Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 31 mai 2022 22 minAutoproduitFond programmatiqueSantéÉconomie & entreprisesTravail & emploiEurope & international

Déclaration du Président Emmanuel Macron au Centre hospitalier public du Cotentin.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Emmanuel MacronFait
    « On a lancé une stratégie de santé, Ma santé 2022, en 2018, on a mis fin au numérus clausus, on a fait beaucoup de réformes de fond, essayé de commencer à sortir de la tarification à l'activité, de bâtir un système sur la prévention »
  • 4:00Emmanuel MacronChiffre
    « On a ensuite collectivement affronté la crise Covid, et vous vous en souvenez, à l'été 2020, on a fait le plus grand réinvestissement de la nation à travers le Ségur, ce qui a permis de revaloriser, pour 2 millions de soignantes et de soignants »
  • 5:00Emmanuel MacronChiffre
    « 2 millions ont été touchés, de revaloriser les salaires, pas simplement par des primes, améliorant la situation chaque mois de 180 à 400 euros, selon les situations »
  • 6:00Emmanuel MacronFait
    « On va mettre 10 ans à le faire. Donc j'ai envie de vous dire, de toute façon, dans la décennie qui vient, on n'aura jamais de solution parfaite »
  • 7:00Emmanuel MacronPromesse
    « On va en effet continuer à investir et il y aura donc, je vous le confirme, des investissements supplémentaires qui seront traduits budgétairement, qui viendront accompagner cette ambition »
  • 10:00Emmanuel MacronFait
    « On va continuer d'accompagner le développement des maisons de santé, de ce qu'on appelle les CTPS »
  • 12:00Emmanuel MacronFait
    « La France est là, elle l'est depuis le début, pour essayer d'éviter la guerre, pour être aux côtés du peuple ukrainien et de l'Ukraine »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour à toutes et tous. Je suis à vous. Alors d'abord, je veux vraiment remercier ici l'ensemble des personnels soignants de l'hôpital de Cherbourg, où nous étions, et où vous étiez à mes côtés, avec Madame la Ministre, qui ont pu d'abord décrire une situation qui, comme dans beaucoup d'hôpitaux en France et plus largement dans beaucoup de nos territoires, quand on parle de la santé, vit une situation très difficile.

Il manque beaucoup de soignants : médecins, infirmiers, infirmières, aides-soignants, avec une situation qui est très difficile, mais qui ont réussi à organiser une réponse extrêmement innovante pour mieux réguler l'accès aux urgences, ce qui a été au cœur de notre discussion ce soir. Et nous avons, on le voit bien, beaucoup d'entre vous l'ont d'ailleurs décrit dans des sujets que vous avez pu déjà faire, une vraie difficulté de court terme sur la situation dans nos hôpitaux, tout particulièrement pour les urgences, ce qu'on appelle les soins non programmés, et parmi eux tout particulièrement les soins d'urgence. C'est pourquoi nous avons décidé, sur quatre semaines, de donner cette mission au professeur Braun qui justement nous avait déjà aidés à bâtir le SAS, et est à la fois un professionnel et un grand expert des SAMU et des systèmes d'urgences en France, de pouvoir regarder partout sur le territoire, à la fois les difficultés des uns et des autres, les causes de ces difficultés, les réponses qui ont déjà été établies, comme nous l'avons ici vu, entre l'hôpital de Cherbourg et le Samu de Saint-Lô, avec une régulation, comme je l'ai évoqué, très innovante, et de pouvoir, au 1ᵉʳ juillet au plus tard, remettre à la ministre un travail qui aura vocation à expliquer, territoire par territoire, là où sont les manques, de pouvoir les chiffrer, et de pouvoir aussi illustrer les premières pistes pour répondre à ce problème de ce qu'on appelle les soins d'urgence et les soins non programmés, et donc nos urgences dans les hôpitaux et la continuité des soins en ville, c'est-à-dire les SOS médecins, et la possibilité d'avoir accès à un soignant le week-end ou dans la nuit.

Ça, c'était le cœur de notre déplacement d'aujourd'hui. Vraiment, c'est d'abord cette reconnaissance et cet hommage aux soignants aux côtés desquels nous nous trouvons, et puis de lancer cette mission d'urgence, si je puis utiliser ce terme, cette mission-flash, pour pouvoir, dès cet été, apporter des réponses très fortes pour consolider nos urgences dans cette période. Plus largement, je vais ici prendre deux pas de recul, nous avons une vraie révolution collective à faire dans notre système de santé.

Tout cela ne part pas de nulle part. Depuis 5 ans nous avons essayé de rebâtir les choses. On a lancé une stratégie de santé, Ma santé 2022, en 2018, on a mis fin au numérus clausus, on a fait beaucoup de réformes de fond, essayé de commencer à sortir de la tarification à l'activité, de bâtir un système sur la prévention, on a ensuite collectivement affronté la crise Covid, et vous vous en souvenez, à l'été 2020, on a fait le plus grand réinvestissement de la nation à travers le Ségur, ce qui a permis de revaloriser, pour 2 millions de soignantes et de soignants, pas simplement à l'hôpital, mais dans le médico-social, pour le handicap, beaucoup de structures , 2 millions ont été touchés, de revaloriser les salaires, pas simplement par des primes, améliorant la situation chaque mois de 180 à 400 euros, selon les situations.

Néanmoins, nous continuons à vivre une crise, c'est-à-dire un problème d'attractivité, comme on dit parfois, des gens qui, après l'épreuve du Covid, les vagues successives, le sentiment de perte de sens, quittent leur profession. Et que ce soit à l'hôpital ou en ville, nous sommes confrontés à une situation avec un problème d'accès aux soins. Nous allons donc, dans les semaines qui viennent, d'abord objectiver les choses.

C'est-à-dire que le ministère va ainsi passer en revue, territoire par territoire, les manques existants qu'il y a en termes de médecins généralistes ou de professionnels de santé spécialisés. Deuxièmement, grâce à la mission du professeur Braun, nous allons pouvoir faire ce bilan très concret de la situation des systèmes d'urgence et de soins non programmés et des premières réponses. Troisièmement, nous allons aussi, hôpital par hôpital, regarder les difficultés qui sont aujourd'hui constatées, et on dit : "il y a des lits qui ont été fermés".

En fait c'est parce qu'il manque des soignants, alors que les postes sont ouverts, et de pouvoir regarder, hôpital par hôpital, où sont les problèmes : fatigue des soignants, congés maladie à répétition dans certains cas, incapacité à recruter, démissions, pour avoir ainsi une cartographie, si je puis dire, au début de l'été, qui soit complète. Sur cette base-là, nous allons ensuite lancer des travaux nationaux, avec un investissement de la nation, que nous allons décider, des décisions structurantes pour permettre de davantage mobiliser du temps de médecin, retrouver de l'attractivité dans certains secteurs et apporter, justement, tous les éléments de réponse. Et ceci, à partir de la fin de l'été, sera décliné dans chaque territoire, c'est-à-dire au niveau, si je puis dire, d'un bassin de vie, je l'évoquais tout à l'heure, qui correspond généralement à nos intercommunalités.

On a environ 1 200 bassins de vie, qui sont des lieux où les professionnels se connaissent et où l'idée, à partir de cet investissement de la nation et des solutions très simples qu'on aura commencé à mettre en place, de permettre aux soignants, hospitaliers et en ville, pharmaciens, à l'ensemble des professions paramédicales, aux élus, aux associations de patients, de travailler ensemble, et en quelques mois, de bâtir des solutions très concrètes. Ils demanderont, sur la base du cahier des charges national, des moyens supplémentaires, des réponses qui sont adaptées à ce que chaque territoire vit aujourd'hui, et une contractualisation se fera sur la base de ce travail. Voilà comment nous allons structurer les choses dans les prochains mois.

Monsieur le Président, la situation des hôpitaux, y compris dans la finesse des territoires, est connue. Tout le monde la connaît. Est-ce que vous avez vraiment besoin d'une énième concertation ?

Ce n'est pas une concertation, là. Ce que je dis, c'est très précis. C'est sur une situation critique, qui est celle des urgences et des soins non programmés.

Donc là, on a besoin, en effet, de rendre cette situation objective, parce que la situation est très différente selon les territoires. Elle n'est pas la même partout. Ici, vous avez un service qui est normalement établi pour avoir 24 médecins.

Ils ont été 9 ; maintenant ils ne sont plus que 6. Et donc la réponse a été de trouver un système de régulation avec le Samu et les professionnels libéraux, pour faire que les gens n'arrivent pas directement aux urgences, mais à partir de 15 heures maintenant, doivent appeler le 15 et sont, entre guillemets, régulés, ce qui permet de réduire de manière raisonnable la charge. Ça, c'est une réponse.

Mais la situation est très hétérogène selon les territoires. Donc c'est ça, ce que cette mission va permettre de faire. Plus largement, je pense qu'on a besoin de changer des conditions de travail et de permettre à nos professionnels de santé et à l'ensemble de celles et ceux qui font le soin sur un territoire, de retrouver du sens.

Et c'est vrai qu'on dit : "les problèmes sont connus". Je les ai moi-même décrits il y a 5 ans ; j'avais fait un discours sur Ma Santé 2022. Mais on a besoin de changer de méthode, collectivement, c'est-à-dire de redonner de la liberté, de la souplesse, de la capacité à innover sur le terrain.

Et on l'a vu avec le Ségur, je le dis avec beaucoup d'humilité, on n'a jamais fait un tel investissement. Et malgré tout, un an après, vous avez des gens qui disent : "malgré les augmentations, ce que vous avez fait, je préfère changer de vie." Parce qu'il y a un problème de rapport au sens, d'organisation de leur travail, de liberté, de place donnée à l'hôpital dans la capacité à construire des solutions sur le terrain.

C'est ça qu'il nous faut changer et c'est ça le cœur de cette nouvelle méthode, et ce que nous lançons aujourd'hui. Bonjour Monsieur le Président. Un pas de côté, comment expliquez-vous le fiasco de samedi au Stade de France ?

Je ne ferai pas de commentaire d'actualité. Vous savez, on ne peut pas dire : "il y a une priorité, tous nos compatriotes de nous le dire, c'est la santé", et faire du commentaire d'actualité. Le gouvernement s'est saisi du sujet, les ministres compétents ont fait les réunions qui s'imposaient et les rapports ont été commandés.

La clarté sera faite. Moi, je ne suis pas commentateur. Parmi vos éditorials, c'est ce que vous voulez appliquer aussi à d'autres secteurs, comme l'école, etc ?

Exactement. Pour moi, la santé et l'école, qui ont d'ailleurs ça de commun, sont deux investissements de la nation sur l'humain, sur les personnes. Ce sont aussi deux grandes politiques publiques, qui sont des forces françaises, qui sont des politiques d'égalité des chances, de justice, où la nation française a une culture d'excellence, une histoire d'excellence, et investit beaucoup et où malgré tout, on le voit bien, nous avons une forme de situation où beaucoup des acteurs sont inquiets ou malheureux : les parents d'élèves, les élèves, le système comme on dit, côté Éducation, et nos soignants, nos patients, celles et ceux qui administrent aussi, du côté de la santé.

Donc on voit bien que c'est, au fond, notre méthode-même de faire qu'il faut changer. Il faut simplifier le système, refaire confiance au terrain et permettre de bâtir des solutions sur lesquelles on va contractualiser, et accepter qu'on ait un objectif national. On va se donner des politiques, des objectifs de santé, des moyens, des outils au niveau national, mais on va les décliner localement et on va les contractualiser, et donc donner beaucoup plus de souplesse.

Vous avez vu une équipe, ici, qui a trouvé, vous le disiez, une solution innovante. Oui. Elle-même, dit : "on pose un pansement sur une jambe de bois." Exactement.

Est-ce que ça peut être vu comme une solution ? C'est un début de solution. Mais vous savez, les facteurs sont multiples.

Quel est notre problème ? Pendant des décennies, nous n'avons pas formé assez de médecins. Depuis 2018, nous avons rouvert les formations et on va mettre 10 ans à le faire.

Donc j'ai envie de vous dire, de toute façon, dans la décennie qui vient, on n'aura jamais de solution parfaite, parce que vous n'arriverez pas à combler ce qui n'a pas été préparé avant. C'est une réalité. On a une population qui vieillit, qui a des maladies chroniques.

Il y a de plus en plus de besoins de soins. On a une pyramide des âges qui fait que, indépendamment du fait qu'on n'a pas formé assez de soignants, on a des soignants aujourd'hui qui vont arriver à la retraite dans les années qui viennent. Donc ça, c'est le système, et nous l'aurons dans les années à venir.

Donc on n'aura pas de système parfait. Forts de ça, qu'est ce qu'on va faire ? On forme plus de paramédicaux.

Ça, on a rouvert encore plus massivement, et ils vont arriver sur le terrain dans les années qui viennent, parce que les formations sont plus courtes. Dans les réponses qu'on va apporter au niveau national, on va repenser la formation, pour attirer plus de jeunes, et surtout s'assurer que les jeunes qu'on attire dans les études, que ce soit de médecine ou d'infirmiers, d'infirmières et d'aides-soignants, aient des formations qui correspondent plus, plusieurs me l'ont dit d'ailleurs, à la réalité du terrain, avec sans doute des formations plus pratiques, plus de stages dès le début. Mais on doit de toute façon réorganiser le système.

En faisant quoi ? En réattirant des soignants qui parfois ont abandonné, en déléguant plus d'actes à des paramédicaux, en faisant que des médecins qu'on a formés, après 10 ans d'études, puissent déléguer certains actes à des pharmaciennes et pharmaciens, à des infirmiers ou infirmières du libéral ou de l'hôpital, puissent s'organiser différemment entre eux et organiser différemment leur temps, qu'on régule l'accès aux soins. Vous voyez, c'est donc un système.

Il n'y a pas qu'une réponse. Et donc tout ça, ça dépend aussi des territoires. C'est pour ça qu'il faut la territorialiser.

L'organisation qu'on doit trouver entre Cherbourg et Saint-Lô n'a rien à voir avec celle qu'on va trouver en banlieue parisienne, où il y a aussi des déserts médicaux, et celle qu'on va trouver dans la grande ruralité. Est-ce que cet été, vous pouvez garantir aux Français que leurs urgences vont tenir ? Je peux vous garantir qu'on fera tout pour qu'elles tiennent.

Mais il faut être responsable et dire la vérité. Je l'ai toujours fait. Il y a des situations très critiques.

Aujourd'hui, vous avez ici un service qui ne tient que par l'engagement des femmes et des hommes qui, à l'hôpital, soignants ou administratifs, ou dans le libéral, à SOS Médecins, au Samu et dans leurs pratiques libérales, se sont mobilisés et donnent de leur temps. Et donc évidemment, ce qu'on va faire, c'est consolider, c'est-à-dire donner plus de moyens, associer plus de monde autour de ces situations, et ça dans les prochaines semaines. C'est pour ça qu'on fait cette mission si rapide.

On va tout faire pour étayer le système et rentrer à nouveau, si je puis dire, dans une organisation de combat, comme on l'a fait face au Covid-19, mais on a aujourd'hui des situations sur le terrain qui sont très fragiles et qui sont le fruit de quoi ? De problèmes qui existent depuis longtemps, qu'on a commencé à régler, mais sur lesquels sont venues se se rajouter les vagues de Covid, et qui ont beaucoup touché nos systèmes de santé hospitaliers, parce qu'ils ont à chaque fois eu les différentes vagues, donc les quatre à cinq vagues, selon les territoires, et ensuite les soins normaux qui sont revenus se programmer. Donc il y a une fatigue énorme depuis 2 ans, et beaucoup de gens ont abandonné, par fatigue, découragement, dans ce contexte.

Et le système ne repose que sur ceux et celles qui tiennent. Donc on va tout faire pour les conforter, apporter des réponses d'urgence. Mais vous voyez bien que ce qu'on veut faire dans le même temps, c'est aussi apporter une réponse beaucoup plus large, avec cet investissement et cette nouvelle organisation.

Merci beaucoup. Vous avez parlé du Covid et des manques de personnels. L'une des questions qui a crispé, justement sur ces deux aspects précisément, c'était la suspension des soignants non vaccinés.

Vous l'avez vu au fil de vos déplacements, on l'a vu avec vous, d'ailleurs. Oui, très souvent. Vous avez dit que vous vous donniez plusieurs semaines pour réfléchir.

Vous avez dit ça il y a plusieurs semaines. Est-ce que le reflux de l'épidémie vous permet d'y voir plus clair ? J'attendrai l'avis, là-dessus, comme je l'ai toujours fait, du Conseil scientifique.

Je le dis ici aussi parce qu'on parle d'une infime minorité et je crois qu'il ne faut pas confondre tous les sujets. Et en toute honnêteté, la réintégration des soignants non vaccinés n'est absolument pas une réponse aux problèmes que nous posons aujourd'hui. Elle n'a pas cette magnitude.

Qui plus est, vous avez quand même souvent, soyons honnêtes aussi, des soignants qui ont un rapport aux soins et à la déontologie qui est très marginal par rapport au reste de leurs collègues, puisqu'on a aujourd'hui une situation où plus de 95 % des soignants et des administratifs se sont vaccinés parce qu'ils considèrent que c'était leur devoir, que c'était leur responsabilité, leur rapport à la déontologie médicale. Donc, je pense qu'il faut savoir raison garder. C'est un problème totalement différent.

J'attendrai que le Conseil scientifique me dise qu'on est rentrés dans une phase endémique qui permet sans difficulté ce retour. Mais plus largement, moi je veux que dans notre pays, on aille au bout aussi de cette logique par la pédagogie et la conviction du rapport à la vaccination chez les soignants, parce que chaque année, on avait aussi trop peu de vaccinés contre la grippe. Or, je pense que si on veut améliorer et réduire la charge sur le système de soins, il y a deux réponses, entre autres, la prévention et la vaccination.

Utilisons les armes que nous avons. Si on veut moins de monde qui arrive, pour être soignés, et en particulier dans des formes graves, il faut mieux se nourrir, faire plus de sport, respirer un air de meilleure qualité, avoir une politique de sensibilisation à la prévention plus forte, mieux rémunérer les pratiques de prévention, réussir à diagnostiquer plus tôt les pathologies pour éviter qu'elles ne trouvent des formes graves, et vacciner tout ce qui peut être vacciné parce qu'on évite les virus. C'est ça la meilleure réponse pour alléger la charge du système de santé et avoir une population en bonne santé.

Donc aussi, on va continuer d'agir sur ce volet. Merci beaucoup. Il n'y a pas qu'un problème financier mais vous dites aussi que les besoins seront chiffrés.

Vous vous engagez à mettre les millions ou milliards nécessaires. C'est plutôt la deuxième option. Le prochain budget ?

Oui, ça sera décliné budget après budget, de manière pluriannuelle. D'abord, le Ségur continue à se déployer et c'est, comme je le disais, un très grand investissement de la Nation avec, je le rappelle, 2 composantes : une composante rémunérations, et je dis bien rémunérations, pas primes, qui est massive, et une composante investissement, qui a été annoncée, dont l'enveloppe est de 19 milliards d'euros, mais qui en fait, ne va commencer que maintenant à arriver sur le terrain. Donc ça aussi, il faut le prendre en compte.

Mais en plus de ça, on va en effet continuer à investir et il y aura donc, je vous le confirme, des investissements supplémentaires qui seront traduits budgétairement, qui viendront accompagner cette ambition. Mais vous voyez, dans la méthode, ce qu'on veut faire, à la lumière de ce que, à la fois la période Covid nous a montré, c'est que quand on savait créer la coopération sur le terrain et casser les barrières administratives et les lourdeurs, on retrouvait du sens. Et au fond, ce qui me frappe tous ces derniers mois, encore aujourd'hui, ce que nous disent nos soignants, c'est qu'ils veulent retrouver des bonnes conditions de travail et le sens.

Et donc, il faut leur donner les moyens de l'avoir. Et c'est en effet parfois de l'argent, des investissements immobiliers, mais c'est énormément de simplification, et leur permettre, au niveau du territoire, de recruter, mais de s'organiser de la manière la plus adaptée. Et donc c'est ce couple-là, investissements mais aussi simplification, à la fois concertation et contractualisation sur le terrain, que nous allons mettre en place.

Merci beaucoup. Oui, la dernière. Allez.

J'ai une petite dernière question, c'est pour la presse locale. Ici, vous l'avez dit, on est dans un désert médical, on manque de médecins généralistes. Il y a des milliers de Cherbourgeois qui n'ont pas de médecin généraliste.

Que leur dire aujourd'hui ? Quand est-ce qu'ils vont pouvoir, les nouveaux arrivants, par exemple, avoir un médecin généraliste ? Alors, il n'y a pas de recette miracle.

D'abord, ce qu'on va continuer de faire...

Le problème, c'est le recrutement aussi. Il y a une stratégie à plusieurs étages. D'abord, on l'a évoqué là, ce qu'on va maintenant généraliser, c'est de tout faire pour que quand on forme nos médecins, on ne les forme pas simplement dans les grandes villes, mais qu'on continue et qu'on accroisse justement les formations dans les villes intermédiaires, les petites villes et le rural.

Pourquoi ? Parce que ce sont des études longues. Si vous faites toutes vos études de médecine dans la capitale régionale ou à Paris, vous allez trouver vos habitudes, vous installer, trouver l'amour.

Il y a peu de chance, après, que vous vous réinstalliez, vos études totalement terminées, à 28 ou 30 ans, dans un endroit, parce qu'on va vous dire d'aller vous y installer. Et donc c'est très important que les études de médecine permettent, dès le début, mais aussi dans le cadre de l'externat et de l'internat, d'être beaucoup plus territorialisées. Ça, on va le généraliser.

À court terme, la quatrième année, justement pour la formation de nos médecins généralistes, qui est une demande des professionnels, qui est dans la loi qui a été votée, on va tout faire pour que justement on concentre les stages des dernières années dans ce qu'on appelle les déserts médicaux, ce qui va permettre aussi aux communes qui font un travail formidable, et je veux ici rendre hommage à la ville de Cherbourg, au travail qui est fait par les élus, la ville, l'ensemble de vos parlementaires et la région, le département, de manière là aussi très coopérative, que quand un étudiant en médecine, dans ses dernières années, vient ici finir son internat, ça permet aussi de lui apporter une réponse, de parfois lui proposer un logement, des conditions de travail pour son conjoint ou sa conjointe, et donc en quelque sorte de lui permettre de s'installer ensuite dans la durée. Deuxième chose, on va continuer d'accompagner le développement des maisons de santé, de ce qu'on appelle les CTPS, c'est-à-dire que les jeunes professionnels veulent s'installer, mais en travaillant différemment, entre parfois l'hôpital et la ville, avec d'autres professionnels. Et donc il faut encourager ces formes-là, qui sont la meilleure façon d'attirer, qui plus est dans un territoire où certes il manque des médecins, mais où on est quasiment au plein emploi.

Donc il y a la possibilité de trouver un emploi pour le conjoint ou la conjointe. La troisième chose, c'est pour les médecins existants. On va libérer du temps de médecin.

Qu'est-ce qui est aussi une réponse de très court terme pour nos compatriotes ici, à Cherbourg ? C'est de se dire qu'un médecin qui est installé, un généraliste, pourra accroître sa patientèle et prendre un, deux, trois, dix nouveaux patients, ce qu'aujourd'hui il ne peut pas faire. Pour ça, il faut le libérer de son temps.

Et le libérer comment ? En lui finançant des secrétaires administratifs, qui vont lui enlever de sa charge administrative. C'est ce que nous allons généraliser.

On a commencé et ça marche très bien. En l'incitant à travailler davantage avec d'autres professionnels, et donc de dire que des actes, aujourd'hui, qui sont très répétitifs, il faut les déléguer à des paramédicaux. Et donc en mettant en place des pharmaciens ou des infirmiers de référence qui vont faire que, par exemple, quand vous allez prendre un rendez-vous, vous allez parfois attendre plusieurs mois, juste pour renouveler votre ordonnance, ça peut être fait chez ces professionnels de santé, qui diront : 'il y a un problème, il faudrait aussi qu'il prenne un rendez-vous chez le médecin", mais qui sinon vont le libérer du temps de médecin.

Mais vous voyez, de manière très pragmatique, c'est pour ça que je dis à chaque fois que la réponse est plurielle c'est libérer du temps. Donc permettre de mieux former pour installer, inciter, à la fin des études, à s'installer sur le territoire, fidéliser par, justement, des actions nouvelles, et libérer du temps utile de médecin pour prendre plus de patients. Mais pas d'obligation d'être formés, en tout cas dans les déserts médicaux ?

Je ne crois pas à l'obligation. Pourquoi ? Parce qu'on l'a encore vu aujourd'hui.

Vous avez des gens qui donnent beaucoup de leur énergie et de leur temps, qui d'ailleurs donnent aussi à la collectivité, dans le cadre de leurs études, par l'externat et l'internat, où ils font un travail formidable chaque jour, qui est très peu rémunéré. Si vous leur dites : "je vous oblige à la fin de vos études", vous aurez des gens qui, très rapidement, se retireront de la profession pour faire autre chose. Et donc je crois beaucoup plus à la construction dans la durée, par les études, par une politique d'incitation, par une meilleure organisation de notre système que par la contrainte.

Voilà. Merci. Le chef de la diplomatie ukrainienne, à l'instant, demande à ce que vous vous déplaciez à Kiev avant la fin de la présidence française de l'Union européenne.

La même réponse que je...

J'ai toujours eu la même réponse ! Faites-moi confiance. La ministre s'est rendue ces derniers jours aussi pour, à la fois marquer l'engagement de la France qui, je le rappelle, n'a jamais fermé son ambassade en Ukraine.

Et la France est là, elle l'est depuis le début, pour essayer d'éviter la guerre, pour être aux côtés du peuple ukrainien et de l'Ukraine Et donc en tant que président, aujourd'hui, du Conseil, je n'ai cessé cet engagement. Alors, je me suis encore battu ces dernières heures pour que nous ayons un accord sur un sixième paquet de sanctions inédit, qui va permettre de sortir du pétrole russe, pour qu'on ait, qu'on acte un soutien macroéconomique de 9 milliards d'euros à l'égard de l'Ukraine et qu'on continue les livraisons d'armes. Et je crois que c'est ça le plus important.

Et donc, en temps utile, dans les conditions utiles, je ferai ce déplacement. Mais le plus important, c'est surtout d'être là, de prendre les bonnes décisions. C'est ce que nous faisons.

Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci.

Bon courage à vous.