Immigration : Barnier sur la ligne dure ? #cdanslair 16.09.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00RelanceRéponse directe
Avec qui?
- 6:00OuverteRéponse directe
C'est l'illustration d'une perte d'influence de la France sur la scène internationale et européenne?
- 10:00OuverteRéponse directe
Est-ce que G.Meloni est devenue un modèle pour l'Europe?
- 15:00ComplaisanteRéponse partielle
Question. C'est vrai, tiens... Il y en aura à la fin de la semaine.
- 20:00OuverteRéponse directe
Question. Et dans la société européenne, au fond.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00N.Saint-CricqFait
« On l'a contraint à jeter l'éponge. »
- 5:00M.Van RenterghemFait
« T.Breton était un excellent commissaire. »
- 7:00J.FourquetChiffre
« 74 % d'entre eux anticipaient que d'ici un an, on aurait droit à une nouvelle dissolution. »
- 12:00C.RouxChiffre
« 77 % des Français sont favorables au rétablissement des contrôles aux frontières. »
- 15:00N.MauretFait
« Il y a beaucoup d'argent. Ils ont fait des scores incroyables au 1er tour des législatives. »
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... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. La pression se fait chaque jour plus forte sur les épaules de M.Barnier.
Il reçoit aujourd'hui à nouveau des représentants des républicains alors que les autres forces politiques commencent à s'agacer de voir un groupe de 40 députés se maintenir au centre du jeu. La droite en force en France comme en Europe avec un sujet qui domine: l'immigration. Depuis ce matin, en Allemagne, c'est le retour des contrôles aux frontières, 30 ans après la mise en place de l'espace Schengen et de la libre circulation.
L'AfD gagne du terrain partout outre-Rhin. Voilà un sujet sur lequel en France le nouveau Premier ministre est attendu. Quelle sera sa ligne?
Le RN va-t-il peser? Peut-il avancer sur le sujet de l'immigration sans heurter les centristes et modérés, y compris en Macronie? Avec nous, N.Saint-Cricq, éditorialiste politique à France Télévisions.
N.Mauret, vous êtes journaliste politique pour Ebra. Votre dernier article parle de M.Barnier.
M.Van Renterghem, vous êtes chroniqueuse pour "L'Express". J.Fourquet est avec nous.
Vous êtes directeur du département opinion de l'Ifop. Bonsoir à tous les 4. Merci de participer à l'émission.
Nous allons parler de T.Breton, qui ne sera pas commissaire français à la Commission européenne. Il a jeté l'éponge officiellement pour un problème de gouvernance douteuse.
Que s'est-il passé? - N.Saint-Cricq: On l'a contraint à jeter l'éponge.
Il avait été désigné pour continuer depuis début juillet. 28 juin, il avait été reconfirmé par E.Macron.
C'est le choix d'E.Macron. U.von der Leyen s'est rebiffée, considérant qu'il était "trop dur"... - C.Roux: Avec qui? - N.Saint-Cricq: Les Gafam, avec elle...
Ils ne s'entendaient pas formellement bien. Il y a eu un bras de fer, ou un chantage, vis-à-vis de E.Macron et de l'exécutif.
On a calé. Certains disent que c'est une capitulation. D'autres disent que c'est Sedan.
Ca fait référence à la Prusse et à la France. Tout ce qu'a essayé de bâtir T.Breton...
Même si c'était une tête de cochon, il faisait avancer les choses. On peut dire qu'on a cédé. C'est mauvais pour la France et l'Europe.
L'envoi de S.Séjourné à la place, justifié par l'Elysée...
C'est le ministre des Affaires étrangères. Il est censé être plus accommodant. On ne peut pas considérer ça comme une bonne nouvelle, sauf pour M.Barnier, qui voulait l'exfiltrer du gouvernement. - C.Roux: C'est l'illustration d'une perte d'influence de la France sur la scène internationale et européenne? - M.Van Renterghem: Oui.
T.Breton était un excellent commissaire. Il a fait beaucoup pour la politique industrielle.
Ceux qui le pleurent, ce sont les Ukrainiens. Il a fait beaucoup pour réindustrialiser en commun l'Europe. On lui devait les achats communs de vaccins.
Il est extrêmement inventif, imaginatif et énergique. Même pour se vendre et vendre sa propre image, il l'est. C'est un immense gâchis et une immense perte.
C'est décevant qu'E.Macron n'ait pas essayé de contrer U.von der Leyen.
Il aurait pu aller contre. Sinon, il n'a peut-être pas essayé. C'est fâcheux.
Ou alors, il a essayé et n'y est pas arrivé. Ca prouverait sa faiblesse. Si U.von der Leyen, qui déteste T.Breton pour des tas de raisons, a décidé de l'éconduire, je pense qu'elle a misé sur une vulnérabilité de la France et d'E.Macron à la tête de la France. - C.Roux: Il y aura peut-être une incidence avec le thème que nous allons aborder ce soir.
Nous allons évoquer l'immigration mais aussi le casting et les nominations qui tardent à arriver pour un gouvernement. Question. Il a déjà été à Bercy. - N.Mauret: Sous N.Sarkozy.
Ca date. Je ne suis pas persuadée que ce soit quelque chose d'enviable pour lui. On a tellement zéro information sur qui peut rentrer...
On sait qui veut rentrer. En revanche, qui est susceptible de rentrer... - C.Roux: C'est un profil intéressant dans ce moment où M.Barnier cherche des alliés ou pas? - N.Saint-Cricq: Il est évidemment un profil intéressant.
Mais d'après son entourage, après ce qu'on lui a fait, je ne sais pas s'il est disposé à rendre service ou à aller à Bercy. C'est une hypothèse hautement improbable. - J.Fourquet: Le président de la République avait dit qu'il laisserait la main à M.Barnier.
Le 1er cas de figure qui se présente...
Peut-être que ça arrange M.Barnier qu'on exfiltre S.Séjourné...
C'est présenté comme une décision de l'Elysée. S.Séjourné était proche d'E.Macron.
Les vieilles habitudes continuent de perdurer. C'est le symptôme d'un affaiblissement de la position française. Notre pays est sous observation de Bruxelles pour déficit excessif.
On est en retard dans la livraison d'une épure de budget. U.von der Leyen, en bonne politique, a vu qu'il y avait un coin qu'on pouvait jouer.
Elle en a profité pour imposer ses vues. E.Macron, en dépit de ses dires et de ses déclarations, n'est plus aujourd'hui au centre des discussions et des prises de décision en Europe.
C'est un signe d'affaiblissement. - C.Roux: Il garde la main sur les nominations.
C'est le ressort du président de la République? - N.Saint-Cricq: Le choix d'un commissaire européen, c'est lui.
M.Barnier a parlé non pas d'un domaine réservé, mais d'un domaine partagé. Pour les nominations, on ne peut pas parler de domaine partagé.
M.Barnier n'adhérait pas forcément à cette solution. On nous a fait savoir qu'il la déplorait.
Ce n'est pas pour autant qu'on s'y est opposés et que qui que ce soit a essayé de barrer la route...
Il y avait une possibilité de résister. Tout ce qu'on nous racontera sur la règle homme-femme n'est pas vrai. Dans le cas d'un renouvellement, et c'était le cas pour T.Breton, il n'y a pas cette règle homme-femme si on renouvelle quelqu'un.
Je ne vais pas répéter ce que vous avez tous dit. C'est une façon de baisser les bras qui peut être inquiétante par rapport au côté flamboyant que pouvait avoir E.Macron dans ses discours de la Sorbonne. - C.Roux: Il appris à ses côtés Arnaud Danjean.
C'est un profil intéressant? - M.Van Renterghem: C'est un excellent député spécialisé dans les affaires de défense, un ancien officier des services secrets français.
C'est quelqu'un de remarquable. Je ne pense pas qu'il avait spécialement envie de retourner à la politique. Il avait quitté le Parlement européen en disant qu'il tourne la page.
Il n'a pas su résister à M.Barnier, à qui il doit beaucoup et avec qui il a beaucoup travaillé. - C.Roux: Il est en train de faire son cabinet.
Il travaille à la constitution de son gouvernement. Les LR ont été reçus aujourd'hui à Matignon avec leurs 47 députés. Ils sont au centre du jeu, mais cela ne se fait pas sans accroc et sans critique.
Le RN pose ses conditions. Les centristes réclament d'être entendus alors que le temps presse, à 2 semaines de la reprise des travaux à l'Assemblée. - Jamais un Premier ministre n'avait autant tardé. 10 jours à Matignon et toujours pas de gouvernement, mais des interlocuteurs privilégiés.
Cet après-midi, ce sont encore une fois les ténors de la droite qui sont consultés, loin des caméras. Jeudi dernier, M.Barnier leur rendait déjà visite pour leur rentrée parlementaire. - Qu'est-ce que vous venez dire aux parlementaires LR, que vous connaissez bien? - M.Barnier: Je ne vais pas vous faire de déclaration.
Je viens leur dire mon amitié. - Vous regardez qui peut entrer dans votre gouvernement? - M.Barnier: On va en parler.
Ne soyez pas impatients. - Beaucoup de temps passé avec le cadre de son parti, qui compte seulement 47 députés. Le patron du MoDem prévient: un gouvernement à dominante LR ne serait pas acceptable. - F.Bayrou: Il n'aurait aucune chance de succès.
Pour moi, ce n'est pas une hypothèse qui permettrait notre participation. - Chacun y va de son coup de pression. Le RN s'oppose déjà à certains noms. - J.Bardella: La censure ne sera pas uniquement celle du Premier ministre.
Elle sera celle du gouvernement. Si le gouvernement consiste à recycler les pontes de la Macronie en allant jusqu'à X.Bertrand, le macronisme change de vitrine. - Avec 125 députés, le RN se met en position de force et continue de jouer les arbitres.
Journée parlementaire ce week-end. Le parti d'extrême droite dicte ses conditions. - S.Chenu: Si M.Barnier fait une politique de rigueur ou cherche à contourner les souhaits des Français, il nous trouvera face à lui et nous le censurerons.
S'il donne des signes, comme sur l'augmentation des salaires, comme nous le proposons, ou la taxation des superprofits, nous serons en capacité de regarder ça avec plus de bienveillance. - Et la gauche, dans tout ça? A la Fête de L'Huma, un ancien Premier ministre de droite est applaudi par les militants.
D.de Villepin moque son ancienne famille politique. Huées. - D.de Villepin: Reconnaissez qu'il y a un mérite à ce choix: il donne raison à la parole évangélique.
Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers. - Sauf que les premiers arrivés, les partis du NFP, refusent d'entrer au gouvernement Barnier. Seul le patron des communistes, F.Roussel, a accepté de le rencontrer demain. - F.Roussel: Nous avons toujours dit que nous étions pour le dialogue, pour l'échange.
Nous sommes constructifs et combatifs. J'aimerais bien savoir ce que M.Barnier a dans le ventre, quelles politiques il envisage de mettre en oeuvre.
J'ai peu d'espoir, peu d'illusions. On connaît le personnage. - Un Premier ministre pressé par les forces politiques et par le temps à deux semaines de la reprise des travaux à l'Assemblée nationale. - C.Roux: On peut se mettre 2 minutes à la place de M.Barnier.
Ce n'est pas simple. Quand vous entendez J.Bardella et F.Bayrou qui font leur liste...
Chaque jour qui passe est un peu plus compliqué. - N.Mauret: Un gouvernement, c'est toujours compliqué.
Il faut respecter les équilibres politiques et la parité. Il faut respecter l'équilibre géographique. M.Barnier a très envie de rééquilibrer le Paris-province.
C'est la règle de base pour tous les gouvernements. On a une Assemblée nationale complètement éclatée, sans groupe qui a une majorité relative forte. Celle qui a le plus de députés, en l'occurrence le groupe de gauche, n'y ira pas.
Résultat des courses: le Premier ministre est sous la coupe des principaux responsables des groupes. M.Le Pen dit qu'elle ne veut pas d'un opposant politique et qu'il est hors de question de mettre X.Bertrand au poste de Premier ministre.
Renaissance dit: "Attention. Il y a des lignes rouges." Les LR, qui avaient dit qu'ils n'y allaient pas, disent qu'ils peuvent y aller maintenant qu'il y a Barnier. - C.Roux: A certaines conditions. - N.Mauret: Ils ont envie d'y aller sans grande conviction.
On ne va pas se mentir. Comment voulez-vous que les personnes en dehors de la politique comprennent ce qui est en train de se jouer alors que ce qui se joue in fine, c'est en grande partie l'élection présidentielle de 2027? Si L.Wauquiez, qui était contre le fait d'y aller il y a 2 mois...
Il se dit qu'il a tout à gagner à être en responsabilité et à réinstaller une figure nationale. Si X.Bertrand était premier ministrable, c'était pour la même raison.
Si M.Le Pen n'a pas envie que ça dure, c'est parce qu'elle a envie d'apparaître constructive et d'apparaître comme une force de premier plan, et pas seulement d'opposition. Tout le monde pense à aujourd'hui et à demain.
Pour M.Barnier, il est important d'avoir le calme des vieilles troupes. C'est compliqué. - C.Roux: Il a encore le calme des vieilles troupes? "Ne soyez pas impatients," nous demande-t-il.
Le débat parlementaire reprend dans 15 jours. - N.Saint-Cricq: On ne voit pas ce qui pourrait se régler.
Ce n'est pas un noeud à dénouer. On ne sait pas ce qu'il veut faire. Il va constituer un gouvernement avant de faire sa déclaration de politique générale.
Il essaye de vendre à des ministres quelque chose dont il ne peut pas donner les contours. On l'a vu sur l'immigration, l'aide médicale d'Etat...
On ne sait pas s'il la conserve ou pas. C'est difficile d'adhérer...
Ceux qui ne sont pas morts de faim...
On ne sait pas pour quoi faire. Il a la volonté de ne pas fusiller tous les sortants, notamment ceux qui ont moins de 6 mois. Je parle notamment de R.Dati.
Mais quand vous verrez la photo de famille, s'il y en a une, vous ne verrez que des têtes connues à droite et que des têtes inconnues à gauche. Ca ne donnera pas l'impression de pluralité ou de rassemblement. Si vous rajoutez à ça cette disproportion compréhensible par les Français...
Ce que dit D.de Villepin... "Ils ont fait 5 %"...
C'est vrai, mais la gauche NFP ne veut pas y aller, ni l'autre gauche. - C.Roux: F.Roussel veut y aller. - N.Saint-Cricq: Il veut bien parler.
Il ne veut pas paraître comme quelqu'un qui dit qu'il ne faut pas parler avec le Premier ministre. Qu'est-ce que vous voulez qu'il fasse avec les gens de gauche? Qu'il en débauche?
Qu'il trouve 3 têtes... - C.Roux: A.Montebourg? - N.Saint-Cricq: M.Valls, S.Royal, mais ce n'est pas la gauche.
Ce serait du débauchage, pas de la réunion. Quand on veut ouvrir, on ne prend pas 3 personnes en rupture de bord. Il y a des vraies différences idéologiques avec le MoDem et avec G.Attal, qui ne veut pas aller se vendre et travailler avec eux puisqu'il pense aussi à la suite.
Son communiqué de soutien à M.Barnier était presque pire que celui du RN. C'est un enfer. - C.Roux: C'est l'enfer de Matignon.
Il a une contrainte d'agenda. La reprise des travaux parlementaires est prévue le 1er octobre. A-t-il fixé un agenda en disant qu'il y a un gouvernement à la fin de la semaine? - N.Saint-Cricq: A la fin de la semaine.
Un de ses proches a dit que ça pourrait être dimanche soir. Les Français vont ricaner, au bout d'un moment. - C.Roux: On va se tourner vers les Français et vers J.Fourquet dans un instant.
F.Bayrou dit qu'il faut un renouvellement intégral du gouvernement. J.Bardella a déjà biffé les noms de ceux dont il ne veut pas, comme E.Dupond-Moretti et G.Darmanin.
Il dit que si M.Barnier est le continuateur d'une politique conduite par E.Macron, le gouvernement tombera.
On se demande comment il ne peut pas y avoir que des déçus, au fond. - J.Fourquet: Avec le début de casting, il y a déjà beaucoup de déçus.
La gauche dans son intégralité estime qu'elle s'est fait voler son droit à envoyer un des siens ou une des siennes à Matignon parce qu'ils sont sortis en tête. Les électeurs du RN ont considéré que le front républicain leur avait volé la victoire. Au sein de ce qui reste du bloc présidentiel, on voit la position de G.Attal.
On comprend qu'il soit assez marri. "On va être dans une forme de coalition et le partenaire junior va tenir le manche. Nous, on sera condamnés à soutenir des gens qui nous ont combattus et à être la force d'appoint sans rien avoir à redire." C'est très compliqué.
Vous citiez J.Bardella. M.Le Pen a dit que ce gouvernement avait déjà sa date de péremption inscrite.
Quand on a interrogé les Français il y a quelques jours en les plaçant en situation de pronostiqueurs, 74 % d'entre eux anticipaient que d'ici un an, on aurait droit à une nouvelle dissolution. Tout le monde anticipe que ce sera très fragile. N.Saint-Cricq disait que certains étaient morts de faim et voulaient y aller.
On se dit: "Si c'est pour monter dans un navire, et on perd éventuellement nos statuts de maires, de présidents de conseils régionaux, notre image à gauche si on accepte d'aller collaborer avec l'adversaire, tout ça pour que dans 6 mois ou moins, ça s'arrête...
Ce sera sans moi." Il y a la question de la péremption ou de la durée de vie du gouvernement qui dissuade certains de franchir le Rubicon. - C.Roux: Question.
C'est-à-dire un tout petit gouvernement avec une dizaine de ministres, pas plus. - N.Saint-Cricq: On nous fait le coup à chaque fois.
J'ai cru comprendre que certains ministères seraient coupés en deux, peut-être Intérieur et Immigration. Je n'en sais pas plus. Je ne suis pas sûre.
Il nous a été vendu un gouvernement à la R.Barre. On ne sait pas exactement ce que ça veut dire.
On n'a pas dit "restreint", "équipe de choc". C'est plutôt l'idée de l'union. - C.Roux: Avec l'idée que les LR sont encore reçus. - N.Saint-Cricq: Il y a le problème de fortes têtes marquées dans l'opinion. - C.Roux: Qui veulent des gros ministères. - N.Saint-Cricq: Voire ministre d'Etat.
Quitte à aller dans ce périple un peu risqué, au moins être bien placé. M.Barnier, qui est conscient de l'idée que si on a B.Retailleau, L.Wauquiez sur la photo...
Il préférerait qu'il n'y ait ni le président de parti, ni des présidents de groupe. Ca lui permettrait de prendre des LR moins connus. - C.Roux: J'imagine ce que doivent penser nos voisins européens quand ils commentent la situation politique française.
C'est une source d'inquiétude? - M.Van Renterghem: Clairement.
Ce n'est pas la peine de revenir en arrière, mais la dissolution a été une absurdité. Elle n'a pas été comprise. Elle n'a mené qu'à la déclarification et au contraire de ce qui était espéré, une situation inextricable.
M.Barnier peut être plus ou moins rassurant en Europe, où il est connu. C'est plus ou moins par son expérience et son charisme, son calme, son tempérament personnel, l'homme de la situation, qui est inextricable.
C'est l'image d'un Rubik's Cube qui est souvent employé à l'étranger. Pour moi, un Rubik's Cube a une solution. On en arrive à cette situation où les partis les plus sanctionnés, LR et le RN, font la loi.
Les LR ne veulent pas trop de macronistes. Les macronistes ne veulent pas trop de LR. Les LR ne veulent pas de socialistes.
Les socialistes ne veulent personne. On a beau être M.Barnier, je ne vois pas comment il peut se sortir de ça. - C.Roux: M.Le Pen a dit qu'elle se préparait.
Le RN rentre dans une forme de pré-campagne en essayant d'aligner un nombre de députés qui seraient prêts à repartir à nouveau en campagne législative. Quel est le pari de M.Le Pen? - N.Mauret: Elle pense que le futur gouvernement quel qu'il soit ne passera pas l'année.
Consciente des problèmes qu'il y a eus lors des dernières législatives, où le fameux plan Matignon avait pas mal de trous, le parti se met en ordre de bataille. Au lieu de faire la rentrée sous le soleil avec des selfies et tous les militants, on est au 2e sous-sol de l'Assemblée nationale. On passe 2 jours avec un agenda.
On raconte tout ce qui va se passer. On s'affiche au travail. On ne sait pas quand arrivent les prochaines législatives, mais...
Il y a aussi les municipales. L'un est lié à l'autre. Quand on voit que Perpignan tombe dans l'escarcelle du RN, on voit qu'après, quasiment toutes les circo des Pyrénées-Atlantiques tombent au RN.
Il y a le travail du maillage territorial. Tout ça ne se voit pas trop. Ils vont faire en plus une campagne permanente au sens où ils ont décidé de faire un meeting par mois.
Le RN, aujourd'hui, a les moyens. Il y a beaucoup d'argent. Ils ont fait des scores incroyables au 1er tour des législatives.
Ils ont les moyens d'organiser des meetings à 800 000 euros une fois par mois. C'est une façon d'imposer leur force, leur surface. Ils sont partis.
Ils sont dans l'après. - C.Roux: Ils sont dans la maîtrise absolue du calendrier, avec l'idée de dire: "On se prépare et quand on sera prêts, on censure le gouvernement." - J.Fourquet: C'est une façon de réguler ce qui aurait pu être entendu en disant qu'ils sont partie prenante.
Ils vont soutenir ou laisser faire. M.Le Pen veut montrer que c'est elle qui tient l'agenda.
Ca fait oublier les échecs des dernières législatives. C'est histoire de dire: "Votre vote n'a pas été vain. Nous fixons l'agenda.
On va arracher au gouvernement tout ce qu'on peut arracher: la proportionnelle, des lois sur l'immigration...
Si ça ne nous va pas, nous appuierons sur le bouton qui dira qu'on passe à autre chose." On parlait de soutien sans participation. C'est une mise sous surveillance, sous tension permanente.
On fait la liste des ministres dont on ne veut pas. On impose les thèmes qu'on veut voir traiter. - C.Roux: Avec une limite.
Ils n'ont pas envie de voir M.Barnier appliquer totalement le programme du RN et en tirer les bénéfices. - J.Fourquet: Ils font le pari que, compte tenu des équilibres internes, il ne pourra pas.
Pour eux, c'est tout bénéfice. Ils mettent leur thème à l'agenda. La droite de gouvernement ne peut pas aller aussi loin.
Ils retournent vers les électeurs en disant qu'ils ont encore été déçus. - C.Roux: Nous allons parler de l'Allemagne dans un instant.
L'Allemagne a rétabli ses frontières. C'est un discours porté par le RN en France depuis longtemps. Sur la stratégie du RN et la position de M.Barnier sur l'immigration... - N.Saint-Cricq: Sur le RN, j'abonde avec ce qui a été dit.
Ils ne font pas la stratégie du pire, comme disait N.Sarkozy, en disant: "OK. On va voir." Ils ne passent pas pour des saboteurs, comme certains peuvent penser que le NFP l'est, ou du moins, LFI.
M.Le Pen préfère trouver le bon moment. Il y a notabilisation.
Un peu de ménage, quand même. Pas d'examen de conscience pour autant. La phrase employée par J.Bardella est: "Pas d'interminables introspections." On ne remet pas le programme à plat.
Ca avait été une faiblesse de M.Le Pen, les changements de pied sur la retraite, le fait qu'on ne comprenne pas ce qu'elle voulait faire sur la fiscalité...
Le RN se dispense de tout ça. In fine, ils ne sont pas poissés par un bilan. Quant à M.Barnier, on lui ressort ses vieilles phrases de la primaire, en oubliant de dire qu'à l'époque, il avait couru après E.Ciotti sur l'immigration.
Comme E.Ciotti mettait un tour de vis supplémentaire à chaque débat des primaires...
M.Barnier avait proposé un référendum sur l'immigration en Europe. Tout le monde s'était demandé ce qu'il lui prenait.
Là, il en parle. Il teste. On a entendu parler de l'aide médicale d'Etat.
Aussitôt, ce qu'on appelle le bloc central a dit: "Pas touche." On a entendu parler d'un ministère de l'Immigration, mais pas de l'identité nationale aussi, même si, de façon subliminale, c'est remonté aux gens comme une espèce de revival de l'époque Sarkozy. Il avait parlé de moratoire de 3 ou 5 ans.
On ne sait pas S'il veut stopper, prendre moins d'immigration, même mieux...
On ne sait pas comment il veut répondre au patronat qui considère qu'il y a besoin de main-d'oeuvre. C'est probablement comme ça qu'il peut tenir un peu un certain temps. - C.Roux: Dans le flou. - N.Saint-Cricq: Oui.
Avec les LR, ça tiendra. La gauche ne viendra pas. Le MoDem...
F.Bayrou a été clair. Il n'y a que Horizons qui suit. - C.Roux: On va parler du rétablissement des frontières.
D'après un sondage, 77 % des Français sont favorables au rétablissement des contrôles aux frontières. Ca correspond à vos chiffres sur le sujet de l'immigration. Il n'y a pas de consensus dans les forces politiques, mais la position des Français est claire. - J.Fourquet: Est-ce qu'on parle de frontières extérieures à l'UE ou des frontières au sein de la zone Schengen? - C.Roux: Contrôle aux frontières. - J.Fourquet: C'est un peu plus exigeant.
Il y a cette volonté très forte partout de la reprise du contrôle, notamment sur la question frontalière. Ce n'est pas tout de dire qu'on va créer un ministère de l'Immigration. Quelles sont les consignes que vous donnez sur le terrain?
Quel bras de force vous êtes capable d'assumer auprès de vos partenaires en disant: "Ce n'est pas pour 3 mois. C'est pour plus." Rappelez-vous de ce qui s'était passé à la frontière italienne où on avait rétabli des contrôles.
Il y avait eu des bras de fer avec les institutions européennes. On a le droit de le faire de manière momentanée, mais ça avait duré. On revient à ce qui s'est passé avec l'éviction de T.Breton.
Ca doit se négocier avec les partenaires. Si votre position est affaiblie et que vous n'avez pas d'alliés... - C.Roux: C'est intéressant.
Je pense que ça va éclairer le reportage. C'est une annonce qui a saisi toute l'Europe. L'Allemagne a décidé d'instaurer des contrôles à chacune de ses frontières, faisant exploser le principe de la libre circulation.
Partout, le sujet de l'immigration s'impose comme une priorité pour les gouvernements. - Comme un retour aux années 80. - Bus vers Budapest.
Besoin de renforts. - Depuis ce matin, à la frontière avec la France, la police allemande arrête certains véhicules, comme ce bus venant d'Alsace. A bord, vérification des identités.
La fin de la libre circulation, pour les 6 prochains mois, en tout cas. La mesure est déjà en place depuis un an à la frontière avec la Pologne et la République tchèque et s'applique désormais à tous les pays voisins de l'Allemagne. - La semaine dernière, nous avons intercepté un large groupe de ressortissants syriens dans un train qui arrivait de Strasbourg.
Ils étaient 15. Nous observons cette immigration illégale quotidiennement, ce qui montre que le problème existe et que nous avons raison de nous focaliser sur cette frontière entre l'Allemagne et la France. - Un virage à 180 degrés outre-Rhin.
C'est la fin de l'ère Merkel. En 2015, les portes de l'Allemagne s'étaient ouvertes en grand aux réfugiés syriens. Mais fin août, l'attentat de Solingen provoque un électrochoc.
Un Syrien affilié à l'Etat islamique tue 3 personnes. Berlin décide de durcir le ton. - O.Scholz: Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour garantir l'expulsion de ceux qui ne peuvent pas et ne sont pas autorisés à rester en Allemagne. - L'immigration illégale en Europe, un sujet qui a connu ce week-end un nouvel épisode tragique dans la Manche. - 8 personnes sont mortes en essayant de traverser la Manche.
Nous apprenons qu'hier, en l'espace d'une seule journée, 801 personnes sur 14 embarcations ont rejoint les côtes britanniques. - Malgré un nombre de victimes sans précédent, en 2024, les traversées sur des canots pneumatiques se poursuivent et la pression sur le Premier ministre britannique ne cessent de s'accroître. A peine élu en juillet, K.Starmer doit affronter les pires émeutes de ces 10 dernières années. 3 fillettes assassinées, de fausses informations affirmant que les auteurs sont des réfugiés et l'extrême droite en embuscade.
Depuis, le travailliste est sommé de résoudre le problème des flux migratoires. Alors, la solution se trouverait-elle en Italie? K.Starmer rencontre aujourd'hui la présidente du Conseil d'extrême droite pour peut-être s'inspirer du modèle italien. - K.Starmer: Vous avez fait des progrès remarquables en travaillant d'égal à égal avec les pays se trouvant sur les routes migratoires afin de traiter à la source les facteurs de la migration et de contrer les réseaux.
Le résultat est que les arrivées illégales par la mer en Italie ont baissé de 60 % depuis 2022. - La méthode Meloni s'appuie sur 2 types d'accords: celui avec la Tunisie prévoit des aides financières en échange d'efforts pour retenir les migrants. L'autre, signé avec l'Albanie, se décline autour de 2 centres d'hébergement.
Des hotspots financés et gérés à 100 % par Rome, dont l'objectif est de délocaliser les demandes d'asile hors de l'UE. - G.Meloni: Nous voulons bien faire les choses.
Si ce que nous avons imaginé ici fonctionne et réussit, nous aurons inauguré une toute nouvelle phase dans la gestion du problème migratoire. L'accord pourrait être reproduit dans de nombreux pays et devenir une partie d'une solution structurelle pour l'UE. - Une politique dure de lutte contre l'immigration clandestine, même si la réalité est plus nuancée.
L'Italie a également choisi d'accorder 450 000 titres de séjour à des travailleurs étrangers d'ici l'an prochain, en raison du déclin démographique. - C.Roux: Est-ce que G.Meloni est devenue un modèle pour l'Europe? - M.Van Renterghem: Elle est l'incarnation de ce glissement généralisé.
Elle était présentée comme l'héritière de Mussolini, comme une sorte de diable noir. Maintenant, tout le monde va lui demander conseil. Elle signe des accords avec un pays comme l'Albanie qui cherche à rentrer dans l'UE et ça ne gêne pas du tout sa candidature. - C.Roux: Sur la question de l'Allemagne et de son choix, en sachant qu'on va se poser la question de savoir quel écho ça pourrait avoir dans le débat public français, fermer les frontières de l'Allemagne...
En 2015, on n'en était pas exactement là. C'était l'Allemagne qui tendait les bras aux réfugiés, aux migrants. C'était A.Merkel. - M.Van Renterghem: C'est choquant, mais je voudrais minimiser la gravité de ce qui se passe.
On a tendance à confondre l'UE et l'espace Schengen. C'est différent. On dit: "C'est la fin de l'UE." Il y a des pays qui sont dans l'UE mais qui ne sont pas dans l'espace Schengen.
Et inversement, comme pour la Suisse et la Norvège. Ce n'est pas nouveau. Dans la Convention de l'application des accords de Schengen, il y a une clause qui permet aux Etats de fermer leurs frontières de manière provisoire, dans la limite de 6 mois, qu'il y ait des contrôles aléatoires ou systématiques.
Ca a déjà été fait par la France après les attentats de 2015. Ca a été fait pendant le covid. La Suisse est dans l'espace Schengen.
Quand vous allez en Suisse et que vous prenez le train, très souvent, il y a des contrôles aléatoires dans le train. On vous demande votre passeport à la frontière. - C.Roux: L'Allemagne et la Suisse, ce n'est pas exactement le même rôle... - M.Van Renterghem: Je voudrais juste minimiser l'acte en soi, qui n'est ni nouveau...
Ca concerne Schengen. Ce n'est pas exactement l'UE. On peut continuer à circuler pour autant et à s'établir dans les pays de l'UE.
Ce qui rend la chose grave et lui donne une résonance, c'est le contexte parce que ça intervient...
Ca n'est pas motivé par un événement particulier, comme pouvaient l'être les attentats de 2015. Ca a été motivé par une conjoncture politique qui est la victoire régionale de 2 partis d'extrême droite. Dans le contexte d'une vague populiste et nationaliste générale où on rétablit des murs, des frontières, aussi bien physiquement que commercialement.
On est dans une tendance de protectionnisme général. Le fait que ce soit la première puissance économique qui opère ce changement dans un gouvernement de gauche, par un gouvernement de gauche, même s'ils sont contre et se sont indignés, c'est significatif. - C.Roux: Ce n'est pas rien.
Vous avez bien fait de remettre ça dans un contexte historique et réglementaire de la part de l'Europe avec le fonctionnement de Schengen. Mais quand on voit la carte de l'Allemagne qui ferme l'ensemble de ses frontières après des faits divers qui ont choqué les Allemands cet été, les attaques au couteau... - J.Fourquet: Qui mettait souvent aux prises des personnes issues de l'immigration.
Attention, l'Allemagne rétablit les contrôles et ne ferme pas ses frontières. Mais c'est un vrai changement par rapport à 2015 et la fameuses déclaration d'A.Merkel qui a dit: "Nous réussirons" à accueillir ces migrants.
E.Macron avait dit que c'était l'honneur de l'Europe qu'A.Merkel avait relevé.
Depuis, il s'est passé énormément de choses. Regardons ce qui se passe du côté de la Grande-Bretagne. Ces émeutes qui ont été rappelées pendant le reportage mais aussi d'autres images, des manifestations monstres à Londres en soutien au peuple palestinien, avec des slogans islamistes.
Tout ça pèse aussi. Qu'on le veuille ou non, 30 ou 40 ans d'histoire migratoire dans toute l'Europe a modifié la physionomie du continent européen. Pour Londres, on a appris il y a quelques jours qu'une ligne de bus reliant le centre de Londres à des quartiers habités par des communautés juives orthodoxes allaient être mise en place.
Elles seront réservées à des gens de la communauté juive pour davantage les protéger. Ces responsables politiques...
Le Premier ministre britannique est de gauche et doit tenir compte de cette réalité. Cette réalité fait voler en éclats les équilibres politiques et les prises de position des uns et des autres. Ca avait commencé avec le petit Danemark où des sociaux-démocrates avaient appliqué des positions fermes.
La Suède est le pays qui a le plus accueilli de migrants de façon proportionnelle à la taille du pays. Ne minimisons pas non plus la question des relations hommes-femmes avec l'affaire des viols de masse dans la nuit de la Saint-Sylvestre, à Cologne. On a des populations migrantes qui sont à forte dominante masculine qui arrivent dans ces pays, avec des conceptions des relations hommes-femmes très différentes des standards nord-européens.
Tout ça se pose aujourd'hui. Qu'on le veuille ou non, ça fait voler en éclats...
On parlait du changement de regard sur madame Meloni. S.Séjourné et E.Macron avaient dit qu'au moment de la victoire de Meloni, le gouvernement italien allait être sous surveillance démocratique de la part des autres pays européens.
C'était il y a quelques années seulement. - C.Roux: Aujourd'hui, elle est soutenue majoritairement par les patrons italiens à qui elle a aussi accordé de faire entrer 450 000 travailleurs, qui étaient réclamés par le patronat italien.
La question qu'on peut se poser...
Question. On se doute que ce qu'on commente va influer dans le débat politique français. - N.Saint-Cricq: C'est temporaire, prévu.
Quand on regarde les textes, c'est prévu pour 6 mois mais pour des raisons d'ordre public ou de sécurité. Ordre et sécurité, quand il y a la peur des attentats...
C'est motivé par une crainte directe. Or, là, c'est plus motivé par une instabilité politique et une montée d'un ras-le-bol...
L'insécurité culturelle, du terrorisme, les rapports hommes-femmes...
J'ai plus l'impression que ça ouvre une brèche qui, à force...
Au lieu de la traiter en se demandant quels sont les problèmes, comment faire dignement, ouvertement, en disant qu'on a des problèmes démographiques comme l'Italie, comme l'Allemagne...
Des problèmes de main-d'oeuvre...
Que de toute façon, des réfugiés, il y en aura. Des réfugiés climatiques, mais qu'il faut peut-être maîtriser le problème plutôt que de le subir en disant qu'il n'y en a pas. C'est un dossier qu'il ne faut pas mettre derrière le rideau en travaillant à la petite semaine. - C.Roux: On entendait dans le débat public ce week-end des élus du RN disant: "On s'est moqué de nous pendant des années en disant qu'il fallait reprendre le contrôle des frontières.
Regardez, les Allemands sont en train de le faire." Vous dites que ce n'est pas pareil. - M.Van Renterghem: Il y a beaucoup d'hypocrisie de la part de l'extrême droite française qui a toujours voté contre tous les textes qui allaient dans le sens d'un renforcement des frontières européennes.
C'est très différent de madame Meloni, qui joue complètement le jeu, en partenariat avec l'UE, avec U.von der Leyen. Elle est allée chercher, avec les pays d'immigration...
G.Meloni a été incroyablement habile. D'abord, elle a accepté la demande du patronat d'accueillir, de donner des visas de travail à 400 000 réfugiés.
Ils disaient: "Ca ne va pas, on a besoin d'immigration." Elle a obtempéré de ce point de vue. En même temps, elle a réduit l'immigration illégale en faisant des accords comme avec l'Albanie.
C'est ça que K.Starmer vient chercher en lui demandant conseil. Elle a réussi, en étant une vraie Européenne, contrairement au RN ou à l'AfD, en prenant ce problème à bras le corps...
C'est vrai que les opinions publiques considèrent que l'immigration est un véritable problème et qu'il faut s'en emparer. Pour ne pas laisser les nationalistes et les populistes préempter cette question, les sociaux-démocrates et les centristes de droite et de gauche se sentent obligés d'agir dans ce sens. - C.Roux: Vous parlez du RN et de l'AfD.
Ce sont 2 extrêmes droites. Ils ont de nombreuses divergences au niveau européen. Ils ont rompu. - M.Van Renterghem: Ils ont rompu au niveau du Parlement européen.
L'AfD est dans le même groupe que Reconquête!, le parti d'E.Zemmour. - C.Roux: On va en parler.
On a évoqué la phrase d'A.Merkel prononcée en 2015. 10 ans plus tard, c'est un autre message que les Allemands envoient dans les urnes avec la percée de l'AfD, parti issu des mouvements néonazis aux dernières élections. - En cette veille de week-end, la pluie et l'AfD se sont invités sur la place de ce petit village en plein coeur de l'ex-Allemagne de l'Est.
Dans la tribune, les thèmes favoris du parti d'extrême droite: la défense des valeurs traditionnelles... - L'école ne doit pas être une scène de crime ni un lieu d'endoctrinement. - Et bien sûr, l'immigration. - Nous mettrons immédiatement en place un programme de remigration.
Les étrangers sont expulsés actuellement à dose homéopathique. - Dans le Brandebourg, le parti fait la course en tête. Daniel est un des candidats. - On va avoir besoin de votre soutien.
Grâce à vous, on n'a aucun souci à se faire. Salut, toi! Tu as les mains toutes froides! - Pour ce financier de 44 ans, l'une des priorités est l'expulsion des immigrés.
Son parti a un plan. - Actuellement, plusieurs millions de personnes sont arrivées chez nous. Aujourd'hui, il y a 250 000 sans-papiers en Allemagne.
On veut les renvoyer chez eux. Nous avons 250 000 criminels, violeurs, tueurs dans les prisons. On veut aussi les renvoyer chez eux.
On a 1,2 million d'Ukrainiens qui vivent en marge du système social. Nous voulons faire le plus vite possible des négociations pour qu'ils rentrent chez eux et mettre fin à la guerre. - Un discours décomplexé et nationaliste qui a convaincu cette femme.
Cette retraitée de l'administration publique a d'abord donné sa chance aux partis classiques avant de se tourner vers l'AfD. - Cette politique d'asile, il suffit de regarder. C'était où, l'attaque au couteau?
Oui, à Solingen. Ca ne peut pas continuer. Regardez les statistiques de la criminalité.
Ce sont des Arabes. Ca ne va pas. - Qu'importe si la réalité est plus nuancée.
A 32 ans, Isabelle, aide à la personne, a surtout l'impression d'être abandonnée. - En ce moment, nous cherchons un appartement plus grand. Tout ce qui est construit maintenant, c'est soit trop cher soit construit de manière à être immédiatement occupé par des étrangers.
Ce n'est plus du tout pour nous. - C'est au tour de cet homme de prendre la parole. Le coprésident de l'AfD savoure la percée historique de son parti arrivé en tête début septembre des élections régionales en Thuringe. - Je vois la sueur sur le front des gouvernants.
C'est la peur. On sait qu'au niveau fédéral aussi, les chiffres le montrent, les sondages le montrent. Un changement de politique s'annonce. - Cet homme à l'allure soignée incarne l'aile dure de l'AfD, celle qui n'hésite pas à citer dans son programme électoral un poète et sympathisant nazi.
Car, face au nazisme, l'AfD adopte l'ambiguïté. - Ca a été une période terrible. Il y a des personnes qui ont fait des choses terribles, mais il faut nuancer.
Tout ce que les poètes ont écrit n'était pas mauvais. Nous étions des poètes et des penseurs. Je lui dis au passé parce qu'aujourd'hui, nous sommes un peuple à l'économie vacillante. - Un des cadres de l'AfD a été condamné à une amende de 13 000 euros pour avoir utilisé, lors d'un meeting, un slogan nazi. - C.Roux: Nous étions en débat sur ce reportage.
Sur cet homme qui revisite l'histoire allemande et qui ajoute "un pays en déclin", c'est-à-dire un pays qui va mal et des Allemands qui souffrent. - M.Van Renterghem: L'AfD a ça de différent du Rassemblement national qu'il ne cherche aucunement à se dédiaboliser.
Au contraire. J'étais en train de citer la phrase d'un ancien patron de l'AfD, A.Gauland, qui disait: "Les Français sont fiers de Napoléon, les Anglais sont fiers de Churchill, je ne vois pas pourquoi nous serions pas fiers d'eux." Il parlait des soldats de la Seconde Guerre mondiale.
Il y a une attitude décomplexée. - C.Roux: Ce sont des choses qu'on entend aussi dans le reportage en France sur la situation économique, sur l'impression que "ce n'est jamais pour nous mais pour les autres, les étrangers". - J.Fourquet: Dans tous les pays occidentaux, pour la droite radicale ou pour Trump, aux Etats-Unis, c'est toujours la même chose: un déclassement économique.
Avec des industries qui ferment, des délocalisations... "On ne reconnaît plus notre pays, regardez ce qu'on apprend aux enfants à l'école..." Et la question migratoire que beaucoup d'électeurs amalgament avec la question de l'insécurité.
Les mots ont été très crus: "Ce sont des Arabes qui attaquent. Ca ne peut plus durer comme ça." Cette femme, aide à la personne...
Ce sont des profils typiquement représentés lors de la crise des "gilets jaunes". Les scores très importants sont faits dans l'Allemagne de l'Est avec une réunification qui ne s'est jamais faite totalement, en tout cas dans les esprits. Ces très nombreux citoyens de l'ancienne Allemagne de l'Est se vivent toujours comme étant des citoyens de seconde zone.
On a la même chose chez nous en France, avec des territoires désindustrialisés, qui vivent à l'ombre des grandes métropoles. Regardez ce qui se passe quand on regarde la carte des votes aux Etats-Unis. Ceux qui sont très loin des côtes se sentent méprisés.
Pendant tout un moment, en Allemagne de l'Est, c'est le parti de la gauche radicale, qui a capitalisé sur le ressentiment allemand. Aujourd'hui, c'est l'AfD...
Il y a aussi un autre parti, une formation allemande, qui a pour spécificité que, dans la biographie familiale d'un certain nombre de ses leaders, on a des petits-enfants de dignitaires nazis et c'est revendiqué très clairement. - C.Roux: Question.
A votre avis, est-ce l'un des paris de M.Barnier? - N.Mauret: Lors de sa 1re intervention télévisée, M.Barnier a dit qu'il voulait lutter contre le sentiment que "les frontières sont des passoires".
Le sentiment, c'est-à-dire par l'émotion des gens. "Les frontières sont des passoires", c'est reprendre le terme souvent repris par le RN. Le pouvoir d'achat et le sentiment d'être de seconde zone sont les premiers moteurs de vote.
Le nombre de députés réélus que j'ai vu de droite et de gauche qui m'ont parlé du score du Rassemblement national dans leur circonscription où il n'y a aucun problème d'immigration mais où on les interroge... "Comment ça se fait qu'il n'y ait pas d'immigration dans votre département?
Comment ça se fait que vous votiez Rassemblement national?" La réponse, c'est toujours: "Avec ce qu'on voit à la télé." On voit bien que c'est une espèce de...
Pardon, mais c'est vrai. On actionne la peur et l'émotion. Il y a le sentiment que "nous, on est servis après les autres." Pour que le Premier ministre, dès sa première intervention, parle de "sentiments", je trouvais que... - J.Fourquet: On parle de l'Allemagne, mais une France est un pays prospère, mais il y a l'Allemagne à 2 vitesses.
Le discount en France vient d'Allemagne. Beaucoup des Allemands ont dit: "Regardez les milliards dépensés pour accueillir tous les migrants alors qu'une partie de la population allemande vit dans la difficulté." - C.Roux: Est-ce que vous considérez que parmi tous les dossiers urgents qu'il a posés sur son nouveau bureau, le sujet de l'immigration en fait partie, pour M.Barnier? - N.Saint-Cricq: On voit qu'il y a une corrélation directe entre le faible niveau de vie, les problèmes de pouvoir d'achat, l'impression d'être misérable, que nos enfants vivront moins bien que nous, que l'assistanat social...
C'est lié directement à une espèce de fureur. Sur l'assistanat, il y en a qui en profitent... - C.Roux: Vous dites que l'urgence, c'est davantage la question sociale que celle de l'immigration? - N.Saint-Cricq: L'un n'empêche pas l'autre.
Quand on voit les chiffres de l'immigration...
Un sujet tel que le regroupement familial pourrait, sans hystérie, être posé sur la table en tordant le cou à un certain nombre de fantasmes. "Il suffit d'être la cousine du grand-père de je ne sais qui..." Il faudrait expliquer les règles.
Au bout de combien de temps? Quelles sont les preuves à donner? Est-ce qu'on peut parler d'intégration?
Je ne suis pas certaine que M.Barnier...
Je pense que ça fait partie des choses qu'il va falloir régler vite. Quand on dit n'importe quoi volontiers pour être élu, on ne va pas s'en sortir. - C.Roux: Nous revenons à vos questions.
Question. - M.Van Renterghem: Bonne question.
Encore une fois, il s'agit de contrôle et pas d'empêcher forcément les gens de passer. - C.Roux: Question. - N.Mauret: Complètement. je me suis rappelé qu'il y a 20 ans, il proposait le Smic-jeunes.
Je me suis dit: se faire applaudir à la Fête de L'Huma, pour quelqu'un qui, il y a 20 ans, proposait le Smic-jeunes... - N.Saint-Cricq: Ca s'appelle un peu de la démagogie. - C.Roux: Question.
C'est vrai, tiens...
Il y en aura à la fin de la semaine. - N.Saint-Cricq: Et le ressenti des Français... - C.Roux: C'est important. "Le ressenti des Français".
Il faut que ce gouvernement, avec toutes les contraintes qu'on a évoquées, donne le sentiment aux Français qu'on les a entendus? - N.Saint-Cricq: Un peu de compétences, aussi. - J.Fourquet: S'il n'y a que des LR au gouvernement, 80 % de la population... - C.Roux: Sera mécontente.
Question. - N.Saint-Cricq: Je ne crois Je ne pense pas qu'il soit dans un truc du genre: "Vous faites ça..." Le tournant, c'est qu'ils ne sont plus à "j'en veux 30 ou 40 %", ils sont dans l'idée qu'ils ne veulent pas forcément y aller parce qu'ils ne savent pas ce qui va se passer. - C.Roux: Question. - M.Van Renterghem: Pas forcément les relations franco-allemandes mais celle de la France avec le reste de l'Europe.
C'était une voix très importante en Europe, active, énergique. C'est un gâchis. - C.Roux: Question. - N.Mauret: Pas tout de suite.
Il a intérêt à faire profil bas et à ne pas être celui qui...
Il l'a intégré, à être celui qui crée le chaos. - N.Saint-Cricq: Un secteur. - N.Mauret: Il a intérêt à jouer la carte du parti de l'opposition constructive. - J.Fourquet: Il faut qu'il montre qu'il arrive à arracher des décisions. - C.Roux: Question. - M.Van Renterghem: Non, pas tout à fait.
C'est pour ça qu'ils ont rompu et que, sur l'histoire d'une réunion secrète qui avait eu lieu et qui avait fuité dans la presse où l'AfD projette de re-migrer des Allemands d'origine étrangère...
Ca, M.Le Pen a senti que c'était pas bon pour son image. Elle a rompu avec l'AfD et ils se sont séparés au Parlement européen. - J.Fourquet: C'était plus avec le parti Reconquête!
D'E.Zemmour. Idéologiquement, ils sont en phase. - C.Roux: Question.
Et dans la société européenne, au fond. - J.Fourquet: On a ces scores en Allemagne de l'Est et ces décisions.
Mais il y a eu d'énormes manifestations dans la société allemande pour protester contre la montée de l'extrême droite. On a vu ces émeutes en Grande-Bretagne fomentées par l'extrême droite. Mais il y avait beaucoup plus de monde dans les contre-manifestations.
En France, le front républicain a été réactivé. Une majorité absolue des Français ne sont pas ceux qui sont arrivés au pouvoir. Il faut regarder la perspective. - C.Roux: Il y avait de grandes mobilisations en Allemagne au moment où ce projet de remobilisation a fuité.
Question. - M.Van Renterghem: Ce serait une bonne chose.
Il a quelque chose d'un peu aberrant avec ces accords du Touquet qui prévoient que la police française, contre monnayage de la Grande-Bretagne, s'occupe de gérer les flux migratoires dans la Manche. On ne voit pas très bien, depuis le Brexit, en quoi cet accord bilatéral qui ne concerne pas l'UE est pertinent. - C.Roux: 8 personnes sont mortes ce week-end en tentant de traverser la Manche.
Question. - N.Mauret: Nous, c'est le cas.
Mon journal est transfrontalier. Il y a plusieurs dizaines de milliers de transfrontaliers qui traversent la frontière chaque jour. Pour l'instant, ça circule.
Il y a des contrôles qui sont aléatoires mais qui concernent plutôt les camions, les camionnettes... - C.Roux: Question.
Ca a été pour l'instant écarté... - N.Saint-Cricq: Oui et non.
Tout dépend de la personne et de la volonté politique qu'il y a derrière. - C.Roux: Fin de semaine, allez!
Merci à tous. On va retrouver A.-E.Lemoine et toute l'équipe de "C à vous".
Au programme? - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Les images stupéfiantes de l'arrestation de D.Pelicot, l'accusé des viols de Mazan, dans un supermarché il y a quelques années. Sans cela, le procès qui a lieu aujourd'hui ne pourrait avoir lieu.
La démission surprise du commissaire européen T.Breton et T.Riner, désormais commandeur de l'Ordre national du mérite,
François Bayrou