Les masques et la thune #10 | Municipales 2020 : Les élections de la honte
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 8 %Attaque 76 %Défensif 16 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:45OuverteRéponse directe
Quelle est votre analyse des municipales 2020 ?
- 7:21OuverteRéponse directe
Édouard Philippe a-t-il un impact national ?
- 12:56OuverteRéponse partielle
Agnès Buzyn a-t-elle encore de la crédibilité ?
- 16:07OuverteRéponse partielle
Que pensez-vous du vote obligatoire avec comptabilisation du vote blanc ?
- 28:51OuverteRéponse partielle
Quel est l'impact réel des recommandations de la convention citoyenne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:47InvitéFait
« Ce premier tour a été absolument délétère, voire criminel, puisqu'il y a des gens qui en sont morts. »
- 34:37InvitéFait
« c'est un simulacre absolu de démocratie, c'est un foutage de gueule en français »
- 35:17InvitéFait
« le greenwashing c'est je mets un peu de verre voilà je vais par exemple dans une entreprise je vais faire un toit végétalisé hop ça y est j'ai fait du greenwashing »
- 37:29InvitéFait
« toutes les données qui ont été produites notamment les cahiers de doléances qui sont d'une richesse incroyable et bien ignorez-vous qu'elles sont en partie disparues ces données-là »
- 38:26InvitéFait
« bullshit c'était de la merde c'est-à-dire que c'était associé à rien »
- 39:32InvitéFait
« j'en suis désolée c'est mieux les villes où il fait bon vivre c'est mieux les petites maisons où il y a un petit jardin »
- 43:59InvitéFait
« une politique de droite très clairement de droite avec des rideaux de fumée pour dire non je suis écolo non vous voyez je suis de gauche »
- 50:05InvitéFait
« Emmanuel Macron en marche mais il faut quand même le redire c'est quand même parié en termes d'égo enfin c'est délirant »
Temps de parole
- Invité84 %
- Présentateur10 %
≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Les Masques et la Thune, présenté par Camille Chastot. Municipale 2020, les élections de la honte, avec Virginie Martin, Elodie Mielzarek et Caroline Mécari. Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans ce dixième numéro des Masques et la Thune, dixième et dernier de la saison avant une pause estivale. Ce soir, nous avons le plaisir de retrouver Virginie Martin, politologue. Salut Virginie.
Salut Camille, tu vas bien ?
Ça va et toi ?
Ça va, oui.
Caroline Mécari, avocate. Salut Caroline. Toujours au bureau, est-ce que je vois ?
Oui, toujours au bureau, mais bon, ça va, ça va.
Et Elodie Mielzarek, sémiologue. Salut Elodie. Bonsoir. On s'est posé la question de savoir si on faisait la dernière dans les locaux du Média, mais il faut savoir que c'est un cauchemar, le plateau du Média à cette heure. Et d'ailleurs, j'envoie un message fraternel de solidarité à mes collègues techniciens qui font apparaître nos noms et lancent les magnétos. Vous vous hydratez et vous prenez soin de vous. Et vous, comment ça se passe chez vous ? Ce n'est pas trop chaud ? Virginie, à Marseille.
Non, l'air de la mer, l'air de la mer, c'est mieux que son mer.
Parce que je crois qu'en régie, il fait 37. Moi, j'ai réussi à maintenir à 25 et c'est très, très chaud pourtant. Caroline, dans ton bureau, ça va ?
Ça va, ça va. Je suis dans un étage peu élevé, donc j'ai encore de la fraîcheur et puis j'ai une bonne orientation. En revanche, dès que je sors et que je suis au soleil, il fait très, très, très chaud.
Oui, c'est difficile. Elodie, chez toi, ça va ?
Oui, comme je ne suis pas très loin de Caroline, c'est un peu la même impression. Mais je crois que j'ai été encore plus échauffée par certains événements de la semaine. Donc, je ne sais pas si c'est plus chaud dehors ou à l'intérieur.
À l'intérieur de toi, ça bouillonne. Ce soir, on va parler des municipales de la honte, comme on les a appelées. De la honte non pas pour les résultats qu'elles risquent d'apporter dimanche, mais pour une espèce de similaire de démocratie qu'elles nous offrent. Notamment avec le premier tour, on s'en souvient que certains ont qualifié de criminels à deux jours du confinement. Je vous propose de faire un petit point avec un magnéto et on en parle tout de suite après.
Convoquer 47,5 millions d'électeurs. La réponse est non, bien sûr. Pour une simple et bonne raison qui n'est pas sanitaire, mais politique. La psychose ambiante a altéré la sincérité du scrutin. À preuve, l'abstention record pour ce type de consultation. 56% contre 36,45% en 2014. Selon un sondage Ipsos pour France Télévisions, 39% des abstentionnistes ne se sont pas rendus aux urnes par crainte d'être contaminés.
Le 27 mai prochain, nous présenterons au président de la République un décret qui appellera les électeurs à se rendre aux urnes pour le second tour des élections municipales le 28 juin prochain.
Pardon Madame Dati, je vous interromps.
Vous avez encore une minute chacune.
Une minute chacune, mesdames. Mesdames, s'il vous plaît. Vous avez encore une minute, Madame Dati. Madame Dati.
Madame Dati, encore une minute pour conclure. Encore une minute pour conclure chacune. Madame Dati. C'est terminé. Encore une minute chacune.
À Marseille, nous avons découvert que lors du premier tour des élections municipales, des électeurs ont voté par procuration à la place des résidents d'un EHPAD qui ne les connaissait pas. Les familles des personnes âgées, pour certaines malades d'Alzheimer, sont sidérées.
Le pourcent du corps électoral appelait à voter, une durée de campagne du second tour allongée pour respecter les mesures sanitaires liées à la pandémie. Virginie, quel regard tu poses sur ces élections, toi ?
Ça dépend de quoi on parle, où on les met en contexte de coronavirus, ou bien on ne les met pas en contexte de coronavirus. Si on les met en contexte de coronavirus, forcément, ce premier tour a été absolument délétère, voire criminel, puisqu'il y a des gens qui en sont morts, il faut quand même se le rappeler. Politiquement, évidemment, c'est très compliqué, avec des taux d'abstention absolument colossaux. L'abstentionnisme, évidemment, c'est le grand gagnant à chaque fois des élections, mais là, c'est devenu carrément caricatural.
Et un deuxième tour très compliqué, puisque détaché, évidemment, du premier, donc une campagne altérée, cassée, fragmentée, découpée, c'est quand même très compliqué. Bon, ça, c'est le contexte. Maintenant, politiquement, c'est intéressant, parce que vraiment, on voit des poussées. On voit des poussées et on voit déjà poindre un peu des enseignements. Notamment, on voit à quel point la République en marche. Évidemment, on le savait, a du mal quand même avec son implantation territoriale, qui n'est pas terrible. Donc, un jour, elle va faire des alliances avec la gauche, un jour avec la droite.
Bon, elle en fait beaucoup plus à droite qu'à gauche, puisqu'elle en a fait à peu près 80 à droite, d'alliance avec les Républicains, versus une trentaine avec la gauche. Donc, on voit bien qu'en même temps, et plutôt en même temps, deux droites, si je puis dire. Donc, voilà, on voit à quel point la République en marche ne peut pas se défaire des partis traditionnels qu'elle a siphonnés, certes, mais quand même, elle vient encore, finalement, puiser dans leur force locale, parce que ces partis traditionnels ont de grandes forces locales encore. On voit peut-être aussi la question du Rassemblement national, qui est importante, on pourra y revenir.
C'est un peu, pour le faire à grands traits, c'est un peu un plafond de verre, qu'on commence à constater au niveau du Front national, manque de leaders, des implantations qui, parfois, sont très fortes, comme à Fréjus ou dans les Hauts-de-France, en général. Et puis, mais il y a quand même, bon, même s'il y a la question de Perpignan, dont on pouvait parler, avec Aliot, avec Louis Aliot, mais on voit que ça manque de casting, donc il y a une sorte de… Enfin, voilà, tous les thèmes du Front national sont très présents dans la sphère médiatique, ça, c'est certain, mais après, est-ce qu'ils se transforment toujours bien ? Non, on ne vote pas forcément.
Et puis, il y a, voilà, ce qui peut-être nous intéresse au premier chef ici, cette sorte de gauche multicolore, cette gauche arc-en-ciel, parce que c'est bien de ça dont il s'agit, donc rose d'un côté, très verte, et aussi rouge, évidemment, des limets sur toutes les couleurs, parce que tout ça, évidemment, a corrigé des variables saisonnières, mais cette gauche, alors ce qui est remarquable, c'est qu'à un moment donné, elle a été beaucoup boostée, à l'époque de Jospin, par l'EPS, aujourd'hui, elle est beaucoup plus boostée par les écolos.
La France insoumise aussi est partie prenante de cette affaire, et là, on voit vraiment des dynamiques qui se mettent en route autour de la question écologique, et on pourrait se demander, et je terminerai mon grand tunnel là-dessus, que peut-être aussi, on voit, face au duel supposé Le Pen-Macron, est-ce que les écologistes, mais lesquels, lesquels, lesquels, ça, c'est la grande question, pourraient venir perturber peut-être les présidentielles aussi, en 2022, pourquoi pas ? Beaucoup cherchent une troisième voie, entre Le Pen-Macron, Macron-Le Pen, des gens cherchent une troisième voie, est-ce que les écolos seront cette troisième voie ? Point interrogation.
Et par rapport à Édouard Philippe, est-ce que vous pensez que le scrutin de dimanche, O.A. va avoir un impact national ? Caroline, est-ce que tu as en avis ?
Il a nécessairement un impact national, tout simplement parce que d'une part, Édouard Philippe, c'est quand même le Premier ministre, dont on ne sait pas s'il va rester, pas rester, et donc c'est vraiment un enjeu extrêmement important pour Macron d'obtenir ou d'arriver à avoir, comment dire, Édouard Philippe qui gagne.
Alors là, je dois dire que le fait que le représentant du Parti communiste n'ait pas réussi à trouver un accord avec les écologistes, alors qu'il y a un accord avec le PS et avec la France insoumise au Havre, fait qu'aujourd'hui, dans les sondages, Édouard Philippe, il est donné à 53 et l'opposition emmenée par le communiste à 47 et ça, c'est vraiment, enfin, je trouve que c'est vraiment une occasion manquée et pour le coup, c'est, enfin, je ne sais pas, on ne connaît pas exactement les raisons du désaccord, mais ça montre la faiblesse de, comment dire, de la gauche aujourd'hui.
Certes, il commence un peu à se rassembler dans cette art-fondière qui va du rose, rouge, vert et France insoumise, mais vraiment, ce qui est terrible, en fait, dans des élections municipales, c'est que finalement, elles peuvent être à la fois découplées de l'enjeu national, et ça, c'est très vrai, et que les citoyens votent pour le maire dont ils sont le plus satisfaits ou qui a le plus répondu à leurs demandes. Donc, il y a toujours un côté un peu clientéliste, et ça, c'est vraiment dommage, parce qu'évidemment que nombre de Havreys pensent que si leur maire est Édouard Philippe, ils arriveront à obtenir toute une série d'avantages.
C'est ça, en fait, l'enjeu, c'est ça qui est problématique. Et puis, l'autre problème, évidemment, c'est s'il demeure Premier ministre. Je ne vois pas très bien comment on peut rester Premier ministre et être en même temps. Donc, je sais bien qu'il ne sera pas là en tant que tel, mais il ne faut pas oublier qu'Édouard Philippe, il a utilisé les moyens qui lui sont accordés par son poste de Premier ministre pour venir faire campagne au Havre. Et on se souvient tous des images où il est venu en meeting durant le week-end avec pléthore de cartes de CRS. Donc, il y a des moyens qui lui sont donnés que les autres n'ont pas. Mais ça aura une répercussion, de toute façon, au niveau national.
Ça, c'est sûr. Et aussi, Caroline, par rapport à ce que tu viens de dire, je trouve aussi que le contexte du coronavirus a été aussi favorable aux maires déjà en place, en fait. Ça, c'est sûr. Mais maintenant, si je veux rebondir sur la question même des élections municipales, moi, je considère qu'on a un vrai problème. D'abord, on a un problème, entre guillemets, de constitutionnalité, parce qu'il n'y a pas d'unicité de la campagne municipale entre le premier tour, le 16 mars, et le deuxième tour qui va intervenir le 28 mars, trois mois, c'est considérablement long.
Trois mois qui, en plus, ont été totalement, j'allais dire, happés par la pandémie que nous avons traversée, par l'état d'urgence dans lequel nous nous sommes retrouvés. Donc, on a un problème véritablement de cohérence des différentes campagnes municipales où, le 16 mars, le maire n'a pas été élu. Et donc, en fait, on va avoir des résultats qui, en plus, vont être impactés par l'abstentionnisme, qui va être très important. Enfin, moi, je pense qu'il va être très, très important, y compris dans les grandes villes.
Oui, dans le magnéto qu'on a vu, il y avait 16 millions de personnes censées aller voter, plus de 16 millions.
Oui, OK. Mais qu'est-ce que ça veut dire, un absentéisme important sur le vote ? Ça veut dire une légitimité de plus en plus faible des élus. Et on s'habitue, d'une certaine manière, à ce que les élus n'aient plus la légitimité qu'ils devraient avoir, c'est-à-dire élus par un nombre, enfin, de plus de 50 %, 60 %, 70 % des électeurs. Et ça, c'est problématique, parce que ça instille dans nos esprits l'idée que les élus ne sont plus légitimes. Et si les élus ne sont plus vraiment légitimes, on peut les remplacer par autre chose, par un pouvoir qui n'est plus élu, par un pouvoir militaire, par exemple. Donc, ça va très, très loin, en réalité, le mouvement dans lequel nous sommes aujourd'hui.
Moi, je suis tout à fait d'accord avec ça. Juste pour revenir là-dessus, aujourd'hui, même à l'époque de Sarkozy ou de Hollande, il n'y a que deux à trois Français sur dix qui avaient voté pour ces présidents-là, d'accord ? Encore un peu moins pour Macron. Et là, évidemment, ça sera la Bérésina, mais on connaît les circonstances. Donc, ça veut dire que ça fait des années et des années, depuis le début des années 90 environ, que de toute façon, le socle de légitimité se réduit vraiment comme une peau de chagrin. Et effectivement, il y a vraiment un problème quand la participation n'est plus corrélée à la légitimité.
Ça veut dire aussi que, pour revenir aussi sur ce que disait Caroline, sur autre chose, ça peut devenir aussi un gouvernement d'experts. Comme aux États-Unis, personne ne vote aux États-Unis, tout le monde s'en moque quelque part. Enfin, vous avez 50% qui ne se déplacent même pas. Mais bon, ben voilà, on laisse faire, le politique n'est plus notre question, en fait. Et ça, c'est quand même problématique pour la démocratie en général. C'est ce que dit Caroline.
Donc oui, comme on le disait, le Covid a énormément influencé les élections. Élodie, on a vu dans le magnéto le vif échange entre Agnès Buzyn et Rachida Dati. Et c'est vrai que les mots qu'elle a confiés au monde, Agnès Buzyn, en parlant de mascarade à propos du premier tour, et puis elle disait, je cite, « Je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. » Ces mots-là, il lui colle à la peau. Est-ce que Buzyn a une once de crédibilité encore après ces mots-là, selon toi, Élodie ?
Ce qui m'a beaucoup interpellée dans cet échange-là, c'est la manière dont effectivement il y avait des invectives qui étaient échangées, mais la manière dont finalement pour Hidalgo, c'est très facile pour elle. C'est-à-dire qu'elle est très spectatrice à de nombreux moments, des échanges tendus qu'il y a entre les deux. Donc les deux sont en train de s'écharper, et puis elle, elle est là. Alors on voit, c'est intéressant, parce qu'on pourrait se dire, quelque part, ça lui rend avantage, et donc elle pourrait être satisfaite de ça. Or c'est vrai que sur sa dynamique corporelle, on voit plutôt des signes de gêne. Enfin, il y a quelque chose pour elle qui n'est pas fluide.
C'est gênant pour tous. C'est génome, des fois, c'est charpé comme ça, avec deux présentateurs mecs qui sont en train de les rappeler à l'ordre comme deux petites filles. Donc c'est évidemment, quand on est une femme politique, c'est ultra gênant. Mais in fine, ça lui rend service, parce qu'elle, quelque part, elle a sa posture, son statut qui est déjà là, et quelque part, elle n'a qu'à laisser faire les autres, et puis elle, le job est déjà fait. Donc ça, c'est quelque chose qui m'a beaucoup interpellée, c'est comment son statisme et son mutisme, finalement, lui rend service.
Pour rebondir sur ce que disait Caroline, effectivement, alors sur la légitimité, je suis totalement d'accord, je modulerai juste peut-être en… Selon moi, il y a quand même une part de légitimité qui est toujours là, mais qui n'est que purement symbolique. Et pour reprendre un petit peu les termes de Pierre Bourdieu, c'est la légitimité des dominants, en définitive. Et quand on se pose la question de se dire, mais c'est étonnant, parce qu'il y a quand même beaucoup de mouvements contestataires depuis deux ans, depuis les derniers mois, comment est-ce possible de se rendre compte que justement, ces mouvements de contestation ne se retraduisent pas dans les urnes ?
Je crois qu'il y a différentes manières de les expliquer. Moi, je me demande jusqu'où il n'y a pas aussi une dimension psychologique, c'est-à-dire que quand on regarde différents types d'expériences qui ont été menées en psychologie sociale, alors il y a celle de Milton, mais il y en a plein d'autres, je me dis mais finalement, l'animal humain est très obéissant et très conformiste par nature. Et donc, il faudrait même inventer des sortes de garde-fous, alors garde-fous constitutionnel, pourquoi pas, mais qui permettraient justement une dose d'inventivité et une largesse.
C'est-à-dire que moi, je connais beaucoup de gens autour de moi qui vont voter et qui vont voter pour le maire qui était déjà là, alors même qu'ils ne connaissent pas les autres, mais simplement parce que c'est plus confortable, parce que c'est du connu. Et c'est vrai que notre cerveau, il fonctionne ainsi, il est toujours beaucoup plus rassuré, mais ça, c'est presque un fonctionnement humain. Et je me demande jusqu'où on ne devrait pas établir justement des gardes-fous qui nous permettraient de protéger une dose d'inventivité et d'irruption, en fait, pour casser justement cette logique du dominant.
– J'en profite pour vous poser une question à laquelle je n'avais pas pensé. Virginie, tu veux rebondir sur les… Mais alors, je pose ma question et puis je te laisse rebondir. Qu'est-ce que vous pensez du vote obligatoire avec comptabilisation du vote blanc ?
– Je reviens, c'est pas Milton, c'est Milbraff, me semble-t-il. – Non, non, c'est Milton. – Et sur la loi PLM aussi, je voulais revenir sur Paris et pourquoi Hidalgo est aussi évidemment sereine, parce qu'il faut bien comprendre le mode de scrutin qui a lieu à Paris, à Lyon et à Marseille. Et moi, j'y reviens sans cesse. C'est un mode de scrutin qui est vraiment scélérat, qui est antidémocratique et qui est très complexe et qui fait qu'on vote, en fait, on vote pour… Je ne sais pas si je suis… Je ne sais pas comment ça se passe à chaque fois. Bon, bref. – Ça va, c'est bien. – Voilà, mais j'arrive pas. Et oui, et donc ce vote, en fait, c'est un vote par secteur et par arrondissement.
Donc, en fait, quand, par exemple, Hidalgo compte les arrondissements où elle est favorable, où les votes lui sont favorables, finalement, elle n'a plus besoin d'aller faire campagne et d'aller se mouiller, finalement, dans les quartiers bourgeois qui ne lui sont pas favorables. C'est pareil, à Marseille, la majorité à l'air va très peu dans les quartiers nord et s'en occupe très peu parce que, finalement, le vote des quartiers sud lui suffit ou lui suffisait à remporter la mairie. Donc, c'est vraiment une loi qui est absolument redoutable, cette loi PLM, et donc Paris-Lyon-Marseille, elle a été faite au départ par Deferr pour justement être candidat correctement à sa propre réélection.
Il était ministre de l'Intérieur à l'époque. Ça a été redécoupé par Pasqua de manière absolument délétère en 1986 et c'est une loi vraiment dramatique. Donc, forcément, Hidalgo, elle regarde ça de très haut. Elle sait qu'avec ses secteurs et ses arrondissements, elle va bien, évidemment. Après, ce n'est pas pour rien que Jean-Claude Godin a été maire de Marseille pendant 25 ans, par exemple. C'est comme ça qu'on se maintient. Donc, cette loi est absolument redoutable et je voulais aussi le dire et je pense que si les maires de ces villes, Paris, Lyon et Marseille, étaient honnêtes et qu'ils voulaient plus de démocratie, eh bien, ils ne joueraient pas comme cela avec cette loi PLM.
Ils demanderaient, en fait, aux ministres de l'Intérieur de changer cela. Mais évidemment, ça les arrange tous tant qu'ils sont, je veux dire, que ce soit à Marseille, à Lyon et à Paris puisque ça demande beaucoup de tactique et finalement, peu de politique et de mise en commun de la ville. Au contraire, ça demande de la découper. Donc, c'est dramatique d'un point de vue démocratique.
Et alors, sur la question, peut-être Caroline, sur la question du vote obligatoire et de comptabilisation du vote blanc, qu'est-ce que tu en penses ?
Écoute, je n'ai pas trop d'idées, en fait, sur le vote obligatoire. Je ne suis pas certaine que… Enfin, spontanément, je ne suis pas favorable à ce que ce soit obligatoire. En revanche, je trouve que c'est quelque chose qui devrait être enseigné à l'école, l'importance du vote et l'histoire de l'acquisition du vote, y compris d'ailleurs pour les femmes. Donc, ça me paraît vraiment très important. Quant à la comptabilisation…
Est-ce que moi, je ne sais plus l'année, c'était quand, le vote ?
La loi est votée par De Gaulle sous influence des communistes en 1944. La première application, c'est 1945. Et là, c'est intéressant parce que les femmes, en fait, vont voter ou comme leur mari ou comme leur frère, donc dans le sein familial, historique, ou comme le curé. C'est vraiment… Parce que si tu veux, à l'époque, ils sont comme des dingues au niveau des institutions en disant « Mon Dieu, mais elles vont voter pour qui ? Elles vont voter pour qui ? Qu'est-ce qui va se passer ? » Donc, elles sont très affolées. Enfin, les gouvernements…
Les hommes, oui.
Voilà, elles sont très affolées parce qu'elles ne savent pas comment ça va aboutir tout ça. Et en fait, elles votent dans une grande, justement, intériorisation, tu vois, d'injonction maritale, patriarcale et sociale. Bien sûr, bien sûr. Et patriarcale en général avec l'Église à l'intérieur. Et en fait, il ne se passe strictement rien. Strictement rien. Et les femmes commencent à avoir un vote autonomisé en 1981, notamment avec l'arrivée de Mitterrand au pouvoir. Et le fait que Mitterrand soit là incite beaucoup de femmes aussi à se détacher de ce vote patriarcal, en fait. Ça, c'est vraiment une histoire absolument passionnante, le vote des femmes dans ses racines historiques.
Et en France, on a été très en retard sur le vote des femmes.
Et toi, Elodie, sur l'idée d'un vote obligatoire avec comptabilisation du vote blanc, qu'est-ce que tu en penses ?
Je suis un petit peu comme Caroline. Je n'ai pas forcément d'avis et d'argumentaire sur cette question-là. Moi, de par ma pratique et du fait que je sois abstentionniste, c'est vrai que le vote obligatoire, en fait, je trouve ça dommage de devoir être dans une démarche presque coercitive et pas d'être dans une démarche qui motive. Mais je pense que si, effectivement, on était dans une vraie démocratie, dans une vraie sociocratie, peut-être que les choses seraient très différentes. Je trouve qu'il y a des choses vraiment pertinentes qui se font sur Internet. Il y a plein de MOOC sur qu'est-ce que c'est que la gouvernance partagée.
Il y a plein de gens qui ont expérimenté ça, que ce soit dans des écovillages ou dans d'autres endroits. Donc, il y a vraiment d'autres manières aussi de concevoir les relations au pouvoir. Moi, je trouve qu'il y a une richesse créative qui est vraiment très forte et ça serait extraordinaire qu'on puisse s'en inspirer. Mais je pense qu'effectivement, les personnes qui sont déjà en place, elles n'ont pas envie de ça. Je remarque aussi que Macron, souvent, on a parlé de la baraka, c'est-à-dire effectivement l'alignement des planètes. Il a fait le grand casse, le casse du siècle, etc.
Il s'est bien arrangé pour qu'une fois que son élection soit passée, il a quand même bien verrouillé le système pour que ce ne soit pas reproduisible. Et ça, c'est vrai que c'est dramatique. Et là où j'envie parfois les États-Unis, c'est vrai qu'il y a des personnages qui sont plus inconnus et qui peuvent comme ça faire irruption et renverser quelque part la table. On a l'impression qu'en France, il faut que... C'est beaucoup plus complexe, il faut être déjà dans le serail. Et on n'a pas l'impression qu'il y a une marge de manœuvre très grande pour ceux qui sont vraiment les nouveaux arrivants. Ça, je trouve ça dramatique.
Et autre chose que je voulais ajouter aussi sur les municipales, ce qui m'a interpellée, parce que c'est vrai que mon regard porte parfois moins sur l'événement lui-même que sur la manière dont cet événement est traité. Et j'ai été assez surprise de voir qu'il y avait énormément de projections. C'est-à-dire que, par exemple, il y a un papier qui est sorti dans Le Monde avec Agnès Buzyn qui dit Paris dans six ans, c'est pour moi. Parce que vraisemblablement, elle a bien compris que là, c'était compliqué. Donc, Paris dans six ans, c'est pour moi.
Les instituts de sondage, ils sont déjà en train de nous faire la présidentielle ou ils sont déjà en train de nous préparer psychologiquement à ce que ce soit le même épouvantail Marine Le Pen versus Macron. C'est insupportable. C'est-à-dire qu'en termes de temporalité même, on nous prive de ce temps-là même, de l'élection, c'est-à-dire de pouvoir réfléchir, de pouvoir se poser, de pouvoir échanger ensemble sur les figures des candidats. Tout ça n'existe pas. C'est-à-dire que même le temps présent n'est pas prévu. C'est toujours du projectif, de la mise en avant, de la mise en scène. La théatocratie de Guy Debord, il en parlait très bien.
Donc, moi, c'est vrai que je suis affligée de voir ça et je vous avouerai que ça ne me motive pas pour me bouger. Par rapport à ça, justement, le quinquennat, par rapport à cette temporalité, le quinquennat a été absolument dramatique et au quinquennat, nous avons rajouté en plus les primaires. Et les primaires font que votre quinquennat, en fait, il est réduit, il est passé de 7 à 5 et de 5 à 4. Parce qu'évidemment, les primaires demandent à peu près un an avant la présidentielle d'être mise en route. Et de ce point de vue-là aussi, Macron avait très bien joué puisque justement, il a pris tout le monde de court.
Et quand on dit prendre tout le monde de court, c'est qu'il a bien joué justement quoi ? Le temps et la temporalité. Il est allé plus vite que tout le monde. Quand tout le monde aussi, rappelons-nous, parlait de la fabuleuse idée des primaires, c'était la grande démocratie, même les républicains s'y étaient mis, etc. Tout d'un coup, Macron, qu'est-ce qu'il a fait ? Il a dit non, c'est le temps du marketing, c'est le temps du hold-up, c'est le temps de la rapidité, il faut être plus rapide, plus malin et je vais tout capter comme ça.
Et en fait, il a fait disparaître ce temps de la démocratie que les partis politiques traditionnels avaient bien voulu mettre en place, quel que soit ce qu'on peut penser des primaires. Moi, je pense que c'est une erreur majeure. Bon, il s'avère que l'élection de Macron m'a donné raison, mais ce n'est pas la question. Les partis avaient mis ce jeu-là en route, il était quand même intéressant. Macron n'a pas voulu le respecter. Rappelez-vous, comment il en a joué ? Je suis socialiste, j'irai, j'irai pas, je ne suis pas socialiste, etc. Enfin, c'était redoutable. Et aujourd'hui, on le voit véritablement dans ses municipales.
On voit qu'il a évidemment d'abord siphonné le PS, puis évidemment maintenant il siphonne les Républicains et peut-être qu'il va aussi siphonner les écologistes puisque visiblement Jadot est compatible avec Macron, a priori. Et puis, s'il est très malin et qu'il met Laurence Toubiana comme première ministre, alors là, il aura complètement siphonné la question écologique puisqu'elle est Madame Développement Durable, Madame COP21, Madame Écolo, etc. Donc, ça peut être vraiment symboliquement très fort. Et là, il sera encore malin parce qu'il n'est que malin.
Il aura fait, il pourrait faire avec elle d'une pierre deux coups, c'est-à-dire mettre une femme vraiment légitime et en plus une écologiste ou en tout cas estampillée comme telle, sans pour autant faire vraiment du féminisme un axe fort de son gouvernement. parce que ça, il s'en moque complètement. Mais symboliquement, ça pourra faire croire qu'il l'est et sans pour autant être écologiste, mettre quelqu'un à se tampiller vert comme ça, développement durable, ça pourra aussi scier en fait les énergies des autres.
Donc, c'est absolument des stratégies redoutables qui sont à l'œuvre et c'est pour ça et c'est pour ça que les municipales sont très importantes et qu'il faut aussi que ça solidifie un peu plus les parties et la diversité des parties en présence. C'est absolument nécessaire.
Je trouvais ça vraiment intéressant justement la thématique de l'imposture aussi parce qu'il m'a semblé que sur ces municipales-là, je ne sais pas comment vous l'avez vu et ce que vous avez observé, mais c'était impressionnant de voir des maires qui étaient estampillés en marche et qui faisaient les marchés en enlevant tout ce qui était des logos, tout ce qui était de l'ordre de l'emblème et de la reconnaissance identitaire aux parties en marche, tout ça était gommé le plus possible parce que je pense qu'effectivement ils ne voulaient pas être reconnus là-dessus mais ça c'est honteux c'est-à-dire qu'il devrait y avoir obligation pour les représentants de dire je suis de telle partie et j'annonce la couleur et là où ils sont sneaky j'allais dire c'est que justement combien ils ont été à cacher ça, à cacher leur vraie valeur quelque part et moi c'est vrai que ça a été une des raisons aussi de la colère que j'exprimais en début d'émission mais c'est honteux c'est-à-dire qu'effectivement ce hold-up-là il a lieu sur tous les plans il a lieu sur le plan symbolique, identitaire, temporel il a lieu aussi sur beaucoup aussi plus globalement sur les experts le nombre d'experts politologues ou économistes qui se sont présentés sur des listes LREM en l'occurrence ou leur femme ou leur cousine ou je ne sais quoi ou leur mari et ce n'est pas dit ce n'est jamais dit combien il y en a aussi qui ont des contrats des contrats de sondeurs de consulting etc.
à l'Elysée dans les ministères c'est compliqué quand même tout ça donc il faut quand même toujours dire d'où l'on parle moi ça me paraît important d'être honnête d'avoir cette transparence et de ne pas jouer soi-disant la neutralité c'est une neutralité qui n'existe pas il ne faut pas se leurrer quand le président de la Fondapol le think tank des républicains s'est présenté à des élections véritablement dans le sud-ouest il était sur des listes régionales donc voilà mais non voyez l'ambiguïté alors là c'était clair on pouvait au pire le dire mais certains sont beaucoup moins clairs et beaucoup plus effectivement malins et sneaky comme tu disais et donc on ne voit pas et on pense à la neutralité alors que ce n'est pas le cas
on va parler de la convention citoyenne tu parlais des écolos il n'y a pas il n'y a pas 5 minutes Virginie mais avant de débattre ensemble sur l'impact réel qu'auront les recommandations de la convention je vous propose un petit magnéto qui résume sommairement les enjeux de cette initiative et on en parle tout de suite donc des gens ont été tirés au sort pour faire des propositions concrètes afin de réduire de 40% ou plus les émissions de gaz à effet de serre dans une ambiance de justice sociale ça c'est à peu près la lettre de cadrage d'Edouard Philippe la convention qui s'étale finalement sur 7 week-end se passe au CESE le conseil économique social et environnemental voici d'ailleurs son président Patrick Bernasconi qui est ravi qu'on s'intéresse enfin à son assemblée qui n'a pas beaucoup de pouvoir d'habitude et qui n'en aura pas beaucoup plus là mais bon elle accueille et elle encadre cette convention citoyenne
après 9 mois de travail les 150 citoyens de la convention citoyenne pour le climat ont adopté le rapport final 149 propositions une seule la réduction du temps de travail à 28 heures hebdomadaires a été rejetée les 600 pages du rapport sont désormais entre les mains de l'exécutif tout reste à faire selon la coprésidente de la convention citoyenne pour le climat Laurence Toubianna c'est quand même une vision assez radicale et assez négative c'est un peu le retour de l'écologie punitive voilà de l'avenir c'est une écologie punitive c'est comme je le disais tout à l'heure on passerait d'une sorte de dictature médico-technocratique qui nous a enfermé chez nous à une dictature écolo-protectionniste avec des propositions dont se demande quel est le rapport avec l'écologie et la nature par exemple la taxation des dividendes 4% de réduire la durée du temps de travail on ne voit pas très bien
cette convention elle n'existe pas dans la constitution est-ce que le président français est libre de rien faire finalement au bout du compte de ces préconisations est-ce qu'il a le droit de les enterrer et de dire on passe à autre chose absolument on est dans l'ordre de l'expérimentation il n'y a pas de socle juridique pour cette expérience
voilà donc rien ne forcera Macron à appliquer ces recommandations est-ce que c'est un grand débat bis Caroline
d'abord il faut quand même se rappeler dans quel contexte a été mise en place cette convention c'était une manière de répondre à la demande du RIC du référendum d'initiative citoyenne c'était une manière de répondre à la crise des gilets jaunes dont on se souvient que la mobilisation initiale a commencé sur l'augmentation du prix du gasoil et puis c'est une pseudo réponse démocratique on va être très clair il faut quand même le rappeler c'est aussi une façon pour le président de garder le contrôle mais en réalité pour moi ça apparente davantage à un gadget et ce d'autant plus qu'il n'y a absolument aucune obligation de tenir compte des propositions qui ont été faites par cette convention comportant 150 citoyens d'ailleurs on se souvient au passage que Danny Cohen-Bendit avait été tiré au sort ce qui est quand même assez extraordinaire de voir que sur une population de 60 millions d'habitants on arrive à retrouver ce cher Danny qui est devenu macroniste d'une manière absolument éhontée et qui vraiment on dit que la vieillesse c'est un naufrage là on en a un bel exemple souvenez-vous du rapport Borloo sur les banlieues souvenez-vous du rapport Borloo sur les banlieues qui a été le fruit d'un travail co-construit avec les maires des banlieues très ambitieux Macron l'a enterré du jour au lendemain sans conférir donc on peut craindre enfin ce n'est même pas qu'on peut craindre je pense que ça n'est qu'un gadget de plus qui est une manière j'allais dire de de de gouvernance pour pouvoir rester en place c'est vraiment le sentiment que j'en ai et alors quand on voit l'échange enfin quand on entend l'échange entre ce journaliste et ce chroniqueur sur le plateau qui s'en donne à cœur joie le journaliste soulevant la bonne question sur mais pourquoi taxer les dividendes pour pouvoir lutter contre le réchauffement climatique on mesure que les questions sont totalement déliquidées mais si ces gens-là n'ont pas compris qu'on est déjà dans le mur sur la question écologique et que dans quelques temps qui ne sont pas si éloignés quand on sait qu'aujourd'hui il fait 38 degrés en Sibérie et que le permafrost c'est-à-dire cette couche de terre totalement glacée durant des siècles et des millénaires qui a certainement emmagasiné des virus qui vont donc réapparaître je crains qu'on ait à vivre des Covid-19 XXL donc si on ne prend pas la mesure de l'urgence écologique et climatique et bien réellement on est déjà mort d'une certaine manière on est déjà mort je trouve que sur la question démocratique que soulevait Caroline c'est peut-être encore plus grave parce que le tirage au sort il y a beaucoup de sociologues dont je suis on en a parlé dans nos bouquins il y a Yves Saint-Omer qui pouvait le plébisciter et d'autres mais si tu veux il y a tirage au sort et tirage au sort donc ce que je veux dire par là c'est que le tirage au sort ça peut faire sexy ça peut faire très démocratique très horizontale très démocratie participative et ça peut être super or on te dit c'est la Grèce antique ça y est c'est la démocratie athénienne on est revenu etc.
c'est fabuleux mais ce qu'il faut savoir c'est que en fait quand tu n'es pas expert dans le sujet ce qui est le cas là généralement qu'est-ce qu'ils font ils bordent en fait ils cadrent tout par des experts d'accord donc tout est en fait sur une autoroute très très bien balisé par des gens experts du sujet d'accord et donc en fait les autres font mumuse à l'intérieur de ces expertises sachant qu'après ce que disait Caroline est exact évidemment ça sortira ou pas en plus on n'en fera peut-être rien mais là c'est encore pire parce que c'est un simulacre absolu de démocratie c'est un foutage de gueule en français excusez-moi mais c'est vraiment ça donc c'est absolument redoutable sur des questions extrêmement graves extrêmement graves et en plus dans les questions de développement durable vous avez vu que et dans votre magnéto on l'entend ils dissocient toujours les questions écologiques des questions démocratie tous citoyenneté chacun et chacune doit avoir une place dans la société tout ça est complètement balayé alors que ce sont les mêmes questions c'est la même dynamique l'écologie politique c'est pas ce qu'on appelle le greenwashing d'accord le greenwashing c'est je mets un peu de verre voilà je vais par exemple dans une entreprise je vais faire un toit végétalisé hop ça y est j'ai fait du greenwashing alors si je mets trois abeilles dessus ah ça sera carrément fabuleux et si en plus je fais du miel et que je mets tu vois la marque de mon entreprise dessus alors là ça sera carrément
ça arrête ça me rappelle les films corporate que je montais quand j'avais le greenwashing
donc tu vois bien de quoi on parle et là si tu veux on est en plein greenwashing parce que justement on veut pas travailler sur la question de l'écologie politique avec un grand E et donc ça ne marche pas ni d'un point de vue de la démocratie ni du point de vue de l'écologie donc c'est très grave et c'est du fake comme d'hab
Elodie dans le magnéto Jean-Marc Daniel parle de dictature écolo-protectionniste ça fait super peur dit comme ça est-ce que tu crois que c'est le but ?
Oui là il y a une tournure qui m'a beaucoup interpellée aussi bon effectivement de son point de vue je la trouve plutôt habile mais c'est vrai que c'est incroyable de voir on disait bon Emmanuel Macron il est malin mais c'est vrai qu'il y a des trucs sur lesquels il est malin regardez les termes qu'il utilise convention citoyenne convention enfin je veux dire il y a une histoire il y a une épaisseur à ce mot-là de suite ça vient réveiller un inconscient collectif un inconscient historique quelque chose d'un peu révolutionnaire il va en sortir quelque chose ça va être le nouveau monde ça va être extraordinaire et puis alors citoyenne on se dit effectivement c'est des gens comme vous et moi et c'est des gens qu'on peut croiser là dans la rue c'est vraiment des citoyens c'est des gens de la société civile qui nous ressemblent et là effectivement on n'est pas du tout là-dedans et c'est scandaleux c'est honteux donc le hold-up il a aussi lieu sur la sémantique et ça voilà c'est sûr qu'il y a un côté diabolique dans la manière dont il sait utiliser les mots et le scandale il est aussi sur le fait et on a eu un exemple avec le Grand Débat moi j'ai beaucoup travaillé sur cette question-là notamment avec certaines agglomérations que je remercie ici c'est scandaleux parce que vous savez que toutes les données qui ont été produites notamment les cahiers de doléances qui sont d'une richesse incroyable et bien ignorez-vous qu'elles sont en partie disparues ces données-là et on ne va jamais les retrouver et là vous voyez qu'il y a une vraie stratégie mais qui est voilà je vais réutiliser ce mot ne m'envoyez pas il est connoté mais diabolique c'est-à-dire qu'on a l'impression qu'Emmanuel Macron dès qu'il y a quelque chose il y a un espèce de grondement qui arrive il y a du mécontentement et bien il va occuper c'est comme si c'est le divertissement il divertit les gens il les occupe là il a fait le grand débat alors effectivement il y a eu beaucoup de spécialistes il y a eu beaucoup d'experts des linguistes des sociologues nous on s'est emparés de ce sujet-là ça nous a énormément plu mais in fine qu'est-ce qu'il en ressort rien du tout les résultats qui ont été communiqués suite au grand débat les chercheurs sont incapables de comprendre les propositions d'où elles viennent de quelles propositions tout ça il y a eu un voile qui a été fait là-dessus c'est-à-dire qu'il y a une agence de com qui est arrivée qui a dit voilà les propositions qui sont sorties du grand débat bullshit c'était de la merde c'est-à-dire que c'était associé à rien et les chercheurs que ce sont les chercheurs de Sciences Po d'autres ils ne retrouvent pas et ils ont même contacté cette agence en disant est-ce que vous pouvez nous expliquer les postulats est-ce qu'on peut voir comment vous avez construit la machinerie rien n'est visible le coup de com permanent comme le dirait Arnaud Bénéli c'est insupportable c'est insupportable et pour revenir à ça aussi et sur les mots parce qu'il est vide peu à peu du sens tu vois convention citoyenne effectivement il y a ces symboliques qui arrivent mais peu à peu on sent bien que c'est totalement galvaudé mais rappelons-nous moi je reviens toujours à son livre Révolution ce livre s'appelle Révolution le bouquin de Macron pour la présidentielle s'appelle Révolution mais je sais que peu l'ont lu mais allez-y regardez ce bouquin c'est le vide là on a tout compris une fois que vous avez ce bouquin et que vous voyez vraiment le décalage vraiment la distorsion qu'il y a entre ce mot Révolution et les ne serait-ce que les mots qui sont employés à l'intérieur du bouquin où il dit et je le répète souvent j'en suis désolée c'est mieux les villes où il fait bon vivre c'est mieux les petites maisons où il y a un petit jardin c'est mieux les villes qui sont fleuries c'est mieux quand on s'entend bien waouh super la Révolution génial vous voyez c'est vraiment c'est le bouquin c'est le bouquin comment on s'appelle ça le soft le good le feel good tu vois c'est des bouquins feel good complètement donc ça fait longtemps qu'il joue avec ça et là il fait encore pareil avec l'écologie il sent cette troisième voie écolo arriver il sait qu'il faut s'en emparer absolument et qu'encore une fois il faut être malin voire diabolique en effet et donc il joue avec cela beaucoup et c'est pour ça aussi que Laurence Tubiana donc qui est la bosse de cette convention citoyenne ben là c'est très malin et puis on a parlé tout à l'heure aussi dans le magnéto du conseil économique et social et environnemental où ça se fait donc il se passe cela il s'avère que j'en suis une toute petite membre personnalité associée et donc on voit arriver on a vu arriver les demandes en fait de la présidence et ça a été là aussi relativement vertical et mais c'est intéressant parce que là aussi c'est malin parce que le conseil économique et social et environnemental il est devenu environnemental il y a quelques années donc on voit bien à quel point aussi c'est encore constitué que tout le monde voulait voir absolument être détruit c'était absolument d'accord c'est la troisième chambre assemblée nationale sénat conseil économique et social et environnemental et tout le monde disait ça ne sert à rien il faut absolument tuer ce conseil économique et social et environnemental Macron qu'est-ce qu'il fait comme il sait que c'est là aussi qu'on parle de territoire et on parle de corps intermédiaires encore une fois et bien il va les chercher il va les chercher et ça aussi c'est très malin d'aller redonner un peu de doré de dorure aux CESE c'est très malin et pour reprendre un peu la main toujours il va chercher là où il peut aller les chercher comme Elodie en parlait comme il avait fait avec le grand débat sur les territoires rappelons-nous ah mais je vais sur le territoire regardez je vois les maires les collectivités me parlent elles m'accueillent je fais du terrain donc c'est comme ça il y a toujours quelque chose comme ça donc on est dans un grand machiavélisme de communication politique et je pense que même on parlait tout à l'heure de la société du spectacle de Guy Debord je pense qu'on l'a largement dépassé on est dans quelque chose de plus pervers de plus pensé de plus mûri et avec une volonté de conserver le pouvoir absolument redoutable
et d'ailleurs à propos d'événements politiques sur lesquels on n'a aucun contrôle il va y avoir peut-être un remaniement bientôt est-ce que Virginie tu crois qu'on pourrait faire un virage vers l'écologie c'est ce que je disais
je suis désolée je répète le nom de Tubiana on verra parce qu'il y a aussi évidemment le Drian alors si c'est pas de toute façon il va falloir maintenant qu'il a siphonné la gauche qu'il a siphonné la droite comme on disait tout à l'heure il va falloir qu'il siphonne autre chose donc s'il retourne chez le Drian pourquoi pas mais le Drian c'est très c'est très régalien vous voyez c'est très classique est-ce que c'est de ça dont il a besoin pour interrogation je ne sais pas voilà et pour dire aussi et puis le PS aujourd'hui aussi c'est compliqué le PS par le truchement de la fondation Jean Jaurès qui soutient Macron d'accord la fondation Jean Jaurès c'est la fondation du PS elle soutient Macron et aujourd'hui le parti socialiste revient va revenir certainement à Paris et se mettre dans les locaux loués par la société juste à côté de la fondation Jean Jaurès donc la porosité tu vois la porosité des partis politiques notamment du PS avec Macron qu'est-ce qui va se passer en 2022 c'est vraiment redoutable le temps d'aujourd'hui nous en dit aussi beaucoup sur le temps de demain
Caroline une vision sur le remaniement à venir ou non
alors j'ai pas de vision sur le remaniement parce que pour moi ça n'a pas beaucoup d'intérêt parce que ça sera exactement la même politique c'est-à-dire une politique de droite très clairement de droite avec des rideaux de fumée pour dire non je suis écolo non vous voyez je suis de gauche et blablabie et blablabla donc pour moi qu'importe les gens qui remplaceront qui quoi qu'est-ce ce sera exactement la même chose donc il n'y a absolument rien à attendre de ça il faut être très lucide sur ce président qui est d'une certaine habileté mais ça se voit ça se voit cette habileté donc en réalité tout ce que ça produit ça produit un désengagement des citoyens à son égard et à l'égard de la politique ce qui veut dire que 2022 sera en réalité très périlleux pour le président Macron et malheureusement en réalité pour nous très sincèrement parce que quelle est l'alternative quelle alternative à Macron et au Rassemblement National c'est ça la question je ne suis pas certaine que dans le temps qui nous reste c'est-à-dire 18 mois on arrive à se rassembler à gauche pour offrir une alternative qui emporte l'adhésion des citoyens je crois qu'on a un très très très long travail à faire et il faut le faire voilà et c'est ce qu'on essaie de faire aussi ici
Elodie toi aussi tu ne penses pas qu'il y aura parce qu'il y a cette rumeur un petit peu qu'on entend qu'il va vouloir un virage à gauche maintenant et que moi je me dis est-ce que les propositions de la convention ça serait un peu tous les trucs qui pourraient changer complètement d'image ou est-ce que non ?
oui mais alors effectivement on parle vraiment de la symbolique et de l'image parce que pour moi en fait cette question du remaniement est une non-question et par contre ce que je ne trouvais pas tant c'est la manière dont sur les plateaux télé que ce soit BFM LCI CNI c'est un vrai sujet or pour moi ça n'est pas du tout un sujet mais je trouve épatant que ça nous tienne en haleine comme ça enfin moi je ne crois pas que ça tient oui Caroline non pardon excuse-moi je ne crois pas du tout que ça tienne en haleine les citoyens lambda oui oui oui alors que quand je dis nous c'est-à-dire nous commentateurs peut-être de ce qui se passe dans la vie dans la vie politique effectivement et moi en l'occurrence je passe très vite dessus parce que pour moi ça n'est pas ça n'est pas un sujet mais par contre ça m'interpelle et je me dis qu'est-ce qui fait que malgré tout il y a de la curiosité quand même qui peut être attisée moi j'ai l'impression que ça joue aussi sur des ressorts des mécanismes qui sont tout à fait anthropologiques c'est-à-dire incarnés chez nous qui sont de l'ordre aussi de la victime sacrificielle là je vous renvoie aux travaux de René Girard mais je pense qu'il y a une curiosité de se dire est-ce que Macron va le sacrifier est-ce qu'il va l'humilier en place publique je pense qu'il y a des ressorts comme ça qui sont des ressorts beaucoup plus profonds archaïques et qui nous dépassent un peu c'est la seule explication que je vois car pour moi non seulement c'est un non-sujet c'est aussi mais d'un point de vue plus sémiologique et intéressant le symptôme que pour moi le remaniement c'est le lieu où s'exprime la dernière volonté du roi quelque part j'ai l'impression que Emmanuel Macron est assez peu décideur que ce soit à l'échelle européenne ou effectivement à l'échelle des territoires où il ne va pas et j'ai l'impression qu'il y a comme ça une volonté de matraquage de cette information-là comme pour lui rendre un statut un statut de pouvoir là où il a encore une certaine forme d'ambition ou de contact direct c'est-à-dire que sa décision influe directement je pense que d'un point de vue symbolique c'est ça qui se joue c'est-à-dire qu'il y a tellement plus de pouvoir politique il y a tellement un recul de l'État et ça c'est vrai qu'on n'en a pas tellement parlé mais ce qui se passe dans les urnes ou plutôt ce qui ne s'y passe pas mais ce qui a pu se passer à Dijon etc.
pour moi ce sont les mêmes indicateurs que l'État n'a plus tellement son rôle alors je ne le juge pas moralement bien ou mal je pense que voilà on y est il y a une évolution une évolution temporelle et j'ai l'impression qu'on se satisfait quelque part où il y a une volonté de sacraliser ce lieu qui est le lieu du remaniement justement parce que c'est un dernier lieu où le pouvoir s'exerce parce que je suis très surprise de voir d'autres pays comme la Belgique par exemple qui se portent très bien sans gouvernement donc pour moi finalement ça ne vaut plus dire grand-chose Virginie ? Non non toujours beaucoup de communication bien sûr et puis si Bruno Gassiot était là puisqu'il n'avait pas
une rage dedans
effectivement Bruno si tu nous entends mais Bruno serait là il dirait justement il est temps qu'on passe à la 6ème République pas la fin de cette vraiment de cette 5ème République qui manque d'oxygène fondamentalement qui ne permet plus grand-chose mais même au niveau local quand on est par exemple député enfin quand on est sur des scrutins comme ça des scrutins majoritaires à deux tours ils sont extrêmement violents évidemment puisqu'ils balayent tout ce qui est petit tout ce qui est alternatif tout ce qui n'est pas assez implanté structuré et argenté souvent aussi donc il y a aussi de l'argent dans toutes ces histoires donc je trouve qu'effectivement est-ce que c'est pas là surtout que Macron est allé vous savez les institutions aussi de la 5ème peuvent être flexibles elles s'adaptent aussi au président ou à la présidente éventuelle qui en font ce qu'ils veulent et ce qu'elles veulent mais là Macron justement il pousse jusqu'au bout l'absurdité autocratique de la 5ème République il pourrait la jouer autrement il pourrait donner de la puissance au Parlement justement au Conseil économique et social j'en avais parlé tout à l'heure mais par exemple le tirage au sort au lieu que ce soit encore de la poudre aux yeux de la démocratie participative soi-disant mais qu'est-ce que ça fait ça verticalise encore c'est du direct d'accord c'est le fait du prince qui arrive jusqu'à ce tirage au sort et les parlements sont encore balayés donc c'est quand même très problématique et là ça va plus c'est comme aujourd'hui le parti par exemple la République en marche bon ça ça ne nous avait pas échappé que E.M.
Emmanuel Macron en marche mais il faut quand même le redire c'est quand même parié en termes d'égo enfin c'est délirant c'est le contraire du commun c'est le contraire du commun donc il a il a nié ce qu'est la politique il a nié la question du commun et ça c'est c'est vraiment il a fait du vertical du sprint beaucoup d'argent beaucoup de réseau et le mensonge à tout le monde et notamment à François Hollande aussi qui s'est laissé endormir et il a tout rapté donc c'est quand même très problématique donc bien entendu la cinquième aujourd'hui s'asphyxie et là le fait du prince se décline à tous les niveaux et notamment donc aussi on ne dit même plus aujourd'hui le parti majoritaire ou quoi que ce soit non on dit le parti du président mais à part chez Orwell j'ai jamais vu ça moi le parti du président qu'est-ce que c'est vous voyez qui est aujourd'hui le président le premier secrétaire le boss de la république en marche qui gère la république en marche dans la tête des gens symboliquement c'est Macron vous voyez il n'y a jamais eu autant de confusion entre le parti et le premier ministre ou un président ou qui que ce soit ça n'existe pas si dans des démocraties qui sont devenues des démocratures
merci merci à toutes les trois on va faire plus court que d'habitude à cause de la chaleur j'en profite pour remercier toute l'équipe merci à Jordan Lucas Léo Mathias Bertrand et Adrien qui participent dans l'ombre chaque semaine à la réalisation de cette émission merci à Denis Robert qui m'a fait confiance pour l'animer merci à vous mesdames d'avoir été avec nous pour cette dernière démasquer la thune de la saison c'est un réel honneur de vous écouter de vous donner la parole et de permettre aussi j'y tenais à ce que pour une fois on laisse la parole qu'à des femmes pour débattre sur des sujets qu'elles maîtrisent et sur lesquels elles ont toute la légitimité de s'exprimer
on peut dire au pas un mot
bien sûr on a allez vas-y non mais parce que
nous aussi je ne sais pas si c'est les remerciements Camille c'est réciproque c'est ce que je voulais dire déjà voilà les équipes bien sûr et puis vraiment les belles rencontres la belle ambiance et puis vraiment un merci particulier à Camille évidemment à Denis Robert tu l'as dit à Mathias Saint-Auven brillantissime Mathias et un tout petit regret aujourd'hui mais j'espère qu'on la retrouvera peut-être en septembre Eva d'Arland devait peut-être nous rejoindre ce soir elle n'est pas là elle a un gros manuscrit à finir donc quel dommage on l'embrasse
on l'embrasse salueusement
moi aussi je l'embrasse et voilà mais c'était un régal et finalement le Covid n'a pas eu que des méfaits sur ce point-là c'est pas mal comme rencontre c'est vrai
et puis je trouve que c'est important de pouvoir aborder plein de sujets tout en essayant de rester aussi léger que possible sans tomber forcément dans la bêtise c'est un équilibre qui est un peu difficile à manier mais je trouve qu'on a quand même bien réussi dans ces dix numéros à faire ça
c'est déjà pas mal
bon je rappelle que cette émission est possible grâce au soutien financier que nous apportent nos sociaux et nos donateurs si vous voulez nous aider rendez-vous sur soutenez.lemédiatv.fr on se quitte sur un extrait du morceau d'I Am Fest sorti aujourd'hui vous allez voir j'ai sélectionné un petit passage le morceau fait 29 minutes il y a des liens normalement en description d'ailleurs vous pouvez retrouver tous les extraits de nos magnétos si vous voulez développer le sujet et je vous souhaite à toutes et à tous un bon été et je vous dis à bientôt
salut