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interviewBLAST· 16 octobre 2025 20 min

PLAN TRUMP POUR GAZA : POURQUOI LA PAIX EST TOUJOURS IMPOSSIBLE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Après 4 jours de réflexion, le Hamas a dit oui au plan américain. Un oui avec des conditions. Poigné de main, discours et signature de traité de paix.

C'était surtout une grande victoire pour Donald Trump. N'oublions pas l'essentiel. Ce que le président Trump a fait a surtout démontré que le président des États-Unis était capable d'arrêter les assauts militaires de l'État d'Israël quand il le voulaient.

Un triomphe lorsqu'il entre à l'ACné. Donald Trump, l'homme de la fin du cauchemar selon ses propres mots, est celui qui redonne de l'espoir après 2 ans de guerre meurtrière à Gaza. Dans le plan trumpien, il est même pas question d'état palestinien.

La paix et les affaires. Dans un mélange des genres où navigue les hommes clés du président Steve Whtkov, envoyé spécial pour la paix, c'est lui qui a lancé l'idée d'une rivière à Gaza. On est sauf exceptionnelle surprise dans une situation de déni. [Musique] Bertrand Bad, professeur des universités émérites à Sciencep, auteur de l'art de la paix, monsieur Flamarion.

Bah ma première réaction euh elle est d'abord de dire que la pression systémique ça existe. C'est-à-dire, on va étudier la stratégie des uns et des autres, mais ce que je vois, c'est cette profonde transformation de l'opinion publique internationale, ces jeux de pression venant de partout, de l'intérieur même des sociétés et aussi de pas mal de diplomatie a quand même contribué à l'impensable, c'est-à-dire que Benjamin Nathanahou, en tous les cas provisoirement renonce à son jusqu'au bouthisme. J'ai dit provisoirement, faudra revenir là-dessus.

Donc n'oublions pas de rendre hommage à l'humain, c'est-à-dire à cette indignation qui transcendait les chancelleries, les jeux diplomatiques, cyniques et réalistes qui s'imposaient à travers les boycottes, à travers les manifestations. J'ai encore en tête la manifestation de Rome au début de ce mois. 1 million de personnes dans la rue, en Australie, 350000 personnes quelques semaines auparavant.

Euh, il est faux de dire que euh le politicien, même le plus cque ignore tout cela. il est dans un bain mondial et ça ça a fini par jouer. Alors ce n'a pas ça n'a pas été le mécanisme enclencheur.

Je pense que cette pression systémique, elle a peu à peu créé un climat nouveau. [Musique] Voyons maintenant les protagonistes. D'abord Donald Trump.

Donald Trump, le président des États-Unis. euh a d'abord eu une très mauvaise surprise en consultant les derniers sondages qui indiquaient qu'une majorité non pas d'Américains, d'États-Unis, mais de Républicains considérait que le comportement d'Israël n'était pas acceptable. Un homme comme lui qui voit que sa base électorale est en train de s'éroder ne peut pas ne pas être sensible.

Autant l'homme peut-être insensible à des dizaines de milliers de morts à Gaza, autant l'érosion de son électorat MAG euh lui pose problème. De même que euh le juscobtisme de Nathaniaou dont je parlais tout à l'heure a eu pour principal effet de créer une crise entre le président des États-Unis et les États du golfe. Il faut pas oublier que plus encore qu'Israël, le Golfe est le centre de gravité de la diplomatie américaine au Moyen-Orient.

Les choses ont en fait évolué. Ça a longtemps été Israël. Aujourd'hui, c'est le golf, le golfe Persique.

Et dans ce golfe Persique, une attaque sur le Qatar a indigné, y compris les rivaux qui n'aiment pas beaucoup l'émire du Qatar. Je pense aux Émirats Arabes unis voire à l'Arabie Saoudite qui ont considéré que ce qui avait été fait là était inadmissible. 2è point. 3e point l'homme a tellement envie de montrer qu'il est capable de tout faire et il trouvait que là l'opportunité était très grande.

Donc il y avait déjà trois raisons. Mais n'oublions pas l'essentiel. N'oublions pas l'essentiel.

Ce que le président Trump a fait a surtout démontré que le président des États-Unis était capable d'arrêter les assauts militaires de l'État d'Israël quand il le voulait. Parce que sans l'assistance militaire américaine, Benjamin Nathanahu ou n'importe quel premier ministre israélien ne peut plus rien faire sur le champ de bataille. Et donc c'est quand même paradoxal d'attribuer au président Trump le mérite de la libération des otages et du cesser le feu à Gaza quand on sait qu'il a fait ainsi la démonstration que depuis 2 ans, il aurait été en mesure de le faire.

Bon, maintenant les deux autres et c'est assez intéressant parce que assez mal vu et et mal analysé. Euh du côté du Hamas, euh je pense que du côté du Hamas, on était arrivé à la conclusion que les otages n'ont plus la valeur stratégique qu'ils avaient autrefois. C'est-à-dire que avec les prises d'otage, le Hamas est arrivé à un certain nombre de résultats que probablement il escomtait. premier résultat construire autour de lui et en fonction de lui l'agenda de la région.

C'est lui qui décidait, négociait jusqu'à quand même quelque chose de tout à fait remarquable qui est que le président des États-Unis, dit-on lui-même avait négocié directement avec le Hamas. C'est un peu comme Kim Jongun lors du premier mandat trumpien qui euh euh serrait la main du président des États-Unis. Le Hamas, paradoxalement dans cette attaque terroriste a obtenu une sorte de reconnaissance international.

Deuxièmement, le Hamas a réussi dans cette affaire à euh remettre le dossier palestinien sur la table et provoquer notamment cette chaîne de reconnaissance de l'État de Palestine. Et puis troisièmement, euh le Hamas a mis l'autorité palestinienne dans l'embarras. On l'a vu, Mahmoud Abbas n'arrivant pas à se définir face à ses différents acteurs.

Il gagne en puissance en 6 Jordanie et dès lors, la plupart des résultats étaient atteints. Euh les otages, malheureusement, certains d'entre eux, la majorité de ceux qui restaient étaient morts. Donc c'est un peu la fin d'une séquence.

Euh côté maintenant euh Israël, il faut voir que euh encore lors de son discours devant euh l'Assemblée générale des Nations Unies, le 26 septembre dernier, Benjamin Nathanahu annoncé qu'il irait jusqu'à éradiquer totalement le terrorisme, qu'il n'était absolument pas question d'un état palestinien que de toute manière il irait jusqu'au bout de sa politique de force à Gaza et quelques jours après, il change d'attitude. C'est une manière de défaite qu'il a eu l'habileté plus ou moins marquée de travestir en disant qu'il était arrivé à ses fins. Nul n'est dupe.

La réalité c'est d'abord que l'État d'Israël est exangue. On ne sait pas à quel point l'économie israélienne a été affectée par 2 ans de guerre. 2 ans de guerre, c'était du jamais vu dans l'histoire de l'État hébreu.

C'est une croissance rétractée. C'est aussi 170000 Israéliens qui ont quitté Israël parce qu'il ne supportaiit plus la situation de guerre dans qu'il se trouvaient. C'est des familles qui sont inquiètes pour euh leurs jeunes qui partent au combat.

Euh donc euh euh c'était déjà sur le plan même euh du fonctionnement de l'État israélien quelque chose qui devenait insupportable. S'ajoute à cela le formidable isolement diplomatique d'Israël. Alors, Israël n'a pas l'habitude de tenir compte des manifestations hostiles à son égard, mais on a vu l'image quand même saisissante de ces 77 délégations à l'ONU qui ont quitté l'assemblée générale lorsque Benjamin Nathan est monté à la tribune.

L'isolement, ça rejoint ce que je disais tout à l'heure sur la pression systémique. C'est quand même quelque chose d'extrêmement dur et d'extrêmement coûteux. [Musique] Alors, c'est effectivement là que les choses se compliquent.

C'est-à-dire que comme je l'ai expliqué ou tenté de l'expliquer, il y avait finalement un alignement des planète pour libérer les otages et atteindre un cesser le feu à Gaza. Qui peut d'ailleurs le déplorer ? On imagine d'abord le soulagement des familles d'otage pour en particulier ceux des otages qui ne sont pas morts.

Et on imagine l'immense soulagement des populations gazaoui qui savent que ils sont protégés en tous les cas pour le moment des bombes. Et s'il y a eu alignement des planètes et en fait consensus stratégique, je pense, entre ces trois protagonistes États-Unis, Hamas et Israël sur cette première étape, il y a en fait un profond désaccord sur le reste. C'est-à-dire que euh le jeu stratégique d'Israël, il peut être interprété de deux façons.

Et voyez, je vais avec prudence parce que je ne sais pas laquelle des options est bonne. Consistante à dire "On a été obligé de lâcher du l'est pour les raisons que j'expliquais il y a un instant, mais il n'est pas question d'abandonner nos fins ultimes. Donc on va miser sur la faute réelle ou présumée de l'autre pour rompre l'accord et reprendre les combats." C'est l'hypothèse la plus pessimiste mais qu'il ne faut pas négliger parce qu'elle a un précédent.

L'accord de du 20 janvier 2025 déjà négocié par Trump alors qu'il n'était pas encore formellement président des États-Unis prévoyait trois étapes. On n'est jamais passé à la troisème étape qui devait justement déboucher sur la paix et plusieurs prétextes ont été saisis de la part d'Israël pour dire bah tout cela n'est pas conforme à ce qui a été décidé. Donc nous devons reprendre l'opération militaire.

Ça c'est une première option. Euh c'est une première hypothèse. La deuxième hypothèse, elle est un petit peu plus complexe et subtile qui consiste à dire bah finalement on va tenter d'aller jusqu'au bout, c'est-à-dire dans cette dynamique de pouvoir construire une négociation mais à condition, c'est la parole israélienne, que nos points fixes ne soient pas remis en cause, c'est-à-dire pas d'état palestinien et l'éradication du Hamas.

Si on retient cette hypothèse de la relative bonne foi, si vous voulez, euh il y a trois points d'achoppement qui sont très graves, qui sont très très graves. Le premier point, c'est la démilitarisation du Hamas. Le Hamas a dit qu'il était pas question d'une démilitarisation tandis qu'Israël et euh Trump ont l'un et l'autre dit que c'était incontournable.

Il fallait démilitariser le Hamas. Seulement là, outre qu'il y a un choc de volonté, c'est-à-dire une un densus entre les acteurs, il y a beaucoup plus grave. Il y a un problème technique, c'est-à-dire comment va-t-on désarmer ?

Trump a dit tout récemment, bah ils vont désarmer et s'il désarme pas, nous on les désarmera et de façon rapide et violente. Bon, très bien. Moi, je suis d'une génération qui a connu la guerre d'Algérie.

En tout cas, j'en ai un vague souvenir d'enfants. Euh, j'entendais toujours qu'on allait désarmer le FLN. On n' jamais désarmé le FLN jusqu'aux accords déviant qui ont confié l'Algérie à un état FLN, hein.

Dans l'histoire récente des relations internationales, on connaît quelques rares exemples de démiléralisation réussie et ces exemples sont imputables à l'ONU. L'ONU avait mis en place à l'occasion notamment de deux guerres, la guerre d'indépendance de la Namibie 1989 et la guerre civile du Mozambique 1900 qui s'est terminé en 1992 avait mis en place le système DDR. DDR ça veut dire démobilisation, démilitarisation et réintégration.

Mais je donne cet exemple parce que euh la troisème euh composante est très révélatrice. Vous allez désarmer parce que vous allez être intégré. Vous allez nous confier vos kalashnikov, un exemple.

En échange, vous aurez une position, un statut, une place dans l'État qui va se constituer. Et c'est comme ça que l'ONU, avec l'aide de l'ONG Saintidio avait réussi à démilitariser la Renamo qui était la grande force qui s'opposait au frais limaux dans la guerre civile mozzambiine. Comment voulez-vous que le Hamas accepte de se démilitariser s'il a pas de contreparties ?

Le Hamas est ce qu'il est mais il a une rationalité stratégique et dont on a vu qu'elle pouvait être terriblement cyque. Et donc dans l'idée de dire vous vous désarmez et puis c'est fini, on entend plus parler de vous, je crains que ça ne fonctionne pas. Et là, la première grande erreur, c'est de ne pas avoir confié aux Nations-Unies ce travail de démilitarisation. les Nations- Unies, seule instance au monde qui ont réussi par deux fois en Amibie et au Mozambique.

Euh c'est un une première impasse dont je vois mal comment elle pourra être dans les conditions actuelles dépassées. [Musique] Le deuxième impasse, c'est comment va être gérée la la bande de Gaza. Et là, on est dans le rêve et peut-être dans le cauchemar. penser qu'un comité de paix présidé par monsieur Trump et vice-présidé par Tony Blair, l'homme qui a laissé le souvenir euh euh de la campagne d'Irak en 2003 et l'homme qui avait été l'émissaire du euh Quartet au début de ce siècle pour tenter de sortir déjà le conflit israélo-palestinien de l'impasse et qui avait abouti à aucun aucun résultat. l'homme qui en plus incarnerait un nouveau mandat britannique sur la Palestine.

C'est presque risible de naïveté. Euh et donc euh tant que euh cette gestion du territoire de Gaza ne sera pas remis au moins à une entité neutre et si possible une entité neutre intégrant peu à peu des autorités palestiniennes. Je crains l'impasse absolu.

Et puis enfin le troisème élément non des moindres c'est que les choses sont claires. Il y a pas de paix sans coexistence. C'est pas moi qui le dit, c'est Aristote.

Donc voyez, ça fait déjà un certain temps qu'on en est persuadé. La coexistence, c'est quoi ? C'est la reconnaissance, c'est la parité et c'est l'altérité.

Reconnaître l'autre et ses droits. La parité, c'est-à-dire les droits de l'autre sont égaux au mien. Et enfin, l'altérité, c'est-à-dire l'autre est quelqu'un de respectable avec qui je dois chercher à m'entendre.

Sans ce triangle, rien n'est possible. Et dans le plan trumpien, il est même pas question d'état palestinien. Et dans la tête de monsieur Nathanahou, il est question d'empêcher à tout prix la naissance d'un état palestinien.

Donc on est au jour d'aujourd'hui, sauf exceptionnelle surprise dans une situation de déniveau [Musique] cette partition qui a ensanglanté notre histoire. Croire que le cesser le feu est un substitut à la paix. Le cesser le feu, ça a toujours été présenté comme tel.

C'est arrêter une guerre dans l'hypothèse de la reprendre. La paix crée un ordre qui exclut la confrontation. On en est extrêmement loin et c'est la raison pour laquelle quand on vente l'esprit de paix du président des États-Unis, bah on est soit dans la mauvaise foi complète, soit dans la naïveté absolue. [Musique]