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Podcast / conversation28 minutes - ARTE· 23 septembre 2025 46 minComplaisantMixteSolidarités & familleEurope & internationalInstitutions & électionsJustice

Hakim Arezki / Reconnaissance de l’État de Palestine : un tournant majeur ? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la portée concrète de la reconnaissance de l'État de Palestine par la France ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    La solution à deux États est-elle encore réalisable malgré l'opposition israélienne ?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous vécu votre renaissance après votre accident ?

  • 35:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que le job hugging et pourquoi sévit-il aux États-Unis ?

  • 45:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi Donald Trump construit-il une salle de balle géante à la Maison Blanche ?

  • 55:00OuverteRéponse directe

    Les déodorants pour tout le corps sont-ils une absurdité scientifique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:50Emmanuel MacronFait
    « Je déclare que la France reconnaît aujourd'hui l'État de Palestine. »
  • 27:30Arancha GonzalezFait
    « Reconnaître un État palestinien n'est pas un geste inamical vis-à-vis d'Israël. »
  • 36:40Akim HareskiFait
    « Je n'ai pas perdu la vue, on me l'a prise. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] Bonsoir, soyez les bienvenus dans 28 minutes. Merci de votre fidélité. Salut jeune camarade.

Bonsoir l'actualité internationale, c'est la reconnaissance par la France hier aux Nations- Unies en la personne d'Emmanuel Macron, la reconnaissance de l'État de Palestine. Ce qui porte à 159 le nombre de pays reconnaissant officiellement la Palestine. Pour le gouvernement israélien, c'est un affront. la prudence s'impose العالم un état palestinien coexistant pacifiquement au côté de l'état hébreu mais sur quel territoire et avec quel représentant viton un tournant majeur pour la paix la fin du siège de Gaza et la libération des otages nous en débattons tout à l'heure avant de vous retrouver dans la trisème partie de l'émission Marie et Xavier c'est un spécial Amérique.

Oui, un petit peu hein. Vous nous proposez tous les deux. Direction Washington Ellisabeth, la Maison Blanche ou les travaux de l'immense salle de balle que Donald Trump offre à la Maison Blanche viennent de commencer 8000 m².

Ça peut contenir plus de 600 personnes cette salle-là avec ici le lieu, c'est l'aile est. Et bien Ellisabeth, nous allons la visiter cette aile est on prépare le carnet de balle et ça sera doreille pareil. Et vous Marie ?

On devient complètement paranoisabeth, on nous fait croire qu'on sent de plus en plus mauvais pour nous vendre de déodorants sur tout le corps et ça marche, ça cartonne aux États-Unis. Encore une fois, à tout à l'heure et pour commencer, nous recevons un survivant, un pied en or, un chevalier de la Légion d'honneur, un aveugle, une légende du Cifo Hakim Hareski, champion paralympique. Médaillé d'or au dernier jeu de Paris.

Vous ne l'avez pas vu le match France-Argentine gagner au tir au but ? Lui non plus. On le retrouve tout de suite.

Ais Maresqui. Bonsoir. Bonsoir.

On est vraiment heureux de vous voir. Ravi. Je vous présente, bien que vous ne voyez pas, il y a vers votre droite Anandiaï et Benjamin Sportouche qui vous ont vu jouer au jeux paralympiques de Paris il y a 1 an car vous êtes une star.

à qui mareski vous présentez vous évoquez votre existence et votre renaissance dans un livre un livre de témoignage renaître dans la nuit et j'ai cinq volumes de cet ouvrage ce récit en braille oui vendu au prix 190 € au prix au même prix que le volume pour les voyants. Aki Mariski avant qu'on découvre votre profil idéal qu'est-ce que vous avez devant vous ? C'est une étoile du ciel c'est quoi cette chose dorée ?

Effectivement, c'est quelque chose de rare si les étoiles sont pas très rares, mais c'est une c'est la médaille de Paris 2024 et voilà, car vous êtes champion paralympique de Cessi Fooot, vous avez battu vous et vos camarades, l'Argentine et le tir au but le premier c'est vous avec votre pied droit qui avait été très abîmé par un soldat algérien et on va en reparler après votre profil idéal à Kim réalisé par Gael Legra. Akimareski, après avoir perdu la vue et frôé la mort à l'âge de 18 ans lors d'une manifestation en Algérie, vous êtes devenu champion de C foot au jeux paralympique de Paris. Alors, comment renaître dans la nuit comme vous l'écrivez aujourd'hui ?

Pour répondre à cette question, vous avez le profil idéal. Né en 1983 à Tamasit en Kabili, vous aimez le foot et dans les années 90, vous suivez la Juventus de Turin du joueur Alessandro Del Pierro et Manchester United du manager Alex Ferguson. Mais les années 90 en Algérie sont aussi celles de la décennie noire et des attentats du groupe islamique armé.

À l'époque, le chanteur Kaby Matou Blounes porte la voix des démocrates contre les terroristes et contre le gouvernement. Moi, je préfère mourir pour mes idées que de mourir de lassitude ou de vieillesse dans mon lit. [Musique] Matou devient mon dictionnaire de la vie, mon mode d'emploi pour apprendre à être libre.

En 2001, vous participez aux manifestations lycéennes contre les violences policières. Assassin, assassin. Un gendarme vous met en jou, il tire.

Soudain, une lumière blanche puis plus rien. Blackout. Blessé au pied et à la tête, ner optique coupé, vous devenez aveugle.

Votre père vous fait soigner en France pendant votre longue convalescence. Vous apprenez la guitare. Puis vous intégrez une équipe de Cessif foot en banlieu parisienne.

En 2009, vous êtes sélectionné en équipe de France et devenez champion d'Europe. En 2012, vous participez au jeux paralympique de Londres. C'est un moment de partage comme tous les jours en fait avec l'équipe et non, je suis pas stressé.

Vous remportez la médaille d'argent et vous poursuivez votre carrière internationale. Jouer au foot sans canne, sans chien guide, sans rien du tout, juste en se basant sur des repères sonores. Ça ça m'a beaucoup beaucoup aidé à être autonome dans la vie quotidienne.

En 2024, au Jeux Paralympique de Paris, vous obtenez la médaille d'or en finale contre l'Argentine. Dans les dernières lignes de votre livre, vous formulez une pensée pour Matou et pour toutes les étoiles qui nous ont été arrachées. et mareski on vous sent ému d'avoir entendu la voix chantante de ce martyr de la liberté et de l'émancipation qui était matou blouness votre idole kabile Berber effectivement je suis vraiment très ému parce que je découvre ce cette introduction comme comme tout le monde comme les téléspectateurs.

Tout d'abord, merci beaucoup. Merci pour votre invitation. Euh ouais, ému parce que ça me renvoie à des moments euh euh voilà, des moments de tragédie, de joie aussi parfois parce que bah c'était aussi ma jeunesse.

Euh j'étais bien, j'étais heureux. Votre jeunesse, il y avait des ballons de foot déjà mais ils étaient faits dans des poches de lait cousu yeux avec des fils et vous jouez quand vous étiez petit avec vos amis. Je pense que tous ceux qui tous ceux qui entendent cette phrase, tous ceux qui ont tous ceux qui vont lire en fait le livre vont comprendre de quoi je parle.

Effectivement, on fabriquait, on était tellement passionné que tout ce qui était rond, un peu léger comme ça pouvait servir de ballon. Donc on fabriquait ça vraiment comme on pouvait. Voilà.

Exactement. Pouv ça. Euh Akimaris qui vous dites "Je n'ai pas perdu la vue, on me l'a prise." H nuance.

Nuance, c'est pas la même chose. Un gendarme ? Ouais. un gendarme en fait, des gendarmes et des gendarmes sur une manifestation pacifiste de jeunes gens comme vous.

Hm hm. Des étudiants. Ouais, on était des étudiants, on manifestait euh à la base c'était une manifestation pacifique donc d'étudiants.

Malheureusement, elle a été violemment réprimée euh par les autorités à l'époque. Donc c'était en 2001 il y a très longtemps maintenant. H le temps passe vite.

Euh moi c'est la vue, d'autres copains c'est autre chose et d'autres malheureusement c'est la vie. Comme vous dites euh mon meilleur pote à l'époque c'est 5 balles dans le tor et c'est c'est la vie Youssef. Ouais ouais Benjamin.

Et alors vous arrivez en France grâce à votre père à qui vous devez beaucoup ces deux années difficiles avant vous dites une renaissance un cauchemar et une deuxième naissance. une deuxième naissance, j'assimule beaucoup ça à une naissance parce que je suis arrivé en France vraiment sans rien, même pas de vêtements finalement sur moi. Et donc sans sans connaître forcément le français, sans connaître le paysage dans lequel j'allais tomber, dans lequel j'allais arriver, la ville, les gens qui allaient m'entourer, euh les mœurs, des traditions, enfin tout, enfin je connaissais rien de tout ça.

C'est-à-dire que les gens au début me parlaient et je comprenais rien du tout à part mon père qui parlait en kaby traduit et puis d'autres personnes de mon village à l'époque qui venait me voir. Sinon, je comprenais pas grand-chose. Donc et puis j'étais dans un monde de lumière, je me retrouve dans complètement dans dans le noir complet.

Des sens à s'éveiller, se réveiller, mais je comprenais pas trop, je maîtrisais rien. C'était vraiment un truc voilà, la musique vous a sauvé. l'amour, la solidarité, l'amitié.

La France d'ailleurs, vous en parlez, vous dites "J'ai tellement de gratitude pour le pays qui m'a fait renaître, l'hôpital des 1520 entre autres institution hospitalière et puis le C foot. Ça fait 20 ans que vous jouez au foot, que vous faites du CCI foot. Vous vous jouez avec vos oreilles ? avec mes pieds toujours, mais beaucoup avec les oreilles, beaucoup avec l'écoute.

Un clin d'œil pour l'histoire en fait, c'est euh je découvre euh ce ballon rond, ce ballon de sissifot pour la première fois à Grelot. À Grelot, voilà, en septembre 2004. Ouais.

Et on est champion paralympique 20 ans pile poil. 20 ans après. Donc c'est euh c'est vrai que c'est beaucoup 20 ans dans une vie, mais euh c'est passé très vite.

Il y avait tellement d'apprentissages à faire, il y avait tellement de choses à faire. La première c'était d'apprendre de réapprendre finalement à jouer au football. Ma passion ou mais cette fois-ci avec l'écoute, avec les oreilles comme vous dites et pas la vue.

Et c'était c'était pas évident. Vous dites c'était pas évident. Ouais.

Oui. Euh alors voilà, médaille d'or au jeux paralympique de Paris. Ça c'était il y a un an en 2024 et Akimareski les bleus du CCI foot ont rencontré, on va en parler avec Anna, les bleus euh qui voit à Clarfontaine rencontre à Clarfontaine.

Font exactement, c'était il y a de semaines. Les doubles champions du monde de football vous ont invité, vos coéquipiers et vous à assister à un de leurs entraînements. On vous voit d'ailleurs sur les images plutôt complices avec Kyan Mbappé que vous aviez d'ailleurs rencontré quelques mois plus tôt et vous l'aviez même initié au CC foot.

Vous avez ensuite pu assister au match de qualification pour la Coupe du monde 2026 France Islande au Parc des Princes et c'était l'occasion pour la Fédération française de football d'officialiser une nouvelle application qui permet désormais de regarder tous les matchs de foot en audio description à partir de son téléphone. Alors, je précise que vous êtes aussi président à Kimareski du comité en disport en scène Saint-Denis. Est-ce que vous avez l'impression que depuis la fin des Jeux Olympiques et bien euh les personnes en situation de handicap, dans le sport ou dans la société en général, il y a eu des progrès pour ces personnes-là ?

Je peux pas dire oui, je peux pas dire non. Il y a des volontés, des bonnes volontés, il y a des améliorations dans ce sens, dans la reconnaissance du parasport, de l' sport d'une manière générale, mais les faits malheureusement ne suivent pas forcément la réalité. Donc il y a plein de constats qui vont dans le sens positif et d'autres malheureusement qui vont dans le constat dans le sens négatif.

Qu'est-ce que vous aimeriez améliorer ? La prise en charge d'une manière générale, la reconnaissance de ce sport. C'est-à-dire que euh je sais pas qu'on soit qu'on soit invité de la même manière pour faire découvrir une discipline qu'on soit champion paralympique ou qu'on l' pas.

Hm hm. Parce que OK le le CCO par exemple, on est champion paralympique. Il y a il y a 10 athlètes champion paralympique avec les membres de staff qui sont six.

On est champion paralympique mais il y a presque presque 400 d'essenciés en France et celaxa si on éétait pas champion bah on en parlera on parlerait pas en fait. Donc pourquoi on attendrait que qu'on soit champion paralympique pour en parler en parlant d'abord après si on devient champion paralympique bien sûr nous c'est notre objectif. Ouais et on l'a fait sur la Tour Effel, le meilleur endroit au monde pour le faire avec face ouis et face à l'Argentine.

Face à l'Argentine, il faut le dire avec un pied qui aurait dû être amputé. C'est ça qui est incroyable dans votre histoire à Kimar si vous-même vous dites "Je vais frapper avec ce pied" alors que vous auriez pu le perdre 20 ans plus tôt. En fait ce pied, j'y pense tous les jours.

Quand je dis quand je dis ou quand j'écris dans le bouquin que la France m'a sauvé, c'est pas une phrase juste comme ça en l'air. C'est parce que c'est vrai parce que en Algérie, malheureusement, j'ai j'ai pas été soigné. Je suis resté 5 jours sans soin.

Donc mon arrivée en France, les médecins, ils se sont acharnés euh médicalement parlant sur moi vraiment pour me sauver d'abord la vie, après essayer de rattraper, de sauver le maximum de choses dans mon pied. Et le compte-rendu médical euh du des premiers jours faisit voilà, faisait état d'un gros point d'interrogation sur une possibilité d'ampation en fait ou pas. Et euh bah un traitement a été mis en place, un protocole a été mis en place et heureusement voilà c'est Vous visez Los Angeles 2028, les Jeux Paralympiques, c'est un cap qui est assez loin.

C'est le cap, c'est l'horizon que vous visez avec votre corps, avec vous qui voyez avec votre vot tout votre corps ? Alors, avec l'équipe de France, on vise effectivement euh les jeux de de Los Angeles. On est on est champion paralympique, on a le titre paralympique, on va tout faire pour aller le défendre à Los Angeles.

Mais avant ça, il faut beaucoup beaucoup de travail. On est passé par là avant de le conquérir ce titre. Euh, on est passé par des années de travail de de préparation.

La prochaine étape, c'est les championnats d'Europe qui vont se dire "J'all trop vite !" Ah vous inquiétez pas, vous inquiétez pas, on va on va y arriver. Très bien.

On vous suivra des championnats d'Europe qui vont se se dérouler en France l'été prochain, donc au mois d'août prochain du du 17 ou 24 août à Strasbourg. D'accord. Très bien.

Euh puis la coupe du monde 2027 et puis après le s advienne que pourra. Merci infiniment d'être venu évoquer votre votre passion, la flamme qui vous amite qui vous habite et puis votre récit renaître dans la nuit aux éditions XO pour les voyants et pour les autres en Braille en 5 volumes. Merci encore à Kim Hareski.

On va changer de sujet, on va abandonner les Jeux Paralympiques et le CCI foot. Et on va passer à notre débat sur les suites diplomatiques et politiques de la reconnaissance par la France hier à l'ONU de l'État de Palestine. Est-ce le début d'une solution à deux états ?

Sur quelle base géographique concrète fallait-il assortir cette reconnaissance de conditions auprès des pays arabes ? La solution à deux États est-elle possible malgré l'opposition du gouvernement israélien qui menace d'annexer l'assise jordanie et de l'administration américaine ? On en parle tout de suite mais après la mise au point de Sandrine Lecalvez.

Sur le front de mer de Gaza, celui la même que Donald Trump voudrait transformer en Riviera, les Gazaouis luttaient ce matin encore pour leur survie, indifférent pour beaucoup à la reconnaissance de l'État de Palestine par la France. Ça ne sert strictement à rien. Notre seul espoir est que Dieu mette fin à la guerre.

Un point, c'est tout. En si Jordanie, pas beaucoup plus d'enthousiasme. Nous sommes reconnaissants bien sûr, mais bon, nous étions un peuple occupé et maintenant nous sommes devenus un état et un peuple occupé.

Quelle sera donc la portée de la déclaration d'Emmanuel Macron hier au siège des Nations Unies à New York, Solanel, le président français y a prononcé un discours très attendu. Fidèle à l'engagement historique de mon pays au Proche-Orient pour la paix entre le peuple israélien et le peuple palestinien. Je déclare que la France reconnaît aujourd'hui l'État de Palestine.

Comme dit autres pays ces dernières 48 heures, la France a officiellement reconnu l'État de Palestine sous les applaudissements en l'absence remarquée des représentants américains et israéliens. Les États-Unis et Israël ne participeront pas à cette mascarade. Le président palestinien a lui salué une reconnaissance historique et courageuse en promettant d'exclure le Hamas d'un futur état palestinien.

Le Hamas n'aura aucun rôle dans le gouvernement. Nous condamnons les meurtres, les enlèvements et les actions du Hamas du 7 octobre 2023. Emmanuel Macron a conditionné toute ouverture d'ambassade ou de consulat à la libération des otages du Hamas et à incesser le feu.

Alors la solution à deux États peut-elle vraiment prendre forme ? Israéliens et américains opposés à l'initiative française vont-ils mettre leur menace de sanction à exécution ? La paix est-elle possible sans l'appui des États-Unis ?

Nos trois invités pour ce débat. David Calfa, bonsoir. Vous êtes cirecteur de l'observatoire du Moyen-Orient de la fondation Jean Jorè.

Votre dernier essai Israël-Palestine année zéro est paru aux éditions du bord de l'eau. Selon vous, le discours d'Emmanuel Macron hier à l'ONU est un acte symbolique mais la France compense son influence limitée au Proche-Orient par des discours grandiloquants. À côté de vous Dominique Edé, bonsoir, vous êtes romancière esséiste libanaise.

Votre essai autour du drame qui se joue à Gaza intitulé La mort est en train de changer paraît demain aux éditions Les liens qui libèrent. Selon vous, la reconnaissance d'un État palestinien par la France arrive tardivement. Elle survient au moment où le mot état ne correspond plus à rien sur le terrain.

Malgré tout, ajoutez-vous, acter cette reconnaissance, c'est mettre un coup de frein à cette folie meurtrière qui est en cours à Gaza. Et Arancha Gonzalez, bonsoir, vous êtes doyenne de l'école des affaires internationales de sciences pot et vous futes ministre des affaires étrangères dans le gouvernement de Pedro Sanchez entre 2020 et 2021 et vous avez travaillé pour les Nations Unies. Vous estimez que reconnaître un état palestinien n'est pas un geste inamical vis-à-vis d'Israël.

Quand l'Espagne avait reconnu l'état de Palestine, c'était en mai 2024, et bien l'Espagne a enduré les mêmes reproches que la France et qu'Emmanuel Macron. Faire un cadeau auas et favoriser la montée de l'antisémitisme. Nous en débattrons évidemment et on démarre avec l'anaphore du jour.

Benjamin, c'est celle utilisée par Emmanuel Macron hier à l'assemblée générale de l'ONU. Le temps est venu qu'il a scandé 12 fois dans son discours pour justifier la reconnaissance par la France d'un état palestinien. Et après ce discours historique, l'ambassadeur d'Israël en France, Joshua Sarka a jugé que la France devenait, je cite, un agent déstabilisateur au Moyen-Orient.

David Calfa, dans cette déclaration de l'ambassadeur, vous y voyez une exagération totale ou une part de vérité ? une exagération, même s'il est probablement dans son rôle en tant que en tant que diplomate, ce qui représente le gouvernement israélien dont on connaît les positions qui sont très très dures, très hostile à cette reconnaissance. La présentation qui a été faite de ce que je pense de la reconnaissance un peu disons rapide ce que je suis euh de ceux qui pensent que en fait la question les mal poser c'est pas d'être pour ou contre.

Enfin, je je crois pas qu'ici autour de la table, on soit hostile à la solution à à deux états. La question qui se pose, c'est celle de la méthode et surtout de la mise en œuvre concrète. Voilà.

Et donc c'est là où le babless et là je rejoins ce qui ce qui a été dit sur le fait que malheureusement aujourd'hui il y a un décalage énorme entre les déclarations. Donc une reconnaissance c'est une déclaration, c'est un acte de langage comme disait le philosophe Austin. Mais la question de savoir c'est quel quel effet il produit.

H Dominique, vous y avez vu et lu quoi dans cette déclaration du président de la République ? Un chemin vers la pays réversible ou des incantation qui n'auront pas d'aboutissement réel ? Écoutez, une pays irréversible, ce serait trop beau pour tout le monde.

Je n'irai pas sûrement pas jusque là. euh incantatoire seulement non plus parce que je crois que président Macron a donné là un de ces discours, je dirais les plus cohérents, les plus les plus près de la réalité depuis le début de cette catastrophe pour tout le monde, c'est-à-dire depuis le 7 octobre. Euh je pense qu'il a euh pointé les souffrances de part et d'autre.

Ce qui aussi est très important quand on parle de paix, de ne pas parler uniquement de euh de décisions abstraites. Et je dis bien abstraite parce que concrètement nous n'avons strictement rien pour justifier d'un état sur le terrain à l'heure actuelle. Donc elle a cette valeur.

Moi, je je j'aurais souhaité, partant de sa formule qui est le temps venu, euh revenir à ce que je sais un petit peu mieux que la question strictement géopolitique, c'est-à-dire ce rapport au temps qui est actuellement la grande crise dans laquelle nous trouvons tous, à savoir que nous avons un temps qui va à une vitesse de bolide du côté de deux puissances écrasantes que sont la puissance américaine et la puissance israélienne représentée par Netania et Trump d'un côté et cette lente vitesse d'une Europe qui a beaucoup tardé à l'exception de heureusement d'États comme l'Espagne ou l'Irlande. Mais enfin tout ça reconnaissance et la Suède pardon mais pas seulement pour la reconnaissance pour la l'appréciation réelle des enjeux sur le terrain au-delà des affects. Dominique AD, on va y revenir à propos de cette asymétrie, mais on va évoquer avec vous trois et avec Anna euh les conditions concrètes juridiques pour qu'un état advienne.

Ça remonte à la convention de Monté vidéo en 1933. Vous nous expliquez ? teexte qui déaissance d'un état souverain.

On va voir s'afficher. Une population permanente, des frontières définies, un gouvernement capable d'exercer son autorité et la capacité à entretenir des relations diplomatiques internationales. Alors en l'État, une seule des conditions semble être remplies du point de vue du droit, c'est celle de la population.

En ce qui concerne les frontières d'un état palestinien, elles sont très difficiles à définir et cela depuis longtemps et surtout elles ont évolué au fil du temps. On va le voir d'ailleurs sur ces cartes. Regardez, de 1922 à 1947, la Palestine est sous-mandat britannique avec une population, on le voit ici majoritairement arabe.

En 1947, le plan de partage de l'ONU prévoit un état juif et un état arabe. Cet état arabe composé de la bande de Gaza, de la Si-Jordanie et Galilée en vert sur la carte. Ensuite en 1949, Gaza passe sous administration égyptienne et la six-jordanie est annexée par la Jordanie.

Puis ensuite, la guerre des 6 jours en 1967 et les accords d'Oslo en 1993 vont encore redéfinir les frontières et marquer progressivement l'avancée de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens. On voit d'ailleurs sur cette dernière carte le morcellement de ces territoires palestiniens au fil du temps. Et je reviens enfin aux dernières conditions, la 3e et la 4e.

Elles ne sont pas remplies à ce jour. L'autorité palestine étant jugée par beaucoup illégitimes et impuissante à gouverner. Alors Arancha Gonzalez, d'un point de vue strictement juridique, est-ce que c'est illusoire de croire à la création d'un état palestinien ?

Je ne crois pas qu'on est dans la réalité juridique. Ce n'est pas sur le plan juridique qu'on est en train de travailler. On travaille sur le plan politique.

Mais est-ce que les deux ne peuvent pas être fait conjointement ? Euh peut-être ou peut-être pas, mais regardons pourquoi. H pourquoi on est arrivé là ?

Je crois qu'il y a des raisons pour lesquelles on est arrivé là. D'abord, on pensait qu'on allait arriver ici à la fin d'un processus de négociation entre Israël et Palestine. Aujourd'hui, on se rend compte que peut-être ce moment n'arrivera jamais.

Il y a une menace d'annexion de la SJ Jordanie. Donc c'est une manière euh pour beaucoup de pays de dire euh nous restons fidèles, cohérents à ce qui étaient les projets originals des deux États. Mais il y a aussi un autre élément qui est impression grandissante de la part des opinions publiques dans beaucoup de pays européens. qui ne voi pas une solution apportée par leurs états et qui ont pris en main la protestation une protestation d'ailleurs parfois un peu violente et à laquelle les chefs d'état et des gouvernements nécessitent aujourd'hui aussi de répondre.

Voulez réagir à David Calcon ? Non non, je suis assez d'accord à ce que ce que ce qui vient d'être dit là. On reconnaît un état virtuel sur le plan strictement juridique.

En fait, la reconnaissance c'est un acte juridique mais il a en effet comme vous l'avez dit a une portée politique et symbolique très très forte. Euh et je pense c'était de mon point de vue la vertu principale de cette reconnaissance, c'est de sanctuariser la solution États à un moment où vous avez une coalition en Israël droite extrême droite qui veut la liquider en fait et qui s'en cache absolument pas. Euh et vous avez aussi en Palestine des forces qui elles aussi la la rejettent comme le Hamas et d'autres groupes armées euh islamistes.

Donc euh donc de ce point de vue-là, je pense que c'était euh c'était utile. Mais euh là, le décalage que je décrivais tout à l'heure entre le déouré, c'est-à-dire le droit, le défacto, c'est-à-dire les faits euh que vous avez pointé euh est terrible et et il va falloir essayer de combler en fait ce ce décalage et et donc la question qui se pose maintenant, c'est est-ce que la France est en mesure de le faire seul ? Non.

Je pense que c'est d'où la l'intérêt pour la France d'avoir embarqué les Saoudiens. Je note quand même que euh MBS n'était pas présent, qu'il l'a pas envoyé le le Oui. avec qui cette décision a été imaginée avec le président français.

C'est ça. Donc le prince héritier qui n'a seulement pas été physiquement présent mais qui par ailleurs n'a même pas envoyé un message enregistré. Donc moi je l'interprète comme sans doute il a voulu ménager son allié américain très probablement avec qui il y a aussi des relations de business avec la famille Trump.

Hm. Et puis peut-être qu'il y a un questionnement sur la capacité de la France à délivrer. Et peut-être qu'il y a un questionnement, Dominique Eddé, sur la reconnaissance de la souveraineté de l'État hébreu par les pays arabes à commencer par l'Arabie Saoudite.

On parlait de presque 160 pays qui reconnaissent donc l'État de Palestine. Ils sont 154 parmi les nombres des Nations Unies qui reconnaissent l'État hébreu. Est-ce qu'il y aurait pas aussi cette nécessaire Vous savez la reconnaissance la reconnaissance des factaux de l'État d'Israël ?

Elle est évidente et mais elle n'est pas faite par le COT, par l'Armoudite, par ça vraiment de l'ordre de la formalité et je dirais même si le terme n'est pas très politique d'une hypocrisie générale est parfaitement partagé. Donc euh la question de la reconnaissance, elle devrait se poser en terme beaucoup plus profond qui est la reconnaissance d'une histoire qui a été l'histoire d'une dépossession euh qui a couru sur euh plus de 75 ans euh dans des conditions absolument atroces et qui a fini par euh cette carte que nous avons vu ici qui est ce qu'on appelle un nettoyage progressif ethnique avec le point culminant du génocide en cour à Gaza. Alors, ceci n'exclut pas évidemment que cette histoire elle-même est adossée à une autre et que cette autre est elle-même à une dimension extrêmement tragique.

Mais ces deux mémoires pour l'instant ne se sont pas rencontrées. Une mémoire a fait main basse plus ou moins sur l'autre par l'intermédiaire des pays responsables de la tragédie originelle et absolue qu'a été la Choa. Donc nous avons là, si vous voulez, une carte psychique.

Hm. de traumatisme et de souffrance à laquelle personne ne veut s'attaquer directement. Donc tout ce monde se réunit autour des tables, euh fait euh euh le travail aujourd'hui mieux qu'hier, mais il e mieux valu qu'il ait été fait au moment où vous-même d'ailleurs, avant même l'élection de Trump, vous avertissiez les Européens sur l'urgence de regarder tout ça de plus près.

Justement Gonzalez, quelle conséquence quand même concrète maintenant les géopolitiques. Ça a provoqué l'ire des autorités israéennes que cette reconnaissance par la France avec des menaces de de mesures de rétorsion par Neto, comment ça s'était passé pour l'Espagne et qu'est-ce qu'on peut craindre ? Est-ce que ça risque pas d'avoir un effet contre-productif ?

Non, je crois que on connaît euh parce que ça s'est passé déjà euh dans ces dernières années euh d'abord une accusation que je trouve très forte, très difficile qui est l'accusation d'antisémitisme parce que j'ai cin que on est en train de euh d'évaluer euh ces mots qui est l'antisémitisme dans un moment où il y a du vrai antisémitisme. Chacun qui décide de faire quelque chose qui ne plaît pas au gouvernement euh de Netaniaah ou au gouvernement des États-Unis de Donald Trump s'est fait accuser d'antisémitisme. Ça c'est la première la première leçon.

Après, je crois et donc ça je trouve que c'est très difficile parce que il y a du vrai antisémitisme et que il y a même eu une explosion en France après le 7 octobre. ça va être très difficile d'y répondre, mais il y a euh une autre voix qui est déjà ouverte euh qui est la voix de l'annexion de la S Jordanie. Et ça euh c'est aussi euh pour cette raison que les États et aujourd'hui euh c'est beaucoup des États qui ont utilisé ces moments aux Nations- Unies pour dire non.

Certains craignent que ces reconnaissances David Calafa pousse Netaniaou à accélérer ce processus d'annexion justement de la 6 Jordanie. Ouais, ça peut être un effet pervers paradoxalement. Pardonnez-moi de vous interrompre mais il n'y a pas que la S Jordanie.

Il y a le Golan qui est en train d'être négocié. Il y a le sud du Liban. Il y a la déclaration faite par Nathanaho le mois dernier réclamant le grand Israël.

Il y a un plan en marche donc il faut bien l'avoir en tête avant de travailler les pourtour d'une situation qui va à toute allure. C'est ce plan dont Oui. Alors euh cette fuite en avant éventuelle.

Oui. Pardon faire un tout petit rappel historique quand même parce que on en discuté tout à l'heure avec Gonzalez. Moi je pense c'est très important aussi de de ne pas exonérer les partis en fait de leur part de responsabilité même s'il y a une asymétrie des rapports de force entre israéliens et Palestinien.

Les Palestiens ont aussi leur responsabilité historique d'ailleurs dans les les échecs successifs des négociations. Je rappelle 47 leadership palestinien refuse le point de partage déclare la guerre à l'État d'Israël. 67 nouveau refus 2000 nouveaux refus 2001 nouveau refus 2009 allert que je connais très bien et qui a d'ailleurs il y a un document d'arté récent qui qui montre qu'il avait proposé 95 % retrait de la 6 Jordanie les 5 % de territoires restants avec des des rétrocessions pardon territoriales équivalentes.

Donc il y a eu et chez Arafat et chez Markudabas des occasions de manquer. Les Israéens aussi leur part de responsabilité he parce que la médiation américaine était quand même elle épousait beaucoup plus disons le le point de vue israélien que le point de vue palestinien. Mais ça c'est important de le rappeler parce que cet état palestinien il aurait pu naître en 1947.

Vous rappeler que pendant ce temps les colonies se multiplient. Non, on pas d'accord. Non, on n'est pas d'accord parce que je Non, laissez-moi vous dire.

Non, vous pardon mais moi je vous laisse finir vos phrases juste quand même. Non, je veux juste vous dire une chose. Le mot colonie n'a pas été prononcé aux Nations- Unies.

La démilitarisation du futur état palestinien et acquise les yeux fermés comme une évidence. Il faut que vous compreniez que nous dans cette région, nous avons aujourd'hui le sentiment qu'un état qui est l'état dirigé par Nathanahu et l'extrême droite est en train de démilitariser toute la région. Ils ont bombardé toute l'armée syrienne, les yeux fermés sans que personne ne pipe un mot.

L'Irak est démembré, le Liban existe à peine. Excusez-moi, mais moi je suis toute prête Non, non, on ne parle pas d'autre chose, je un partisan des colonies. l'actualité l'actualité ne peut plus continuer à faire écran à la pensée parce que ça c'est comme cela qu'on fait du sur place et que l'Europe est dans l'état où elle est terminé de faire un rappel historique c'est pas du tout oui mais on n pas d'accord moi je dis lisez papé lisez lisez le livre d'an papé sur le nettoyage ethnique et tout y est si vous avez si vous avez un fait à contester dans dialoguer c'est un auteur très très contesté mais je crois qu'on n'est pas là pour discuter des nouveaux historiens.

Je me permettais juste de dire en fait que c'est c'est une histoire tragique. Vous avez deux peuples qui revendiquent le même territoire qui ont des légitimité sur ce territoire. C'est ce qui d'ailleurs explique la tragédie isra-palestinienne et que je pense même d'un point de vue strictement à la fois éthique et politique que c'est extrêmement important de ne pas exonérer les leaders.

Je parle pas des peuples d'ailleurs, les leaders de leur responsabilité historique. Ça ça ne ça n'exclut absolument pas la responsabilité israélienne. Je suis pas un partisan de la colonisation.

Enfin bref euh il reste très peu de temps. On va juste s'interroger sur la clé pour essayer d'accéder à une solution à deux États ou peut-être un état binational. On aura pas le temps de débattre entre ces deux options, mais on va écouter bah les États-Unis parce que rien ne semble sans les Américains.

Mais écoutez Trump qui a été très critique sur et bien l'annonce par Emmanuel Macron de la reconnaissance d'état palestinien. C'était aujourd'hui même. Chagond, est-ce qu'on le veuille ou non ?

C'est cet homme qui a la clé ou pas aujourd'hui ? Il a une partie de la clé euh mais on découvre aussi qu'on a un pouvoir et je crois que notre objectif qui les Européens beaucoup plus que les Européens. Il suffisait d'être d'écouter ce qui s'est passé hier.

Il y avait l'Afrique, il y avait l'Asie, il y avait l'Amérique latine, il y avait du monde et je crois que l'objectif maintenant c'est en cesser le feu parce que ce qui est en train de se passer la prise en otage des civils euh de la part des extrêmes des deux côtés. C'est c'est le feu et sanction contre Israël. C'est ce que disent certains.

C'est ce que vous souhaitez vous par exemple. Non, je crois que c'est qu'il faut c'est utiliser le plus possible ce que nous avons dans notre disposition pour obliger les deux parties à faire ce qu'ils ne veulent pas faire. Bah l'Espagne a proposé des sanctions.

La France pourrait faire de même peut-être. J'ille sur ce que vous avez dit qui est la notion de prise en otage et je crois que avec la figure tragique des otages israéliens actuellement dont nous souhaitons tous ardemment qu'ils soi libéré, il y a là la figure qui s'applique à l'ensemble, je dirais presque de la planète. C'est-à-dire que nous avons tous un sentiment de prise en otage par un système politique et une politique internationale qui est en pleine faillite et qui essaie de camoufler sa faillite par une course à l'argent et à la tout-puissance financière qui ne peut pas être un projet pour l'humanité.

Donc oui, nous sommes tous pris en notre et peut-être même Emmanuel Macron lui-même et c'est ce quoi il essaieblement de seiguer par le Hamas aussi qui a publié hier des vidéos au moment où il y avait cette reconnaissance de vidéos laissant entendre que les otages allaient être exécutés. David Calfa oui, on se retrouve dans une situation qui nous semble bloquée encore maintenant malgré et bien ce qu'on entend de la part du présement à ce qui vient d'être dit hein cette double prise d'otage côté israien. Il y a une prise d'otage au sens politique du terme où vous avez une majorité population qui veut un arrêt de la guerre depuis des mois déjà qui manifestent.

Mais le premier ministre israélien n'en fait qu'à sa tête parce que son obsession c'est de se maintenir au pouvoir. Il sait très bien qu'à la minute où un processus électoral s'enclenche il risque de perdre cette élection parce que tous les sondages successifs depuis 2 ans et demi he même avant les massacres du 7 octobre montrent que il perdrait ces élections au profit de au profit de l'opposition. Pardon, j'abuse.

À propos de sondage. Le sondage israélien de février dernier dit que 73 % de la population israélienne souhaite l'expulsion totale de tous les Palestiniens de Gaza. Seul 3 % trouvent ça immoral.

C'est une vraie question. Non, je crois que aujourd'hui les plus urgents, c'est protéger les civils à Israël mais à augaza. au Gaza, cette population qui est en train de mourir de faim, de soif, euh des manques, des médicaments, il faut tout.

Et quand j'ai dit tout, c'est tout pour obtenir un se le fait maintenant. C'est ça. Ça doit être notre objectif collectif.

Tout à fait. Dernière fois et si je peux me permettre vraiment essayer de faire le plus de donner le plus de déco possible aux voies de la paix, ceux qui se battent sur le terrain en Israël, en Palestine pour justement sortir de cette ornière, sortir de la guerre, mais surtout ouvrir une autre perspective que simplement le conflit. Vous l'avez fait ce soir tous les trois, chacun à votre façon.

Merci infiniment d'être venu débattre euh vraiment et on va rester dans l'actualité mais alors plus légère vue par Xavier Modu et Marie Bonisso, un spécial États-Unis d'ailleurs comme s'augure du plus bizarroïde. Donald Trump rêve d'une salle de balle dorée du sol au plafond à la maison blanche. Un truc énorme au frais du contribuable évidemment. et la nouvelle mode des déodorants pour tout le corps, le triomphe de l'hygiénisme et du mercantilisme.

Mais d'abord le mot vedette du jour, job hugging. Étreindre son job pour signifier qu'on y tient à tout prix, cet entendu. Job hug.

Job hug. Job hug. Qu'est-ce que ça veut dire exactement ce que ça dit.

Merci de m'en dire un peu plus. Entendu la vie secrète des mots vedettes. Job hugging du vieil anglais Job petit boulot et du nordoi Hugga conforté traduisible par Calin son job désigne la tendance des salariés à s'accrocher à leur job comme une moule à son roche.

Mercredi 3 septembre, les États-Unis ont confirmé le déclin du nombre d'Américains qui quittent leur job, soit une tendance au job hugging. Quel que soit le groupe d'âge, de revenus ou de niveau d'étude, la confiance des travailleurs américains à retrouver un job dans les 3 mois n'atteint pas 45 %, le plus bas niveau depuis 2013. Cette crainte liée au contexte économique incertain et à la démotivation massive qui touche 69 % des Nord-Américains dope le Job Huggy.

Dans l'Amérique post Covid, le soudain besoin de sens avait déclenché un phénomène de grande démission avec plus de 4 millions de claquages de porte par mois. Le marché du travail était en surchauffe, la mobilité professionnelle la règle. On parlait de job hopping, sauté de job en job.

Et cette audace était payante avec une augmentation de 7,7 %. Désormais, changer de job ne présente plus d'avantage financiers. Le taux de chômage atteint son record en 4 ans.

Le marché du travail chute et les managers qui se plaignaient hier de ne pas pouvoir retenir les talents font face aujourd'hui à un turnover trop faible pour revigorer leurs équipes. Conséquence du fameux job hugging. Les Job huggers sont des salariés qui font le strict minimum.

Des poids morts du capitalisme contre lesquels une économiste de l'université de Chicago a trouvé la parade la réflexion sur le sens de la vie. Pousser un employé sous-performant à réfléchir à la vacuité de son job. suffirait à le faire démissionner de lui-même et se retrouver pauvre comme Job.

Hugging, je vous hug hein. Ouais, même si je pu parce qu'il paraît qu'on pu tous mais ça on verra ça avec vous Marie. Moi j'aimer toutes les odeurs.

Voilà. Alors Xavier avant les odeurs et l'odeur à de Marie, on va évoquer Trump. Donald Trump qui lance des travaux à la Maison Blanche.

Une salle de balles gigantesques, 200 millions de dollars pour un projet de 800 m². Non, 8000 8000 m² exactement. 800 m², c'est un studio.

Bon et ça sera doré des pieds du sol au plafond normalement. Oui. Et nous allons visiter cette L S parce qu'elle va être installée là cette salle de balle.

Ellisabeth en 1902, le président des États-Unis, Théodore Wolfsvelt confie à l'architecte Charles Mim la rénovation de la Maison Blanche. Al travaux de rafraîchissement, travaux de modernisation, ascenseur, électricité, mais ça suffit pas parce 19e siècle, l'administration n'a cessé de gonfler et puis ce président la Théodore Roosevelt à 6 enfants. Faut logiquement, il faut agrandir les lieux.

Ouais, c'est exactement ça. L'idée, c'est de construire à ce moment-là une aile ouest. une aile ouest pour y installer les bureaux.

C'est d'ailleurs encore aujourd'hui là où se trouve le bureau oval. Quant au bâtiment central, le bâtiment originel, bah c'est pour la résidence du président de toute la smala présidentielle et puis pour les réceptions avec des invités. Puis les deux ailes sont reliées par une colonade qui existait déjà en partie.

Et pour l'équilibre et bien l'idée c'est de construire une aile est. Alors, il existe un truc, une sorte de terrasse là, on imagine quelque chose de beaucoup plus imposant en grande partie vitrée. La vocation de cette est, c'est d'être l'accès, l'accueil, voyez, des invités, mais surtout pour entreposer ce qui prend une place folle, les chapeaux haute forme, les redingotes, les câbles, les grands chapeaux des dames, les mentaux et c'est en fait une sorte de vestiaire.

Et cette petite, elle reste est reste ainsi pendant 40 ans jusqu'à un autre Roosevelt, un autre président mais cette fois c'est Franklin Delano Roosevelt qui décide de l'adapter au changement de son temps. On est en 1942 et oui c'est la guerre. Mais on décide à ce moment-là de construire un bunker souterrain à la place de l'aile est par-dessus, vous voyez en en élévation, on construit bâtiment.

Alors ça sert de bureau. Puis au fil de temps, vous avez une salle de cinéma, vous avez dans les années 1970 les bureaux de la première dame. Et bien c'est ici dans cette L que le président Donald Trump a décidé de construire cette immense salle de balles à 8000 m² comme vous nous le disiez, 650 personnes assises.

C'est vrai que c'est beau, c'est blanc, c'est tout doré aussi. Mais en faisant cela, Donald Trump n'a pas une idée farfelue en fait parce qu'il s'inscrit dans ce qu'on fait avant lui tant et tant de chefs d'état de princes doté leur résidence d'une grande salle de balle et ça était le cas en France évidemment l'Élysée hein sous Louis Napoléon Bonaparte avant de venir Napoléon I bah le président avait agrandi l'Élysée pour recevoir des gens la 3e République pareil 1889 la construction de la salle de réception de l'Élysée pour accueillir des centaines et des centaines de personnes parce que le 19e siècle c'est le siècle le des balles. Alors vous avez bal populaire, le bal musée, vous avez les balles masqué, vous avez les balles mondaines, les balles officielles également.

Et avec Trump, c'est sûr que nous aurons en plus et toujours des ballesvernes. Des balles hivernes ou alors de la poudre et des balles. De la poudre, enfin bon.

Et des balles. C'était Louise de Ville Morum, mais c'est une autre histoire, à une autre époque. Merci monsieur Maudi.

Marie, on pue. Bah ouais, je suis désolé. Mais vous avez un remède à ça.

C'est pas mon remède mais alors il paraît qu'on pue. Je pue, vous puez. On vient au travail comme ça en toutant de partout.

En tout cas, c'est ce qu' essaie de nous faire croire la propagande publicitaire actuelle pour des déodorants présentés comme ultra puissant en Amérique. En Amérique, mais on en a aussi dans si vous les cherchez, vous allez les trouver. Sont des déodorants whole body, donc corps entier.

Vous êtes censé vous piter donc des aisselles aux plantes de pieds en passant par tout ce qu'il y a vraiment tout tout cheater, tout vous désutorisez plusieurs fois par jour. Alors la la coupable, celle qui a inventé ce concept, c'est une américaine évidemment. Elle s'appelle Shannon Clingman et c'est elle qui lance en 2017, dit-elle la première, un déo pour tout le corps.

Bon, elle est un peu dans le désert à l'époque, elle est un peu pionnière mais elle va finir par avoir du succès avec ses dédos et ça convaint tous les géants du secteur cosmétique de lui pomper l'idée. Résultat, aujourd'hui, ça se vend partout. Le déodorant serait l'innovation phare de l'année 2024 d'après le patron d'une euh lever qui se frotte les mains dans le Wall Street Journal.

Alors que rappelle le magazine américain Atlantique a publié un article très fouillé sur cette nouvelle anxiété olfactive généralisée alors que la plupart de nos glandes sudoripar, j'adore ce mot, c'est les glandes qui produisent de la sueur. Elles ne provoquent absolument aucune odeur corporelle. la majorité de ces glandes, tous les chercheurs interrogés par le journaliste de Atlantique sont d'accord pour dire que ces déos là de tout le corps sont une absurdité scientifique.

Donc quoi ? Pourquoi ? Alors, il y a des débuts d'explication, certains parlent de la pandémie qui nous aurait désaclimaté à l'odeur de nos semblables.

D'autres renvoient au puritanisme américain, hein, qui détestent les corps. À l'opposé, d'autres cultures qui recherchent l'odorat, donc par exemple les maories à Nouvelle-Zélande, eux font un sadu traditionnel en se frottant le nez et le front. Voilà, on n pas peur de se toucher et puis surtout ça, il y a une autre couche, c'est une peur qui a été totalement fabriquée par les marques.

Je parlais tout à l'heure de propagande au début de ma chronique. Le gardien raconte quand même comment une marque de CDO a inventé un mot, l'air de rien, le mot faub, c'est un un acronyme qui veut dire donc fear of body, peur des odeurs corporelles. Et donc c'est un mot qui s'est répandu ensuite sur les réseaux sociaux dans la bouche de tous les gens qui commençaient à parler de Déo comme si ce mot existait depuis toujours alors qu'on vient vraiment de l'inventer ce faux mot.

Voilà, donc c'est un total retour en arrière puisque on rappelle euh Z Atlantique rappelle que ça fait plus d'un siècle que les déos nous rendent volontairement parano sur nos odeurs. Euh on cite notamment l'idée de génie, enfin de génie du diable de Odoor Renault. C'était un des tout premiers déo qui était une horrible patte qui faisait très qui brûlait les aisselles de tout le monde.

Et alors ils ont compris à un moment, ils ont fait un sondage, ils ont compris que de tiers des clientes potentielles pensaient n'avoir pas besoin de déodorant. C'est pour ça qu'ils arrivent pas à en vendre. Et donc ils se sont mis à faire des publicités très agressives avec des femmes qui parlaient d'une autre en disant bien sûr qu'elle n'en a pas conscience mais cette femme souffre terriblement de transpiration.

Elle ne séduira jamais les hommes. Voilà, c'est pas vrai. On sent bon.

Oui, moi j'ai eu un peu chaud mais on sent bon. Mais oui, vous êtes dans l'émission qui pue la vie et la joie. Voilà et c'est fini.

Et on se retrouve demain à 20h05. Faut mot non. Fau.

Tchus. taco.