Le plein emploi en 2024, est-ce possible ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter. France Inter. Christelle Rebière. On est en plein vœu. On se souhaite de la santé, de l'amour et du travail. Mais quel travail et pour qui ? Alors ce soir, on va parler du plein emploi. Emmanuel Macron, on a fait l'objectif de son second quinquennat, mais est-ce encore possible ? Depuis 2017, près de 2 millions d'emplois ont été créés dans notre pays, mais le chômage a cessé de baisser au troisième trimestre 2023 et les prévisions sont moins optimistes. Alors comment y parvenir ?
C'est une question transversale et complexe qui recouvre à la fois la formation, la reconversion, le dynamisme de l'économie, l'inflation, la qualité des emplois, la durée d'indemnisation du chômage, la pyramide des âges. Pendant ce temps, certains employeurs peinent toujours autant à recruter dans la restauration ou encore le bâtiment. Alors parlez-nous de votre expérience, que vous soyez à la recherche d'un emploi ou artisan, chef d'entreprise. Qu'est-ce qui bloque encore ? Sachez que le plein emploi, c'est presque un mythe. La France ne l'a pas connu depuis 1968. Bonsoir Jean-Christophe. Bonsoir. Vous nous appelez du GERS et vous lancez le débat ce soir. Soyez le bienvenu
sur Inter. Merci. Merci aussi d'avoir dit que c'était une question transversale et complexe. Alors écoutez, moi je suis maître de conférence à l'université de Poitiers et je navigue entre le GERS Poitiers et Paris et j'enseigne les sciences de gestion. Je fais aussi un peu de conseils. Donc je rencontre beaucoup de dirigeants et dirigeantes d'entreprises et notamment de PME. Et j'en suis arrivé à la conclusion suivante. En fait, la France est au plein emploi. Elle est à son plein emploi réel qui est aux alentours de 7-7-2. Quand un pays par exemple comme la Suisse va être à 1,5% ou 1,8% de chômage en plein emploi.
Parce qu'il n'y a pas d'alignement en fait entre les emplois que les dirigeants d'entreprises proposent et les candidats en face. Je m'explique. À travers la France aujourd'hui, il faut rappeler qu'il y a 2,5 millions d'entreprises à peu près, 99% de PME. Les PME sont en train de faire la danse du ventre pour attirer des talents. Dans tous les domaines, équipement automobile, industrie, agroalimentaire, bâtiment, on attend du monde. Mais pas du monde qui reste 15 jours. Des gens qui viennent, qui veulent vraiment s'investir dans l'entreprise et puis éventuellement monter les échelons. Et on ne trouve pas.
Vous avez bien posé le débat. Vous auriez pu être autour de la table d'ailleurs avec nos invités Jean-Christophe que je vous présente. Anne Hédoux, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes maîtresse de conférence en économie au Conservatoire des Arts et Métiers, membre des économistes atterrés. C'est un collectif d'économistes anti-libéraux. Nous sommes aussi en ligne avec l'économiste Marc Ferracci, député Renaissance. Bonsoir.
Bonsoir.
Et puis dans ce studio, quelqu'un que les auditeurs de France Inter connaissent bien, le chef du service économique, Fabien Cazot. Bonsoir. Bonsoir Fabien. Alors, Jean-Christophe dans le Gers nous disait, mais finalement, la France est au plein emploi, aux alentours de 7,2%. Le taux de chômeurs est à 7,4%, selon le dernier chiffre. Est-ce que vous diriez la même chose que Jean-Christophe à Nédoux ?
Je dirais qu'avec 3 millions de demandeurs d'emploi, on peut difficilement dire ça. surtout que ces demandeurs d'emploi, dans leur écrasante majorité, recherchent effectivement un emploi, puisque leur recherche d'emploi est effectivement contrôlée et on a peu de sanctions. Donc, je pense qu'on ne peut pas dire ça. Maintenant, il est vrai qu'il y a des questions sur les appariments sur le marché du travail, c'est-à-dire le fait qu'on a une coexistence entre ce qu'on appelle des emplois vacants.
Mais il faut quand même relativiser, parce que tels qu'ils sont recensés, alors on peut discuter du comptage, mais on a environ 350 000 emplois vacants, on est bien en dessous du nombre de demandeurs d'emploi. Maintenant, ce qu'il faut questionner aussi, c'est la nature de ces emplois vacants et puis les raisons pour lesquelles certaines entreprises, notamment des PME, dans certains secteurs bien particuliers, ont autant de mal à recruter.
On va y venir. Marc Ferracci, quelle définition vous donneriez-vous du plein emploi ?
C'est une très bonne question parce qu'on met souvent dans cette notion de plein emploi des choses très différentes. Le plein emploi, ce n'est pas simplement un indicateur statistique qui se résume à un taux de chômage de 4 à 5 % ou alors un taux d'emploi. Moi, je préfère parler du taux d'emploi, c'est-à-dire la proportion des gens qui sont en âge de travailler et qui ont un emploi. Le taux d'emploi aujourd'hui en France, il est de 68 % et il est beaucoup plus faible que dans d'autres pays. Il y a à peu près 10 points plus faibles qu'en Allemagne, par exemple. Ce n'est pas simplement un indicateur statistique. C'est aussi une société différente, le plein emploi.
C'est-à-dire une société dans laquelle les gens peuvent se projeter dans l'avenir, dans laquelle les parents ont moins peur pour l'avenir de leurs enfants, dans laquelle aussi, c'est un élément très important quand on parle de la qualité des emplois. C'est aussi une société dans laquelle les salariés ou les travailleurs, au sens plus large, ont un vrai pouvoir de négociation pour obtenir de meilleures conditions de travail ou de meilleures conditions de salaire.
Et donc, pour répondre un petit peu au débat qui a été posé par votre auditeur, je pense qu'on a encore de la marge pour augmenter le taux d'emploi et pour diminuer le taux de chômage et surtout pour changer psychologiquement l'état des Français vis-à-vis du travail. Aujourd'hui, ça a été dit, il y a des problèmes d'appariement, c'est-à-dire des problèmes d'inadéquation entre des emplois vacants et des gens qui cherchent un travail. Ces problèmes, ils peuvent être liés au sujet de la formation et c'est la raison pour laquelle on va sans doute en reparler.
Il y a des réformes de la formation qui sont intervenues ces dernières années et il y en a une très importante qui est en train d'être menée, qui est la réforme des lycées professionnels parce que les lycées professionnels sont aujourd'hui assez largement déconnectés des besoins des entreprises et des besoins du marché du travail. Le taux d'insertion des lycéens professionnels un an après leur bac pro, c'est 40% pour des jeunes qui ont eu leur diplôme. Ça, c'est très insuffisant. Ça veut dire que la carte des formations, elle doit évoluer en fonction des besoins de l'économie. Mais c'est aussi des problèmes de mobilité géographique, par exemple.
C'est aussi des problèmes de freins périphériques. Les gens qui, avant de pouvoir rechercher un travail, ont besoin, par exemple, de trouver une solution de garde d'enfants. C'est à tous ces problèmes-là, de manière multifactorielle, qu'il faut s'attaquer.
C'est ce qu'on disait au début, c'est extrêmement transversal. Oui, ça va jusqu'à la garde d'enfants. Absolument. Fabien Cazot.
Oui, sur le plein emploi, on peut dire que ça reste un objectif, mais que ce n'est pas une réalité puisque c'est encore un objectif. Et le gouvernement, et même Emmanuel Macron en convient, le 31 décembre, lors de ses voeux, il a encore eu cette phrase, je suis allé la rechercher, nous devrons tout faire pour atteindre notre ambition de plein emploi. C'est même un peu moins catégorique que ce que disait le président Macron, candidat à sa réélection, l'objectif du plein emploi est atteignable. Il va quand même falloir faire des efforts. Et effectivement, notre auditeur parlait des tensions de recrutement qui existent encore dans pas mal de secteurs.
mais il y a aussi des voyants qui clignotent au rouge, notamment dans le bâtiment qui évoquait 90 000 destructions d'emploi déjà cette année.
Est-ce que la limite, c'est notre modèle social année d'où ?
Ben non, parce que le modèle social ne peut pas être responsable du chômage. Le modèle social, il est au contraire conçu pour protéger les demandeurs d'emploi. Donc non, par contre, on est dans un contexte extrêmement singulier où le modèle social actuel est très attaqué, notamment depuis 2018. D'une part, parce qu'il y a eu plusieurs réformes de l'assurance chômage, mais une reprise en main très nette par l'État que prolonge la réforme France Travail, une reprise en main de l'assurance chômage, notamment parce que maintenant, l'assurance chômage a cessé d'être contributive.
Elle n'est plus financée par la cotisation des salariés et ça, c'est très préoccupant puisque ça a complètement érodé la légitimité des syndicats à gérer le système. Donc il y a un affaiblissement des corps intermédiaires, une reprise en main par l'État. Donc ce premier volet, c'est l'assurance chômage et je dirais France Travail.
Et la baisse de la durée des indemnités pour les... Bien sûr,
la reprise en main par l'État...
Pour les travailleurs de plus de 55 ans.
C'est déjà le premier volet, ça a été 2019 pour les précaires. Donc on continue à avancer dans cette direction. La reprise en main par l'État a été tout à fait délétère pour les chômeurs. Marc Ferracci,
puisque vous êtes député Renaissance, qu'est-ce que vous en dites ? J'imagine que vous ne faites pas le même constat.
Non, je ne fais pas le même constat. Les réformes qui sont intervenues ces dernières années avaient vocation à corriger de véritables anomalies dans nos règles de l'assurance chômage. La réforme qui est intervenue en 2019 et qui a notamment changé le mode de calcul de l'allocation, elle visait à s'attaquer à un phénomène qu'on appelle la permittance, c'est-à-dire des gens qui multiplient les contrats courts et c'est évidemment très délétère pour les personnes parce que quand vous multipliez les contrats courts, vous êtes dans une forme de précarité de l'emploi qui est souvent très durable.
Et ça, c'était permis notamment parce que les règles de l'assurance chômage lorsque vous faisiez 15 jours au travail et 15 jours au chômage vous donnaient une allocation qui souvent permettait d'obtenir plus en un mois d'allocation qu'en un mois au travail. Donc ça, c'est des sujets que tous les observateurs du système d'assurance chômage déconstant que tous les observateurs partageaient. Ensuite, on a fait une réforme au début de l'année 2023 qui a consisté à faire varier la durée d'indemnisation en fonction de la situation du marché du travail.
Ça veut dire concrètement que quand le taux de chômage est plus faible, ce qui est plutôt le cas aujourd'hui, la durée d'indemnisation est moins longue parce qu'il est plus aisé de trouver un emploi. Donc ça, ce sont des réformes que nous assumons. Et s'agissant de ce qui a été évoqué, à savoir la reprise en main de l'État sur l'assurance chômage, j'observe quand même que les partenaires sociaux sont toujours à la manette puisqu'ils viennent, au moment où on se parle, de clore une négociation sur les paramètres de l'assurance chômage et cette négociation, elle va probablement changer les règles d'ici quelques mois.
Donc je pense encore une fois qu'il faut être conscient du fait que nos règles de l'assurance chômage, elles sont aujourd'hui à peine dans la moyenne des règles européennes. Elles restent encore très favorables en matière de durée d'indemnisation et aussi d'éligibilité, c'est-à-dire combien de mois vous avez besoin de travailler pour bénéficier de l'assurance chômage et à un moment ou à un autre, je pense que les réformes sont parfaitement légitimes de ce point de vue.
On va prendre l'appel de Thierry qui est à Orléans. Bonsoir Thierry.
Oui, bonjour. Bonjour. Tout d'abord, merci pour la qualité de vos émissions. On a toujours l'impression après deux heures d'écoute d'être un peu moins inculte et un peu plus intelligent.
Nous aussi, rassurez-vous.
Non mais pour faire court, moi je vais avoir 62 ans, j'ai été trois ans au chômage puisqu'à l'époque j'étais encore bénéficiaire de cette précédente réforme donc 36 mois et j'ai retrouvé du travail à 61 ans là cette année ce qui était un peu inespéré et je dois reconnaître que si je n'avais pas retrouvé de travail j'avais une zone de vide entre la fin de ma période d'indemnisation de chômage et puis ma première date de mise à la retraite.
Et je trouve qu'en France c'est un peu dommage de ne pas être plus je ne vais pas dire humaniste mais que le modèle social se soit à ce point affaibli parce qu'aujourd'hui quand on a plus de 50 ans c'est très compliqué à part certains secteurs d'activité mais quand en plus on a une durée d'allocation qui a diminué
Et comment pardon de vous interrompre Thierry mais comment avez-vous retrouvé du travail
à 61 ans ? Après avoir envoyé des centaines de CV dans des cabinets de recrutement j'ai arrêté de les envoyer puisque je recevais toujours les mêmes types de réponses et un cabinet d'un grand nom que je ne vais pas citer mais d'un grand nom m'a retrouvé si je puis dire ainsi et j'ai accepté surtout parce que l'actionnaire principal n'était pas un fonds de privé qui met la pression sur tout le monde mais parce que c'est une fondation qui redistribue tous ses dividendes à des ONG là on a redistribué 7 millions d'euros avec 500 frontières donc ça donne un peu de sens mais pour que ça j'avais quand même une difficulté technique comme beaucoup de seniors je pense
Est-ce que la baisse de la durée d'indemnisation aurait changé quelque chose pour vous ? Rien en fait dans votre recherche d'emploi c'était pareil ?
C'était pareil pour moi mais pour les autres seniors qui viennent d'être mis au chômage à 55, 56, 57 c'est très compliqué
Maintenant dépassé donc de 27 mois d'indemnisation à 18 mois Fabien Cazot c'est ça ?
C'est ça absolument c'est l'évolution de cette durée d'indemnisation après il y a aussi une question sur l'éloignement du marché de l'emploi c'est d'ailleurs une des idées qui préside dans le projet de France Travail en tout cas tel qu'il est présenté par le gouvernement on entend là quelqu'un qui certainement est moins éloigné de l'emploi Oui France Travail
on précise ce que c'est c'est le nouveau pôle emploi
c'est le nouveau pôle emploi le nouveau service public qui est entré en vigueur hier et qui est aussi basé sur une idée d'aller vers c'est-à-dire que le plein emploi si on est à 7% ou 7,5% il y a encore une marge pour descendre à 5% et c'est vraiment le chômage le plus structurel qu'il faut aller chercher les demandeurs d'emploi les plus éloignés y compris des jeunes y compris des publics inexpérimentés
Il faut les identifier aussi et c'est pas toujours facile Marc Ferracci ?
Oui tout à fait je me permets juste de corriger un petit élément factuel la durée d'indemnisation pour les plus de 55 ans elle est passée de 36 à 27 mois mais elle est bien de 27 mois aujourd'hui et non pas de 18 mois c'est important non mais évidemment plus le chômage baisse plus on doit aller chercher des publics qui ont des difficultés très lourdes pour retrouver un emploi on parlait tout à l'heure des freins périphériques la garde d'enfants les problèmes d'employabilité les problèmes de santé également et ça c'est effectivement un enjeu de France Travail France Travail aujourd'hui va mettre autour de la table un certain nombre d'acteurs qui ont les leviers la garde d'enfants c'est à la main des maires les sujets de formation sont à la main des régions les sujets d'insertion et d'accompagnement des publics les plus en difficulté sont à la main des départements aujourd'hui tous ces acteurs ils se parlent très peu trop peu dans notre système et donc France Travail a vocation d'abord à faire se coordonner les acteurs et à mettre en face des personnes un ensemble de solutions parce qu'il n'y a jamais une solution unique il y a des gens qui ont un problème de formation il y a des gens qui ont des problèmes de formation et ne veulent pas retourner à l'école j'étais à Creil dans l'Oise il y a quelques semaines et j'ai visité ce qu'on appelle une école de la deuxième chance une école dans laquelle il y a des jeunes très en difficulté qu'on essaye de remettre en selle on m'a parlé d'un jeune qui était littéralement à la rue c'est-à-dire qui était SDF qui avait de très très lourds problèmes à résoudre ce jeune il a eu la possibilité de passer une semaine puis deux semaines puis trois semaines chez un boucher chez un artisan boucher et l'artisan boucher était très content de lui le jeune était très content de son travail le boucher lui a dit bon moi je veux bien t'embaucher mais il faut que tu aies le titre professionnel et le jeune a dit non moi je ne retourne pas à l'école parce que l'école elle m'a cassé à ces jeunes là il faut offrir des solutions nouvelles moi je me milite notamment pour qu'il y ait des voies de passage pour les jeunes décrocheurs qui permettent par l'expérience d'obtenir des titres professionnels c'est comme ça qu'on ira chercher 5-4% de chômage parce que les publics qui sont encore au chômage à ces niveaux de chômage là ce sont des publics qui ont des difficultés particulières
absolument année doux l'efficacité de France Travail alors je pense que
citer des exemples vertueux c'est très bien de personnes très en difficulté qui retrouvent un emploi et je pense qu'effectivement le renforcement de l'accompagnement des politiques transversales c'est à dire qui coordonnent la formation l'insertion etc c'est très important maintenant je ne vois pas très bien comment l'inclusion de ces nouveaux publics en difficulté dans France Travail va changer la donne dans la mesure où on a déjà 3 millions de demandeurs d'emploi donc sans aller chercher dans les publics en difficulté on a déjà de quoi satisfaire des des emplois vacants à condition que les employeurs fassent l'effort de recruter des chômeurs de longue durée de les former et puis que voilà on travaille aussi un petit peu l'employeurabilité c'est à dire la capacité des employeurs à recruter puisque ça aussi c'est un problème au moins autant sinon plus que l'employabilité des demandeurs d'emploi Marc Ferracci j'ai pas fini
pardonnez-moi
quant à la question de France Travail et de la coordination des politiques transversales et de l'inclusion des publics en difficulté il est vraiment très dommage qu'on ait mis la charrue avant les bœufs c'est à dire qu'on a des expérimentations du service public de l'emploi et de l'insertion qui ont été mises en place dans certains départements ainsi que des expérimentations du RSA conditionné et en fait on n'en a rien fait c'est à dire qu'il n'y a eu absolument aucune évaluation publiée avant la mise en place de France Travail donc pour l'instant France Travail c'est un logo et personne n'y voit clair dans ce que ça va donner aucun des acteurs qui vont être impliqués dans France Travail ne sait à quelle sauce ils vont être mangés dans la mesure où les décrets d'application ne sont pas passés et où il n'y a eu aucune évaluation donc on est dans une très grande improvisation il faut le dire
c'est encore tout frais tout ça Marc Ferracci
oui je vais revenir sur ce point il y a un propos qui je trouve assez choquant c'est celui consistant à dire que les personnes les plus éloignées de l'emploi ne doivent pas s'en occuper parce qu'il y a 3 millions de chômeurs qui sont enregistrés non non mais ça c'est vraiment quelque chose contre quoi il faut lutter ce genre d'idée tout le monde est employable tout le monde est employable dès lors qu'on y met les moyens et en particulier qu'on lève ces fameux freins périphériques vous avez parlé des expérimentations qui ont préfiguré France Travail il y a 18 départements dans lesquels effectivement France Travail et ce qui est associé à France Travail c'est-à-dire une obligation faite aux personnes d'effectuer 15 à 20 heures d'activité en lien avec l'insertion professionnelle parce que c'est aussi comme ça
pour les bénéficiaires
du RSA ces expérimentations elles ont déjà fait l'objet de remontées qualitatives il n'a jamais été annoncé qu'on allait lancer pardonnez-moi si je peux me permettre de terminer il n'a jamais été annoncé que les expérimentations allaient conditionner la généralisation de ce dispositif à l'ensemble des départements ce que l'on veut avec ces expérimentations c'est faire remonter les bonnes pratiques et j'ajoute que des expérimentations et des évaluations existent déjà sur un dispositif très similaire qui s'appelle le contrat d'engagement jeune le contrat d'engagement jeune ce sont pour les jeunes qui sont en difficulté et bien c'est justement ces 15 à 20 heures d'activité en lien avec l'insertion ce contrat d'engagement jeune vous le verrez il y a des publications sur le sujet produit des effets produit des effets qui produisent un certain niveau de satisfaction des personnes je pense qu'on peut s'en inspirer à la fois pour corriger les choses qui ne marchent pas mais aussi pour s'inspirer des bonnes pratiques donc il est fou de dire qu'il n'y a rien en termes d'expérimentation et même en termes d'évaluation je pense que c'est en avançant très concrètement au plus près du terrain qu'on arrive à trouver des solutions
on ne pouvait pas dire le contraire on ne va pas vous mettre d'accord mais on va prendre au téléphone Vincent qui est à Montpellier qui est entrepreneur bonsoir oui bonsoir soyez le bienvenu de prendre l'antenne je vous en prie c'est à vous oui écoutez moi très sincèrement je pense que c'est une très bonne idée d'essayer de faire le plein emploi en France mais je me demande comment ça va être possible et personnellement je n'y crois absolument pas en tant qu'employeur parce que tout simplement il y a quelque chose qui n'a pas été évoqué c'est qu'on a le code du travail le plus compliqué au monde et moi en tant que petit entrepreneur si vous voulez je suis sidéré par les complications les difficultés à la fois pour embaucher vous voulez dire que ça vous empêche de recruter ?
ça m'empêche la souplesse si vous voulez dans les besoins de mon entreprise qui évolue parce que on est une entreprise assez jeune où on fait différentes activités et parfois en fonction des marchés parfois en fonction de l'évolution de nos de nos marchés de nos clientèles de nos de nos financements il faut qu'on évolue sur nos activités et c'est très très difficile de pouvoir vous êtes dans quel secteur Vincent sans être trop indiscrète ?
oui on fait de l'ingénierie mais on fait aussi de la production donc j'ai j'ai des techniciens j'ai des ingénieurs j'ai des cadres commerciaux et la rupture conventionnelle a été mise en place c'est une très bonne chose mais un exemple j'ai dû me séparer d'un cadre on a mis six mois à devoir attendre que cette personne puisse partir avant de pouvoir embaucher quelqu'un d'autre et donc ces six mois ont été complètement perdus parce que la personne était en rupture conventionnelle était démotivée on n'avait plus le moyen de travailler ensemble et donc ça a été un fardeau énorme pour les finances de ma petite entreprise j'ai un autre exemple on a une cadre excellente qui était une commerciale bon elle a eu un très heureux événement elle est tombée en congé maternité son congé maternité s'est transformé en congé parental c'est quelque chose de moi j'étais très heureux pour elle j'ai en plus quelqu'un que j'aime beaucoup mais on n'a pas pu la remplacer parce qu'on savait que son poste devait être préservé et entre temps moi je n'avais pas embauché quelqu'un en CDD pendant ce temps-là Dieu merci elle est revenue elle est repartie à fond les ballons comme on dit j'entends bien mais donc vous vous nous dites en fait il n'y a pas il n'y a pas assez de flexibilité Fabien Cazot
alors c'est peut-être une question complémentaire mais on a quand même un gouvernement qui assume depuis 2017 d'être résolument du côté de la politique de l'offre qui baisse les impôts de production qui fait des allègements de charges qui fait des crédits d'impôts des aides y compris à l'apprentissage est-ce que tous ces leviers-là ne finissent pas jusque dans les PME quand même par avoir une certaine efficacité et par vous inciter à embaucher peut-être plus que vous ne l'auriez fait avant
est-ce que l'auditeur peut nous répondre est-ce qu'il est encore en ligne ou pas non bon on va poursuivre cette conversation je vous rappelle qu'il est 19h44 sur France Inter et qu'on fait actuellement un débat sur le plein emploi est-ce qu'on peut vraiment l'atteindre puisque c'est l'objectif affiché d'Emmanuel Macron dans ce studio à Nédou qui est maîtresse de conférence en économie au conservatoire des arts et métiers membre des économistes atterrés on est en ligne avec Marc Ferracci qui est député Renaissance et économiste et puis évidemment Fabien Cazot le chef du service économique de France Inter j'aimerais bien qu'on parle de l'inadéquation entre l'offre et la demande de quel genre d'emploi ne trouve-t-on pas aujourd'hui Fabien Cazot ?
Alors il y a d'abord des emplois qui font partie de ce qu'on appelle les plus qualifiés des contrats par exemple de consultants sur des métiers assez pointus dans l'informatique dans tous les nouveaux métiers aussi liés à l'intelligence artificielle ou à l'exploitation de données tout ce qu'on appelle le big data quand vous avez des masses d'informations de bases clients qui concernent des milliers et des milliers de personnes et bien il faut des analystes de données et les entreprises en manquent cruellement à l'autre bout il y a aussi des métiers qu'on dit qu'on classe dans les métiers manuels qui manquent de bras dans les entreprises on a par exemple des fonctions support on manque aussi de fonctions commerciales et ce sont tous des emplois qualifiés et c'est pour ça qu'il y a aussi une question sur l'inadéquation puisque c'est le mot que vous employez avec ces fameux publics les plus éloignés de l'emploi sont-ils justement les plus qualifiés pour remplir les emplois dans les entreprises en besoin aujourd'hui
on parle aussi de la pénibilité parfois dans l'hôtellerie restauration dans le bâtiment
la formation est clé évidemment mais jusqu'où peut-on aller pour réconcilier l'offre et la demande sur le marché du travail
Anne et d'où sur cette inadéquation entre l'offre et la demande je pense elle est réelle cette inadéquation et les solutions elles sont multiples c'est-à-dire que quand vous évoquez les emplois les plus qualifiés il faut quand même reconnaître qu'on a beaucoup de diplômés les contrats en alternance se sont considérablement développés et d'ailleurs pas vers les publics les plus en difficulté là où ça s'est le plus développé c'est pour des diplômés donc de ce point de vue-là certainement que ça peut répondre à des attentes d'entreprises puisque l'alternance c'est quand même l'occasion pour les entreprises de former des jeunes pour vraiment pas cher donc je pense que je dirais que ça ça répond aux attentes des entreprises ça coûte quand même très cher à l'état ça coûte très cher à l'état et ça ne bénéficie pas aux jeunes les plus en difficulté donc voilà c'est quand même le gros bémol de ce développement de l'alternance
c'est vrai qu'il y a 12% des jeunes de 15 à 25 ans qui ne sont aujourd'hui ni en emploi ni en formation ni en études c'est un angle mort
alors c'est un angle mort mais moi je dramatiserai je dramatiserai pas trop ce chiffre c'est-à-dire que dans ce chiffre-là on a des jeunes qui sont quand même en recherche d'emploi sans être inscrits au chômage ou qui sont entre deux formations il y a beaucoup de reconversions dans les études
juste un chiffre tout petit sur le taux de chômage qui était de 7,4% en moyenne au troisième trimestre chez les 15-24 ans c'est 16,9% dernier chiffre de l'INSEE c'est plus du tout
et ça monte et ça monte alors j'aimerais qu'on parle à présent des territoires zéro chômeur de longue durée parce que nous sommes en ligne avec Laurent Grand-Guillaume bonsoir bonsoir et merci d'être avec nous vous présidez cet organisme il est déployé dans combien de villes désormais ?
alors nous sommes aujourd'hui donc déployés dans près de 70 territoires en France oui et 20 en Europe
vous nous expliquez le principe pour les profanes
oui le principe c'est que dans chaque territoire on réunit tous les acteurs privés, publics, associatifs pour identifier les activités qui ne sont pas développées mais qui sont utiles au territoire on crée une entreprise dans le domaine de l'économie sociale et solidaire et on embauche toutes les personnes privées durablement d'emploi dans ce territoire concerné et comment on finance cet emploi ?
On le finance par le coût du chômage qui est évité par le fait que cette personne sort de cette situation de chômage donc c'est le coût supporté par les pouvoirs publics et par le chiffre d'affaires développé par ces nouvelles activités et donc en gros aujourd'hui on a démontré notamment dans 3 des territoires les plus anciens que l'on peut éradiquer le chômage en gré et on a permis des solutions à plus de 5000 personnes qui étaient au chômage en moyenne depuis 5 ans et pour 25% de ces situations en handicap donc on a aussi une très bonne si vous voulez connaissance les différences selon les territoires des situations de chômage
ça veut dire que vous ramenez les gens les plus éloignés du chômage ceux dont parlait Anné Doux tout à l'heure
exactement ce sont les personnes qui ont peu de formation peu de qualification qui ont des problématiques aussi qui ne sont pas forcément liées qu'aux compétences par exemple il y a beaucoup de personnes qui sont aidants familiaux ils aident un enfant malade ou un parent malade et donc ils ont besoin d'horaires adaptés et souvent les contrats classiques ne permettent pas cette souplesse donc nous on apporte cette souplesse aux personnes puisqu'on adapte finalement l'emploi à chaque personne
et comment allez-vous les chercher comment les identifiez-vous parce que souvent on dit qu'on a du mal à les trouver ces gens-là finalement
nous on les trouve mais pas que par le numérique on les trouve surtout par le porte-à-porte puisqu'on fait du porte-à-porte dans chaque territoire du porte-à-porte pour faire connaître le projet on tape aux portes des habitants on explique le projet et ainsi on identifie toutes les personnes qui sont privées durablement d'emploi et qui n'apparaissent pas dans les statistiques d'ailleurs pour certaines parfois dans certains territoires on identifie près de 30% de personnes qui sont privées durablement d'emploi mais qui ne sont pas dans les statistiques du chômage ce sont entre guillemets les invisibles qu'on appelle nous plutôt les ignorés puisque personne ne les accompagne finalement ces personnes et donc on les accompagne dans le projet
Du porte-à-porte Marc Ferracci c'est ce que Pôle emploi devenu France Travail devrait faire désormais comme le fait Laurent Grand-Guillaume
ça fait partie des solutions territoires zéro chômeur des multiples solutions qu'il faut activer ce dispositif il existe depuis longtemps je connais bien Laurent Grand-Guillaume on a eu l'occasion d'interagir ensemble quand je travaillais au ministère du travail on avait d'ailleurs à l'époque étendu le nombre de territoires c'est un dispositif qui existe qui produit des résultats à certains endroits qui je dois quand même le dire coûte pas mal d'argent public puisque c'est à hauteur de 95% du SMIC que l'état subventionne les emplois qui sont dans les entreprises à but d'emploi donc c'est quand même quelque chose d'assez important donc je pense que c'est un élément qui est en complément avec d'autres solutions comme l'insertion par l'activité économique comme la validation des acquis de l'expérience vous parliez à l'instant des aidants il y a un élément très intéressant qu'on va mettre en place en 2024 c'est qu'on va permettre à des gens qui sont aidants familiaux d'obtenir un titre professionnel au titre de ce qu'ils ont fait en tant qu'aidants familiaux vous avez aidé vous êtes occupé de votre mère malade ou de vos enfants et bien ça doit déboucher sur une qualification professionnelle et sur un emploi dans le secteur marchand ou non marchand d'ailleurs ça ce sont des solutions multiples Territoire zéro chômeur en fait partie et je pense qu'il faut actionner tous les leviers et il faut surtout évaluer tous les leviers Anne et d'où ?
Oui alors Territoire zéro chômeur donc a été évalué le bilan est un peu mitigé puisque l'idée de départ qu'a évoqué M. Grand Guillaume c'est l'idée des coûts évités et effectivement ça coûte mais par contre en termes d'effet pour les personnes et de retour à l'emploi c'est efficace c'est formidable
c'est 5 000 personnes qu'on a sorti d'une situation extrêmement difficile
exactement et c'est un modèle complètement alternatif à celui de France Travail qui repose quand même sur l'idée de contrôle de sanction y compris pour des allocataires du RSA au risque de remettre en cause un droit fondamental inscrit dans l'article 11 du préambule de notre constitution et donc je trouve que cette idée de territoire zéro chômeur qui est une forme de garantie d'emploi pour tous ceux qui sont très éloignés de l'emploi et qui veulent retourner à l'emploi ça me paraît essentiel or le gouvernement a gelé les crédits de territoire zéro chômeur de longue durée donc c'est une expérimentation qui a plus ou moins fait ses preuves mais qui est gelée et on se lance dans France Travail qui n'a pas été évalué voilà qui est un peu hasardeux Laurent Ganguiloum oui écoutez moi je trouve déjà ce qui est intéressant c'est qu'on a réussi dans le dialogue avec le gouvernement à faire avancer l'idée récemment encore par la discussion par l'échange ça c'est important donc on a le soutien des pouvoirs publics c'est une très bonne chose maintenant on voit même qu'au niveau européen cette idée est reprise puisque la commission européenne va mettre en place un fonds doté de 23 millions d'euros pour amorcer le projet dans d'autres pays donc on peut être fier qu'une idée française dépasse nos frontières
et puis
moi je ne vais pas mettre en concurrence différentes solutions il faut mobiliser toutes les solutions qui sont finalement à notre disposition l'insertion comme a dit Marc Serrachi les différents dispositifs qui peuvent être mobilisés Territoire zéro chaud dans l'Angurie qui est un projet intéressant et donc c'est l'ensemble de ces solutions qui peuvent concourir finalement à réussir à apporter une solution à chaque personne dans tous les territoires qui sont divers et qui ont des problématiques différentes
et je le rappelle je reprends votre chiffre vous avez ramené 5000 personnes qui étaient très loin de l'emploi depuis très longtemps vers l'emploi donc c'est quand même quelque chose de notable merci beaucoup Laurent Grand-Guillaume d'être intervenu merci beaucoup on va prendre l'appel de Florence désormais bonsoir
bonsoir nous vous écoutons vous avez parlé plein emploi et je reviens sur le problème des seniors moi-même senior aujourd'hui après plus de 30 ans d'expérience j'ai même monté une entreprise il y a une dizaine d'années et puis j'ai été débarquer suite à un problème de rentabilité je n'ai pas retrouvé de job sur place parce que j'étais DG parce que mon salaire pouvait faire peur et aujourd'hui j'ai remonté une autre société qui est dans le conseil et finalement je n'ai pas réussi je n'ai pas réussi à retrouver un job auprès d'une entreprise et lorsqu'aujourd'hui j'observe autour de moi différentes personnes qui sont dans le même cas qui ont été DG directeurs marketing des gens très capés qui ne sont pas éloignés du milieu de l'emploi et bien finalement ils n'obtiennent même pas un entretien c'est-à-dire que finalement aujourd'hui sur des jobs de cadre pour des gens de plus de 50 ans si on n'a pas de réseau on est mort on ne trouve pas de job alors qu'il nous reste avec le recul maintenant de l'âge de la retraite pratiquement plus de 15 ans à travailler donc c'est un peu affolant je comprends qu'il y a des super programmes pour insérer des personnes qui sont éloignées de l'emploi je vous en félicite maintenant comment faites-vous pour recréer du lien pour employer vos seniors qui sont capés surdiplômés parfois peut-être à réorienter allez pourquoi pas mais qui sont prêts à bosser qui sont absolument et qui constituent une force de frappe
géniale
en fait
pour nos emplois de demain et qui ont encore plein de choses à donner dans une entreprise
à Nédou oui alors je pense qu'effectivement du côté des politiques d'emploi en direction des seniors c'est pas suffisant c'est à dire que on a d'un côté on a on a retardé l'âge d'accès à la retraite on réduit les assurances chômage pour les seniors et finalement on a un peu enlevé le tapis avant de mettre en place des politiques très construites pour maintenir les seniors de tout niveau de qualification en emploi
il y a peut-être quelque chose à changer aussi dans l'état d'esprit des chefs d'entreprise qui doivent employer un senior oui c'est déjà en train de changer mais c'est pas suffisant oui mais ça va pas assez vite Fabien
on le voit aussi dans de nombreuses études c'est à dire malheureusement sur le marché de l'emploi on n'est jamais autant désirable que lorsqu'on est déjà en emploi et c'est particulièrement vrai pour les seniors c'est à dire que il y a une mobilité d'entreprise en entreprise on le voit il y a une concurrence salariale surtout dans des métiers en tension ce pic des cadres voire des cadres dirigeants mais quand on est à Pôle emploi et qu'on est senior ben oui c'est plus difficile que quand on est en poste paradoxalement de retrouver du travail et puis sur juste l'emploi des seniors souvenez-vous quand même qu'il y avait aussi cet argument vendu avec la réforme des retraites de dire on décalera l'âge légal ça décalera aussi l'âge effectif de départ en retraite les seniors seront plus longtemps dans l'emploi là c'est encore un peu trop tôt pour le voir mais ça serait intéressant de voir si ça se vérifie de voir comment ça se passe
absolument Marc Ferracci sur l'emploi des seniors
d'abord rappelez que les partenaires sociaux ont entamé une négociation sur ce sujet qui aboutira en mars et qui sera très probablement transcrite dans la loi donc on attend leur proposition ensuite il y a très clairement et je vais dans le sens de votre auditrice des discriminations à l'égard des seniors j'ai moi-même porté et rapporté une loi qui a été adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale qui vise à généraliser les testings en matière de lutte contre les discriminations un testing sur l'emploi des seniors à grande échelle va être mené par le ministère du travail dans ce cadre dans les prochains mois au début 2024 je pense qu'il faut utiliser plusieurs leviers identifier les entreprises qui ont des comportements discriminatoires et il y en a il faut aussi et là je m'inscris dans l'exemple qui a été donné par votre auditrice peut-être réfléchir à compenser la décote salariale que connaissent les seniors qui cherchent un emploi parce qu'effectivement quand vous arrivez au chômage à 50-55 ans en général vous avez progressé dans votre salaire à l'ancienneté et vous avez des exigences salariales qui sont importantes du coup vous ne trouvez pas forcément vous avez parfois besoin de créer votre job moi je milite pour que l'assurance chômage compense donne une prime de retour à l'emploi aux personnes qui au-delà d'un certain âge reprennent un emploi pour justement compenser cette décote et permettre d'obtenir un petit peu plus facilement des jobs
Merci à vous trois d'avoir participé à ce débat sur le plein emploi on n'y est pas encore on n'est même pas sûr d'y arriver merci d'être intervenu dans ce débat
Emmanuel Macron