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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 7 mars 2017 9 min

Gérard Larcher : "Je crois que nous avons sauvé l'élection présidentielle"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour Gérard Larcher, président du comité politique de LR. C'est vous qui avez annoncé hier soir le dénouement de l'histoire, François Fillon, conforté à l'unanimité des ténors de la droite, titre du Parisien ce matin avec la photo de Fillon. Il les a eus, comment a-t-il fait ?

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Gérard Larcher

D'abord vous racontez pourquoi nous avons réuni ce comité politique. 45 jours de l'élection présidentielle, 10 jours du dépôt des candidatures, il y avait urgence à prendre une initiative pour permettre de faire cesser un psychodrame, pour sauvegarder l'unité de la famille et enfin avoir un vrai débat avec les français à l'occasion de l'élection présidentielle.

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Présentateur

De faire cesser le psychodrame ou de cesser la candidature de François Fillon ?

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Gérard Larcher

De faire cesser le psychodrame, vous savez, j'assume la distance que j'ai prise avec François Fillon, je lui ai exprimé mercredi matin dernier, une campagne arrêtée, un feuilleton judiciaire qui était géré dans l'émotion, alors qu'il doit être géré, me semble-t-il, avec la raison, un emballement médiatique, l'incapacité à présenter notre projet, voilà pourquoi il nous a semblé important avec Bernard Acoyer, d'examiner toutes les autres possibilités, dont la candidature d'Alain Juppé.

1:11
Présentateur

Le débat était clos à 10h30 du matin. D'accord, cette prise de distance, ça s'est allé jusqu'à conseiller, à recommander à François Fillon ?

1:17
Gérard Larcher

Oui, les yeux dans les yeux.

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Présentateur

D'abandonner ?

1:19
Gérard Larcher

Beaucoup l'ont fait par communiqué, moi je lui ai dit directement dans son bureau, nous n'étions que tous les deux, parce que je considérais à cette époque qu'il était impossible de conduire la campagne, or en démocratie, conduire une campagne, c'est le projet, le pacte à faire avec les Français. Bon, aujourd'hui... Attendez, vous lui avez dit, arrête ta candidature ? Bien sûr, puisque je lui avais dit qu'il me semblait opportun de cesser cette candidature. Aujourd'hui... Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?

C'est parce qu'il m'a fait changer d'avis, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'autre alternative que François Fillon, il doit porter le projet, le débat était clos, c'est moi-même qui l'ai annoncé, j'assume et je suis aux côtés de François Fillon, et je suis aux côtés de François Fillon pour faire partager aux Français le projet qui est le meilleur, le seul qui peut redresser la France. C'est l'impossibilité d'un plan B qui vous a fait changer d'avis ? C'est la conclusion qu'Alain Juppé qui était le seul possible.

Je vous rappelle que j'ai été le sage de la commission des primaires, je n'allais pas inventer une autre formule que celui qui était issu de nos statuts, je crois que c'est aussi ma responsabilité comme président du comité politique.

2:26
Présentateur

Quel rôle a joué Nicolas Sarkozy dans cette crise ? Est-ce qu'il a freiné Alain Juppé ? Est-ce qu'il l'a empêché ?

2:33
Gérard Larcher

Non, je pense qu'il a joué un rôle très positif. Quand nous l'avons rencontré, nous avons eu contact naturellement avec les trois premiers de la primaire, Bernard Acoyer et moi-même, notamment dans la journée de vendredi, je pense que Nicolas Sarkozy a vraiment essayé de contribuer à la fin de la crise qui traversait notre famille politique au sens le plus large. Par quel conseil ? Les républicains, les centristes, vous savez, ceux qui partaient, ceux qui disaient leurs doutes, ils le disaient parce que pour eux, ça touchait à un certain nombre de références qu'ils avaient en eux, considéraient aussi la campagne impossible.

J'ai compris la décision d'un certain nombre de nos amis, que ce soit Gérald Darmanin, Bruno Le Maire, Thierry Soler ou Patrick Stéphanini, et j'ai compris leurs troubles. Moi-même, je l'avais partagé, mais j'ai considéré que c'était ma responsabilité de sauver l'élection présidentielle. Je suis peut-être présompteur en disant cela, mais je crois que nous l'avons sauvé hier soir dans une décision partagée après une heure et demie d'échange, d'échange d'ailleurs serein et sur l'essentiel, car je vous rappelle quand même, il ne s'agit pas d'une petite affaire de personne, il s'agit de la France et des institutions de la Ve République, et ça, ce n'est pas médiocre.

Je ne comprends pas, Gérard Larcher,

3:52
Présentateur

ce qui a rendu cette campagne impossible, aujourd'hui possible.

3:59
Gérard Larcher

Parce que nous étions, reconnaissons-le, dans l'émotion. Regardez, la journée de mercredi dernier...

4:04
Présentateur

Ah, il fallait juste que les émotions s'apaisent.

4:06
Gérard Larcher

Non, vous savez, tout le monde sait que j'avais exprimé, depuis un certain nombre de semaines, des interrogations. Je pense que le projet a présenté aux Français que l'élection présidentielle, c'est un dialogue entre un candidat et le peuple français. C'est ce qui, je l'espère, et j'en suis à peu près certain aujourd'hui, va être possible dans les 44 jours qui nous restent.

4:29
Présentateur

Question la plus importante pour vous, pour ceux qui se sont détournés de François Fillon en pensant qu'il allait dans le mur, qu'il allait vous faire perdre, il peut gagner aujourd'hui cette élection présidentielle ? Je pense qu'il peut gagner,

4:40
Gérard Larcher

si nous sommes en capacité de nous rassembler. Je crois aussi qu'il faut qu'on retrouve la raison, qu'on retrouve la raison parce que on peut aussi dire que François Fillon n'a pas été tout à fait traité comme un justiciable normal. Et je ne suis pas de ceux qui défilés jusqu'au Trocadéro. Je suis de ceux qui n'ont jamais eu de propos anti-système, anti-institution, anti-presse. Mais quand même, cinq semaines du parquet financier à la lettre de mise en examen, c'est quand même fort. Et 19 PV retrouvés dans un journal hebdomadaire paraissant le dimanche matin, comme respect du secret de l'instruction, il y a mieux. Il y a un vrai sujet là-dessus.

Parce que moi qui crois à l'autorité judiciaire, en cette institution, soyons aussi exigeants avec l'autorité judiciaire qu'on doit être exigeants avec le monde politique, avec le monde économique.

5:36
Présentateur

Est-il exact que François Fillon, hier soir, a regretté devant le comité politique d'avoir dramatisé sa convocation au vu de sa mise en examen ? Comme tout était tweeté en direct,

5:45
Gérard Larcher

je ne peux que confirmer les propos. Il a dit qu'il a eu d'or. Oui, mais je lui avais dit, moi personnellement, mercredi, que cette dramatisation, alors que c'est un process normal, même s'il est extrêmement rapide, je pense qu'il faut qu'il vive, mais c'est un conseil personnel, c'est facile à donner quand on est à l'extérieur, les prochains rendez-vous avec les juges d'instruction, il nous dit, et je le crois, parce que la présomption d'innocence,

6:19
Présentateur

ça a du sens qu'il apportera tous les éléments à la justice. Ce n'est pas un peu embêtant, un candidat à la présidentielle qui persénaire de cette façon et qui crie à l'assassinat politique alors qu'il vient simplement de recevoir du papier bleu ?

6:31
Gérard Larcher

Je pense que c'est au contraire rassurant sur la capacité qu'on a encore d'avoir des émotions, y compris quand on aspire à être président. J'ai même droit à mes émotions, je les ai plutôt maîtrisées ces jours derniers.

6:42
Présentateur

Enfin, c'était une émotion très politique parce que ces propos agressifs, vous les avez rappelés à l'égard de la justice et de la presse, ils restent et ils font dire aujourd'hui, ce matin encore, à certains dans vos rangs, Valérie Debord, il y a un problème moral, on ne peut pas le rejoindre à nouveau.

6:59
Gérard Larcher

Voilà pourquoi je pense que le discours qu'on a pu entendre dans certaines bouches anti-système est un discours qui a fait l'objet hier d'une explication devant le comité politique.

7:10
Présentateur

Donc il n'y aura plus

7:11
Gérard Larcher

de ce genre de propos ? Il y a un beau projet, un projet solide, un projet construit. D'ailleurs, il ne faut pas s'y tromper, pourquoi les représentants des petites et moyennes entreprises ont accueilli avec tant de chaleur François Fillon ? C'est parce qu'ils pensent et ils ont raison qu'ils portent un projet et un projet qui a été construit collectivement qui peut relever notre pays, notamment au travers d'entreprises qui retrouvent la confiance, qui créent des emplois et de la richesse.

7:40
Présentateur

Encore un mot avant la revue de presse, Patrick Stéphanini, le directeur de campagne de François Fillon jusqu'à dimanche que vous avez cité tout à l'heure, a expliqué hier sur Europe 1 que Fillon a été victime d'un système qui consiste à accorder des compléments de rémunération aux parlementaires à travers le système des collaborateurs. On a bien compris, François Fillon, en employant sa femme et ses enfants, s'est octroyé des compléments de rémunération, Gérard Larcher, président du Sénat ?

8:03
Gérard Larcher

Il a existé, j'allais dire, un système où une absence de contrôle, c'est vrai, jusqu'à il y a quelques années à l'Assemblée Nationale puisque le système de gestion était différent au Sénat. Au Sénat. Et notamment pour les collaborateurs familiaux, ce n'est pas moi, depuis il y a 21 ans, il y a eu un plafonnement, une limitation à un seul collaborateur familial. On ne parle pas de la même chose. Oui, oui.

8:29
Présentateur

Complément de rémunération parlementaire. Non, non,

8:31
Gérard Larcher

parce que c'est issu de la même enveloppe, de l'enveloppe qui était donnée aux collaborateurs. Et puis, nous, nous avons rendu public depuis maintenant deux ans le nom des collaborateurs sur le site du Sénat. Des compléments de rémunération aux parlementaires, vous comprenez ce que ça veut signifier ? Ça veut dire qu'il y avait la capacité jusqu'à une somme, je n'ai pas le chiffre à mémoire, de récupérer le solde des crédits qui étaient affectés aux collaborateurs puisqu'ils n'étaient pas gérés comme au Sénat par une association. Le concept de complément de rémunération laisse entendre qu'il peut y avoir des emplois de complaisance. Écoutez, je laisse à Patrick Stéphadini le soin du terme.

Je vous explique simplement que ce système, il y a été mis fin à l'Assemblée nationale. C'est d'ailleurs à la fois Bernard Acoyer et Claude Barthelonne qui me l'ont expliqué.

9:17
Présentateur

Gérard Larcher, président du Sénat et président du comité politique Les Républicains avec nous et vos questions dans quelques minutes au 01-45-24-7000. Il est 8h32.