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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 24 mars 2025 19 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseJusticeImmigration & asileSolidarités & famille

Laurent Jacobelli : "Soutien au rabbin Arié Engelberg, victime d’une agression antisémite !" (F3)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04OuverteRéponse directe

    Laurent Jacobelli, bonjour. Vous êtes porte-parole du Rassemblement national et député de Moselle.

  • 0:28FerméeRéponse directe

    Donc pour vous, c'est clair aussi, c'est sur Vladimir Poutine qu'il faut faire pression ?

  • 0:54OuverteRéponse partielle

    Je voudrais vous parler de Volodymyr Zelensky qui sera en France donc dans quelques jours.

  • 1:18RelanceÉludée

    Ok, mais est-ce que ça manque pas de soutien à Volodymyr Zelensky ?

  • 2:25OuverteRéponse directe

    Justement, quand Emmanuel Macron propose un déploiement de militaires français et d'autres nationalités en Ukraine, pour assurer la sécurité dans le pays, une fois la paix revenue. Vous le soutenez là-dessus ?

  • 3:04FerméeRéponse directe

    Donc ça ne peut être que des soldats de l'ONU, c'est ce que vous dites ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32Invité politiqueFait
    « Bien sûr. D'abord parce qu'il est l'agresseur. C'est la Russie, la fédération de Russie qui a envahi l'Ukraine ou une partie de l'Ukraine. »
  • 3:16Invité politiquePromesse
    « Le RN le suit là-dessus à 100% ? Bien sûr, c'était le programme de Marine Le Pen, c'est faire en sorte que les dépenses de défense soient de 3% du PIB. »
  • 3:36Invité politiqueFait
    « Si c'est ça, il ne faut pas le faire. En revanche, donner les moyens à nos armées de reconstituer un stock qui a été perdu depuis les années 90, on a diminué le nombre de chars d'avions par deux, puisqu'on estimait qu'il n'y avait plus de risque de guerre. »
  • 6:32Invité politiqueChiffre
    « D'abord parce qu'aujourd'hui, il n'y a que 39% des plus de 60 ans qui sont en activité. »
  • 7:14Invité politiqueChiffre
    « Et puis je rappelle quand même que 40% de l'aide sociale aux personnes âgées est aujourd'hui donnée à des étrangers en France. 40% pour 8% de la population. »
  • 9:25Invité politiqueChiffre
    « Il y a aujourd'hui 160 000 agressions sexuelles contre des mineurs par an. 160 000 en France. »
  • 9:30Invité politiqueChiffre
    « 6 % des hommes, 14 % des femmes ont dans leur vie été agressées sexuellement lorsqu'ils étaient mineurs. »
  • 11:30Invité politiqueFait
    « Oui, parce que nous, nous avons la conviction que nous sommes innocents dans cette affaire et que Marine Le Pen est innocent. »
  • 11:50Invité politiqueFait
    « Il y a des collaborateurs parlementaires au Parlement européen dont on se dit, dont la justice dit, ils n'ont pas fait le travail pour lequel ils étaient rémunérés. Mais il n'y a pas de détournement d'argent, il n'y a pas d'enrichissement personnel et il n'y a pas d'emploi fictif. »
  • 12:41Invité politiqueFait
    « Elle prévoit que l'exécution provisoire peut avoir lieu en cas de menace à l'ordre public. »
  • 14:25PrésentateurChiffre
    « C'est Gérald Darmanin qui dit ça, il y a 19 000 détenus étrangers en France, 25% de la population carcérale. »
  • 16:16Invité politiqueChiffre
    « Vous savez, 57% des attaques racistes et antireligieuses concernent les Français de confession juive. Ils ne représentent que moins d'un pourcent de la population. »

Temps de parole

  • Laurent Jacobelli66 %
  • Présentateur23 %
  • Auditeur6 %

8,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Laurent Jacobelli, bonjour. Vous êtes porte-parole du Rassemblement national et député de Moselle. On va parler d'abord de l'Ukraine. Toujours pas de cesser le feu, il y a même eu d'ailleurs de nouveaux bombardements la nuit dernière dans la région de Kiev. La proposition américaine d'un arrêt des combats pour 30 jours n'a toujours pas reçu l'agrément de la Russie. Un sommet des pays engagés à assurer la sécurité de l'Ukraine aura lieu jeudi prochain à Paris. Volodymyr Zelensky sera présent. Dès demain, des délégations ukrainiennes et américaines se rencontreront en Arabie Saoudite pour renouveler la proposition de cesser le feu présentée à la Russie.

Donc pour vous, c'est clair aussi, c'est sur Vladimir Poutine qu'il faut faire pression ?

0:32
Laurent Jacobelli

Bien sûr. D'abord parce qu'il est l'agresseur. C'est la Russie, la fédération de Russie qui a envahi l'Ukraine ou une partie de l'Ukraine. Et donc bien évidemment, aujourd'hui, Vladimir Poutine doit lui aussi faire des efforts. On a entendu M. Zelensky vouloir en faire. On a vu le président des États-Unis d'Amérique essayer, parfois maladroitement d'ailleurs, de jouer son rôle dans la construction de la paix. M. Poutine doit maintenant lui aussi participer à cette négociation.

0:54
Présentateur

Je voudrais vous parler de Volodymyr Zelensky qui sera en France donc dans quelques jours. Après l'altercation, dans le bureau de la Maison-Oval à la Maison-Blanche avec Donald Trump, Marine Le Pen avait estimé normal qu'il y ait des frictions entre chefs d'État qui défendent leurs intérêts. On aurait pu imaginer un soutien plus clair à Volodymyr Zelensky.

1:10
Laurent Jacobelli

Il faut citer la séquence dans son entier. Effectivement, lorsqu'il y a des négociations entre chefs d'État, parfois c'est un peu rugueux, parfois même un peu costaudieux.

1:18
Présentateur

Ok, mais est-ce que ça manque pas de soutien à Volodymyr Zelensky ?

1:20
Laurent Jacobelli

En général, c'est à l'abri des caméras. Et c'est ce qu'a dit Marine Le Pen. C'est-à-dire que le fait d'en faire une télé-réalité diplomatique mettait l'Ukraine dans une situation difficile.

1:27
Présentateur

J'entends. Mais comme c'était sur la place, est-ce qu'il ne fallait pas plus soutenir Volodymyr Zelensky ?

1:32
Laurent Jacobelli

Mais je crois que nous avons été clairs depuis le début. Nous avons soutenu l'Ukraine. C'est le pays agressé. Donc c'est une évidence. Vous savez, nous, on est souverainistes. On veut que les pays puissent être indépendants à l'intérieur de leurs frontières. Donc c'est naturel de soutenir l'Ukraine. Maintenant, ce qu'il faut, et c'est ce que demande Marine Le Pen, c'est une conférence internationale sur la paix, sous l'égide de l'ONU, avec évidemment les deux belligérants, l'Ukraine et la Russie, les États-Unis, l'Arabie saoudite, les pays baltes, les pays de l'Est, ceux qui sont concernés, la France bien évidemment, pour sortir de cette guerre.

2:00
Présentateur

Quand vous dites que la France, ce n'est pas l'Europe, la France.

2:02
Laurent Jacobelli

Oui, mais la France, bien sûr, c'est quoi la...

2:03
Présentateur

Mais pas l'Europe, la France.

2:04
Laurent Jacobelli

L'Europe n'a pas d'existence diplomatique. Aujourd'hui, l'Europe, tous les pays de l'Union européenne, les 27, ne sont pas forcément d'accord. Vous savez, moi, je suis un fervent défenseur de cette France gaullienne qui a un rôle à part dans le concert des nations, celle qui permet de discuter avec tout le monde. C'est notre rôle historique. Il faut que nous le retrouvions, plutôt que d'essayer de se dissoudre dans un ensemble européen qui n'est pas entendu dans le monde.

2:25
Présentateur

Justement, quand Emmanuel Macron propose un déploiement de militaires français et d'autres nationalités en Ukraine, pour assurer la sécurité dans le pays, une fois la paix revenue. Vous le soutenez là-dessus ?

2:33
Laurent Jacobelli

Ce besoin d'exister est quand même maintenant un peu gênant au moment où on parle de guerre. Emmanuel Macron, on parle de paix, Emmanuel Macron nous parle de guerre. Pourquoi aller défier Vladimir Poutine ? Nous, la seule façon dont on peut envisager une présence française, c'est dans le cadre des casques bleus. Parce que là, évidemment, les soldats français ne seraient pas labellisés français, mais internationaux, sous l'égide de l'ONU. Là, si ça peut aider à maintenir la paix, à préserver la sécurité de l'Ukraine, bien sûr. Mais envoyer un signe de cobelligérance ou d'agressivité à la Russie, c'est inutile et contre-productif.

3:04
Présentateur

Donc ça ne peut être que des soldats de l'ONU, c'est ce que vous dites ? Absolument. Pour le président de la République, au vu de la situation internationale, il faut relancer l'industrie de la défense. Et lui, il dit qu'il faut multiplier par deux le budget de la défense.

3:14
Laurent Jacobelli

Le RN le suit là-dessus à 100% ? Bien sûr, c'était le programme de Marine Le Pen, c'est faire en sorte que les dépenses de défense soient de 3% du PIB. Mais pour ça, il faut des conditions claires de souveraineté française. Parce qu'on entend des programmes de défense européenne qui feraient que, finalement, les Français paieraient pour que l'Allemagne puisse acheter des F-35, des avions américains. Si c'est ça, il ne faut pas le faire. En revanche, donner les moyens à nos armées de reconstituer un stock qui a été perdu depuis les années 90, on a diminué le nombre de chars d'avions par deux, puisqu'on estimait qu'il n'y avait plus de risque de guerre.

Alors là, il faut le faire et il faut aussi investir dans les femmes et les hommes qui sont la vraie richesse de nos armées.

3:52
Présentateur

Ça veut dire quoi ? Un retour d'un service militaire ?

3:53
Laurent Jacobelli

Non, ça veut dire que, simplement, aujourd'hui, leur traitement, le financement de leur déplacement en France, le fait qu'ils aient une famille à amener avec eux, soit pris en compte une revalorisation salariale.

4:05
Présentateur

Et sur le retour du service militaire ?

4:07
Laurent Jacobelli

Il faut réfléchir, effectivement, à un nouveau service pour lier la jeunesse avec la nation. Militaire ? Pas forcément militaire et évidemment pas militaire, puisqu'on ne pourrait pas, aujourd'hui, accueillir 800 000 jeunes, garçons et filles, dans l'enceinte de nos armées. D'abord, je crois qu'on ne saurait pas quoi en faire et puis on n'aurait pas la place pour les abriter. En revanche, on voit bien qu'aujourd'hui, un certain nombre de jeunes ne réfléchissent pas à la défense, ne se sentent pas partie prenante de l'avenir de la nation. Et ça, il faut imaginer une solution, bien évidemment.

4:31
Présentateur

François Bayrou persiste et signe sur les retraites. Il est impossible, dit-il, de revenir à 62 ans. Les syndicats dénoncent un double langage. Certains ont d'ailleurs décidé de stopper les discussions, quand d'autres espèrent.

4:41
Locuteur non identifié

Je ne crois pas que qui que ce soit qui travaille sur ce sujet puisse prétendre qu'on peut en revenir à la retraite à 62 ans. Et je suis persuadé que les partenaires sociaux, dans leur ensemble, en viendront à une conclusion de cet ordre. Les 62 ans, c'est la question centrale. En disant cela, non seulement le Premier ministre trahit sa parole, mais il trahit des millions de salariés qui se sont mobilisés pour l'abrogation de la réforme des retraites. La CGT a décidé ce soir de quitter ses concertations et d'appeler les salariés à se mobiliser.

5:15
Présentateur

– Laurent Jacobelli, vous êtes d'accord avec les syndicats ? Il fallait claquer la porte ? – Mais c'était chronique d'un échec annoncé, en fait. – Donc vous donnez d'accord aux syndicats qui…

5:22
Laurent Jacobelli

– Ce conclave voulu par M. Béroud était simplement le moyen d'anesthésier le Parti socialiste à l'époque pour qu'il ne vote pas la motion de censure et pour se maintenir en place.

5:32
Présentateur

– Vous n'aviez pas prévu de voter de motion de censure non plus.

5:34
Laurent Jacobelli

– Non mais d'accord, mais si le Parti socialiste l'avait votée, elle aurait pu passer. Là, pour le coup, il les a, j'allais dire, pétrifiés. Est-ce que les socialistes étaient conscients du fait que c'était un attrape-nigo ? Je ne sais pas. En tout cas, ils ont plongé tête la première, probablement parce que c'était une question de survie pour eux. Mais aujourd'hui, clairement, il faut évoquer la question des retraites.

D'abord parce que les Français ne sont pas d'accord avec cette réforme et parce qu'il n'y a aucune raison de dire aux Français, vous allez travailler deux ans de plus tant qu'on n'aura pas à régler deux problèmes, le problème de l'emploi et de la productivité en France et le problème de la natalité.

6:02
Présentateur

– Alors pour être très clair, parce que la position du RN a beaucoup changé ces derniers mois sur les retraites. – Si, si, Marine Le Pen a 60 ans, Jordan Bardella a 62 ans lors de la campagne législative en disant « c'est pas forcément une urgence », c'est quoi la position du RN aujourd'hui ? Retour à 62 ans.

6:16
Laurent Jacobelli

– Vous avez commencé à travailler très tôt, c'est 60 ans, 40 annuités. Et puis progressivement… – Ça, ça reste. – Ça reste, bien sûr. Et progressivement, pour ceux qui ont commencé à travailler tard, qui ont des métiers d'ingénieur, de journaliste, etc., c'est 62 ans, 42 annuités au maximum. Et je vais vous dire pourquoi c'est tout à fait réaliste. D'abord parce qu'aujourd'hui, il n'y a que 39% des plus de 60 ans qui sont en activité. Alors si vous dites que vous décalez l'âge de la retraite de 2 ans, ça veut dire 2 ans de chômage ou 2 ans de RSA supplémentaires. – En tout cas, ce que je note, c'est que les 60 ans avec 40 ans d'annuités, pour ceux qui ont commencé tôt, restent au programme.

– Bien évidemment. L'idée d'une retraite, c'est pas d'avoir des gens qui ont le dos cassé, qui sont dans une santé fragile pour vivre quelques années. L'idée d'une retraite, c'est de profiter. Ces gens ont cotisé toute leur vie, ils méritent de profiter de leur retraite. Et une fois encore, je le dis, si on ne règle pas le problème de l'emploi et de la productivité et de la natalité, tous les 2 ans, vous aurez un ministre, Madame Borne ou quelqu'un qui lui ressemble, qui viendra dire aux Français « Maintenant, il faut travailler encore plus parce qu'il n'y a plus d'argent, ça suffit.

» Et puis je rappelle quand même que 40% de l'aide sociale aux personnes âgées est aujourd'hui donnée à des étrangers en France. 40% pour 8% de la population. Il y a des économies à faire, probablement pas là où le gouvernement cherche.

7:26
Présentateur

– Vous parliez tout à l'heure de la motion de censure qui a été repoussée du fait du conclave sur les retraites. Est-ce que vous êtes prêts, vous aujourd'hui, au RN, à déposer une motion de censure contre François Bayrou ?

7:34
Laurent Jacobelli

– Écoutez, aujourd'hui, là, maintenant, au moment où on se parle, peut-être pas, mais dans les jours ou les semaines qui viennent, pourquoi pas, on a parlé de la retraite. Évidemment, on attend de savoir ce qui va se passer, mais très clairement, il n'y a pas de bons indices. – Ça pourrait être là-dessus que vous déposeriez une motion de censure sur les retraites. – Il y a un frisseau d'indices, les lignes rouges commencent à se rapprocher de l'action du gouvernement. Là-dessus, sur la politique pluriannuelle de l'énergie, je ne vais pas faire trop long, mais grosso modo, on va graver dans le marbre que l'énergie en France sera chère.

Voilà, pour les entreprises qui perdent un élément concurrentiel et pour les particuliers qui vont voir leur niveau de vie baisser à cause de ça. Et puis, l'incapacité à faire une politique migratoire. – Donc, il y a plusieurs sujets.

8:09
Présentateur

Donc, si j'entends bien, vous attendez plutôt le calendrier, le fait que, par exemple, ce soit plutôt vers juin-juillet pour que ça coïncide éventuellement avec une dissolution.

8:16
Laurent Jacobelli

– Mais la dissolution est la seule solution possible.

8:18
Présentateur

– Donc, ça pourrait être là, la motion de censure, à ce moment-là ?

8:20
Laurent Jacobelli

– Pourquoi pas ? Mais aujourd'hui, il n'y a pas de majorité pour faire avancer les grands projets. Or, on a 3 500 milliards de dettes, une insécurité qui explose, une immigration qui explose, un pouvoir d'achat qui baisse, il y a urgence à se lever la force.

8:30
Présentateur

– Je voudrais juste préciser, vous attendez le calendrier pour que ça coïncide avec juin-juillet à peu près ?

8:35
Laurent Jacobelli

– Pas de censure a priori, mais censure lorsqu'il y aura besoin. Et moi, je ne sais pas quand il y aura besoin de faire censure. En revanche, j'utilise une formule, on s'en rapproche puisqu'on s'en éloigne.

8:44
Présentateur

– Le Premier ministre est mis en cause dans le dossier des violences à Notre-Dame de Bétarame. La commission d'enquête parlementaire doit l'auditionner. À ce jour, 180 plaintes ont été déposées.

8:53
Invité

– Bétarame, c'était la terreur. Et personne ne pouvait imaginer que nous étions dans des mains à la fois de prêtres agresseurs. J'ai ici d'ailleurs, sur les 70 dernières années, tous les prêtres, tous ils sont agresseurs. Tous ces prêtres directeurs. Terminé l'omerta, quoi.

9:14
Présentateur

– Laurent Jacobelli, on n'a peu entendu le Rassemblement national sur cette affaire de Notre-Dame de Bétarame. Par exemple, zéro question aux questions au gouvernement. Alors que d'habitude, quand il y a des histoires comme ça, vous y allez. Il y a une gêne ?

9:24
Laurent Jacobelli

– Non, pas du tout. Il y a aujourd'hui 160 000 agressions sexuelles contre des mineurs par an. 160 000 en France. 6 % des hommes, 14 % des femmes ont dans leur vie été agressées sexuellement lorsqu'ils étaient mineurs. Il faut des solutions, il faut beaucoup de sérieux, il ne faut pas en faire…

9:39
Présentateur

– Non, non, mais là on parle de l'enseignement catholique. Il y a une gêne à parler d'enseignement catholique précisément ?

9:43
Laurent Jacobelli

– Non, ni de gêne pour en parler, ni de stigmatisation. Ça arrive malheureusement dans tous les milieux où il y a beaucoup d'enfants. Ça peut arriver dans le sport, ça peut arriver dans d'autres établissements privés non catholiques. Il n'y a pas à stigmatiser une population plus qu'une autre. En revanche, il faut faire en sorte que notre justice réagisse vite, qu'on ait les moyens quand on est mineur de pouvoir signaler sans honte, sans gêne et sans peur quand on a été agressé. Ça demande aussi de la pédagogie. On voit bien qu'on est en retard sur cette question et je pense que c'est ça l'angle d'attaque de la question, que ce soit dans les lycées catholiques ou ailleurs.

– Mais là en l'occurrence ce sont des… – Bien sûr, il faut faire toute la lumière sur ce qui s'est passé à Bétarame. C'est une évidence et on attend beaucoup de cette commission d'enquête.

10:23
Présentateur

– Et Elisabeth Borne parle dans le Parisien aujourd'hui d'un mitou scolaire. Est-ce que vous dites vous aux victimes, comme à l'époque de mitou, il faut parler, la parole doit sidérer et on vous croit ?

10:32
Laurent Jacobelli

– Bien sûr, à priori on doit croire un enfant. Après bien sûr il faut une enquête, il faut prouver les choses, mais on doit écouter, on doit entendre. Il n'y a pas de honte, il n'y a pas de gêne, il n'y a pas de peur des conséquences, pas de peur de la violence. Il faut y aller, il faut le dire, il faut dénoncer ceux qui osent utiliser et abuser de l'innocence de mineurs. C'est un crime terrifiant contre lequel la France doit s'armer.

10:54
Présentateur

– On va accueillir Nathalie Moret, reporter politique à Ebra Presse, qui est avec nous aujourd'hui pour sa carte blanche. Bonjour Nathalie. – Bonjour Francis. – Je vous laisse saluer Laurent Jacobéli.

11:01
Auditeur

– Bonjour Laurent Jacobéli.

11:02
Présentateur

– Et il est encore question de justice.

11:03
Auditeur

– Oui, parce que dans une semaine, la justice rendra sa décision dans l'affaire dite des emplois fictifs du Rassemblement National au Parlement européen. Dans cette histoire, Marine Le Pen risque très gros. 5 ans de prison, non de ferme, 300 000 euros d'amende et une peine d'inégibilité de 5 ans avec exécution provisoire, ce qui veut dire exécution immédiate. Avec un tel réquisitoire, est-ce qu'il y a une chance qu'elle s'en sorte ?

11:30
Laurent Jacobelli

– Oui, parce que nous, nous avons la conviction que nous sommes innocents dans cette affaire et que Marine Le Pen est innocent.

11:35
Auditeur

– Le réquisitoire est extrêmement fort.

11:36
Laurent Jacobelli

– Le réquisitoire est très fort, on peut même dire un peu politique, mais reprenons les faits. – Non, on ne va pas reprendre les faits parce qu'on les a déjà faits. – Ah bah si, parce que je ne voudrais pas que vos téléspectateurs croient quelque chose. – Non, simplement pas. – Non, non, je me permets de terminer ma phrase, sinon ce n'est pas très intéressant. Il y a des collaborateurs parlementaires au Parlement européen dont on se dit, dont la justice dit, ils n'ont pas fait le travail pour lequel ils étaient rémunérés. Mais il n'y a pas de détournement d'argent, il n'y a pas d'enrichissement personnel et il n'y a pas d'emploi fictif.

12:01
Auditeur

– Sauf qu'il va y avoir une décision de prise, une peine de 5 ans avec exécution immédiate, ça veut dire qu'elle ne pourra pas se présenter à la présidentielle. Comment vous, au Rassemblement national, vous vous préparez à cette éventualité ?

12:13
Laurent Jacobelli

– Nous, nous travaillons comme si de rien n'était s'adapté, vous vous étonnez, parce que nous ne pouvons pas imaginer que dans un état démocratique, on empêche la leader de l'opposition d'être candidate à la présidence de la République. On parle d'exécution provisoire, c'est-à-dire avant l'appel, avant que Marine Le Pen ait pu saisir d'autres tribunaux. – Ce qui veut dire que certains imaginent qu'elle ne puisse pas être présidente de la République et puis qu'après on reconnaisse qu'elle était innocente, c'est impossible.

12:36
Auditeur

– Sauf que la loi, c'est la loi et la loi, c'est… – La loi prévoit quoi ? – Est-ce que c'est tabou pour vous ?

12:39
Laurent Jacobelli

– C'est absolument pas tabou, mais vous parlez de la loi. Elle prévoit que l'exécution provisoire peut avoir lieu en cas de menace à l'ordre public. Or, Marine Le Pen n'est plus chef du groupe au Parlement européen. Elle ne peut pas refaire ce qu'elle a fait dans le passé, même si nous, nous estimons que tout cela est tout à fait conforme à la loi. Et donc, le seul trouble à l'ordre public, c'est que le leader de l'opposition ne puisse pas se présenter au président.

13:00
Auditeur

– Au Rassemblement national, vous militez pour que les peines prononcées le soient réellement, qu'elles soient réellement exécutées. C'est même dans votre programme présidentiel. Est-ce qu'il peut y avoir une exception pour Marine Le Pen ?

13:11
Laurent Jacobelli

– Non, mais nous ne voulons pas que les peines soient exécutées pour les innocents, pour les gens qui ne sont pas coupables des faits qu'on lui reproche. Or, Marine Le Pen n'est pas coupable des faits qu'on lui reproche.

13:19
Auditeur

– Ça, c'est le tribunal qui va en décider.

13:21
Laurent Jacobelli

– C'est évidemment le tribunal qui va en décider, mais c'est ce que nous pensons à partir des faits qui nous sont donnés. – Vous savez, le MoDem, des partis de gauche ont eu les mêmes réquisitoires. Un peu moins durs d'ailleurs, j'avoue.

13:31
Auditeur

– Oui, et pas sur les mêmes montants.

13:34
Laurent Jacobelli

– C'est la question.

13:35
Auditeur

– Jean-Luc Mélenchon, la semaine dernière, lui, il estime que quand il y a une éligibilité, il faut absolument faire appel. Il dit que tout le monde doit faire appel. Vous le prenez comment ?

13:44
Laurent Jacobelli

– Mais parce que c'est une lecture de la loi, mais il n'est pas le seul à le dire. Beaucoup de leaders politiques de droite et de gauche le disent. Tout le monde ressent bien qu'il y aurait une injustice au fait d'empêcher Marine Le Pen d'être candidate à la présidence de la République.

13:56
Présentateur

– Si elle était déclarée inégible, est-ce qu'il faudrait faire appel à Emmanuel Macron éventuellement ?

14:00
Laurent Jacobelli

Il a un droit de grâce. – Écoutez, nous verrons bien dans ce cas-là, mais honnêtement, croire que la justice empiète sur le politique à ce point, en tant que républicain et démocrate, je ne peux pas le croire, même si le réquisitoire du procureur laissait quand même sous-entendre qu'il y avait un peu de politique là-dedans.

14:14
Présentateur

– Merci Nathalie. – Merci à vous. – Gérald Darmanin annonce dans le Général du Dimanche qu'il veut que les détenus étrangers, vous restez là Laurent Jacques-Alain ? – Non, pas face à moi, dans les prisons françaises, puissent être expulsés pour purger leur peine dans leur pays. C'est Gérald Darmanin qui dit ça, il y a 19 000 détenus étrangers en France, 25% de la population carcérale. Là, vous applaudissez.

14:31
Laurent Jacobelli

– Oui, mais alors moi je suis un peu surpris, Gérald Darmanin débarque de la planète Mars, parce que ça fait des années qu'on dit que nos prisons sont occupées à 25% par les étrangers. Ça fait des années qu'on dit qu'il faut des accords bilatéraux pour renvoyer les étrangers, purger leur peine dans leur pays. Ça fait des années qu'on demande qu'une fois la peine purgée, ils soient renvoyés dans leur pays d'origine. M. Darmanin finalement ne fait qu'énoncer le programme du Rassemblement National. – Donc vous lui donnez le point ? – Écoutez, là-dessus oui, mais quelles sont les actions concrètes ? – Mais vous lui donnez le point de ce fait ? – Moi je n'oublie pas qui est M. Darmanin.

Je n'oublie pas qu'avec lui, l'explosion de l'immigration a eu lieu lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, que l'explosion de la sécurité a eu lieu. Alors Darmanin qui parle, ce n'est pas Darmanin qui agit, donc on est très méfiants.

15:10
Présentateur

– La semaine prochaine, Jordan Bardella sera à Jérusalem, invité par le gouvernement israélien à participer à la conférence internationale de lutte contre l'antisémitisme. C'est une forme de respectabilité pour le Rassemblement National. Mais est-ce que dans le contexte actuel, où Israël continue de bombarder sur Gaza, au Liban, ça ne risque pas d'apparaître comme un soutien à Benjamin Netanyahou, cette présence de Jordan Bardella à Jérusalem ?

15:30
Laurent Jacobelli

– Ce n'est pas le thème, ce n'est pas le thème de la rencontre. – Ce n'est pas le thème, mais de fait. – Écoutez, vous interprétez comme vous voulez, vous êtes d'accord ? – Écoutez, non, ce sera un risque de mauvaise foi. Le terme il est clair, c'est contre l'antisémitisme. Et vous savez, au lendemain d'une manifestation antisémite à Paris, organisée par la France insoumise, au moment…

15:47
Présentateur

– Alors je vais préciser, manifestation contre le racisme, à l'appel de syndicats, d'organisation… – C'est mon analyse. – Non mais je vais repréciser le fait, et de partis politiques.

15:56
Laurent Jacobelli

– Oui, oui. Lorsqu'on a vu l'affiche directement inspirée des années 30 et de l'iconographie nazie qui servait à la France insoumise pour rameuter les troupes, je crois qu'il n'y a pas de doute. Il y a aujourd'hui effectivement des députés, M. Guiraud, M. Delogu, qui appartiennent à la France insoumise, qui font des références très claires à l'antisémitisme. Oui, il y a un danger en France. Vous savez, 57% des attaques racistes et antireligieuses concernent les Français de confession juive. Ils ne représentent que moins d'un pourcent de la population. Il y a urgence à les protéger. Et nous, on leur dit, on est à votre côté, la France est votre pays.

N'ayez pas peur, nous serons là pour faire bouclier.

16:35
Présentateur

– À ce propos, une actualité qui est de ce matin, mais les effets ont eu lieu hier. Le rabbin d'Orléans qui a été agressé dans les rues de la ville par un jeune homme de 16 ans qui a été arrêté. Le président de la République dit en ce moment qu'il dénonce le poison de l'antisémitisme et promet de passer à l'action. Ce sont des propos bienvenus.

16:52
Laurent Jacobelli

– Bien sûr, bien sûr. Il était temps, le même président de la République qui n'a pas défilé en novembre, il y a maintenant deux ans, après le pogrom terrible du 7 octobre en Israël. Je pense qu'il faut arrêter les petits accommodements quotidiens. Il faut qu'ils disent à ses équipes, d'ailleurs à M. Attal, qu'ils arrêtent d'appeler au deuxième tour à voter pour la France insoumise. Parce que lutter contre l'antisémitisme, ce ne sont pas que des paroles, ce sont des actes. Or, il y a aujourd'hui à l'Assemblée des députés antisémites à la France insoumise qui a repris ce flambeau et qui en fait un argument électoral.

17:23
Présentateur

– Alors, antisémite pour antisémite, lors des dernières élections législatives, il y avait encore des candidats tenant des propos antisémites dans vos rangs. Est-ce qu'aujourd'hui, vous dites, le RN est 0% antisémite, garantie 0% antisémite ?

17:35
Laurent Jacobelli

– Dans son programme, dans ses cadres, c'est très clair. Maintenant, si demain… Vous savez, il y a de l'antisémitisme dans la population, dans tous les bords politiques. On l'a vu à gauche, ça peut être partout. – Donc, y compris chez vous, il peut y en avoir. – Mais si jamais… – Non, mais y compris chez vous, il peut y en avoir. – Vous savez, quelqu'un peut adhérer demain au Rassemblement national, on ne va pas faire une enquête, malheureusement, et il peut s'avérer, sauf que la différence, c'est que nous, on n'en fait pas des députés. Nous, on les exclut. L'antisémitisme, c'est comme ça qu'on réagit.

C'est-à-dire qu'il faut, quand quelqu'un fait preuve, fait montre d'antisémitisme, la réaction en face, elle soit immédiate et très claire. Et nous avons toujours réagi avec Jordan Bardella dans le parti, très rapidement et de manière très claire. J'aurais aimé que la France insoumise fasse à la même chose. – Donc, pour terminer, vous garantissez qu'aujourd'hui, au RN, il n'y aura plus jamais de candidats antisémites ni d'élus. – Nous faisons tout pour dans la commission d'investiture. – Mais ce n'est pas une garantie à 100%.

– Maintenant, vous avez des gens qui sont des dissimulateurs, il y en a partout dans le monde, mais simplement, si on les détecte, à partir du moment où on les détecte, on les vire, on est très clair. En tout cas, nous, on n'en fera pas des députés.

18:32
Présentateur

– Merci Laurent Jacobelli d'avoir accepté notre invitation dans Dimanche en politique. – Merci.