé la semaine prochaine et qui a été, à la demande de Premier ministre, proposé dès aujourd'hui à Lacanau...
Il a fait son 1er largage tout à l'heure. C'était une urgence? - N.Berrod: Le but est de pouvoir déverser d'un coup 20 000 l de produit retardant.
C'est un produit qui peut retarder la propagation et la progression d'un feu. Ca va augmenter largement la température à partir de laquelle les végétaux peuvent s'embraser. Ce produit rouge permet de retarder cela.
Dedans, il y a différents produits avec de l'eau. C'est un produit qui permet de gagner du temps et d'aider les hommes et les moyens humains sur le terrain. C'était le feu "parfait" pour faire un test.
Il a déjà été testé. Mais c'était parfait pour pouvoir tester en conditions réelles cet avion. Ca fait des mois qu'on en parle.
C'est un avion avec du personnel militaire qui n'est pas formé à larguer du retardant, mais plutôt des vivres ou du personnel. Il a fallu les former, leur apprendre la direction des vents. L'avantage, c'est qu'il peut voler la nuit, contrairement aux Dash ou aux canadairs. - S.Brakhlia: On a l'impression que c'est l'avion miracle.
On a l'impression qu'il va nous permettre d'éteindre ce feu en Gironde. Les 1ers essais, c'était en 2022. - A.Goutard: Et même 2021.
En 2021, il est venu. En 2022, il y a eu des essais en Espagne. Ce qui est intéressant, c'est de voir le poids politique.
A un moment donné, le politique rentre en jeu. A l'Elysée, à Matignon, on a dit au ministère des Armées qu'il faudrait être prêts. Il y a eu une formation technique, des essais au préalable.
On leur a demandé d'aller plus fort, plus vite. C'était incompréhensible que sur un incendie comme celui de la Gironde, cet avion ne vienne pas au secours des pompiers au sol. Ca a été une accélération politique avec un poing frappé sur la table pour obtenir un résultat. - S.Brakhlia: Vous attendiez cet avion avec impatience? - D.Annotel: C'est un plus indéniable.
Il contribuera fortement à résoudre une partie de la problématique. Mais ce n'est pas cet avion tout seul qui pourra éteindre le feu en Gironde. Il y aura une problématique de disponibilité.
Il y a 25 appareils de ce type en France. On est sur un kit expérimental. Il faut continuer à développer.
C'est le parfait moment pour le tester. C'est un ensemble d'éléments. Il faut des moyens humains, des engins au sol et des moyens aériens.
Tant qu'on n'aura pas fait grossir l'ensemble de ces équipements, on ne pourra pas gagner cette bataille. Depuis 2022, des choses ont été faites. La Fédération nationale a apporté des choses sur de nombreux sujets mais il faut aller plus loin.
Le dérèglement climatique va plus vite que nous. A la rentrée, quand de nombreux débats auront lieu en vue des élections, il faudra que ces sujets soient posés sur la table une bonne fois pour toute. - S.Brakhlia: Il suffit de regarder cette carte à la disposition de tous les Français où on voit en simultanés tous les feux et les départs de feu qui ont lieu sur le territoire français.
On a de quoi s'inquiéter pour les prochaines années? - P.Vilain-Carlotti: Oui.
A priori, cette situation qui semble exceptionnelle, mais qui était prévisible, va devenir la future norme. Dans le contexte du changement climatique, l'été que nous venons de vivre, les vagues de chaleur qui se multiplient, c'est peut-être l'été le plus frais qu'on va connaître dans les décennies qui arrivent. Cette situation ne sera bientôt pas exceptionnelle.
Ce sera une nouvelle norme. Elle nous fait comprendre que notre gestion du risque d'incendie, qui est une gestion de crise, arrive à bout de souffle. A un moment donné, on ne pourra pas tout résoudre par de l'immédiat, de la lutte et de la gestion à l'instant T.
La préparation des moyens aériens et des personnels, c'est bien, mais il faut passer à l'aménagement des territoires pour éviter les feux de forêt, leur propagation. Il faut vraiment changer cette manière de voir le feu simplement du 15 juin au 15 septembre. - S.Brakhlia: Ce qui se passe aujourd'hui est historique.
C'est une situation inédite à laquelle on assiste. Les multiples feux sur le territoire progressent malgré les efforts sans relâche des secours. Les évacuations s'enchaînent pour éviter le pire.
Déjà 200 000 personnes ont dû être exfiltrées de Gironde, dans les Landes et dans le Var. Récit des dernières 24 heures. - Toute la nuit, ils ont lutté dans l'enfer du brasier.
Les sapeurs-pompiers face à un feu qui ne cesse de progresser et qui se rapproche dangereusement de Bordeaux. Alors, en pleine nuit, ordre d'évacuer a été donné pour cette commune limitrophe, et pour 6 autres, soit 65 000 personnes priées de prendre la route. Comme ici, où les plus vulnérables doivent quitter leur établissement de santé.
Au volant, la fatigue tire les visages. - On est tous très angoissés par la situation. On a quitté la maison en vitesse.
On est avec nos parents dans 2 voitures et on va remonter parce qu'il y a a priori trop de monde sur les routes là-bas. - On manque de canadairs. On a perdu 2 hommes sur la commune de Saint-Médard-en-Jalles, deux pompiers.
Ce sont des situations inadmissibles. - De Lège-Cap-Ferret à Biscarrosse, ce sont 32 000 ha qui ont déjà brûlé en Gironde. Des feux encore loin d'être fixés. - L.Nunez: Avec l'augmentation de l'humidité, le feu a été moins virulent cette nuit que ce que nous craignions.
Pour autant, on reste très attentifs à cette situation. A partir de 16h, on aurait de nouveau un vent qui va se lever. - Des incendies qui s'étendent et des pompiers débordés par les départs de feu. - On n'est pas assez nombreux, mais on fait comme on peut, car c'est la guerre. - La nuit va être longue. - Il n'y a pas de nuit.
On ne dort pas. - Les organismes commencent à faiblir après plusieurs jours de lutte. - Même si on est fatigués, on se donne pour les gens, pour nos copains qui sont tombés mardi. - Pour les appuyer, 500 militaires supplémentaires vont être envoyés en Gironde.
Dans les airs, l'A400M, dont les capacités sont 3 fois supérieures à un canadair, est déployé depuis cet après-midi. Autre défi, l'accueil des habitants et touristes évacués. Au Parc des expositions de Bordeaux, le nombre de personnes accueillies augmente de jour en jour. - Nous avons créé ici les conditions de l'accueil de toutes les personnes qui sont dans une situation difficile et qui doivent quitter leur domicile.
Ce dispositif accueille entre 5000 et 6000 personnes avec des situations très différentes que nous devons gérer. - Depuis le début de l'année, 98 000 ha ont brûlé en France. Record historique.
Des feux dont certains s'installent dans la durée. Dans le Var, le feu brûle depuis 5 jours et toujours pas de répit. 3500 ha engloutis.
Les flammes ont menacé plusieurs communes dont Cautignac. - On a eu très peur. Quand on a eu ces alertes hier, tous les téléphones sonnaient.
On a commencé à avoir très peur. Tout le monde nous disait de partir parce que ça commençait à prendre au-dessus de chez nous. - En France, 32 incendies sont toujours actifs.
Le Premier ministre a convoqué une nouvelle cellule interministérielle de crise en fin d'après-midi. - S.Brakhlia: Hier, L.Nunez a assuré que les autorités allaient articuler le dispositif pour combattre le feu de manière terrestre.
Ca veut dire que le largage d'eau n'est pas suffisant, pas assez efficace? - D.Annotel: Non.
Quand on veut éteindre un feu de cette ampleur, il faut utiliser l'ensemble des moyens. Il y a les moyens aériens pour limiter les flammes. Ca va faire baisser l'intensité du foyer.
Vous ne pourrez jamais échapper à la lutte terrestre, à l'extinction terrestre. Il y a des souches à travailler, le terrain à noyer. C'est pour ça qu'on arrive sur des dispositifs dimensionnés avec énormément d'effectifs présents.
L'autre problématique, c'est la défense des points sensibles, des habitations, notamment. C'est pour ça que de nombreux renforts sont descendus avec des véhicules, des engins de lutte contre l'incendie urbain. - S.Brakhlia: On en est à combien d'hommes sur place?
On avait 1000 hommes en Gironde. Il y a des feux aussi dans le Var. Est-ce qu'on a assez de soldats du feu pour faire face? - D.Annotel: On en a assez à l'instant T, mais l'important, ce sera au moment des relèves.
On a 80 % de pompiers volontaires. On aura une problématique par rapport aux employeurs. C'est dans le temps que ça va se complexifier.
On a une 4e vague de canicule qui arrive. Les pompiers qui sont dans les camions sont les mêmes qui montent dans les ambulances. - S.Brakhlia: E.Macron a demandé de l'aide à l'armée pour cette raison? - N.Berrod: Oui, à l'armée et à nos amis européens.
Il y a des soldats et une dizaine d'avions au total qui sont en train d'arriver depuis différents pays européens comme la Suisse ou la Croatie. On a 1500 militaires qui vont arriver ce soir. Ils vont plutôt être là pour aider la partie évacuation et la partie gestion, la surveillance du bâti, des résidences et la partie logistique.
C'est impressionnant, 200 000 évacués. On peut aussi saluer toute l'organisation sur place et tout le travail fait par les pompiers, les secouristes, les bénévoles, les élus, la sécurité civile, qui ont permis de n'avoir aucune victime, aucun décès. 140 maisons ont brûlé.
C'est dramatique. Ca peut avoir des effets traumatisants pour les personnes évacuées, mais il n'y a aucune victime. Le renfort de l'armée... - D.Annotel: Hors sapeurs-pompiers. - N.Berrod: J'ai dit aucun décès.
Mais il y a beaucoup de blessés et une cinquantaine de pompiers blessés. Beaucoup d'impact sur les habitants mais aucune victime mortelle. - S.Brakhlia: 170 000 évacuations en Gironde.
Comment on fait pour éviter la panique? - A.Goutard: Il y a l'importance d'avoir le recours de l'armée.
L'armée, ça va être son boulot, de participer aux évacuations. Plusieurs centaines de gendarmes y participent. Et les militaires hors gendarmes vont continuer à participer à ça.
On discutait avec des gendarmes sur place. Ils disaient qu'une évacuation, ça ne se fait pas comme ça. Il faut beaucoup discuter, convaincre, aider les enfants à monter dans les camions.
Ca prend du temps. Vous vous retrouvez dans des situations terribles où il n'y a pas que des pavillons. Il y a aussi des fermes à évacuer, des Ehpad.
Le plan blanc a été lancé. Vous avez des gens très fragiles qu'il faut évacuer, d'où l'intérêt d'avoir l'armée. On a l'équivalent de 3 fois Paris qui a brûlé.
Le ministre de l'Intérieur disait qu'une opération d'évacuation comme celle menée grâce aux pompiers et à l'armée aujourd'hui, c'est une opération totalement inédite. - D.Annotel: La personne qui dit dans le reportage: "On était apeurés par le déclenchement des FR alerts", il y a des gens qui ne comprennent pas et qui sont en panique quand le téléphone sonne.
Il faut préparer ses affaires, anticiper les choses pour pouvoir, le moment venu, quand les gendarmes tapent à la porte,...
Il faut préparer des vêtements, des jeux pour les enfants, une radio avec des piles, une lampe torche, une couverture de survie...
Ca va vous permettre de tenir durant les 1res heures. Vous serez en petite autonomie durant les 1res heures de l'évacuation. - D.Annotel: Quand on est à proximité de l'incendie, on va sur le site des pompiers, on regarde ce qu'il y a dans le kit et on le compose par soi-même.
On a la plupart des éléments. - S.Brakhlia: Il faut parler du traumatisme que ça représente de quitter son domicile dans l'urgence, parfois en pleine nuit parce que le feu est à vos portes. - N.Berrod: Ca génère beaucoup d'angoisse, de stress, de peur, de panique à l'instant T.
Dans le dispositif sanitaire mis en place depuis jeudi, il y a les cellules d'urgence médicopsychologique, avec une cellule d'écoute et du personnel sur le terrain. Dans la salle qu'on a vue, il y a sans doute des responsables qui sont là pour aider les gens. C'est l'impact psy à l'instant T.
Surtout, il y aura, dans les mois qui viennent, un traumatisme après coup, un syndrome de stress post-traumatique. Les feux de forêt ont un véritable impact sur la santé mentale. Il y a 4 ans, il y a eu des feux en Gironde. 1/4 des habitants de Gironde interrogés, qui ont été plus ou moins exposés à ces feux, ont eu des signes de stress post-traumatique plusieurs années après.
Ca peut être de l'irritabilité, le sentiment de revivre les mêmes scènes, des troubles du sommeil...
L'impact sur la santé mentale est majeur, mais pas tout de suite. Il va aussi être majeur à long terme. Un mot sur les effets sur la santé physique.
Il y a l'effet des fumées. Il y a le monoxyde de carbone, les particules fines. - S.Brakhlia: Il y a la fumée au-dessus de l'incendie, mais le nuage de fumée est si énorme qu'une odeur de brûlé est ressentie dans la Creuse, dans l'Aude et en Corrèze. - N.Berrod: Ce matin, en région Occitanie, le seuil d'alerte était en voie d'être dépassé.
Le panache irrite les yeux, la gorge, les poumons. Les personnes qui ont des maladies chroniques comme de l'asthme, c'est compliqué pour elles. Ca peut entraîner des hospitalisations, des décès dans les jours qui viennent.
L'impact est très important. Les pompiers sont les plus exposés. Mais l'impact est aussi important pour les habitants de Bordeaux. - S.Brakhlia: Ils sont juste à côté. - N.Berrod: Il y a eu 3600 appels au Samu de Bordeaux hier contre 2500 habituellement l'été. - S.Brakhlia: 1,5 million de masques FFP2 ont été envoyés sur place.
Est-ce suffisant? Est-ce qu'on va manquer de masques? - N.Berrod: Suffisant, je ne sais pas, mais c'est déjà bien et nécessaire pour les populations et les pompiers.
A l'échelle du territoire concerné par ces fumées, il n'y aura pas assez de masques pour tout le monde. Ce n'est pas que la métropole de Bordeaux qui est concernée. - S.Brakhlia: 140 bâtiments ont été touchés.
Il risque d'y avoir d'autres dégâts matériels. Ca pose la question de la construction des habitations à proximité des forêts. - P.Vilain-Carlotti: Tout à fait.
Le risque d'incendie de forêt, c'est un impensé de l'organisme ...
De l'urbanisme. Ca fait des décennies qu'on dit qu'il faut renforcer la planification sur le risque d'incendie de forêt et ça n'a toujours pas été intégré aux politiques publiques d'aménagement du territoire. Le risque d'inondation est très bien intégré.
On a plus de 11 000 plans de prévention des risques. Il va falloir se saisir des outils qui existent actuellement. On n'a pas un manque d'outils.
On a un manque de mise en oeuvre des outils. Ca vaut pour les obligations légales de débroussaillement. Cette réglementation est mise en oeuvre à hauteur de 30 % en France. - S.Brakhlia: Il y a vraiment des efforts à faire. - P.Vilain-Carlotti: Oui, pour améliorer tout ce qui va permettre la mise en sécurité des territoires. - S.Brakhlia: Se pose le cas de Bordeaux, la crainte que la ville de Bordeaux soit touchée par les incendies.
Je demande au professionnel devant moi si la ville de Bordeaux risque d'être touchée par cet incendie en Gironde. - D.Annotel: A l'heure actuelle, ce n'est pas le cas.
Le feu est à 25 ou 30 km. On en est encore loin. Il y a malheureusement d'autres villes ou villages avant Bordeaux.
L'objectif est de les défendre. Comme l'a dit madame, le meilleur des moyens à l'heure actuelle est la prévention. On ne peut pas imaginer engager des sapeurs-pompiers pour défendre une maison qui n'a pas respecté les obligations légales de débroussaillement.
On a perdu des pompiers à cause d'un feu qui n'aurait jamais dû avoir lieu. Des personnes continuent à jeter des mégots par les fenêtres des voitures et à avoir des comportements non adaptés. L'aménagement du territoire sera la clé pour limiter les incendies. - S.Brakhlia: Ce week-end est particulier, c'est un week-end de départs en vacances.
Faut-il s'attendre à des perturbations du côté des transports? La SNCF a demandé aux voyageurs de limiter les trajets vers la Gironde. - A.Goutard: Vers la Gironde, c'est une évidence.
Ca a été demandé par le ministre de l'Intérieur. Quand il y a eu l'incendie dans la forêt de Fontainebleau, il y a eu des perturbations ferroviaires. Toute la vie des cités et du pays est perturbée, même quand on habite à des centaines de kilomètres des lieux d'incendie.
Le Tour de France est modifié dans les Yvelines parce que les policiers et les pompiers ne peuvent pas être au four et au moulin, être sur le Tour de France et en même temps en Gironde. Du coup, ça crée des perturbations pour les gens qui partent en vacances. Les trains répondent à des horaires particuliers, à des plannings particuliers.
Un tempo se déroule sur tous les territoires. S'il y a une perturbation à un endroit, c'est perturbé partout, malgré les efforts de la SNCF. Nos vies vont être perturbées par ces incidents majeurs, et ce n'est que le début. - S.Brakhlia: On parlait de cette fumée noire qui noyait le département.
Y a-t-il un risque pour l'aéroport de Bordeaux? - D.Annotel: Il a été impacté hier.
Il a impacté également les moyens de lutte. Pendant plusieurs heures, les avions Air Tractor n'ont pas pu décoller. Il y a eu une gêne. - S.Brakhlia: 2 pompiers ont perdu la vie cette semaine alors qu'ils intervenaient sur un incendie mardi près de l'aéroport de Bordeaux.
Ils ont été piégés dans leur camion. Ces derniers jours, les blessés s'accumulent. Les syndicats dénoncent un manque d'effectifs et alertent sur l'état de fatigue des troupes.
Vous confirmez? - D.Annotel: Oui.
On a un manque d'effectifs. On a encore énormément de progrès à faire dans ce domaine. Il faut renforcer les rangs des sapeurs-pompiers professionnels.
Il faut compléter les moyens. Il y a eu des efforts faits depuis 2022. Il y a eu des avions supplémentaires.
L'Etat a financé une partie des véhicules. Il y a eu des compléments au sein des services départementaux. Mais il faut aller plus vite, plus loin pour gagner cette bataille.
A l'heure actuelle, on est trop loin de l'objectif. - S.Brakhlia: Les autorités ont pris conscience de cette urgence? - N.Berrod: Le patron de la sécurité civile laissait entendre que cet été devrait marquer les esprits et qu'à la rentrée, plus de choses seraient annoncées pour les étés prochains.
Le scénario que je trouve inquiétant pour l'avenir, c'est que là, on a ces feux hors normes en Gironde et dans les Landes, avec énormément de pompiers. On a un feu qui n'est toujours pas éteint dans le Var, même si on espère que d'éventuels orages ce soir aideront les pompiers. On a eu un feu hier soir dans les Alpes.
A l'avenir, on pourrait avoir un été avec des feux massifs en Gironde, dans les Landes, dans le Var, dans les Pyrénées-Orientales, dans le centre de la France, en Bretagne, dans les Vosges, en simultané. Là, la question des moyens se posera encore plus. - D.Annotel: Un très bon travail a été porté par la sécurité civile durant un an et demi.
Le rapport a été rendu en septembre 2025. A l'heure actuelle, il ne s'est traduit en rien sur le plan administratif et réglementaire. A l'intérieur, il y a une vraie boîte à outils.
Il faut absolument qu'en septembre, au-delà des moyens, toute l'organisation...
On doit avoir beaucoup plus de relations entre chacun. Plusieurs ministères sont concernés. Ce débat doit être central.
La lutte contre les feux de forêt doit être centrale. - S.Brakhlia: Le manque de moyens impacte directement les sapeurs-pompiers.
Vous parliez des rotations. 1000 sapeurs-pompiers sont en Gironde. - D.Annotel: Cela fait 2 ou 3 jours.
Il y en a 1000 dans le Var, 400 dans les Landes. - S.Brakhlia: Ils sont mobilisés jour et nuit. - D.Annotel: Oui, avec des périodes de repos, mais ce sont les mêmes, qu'ils viennent de la Sarthe ou du Rhin, qui vont monter dans les ambulances.
On va arriver potentiellement à une rupture capacitaire. Ce sont les mêmes effectifs, globalement. Ils ont le droit de prendre des jours de congé.
On est face potentiellement à un mur si l'actualité perdure sur ce rythme. - A.Goutard: Tous les pompiers ne sont pas formés au feu. - D.Annotel: 90 000 pompiers sont formés, sur les 250 000. - A.Goutard: Quand on parle de 250 000 pompiers, ce ne sont pas 250 000 pompiers aptes à aller se battre contre le feu.
Vous avez évoqué la sécurité civile et les moyens. La sécurité civile a vu son budget être amputé de 50 millions d'euros en 2023 et 2024. - S.Brakhlia: Ca fait beaucoup. - A.Goutard: C'est ce qui a empêché l'achat de nouveaux canadairs. - D.Annotel: Le coeur de notre problématique porte vraiment sur les services de secours. - S.Brakhlia: En cette période compliquée pour les sapeurs-pompiers, vous faisiez référence à nos voisins de l'UE qui nous viennent en aide.
Pourtant, d'autres pays sont en proie aux flammes comme l'Ecosse, l'Italie, l'Espagne ou l'Irlande. Comment s'organise l'aide aérienne? - N.Berrod: Les moyens que l'on reçoit ne viennent pas d'Espagne.
Je parlais de la concomitance de gros feux en France. La question des moyens à l'échelle européenne se posera si on a une concomitance de gros feux dans tous les pays d'Europe. Pour l'instant, les conditions météo sont moins propices aux feux car il y a moins de canicules en Europe centrale et en Europe de l'Est, d'où leurs renforts.
Mais à un moment, la rupture capacitaire va se poser à l'échelle européenne. En 2022, on se rappelle des camions de pompiers polonais qui avaient pris l'autoroute. Les camions venaient à la queue leu leu aider les Français sur place. - S.Brakhlia: Comment ça marche?
C'est à la demande de la France? - N.Berrod: Il y a l'activation d'un mécanisme européen.
Parfois, la France envoie ses canadairs en Grèce. - D.Annotel: Les pays répondent à la demande.
En fonction, Bruxelles arbitre. - S.Brakhlia: Si on en est à demander l'aide de nos voisins européens, c'est que sur place, on n'a pas assez de moyens. - D.Annotel: A priori.
Il y a un petit sujet là-dessus. Mais il faut faire preuve d'humilité. On en bénéficie tout comme on envoie des moyens français en Europe et tout comme, en début de saison, on avait d'ores et déjà des troupes étrangères, des Roumains, des Slovaques déjà présents dans le sud de la France.
Ils étaient déjà prépositionnés. - S.Brakhlia: Ces catastrophes nous rappellent combien nos forêts sont fragiles face au réchauffement climatique.
Une équipe a retrouvé Bernard, un sylviculteur dans les Landes. En 2022, il a perdu 30 ha dans un incendie. 4 ans plus tard, il tire les leçons de la catastrophe. - En apnée depuis 3 jours.
Bernard est propriétaire forestier en Gironde. En 2022, il a perdu 1/3 de sa forêt. 30 ha partis en fumée.
Le traumatisme est encore vif. - Ca me donne des frissons. Le feu s'est arrêté à 200 m de notre maison.
On est inactif. On ne sait pas quoi faire. On est dépassé.
Les moyens sont conséquents mais pas suffisants. On subit les choses. C'est très dur. -2022, l'année de la catastrophe.
Plus d'un mois de lutte contre des brasiers ravageurs. 30 000 ha de forêt des Landes calcinés. Nous avions rencontré Bernard juste après l'incendie. - Ils l'ont baptisé "la pieuvre", à un moment donné.
Chaque tentacule qui partait déstabilisait complètement les secours. - Un monstre incontrôlable. Il faudra plus de 5000 pompiers venus même de l'étranger pour en venir à bout.
Cette semaine, l'incendie semble encore plus violent. Il a déjà ravagé une plus grande surface qu'en 2022 en seulement 3 jours. Alors, Bernard est sur le qui-vive.
Avec son fourgon chargé en eau, il surveille sa parcelle. - Il va falloir enlever tous ces arbres cassés. Il y a des mortalités qui se produisent.
Il faut les contrôler. Si ça prend de l'extension, il faut les surveiller. - Sur les parcelles brûlées, les nouveaux pins renaissent à peine.
Il faudra une quinzaine d'années pour qu'ils soient exploitables. Des leçons ont été tirées de 2022. D'autres essences sont plantées pour servir de pare-feu. - Un feuillu ne dégaze pas comme un résineux.
Il n'a pas la capacité de brûler comme un pin maritime. Tout le long de cette parcelle, dans des années, vous verrez des arbres qui vont grandir à côté du pin maritime. - En 4 ans, des efforts considérables ont été faits.
Ces larges tranchées quadrillent désormais les forêts de Gironde et vont encore se multiplier chez Bernard. - Ces aménagements qui vont être faits, ces allées vides qui seront faites dans la parcelle permettront, dans un 1er temps, de favoriser l'entretien régulier de la parcelle. Cela permettra aux machines de prélever les bois gênants ou trop près les uns des autres.
Au fil du temps, ça permettra aux pompiers de passer pour aller au contact du feu sans obstacle s'il y a un incendie. - Elu de sa commune, Bernard s'inquiète aussi pour les réserves en eau. En pleine forêt, pas de réseau de bouches à incendie comme en ville.
Ces citernes sont dédiées aux pompiers. - On est sur un quartier isolé de la ville. La protection incendie n'est pas la même que sur le réseau incendie au coeur de la ville.
Partout où c'est nécessaire, il faut les normaliser quand il y a des besoins en eau. Les pompiers nous imposent une présence d'eau automatique. - Pour Bernard, des efforts restent à produire, comme le débroussaillage obligatoire des jardins, pas suffisamment respecté selon lui, et les moyens aériens des pompiers, toujours insuffisants. - P.Vilain-Carlotti: Ca se passe dans des monocultures de résineux où il n'y a qu'une seule espèce.
Le pin fournit un combustible homogène sur une grande continuité, qui permet d'avoir 32 000 ha brûlés. - S.Brakhlia: Il a recréé des allumettes dans sa forêt? - P.Vilain-Carlotti: Oui.
Le pin est une torche. Entre la résine et le fait que ce soit une essence inflammable, il a planté des allumettes pour de futurs incendies d'ici 15 à 20 ans. - S.Brakhlia: Comment ça marche?
Quand on regarde ce qu'il se passe dans la forêt de Gironde, avec les différents feux en général, on voit que la météo favorise les incendies, la sécheresse et le vent aussi. Il faut rappeler la météo de l'an dernier avec des pluies abondantes. - S.Brakhlia: Ce qui déclenche les incendies, c'est une cause humaine, une négligence, la plupart du temps, car nous n'avons pas pris la mesure de notre responsabilité en matière d'émission des feux de forêt.
On n'a pas adapté nos pratiques. - S.Brakhlia: Qu'est-ce qui favorise les incendies? - P.Vilain-Carlotti: Ces incendies sont un symptôme du réchauffement climatique.
S'ils deviennent de plus en plus fréquents, c'est du fait de l'évolution des conditions climatiques qui nous font vivre des épisodes climatiques intenses, comme en ce moment. Le feu convectif ne se produit que s'il y a du combustible présent pour lui. - S.Brakhlia: Une question d'Isabelle. - A.Goutard: On sait que 80 % des parcelles appartiennent à des propriétaires privés.
Ils ont des obligations. En 2022, 50 départements avaient été touchés par les incendies, ce qui est énorme. On parle de nécessité pour les propriétaires de forêts de s'équiper et d'agir.
Qui aurait imaginé...
Psychologiquement, lorsqu'on a une maison en lisière de Fontainebleau, qui pensait qu'on risquerait de déclencher des incendies? Dans le Jura, dans les Alpes...
Aujourd'hui, on a des incendies dans des zones où la population n'est pas habituée à ce discours de préservation. - S.Brakhlia: Il faut un changement de braquet? - A.Goutard: Oui.
Il faut que les gens réalisent. Les habitants de la région parisienne ont réalisé tout à coup ce qu'il se passait. Ils ont vu des canadairs s'approvisionner dans la Seine.
C'était fou, ces images. Qui aurait dit, 10 ou 5 ans plus tôt, que des canadairs iraient s'approvisionner dans la Seine et qu'on aurait un feu majeur en région parisienne qui aurait pu, si les pompiers n'avaient pas agi comme ils l'ont fait, toucher des zones urbaines extrêmement urbanisées, pleines de population? Ces populations n'ont aucune idée, pour l'instant, des risques encourus. - S.Brakhlia: Faut-il revoir ces cartes qui présentent les forêts à risque, qui risquent d'être incendiées? - N.Berrod: Il y a des cartes que je trouve marquantes, ces massifs qui sont fermés.
Il est probable qu'ils soient fermés en été. On parle beaucoup de la prévention qui est faite. A la base, il y a le déclenchement d'un feu.
C'est très souvent d'origine humaine. Ca peut être accidentel ou criminel. En Gironde, pendant que ce mégafeu se formait, 2 personnes ont été interpellées.
Elles sont poursuivies par la justice car elles ont été prises en flagrant délit de fumer dans une forêt où c'était interdit. Il y a un problème de comportement. Cet été, tout est réuni, entre les canicules à répétition, la sécheresse...
On a vu pour la 1re fois des canadairs en Ile-de-France et l'A400M. Tout est réuni pour que ça marque les consciences. La présidentielle approche.
A chaque fois, les thématiques qui reviennent le plus souvent ne sont pas le climat ou la santé. C'est pour ça que j'ai des doutes. Le changement climatique et la nécessité de s'y adapter ne sont pas au-dessus de la pile.
Je pense qu'entre ça, les citoyens et les pompiers qui vont sûrement se mobiliser à la rentrée, il faut que les politiques comprennent que ça doit devenir un débat de fond, un débat électoral, majeur pour les mois qui viennent. Il ne faut pas qu'on se retrouve comme en novembre, avec des températures de saison où il fait frais, en pensant à autre chose. - S.Brakhlia: La canicule arrive la semaine prochaine.
Lieutenant-colonel, sur les comportements problématiques, pour tous ceux qui nous regardent, il faut rappeler ce qui se passe aujourd'hui et ce que ça provoque. Quels sont les comportements problématiques qui peuvent entraîner un feu de forêt? - D.Annotel: C'est tout ce qui est comportements inadaptés.
On l'a évoqué tout à l'heure. Jeter son mégot par la fenêtre de sa voiture, ça représente énormément de départs de feux. C'est faire des travaux qui provoquent des étincelles à l'extérieur de sa maison, à proximité de la végétation.
C'est faire un barbecue dans un endroit non adapté. On a des dizaines d'exemples. C'est avant tout la prise de conscience des citoyens que le risque est présent partout en France.
C'est aussi la prise de conscience des politiques qui compte. On aura le grand oral en avril 2027. Ces sujets devront être évoqués.
On en doute, mais on fera tout pour que ces sujets soient portés. A travers les candidats, ce sont nos concitoyens qui doivent l'entendre et changer. On a un meilleur comportement sur la prise en compte des évacuations, sur le risque d'inondation.
Mais le risque feux de forêt, pour beaucoup, c'est le sud-est de la France, voire le sud-ouest, mais ça ne dépasse pas Lyon ni Bordeaux. Quand on est en Ile-de-France, dans le Cher ou en Bretagne, on ne se sent pas concerné. Il faut que ça évolue. - S.Brakhlia: Une autre épreuve nous attend: la canicule.
La 4e en 2 mois. Chez nos voisins espagnols, on a appris à faire avec ces chaleurs intenses. De quoi nous inspirer. - Sous un soleil de plomb, la Puerta del Sol n'a jamais aussi bien porté son nom. 39 degrés à 15h.
A Madrid aussi, c'est la canicule. - Moi, je ne suis pas très soleil. Je cherche l'ombre, comme les vampires. - Je suis reconnaissante qu'ils aient installé des ombrières car il y a un peu plus d'air qui circule.
Mais pour supporter toute cette chaleur, il faudrait que les pompiers nous arrosent. - Si les pompiers n'arrosent pas encore les passants, ici, tout est fait pour mieux supporter les chaleurs extrêmes. L'Espagne, souvent citée en exemple, avec ses rues couvertes, ses places végétalisées et son mode de vie adapté. 60 % des entreprises pratiquent ce qu'on appelle "la journée continue". - On commence à travailler plus tôt le matin.
Il y a des entreprises qui commencent à 6h30 ou 7h, et qui ferment vers 14h au plus tard. En été, on ne peut pas travailler avec les 40 degrés qu'il fait. - Et pour se rendre au travail, pas d'inquiétude: le métro est entièrement climatisé depuis 2007. 26 degrés dans la rame.
Loin, très loin, de l'air suffocant du métro parisien. - C'est flagrant. Il y a au moins 10 degrés d'écart.
On ne subit pas la chaleur de la même manière en France et ici. La culture est totalement différente. Les gens apprécient la chaleur d'une façon différente.
En France, on ne sait pas faire. - Ce confort a un prix. Cette année, la communauté de Madrid a dépensé 3 millions d'euros pour entretenir le système de climatisation.
Un coût assumé. Il faut investir pour le futur. - L'alternative que nous proposons aux trajets en voiture repose en grande partie sur des critères de qualité de service et sur le confort que nous pouvons offrir aux voyageurs.
Dans ce cadre, la climatisation est effectivement un élément indispensable. - Préparer l'avenir et continuer à faire tourner l'économie. - Que manque-t-il ici?
Un peu de jambon, de fromage, de la tortilla? - Ce restaurateur n'a pas lésiné sur les moyens. - Toutes les 30 secondes, le système pulvérise de l'eau pour rafraîchir l'atmosphère. - Et ça change la vie, non? - Bien sûr.
Regardez notre terrasse. C'est celle qui accueille le plus de clients car nous sommes toujours préparés. -8000 euros investis pour 3 degrés gagnés sous les parasols. - Il faut s'adapter au marché.
Les gens vont là où ils se sentent bien. On ne peut pas les laisser partir ailleurs. Nous devons mettre en place tous les moyens nécessaires.
Sur nos factures, on dépense près de 20 % de plus que d'habitude, mais ces 20 % sont compensés. Les gens consomment plus parce qu'ils sont à l'aise. - Pour ce couple de retraités, les autres pays devraient davantage s'inspirer du modèle espagnol. - Il faudrait une vraie conscience collective.
Il faut que ça devienne une priorité, dans les programmes de tous les pays du monde. Il faut mettre en place des sanctions et des amendes. On ne peut pas attendre d'en arriver à une situation critique. - Les politiques font généralement des choses dont les résultats sont visibles rapidement pour gagner des voix.
Le climat ne rapporte pas de voix. - L'Espagne forcée de s'adapter. Selon l'ONU, 74 % du territoire espagnol est en danger de désertification. - S.Brakhlia: Cette question de Jean-Luc. - N.Berrod: On est dans une course contre la montre contre le réchauffement climatique.
Il n'est pas question de continuer à perdre du temps. Tout est une question de priorités et de choix politiques. - S.Brakhlia: La question va se poser dès la rentrée avec le prochain budget qui doit être décidé par le gouvernement et les parlementaires. - A.Goutard: Quand on voit la rapidité à laquelle ça avance... 74 % du territoire espagnol va être désertique.
C'est notre futur, y compris dans le nord de la France. La solution serait peut-être d'éviter d'en arriver là. Plutôt que d'essayer de trouver des parades quand on y sera. - S.Brakhlia: Quand on regarde le reportage, on voit quelles sont les parades des Espagnols.
Ils ont un temps d'avance sur nous, sur ces chaleurs intenses. Aménager les horaires de travail, mettre des ombrière dans les rues, la climatisation dans le métro...
Pourquoi on n'a pas réfléchi comme eux à ces réponses faciles? - A.Goutard: Bonne question.
La climatisation est un débat et un enjeu aux élections. Le RN l'a mis comme enjeu de campagne en disant: "La climatisation pour les plus fragiles, notamment." Aujourd'hui, les Ehpad sont équipés en climatisation, comme certaines salles d'hôpitaux.
La France ne s'oriente pas, pour le moment, vers une climatisation massive à l'américaine ou à l'asiatique. - S.Brakhlia: Lors des dernières canicules, on a vu les hôpitaux largement sollicités et des soignants qui travaillaient dans des situations plus que compliquées, sans climatisation.
Au niveau des autorités, on n'a pas pris la mesure de ce changement climatique? - N.Berrod: On n'en a pas pris toute la mesure.
Des choses ont été faites par rapport à la précédente canicule historique de 2003. Notamment cette fameuse pièce rafraîchie dans les Ehpad. Des choses ont été faites.
Cet été nous prouve que toute la mesure n'a pas été prise. Le Haut Conseil pour le climat l'a dit dans un rapport récent: il faut climatiser davantage pour les personnes fragiles, dans les hôpitaux, les écoles et les Ehpad. Pendant la canicule de fin juin, le gouvernement a annoncé commander en urgence des climatiseurs pour les hôpitaux.
Il y en aura un peu plus pour la canicule qui arrive. Mais pourquoi il ne les a pas commandés au printemps pour les avoirs fin juin, pour la canicule? - S.Brakhlia: 4e canicule en 2 mois.
C'est inédit? - P.Vilain-Carlotti: Oui.
Ca va devenir de plus en plus fréquent. Il est urgent de s'adapter et de faire en sorte d'atténuer le changement climatique. Le débat sur la climatisation nous empêche de penser à pourquoi ces épisodes de chaleur sont toujours aussi intenses.
Qu'est-ce qu'on fait en matière d'adaptation, concrètement? La climatisation, on ne le rappellera jamais assez, ça relargue de l'air chaud dans les villes. Ca augmente le niveau de chaleur urbaine qui nous fait gagner 8 degrés à Paris.
On est à 36 ou 40 degrés dans des vagues de chaleur. Les gens n'arrivent plus à dormir. Les gens meurent chez eux.
Il faut quand même se demander si on veut vraiment chauffer encore plus. - S.Brakhlia: Des incendies de forêt se sont déclenchés dans des endroits qu'on n'attendait même pas.
Pour cette prochaine canicule, faut-il s'attendre à ce que des régions voient des pics de chaleur apparaître, alors que ce n'était pas le cas jusqu'à présent? - N.Berrod: A ce stade, pour la 4e canicule, demain, on aura une température de saison.
C'est à souligner. A partir de mardi, ça remonte. La canicule va démarrer surtout mercredi.
Elle va concerner les régions sur un axe allant du sud-est au nord-ouest. Les départements près de la mer du Nord pourraient profiter d'un air océanique. On a déjà eu des températures généralisées au-delà de 35 degrés.
Les 40 degrés vont être atteints plusieurs jours d'affilée. Les territoires du Nord, maintenant, comme la Bretagne, la région parisienne, atteignent les 35, voire les 40 degrés de plus en plus souvent. Ce qui est dangereux avec ces canicules, c'est la durée.
On sait qu'on aura un 1er pic mercredi et jeudi. On est incapable de dire combien de temps elle va durer, si ça va être comme fin juin, avec le scénario du pire qui s'est confirmé, avec des journées consécutives à plus de 40. On ne sait pas si ça va se rafraîchir.
Toutes les régions françaises se réchauffent. Elles sont toutes concernées par ce réchauffement. - S.Brakhlia: Je me tourne vers le lieutenant-colonel.
Tous ces pompiers qui se mobilisent en ce moment dans les incendies vont être aussi appelés pour venir en soutien, au secours des personnes pour la canicule prochaine? - D.Annotel: A un moment, ils vont se reposer 1 ou 2 jours et derrière, ils vont remonter dans les ambulances.
Quand on a un système de santé déjà défaillant le reste de l'année, car le sujet est aussi là...
La climatisation est un problème pour l'été. On est directement impactés, tout comme l'hôpital. On a une articulation qui ne fonctionne plus.
On a un système au bord du gouffre. Ca ne peut pas fonctionner en période de canicule, où vous avez des chambres à protéger. Les couvertures de survie étaient plutôt utilisées pour les victimes de la route que dans les chambres d'hôpital.
Ce n'est pas au moment d'une crise qu'on peut espérer que le système tienne bon et qu'il continue à soigner les personnes, qu'on n'ait pas de files d'attente aux urgences. - S.Brakhlia: On va manquer d'hommes la semaine prochaine? - D.Annotel: Non.
Chacun fera le petit pas de plus. Il y aura les pompiers volontaires, 200 000 hommes et femmes, qui se rendront disponibles. Mais à chaque fois, on se rapproche un peu plus de la rupture.
Il faut redouter le gros événement qui fera que le système se grippera de façon définitive. On a une flotte vieillissante. On peut avoir un enchaînement d'éléments qui fera qu'on sera devant la rupture capacitaire que vous évoquez.
Personne ne le comprendra et ne l'acceptera. Les pompiers ont toujours éteint tous les feux. Ils font le maximum pour sauver des vies.
Il y a une forme d'incompréhension quand on n'y arrive plus. - S.Brakhlia: Dans son dernier baromètre sur l'éco-anxiété, l'Insee rappelle que 4 personnes sur 10 se déclarent très inquiètes des effets du dérèglement climatique.
Ce sont surtout des publics jeunes? - N.Berrod: Oui.
Cette proportion est plus importante chez les jeunes. Elle grimpe année après année car il y a de plus en plus de gens directement confrontés aux feux de forêt dans le nord de la France. Des gens autour de moi, pour la 1re fois, me disent qu'ils sont inquiets pour l'avenir.
Cette part de gens inquiets augmente. Ca ne veut pas dire qu'ils sont démoralisés. On peut aussi avoir envie de faire changer les choses.
Mais il faut qu'on soit tous réunis pour mieux s'adapter, en parallèle de l'atténuation des changements climatiques. - S.Brakhlia: On en vient aux questions des téléspectateurs.
Question de Christian. - D.Annotel: Un feu fixé, c'est qu'il est contenu dans son enveloppe et qu'on commence à pouvoir traiter les lisières, à espérer le maîtriser dans un délai court.
Le développement est contenu. Sauf événement majeur comme une reprise conséquente du vent, on arrivera à passer les différents stades et, à court terme, à l'arrêter. - S.Brakhlia: Question. - P.Vilain-Carlotti: Ce sont des superficies brûlées moins importantes, notamment du fait de la structure de la végétation.
On en revient aux plantations de pins qui font exploser le score. Mais il n'y a pas eu moins d'incendies dans le Sud-Ouest. En tout cas, pas en nombre. - D.Annotel: La culture est différente face aux risques d'incendie.
La population, même si elle fait encore des erreurs et n'a pas toujours les bons comportements, est mieux préparée. On a 90 000 sapeurs-pompiers formés. Il y a plus d'effectifs dans le Sud-Ouest. - S.Brakhlia: On parlait de l'A400M.
Voici une question de Marie. - A.Goutard: Quelle question! - S.Brakhlia: C'est très technique. - A.Goutard: On va de plus en plus aller vers des systèmes D.
Comme vous le disiez, on n'arrive pas à affronter, avec les moyens que nous avons, toutes les crises qui se profilent. On va essayer d'adapter des matériels, comme c'est le cas pour l'avion qui a été adapté en France. On va trouver d'autres solutions, évidemment.
On parle d'adaptation au dérèglement climatique. Le mot "adaptation" a son importance. Pourquoi pas des avions de chasse?
Je ne sais pas si c'est adapté. - D.Annotel: On reparle de la disponibilité de ces avions.
Mais la piste des drones est étudiée. Elle va progresser. Les drones peuvent porter plusieurs dizaines, voire centaines de litres d'eau.
Il y a des pistes à travailler là-dessus. Le marché des drones explose à l'heure actuelle, à des fins militaires et civiles. - S.Brakhlia: Question. - A.Goutard: On en a beaucoup parlé.
On a fait des reportages sur France Télévisions, sur ces animaux. C'est terrible. Une faune et une flore disparaissent.
On a vu ça lors de l'incendie de Fontainebleau. On le voit en Gironde. Les grands cervidés, les animaux peuvent s'enfuir.
Mais vous avez tout un monde de mulots, de souris, de reptiles qui ne peuvent pas fuir les flammes et qui disparaissent. La flore disparaît. On a discuté beaucoup avec des forestiers qui nous ont expliqué à quel point il faudrait des années pour reconstruire ce monde-là.
La nature est incroyable. On a fait des reportages dans des zones qui avaient brûlé en 2022. La nature et les animaux sont revenus, contre toute attente. - S.Brakhlia: Ils reviennent avec la nature qui se régénère.
Question. - D.Annotel: Bien sûr.
Elle l'est, comme en Méditerranée. Il y a juste un traitement derrière des canadairs. Seuls les canadairs ont la capacité d'écoper en mer.
Il y a un traitement pour dessaler l'eau. - S.Brakhlia: Question.
A-t-on des centrales nucléaires à proximité des feux? - D.Annotel: Sur une partie de la Gironde, mais elles ne sont pas impactées.
Au même titre que des dispositions sont prises pour protéger les installations industrielles ou chimiques, le nécessaire serait fait pour protéger les centrales. Il y a peu de forêts autour d'une centrale nucléaire. - A.Goutard: Des plans sont prévus.
Ils sont très efficients. - N.Berrod: Elles sont très impactées par les canicules.
La température de l'eau se réchauffe. Les centrales sont mises à l'arrêt car l'eau ne peut plus les rafraîchir. L'impact sur la production d'électricité peut devenir de plus en plus important. - S.Brakhlia: Question. - D.Annotel: Il y en a eu.
On les appelle des feux tactiques. Ils ont été mis en place. C'est une méthode ancestrale qui fonctionne très bien.
Ce n'est pas toujours utilisable. Il y a une prise en compte du sens du vent et des conditions à l'instant T. Les équipes spécialisées et formées le font très bien, mais on ne peut pas le mettre en oeuvre systématiquement. - S.Brakhlia: Question. - N.Berrod: On peut.
C'est toujours compliqué d'attribuer formellement un épisode au réchauffement climatique mais comme on sait que le réchauffement climatique favorise la propagation des feux avec les conditions climatiques, les 200 000 évacués sont quelque part des évacués climatiques. - S.Brakhlia: Utilisez-vous le terme de "mégafeu" pour la France? - D.Annotel: Non.
On parle de "feu complexe" ou "hors normes". - S.Brakhlia: A quel moment c'est un mégafeu? - D.Annotel: Quand vous avez encore plus d'habitations détruites, encore plus d'impact sur la vie quotidienne.
C'est étape par étape. On est plutôt sur ce vocabulaire pour l'instant. - S.Brakhlia: Question. - A.Goutard: Les gendarmes.
Entre les militaires déployés et les gendarmes, ils servent à la fois à participer aux évacuations mais aussi à sécuriser les logements et les rues pour éviter cette délinquance. - S.Brakhlia: Merci à tous les 4 d'avoir répondu aux questions des téléspectateurs et aux miennes.
A lundi avec plaisir pour un nouveau numéro.