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Discours / meetingEmmanuel Macron (sur YouTube)· 31 mars 2020 13 minAutoproduitFond programmatiqueSantéÉconomie & entreprises

Pour vaincre le COVID-19, la France est engagée dans un effort de production sans précédent.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00E. MacronChiffre
    « Nous sommes passés de 4 millions par semaine à 40 millions par semaine pour les soignants, à peu près. »
  • 3:00E. MacronChiffre
    « Avant la crise, nous produisions, en France, 3,3 millions de masques par semaine. »
  • 10:00E. MacronChiffre
    « Le gouvernement apporte une contribution et une dotation spécifique à Santé publique France de 4 milliards d'euros. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-E. Macron : Bonjour à toutes et tous. m'adresser à vous depuis l'usine Kolmi-Hopen à Saint-Barthélemy-d'Anjou et vous dire la fierté d'être là dans cette usine aux côtés des dirigeants et de ses salariés.

Nous avons un combat contre le virus à mener, des soignants qui sont au front chaque jour, et je pense à eux et nous sommes à leur côté. Et, évidemment, des soignants qui sont à protéger, à équiper et un défi que nous connaissons depuis le début sur lequel le Premier ministre, le ministre de la Santé, plusieurs membres du gouvernement sont revenus ces derniers jours, qui est celui des équipements, des matières premières de notre capacité donc à les aider. Ce sont d'abord les masques.

Les masques chirurgicaux ou dits FFP2, donc ces masques de protection pour les soignants. Nous le savons, les difficultés que nous avons rencontrées sont liées à la très forte augmentation de la consommation que nous avons de ces masques. Nous sommes passés de 4 millions par semaine à 40 millions par semaine pour les soignants, à peu près.

Et cela a mis une forte tension. Avec un stock existant, le Premier ministre et les ministres y sont revenus il y a quelques jours, en début de crise, qui était de 140 millions de masques disponibles. Et avec, au fond, une certitude qui avait présidé aux choix passés qui était que ces masques, on pouvait les importer très facilement, qu'ils étaient produits en très grande quantité à l'autre bout du monde, souvent en Chine, parfois ailleurs et qu'il n'y avait pas lieu de stocker massivement des milliards et des milliards de masques.

Le monde a changé depuis quelques semaines, a créé une tension inédite sur les marchés mondiaux et des difficultés profondes. Le gouvernement a édicté une doctrine pour ne jamais être en rupture et pouvoir toujours équiper les soignants, qui sont les plus exposés au virus. Les déstockages se font chaque semaine et nous continuons d'être vigilants.

Mais pour faire face à la crise, à ces 40 millions de masques dont nous avons besoin par semaine au moins, plusieurs décisions ont été prises : d'abord celle d'importer massivement et vite plus d'un milliard de masques venant de Chine, et les commandes sont en train d'arriver, avec des commandes supplémentaires qui sont, d'ores et déjà, passées. Et je veux ici aussi remercier les collectivités locales, les entreprises qui ont, durant cette période, donné les masques qu'elles avaient, mais ont aussi été chercher sur les marchés mondiaux des grandes quantités de masques pour les mettre à disposition de nos soignants. Mais il nous fait aussi, et à mes yeux, aujourd'hui, avant toute chose, produire davantage en France, sur notre sol, produire parce que cette crise nous enseigne que sur certains biens, certains produits, certains matériaux, le caractère stratégique impose d'avoir une souveraineté européenne.

Produire plus sur le sol national pour réduire notre dépendance et donc nous équiper dans la durée. Nous avons quatre acteurs historiques en France qui produisent des masques chirurgicaux, FFP2, entre autres. Kolmi-Hopen, ici, près d'Angers, est le plus important et représente plus des 3/4 de la production française.

Un effort extraordinaire a été fait ces dernières semaines avec l'aide des services de l'Etat, de la Chambre de commerce et d'Industrie, d'une mobilisation exceptionnelle de l'entreprise, de nombreux partenaires qui a permis d'augmenter les effectifs de 50 %, de faire tourner l'usine 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, de commander de nouvelles machines qui sont en train d'arriver. La production, en quelques semaines ici, a d'ores et déjà doublé. Et nous allons aller plus loin tous ensemble.

Avant la crise, nous produisions, en France, 3,3 millions de masques par semaine. Fin avril, nous serons à plus de 10 millions. Nous aurons plus que triplé en quelques semaines.

Et nous continuerons cet effort pour continuer la multiplication de nos capacités de production et je veux que d'ici la fin de l'année, nous ayons obtenu, justement, cette indépendance pleine et entière. En parallèle, de nouveaux acteurs Faurecia, Chargeurs, Michelin, Intermarché et plusieurs autres se mobilisent aussi pour produire des masques dans la période et nous aurons ainsi la capacité à produire en France, d'ici fin avril, environ 15 millions de masques par semaine. C'est donc un travail de reconquête d'une production nationale, d'une avancée qui n'est possible aussi que parce que nous avons gardé l'expertise.

Et je veux féliciter cette entreprise qui a su maintenir cette compétence en France contre vents et marées, qui a réussi à maintenir aussi une filière et achète à 100 % des produits européens, aux 3/4 des produits français et dont les machines même sont françaises. Nous allons, en parallèle de ce travail qui est nécessaire pour équiper nos soignants dans les meilleurs délais et pour dépendre de moins en moins de nos importations, continuer à produire plus de masques. Parce que je pense aussi à toutes celles et ceux qui sont exposés au service à domicile, à nos transporteurs, à nos pompiers, à nos forces de l'ordre, à nos caissiers et caissières, aux guichetiers, à toutes les professions qui sont aujourd'hui exposées, qui, je le sais, ont souvent une angoisse et attendent des masques.

Il est, aujourd'hui, impossible de leur promettre ces masques FFP2 ou chirurgicaux. Ils sont réservés aux soignants. Et nous devons, avant tout, sécuriser notre capacité à leur donner.

A mesure que nous monterons, j'espère que nous pourrons l'élargir. Mais nous avons d'autres catégories de masques, différents, qui sont homologués. 85 prototypes ont été validés durant les derniers jours.

Et nous sommes en train de monter aussi notre capacité de production nationale pour fournir progressivement des masques à toutes ces professions. D'ici 3 à 4 semaines, nous aurons la capacité de produire un million de masques jour sur ces différentes catégories. Le gouvernement reviendra, là aussi, sur les différentes catégories d'emploi.

C'est indispensable. Les masques, c'est une bataille essentielle. Le gouvernement a fait toute la transparence, s'est mobilisé depuis le premier jour, et nous continuons d'avancer.

Nous avons ensuite, un autre sujet critique : les respirateurs. Vous le savez, nous en avons besoin avec des services d'urgence de réanimation qui sont de plus en plus mobilisés, avec tant de nos concitoyens qui sont en détresse respiratoire aiguë et qui ont besoin de ces respirateurs. Là aussi, nous avons, évidemment, passé de nombreuses commandes, nous importons, nous avons la chance d'avoir plusieurs producteurs européens et, en particulier, un grand producteur français qui est Air Liquide que je veux remercier pour sa mobilisation depuis le premier jour.

Air Liquide fournit ces respirateurs de différentes catégories depuis son usine d'Antony. J'ai une pensée toute particulière pour les citoyens de cette ville, je le sais, endeuillés, ces derniers jours. Une initiative a été montée durant ces derniers jours et, autour d'Air Liquide, un consortium industriel français vient de se constituer qui réunit : Air Liquide, Schneider Electric, Valeo et PSA.

Ce consortium va permettre de produire d'ici mi-mai, 10 000 respirateurs. Des respirateurs lourds, comme des respirateurs plus légers. Les respirateurs lourds, qui sont particulièrement attendus, feront l'objet de premières livraisons dans les prochains jours.

Environ 250 dans les 8 prochains jours. Puis ce consortium montera, justement, montera en volume et en production pour pouvoir fournir 10 000 respirateurs français d'ici mi-mai. Enfin, ce sont les produits dont nous avons besoin : le gel hydro alcoolique qui fait partie, aujourd'hui, de notre quotidien depuis que les gestes barrières se sont, justement, mis en place.

Nous avons décuplé notre production passant de 40 000 L/jour à 500 000 L/jour. Je veux remercier, là aussi, l'ensemble de nos industriels, de nos fabricants, mais aussi des pharmaciens, des établissements de santé, à qui nous avons donné la possibilité de produire, qui se sont mobilisés d'une manière exceptionnelle durant cette période pour produire et apporter ces gels. Nous avons aussi besoin de médicaments et de matériel - je ne rentrerai pas, ici, dans le détail, le ministre de la Santé l'a fait -, de pousse-seringues, de curare, parfois aussi de principes actifs.

Il y a nombreux matériels médicaux, de tests, évidemment, qui sont, aujourd'hui, soumis à une très forte tension sur le marché mondial compte-tenu de la crise que vivent tous les pays. Sur ces médicaments, notre stratégie est simple : nous sommes en train de passer massivement, et nous le faisons depuis plusieurs semaines, nous passons massivement des commandes. Tout ce qui est produit ou peut être produit en France l'est et nous montons, là aussi, en volume.

Tout ce qui l'est en européen est aussi poussé en volume pour sécuriser les apports. Afin de financer tout ça, le gouvernement apporte une contribution et une dotation spécifique à Santé publique France de 4 milliards d'euros qui permettra de passer ces commandes en médicaments, respirateurs et masques. C'est, évidemment, une contribution exceptionnelle qui montre la mobilisation aussi de l'Etat et de ses financements derrière cela.

Vous l'avez compris, pour mener ce combat contre le virus, dans un contexte où toutes les certitudes sont balayées, tout est revu, et la tension sur le marché mondial, extrême, nous avons, bien sûr, eu une stratégie de commandes d'importation, mais notre priorité, aujourd'hui, est de produire davantage en France, et de produire davantage en Europe. Partout où nous avons des sites de production français, de monter en volume, d'embaucher, de pousser davantage nos capacités et de créer aussi de nouvelles capacités de production. Je veux ici remercier nos dirigeants d'entreprises, nos entrepreneurs de France, les salariés, les ouvriers de nos grands groupes, de nos OTI, de nos PME qui sont mobilisés dans cette bataille et qui sont cette deuxième ligne dont j'ai parlé la semaine dernière.

La première ligne est celle des soignants, la deuxième, ce sont ces femmes et ces hommes qui permettent au pays de continuer à tourner et qui permettent de l'équiper. Je veux les remercier et nous les avons applaudis tout à l'heure parce qu'ils sont là au travail avec courage, ils sont alors que, parfois, leurs familles vivent dans l'angoisse, ils sont là alors que leurs enfants sont, parfois, je le sais, à la maison et qu'il faut trouver une bonne organisation et qu'ils sont accompagnés par leurs entreprises. C'est un engagement exceptionnel que nous soutenons.

Le jour d'après ne ressemblera pas au jour d'avant. Nous devons rebâtir notre souveraineté nationale et européenne. Nous avons commencé avant crise et vous m'avez souvent entendu vous en parler.

Nous avons passé des réformes qui permettent à notre pays d'être plus compétitif. Mais il nous faut retrouver la force morale et la volonté pour produire davantage en France et retrouver cette indépendance. C'est ce que nous commençons de faire avec force courage sur les produits de première nécessité pour cette crise.

C'est ce que nous continuerons à faire le jour d'après. Souveraineté. Souveraineté et solidarité car cela ne serait pas possible sans l'engagement de femmes et d'hommes qui ne comptent pas leurs heures et qui, avec courage, sont là pour faire avancer le pays.

Je les en remercie très profondément. Je vous remercie. C'est cette France unie à laquelle je crois.

C'est cette France unie dont nous avons aujourd'hui, ici, le visage, mais qui, partout en France, se déploie avec force et qui nous permettra de gagner contre cet ennemi invisible car il n'est pas invincible. Merci à toutes et tous. Vive la République et vive la France !