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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 17 août 2021 57 minAutoproduitPortrait personnelDéfenseInstitutions & élections

Commémoration du 77ème anniversaire de la libération de Bormes-les-Mimosas.

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Maire de Bormes-les-MimosasChiffre
    « Les prises de Hyères, Toulon et Marseille auront coûté aux forces françaises 4 000 vies auxquelles il faut rajouter les 500 Français des FFI. »
  • 3:30Maire de Bormes-les-MimosasChiffre
    « Côté allemand, le bilan est de 17 000 prisonniers et 3 000 tués à Toulon, et 37 000 prisonniers et 6 000 tués à Marseille. »
  • 22:30Maire de Bormes-les-MimosasChiffre
    « Ce sont près de 1200 personnes qui ont afflué à bord de plus de 500 véhicules. »
  • 25:00Maire de Bormes-les-MimosasFait
    « Le feu, parti de Gonfaron, a brûlé plusieurs milliers d'hectares, des maisons, des campings. »
  • 27:30Maire de Bormes-les-MimosasFait
    « Il y a un mois à peine, lors de la cérémonie du 14 juillet ici-même, je rappelais que les valeurs de la République n'ont pas régressé. »
  • 40:00Président de la RépubliquePromesse
    « Je suis heureux aujourd'hui de vous annoncer que, lors de la prochaine promotion, vous serez promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

La cérémonie va commencer. Monsieur le Président de la République, Monsieur le Préfet du Var, Monsieur le Maire de Bormes les Mimosas, Mesdames et Messieurs les Maires, les autorités civiles et militaires, Monsieur Pierre Velsch, Commandos d'Afrique libérateurs, Mesdames et Messieurs les représentants des associations patriotiques et mémorielles, Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux, Mesdames et Messieurs. Nous sommes réunis pour commémorer le 77ème anniversaire de la libération de Bormes les Mimosas par les Commandos d'Afrique.

Nous n'oublierons jamais le sacrifice de ces jeunes hommes à peine majeurs, combattants hors pair, qui sont les premiers soldats français du débarquement de Provence à avoir foulé le sable de France dans la nuit du 14 au 15 août 1944, vers minuit. Garde à vous ! Attention pour les couleurs !

Envoyez ! Au drapeau ! Remise de décorations par Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République.

Récipiendaires, gagnez vos emplacements ! Ouvrez le ban ! Monsieur Jean Bornes, au nom de la République française, nous vous faisons chevalier de la Légion d'honneur.

Fermez le ban ! Ouvrez le ban ! Monsieur Jacques Couillandre, au nom de la République française, nous vous conférons la médaille militaire.

Fermez le ban ! Médaillés, rejoignez les rangs ! Appel des morts pour la France par Messieurs Georges Massolini et Georges Doubout.

Le poète a dit que " tous ceux qui ont donné leur sang pour la patrie, ont droit qu'à leur tombeau, la foule vienne et prie. " Nous allons citer les morts de Bormes de la guerre 14-18. MICHEL Jules.

Mort pour la France. JAUVAT Charles, mort pour la France. AGNEL Gustave.

Mort pour la France. BERTHON Julien. Mort pour la France.

ROUX Louis. Mort pour la France. CAUTELLIER Alphonse.

Mort pour la France. REYMONENQ Armand. Mort pour la France.

CHINELLI Joseph. Mort pour la France. MILLET Jules.

Mort pour la France. AUGIER Eugène. Mort pour la France.

FRAISSE Édouard. Mort pour la France. SÉNÉQUIER Victor.

Mort pour la France. CIER Alexandre. Mort pour la France.

CESANA Victor. Mort pour la France. CHRISTINEL Gaston.

Mort pour la France. MONTANARD Adolphe. Mort pour la France.

RIBERO Eugène. Mort pour la France. CESANA Joseph.

Mort pour la France. MONTANAR Charles. Mort pour la France.

BERENGUIER Florius. Mort pour la France. FOLEAS Louis.

Mort pour la France. SERRA Raphaël. Mort pour la France.

GERARD Gustave. Mort pour la France. PAUL Marius.

Mort pour la France. ANFOSSI Jean. Mort pour la France.

REVEST Joseph. Mort pour la France. CASTAGNE Auguste.

Mort pour la France. LE CAM Félix. Mort pour la France.

DIGNE Kléber. Mort pour la France. ROUX Lucien.

Mort pour la France. RICARD Marius. Mort pour la France.

SÉNÉQUIER Louis. Mort pour la France. BERLIOUX Alphonse.

Mort pour la France. SAUVAIRE Fortuné. Mort pour la France.

BOURBON Gabriel. Mort pour la France. Maintenant, le nom de deux anglais qui habitaient Bormes, et il n'y a pas de prénoms.

BRAND. Mort pour la France. REYNOLDS.

Mort pour la France. MICHEL Bertin. Mort pour la France.

BOUHIER Jean. Mort pour la France. GATTUS Victorin.

Mort pour la France. VIDAL Eugène. Mort pour la France.

COLOMBO Marius. Mort pour la France. MONIER Alix.

Mort pour la France. ROLFI Michel. Mort pour la France.

GUIRAND Julien. Mort pour la France. AUDIBERT Florius.

Mort pour la France. BORAGNO Louis. Mort pour la France.

Nous allons maintenant citer ceux qui sont morts pendant la guerre de 39-45. CHAROLOIS Philippe. Mort pour la France.

FOLEAS Henri. Mort pour la France. MICHEL Charles.

Mort pour la France. SÉNÉQUIER Félix. Mort pour la France.

TEZENAS Guy. Mort pour la France. VALENTE Dominique.

Mort pour la France. Terminé ! Dépôts de gerbes.

Gerbe de la présidence de la République par Monsieur Emmanuel Macron, président de la République accompagné d'Ornella Marouchelli et Constantin Jules du Conseil municipal des jeunes. Gerbe de la municipalité de Bormes les Mimosas déposée par monsieur François Arrizzi, maire de Bormes les Mimosas, accompagné d'Ornella Marouchelli et Killian Canton du Conseil municipal des jeunes. Gerbe de Madame Serel Mauborgne déposée par Mme Fernandez, et Constantin Jules et Killian Canton du Conseil municipal des jeunes.

Gerbe du Conseil départemental déposée par Monsieur Michel Gonzalès, élu à Bormes. Gerbe de la municipalité de Toulon déposée par Monsieur Hubert Falco, maire de Toulon et ancien ministre. Gerbe de la municipalité du Lavandou déposée par monsieur Gilles Bernardi, maire du Lavandou.

Gerbe de la municipalité de Pierrefeu du Var déposée par Monsieur Patrick Martinelli, maire de Pierrefeu du Var. Gerbe de l'Amicale des anciens combattants et victimes de guerre du Lavandou, Bormes les Mimosas, Le Rayol et des Commandos d'Afrique, déposée par messieurs François Baudin, président de l'Amicale des Commandos d'Afrique, monsieur François Serin, président de l'Amicale ACVG et monsieur Pierre Velsch, Commandos d'Afrique Libérateurs. Gerbe de l'Association varoise des anciens combattants et médaillés, section de Bormes, par messieurs Jean-Michel Estève et Francis Alberti, présidents de l'Association.

La Flamme du Souvenir français est déposée éteinte en raison des circonstances par monsieur Christian Barbier, Président du comité local du Souvenir français. Aux morts ! Repos !

Allocution de Monsieur le Maire. Merci Patrice. Monsieur le Président de la République, Madame Brigitte Macron, très honoré de votre présence à cette cérémonie.

Monsieur le vice-amiral d'escadre Jean-Philippe Rolland, chef d'état major du président de la République, Monsieur le Préfet du Var. Monsieur Hubert Falco, maire de Toulon, ancien ministre, président de TPM. Un vrai plaisir, Hubert, de te retrouver ici à Bormes avec notre président.

Madame Christine Amrane, maire de Collobrières, est excusée. Il y a une reprise d'incendie et elle a préféré rester sur sa commune pour gérer. Mes collègues maires de l'intercommunalité, Monsieur Gil Bernardi, mon plus proche voisin, maire du Lavandou, Monsieur Patrick Martinelli, maire de Pierrefeu, Madame Caroline Houssin-Salvetat, maire d'Avrillé, Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués, pompiers, gendarmerie, PM, Mesdames et Messieurs les représentants des CCFF, de la SNSM, Messieurs les anciens combattants, au premier rang desquels notre ami Pierre Velsch, ancien des Commandos d'Afrique et dernier survivant des commandos ayant libéré Bormes.

Pierre, tu as la même souplesse que quand tu gravissais les pentes du cap Nègre. Mesdames et Messieurs les élus, chers visiteurs présents sur notre commune, chères Borméennes, chers Borméens. Permettez-moi, Monsieur le Président, avant toute chose, de dire à Jean Bornes l'émotion qui étreint l'ensemble des élus de Bormes et les services municipaux qui ont travaillé sans relâche pour que tu puisses, mon cher Jean, recevoir la distinction que tu mérites pour ton engagement au service de la France, lors de la Seconde Guerre mondiale.

Cette Légion d'honneur t'honore, mais elle honore aussi Bormes les Mimosas, notre commune pour laquelle tu a énormément œuvré. Je n'oublie pas non plus Jacques Couillandre, qui a reçu la médaille militaire, qui est, je le rappelle, la plus haute distinction réservée aux sous-officiers et aux soldats. Félicitations à vous aussi pour cette distinction amplement méritée pour votre action lors de la guerre d'Algérie.

Mes chers amis, comme vous le savez, le département du Var est durement touché depuis la nuit dernière par de très violents incendies. Le feu, parti de Gonfaron, a brûlé plusieurs milliers d'hectares, des maisons, des campings. Il a été d'une violence et d'une rapidité inouïes.

Ce n'est pas sans nous rappeler l'incendie que nous avons subi en 2017. Vers zéro heure ce matin, nous avons activé notre plan communal de sauvegarde et ouvert le gymnase Pierre Quignon pour accueillir des réfugiés du feu, principalement en provenance de la commune voisine de La Môle. Ce sont près de 1200 personnes qui ont afflué à bord de plus de 500 véhicules.

Les services municipaux se sont une fois encore mobilisés en pleine nuit, avec une rapidité et une efficacité remarquables, afin d'accueillir les familles en détresse dans les meilleures conditions. Beaucoup d'agents de la Ville n'ont toujours pas dormi, car il y avait aussi la préparation de cette journée du 17 août, si importante pour notre mémoire collective. Je voudrais les remercier du fond du cœur.

Merci à eux ! Monsieur le Président de la République, cela fait maintenant quatre ans que vous nous faites la très grande joie et le très grand honneur de votre présence lors de la cérémonie de la libération de la commune de Bormes les Mimosas. Quatre ans, presque la durée de votre mandat !

J'aurai, n'en doutons pas, l'immense plaisir de vous recevoir à nouveau en 2022. Ce qui est certain, c'est que vous savez pouvoir compter sur moi, sur mon soutien plein et entier. Vous avez hérité, Monsieur le Président, d'un mandat compliqué et d'une situation tendue.

Vous avez eu le courage de vous attaquer à des sujets qui alimentaient les campagnes électorales, mais que personne n'osait aborder ou réformer une fois les élections passées. Vous avez eu à gérer les gilets jaunes, une pandémie que personne dans le monde entier, je dis bien le monde entier, n'avait vu venir, et qui n'est toujours pas terminée. Sans parler des problèmes de sécurité, de terrorisme, de communautarisme, mais aussi les catastrophes naturelles comme celle qui a touché nos voisins des Alpes-Maritimes en octobre 2020.

Et je n'oublie pas la situation internationale en Afghanistan pour laquelle vous vous êtes exprimé hier. Et la France est engagée, comme elle l'a toujours été, à l'aide des personnes qui ont travaillé pour elle et pour nos ressortissants français. Je m'arrêterai là, mais la liste est encore longue.

Mais un mandat difficile que vous avez su gérer en bon timonier. Alors, tout n'a sûrement pas été parfait, mais qui peut prétendre l'être ? Ces difficultés auront eu aussi le mérite de mettre en avant ce dont on parle toujours, ce que l'on ne touche jamais vraiment du doigt et qui, cette fois-ci, est apparu en pleine lumière.

Je veux bien entendu parler du mille-feuille administratif français, mille-feuille dont vous avez hérité, mais qui, avouons-le, ne facilite la vie d'aucun élu, du simple maire au président de la République. La qualité de nos fonctionnaires n'est pas en cause, mais que de strates administratives, d'échelons, de commissions, d'agences, de conseillers, de directions, de chargés de mission, d'inspecteurs ! Tous émettent des directives plutôt sensées, mais lorsqu'elles sont mises bout à bout, croisées et empilées, elles rendent très compliquée l'application des décisions pourtant claires prises au plus haut sommet de l'État.

Les maires sont bien placés pour comprendre les difficultés auxquelles vous avez été confronté. Tous, sur leur territoire, doivent administrer une petite partie de France. Les maires sont là, ou du moins devraient être là, pour vous aider à maîtriser cette situation, et non, pour certains, pour contester les décisions, créant ainsi la confusion.

Soyons unis dans la tempête. Alors nous savons la complexité de la tâche. Nous subissons comme vous les donneurs de leçons, les " y'a qu'à, faut qu'on ".

Nous avons nous aussi nos conseillers du Café du commerce. Vous savez, ceux qui savent tout, tout mieux que tout le monde, surtout lorsqu'ils ne sont pas aux commandes. Ceux qui ont des solutions miracles pour tous les problèmes, mais qui, une fois en place, ne les appliquent pas ou s'aperçoivent qu'elles ne fonctionnent pas, quand ils ne le savaient pas déjà.

Mais, démagogie, quand tu nous tiens ! Je pense donc être bien placé pour vous dire que vous avez réussi à maintenir la France à flot. Notre économie n'est pas exangue.

Les Français ne font pas la queue devant les magasins, munis de tickets de rationnement. Notre système de santé et notre modèle social sont toujours debout, ce modèle à la française qui n'est en réalité décrié que par une petite partie des Français, car le monde entier, et surtout les classes populaires du monde entier nous l'envient. Alors que ceux qui manifestent pour leur liberté se rappellent que, justement, ils ont la liberté d'aller manifester, de se déplacer, de penser, et surtout de voter.

Je vous souhaite donc le meilleur pour la suite, et le meilleur pour notre pays. Le débarquement de Provence, bien que longtemps éclipsé par celui de Normandie, devrait paradoxalement faire la fierté de notre pays. Le 6 juin 1944, en Normandie, les troupes alliées qui ont débarqué comptaient seulement 170 soldats français dans leurs rangs, le célèbre commando Kieffer.

Sur les 320 000 soldats qui ont débarqué entre Théoule-sur-mer, le Cap Nègre et les îles d'Or, 230 000 étaient français, dont notre ami Pierre Velsch. Ils étaient massés sur 2 120 navires et accompagnés de 2 200 avions transportant des parachutistes qui devaient atterrir aux alentours du Muy. Je dis " devaient ", car certains se sont égarés du côté de La Môle.

Cela a profité au village de Bormes, qui a vu les soldats américains du 509ème régiment de parachutistes arriver par le col de Caguo-Ven, pendant que les commandos d'Afrique pénétraient au village par le quartier du Bazar. Alors, à la grande question de savoir qui étaient arrivés les premiers, le commandant Bonin des Commandos d'Afrique avait cette réponse en forme de pirouette, lorsqu'il disait avec beaucoup d'humour : " Nous, au moins, nous ne nous étions pas perdus ! " Allez comprendre !

Des commandos d'Afrique, il nous en reste un, Pierre. Pierre Velsch, sur lequel nous veillons tout particulièrement. Et je souhaite aujourd'hui avoir à travers toi, Pierre, une pensée pour le président de l'Amicale et ancien des Commandos, Charles Leca, qui nous a quittés en septembre dernier.

Pierre demeure donc la mémoire de ce débarquement. Lui seul peut encore nous narrer des anecdotes sur ses compagnons d'armes. Il apparaît d'ailleurs dans un film documentaire qui vient récemment d'être tourné, et nous espérons qu'il soit encore longtemps, très longtemps à nos côtés lors de nos cérémonies du 17 août.

L'an dernier, ici-même, vous aviez pu faire connaissance avec un char destroyer mis à disposition par l'Etat français à la commune de Bormes les Mimosas grâce à votre implication, Monsieur le Président. Il y avait énormément de travail à réaliser pour lui permettre de rouler à nouveau. l'Association Mémoire Bormes 1944, son président Didier Olivier, l'ensemble de ses membres, ont tenu leur pari : le char est superbe, à nouveau motorisé, et il est venu sans assistance, par ses propres moyens, de son garage jusque devant la chapelle Saint-François, où une petite exposition relate tout le travail de réhabilitation entrepris par l'association autour de ce blindé : plus de 1200 heures de dur labeur !

Bravo, effectivement ! Merci donc à Mémoire Bormes 1944 d'entretenir la mémoire collective et de permettre aux générations qui n'ont pas connu la guerre de continuer à honorer nos libérateurs. L'opération Dragoon, plus communément appelée le Débarquement de Provence, a été une action de grande envergure.

Pas moins de six détachements ont débarqué en plusieurs lieux, disséminés le long de la côte varoise. La force Rosie débarque à l'est, à la pointe de l'Esquillon, la force Camel à Fréjus-Saint-Raphaël, la force Delta à Sainte-Maxime et dans le golfe de Saint-Tropez, la force Alfa à Pampelonne, La Croix-Valmer et Cavalaire, la force Sitka, constituée de la Fisrt Special Service Force, sur les îles du Levant et de Port-Cros. Et enfin, la force Roméo, avec un groupe des Commandos d'Afrique commandé par le lieutenant colonel Bouvet, débarque au Cap Nègre, à Aiguebelle et au Canadel.

Ce dispositif était complété par 5 000 parachutistes largués derrière les lignes ennemies disposées sur la côte. L'ensemble de ces forces a livré de durs combats pour reconquérir notre belle région. À Bormes, les Commandos d'Afrique, prévenus par l'abbé Hélin et les parachutistes du 509ème régiment, délivrent les 180 otages Lavandourins retenus à Bormes.

De violents combats ont eu lieu au col de Gratte-Loup. Le capitaine de Leusse tente et réussit ce coup de maître au fort de Brégançon. Le château de Brégançon est lui aussi libéré.

Les blockhaus du Front de mer et de Notre-Dame de Constance sont neutralisés. L'avancée des troupes alliées et des Commandos d'Afrique est inexorable. Au total, les prises de Hyères, Toulon et Marseille auront coûté aux forces françaises 4 000 vies auxquelles il faut rajouter les 500 Français des FFI.

Côté allemand, le bilan est de 17 000 prisonniers et 3 000 tués à Toulon, et 37 000 prisonniers et 6 000 tués à Marseille. La hargne et la volonté de reconquérir leur patrie ont décuplé les forces des troupes françaises de l'armée du général de Lattre de Tassigny. Les libérations de Toulon et de Marseille ont été menées à bien avec un mois d'avance sur les prévisions de l'état major du général Patch.

Cette volonté française a fait dire au chef d'état major allemand, le Major General [INAUDIBLE], que la vaillance des combattants français était d'une fougue et d'un élan extraordinaires. C'est, je crois, en fin de compte ce qu'il faut retenir. Les 230 000 Français qui ont libéré la Provence étaient originaires de toutes les régions, mais aussi de nombreux pays africains.

Par delà leurs différences, voyant plus loin que la couleur de leur peau, leurs religions respectives ou encore leurs intérêts personnels, tous se sont engagés au service d'un objectif commun, la libération de la mère patrie, la libération de la France. Tous se sont retrouvés autour des valeurs communes de la République française : Liberté, Égalité, Fraternité. Tous ont su mettre de côté ce qui pouvait les séparer, pour mettre en avant uniquement ce qui les unissait.

C'est cette France-là que nous aimons, cette France de l'union plutôt que de la division, celle qui fait la part belle aux valeurs communes, de préférence au communautarisme, cette France patriote qui aime son pays, de préférence à la France nationaliste qui hait les autres. Oui, c'est ce pays que nous aimons, ce pays pour lequel nos aïeux se sont battus, ont risqué et parfois perdu leur vie. De nos jours certains tentent, comme dans la mouvance " woke ", de mettre en avant nos différences, de stigmatiser chaque décision.

Ils en deviennent contre-productifs et émiettent notre société au lieu de la rassembler. Il y a un mois à peine, lors de la cérémonie du 14 juillet ici-même, je rappelais que les valeurs de la République n'ont pas régressé. C'est le regard que certains Français portent sur elle qui n'est plus le même.

Son message aussi est resté identique. Pourtant, certains pensent que ce n'est plus le cas. J'aime souvent à répéter cet adage : " Lorsque je m'osculte, je m'inquiète; lorsque je me compare, je me rassure. " Quel autre pays propose une couverture sociale, chômage, retraite, médicale, logements sociaux, éducation gratuite, aides, subventions et j'en oublie, plus importante que la France ?

Aucun pays dans le monde n'a d'approche, d'entraide et de solidarité tel que le nôtre. Il est plus qu'utile de le rappeler de nos jours. Cependant, cette générosité et cette solidarité sont maintenant considérées par certains comme des droits, sans jamais mettre en face aucun devoir.

Les valeurs de la République, ce n'est pas attendre que l'État ou les collectivités fassent tout à notre place. La République c'est aider ceux qui en ont besoin, c'est donner les moyens à ceux qui en ont les capacités, quels que soient leur quartier d'origine, leur niveau social ou leur couleur de peau, aider, ne pas faire de l'assistanat. Et cela fait bien longtemps que le mauvais pli est pris.

Certains portent une lourde responsabilité lorsqu'ils incitent à attendre de l'État qu'il garantisse leur pouvoir d'achat en lieu et place de leur propre travail ; quand la perspective d'un revenu universel sans contrepartie séduit plus que l'apprentissage d'un métier ; quand ils incitent le peuple à ne pas voter alors que c'est un devoir civique et la base même de notre liberté et de notre République; lorsque l'éducation, la culture, le sport, le bénévolat sont en souffrance. La tâche qui vous attend, Monsieur le Président, qui nous attend tous afin de faire évoluer les mentalités et les comportements, est particulièrement ardue. Alors, ceux qui aujourd'hui parlent de nazisme et de dictature seraient bien inspirés de demander à nos aînés qui ont connu le second conflit mondial ce qu'était véritablement le nazisme, à quoi ressemblait le bruit sec des bottes martelant les pavés et ce que cela faisait de ne pas manger à sa faim, ce qu'étaient la déportation, les arrestations et les exécutions sommaires.

S'ils connaissaient l'histoire, ils seraient certainement plus mesurés dans leurs propos. La période que nous traversons n'est pas facile. De nombreux défis nous attendent dont le devenir de notre planète n'est pas le moindre.

Nous nous devons plus que jamais d'être unis, soudés, d'avoir une vision d'avenir pour la prochaine génération et non pas, comme certains, une vision de la prochaine élection. Je sais, Monsieur le Président de la République, que vous portez cette vision d'avenir et je sais à quel point, comme nous, vous appuyez vos convictions sur l'exemplarité dont ont fait preuve nos libérateurs qui sont aujourd'hui encore une grande source d'inspiration. Je le dis à notre jeunesse, et je le dis souvent, faites de même.

Appuyez-vous sur ces grands hommes que rien ne prédestinait à devenir des héros. Ils sont aujourd'hui encore la fierté de la France. Ils ont laissé leur famille et leurs amis, ont tout risqué pour l'amour de leur drapeau, pour l'amour de leur pays, pour l'amour de la France et des valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité qu'elle incarne, valeurs qui ont servi de phare et qui ont inspiré tant de pays de par le monde.

Bormes-les-Mimosas, comme beaucoup de communes de France, leur doit beaucoup. Honneur et gloire à eux. Que leur courage et leur volonté, que leur mémoire nous servent toujours et à jamais d'exemple à suivre.

Vive nos libérateurs ! Vive Bormes-les-Mimosas ! Vive la République et vive la France !

Allocution de Monsieur le Président de la République. Merci beaucoup, Monsieur le maire de Bormes-les-Mimosas, cher François, pour ces mots, cette conviction, cet engagement et des valeurs dans lesquelles je me retrouve très largement. Monsieur le député, Monsieur le ministre, Monsieur le maire de Toulon, cher Hubert, Messieurs et Mesdames les maires ici présents, Mesdames et Messieurs les élus, Messieurs les officiers, Messieurs les anciens combattants, porte-drapeaux, Borméennes, Borméens, chers compatriotes, chers amis.

Vous avez dit beaucoup de choses, Monsieur le maire, je m'y retrouve pleinement et c'est en effet la quatrième fois que m'est offert le privilège d'être à vos côtés pour cette cérémonie patriotique, cet anniversaire de la libération de Bormes-les-Mimosas. C'est devenu pour moi, je dois le dire, un rituel estival et je suis heureux avec mon épouse d'être parmi vous cette année encore, de retrouver beaucoup de visages familiers, quelques visages nouveaux aussi, les jeunes générations qui arrivent. Monsieur le maire, vous l'avez rappelé, notre quotidien est bouleversé.

Nous avons tenu cette cérémonie avec un peu de retard parce que nous revenions du Luc et des incendies qui se poursuivent, et vous l'avez dit, et je veux ici saluer l'esprit de solidarité des borméennes et des borméens, et nous retrouverons dans quelques instants vos équipes aux côtés de celles et ceux que vous avez accueillis avec beaucoup de générosité. L'incendie nous rappelle la fragilité de nos terres, nos paysages, des lieux idylliques qui font notre quotidien et qui, au moment où ils s'embrasent, peuvent devenir l'enfer. Votre commune l'a vécu à l'été 2017.

Nous traversons une période marquée par ce virus depuis maintenant 18 mois. Beaucoup de choses seraient à dire, et vous en avez dit quelques unes, fortes. Oui, ce virus nous a rappelé que ce qui nous paraissait être un acquis, une vie normale, pouvait être remis en cause du jour au lendemain ; qu'on pouvait d'un seul coup se mettre à fermer nos sociétés, notre économie, du jour au lendemain.

Et je me félicite que nous ayons eu, que nous nous soyons donné les moyens de résister, de soigner, d'accompagner et de protéger grâce aux scientifiques et à la recherche et le vaccin qui nous est aujourd'hui offert. Mais aussi, de protéger nos acteurs économiques et tous celles et ceux qui n'ont jamais été laissés sur le bord de la route parce que nous sommes une nation suffisamment forte et qui produit pour pouvoir ensuite redistribuer. Et que nous ayons été suffisamment forts pour continuer à avoir l'école ouverte, beaucoup de choses essentielles.

Mais chacune de ces choses qui paraissaient innocentes ou normales sont devenues, durant ces mois passés, des combats. Et nous voyons, l'actualité internationale nous l'a encore rappelé avec les terribles événements d'Afghanistan, combien la liberté, la dignité, parce que ces mots ont un sens même si d'aucuns les galvaudent, sont fragiles quand l'obscurantisme revient et qu'il trouve devant lui, en quelque sorte, place offerte. Je ne citerai pas là tous les maux du temps, je vous rassure, nous sommes là pour célébrer nos anciens et je vais tout de suite y revenir.

Ce que je veux dire avec ces quelques mots, m'inscrivant dans les pas de Monsieur le maire, c'est nous faire toucher du doigt l'extraordinaire fragilité de ce qui nous paraît normal quand tout va bien. Être une nation de femmes et d'hommes libres est un privilège qui est le fruit de conquêtes. Si nous pouvons avoir la santé, l'éducation, nous tenir libres et dire si nous sommes d'accord et pas d'accord, c'est parce que des générations avant nous se sont battues pour cela et que nous devons avoir la force d'âme de continuer à tenir ces principes.

Ne galvaudons pas les mots pour dire tout et n'importe quoi. Ne confondons pas tout. Tenons-nous à la hauteur de notre histoire mais n'oublions jamais la fragilité de notre condition.

Le monde dans lequel nous vivons n'est pas donné. Il est le fruit de nos combats, toujours. Vous avez rappelé les combats contemporains et je veux ici, en étant à vos côtés aujourd'hui, commémorer et célébrer, comme nous l'avons fait à travers l'hommage fait aux morts pour la France, celles et ceux qui nous ont permis, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, de retrouver notre liberté ; celles et ceux, et c'est ce pourquoi nous nous retrouvons chaque année ce 17 août, qui ont permis de redonner la liberté à chaque parcelle de notre République, de notre nation et en particulier aux libérateurs de Bormes-les-Mimosas.

Ces heures où la France, plongée dans l'abîme, a su se relever, combattre et triompher ; nous souvenir de tous ceux qui ont eu le courage de dire non et pas simplement de le dire, mais de risquer leur vie pour que les actes suivent les convictions. Et je veux à mon tour rendre hommage à Pierre Velsch. Cher Pierre.

Monsieur le maire l'a rappelé, vous êtes l'un des derniers survivants des commandos d'Afrique, ces unités de corps francs constituées dès 1942 par le général Giraud qui ont libéré Bormes-les-Mimosas et plusieurs autres communes. C'est votre force d'âme, votre mémoire, vos souvenirs qui sont des trésors et chacun ici le mesure. C'est en août 1943 que vous avez quitté votre village algérien.

Vous n'aviez alors que 17 ans et, au regard des critères militaires, vous étiez trop jeune pour entrer dans les rangs des FFL. Alors, pour vous engager malgré tout, vous vous êtes fait faire de faux papiers, avec une seule obsession : participer, vous aussi, à la libération de la France. Et, dans la nuit du 14 au 15 août, vous étiez parmi ces premiers Français qui débarquèrent sur les plages de Provence, Canadel puis vous avez gravi le cap Nègre avec vos camarades, bloqué les routes nationales pour empêcher l'arrivée des renforts allemands depuis Toulon et, sous le feu ennemi, vous risquez votre vie à tous les instants pour sauver la France.

Pour avoir participé à la libération et au nom de l'engagement associatif que vous menez encore aujourd'hui, vous avez été cité deux fois à l'Ordre de l'armée. Vous avez reçu la médaille militaire. Vous avez reçu la Croix de guerre.

Vous avez reçu la Croix du combattant volontaire. En 2014, vous avez été élevé au grade d'officier de la Légion d'honneur et je suis heureux aujourd'hui de vous annoncer que, lors de la prochaine promotion, vous serez promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur. Vous faites partie de ces derniers survivants qui portez tant de souvenirs et la mémoire de tous vos frères d'armes.

Il y a, à l'autre bout de la France, Léon Gautier à qui je pense à cet instant, dernier survivant du commando Kieffer, Hubert Germain, dernier survivant des Compagnons de la Libération. Vous êtes les derniers de cette génération et je sais tout le poids qui repose sur vos épaules, celui de porter les expériences inédites mais aussi l'exemple. L'exemple de tout ce que vous avez eu le courage de faire.

Nul ne sait dire comment chacun d'entre nous se serait comporté dans ces temps et devant de tels événements. Une chose est sûre, vous avez eu le courage et la force d'âme. Et vous êtes, à cet égard, une source d'inspiration.

Et se convoquent avec vous les Monsabert, les Juin, les Guillaume, toute cette génération et cette cohorte de héros qui, il y a 77 ans, ont eu la force et le courage, ici même, de porter ce débarquement de Provence, Monsieur le maire, dont vous avez rappelé les caractéristiques. Oui, ici les Français des deux rives de la Méditerranée, ne l'oublions jamais, tant il y eut de commandos venant des nombreux pays d'Afrique, étaient alors la France, étaient vos frères d'armes. Les Français ont libéré la France.

Et, là où nos alliés avaient eu le courage, la vaillance de venir parfois mourir sur nos plages pour nous libérer depuis la Normandie, le débarquement de Provence est celui qui a permis à nos forces françaises majoritairement, venant d'au-delà de la Méditerranée, de participer à cette libération du sol national, en se joignant à celles et ceux qui avaient mené le combat de l'ombre pendant tant d'années dans nos maquis, à Londres et ailleurs. Oui, vous avez convoqué la mémoire de Lescuyer, Deleuze et tant d'autres, cet héroïsme qui a permis de libérer nos communes. Et nous avons tous ici à puiser la force, l'exemple chez chacun de ces héros.

Nous avons, au début de cette cérémonie, célébré deux autres habitants de Bormes-les-Mimosas : Monsieur Jean Bornes et Monsieur Jacques Couillandre. Tous deux sont aussi des modèles d'engagement qui ont mis leur vie au service de la France. Cher Jean Bornes, vous êtes de ceux qui ont aussi refusé le joug nazi, de ces évadés du STO qui prirent place dans les rangs de l'Armée des ombres.

Après une vie d'engagement consacrée à l'aéronautique, au développement des missiles et des systèmes de lancement, en France comme en Europe, vous participez depuis de nombreuses années, Monsieur le maire l'a rappelé, pleinement à la vie de Bormes-les-Mimosas. C'est pourquoi j'ai été fier et heureux de vous remettre les insignes de chevalier de la Légion d'honneur et je crois que chacun a pu mesurer combien tous les concitoyens de la commune se sentaient, à travers vous, honorés par une telle reconnaissance. Cher Jacques Couillandre, vos années de service dans le troisième régiment d'infanterie alpine, vos actes de bravoure en 1957, pendant la guerre d'Algérie, à El-Djorf entre autres, ont marqué toute une vie d'engagement au sein de l'armée.

Vous êtes un courageux, un brave, de ceux qui ont permis à nos armées de tenir face à l'adversité, en prenant tous les risques. C'est pourquoi j'ai été heureux de vous remettre la médaille militaire il y a un instant, actant ainsi la reconnaissance de la République. Alors oui, au-delà de ces citoyens aujourd'hui honorés et de ces mémoires que nous avons à convoquer et qui ont permis à Bormes-les-Mimosas d'être libéré il y a 77 ans.

Je veux, pour conclure mon propos, m'inscrivant dans le droit fil du vôtre, Monsieur le maire, m'adresser à la jeunesse d'aujourd'hui qui reçoit cette histoire en héritage. Cette histoire n'est pas simplement des lignes sur un livre, des noms sur un monument, c'est déjà beaucoup. Elle est une dette et un devoir.

La dette, c'est celle que nous avons à l'égard de celles et ceux qui ont combattu pour notre liberté. et le devoir, c'est celui que nous portons en tant que citoyens, d'être à la hauteur de cette dette. Le Général le disait souvent à ses compagnons de libération : " Le devoir d'abord, les droits viendront ensuite. " Il n'y a aucune nation qui tienne si chacun demande ses droits avant de savoir quels devoirs il a à l'égard de la nation.

Aucune nation ne tient. Nous avons d'abord des devoirs à l'égard de la nation qui nous protège, nous éduque, nous soigne et nous porte. Une fois ces devoirs remplis, nous pouvons nous interroger sur les droits, chacun et chacune tels que nous sommes parce qu'au moment où, il y a 77 ans, cette belle commune a été libérée, celles et ceux qui sont tombés ne se sont pas posé la question de leurs droits.

Ils n'en avaient plus. Ils n'avaient que des devoirs pour reconquérir la liberté de la nation. Ne l'oubliez jamais.

Être citoyen, ça n'est pas demander toujours des droits supplémentaires. C'est veiller d'abord à tenir ses devoirs à l'égard de la nation. Et ces femmes et ces hommes avaient une soif de liberté qui les dépassait.

J'aime la liberté. Nous tous, Françaises et Français, nous aimons la liberté. Elle est dans notre devise, nous y sommes attachés mais notre liberté est une liberté fraternelle.

Ils voulaient retrouver la liberté pour eux-mêmes bien sûr mais aussi pour leurs compatriotes, pour leur pays, pour leurs enfants, pour leurs générations à venir, pour nous tous. Et les circonstances d'aujourd'hui, comme celles d'hier nous enseignent une chose avant tout : c'est que notre destin est d'abord une histoire collective où rien n'est possible sans la contribution de tous. Si ma liberté est quelque chose qui remet en cause la liberté de mon voisin, si c'est une liberté égoïste, si c'est un droit qu'on met en étendard chaque matin au nom de tout et de rien et de n'importe quoi, ce n'est pas ça la liberté.

La liberté n'existe au sein d'une nation, que tant qu'elle tient et respecte la liberté de tous, qu'elle permet de protéger le collectif de la nation. Cette liberté est toujours en même temps fraternelle. Elle est citoyenne.

C'est cela le message des combattants d'il y a 77 ans. Notre République généreuse, protectrice, aujourd'hui comme demain, continuera à faire vivre nos valeurs : la liberté, l'égalité comme socle de notre justice et la fraternité comme indispensable ferment de notre unité. Nous sommes cette nation qui a su résister au joug de l'oppresseur, qui a tenu, maintenu et qui, avec l'aide de ses alliés, s'est libérée.

Ne l'oublions jamais. Nous sommes cette nation qui a reconquis ses droits et rebâti. Nous sommes cette nation qui, à travers le monde, a toujours défendu ces mêmes valeurs par les combats qu'elle a menés, les engagements qu'elle a portés et les combattants de la liberté qu'elle a toujours protégés et continuera de protéger.

Ne l'oublions jamais. Mes chers compatriotes, ne nous habituons à rien, je commençais mon propos avec cela, ni au mauvais usage des mots ni au mauvais usage du monde. N'oublions pas que nous sommes les héritiers d'une histoire plus grande que nous et d'actes de bravoure qui nous obligent.

Et, je le dis à notre jeunesse, elle est face à de nombreux défis : le climat, les inégalités, les changements démographiques et tant d'autres. Face à ces défis, ne cédons pas à la peur. Considérons avec force que nous avons la vaillance, la bravoure, la force d'âme de les relever.

Considérons qu'ensemble nous saurons porter cette espérance qui était au coeur de celles et ceux qui, il y a 77 ans, ont libéré Bormes-les-Mimosas. Cet engagement pour notre pays, pour ces femmes et ces hommes, pour le monde, pour la planète aussi désormais, la nouvelle génération aura à le porter et je souhaite qu'elle le porte avec la même force parce que nous lui aurons légué la même possibilité de faire. Voilà mes chers compatriotes ce que, en cette soirée du 17 août, je voulais partager avec vous, en n'oubliant aucun des noms qui nous permettent ce soir d'être libres, en n'oubliant aucun des courageux et des braves qui ont risqué leur vie pour nous libérer, en sachant que nous sommes les héritiers de cette histoire et en étant confiants sur le fait que tous ensemble, unis, nous saurons la poursuivre.

Vive la République et vive la France !