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InterviewLCP (sur YouTube)· 13 octobre 2024 13 minComplaisantPortrait personnelSécuritéInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

Isabelle Rauch, députée "Horizons et Indépendants" de Moselle | La politique et moi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    On ne s'y attend pas forcément, mais quand on s'engage en politique, on est exposé à différentes formes de violences. En ce qui vous concerne, les faits se sont déroulés sur Internet pendant le Covid, c'était en mars 2021. Vous avez été victime d'une vague de cyberharcèlement particulièrement intense.

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Ces personnes, elles ont été jugées et condamnées à des peines d'amende, à de la prison avec sursis eux aussi. Et c'est un simple post de votre part sur Facebook qui a tout déclenché, c'est ça ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Ils réagissaient à quoi exactement ?

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Vous vous étiez préparé à vivre cela en devenant député ?

  • 3:15OuverteRéponse directe

    Et vous l'avez vécu comment ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    J'ai lu dans un article de presse que vous aviez eu dix jours d'arrêt de travail... C'est allé jusque-là ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55Isabelle RauchChiffre
    « Cette députée a ainsi reçu 600 insultes pour avoir promu les tests salivaires à l'école. »
  • 1:55Isabelle RauchFait
    « Un jour, je suis dans ma cuisine et une notification, deux notifications, trois notifications et là en fait on se rend compte que, parce que je dis "on", avec mon équipe je les alerte, que c'est un déferlement. »
  • 2:45Isabelle RauchFait
    « Complice d'un crime contre l'Humanité, collabo d'un système nazi, psychopathe pronazi. »
  • 3:55Isabelle RauchFait
    « Le juge a évoqué un stress post-traumatique, des troubles du sommeil. »
  • 4:30Isabelle RauchFait
    « Ils sont artisans, enseignants ou fonctionnaires. »
  • 6:45Isabelle RauchFait
    « Ma fille. J'ai ma fille dans les bras, elle a neuf mois, et j'écoute la radio, et j'ai envie de dire comme d'habitude, je râle. »
  • 7:25Isabelle RauchFait
    « Je suis une profondément centriste. »
  • 8:15Isabelle RauchFait
    « En 2014, Je décide de franchir le pas et je dis à Patrick Weiten : "Je souhaite rejoindre ta majorité," parce que je travaille avec lui, je trouve que ce qui est fait est bien. »
  • 9:00Isabelle RauchFait
    « Certains vous reprochent de changer de parti un peu en fonction de vos intérêts, d'avoir une forme d'opportunisme politique. »
  • 9:45Isabelle RauchFait
    « C'est les partis qui ont souvent changé, qui n'ont pas répondu aux engagements que j'avais. »
  • 10:30Isabelle RauchFait
    « De 2022 à 2024 vous avez présidé la commission des affaires culturelles. C'est une commission assez vaste, ça couvre à la fois la culture, les médias, la jeunesse, l'éducation, le sport, l'enseignement supérieur. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

La violence en politique peut prendre différentes formes, que ce soit sur le terrain ou sur Internet. Mon invitée peut en témoigner, ancienne présidente de la Commission des affaires culturelles, elle siège aujourd'hui au sein du groupe Horizons, à l'Assemblée. Générique Bonjour, Isabelle Rauch. -Bonjour, Clément. -Alors, on ne s'y attend pas forcément, mais quand on s'engage en politique, on est exposé à différentes formes de violences.

On pense souvent à la violence physique, mais il n'y a pas que cela. En ce qui vous concerne, les faits se sont déroulés sur Internet pendant le Covid, c'était en mars 2021. Vous avez été victime d'une vague de cyberharcèlement particulièrement intense et la police a fini par identifier et interpeller les responsables.

Ils faisaient partie d'un petit groupe antivax. On va revoir cela en images. -Leur logo, deux V dans un cercle, les "V_V", comme ils se surnomment, seraient une centaine en France.

Leur mode d'action favori est le cyberharcèlement. Ils inondent les pages Facebook de grands médias ou de personnalités publiques de messages de haine. Cette députée a ainsi reçu 600 insultes pour avoir promu les tests salivaires à l'école.

Des arrestations ont eu lieu hier dans cinq départements. Six femmes et deux hommes interpellés, animateurs présumés du réseau. Ils sont artisans, enseignants ou fonctionnaires, ils risquent jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. -Alors ces personnes, elles ont été jugées et condamnées à des peines d'amende, à de la prison avec sursis eux aussi.

Et c'est un simple post de votre part sur Facebook qui a tout déclenché, c'est ça ? -Oui, oui, c'est...

Un jour, je suis dans ma cuisine et une notification, deux notifications, trois notifications et là en fait on se rend compte que, parce que je dis "on", avec mon équipe je les alerte, que c'est un déferlement. Ca... -Ils réagissaient à quoi exactement ? -Au fait que j'avais mis... j'avais fait un compte rendu d'une visite dans une école où il y avait des tests salivaires pour les enfants.

Donc, je faisais le compte-rendu. En fait, j'étais dans ce qu'on fait en politique, de rendre compte de son action. Et là, ça s'est vraiment déchaîné. -Alors, plus de 600 messages avec des phrases type qui revenaient à chaque fois.

On les voit s'afficher sur l'écran. "Complice d'un crime contre l'Humanité, collabo d'un système nazi, psychopathe pronazi. Vous vous étiez préparé à vivre cela en devenant député ? -Non, on ne se prépare jamais à la haine.

Je pense....

On ne s'engage pas pour ça. On s'engage pour le bien des citoyens, parce qu'on a envie de faire bouger les choses. On ne s'engage pas pour servir de punching-ball et pour être le réceptacle de toute la haine possible et inimaginable. -Et vous l'avez vécu comment ? -Pas bien. -Pas bien. -Mais à quel point ? -Au point, pendant très longtemps, de ne pas vouloir fréquenter les réseaux.

Donc, mon équipe me disant : "Si, il faut publier, il faut y aller." Et moi, en étant extrêmement réticente par rapport à cela. Sachant bien que c'est une minorité qui va réagir.

Mais voilà, on est...

C'est vraiment pas agréable. -J'ai lu dans un article de presse que vous aviez eu dix jours d'arrêt de travail... -Oui, tout à fait. -...que le juge a évoqué un stress post-traumatique, des troubles du sommeil.

C'est allé jusque-là ? -Oui, tout à fait. Parce qu'on se demande pourquoi, en fait.

Pourquoi ? Quand est-ce que ça va s'arrêter ? Il n'y a pas de prise.

On ne peut pas dire stop. On peut...

C'est...

Ca déferle. Et en fait, moi, j'ai voulu témoigner et j'ai voulu porter vraiment cette affaire sur le devant de la scène et aller jusqu'à la plainte, le procès, pour aussi mettre en évidence et aider ceux qui en sont victimes. Parce que malheureusement, je suis une parmi des centaines et des milliers de personnes qui sont victimes de cela, que ce soit des forces de l'ordre, que ce soit des enseignants, que ce soit des adolescents.

En fait, il y a vraiment plusieurs centaines de milliers de personnes en France qui peuvent être victimes à un moment ou à un autre de cela. Et ce n'est pas acceptable, ce n'est pas supportable. Et donc, c'est pour ça que j'ai voulu vraiment faire en sorte que le procès aille à son terme pour montrer aux victimes que ce n'est pas une fatalité et qu'on doit réagir et surtout, aux agresseurs, on n'a pas le droit de le faire. -Pendant votre premier mandat, la violence a aussi d'autres formes, contre votre permanence, qui a été ciblée par des agriculteurs, des avocats, des opposants à la réforme de retraite, par un inconnu qui a jeté une pierre contre la vitrine de votre permanence. -C'est cette pierre-là qui a déclenché quand même beaucoup de choses.

Parce qu'en fait, c'est un acte a priori gratuit. On sait que c'est quelqu'un qui vient en train avec sa pierre, on a remonté les caméras de vidéosurveillance, qui jette la pierre et qui repart. Et c'est très désagréable et surtout angoissant par rapport aux équipes.

Parce que là, ce n'est pas que moi qui suis visée, c'est ma permanence, les gens qui travaillent avec moi. -Et ça vous a posé des problèmes très concrets parce que vous n'aviez plus de compagnie d'assurance qui acceptait d'assurer votre local. Vous avez dû changer de permanence.

Et j'ai lu que dans votre nouvelle permanence, vous n'en donniez pas l'adresse publiquement. -Non. -C'est toujours le cas ? -Oui, tout à fait.

Elle n'est pas mentionnée sur... -Vous devez vous cachez ? -Ce n'est pas mentionné sur Internet.

Il y a le numéro de téléphone, il y a l'adresse. Les gens téléphonent, les gens nous envoient des e-mails, bien entendu, on rappelle. A ce moment-là, on communique l'adresse, on donne le rendez-vous.

Il n'y a aucun problème par rapport à cela. Mais je souhaite protéger mes équipes de toute agression. -Quand on se revendique députée de terrain comme vous, c'est quand même problématique ? -Moi, je suis sur le terrain, moi, mais je ne souhaite pas exposer mes équipes.

C'est une protection vis-à-vis des gens qui travaillent avec moi. Ils n'ont pas à subir. Ils ne travaillent pas pour moi pour être exposés à de la violence. -On va remonter aux sources de votre engagement.

Le déclic, si l'on peut dire, pour vous, il date de 1997, vous décidez alors de rejoindre le Parti Socialiste. Pourquoi ? Qu'est-ce qui a déclenché ça ? -Ma fille.

J'ai ma fille dans les bras, elle a neuf mois, et j'écoute la radio, et j'ai envie de dire comme d'habitude, je râle. Et là, je me dis : "C'est pas possible, il faut que j'arrête de râler, et que je m'engage." Et c'est vraiment ça qui déclenche ma volonté d'engagement en politique.

Et à ce moment-là, je me dirige vers le Parti Socialiste qui, à cette époque-là, correspond le mieux au moment de ma vie où j'en suis. Je suis une profondément centriste. Mais en 97, il me semble que Lionel Jospin répond en grande partie à mes aspirations.

Voilà... -C'est ça qui vous fait aller vers la gauche plutôt que vers un parti du centre ? -Les partis...

Il n'y a pas vraiment de parti centriste qui me semble correspondre au moment où j'en suis de ma vie. -En 2001, vous êtes devenue conseillère municipale d'opposition à Thionville, puis adjointe au maire en 2008. Ensuite, vous avez été élue conseillère générale.

Et puis en 2014, surprise, vous quittez le PS et là, vous rejoignez l'UDI, parti centriste. Pourquoi ? -Oui, tout à fait.

Parce qu'en fait, je suis au Conseil Général depuis 2008. Je suis aussi adjointe au maire. Je peux faire des choses en tant qu'adjointe au maire, mais... les relations sont un peu compliquées.

La politique qui est menée au Conseil Départemental de la Moselle, ça me va bien. Vraiment, je m'y retrouve. Et c'est vrai qu'en 2014, Je décide de franchir le pas et je dis à Patrick Weiten : "Je souhaite rejoindre ta majorité," parce que je travaille avec lui, je trouve que ce qui est fait est bien.

C'est le président du parti en Moselle, le président de l'UDI, donc voilà comment j'entre à l'UDI en 2014. -Et alors en 2017, vous quittez l'UDI pour rejoindre En Marche. Par la suite, vous avez donc suivi Edouard Philippe quand il a créé Horizons.

Certains vous reprochent de changer de parti un peu en fonction de vos intérêts, d'avoir une forme d'opportunisme politique. Vous leur répondez quoi ? -Je ne sais pas qui sont ces "certains". -Vos adversaires localement ? -Oui, mais pas les électeurs. -Oui. -Donc pas les personnes que je rencontre sur le terrain, pas ceux pas ceux qui me connaissent, pas ceux qui connaissent mes convictions. -Et justement, vos convictions, quelles sont-elles ?

Quel est le moteur de votre engagement ? Ce qui vous motive depuis le début, qui n'a pas bougé malgré vos changements de parti ? -C'est les partis qui ont souvent changé, qui n'ont pas répondu aux engagements que j'avais.

Et c'est vrai que quand j'écoute Edouard Philippe, je suis totalement en phase avec sa ligne et ce qu'il dit. C'est vraiment un engagement au service des citoyens, au service de tous les concitoyens et que le projet d'émancipation qui est, normalement, le moteur de l'engagement de chacun et chacune, puisse réellement être mis en oeuvre par un projet politique. Et c'est quand on ne répond pas à ces aspirations, quand on fait croire aux citoyens que tout va s'améliorer d'un coup de baguette magique, que, pour moi, ce n'est pas supportable.

Je pense qu'on se doit d'un devoir de vérité et de réalisme. -A l'Assemblée, de 2022 à 2024 vous avez présidé la commission des affaires culturelles. C'est une commission assez vaste, ça couvre à la fois la culture, les médias, la jeunesse, l'éducation, le sport. -L'enseignement supérieur. -Oui.

Qu'est-ce que cette expérience vous a apporté dans votre vie de députée ? -De très belles rencontres. Et surtout, moi, ce que ça m'a...

Enfin, ça m'a amenée, enfin, pas qu'à moi, mais en tout cas démontré cette capacité aussi d'aller chercher les points de consensus chez les uns et les autres. Parce que si vous regardez, si vous avez regardé comment ça s'est passé entre 2022 et 2024, énormément de projets ou de propositions de loi sont passés, certains à l'unanimité, d'autres avec une très large majorité. Donc, en fait... on va dire que j'ai encore plus développé cette culture du consensus que j'ai depuis toujours et qui m'anime en politique.

Ce qui fait peut-être aussi qu'à certains moments, je suis toujours fidèle à des convictions, mais que je peux changer de parti. -On va conclure l'émission avec notre petit quiz. Alors pour commencer, on va changer un petit peu ce qu'on fait d'habitude.

J'ai vu que vous souhaitiez réécrire la Constitution en écriture inclusive. -Oui. -J'ai lu ça.

On vous propose d'essayer de le faire à voix haute avec le début de l'article 8 qui va apparaître à l'écran. Et je vous propose de le lire en écriture inclusive. -"Le président ou la présidente de la République nomme le premier ou la première ministre.

Il ou elle met fin à ses fonctions sur la présentation par celui-ci ou celle-ci de la démission du gouvernement." -D'accord. Vous ne vous mettez pas de "iel" ? -Non. -Non. -Et je pense que l'écriture inclusive souffre d'une mauvaise presse parce que généralement on voit immédiatement le point médian.

L'écriture inclusive, ça veut dire mettre les femmes dans l'espace public, nommer les femmes. -Ca peut prendre différentes formes, comme celle que vous avez adoptée. -C'est pour ça, quand je dis...

L'écriture inclusive n'est pas le point médian. -"Avoir été coach, visiteuse médicale ou prospectrice téléphonique..." -Alors oui, j'ai surtout fait de la formation pour les personnes qui faisaient de la prospection, en tout cas qui travaillent sur les centres d'appel et notamment sur les services après-vente.

C'est beaucoup de rencontres humaines et de comprendre, de vivre... pour différentes raisons, le quotidien d'un grand nombre de citoyens. -Enfin : "Quand je vois un viaduc..." -Je rêve, c'est pour moi... -C'est étonnant ça, pour qui ne vous connaît pas.

Vous rêviez de construire des viaducs quand vous étiez plus jeune ? -Oui, oui. Et moi, le viaduc de Garabit est tout simplement extraordinaire, construit par...

Oui, je sais C'est pas forcément quelque chose qu'on voit spontanément mais moi je rêvais d'être architecte ponts et chaussées et de chausser des bottes et un casque pour être sur des chantiers et construire des grands ouvrages et notamment des ponts. Et peut-être que finalement, la politique répond en grande partie à cette aspiration qui est de construire des ponts entre les femmes et les hommes. -C'est la fin.

Merci, Isabelle Rauch, d'être venue dans "La politique et moi". -Merci, Clément. Générique