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interviewLCI· 20 juin 2024 28 min

"Le combat contre l'antisémitisme est pour moi consubstantiel de la gauche" : Clémentine Autain

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour Clémentine Autain, merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes candidate pour le nouveau Front populaire, candidate LFI en Seine-Saint-Denis. On va évidemment se pencher et longuement sur ça, c'est le contrat de législature du nouveau Front populaire avec le programme qu'il contient. Vous venez d'entendre à l'instant Laurent Jacobelli. Alors Laurent Jacobelli fait allusion à ce qui s'est passé à Courbevoie et dit « Certains portent pour partie la responsabilité » faisant allusion à propos de Jean-Luc Mélenchon sur l'antisémitisme résiduel en France.

Est-ce que c'est une prise de position, une phrase d'un blog qui va vous coller jusqu'à la fin de ces législatives et plus encore ?

0:40
Clémentine Autain

D'abord permettez-moi de commencer par exprimer mon émotion qui est très très vive au regard de ce qui s'est produit parce qu'il s'agit d'une enfant de 12 ans qui a été violée par d'autres jeunes enfants.

0:54
Présentateur

12 et 13 ans.

0:54
Clémentine Autain

12 et 13 ans, on peine à l'imaginer, à se le représenter avec des scènes d'une très grande violence et en plus de cette expression ultime de la domination masculine de l'antisémitisme et honté puisqu'il s'agit d'insultes sales juives qui ont été prononcées et ça c'est inqualifiable, insupportable et donc ce doit être sanctionné. Et bien sûr que c'est à la croisée en fait de ces deux sujets qui me tiennent à cœur. Le combat pour l'émancipation des femmes, contre les violences faites aux femmes que je mène depuis très longtemps, vous le savez, pour avoir été moi-même victime de viols et ce combat contre l'antisémitisme qui pour moi est consubstantiel de la gauche.

Je le dis souvent mais c'est très important. Vous savez la gauche elle s'est constituée en 1789 avec cette belle révolution française qui fonde notre république mais elle s'est aussi beaucoup affirmée au moment de l'affaire Dreyfus. Et ce fil de l'histoire, ce fil de l'histoire qui est la nôtre contre l'antisémitisme, il est impensable que nous le perdions.

2:00
Présentateur

Mais alors qui est votre gauche ? Est-ce que Jean-Luc Mélenchon avec ses propos c'est votre gauche ? Puisqu'aujourd'hui, quelle que soit la réalité de sa pensée, l'ensemble de vos adversaires politiques continue de dire qu'il a une responsabilité dans ce qui se passe compte tenu de ses propos ?

2:16
Clémentine Autain

Ça c'est impossible de dire que Jean-Luc Mélenchon est responsable du viol d'une petite fille de 12 ans. Ça, ça ne me paraît pas raisonnable. Monsieur Jacob Belli dit pour partie responsable compte tenu des propos. Ça, c'est pas raisonnable. Et par ailleurs, il est important que nous disions clairement qu'il y a une recrudescence des actes antisémites et que dans ce moment-là que nous vivons depuis le 7 octobre et même avant, nous devons être au rendez-vous de cette histoire-là et aux côtés des Juifs de France et d'ailleurs, qui ont peur et qui subissent cette recrudescence d'insultes et d'actes antisémites. Moi, je suis très inquiète de la fièvre dans notre pays.

Vous savez, il y a une forme de fièvre où on oppose les combats les uns aux autres. Vous voyez ce que je veux dire ? On serait soit du côté de la lutte contre le rejet des musulmans, soit du côté de la lutte contre les actes antisémites. La gauche, sa responsabilité, c'est d'embrasser l'ensemble de ces combats et d'être capable de donner à voir la cohérence. Parce que vous savez, l'extrême droite, moi, je suis très choquée de voir qu'il y a des Juifs aujourd'hui en France qui pensent que s'il y avait un gouvernement d'extrême droite, ils seraient davantage protégés que si c'était un gouvernement du Front populaire. Vous savez qui est arrivé en tête pour la présidentielle parmi les Français

3:26
Présentateur

qui vivent en Israël ? C'est Éric Zemmour qui a fait le chiffre le plus important.

3:30
Clémentine Autain

Mais c'est inquiétant. C'est très inquiétant parce que quand vous avez un projet, ce qui est le cas de l'extrême droite...

3:34
Présentateur

C'est inquiétant. Est-ce que ça ne questionne pas vos propres choix politiques ? Les gens qui incarnent les choses...

3:39
Clémentine Autain

Vous savez, il faut toujours se questionner. Donc moi, je n'ai pas de problème à se dire qu'il faut qu'on balaye devant notre porte. Il n'y a pas de souci. Mais il faut que chacune et chacun de ma dix jours se rendent compte que la cohérence du projet de l'extrême droite, c'est le rejet de l'autre. Qui peut croire qu'en fonction de son identité, sa couleur de peau, sa religion, il ou elle va être protégé par un gouvernement dont le fond même, l'idéologie même, c'est la préférence nationale, c'est la chasse aux immigrés, c'est le repli sur soi, c'est la hiérarchie entre les individus et entre les sexes.

Parce qu'on parle beaucoup d'antisémitisme dans le viol qui vient d'être perpétré à courbe voie. Mais j'aimerais qu'on ne perde pas de vue la dimension profondément sexiste et alors là, l'extrême droite, désolé, mais au tapis, l'extrême droite est pour l'ordre des sexes. L'extrême droite ne combattra jamais la domination masculine, ça n'est pas son projet.

4:32
Présentateur

L'extrême droite, pour reprendre votre mot, le Rassemblement National a posé les choses clairement, a dit, si nous avons la majorité absolue, ce sera Jordan Bardella, notre Premier ministre. La gauche, pour l'instant, dit nous verrons en fonction des résultats de cette élection. Ma question, elle est simple. Est-ce que ça, ça ne va pas détourner certains électeurs potentiels de gauche de voter pour vous parce que Jean-Luc Mélenchon représente, pour beaucoup des électeurs, notamment socialistes, ceux qui ont voté pour Raphaël Glucksmann, européennes, un repoussoir ? Écoutez,

5:00
Clémentine Autain

ce que nous avons dit, c'est que le profil du Premier ou de la Première ministre sera consensuel pour être capable d'animer cette majorité, ça paraît l'évidence. Donc, de fait, ça élimine un certain nombre de profils qui sont clivants à l'intérieur du... Pourquoi c'est si compliqué de dire, de fait,

5:17
Présentateur

ce ne sera pas Jean-Luc Mélenchon ?

5:20
Clémentine Autain

Pourquoi c'est si... Parce que... Pourquoi c'est si compliqué de dire, ce ne sera pas ? Oui ? C'est ça que vous voulez me dire ? Si c'est le cas, parce que j'entends ça en creux. Oui, oui, j'entends bien. Mais il me semble que Jean-Luc Mélenchon n'est pas aujourd'hui au cœur du dispositif et le point d'équilibre du nouveau Front populaire. Donc ça, ce n'est pas compliqué de vous le dire. Voilà.

5:39
Présentateur

Donc vous nous dites ce matin que ce ne sera pas Jean-Luc Mélenchon ?

5:41
Clémentine Autain

Oui, mais je pense que tant que vous n'avez pas un autre nom, vous pouvez continuer à faire cette hypothèse. Nous avons deux choses importantes.

5:51
Présentateur

Non, mais les faits peuvent être reposés, Mme Autain. C'est-à-dire que vous... J'entends, mais je ne vous fais pas un reproche. Vous pouvez nous dire ce matin, clairement, ce ne sera pas Jean-Luc Mélenchon et pour autant, ça ouvre un champ des possibles très très large. Oui, mais vous voyez bien

6:01
Clémentine Autain

que Jean-Luc Mélenchon ou François Hollande, parce que j'ai aussi entendu l'hypothèse François Hollande, ont peu de chances d'être au cœur de ce rassemblement, permettre que tout le monde puisse s'y retrouver. Aujourd'hui, c'est comme ça. Alors, justement, je fais un point avec ce que vous disiez il y a quelques instants. Mais je peux répondre encore juste un mot sur l'affaire de Première ministre. C'est que la question est aussi de mettre en scène une équipe.

Nous ne voulons pas exercer le pouvoir de la même manière qu'Emmanuel Macron dans des formes qui sont très Vème République mais donner à voir également une équipe dans laquelle cette pluralité qu'est la diversité de ce nouveau Front Populaire pourra exister. Donc, peut-être, si vous voulez ne pas dire clairement des ou cas ce ne sera pas un tel ou ce ne sera pas un tel, vous voyez, ce n'est pas notre état d'esprit. L'état d'esprit, c'est de dire il faut que tout le monde puisse s'y retrouver.

6:47
Présentateur

Mais, pardonnez-moi, mais je reviens à cette question. Ce ne sera pas un tel peut avoir un impact sur les gens qui pourraient voter pour vous. J'ai bien compris. Il y a quelques instants que le M.O.R. sur ce plateau qui fait des études qualies comme on dit qui appellent des gens tous les jours pour sonder l'opinion des Français.

6:59
Clémentine Autain

Il y a aussi un avis

7:00
Présentateur

sur l'équilibre des forces, je pense. Peut-être a-t-il un avis, en tout cas. Mais c'est valable pour d'autres instituts de sondage. Jean-Luc Mélenchon sort comme une personnalité extrêmement clivante qui repoussoire pour certains à gauche.

7:10
Clémentine Autain

C'est bien ce que j'étais en train de vous dire, c'est que nous ne pourrons pas avoir pour animer cette équipe une personnalité clivante.

7:17
Présentateur

Alors, les noms qui sont sortis sont beaucoup des noms d'hommes. Mais Clémentine Autain, vous, vous êtes première ministrable. Est-ce qu'il y a d'autres...

7:25
Clémentine Autain

Oui, il y a beaucoup d'hommes, mais c'est sûr qu'à un moment donné, le temps des femmes va arriver. Et dans ce pays, et à gauche, je le pense.

7:32
Présentateur

Il y avait déjà une femme à Matinot avec Mme Borne. Est-ce que comme d'autres, c'est-à-dire comme M. Ruffin, M. Mélenchon, de mémoire, il y a également eu M. Roussel, ils ont utilisé l'expression « Je me sens capable d'eux ». Est-ce que vous, vous vous sentez capable d'eux ?

7:47
Clémentine Autain

Oui, je pense que nous sommes nombreux et nombreuses à être capables d'eux, capables d'exercer cette fonction et nous déciderons qui l'exercera collectivement après cette élection. Maintenant, vous savez, l'enjeu, c'est de gagner et d'avoir une majorité claire pour pouvoir mener à bien les transformations profondes que nous voulons conduire dans le pays.

8:08
Présentateur

Un dernier mot avant qu'on plonge dans le contenu de ce programme. Olivier Faure, qui est donc le patron du Parti Socialiste, a dit hier, il nous faut, avant-hier, pardonnez-moi, il faudrait voter, il faudrait que les députés votent pour le choix du Premier ministre. Et à la France Insoumise, certains ont répondu non. Celui qui aura le plus de circonscriptions l'emporte et c'est comme ça que ça se passe. Vous avez un point de vue, j'imagine, cette question ?

8:29
Clémentine Autain

Oui, c'est-à-dire qu'il faut, encore une fois, que ce ne soit pas simplement la force arrivée en tête à l'intérieur de ce front qui décide pour tout le monde. Il faut qu'il y ait une personnalité qui, au maximum possible, puisse être consensuelle pour l'ensemble des députés qui constitueront cette nouvelle majorité.

8:47
Présentateur

Donc ça passe par un vote, pour vous aussi, des députés qui seront élus ?

8:50
Clémentine Autain

Moi, je pense qu'il faut trouver une méthode qui convienne à tout le monde. Donc je ne vais pas me prononcer là, je suis soucieuse du fait que le cadre reste uni et qu'on ait une majorité. Vous savez, il faut mener la campagne, on a dix jours. Pour l'instant, on n'a pas encore gagné. Donc se poser les questions de comment on fera quand on aura gagné, c'est bien, mais gagner, s'organiser pour gagner, c'est mieux, je vous l'assure.

9:08
Présentateur

J'imagine qu'hier matin, vous avez eu les échos, Valérie Rabault, pleine page dans les échos, consacrée à votre programme. Elle est ancienne rapporteure du budget, socialiste, donc membre de votre nouveau Front populaire. Madame Rabault disait hier matin, nous avons 106 milliards de dépenses nouvelles engagées dans ce programme qui est donc là, mais dans le même temps, dans la même page, Madame Trouvé, qui est LFI, dit qu'on est plutôt autour de 300 milliards de dépenses nouvelles. Est-ce que vous avez, vous, un chiffrage à donner sur les dépenses nouvelles qui vont être engagées ? Évidemment, on va entrer dans le détail puis on regardera les recettes aussi.

9:42
Clémentine Autain

Je ne vais pas trancher entre les deux et je ne souhaite pas trancher. Je pense que le chiffrage n'est pas forcément toujours évident à faire de manière précise au sens où il faut penser les dépenses mais aussi les recettes. Donc, le débat public tel qu'il est posé aujourd'hui, ce que j'entends en tout cas, c'est une espèce d'offensive très grande en disant c'est irréalisable, vous n'allez pas y arriver. Je pense que les Français doivent avoir en tête qu'il s'agit d'un choix de société. C'est d'abord et avant tout un choix de société. Les normes comptables sont secondes par rapport au choix de société. Ça ne veut pas dire qu'ils ne comptent pas.

Attendez, ça ne veut pas dire qu'ils ne comptent pas mais ça veut dire que plein de fois dans l'histoire on nous a dit vous verrez c'est impossible. Les congés payés mais c'est inimaginable. Ils ont été faits. Le programme du Conseil National de la Résistance une folie. Cela a été fait. Oui mais alors

10:32
Présentateur

les exemples que vous citez Madame Otin ils ont un point commun vous avez raison ce sont des moments fondamentaux de notre histoire mais ils ont un point commun ils sont des sillons françaises qui n'impliquaient que notre pays. Or, je me saisissais des échos pour montrer ça et cette partie-là. La Commission européenne enjoint la France de présenter là une feuille de route. Nous sommes parmi les sept pays qui ont une dette excessive. Ce que je veux dire c'est que les décisions que vous parliez qui étaient françaises là on n'est plus une île.

11:01
Clémentine Autain

On vit dans un collectif. Je suis tout à fait d'accord et c'est pour ça que je vous parlais recettes. Parce que ceux qui nous font des leçons aujourd'hui budgétaires sont ceux qui ont mis le pays dans le rouge et qui ont mis le pays dans le rouge sans apporter d'amélioration au quotidien des Français. C'est-à-dire en faisant toute une série de réformes sur les retraites, sur le chômage, sur les services publics qui ont contribué à détruire le contrat social, les protections sociales et ceux-là ils nous ont mis dans le rouge. C'est-à-dire qu'ils ont creusé les déficits. Et pourquoi ils les ont creusés ?

Parce qu'ils ont donné beaucoup d'aide à des grandes entreprises, à des hyper riches sans aucune contrepartie. Donc ce qu'il faut comprendre c'est que nous notre logique c'est que nous allons mettre à contribution ces grands groupes qui aujourd'hui profitent de niches fiscales incroyables. Nous allons rendre plus progressif l'impôt et nous allons faire rentrer des milliards et des milliards des dizaines de milliards d'argent public dans les comptes de l'État pour pouvoir mener à bien les transformations que nous voulons et qui amélioreront le quotidien des Français en matière d'école, en matière d'hôpital, en matière de transport. C'est la page 12

12:08
Présentateur

de ce programme je l'ai sous les yeux là vous ne la voyez peut-être pas bien à la maison en raison des lumières sur le plateau bon évidemment je l'ai noté je passais du temps dans votre programme vous dites on va accroire la progressivité de l'impôt c'est normal

12:19
Clémentine Autain

je fais beaucoup de chaînes d'infos et c'est très agréable de pouvoir parler de programme

12:22
Présentateur

c'est normal c'est mon travail donc vous voulez 14 tranches 14 tranches est-ce que vous avez un détail à donner aux gens qui nous regardent parce que les gens qui vous regardent se disent ce matin attendez moi je gagne moyennement plus est-ce que ça veut dire que demain je paierai plus d'impôts d'autres qui ont monté une entreprise qui ont deux salariés disent moi je gagne bien ma vie enfin parce que j'ai travaillé pendant 30 ans j'ai un bon revenu est-ce que demain je vais être assommé d'impôts

12:44
Clémentine Autain

alors d'abord il faut comprendre que pour ce qui concerne la majeure partie de la population les classes moyennes qui payent des impôts et bien ces impôts vont globalement diminuer et que c'est on ne peut pas dire précisément au sens où quand vous voyez bien quand vous remplissez votre feuille d'impôt c'est pas simplement votre salaire il y a plein d'autres choses qui rentrent en ligne de compte pour calculer votre impôt donc je ne peux pas vous dire vous gagnez tant vous allez payer exactement ceci ou exactement cela mais l'impôt va être plus progressif donc ce qu'il faut retenir c'est que pour la grande masse de la population les classes moyennes qui payent des impôts l'effort sera moins grand en revanche en effet pour les plus riches pour les 1% les plus riches notamment effectivement il va y avoir des ponctions qui vont être plus grandes mais je trouve normal que dans le moment que nous traversons avec les crises multiples le mot crise même il devient complètement on utilise le mot moi depuis que je suis né on est en crise mais disons que en tout cas on voit bien les défis que nous avons à relever aussi bien sociaux que écologiques les hyper riches et les grands groupes mettront propos communs à quel endroit

13:44
Présentateur

met-on place-t-on la limite des riches et je précise ma question vous êtes pour le rétablissement de l'impôt sur la fortune je questionnais monsieur Coquerel sur ce plateau avant-hier il m'a dit 1 million d'euros fortune mobilière ou revenu donc les deux 1 million d'euros vous êtes éligible à l'ISF je le questionnais sur ces familles qui ont acheté une maison ou une maison a été transmise dans un quartier qui je pense à Paris par exemple le 18ème arrondissement désolé si vous ne connaissez pas qui n'était pas un quartier très en vogue qui aujourd'hui vaut très très cher et monsieur Coquerel avait l'air de balayer cet argument en disant non mais c'est pas vrai quand on a 1 million d'euros de biens immobiliers on est riche alors est-ce que c'est vrai est-ce qu'on est riche à 1 million d'euros alors c'est vrai

14:23
Clémentine Autain

que votre question je ne doute pas qu'il y a quelques personnes que ça peut intéresser mais vous voyez bien qu'on est en train de parler d'un sujet qui n'intéresse pas l'écrasante majorité est-ce que vraiment c'est le cas au sens qui ne les concerne pas mais vous pensez qu'il y a de manière massive des gens qui possèdent non mais ça existe mais je ne vous dis pas que ça n'existe pas je pense que l'idée que vous avez des gens aujourd'hui qui sont en train de se demander s'ils vont manger ou s'ils vont avoir du chauffage et vous ce dont vous me parlez c'est de celui qui a un hôtel particulier à Paris dans le 18ème pour savoir s'il va payer plus d'un peu

14:56
Présentateur

c'est un appartement je pourrais vous parler de famille sur l'île de Ré de paysans qui sont retrouvés avec l'Alexandre je pourrais vous parler

15:02
Clémentine Autain

dans le sud-est je vous réponds que notre priorité ce sera de faire en sorte que les français qui aujourd'hui ne savent pas choisir entre manger et chauffer leur appartement et bien que ceux-là puissent et manger et chauffer leur appartement donc c'est 1 million d'euros revenus ou immobiliers oui les hyper riches vont payer plus voilà c'est absolument clair je ne vais pas vous raconter autre chose

15:25
Présentateur

autre question pour être précis réformer l'impôt sur l'héritage pour le rendre plus progressif dites-vous en ciblant avec la CSG aussi les plus hauts patrimoines instaurer un héritage maximum est-ce que vous connaissez le montant de cet héritage maximum

15:37
Clémentine Autain

non je n'ai pas ce chiffre précis à vous donner aujourd'hui parce qu'aussi c'est le fruit de discussions entre les différents partenaires et que le chiffrage va tomber c'est pour ça que je ne vous réponds pas aussi de manière très technique et par ailleurs nous voulons que le parlement ait un rôle important à jouer donc ce qui est important c'est de voir quelle est l'orientation et ensuite il y aura une discussion avec les parlementaires pour savoir exactement où sont posés les curseurs mais là ce qu'on demande aux français de choisir ce n'est pas le détail technique voire même des problèmes qui peuvent exister sur les enjeux d'héritage je ne veux pas du tout les nier mais la grande est pure c'est à dire que oui nous allons traquer les niches fiscales oui nous allons remettre un impôt parce que les niches fiscales il y en a plus de 400 donc je ne vais pas vous dire le détail là ici ce matin mais ce que je veux vous dire c'est qu'il faut arrêter avec l'évasion fiscale il faut un impôt sur la fortune qui nous permet de contribuer à faire vivre les services publics et d'investir dans la transition écologique il faut arrêter de donner des milliards à des grands groupes sans aucune contrepartie sociale et environnementale avec tout ça plus les 14 tranches plus la progressivité de la CSG vous avez des marges de dizaines et dizaines de milliards d'euros qui peuvent être réinjectées dans les besoins en fait dans la satisfaction des besoins des français c'est juste pour ça que je me permets de vous dire qu'aller focaliser sur exactement le niveau sur l'imposition sur l'héritage ou celui qui possède un million

17:01
Présentateur

à quel endroit on pose le curseur de riches ou pas riches c'est très important dans notre pays de le savoir et de savoir pour les gens qui vous regardent s'ils seront concernés

17:09
Clémentine Autain

vous savez que la richesse est quelque chose d'extrêmement relatif comme la pauvreté bien sûr la richesse et la pauvreté sont relatifs donc ce que je peux vous répondre c'est que ce que nous voulons c'est partager les richesses c'est à dire combler les inégalités aujourd'hui il y a des inégalités qui sont inacceptables et qui se creusent la dynamique que nous voulons lancer est une dynamique d'égalité de justice sociale et de justice sociale

17:28
Présentateur

alors les 15 premiers jours ça c'est ce que vous appelez la rupture votre programme dès l'arrivée à Matignon le blocage des prix sur les produits de première nécessité sur l'énergie et les carburants là ça vous fait un point commun avec le rassemblement national

17:38
Clémentine Autain

vous cherchez les points communs c'est ça ? oui il peut arriver que sur un point précis ce soit le cas mais je n'ai aucune confiance dans Jordan Bardella pour une raison aussi simple c'est qu'il a dit lui-même qu'au fond il allait regarder les comptes publics et qu'il verrait ensuite ce qu'il serait capable de faire donc il a déjà commencé à renoncer avant même d'arriver au pouvoir il nous explique que sur l'abrogation de la réforme des retraites il n'est pas sûr qu'il va le faire

18:06
Présentateur

il attend de voir quel sera le tas des comptes avant de l'abroger donc vous me dites vous dites la même chose

18:10
Clémentine Autain

donc vous me dites vous dites la même chose non pardonnez-moi j'ai pas dit ça j'ai dit sur ce point précis oui mais moi je vous dis que sur l'ensemble des points même s'il peut y avoir une ou deux mesures sur lesquelles nous sommes d'accord et encore il faut aller chercher loin parce que la hausse du SMIC ils ne sont pas d'accord parce que la taxe sur les super profits ils ne sont pas d'accord parce que l'indexation sur des salaires sur l'inflation ils ne sont pas d'accord donc pour aller chercher les ressemblances il faut vraiment rentrer dans le menu détail mais même quand il y en a je vous le dis la confiance dans Jordan Bardella elle ne peut pas exister puisque d'emblée il explique qu'en fonction de l'état des comptes publics il sera prêt à...

18:43
Présentateur

Donc pour vous l'abrogation de la réforme des retraites c'est tout de suite c'est dans les 15 premiers jours

18:46
Clémentine Autain

Immédiat pour moi c'est le symbole c'est un symbole énorme c'est redonner aux français deux années des meilleures années de retraite et c'est aussi une manière de leur dire vous voyez la majorité du pays la majorité des syndicats sont opposés à cette réforme des retraites et bien la majorité de l'Assemblée nationale doit être conforme à cette majorité sociale et à cette majorité des français est-ce que...

c'est important vous savez Emmanuel Macron il a écrasé la volonté populaire il l'a écrasé sans cesse donc si nous arrivons à être majoritaires le 7 juillet je fais cette promesse c'est que nous serons nous aurons à coeur d'être fidèles aussi à ces majorités qui permettent de faire avancer sur le plan social sur le plan environnemental notre pays

19:34
Présentateur

vous êtes donc pour une 6ème république oui avec la fin de la 5ème pour dire les choses

19:39
Clémentine Autain

qui explique aussi sur le poste de premier ministre la façon dont nous abordons les choses nous avons envie de mettre en avant un collectif c'est aussi une manière de dire notre désir de 6ème république

19:49
Présentateur

est-ce que vous vous engagez à ça en cas de cohabitation parce que c'est évidemment pas quelque chose de simple de mettre fin à une constitution pour en créer une nouvelle comme vous le dites et quel est le calendrier que vous donnez aux gens

19:58
Clémentine Autain

écoutez sur la 6ème république il faudrait engager en effet un processus pour cela gagner l'élection présidentielle nous permettra évidemment d'avoir de l'air mais en attendant en attendant il y a déjà des actes que nous pouvons poser qui sont dans notre programme sur le 49-3 qui est une méthode brutale

20:17
Présentateur

alors le 49-3 pardonnez-moi de vous interrompre mais il a été prévu dans les outils de la constitution parce que la constitution est telle qu'elle est

20:23
Clémentine Autain

en cas de blocage

20:24
Présentateur

oui en fait dans la 4ème république il y avait des blocages récurrents le président de la république n'avait pas de pouvoir le parlement en avait trop on a rééquilibré un petit peu les choses on a donné cet outil à l'exécutif pour pouvoir faire passer des textes

20:34
Clémentine Autain

oui il y a d'autres outils à disposition d'abord parfois le président de la république qui n'est pas une majorité la Macronie s'est assise sur les majorités formées positivement à l'Assemblée nationale on en a eu sur les questions du logement on en a eu sur enfin il y a différents sujets positifs sur lesquels il y avait des majorités et le gouvernement n'a pas respecté le vote de l'Assemblée nationale ensuite nous avons des méthodes possibles comme le référendum je vous assure que si on fait un référendum sur les retraites nous le gagnerons sans passer par un 49-3 donc il y a d'autres méthodes que la brutalité pour gouverner et je pense que c'est aussi le profil du nouveau front populaire il faut bien l'entendre c'est cette méthode démocratique c'est le respect des médiations quand l'extrême droite au pouvoir ce sera davantage de brutalité davantage de mépris des syndicats de mépris du monde associatif de mépris des citoyennes et des citoyens parce que la démocratie et la république ne sont pas dans leur ADN

21:30
Présentateur

alors il y a quelque chose qui a priori en tout cas pour vos adversaires politiques est présenté comme n'étant pas dans votre ADN c'est la sécurité alors que ce soit la majorité sortante ou les candidats LRRN ils font état de proposition sur la sécurité pour améliorer le quotidien des français disent-ils vous vous proposez la remise en place d'un rétablissement enfin la rétablissement de la police de proximité la suppression de la réforme d'Armanin sur la police judiciaire l'augmentation du nombre de policiers ensuite bon il y a la suppression de l'IGPN et l'IGGN pour avoir un organisme indépendant sur les enquêtes revoir la formation des policiers et agir contre la surpopulation carcérale bon est-ce que on peut que de bonnes mesures peut-on aller au-delà des mots c'est-à-dire bien sûr ça veut dire quoi concrètement par exemple agir contre la surpopulation carcérale construire des prisons ça prend des années

22:23
Clémentine Autain

je vais vous dire je vais être très concrète vous le savez sans doute parce que vous l'avez couvert à Sevran il y a eu des meurtres à Sevran et à Aulnay il n'y a pas très longtemps des meurtres dans des quartiers très populaires et bien la police de proximité ça veut dire quoi nous on n'a pas de commissariat de police de plein exercice c'est un peu technique mais en fait manquons de policiers à Sevran dans une ville de 50 000 habitants ça c'est une question de service public quand on dit qu'il faut une police de proximité c'est de dire que par exemple quand il y a un meurtre qui a été commis dans un quartier populaire et que le soir et le lendemain matin il n'y a pas de policier pour rassurer la population je dis mais où est la République où est la République donc il ne s'agit pas aujourd'hui de faire des lois toujours plus répressives mais de ne pas avoir l'humain présent dans ce type de situation de la même manière que quand vous avez des femmes qui appellent le soir parce qu'elles sont victimes de violences conjugales et qu'on vous dit désolé on n'a pas d'équipe ça c'est un vrai problème avec quel moyen

23:21
Présentateur

cette police de proximité madame Autain parce que vous avez vu chez vous ailleurs des commissariats attaqués aux mortiers d'artifice des membres de force de l'ordre qui prennent des objets sur la tête les voitures sont caillassées

23:32
Clémentine Autain

oui mais parce qu'il y a un double problème il y a un problème de nature de la police c'est à dire cette police de proximité c'est toute une doctrine qui va avec vous comprenez c'est toute une doctrine

23:43
Présentateur

ça ça se transforme pas en 15 jours

23:44
Clémentine Autain

non mais qui croit qu'avec une baguette magique en arrivant et en faisant des lois répressives les français vont être plus tranquilles ça n'est pas la réalité c'est mentir aux français donc moi je pense qu'il faut avoir un changement de doctrine des moyens pour une police de proximité et faire en sorte aussi que le sentiment d'insécurité qui est réel et que je ne veux absolument pas gober qui est réel mais il est aussi corrélé à quand vous êtes sans papier que vous n'avez pas d'argent vous sombrez plus facilement aussi dans la petite délinquance donc quand vous améliorez le sort des français que vous augmentez les minima sociaux que vous luttez contre le logement indigne que vous voyez ce que je veux dire et bien de fait vous rendez possible des politiques publiques

24:25
Présentateur

de tranquillité qu'est-ce que vous faites votre cette phrase la police tue il faut désarmer la police des policiers ont tué

24:30
Clémentine Autain

des policiers ont tué on ne peut pas dire on ne peut pas dire l'inverse

24:36
Présentateur

et l'enjeu vous connaissez par cœur la différence sémantique madame Autain des policiers sont des individus vous avez raison la police ça veut dire l'institution

24:45
Clémentine Autain

je vous dis que des policiers tuent mais le problème c'est que l'institution n'est pas ferme dans ces cas là et cette impunité fait que la maltraitance jusque parfois au meurtre et bien quelque part elle est légitimée par des instances qui ne sont pas au niveau c'est ça le problème si nous voulons changer l'IGPN si nous voulons changer l'IGPN c'est précisément pour lutter contre les violences policières et ça on peut le dire et c'est précisément vouloir une police républicaine que de dire cela c'est à dire une police qui est à la hauteur des principes édictés par la république et c'est à cette condition que le respect ce que vous parliez vous parliez tout à l'heure vous vous rendez compte il y a des policiers qui sont maltraités aussi par les gens qui deviennent violents à leur égard mais c'est vrai je le sais encore une fois je suis élue de Sevranville peinte et tremblay je vois bien je vois bien mais donc comment on apaise cette situation comment on apaise on apaise par la justice et on apaise par une police de proximité qui est capable d'être parfaitement républicaine

25:46
Présentateur

vous construisez des prisons agir contre la surpopulation carcérale améliorer les conditions détention

25:53
Clémentine Autain

bien sûr il faut alors ça ça veut dire qu'il y a parfois des alternatives à la prison et qu'elles ne sont pas suffisamment mises en oeuvre et il faut que les conditions carcérales soient soit humaines bien sûr

26:04
Présentateur

alors on pourrait passer la journée évidemment d'écrire le programme parce qu'il y a beaucoup de propositions c'est valable pour l'ensemble des grands blocs il y a encore un mot que je voulais avoir avec vous au sujet d'un sujet qui a marqué l'actualité là récemment c'est la crise agricole et les agriculteurs voulaient la fin de la PAC en tout cas la rediscussion de la PAC la PAC elle permet aux agriculteurs français de vivre pour partie les aides sont allouées en fonction de la taille des exploitations l'argent nous dit-on selon les informations arrive de Bruxelles mais elle est souvent retenue dans les régions et elle a du mal à redescendre qu'est-ce que vous allez changer ?

26:35
Clémentine Autain

Vous savez très bien que le problème de la PAC c'est que c'est une agriculture productiviste qui est favorisée donc nous ce que nous disons déjà c'est qu'il faut enfin les prix plancher clairement pour les produits agricoles et il faut que les politiques publiques soutiennent une agriculture de qualité de proximité avec une relocalisation vous savez entre le producteur et là où on ce qu'on mange en fait et là il y a toute une politique publique qui doit permettre à la fois aux agriculteurs de pouvoir vivre de leur travail et en même temps à nous citoyennes et citoyens de manger sainement pour nous la logique de la PAC elle ne répond pas à cette ambition

27:12
Présentateur

Pour dire les choses est-ce qu'au-delà des 15 jours de la rupture les autres propositions dont nous avons débattu et discuté pour partie c'est faisable en même deux ans et demi ?

27:23
Clémentine Autain

Si on a cinq ans évidemment c'est beaucoup mieux et si on a un mouvement populaire aussi vous savez l'ampleur de la transformation que nous mènerons si nous gagnons elle dépend aussi de la mobilisation ça c'est vrai pour tout gouvernement de gauche qui arrive au pouvoir c'est pourquoi j'appelle non seulement à se mobiliser le 30 juin et le 7 juillet mais à continuer de se mobiliser si nous gagnons parce qu'en effet nous aurons face à nous des puissants des dominants qui ne voudront pas partager les richesses qui ne voudront pas partager les pouvoirs et donc c'est le peuple qui doit avoir le dernier mot

27:51
Présentateur

Merci beaucoup Clémentine Autain d'avoir été avec nous ce matin en direct sur LC Merci à tous et à tous

27:54
Locuteur

Merci à tous Merci à tous Merci à tous

"Le combat contre l'antisémitisme est pour moi consubstantiel de la gauche" : Clémentine Autain — Clémentine Autain · Pourquijevote