Adel Ziane : « Trump est à la fois victime et accélérateur de violences »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Rebonjour Adel Zian. Vous êtes sénateur socialiste de la Seine-Saint-Denis. Actualité très chargée comme vous avez pu le voir.
Actualité traité avec nos partenaires de la presse régionale. Regardez ce qu'il fait la une ce matin, c'est juste derrière moi. Voilà, vous voyez, il y a 3-1.
Le progrès surpopulation. Les prisons au bord de l'explosion. Midi Libre, boum.
Des prix du carburant. Des solutions font le plein. Et puis Ouest France, ciblage des ados.
Comment contrer les réseaux sociaux ? Quelle une qui est l'actu vous inspire ce matin ? Moi, l'actu qui m'inspire, c'est Ouest France.
C'est la une de Ouest France avec le ciblage des ados. Comment contrer les réseaux sociaux ? C'est un sujet sur lequel nous avons travaillé récemment avec les parlementaires, les sénateurs et sénatrices ici, avec une proposition de loi.
Ça a été un débat aussi, le président de la République l'a évoqué. Comment justement faire en sorte que nos adolescents, qui sont extrêmement sensibles aux influences des réseaux sociaux, soient au lieu le mieux protégés possible. Et ça peut mener parfois à la violence en politique, ça me fait la transition avec ce qui s'est passé évidemment aux États-Unis, avec cette nouvelle tentative d'assassinat présumée contre Donald Trump, la troisième en trois ans, ça provoque beaucoup de réactions.
Vous avez vu Emmanuel Macron qui écrit sur X la chose suivante, l'attaque armée visant le président des États-Unis est inacceptable, la violence n'a jamais sa place en démocratie. J'adresse à Donald Trump tout mon soutien. Vous aussi ce matin vous apportez votre soutien au président américain ?
Quand on vit en Occident, en Europe, en France ou aux Etats-Unis, quand on est un démocrate, quand on est un fervent républicain défenseur de la liberté d'expression, évidemment qu'on apporte son soutien au président Donald Trump quant à la tentative d'assassinat dont il a été la cible. Parce qu'en politique, en démocratie, la violence est toujours, toujours, qu'elle soit verbale ou physique particulièrement, elle est toujours inacceptable. Mais aujourd'hui, quand on voit la situation aux Etats-Unis, on se rend compte que c'est un pays qui est dans une situation extrêmement violente.
Je regardais un très beau documentaire hier sur le service publics, justement, sur la situation aux Etats-Unis. Je lisais que soit 58 % des adolescents aux Etats-Unis, des jeunes, s 'attendaient à une guerre civile dans les prochaines années. Il se passe quelque chose aux Etats-Unis.
C'est qu'aux Etats-Unis ou ça dit quelque chose aussi des démocraties en général ? Est-ce que ça nous guette aussi en France ? Moi je pense que ça nous guette progressivement en France si on n'y porte pas garde sur la liberté d'expression, sur la liberté justement de pouvoir s'exprimer de manière sécurisée dans l'espace public.
Mais on voit bien qu'aux Etats-Unis ils montaient en puissance de cette violence avec un président américain, Donald Trump qui est à la fois une victime dans cette séquence mais qui était aussi une espèce d'accélérateur de particules quant à cette violence qu'elle soit politique. On a pu voir ça avec l'assaut du congrès après sa défaite aux élections présidentielles. On voit bien aussi qu'un nombre important de personnalités politiques ont été victimes, cibles de tentatives.
On a eu Charlie Kirk qui a été tué, une députée américaine qui a été assassinée, deux démocrates, assassinées aussi avec son époux. Donc on voit bien qu'aux États-Unis, ce qui se passe souvent aux États-Unis a une influence bien évidemment. – Mais vous dites d'une certaine manière, voilà, Donald Trump il attise la violence verbale et donc ça provoque ce genre de violence physique, c'est ce que vous dites ? – Moi je pense très clairement qu'aujourd'hui on a un président américain qui n'est plus forcément dans une logique d'utilisation des outils démocratiques.
Et il le revendique aussi en expliquant qu'ils sont dans une phase de transition lorsqu'il plaisante régulièrement en disant que que potentiellement, ils pourraient se représenter lors des prochaines élections présidentielles. Ils jouent avec la démocratie. Je ne parle même pas de l'international, ce qui s'est passé au Venezuela, ce qui se passe aujourd'hui au Proche-Orient dans le Golfe.
C'est sa méthodologie aussi d'avoir cette cette brutalisation et cette violence physique qui aboutit à la situation qu'on connaît aujourd'hui au Proche-Orient. – On va reparler de la violence, notamment avec votre texte qui a été voté au Sénat, mais juste avant quelques mots de l'actualité parlementaire du jour, en France, les députés qui doivent voter en faveur ou non de la publication du rapport à l'oncle. Vous savez ce rapport sur l'audiovisuel public.
Est-ce que vous êtes pour la publication de ce rapport dont on a beaucoup parlé ces dernières semaines ? – Alors là il s'agit d'une commission d'enquête, c'est un travail parlementaire de fond très important. Quel était l'objectif de Charles Aloncle ?
Moi avec le recul quand on voit les 67 auditions qui sont plus apparentées à des espèces de moments de show, c'était de se faire connaître. Bon, il a réussi son coup, c'est formidable, aujourd'hui on parle beaucoup de lui. Par contre un travail parlementaire, une commission d'enquête, j'ai eu l'occasion de participer à des commissions d'enquête ici au Sénat c'est quelque chose de sérieux, c'est quelque chose qui doit se faire sur le fond, pas seulement sur des aspects de forme, parce qu'à la fin ça aboutit à des mesures, à des recommandations qui ont un impact important, et là en l'espèce, sur l'audiovisuel public, son avenir.
Bien sûr qu'on peut discuter, disserter de l'avenir de l'audiovisuel public. C'est de l'argent public, c'est important de savoir ce qu'on en fait. Par contre, ce qu'on a pu voir dans les auditions c'est que tout était à charge, tout était orienté vers un audio public qui devait être parfois privatisé, parfois fusionné des chaînes etc.
On n'a pas vu les conclusions pour répondre très précisément à votre question. Oui C'est pour ça que je vous le dis, moi ce qui m'inquiète dans la publication de ce rapport, est-ce que ce travail était sérieux ? Les fuites qu'on a pu avoir dans la presse tout récemment, c'est qu'il y a des propositions qui seraient farfelues, des propositions avec des éléments erroné dans les auditions. – On va revenir sur ce qui a fuité les propositions, mais très clairement, oui ou non, faut-il publier ce rapport ? – Moi je le publierai. – Vous publieriez ce rapport ? – D'abord il y a deux choses, il y a un vote sur les recommandations et un vote sur la publication.
Si ce travail et c'est les députés qui vont décider si le travail tel qu'il est présenté, s'il y a des erreurs factuelles, s'il est mal écrit. Je ne pense pas que ça rendrait honneur à l'Assemblée nationale de le publier. Mais moi, en mon fort intérieur, et si j'avais à le lire, je le publierais pour pouvoir justement mieux critiquer les propositions qui sont faites.
Est-ce que le travail aurait été plus sérieux au Sénat, s'il avait été fait au Sénat ? Je pense qu'au Sénat, on aurait eu d'abord un peu plus de temps, on aurait été peut-être moins dans l'espèce de show médiatique qui aurait été organisé par le député Alonc qui a réussi à se faire connaître à travers cette commission d'enquête. Par contre, on peut avoir parfois, même assez souvent, des divergents d'appréciation sur les recommandations qui vont être faites entre la droite et la gauche sur un rapport.
C'est ça aussi le travail parlementaire, c'est ça aussi le travail démocratique. Par contre, il faut que le fonds soit extrêmement solide pour qu'on puisse en débattre sereinement et intelligemment. – Parmi les mesures, il y en a 80, il y en a quelques-unes qui ont fuité notamment la nomination des dirigeants de l'audiovisuel public par le pouvoir politique et notamment par l'Elysée, c'est un retour à l'avant Sarkozy, qu'est-ce que vous en pensez ? – Moi je pense que ça serait justement une catastrophe parce que l'objectif aujourd'hui c'était de sortir, alors on a vu un retour à l'ORTF, une prise en main.
On voit un exemple très concret, on parlait des Etats-Unis, on parlait de dérives de régimes illibéraux voire totalitaires. En Italie la RAI, Giorgia Meloni a repris la main en tout cas sur la manière de fonctionner de l'audiovisuel public. Ce qui est important aujourd'hui dans l'audiovisuel public par rapport au privé, c'est de sortir des problématiques liées au financement.
Aujourd'hui on a un audiovisuel public qui est capable de proposer des contenus pluralistes et ça c'est un point extrêmement important de répondre aux enjeux posés par l'ARCOM en termes de charte, de diffusion sur un canal hertzien et ça ce sont des éléments qui sont extrêmement importants que peut porter l'audiovisuel public. Là en l'espèce avoir un président de l'audiovisuel public qui soit nommé par le pouvoir politique, moi je trouve que c'est extrêmement dangereuse. Alors on va passer à un sujet qui vous concerne et qui vous intéresse beaucoup les libertés académiques la semaine dernière le gouvernement a annoncé un plan pour renforcer l'attractivité des universités Philippe Baptiste demande au président de ces universités de faire payer plus les étudiants étrangers pour leurs études.
Est-ce que c'est comme ça qu'on renforce l'attractivité, la compétitivité ? Je ne sais pas si le terme est bien choisi mais en tout cas l'attractivité des universités. Il se trouve que justement on a une commission d'enquête en cours actuellement au Sénat sur l'attractivité de l'excellence académique dans nos universités.
Et un des sujets qui émergent, porté par nos collègues de droite, c'est l'augmentation des frais de scolarité pour pouvoir justement venir abonder le budget des universités. Nous, nous sommes singulièrement contre parce que justement l'université est un lieu qui doit permettre d'accueillir l'ensemble des étudiants qui veulent justement être en capacité de poursuivre leurs études. Et je lisais une interview hier de Cynthia Fleury qui parlait justement qui disait que dans une démocratie ce n'est pas le politique, la philosophe.
Cynthia Fleury qui disait que dans une démocratie la vérité elle n'appartient pas au pouvoir mais au savoir. Et donc on est tout à fait dans le sujet de la liberté Donc vous dites au président d'université qui refuse de faire payer plus cher les étudiants étrangers, continuer malgré les recommandations du gouvernement. Mais alors justement, les étudiants étrangers aujourd'hui, qu'est-ce qu'on voit en France dans notre pays c'est que nous sommes derrière aujourd'hui l'Allemagne et le Japon en termes d'attractivité et d'accueil des étudiants étrangers.
Pourquoi ? Parce que nous sommes moins compétitifs, peut-être moins intéressants, mais ce qui est important, ce qui nous permet d'accueillir des étudiants étrangers encore aujourd'hui, ce sont ces frais de scolarité. Mais les étudiants étrangers, quand ils viennent en France, ils sont formés par le système français, ils sont formés par les académiques français et ensuite, ils repartent dans le pays et c'est du soft power à la française qu'on doit pouvoir porter et générer.
On va voir justement cette augmentation des frais, qui touche particulièrement demain les étudiants africains. Parce qu'il y a ce sujet-là aujourd'hui. Est-ce qu'on souhaite attirer des étudiants du monde entier ?
Ou est-ce qu'on souhaite justement faire un choix dans les origines des étudiants ? Alors vous avez récemment défendu une proposition de loi sur l'enseignement supérieur qui sera prochainement examinée à l'Assemblée nationale. Vous demandez une meilleure protection de la liberté d'enseignement.
En quoi cette liberté est-elle menacée aujourd'hui en France ? Expliquez-nous. Alors justement, j j'ai eu le plaisir de porter et de faire adopter, faire voter une loi en février dernier sur comment préserver et mieux garantir la liberté académique dans une université.
Sans être trop technique, évidemment c'est le débat qu'on a pu voir aux Etats-Unis, qui a émergé l'arrivée de Donald Trump, qui tout de suite, et ça c'est vraiment quelque chose d'assez caricatural lorsqu'un pouvoir totalitaire arrive à prendre les manettes, il s'attaque d'abord aux médias, il s'attaque à la culture et il s'attaque ensuite aux universités. On touche d'abord à la jeunesse, on touche ensuite à la liberté de création, ensuite on touche à la liberté d'expression. Et évidemment...
Vous êtes en train de dire que Trump c'est un pouvoir totalitaire ? Pour moi franchement aujourd'hui lorsqu'on voit sa manière justement, et je ne suis pas le seul à le dire heureusement, mais on voit bien que sa manière de gouverner, sa volonté d'ébranler les institutions démocratiques, sa manière d'aller contre aux Etats-Unis par exemple sur des interventions qui sont faites à l étrangers, elles se font sans l'aval du Congrès, sans débat démocratique. Totalitaire, le mot est très fort, on parle de la plus grande démocratie du monde, vous utilisez le terme totalitaire pour désigner le régime, le pouvoir de Donald Trump.
On peut l'utiliser illibéral, on peut dire que c'est un pouvoir néo-conservateur, etc. Aujourd'hui, quand on analyse précisément la manière dont le gouvernement, le président américain gouverne aujourd'hui, il y a une forme de totalitarisme qui est en train dans son attaque contre les médias dans cette ère de post-vérité, de réécrire justement l'histoire, d'être en capacité. Oui, il y a une forme de totalitarisme qui est en train de se mettre en place.
Et ces attaques contre les universités font partie de ces stratégies. Mais ça peut arriver aussi en France Moi je pense qu'aujourd'hui, c'est pour ça que j'ai porté cette proposition noire, c'est qu'il faut se prémunir et se préserver justement de ce type de danger. Et on voit bien, moi je l'ai vu et tout le monde l'a vu à partir de 2022-2023, des universités qui étaient qui étaient attaqués politiquement, qui étaient attaqués d'un point de vue financier, qui étaient attaqués d'un point de vue médiatique.
Et justement parfois des chercheurs dans leur champ de recherche, dans leur domaine de recherche, qui étaient mis en cause parce que justement ils travaillaient sur la question de l'islam dans un certain nombre de pays qui travaillent sur des sujets de recherche qui ne convenaient pas. – Oui, de la France ou des États-Unis ? – Là je parle de la France, effectivement il y a eu des cas de figure justement où des conseils d'administration ont été envahis parce qu'ils étaient en train de débattre sur un sujet et parce qu'il ne prenait pas position, par exemple, dans le conflit au prochain, que ce soit pour le côté palestinien ou pour le côté israélien.
Ça, il faut faire de l'université un lieu sacré où justement les étudiants Je vais juste vous donner un exemple concret. Il y a un an, effectivement, Fabrice Balanche, vous le connaissez, géographe, maître de conférence à Lyon 2, était violemment pris à partie par des étudiants pro-palestiniens. Il a dû quitter l'amphi sous des huées qui étaient très menaçante.
Un an plus tard, il dit dans le Figaro ce week-end que rien n'a été fait. Il vient enseigner sous la protection de deux agents de sécurité. Comment c'est possible ça aujourd'hui en France ? – Ça fait justement, lorsque j'évoquais justement cette nécessité de prendre en considération, les dangers qui guettent aujourd'hui les chercheurs, les étudiants-chercheurs et les étudiants tout court.
C'est tout à fait ce genre de situation qui est à mettre en évidence. Et rapidement, quels sont les outils que vous proposez qui seraient éventuellement mis en place Le premier point, c'était de bien définir la liberté académique. Le deuxième point, c'était ensuite de créer un observatoire qui permettait de qualifier, de quantifier ces atteintes à la liberté académique.
Parce qu'aujourd'hui, on parle de faits divers, de remontées d'informations parfois qui mettent en évidence ces dangers-là, et ensuite des éléments, on va dire, qui vont pénaliser les atteintes à cette liberté académique, que ce soit d'un point de vue juridique, pénale ou financier. On va parler de la gauche, si vous voulez bien. Vous êtes membre du Parti socialiste.
On va voir tout ça avec Alex, Alex le parti socialiste qui a présenté la semaine dernière son nouveau programme pour répondre aux défis du 21e siècle mais il doit servir surtout de base pour la campagne présidentielle, c'est ça ? Ah oui Steve, c'est un document de 144 pages qui proposent des centaines de mesures et qui a été rédigée par Chloé Rydel. Chloé Rydel, c'est une eurodéputée socialiste.
Elle est en charge de refonder le projet du Parti Socialiste. et politiquement elle est plutôt proche du premier secrétaire Olivier Faure on la voit à l'écran et en tout cas même si elle est proche d'Olivier Faure, elle a écrit ce programme en associant les différents courants du parti. Alors quel est le but de ce nouveau corpus idéologique du PS ?
Eh bien d'abord, c'est d'occuper le terrain des idées à gauche. Un terrain qui est, il faut le dire, monopolisé depuis des années par Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise. Et encore récemment avec son concept de Nouvelle-France.
Ensuite, ce texte socialiste entend tourner la page de la sociale démocratie héritée du XXe siècle. Une sociale démocratie qui a, selon les socialistes, permis des progrès sociaux mais sans forcément prendre en compte les limites écologiques de la planète ou sans réduire les inégalités entre les hommes et les femmes. Et puis enfin, l'EPS veut reprendre à son compte l'idée de liberté accaparée par la droite et l'extrême droit selon les socialistes.
Je Je cite Chloé Rydel, « La liberté est une question éminemment sociale. Être libre, c'est avoir un travail qui paye, pouvoir s'éduquer, ne pas subir les discriminations et ne pas être assigné à résidence ». Alex, donnez-nous le programme, quelles sont les mesures fortes de ce programme ?
Ce sont des propositions de gauche classique, notamment sur la fiscalité, avec une taxe Zuckmann de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros, un impôt sur les grandes successions au-delà de 200 000 euros. Et puis la La promesse d'un SMIC à 1 690 euros net par mois, c'est-à-dire une hausse de 200 euros par rapport au niveau actuel. Et ensuite on retient une réforme des retraites dans une version socialiste avec une abrogation de la réforme des retraites bornes à 64 ans, un âge légal de départ qui est fixé à 62 ans, 43 années de cotisation et puis la possibilité de partir quand même plutôt en cas de métier pénible.
On peut dire également qu'il n'y a pas de grandes indications sur le financement de ces centaines de mesures. Maintenant, les militants du Parti socialiste vont pouvoir dans les prochaines semaines amender ce programme et ce texte, il doit être prêt cet été. Adelziane, ce texte, ce programme du Parti socialiste pour le XXIe siècle, il ne fait pas forcément l'unanimité au sein du parti.
Vous, qu'est-ce que vous en pensez ? Moi je me réjouis, dans un premier temps, que nous puissions avoir un parti qui a travaillé de manière transpartisane, c'est-à-dire tous les courants du parti ont pu être associés, dans une démarche on va dire un peu heuristique, autour de cette réflexion. Qu'est-ce qu'un programme socialiste pour la prochaine élection présidentielle ?
On parle souvent du programme de la LFI, l'Avenir en commun, qui a été mis en place en en 2016, qui a été amendé. Aujourd'hui, nous arrivons avec une proposition consolidée qui demande justement demain à être travaillé. C'est pour moi le point extrêmement important.
Il y a peut-être la faiblesse dans un premier temps de ce programme, de ce projet. C'est de pouvoir être amendé, travaillé sur le fond par l'ensemble des militants. Est-ce que c'est un programme qui a vraiment des idées fortes, par exemple pour gagner la présidentielle ?
Pour le moment, c'est un corpus idéologique qui dit, qui cherche à dire, qui va vers qu'est-ce qu'être socialiste aujourd'hui. Il y a des points sur lesquels je ne suis pas tout à fait d'accord, par exemple quand vous l'évoquiez, tournez la page de la social-démocratie, je suis un social-démocrate, j'ai pas de problème avec ça et je considère justement que c'est une manière de gouverner respectable et respectueuse de la démocratie, des valeurs et des principes de la République autour de ce corpus. Maintenant est-ce que c'est un programme qui permet de gagner l'élection présidentielle demain ?
Pas encore, on est vraiment sur une ébauche, c'est un document sérieux, consolidé, il fait à peu près 144 pages. Et il y a un point extrêmement important, et vous l'avez dit, comment est-ce qu'on le finance ? Et quand on parle de comment est-ce qu'on le finance, c'est toutes les difficultés qu'on connaît depuis de nombreuses années sur comment équilibrer ce budget.
Vous dites que ce programme n'est pas financé aujourd'hui ? Pour l'instant, il y a tout un un travail qui est en train d'être fait. Là, ce sont les propositions et le travail à venir.
Et là, on va revenir sur le fond, c'est qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui de la fiscalité ? Quand on voit que le gouvernement a baissé depuis 2017 de 60 milliards les rentrées fiscales dans notre pays, je suis élu à Saint-Ouen, j'ai été élu aux finances dans cette ville. J'ai pu voir de 2020 à 2026 les brèches qui ont été faites dans le financement des collectivités locales, parce que la taxe d'habitation a été supprimée, parce qu'un grand nombre d'éléments comme la DSU et la DGF ont été baissé voire supprimé, aujourd'hui quand on doit se poser la question à l'horizon de l'élection présidentielle la question de ce financement elle va être déterminante Alors un programme très bien mais maintenant il faut un candidat pour la gauche pour se qualifier au second tour notamment face à Jean-Luc Mélenchon, qui lui sera certainement candidat.
Marine Tondelier, qui est à la tête des écologistes, a défend l'idée d'une primaire de la gauche hors LFI, e une primaire qui d'ailleurs est critiquée par certains socialistes, notamment François Hollande, et hier sur le plateau de notre émission Le Grand Juré en partenariat avec le RTL, et bien Marine Tondelier a eu des mots très durs envers les opposants à cette primaire de la gauche. Je vais vous dire, en politique, on a le droit d'avoir des avis différents, mais là, c'est quand même du sabotage. C'est-à-dire qu'on est dans une séquence de décomposition politique.
Les gens ont le droit d'avoir des désaccords, d'être un peu perdus. Ils ont le droit d'être perdus, mais ils n'ont pas le droit de nous faire perdre. Et moi, je n'accepte pas qu'un outil qui est sur la qui est plébiscité par entre 85 et 90 % de nos électeurs, on le casse sans ne proposer rien d'autre à la place.
Je trouve que c'est du sabotage. Adélziane, est-ce que vous êtes favorable à cette primaire de la gauche aurait les filles ou est-ce que vous faites partie des saboteurs pour reprendre les mots de marine tendelier ni sabotage ni saboteur moi ce que je constate c'est que s'il ya un parti à gauche qui a initié la logique de primaire c'est le parti socialiste on n'a pu le voir ça a eu des fois des conséquences positives pour le parti socialiste la primaire de 2007 la primaire de 2012 qui avait permis ensuite à françois holland d'être candidat des fois ça a été plus compliqué celle de 2017 où l'ensemble des candidats avec Benoît Hamon, avec l'ensemble des candidats. De mémoire, il y avait Manuel Valls, François de Rugy.
Sur celle de 2027 ? Et donc sur celle de 2027, est-ce que la recette de la primaire des années précédentes fonctionne aujourd'hui Moi, quand on parle de la primaire justement de 2017, elle avait été faite au sein du Parti Socialiste. C'est un débat en tout cas, au sein du Parti Socialiste, que nous devons avoir, que nous n'avons pas eu encore.
Est-ce qu'on envoie un candidat socialiste, on le désigne et il va à la primaire Est-ce que tous les socialistes, tous les écologistes, tous ceux qui veulent être partenaires et partisans de cette primaire peuvent candidater ? Les contours sont encore très vagues. Donc votre avis n'est pas encore tranché sur cette question de la primaire à gauche mon avis n'est pas tranché, parce qu'est-ce qu'on voit ?
Il y a ceux qui veulent y aller et ceux qui ne veulent pas y aller. Sachant que la LFI, Jean-Luc Mélenchon a toujours dit « De toute façon, j'irai de mon côté, je n'ai pas besoin de partenaire, j'avance et ensuite vous rallierez à moi. – Dernière question rapidement sur ces questions politiques à gauche, il y a une rencontre aujourd'hui entre Olivier Faure et Raphaël Glucksmann qui est à la tête de son parti Place Publique, je pense qu'on va parler de présidentielle dans ses échanges, est-ce que selon vous Raphaël Glucksmann a le profil pour être le candidat soutenu par les socialistes.
Raphaël Glucksmann a été déjà un candidat soutenu par le Parti Socialiste au moment des élections européennes, que ce soit en 2019 et en 2024. Il avait fait une belle campagne en 2024 et il avait permis justement enfin au Parti Socialiste qui le soutenait de faire un score à deux chiffres dans une élection nationale et européenne. Est-ce qu'il a envie d'être candidat du Parti Socialiste ?
Est-ce qu'il a envie de porter des valeurs de gauche ? Visiblement oui, il a envie d'être candidat du Parti – C'est donc votre réponse à la question d'Alex. – Et donc ma réponse à la question d'Alex, c'est qu'aujourd'hui il est en train de discuter et c'est un sujet qui doit être traité, pour ma part en tout cas, est-ce que ça sera mon candidat ?
Moi ce que je vois c'est qu'on est dans une forme de grand prix de Formule C'est le warm-up. Il y a les tours d'essai, il va y avoir les qualifications et ensuite il y aura le grand prix en lui-même. Raphaël Glucksmann a été un bon candidat en 2024 mais est-ce qu'il sera le bon candidat pour les élections présidentielles encore faut-il un projet qui soit porté et qu'il porte un projet socialiste.
Vous le doutez un peu ? Moi, j'attends un petit peu de voir aussi les messages qu'il envoie à la gauche, qu'il envoie au peuple de gauche. Désolé d'avoir ce logiciel, mais aujourd aujourd'hui, et je pense que 2027, un des enjeux qui sera important, c'est qu'on va revenir à un clivage gauche-droite.
Et vraiment, aujourd'hui, les marqueurs politiques entre la gauche et la droite vont revenir. – On en reparlera évidemment, Adelziane, l'actualité, c'est aussi cette Cette affaire, cette affaire qui rend fou votre ville de Saint-Ouen. L'affaire Masterpoulet, c'est un resto rapide que le maire Karim Bouamran du Parti Socialiste tente de faire fermer.
On va tout de suite rejoindre Charles-Henri journaliste à citoyen .com Bonjour Charles, racontez-nous cette polémique qui a des accents très politiques Oui, bonjour Adelziane Donc oui, en effet, la ville de Saint-Ouen vous êtes donc donc élu au sein de la majorité depuis 2020, a engagé un bras de fer avec cette enseigne de restauration rapide, donc Master Poulet, qui s'est installée à deux pas de la mairie. Le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouhamran, Lui, il estime qu'elle a ouvert cette enseigne le 10 avril, sans autorisation préalable.
Il a fait installer des blocs de béton pour en bloquer l'accès. En réponse, Masterpoulet a saisit le tribunal administratif de Montreuil, qui lui a donné raison, en tout cas sur ce point, celui du blocage. Les blocs de béton ont bien été retirés mais ils ont été remplacés depuis vendredi par de grands pots de fleurs.
Donc le contentieux continue. En fait, ce que reproche Karim Bouhamran à cette enseigne de restauration rapide, c'est la qualité de la nourriture qu'elle produit et aussi des les nuisances que génère son activité sur le cadre de vie des riverains, notamment le bruit et les émanations des cuisines. Le différent a pris récemment une tournure politique puisque les élus de la France insoumise ont pris parti pour le restaurateur et accusent même le maire de Saint-Ouen de pousser à la gentrification de de la ville sous couvert de lutte contre la malbouffe.
Donc, moi ce que je voudrais vous interroger, c'est sur votre perception de cette politique et de cette polémique, et finalement si elle ne reflète pas ce qu'on a vécu un peu pendant les municipales, c'est-à-dire cet affrontement entre deux gauches, deux visions de la société. Ici gentrification d'un côté, lutte contre la malbouffe de l'autre et donc affrontement entre deux gauche qui a d'ailleurs rebondi avec l'élection du maire de Saint-Denis Bali Bagayoko à la tête de pleine commune face à Karim Bouhamran. Alors votre réponse à Charles sur cette polémique masterpoulet – Sur cette politique, moi j'ai été, avant d'être sénateur, j'étais adjoint à l'aménagement et à l'urbanisme de la ville de Saint-Ouen et j'étais également vice-président de Pleine Commune à l'aménagement et à l'urbanisme.
Quand on a un commerce qui s'installe, qui s'installe, alors dans l'espèce, Master Poulet n'avait pas les autorisations encore délivrées par l'urbanisme à leur moment d'ouvrir. Quant à un commerce s'installe, qu'il y a des nuisances, qu'il y a des problématiques aussi d'extraction, que ce commerce ouvre sans les autorisations de la ville. Effectivement, nous en tant qu'élus, les personnes que nous allons voir, ce sont les habitants qui viennent nous dire qu'est-ce qui se passe à cet endroit.
Mais c'est juste ça franchement. Attendez, attendez, justement, c'est pas juste ça. La deuxième chose, je vais y venir sur la France insoumise, puisque c'est ça que vous voulez savoir.
La deuxième chose, c'est que dans la diversification commerciale de la ville, sur l'avenue Gabriel-Paris, on a eu six ouvertures de restauration de poulet. C'est le rôle du maire. J'en suis désolé, mais c'est comme comme ça, c'est le rôle du maire aussi de s'assurer de la qualité et de la diversification d'offres parce que c'est ce qui est attendu par les habitants.
Enfin, sur la France insouïste, écoutez, il y a une gauche qui s'agite et une gauche qui agit. Effectivement, on sort des élections municipales, on a eu la france insoumise qui a porté une candidature à travers une candidate et soutenu par eric coquerel donc qu'ils reviennent aujourd'hui pour soutenir justement dans cette bataille de gentrification pas gentrification de la ville moi je me permets d'ajouter un point important j'ai été élue dans cette ville, on a porté un projet de ville équilibrée. On a créé 600 logements sociaux, je ne suis pas en train de défendre notre bilan, mais 600 logements sociaux.
On a fermé les 7 points de deal de narcotrafic de la ville de Saint-Ouen. Le soutien qu'on a eu de la France insoumise de ce côté-là, il a été très très faible. Merci beaucoup.
Merci Charles-Henri, journaliste à citoyens .com. Merci de nous avoir résumé cette polémique qui prend des affaires d'une dimension quasi nationale.
Merci beaucoup Adelzian d'avoir été avec nous ce matin.
Adel Ziane