“De la Comédie-française” : les coulisses d'un film hilarant qui dépoussière l'institution !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
- L.Ekland: C'est le rôle d'une vie, pour vous? - S.Abkarian: Il y aura un avant et un après, c'est sûr. - L.Ekland: Merci beaucoup et le meilleur pour vous ce soir.
Merci. - B.Chameroy: Il n'y a qu'à Cannes qu'on peut entendre parler le général de Gaulle avec la "Macarena" en fond. - A.-E.Lemoine: S.Abkarian sera avec nous sur le plateau.
Jamais un film de cinéma n'avait réuni sur une même affiche autant de comédiens de la Comédie-Française. G.Gallienne, B.Lavernhe, P.Clément...
La crème de la crème d'une troupe qu'on retrouve 3 heures avant le lever de rideau d'une représentation de "Macbeth" sauf que rien ne se passe comme prévu. La comédienne principale est absente, Macbeth est un chieur et sa femme le trompe avec un autre en coulisses. Le régisseur est lent.
La représentation aura-t-elle lieu? Rien n'est moins sûr. - Salut, Nina. - C'est la merde, je suis en retard. - Merde, pour ce soir, je veux dire. - J'ai pas mon badge. - Aïe...
Pour rentrer, il faut un badge. Tu l'as pas perdu? Il faut faire une déclaration.
Si quelqu'un le trouve et badge à ta place, tu imagines? Tous les membres de la Comédie-Française ont un badge. Sinon, ça retombe sur qui, après?
Sur Bibi. Si tu décides de faire un attentat? Qu'est-ce qui se passe si tu fais un attentat? - Je vais pas faire un attentat. - Qu'est-ce qui me le prouve? - On se connaît... - Reculez, madame. - Qu'est-ce qui se passe? - Il y a une dame qui veut rentrer dans la Comédie-Française. - C'est moi.
Tu peux m'ouvrir, s'il te plaît? - Je suis pas habilité. - Dans 2h30, vous levez ce rideau. - Tu me casses les couilles! - On avait dit une brume! - Ca va être génial. - Je l'ai!
Il était dans mon pantalon! - Ah bah super! Voilà!
Bonne première. Applaudissements. Et pas d'attentat! - A.-E.Lemoine: C'est en salle le 22 juillet prochain.
Peut-être l'une des comédies les plus inventives et originales de ces dernières années. Portée par la formidable P.Clément.
Elle est ce soir notre invitée aux côtés de B.Usclat et M.Darondeau, les créateurs de "Broute", cette parodie de Brut.
Ils signent ensemble leur premier long métrage. Acclamations. - B.Usclat: Ca va? - A.-E.Lemoine: Bonsoir!
Comment allez-vous? Bienvenue. ...
On est ravis de vous accueillir. Vous allez monter les marches tout à l'heure, à minuit. L'occasion de parler de ce film réjouissant, à moins que vous ne tombiez sur un agent de sécurité aussi pointilleux que G.Gallienne. - B.Usclat: C'est vrai qu'il est assez tendu sur cette première séquence, mais tout se passe bien après. - A.-E.Lemoine: Ca ne se passe pas comme ça en vrai?
A Cannes, sans badge, on peut rien faire. - P.Clément: Il vaut mieux quand même avoir son badge.
Pendant des années, on ne me reconnaissait pas à l'entrée. J'avais mon badge "visiteuse". - A.-E.Lemoine: Alors que ça fait 15 ans que vous êtes à la Comédie-Française. - M.Darondeau: 10 ans! - A.-E.Lemoine: Se voir refuser l'entrée du théâtre à 3 heures d'un lever de rideau, c'est la 1re partie des péripéties que va vivre votre personnage.
Un concentré d'emmerdes. Ca fait penser à J.Chirac: "Les emmerdes, ça vole en escadrille." - P.Clément: C'est à peine exagéré.
Toutes les merdes qui arrivent n'arrivent pas le même soir. Après, il y a des trucs qui se passent...
Ca se passe même à l'intérieur de la Comédie-Française. Ca fait quand même 400 ans que ça existe. Il se passe des trucs incroyables... - A.-E.Lemoine: Par exemple? - P.Clément: L.Stocker a beaucoup d'exemples.
Il me racontait "Le Mariage de Figaro". Il y avait une dame qui dormait pendant toute la pièce...
On s'est rendu compte qu'elle était morte. Il jouait "la forêt". L'un des comédiens se casse le coude contre un tronc d'arbre qui faisait partie du décor.
On l'emmène en coulisses. Un médecin essaie de réparer le coude. L'habilleuse Tombe dans les pommes et avale sa propre langue. - M.Darondeau: Mais ça se finit bien!
Personne n'est décédé dans la 2e anecdote! - A.-E.Lemoine: La règle d'or, à la Comédie-Française, c'est: "Quoi qu'il arrive, on est sur scène". - M.Darondeau: Pauline peut le dire mieux que moi.
Mais c'est ce qu'on a compris en rentrant dans ce lieu incroyable. Quoi qu'il arrive, ils jouent. - A.-E.Lemoine: Molière, incarné par B.Lavernhe, le rappelle. "Même moi, j'ai joué avant de mourir." - M.Darondeau: "Le jour de ma mort." - P.Clément: C'est l'endroit le plus récent du théâtre.
Déjà, jouer ça, j'imagine que c'est stressant. Mais avec tous les enjeux qu'il y a...
C'est une institution, la crème des comédiens en France. Il y a même des politiques qui viennent. C'est un terrain de jeu et de stress extraordinaire pour nous.
Jouer avec une institution aussi grande que celle-là...
Ils nous ont donné les clés pour dépoussiérer cette image, pour montrer que le théâtre, c'est marrant. C'est des rois de la comédie. On va les voir souvent.
Ils sont extraordinaires, Pauline en tête. - M.Darondeau: Surtout, ils nous ont fait confiance.
On a fait ce qu'on a voulu, sur le scénario, le montage. Ils ont tout vu et ont tout validé. - P.Lescure: Votre scénario est une merveille.
C'est sans arrêt des hauts et des bas, des nuances partout...
On rit énormément. Pour Pauline, ça doit être extraordinaire d'être entouré de toute la troupe...
On a parlé de G.Gallienne. Mais de voir D.Lebrun fumer des joints gros comme mon bras...
C'est une pure merveille de voir cette femme, et tous les autres. Vous, vous êtes un metteur en scène trop gentil. Tout est à contre-emploi ou faux-emploi.
Ca doit vous faire sourire de travailler au milieu de cette troupe que vous connaissez si bien. - P.Clément: J'étais hyper contente, mais j'étais un peu...
A un moment, le personnage est rentré en moi. J'étais hyper stressée pour tout le monde. "J'espère que leur rôle leur va, que ça va..." Il fallait cohabiter.
La Comédie-Française n'était pas fermée. C'était un peu comme on faisait avant, les vidéos sur Internet... - P.Lescure: Vous tourniez dans la journée et vous jouiez le soir. - P.Clément: C'est ça.
Il y a toujours des gens qui passent, qui travaillent, l'administration...
Il y a 400 personnes. Il fallait cohabiter. C'était joyeux, aussi. - B.Chameroy: Le film est construit comme une course contre-la-montre.
Il y a la première de "Macbeth", mais le tournage est aussi une course contre la montre. Deux mois d'écriture, 3 semaines de tournage, avec la salle Richelieu qui n'était disponible que 5 jours en juin. Et pas un jour de plus?
C'était non négociable? - M.Darondeau: Comme la Comédie-Française est en travaux en ce moment, on avait 15 jours pour tourner à ce moment. "Si vous le voulez faire, c'est maintenant ou jamais, et ce sera 15 jours, pas plus." Il fallait donc écrire le scénario en 2 mois et le tourner en 15 jours. - P.Clément: Ca désinhibe, de ne pas avoir beaucoup de temps.
On ne se pose pas de questions. Là, on est obligé de se dire qu'on fonce car on n'a pas le temps de trop réfléchir. On est partis comme des marathoniens. - A.-E.Lemoine: Tout ça a été possible grâce à vous, Pauline, car vous appartenez à cette grande maison depuis 10 ans.
La Comédie-Française, que vous représentiez sur la scène des César lors de la dernière cérémonie pour remettre le César du meilleur costume. ... - Ce soir, il nous paraissait important de célébrer les costumières et costumiers d'aujourd'hui, mais aussi d'hier, en vous présentant 2 pièces de collection fabriquées par les ateliers de la Comédie-Française.
Rires. Pour ma part, une création récente de Christian Lacroix. Pour P.Clément, une pièce centenaire...
Rires du public. Portée par S.Bernhardt elle-même, puis par I.Adjani, véritable bijou de précision dont l'agencement à la main a demandé plus de 7000 heures de travail.
Déchirement. - P.Clément: Putain! - A.-E.Lemoine: Ca ressemble à une catastrophe du film. - P.Clément: On l'a réfléchi avec Martin et Bertrand.
C'est nos personnages du film. - A.-E.Lemoine: Cette robe est une véritable robe empruntée au staff de la Comédie-Française? - P.Clément: J'avais pris une robe plus sobre, à la base.
B.Lavernhe m'a laissé un message. Il me dit le soir: "Ca va pas, ta robe!
C'est pas assez grandiloquent. Prends la robe de la reine d'Angleterre, de C.Lacroix." On a vu la salle des César, la grande scène.
On s'est dit qu'on allait prendre cette robe. - P.Lescure: Le mot, c'est toujours comme ça qu'on vous a découvert, Bertrand, notamment dans "Broute".
Vous parodiez un nombre incalculable de personnages et de métiers. A Cannes, on s'est ressorti le critique de cinéma. ...
Applaudissements. - A.-E.Lemoine: Excellent! - P.Lescure: La chute résume tout sur les critiques. - P.Clément: C'est ça.
Et le bronzage de B.Chameroy aussi, peut-être. - B.Chameroy: Ah non! - A.-E.Lemoine: C'est vrai que c'est dingue. - B.Chameroy: Je tourne des magnétos la journée et il fait très beau... - A.-E.Lemoine: Bien sûr.
C'est moche. Faire rire, c'est le nouvel eldorado de la réussite. C'est ce qu'on comprend en lisant votre tout nouveau roman, cher David.
Aujourd'hui, on ne veut plus devenir écrivain, businessman ou footballeur. On veut devenir Bertrand! - D.Foenkinos: Il y a toute une génération, avec des comedy clubs qui s'ouvrent...
C'est assez excitant. C'est le nouvel eldorado du rire. Après, sur scène, il y a quelque chose d'immédiat dans l'humour.
On voit tout de suite si ça marche ou pas. Il y a beaucoup de désillusions et de difficultés. - A.-E.Lemoine: C'est un peu le problème de Gustave Bonsoir.
Pourquoi s'appelle-t-il comme ça? Parce que tous les stand-uppeurs disent "Gustave, bonsoir!" - D.Foenkinos: C'est un jeune homme qui fait rire tout le monde dans son entourage.
Il a le sentiment qu'il va être drôle. Mais il va monter sur scène et se rendre compte qu'à part lui, personne ne le trouve très drôle. Mais il va continuer coûte que coûte, jusqu'au bout.
C'est un film sur le destin, le fait de ne jamais abandonner et avoir cette obsession d'avoir quelque chose à donner au monde. - A.-E.Lemoine: Il est persuadé qu'il n'existe que s'il fait rire.
En ça, il vous ressemble. - D.Foenkinos: Oui.
Il y a quelque chose...
D'un coup, Bertrand s'est inquiété. Il y a quelque chose comme ça dans le désir de faire rire. On parle souvent de la politesse du désespoir.
Il y a quelque chose de l'ordre du pas de côté, de la pudeur. Je rencontre plein de comiques. En coulisses, ils sont drôles.
Mais je connais plein de comiques tristes, timides...
Vous devez en recevoir! - A.-E.Lemoine: Je ne dirai rien, même sous la torture.
Rires. Ils sont bronzés! Vous êtes sinistre, dans la vie, Bertrand? - M.Darondeau: Non, ça va.
Il est plutôt rigolo. - P.Clément: Il a ses angoisses...
C'est une espèce de pansement qu'on met quelque part. Pourquoi, quand on fait une blague, quand on entend des rires dans la salle, il y a un moment où on est compris, comme un câlin... - D.Foenkinos: M.Boujenah est derrière.
On va pouvoir en parler avec lui! - A.-E.Lemoine: Exactement.
David, pourquoi vous pensez qu'on a invité Michel? - D.Foenkinos: Vous êtes bien préparés! - A.-E.Lemoine: Parce que votre livre s'appelle "Je suis drôle".
Et comment s'appelle votre futur seul en scène? - B.Usclat: "Bertrand Usclat-Drôle (titre non contractuel). - A.-E.Lemoine: C'est mis en scène par Martin.
Le 22 juillet, allez au cinéma! Ca dure 1 heure 10. Il y a un suspense fou.
Ca va à 1000 à l'heure. - P.Lescure: C'est une perfection d'humour qui nous fait sourire
Xavier Bertrand