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interviewFrançois Ruffin· 13 octobre 2017 2 min

DÉPAKINE : LA BÊTE NOIRE DE SERVIER RÉPOND AU PREMIER MINISTRE - Charles Joseph-Oudin

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Je m'appelle Charles Joseph-Oudin, je suis avocat, et je m'occupe de défendre des victimes individuelles, mais aussi l'association Apesac dans ce contentieux qui concerne la Dépakine, mais aussi d'autres anti-épileptiques. La question aujourd'hui : est-ce que Sanofi va payer ? Et est-ce que les autorités de l'Etat, en règle générale, pèsent sur Sanofi pour que Sanofi participe à indemniser les victimes dont le laboratoire a la responsabilité ?

Le laboratoire a gagné énormément d'argent et continue de gagner énormément d'argent avec ce produit. On ne peut pas imaginer que ce soient les impôts avec les citoyens qui payent les pots cassés du laboratoire. Donc j'ai trouvé la question très pertinente.

Et j'ai trouvé que la réponse du Premier ministre...

En fait qu'il n'y avait pas de réponse ! Il ne nous a pas répondu. En réalité, nous ne sentons pas, l'association Apesac ne sent pas, je ne sens pas à titre personnel, que les autorités de l'Etat soient suffisamment investies pour peser sur le laboratoire.

Alors que le laboratoire doit indemniser. C'est sa responsabilité. La loi, le droit est extrêmement clair : le producteur, le titulaire de l'autorisation de mise sur le marché est responsable de son produit.

C'est lui qui a gagné beaucoup d'argent. C'est lui qui est visé par les procédures judiciaires aujourd'hui. Le fait que Sanofi soit une grande entreprise française et qu'elle réussisse : pas de problème.

Mais il n'y a aucun problème. Et on est tous les premiers quand on est malades à consommer du laboratoire lorsqu'ils sont bons. C'est pas le sujet.

Ma procédure ne vise pas à déstabiliser un laboratoire et à porter le discrédit sur Sanofi. C'est simplement de dire : le laboratoire doit assumer sa responsabilité à l'égard des victimes. La non-réponse du premier ministre ne peut pas nous satisfaire.

Il faut que les autorités étatiques prennent conscience des enjeux économiques. La Cour des comptes a dit : fourchette basse, 400 millions d'euros, et je pense que ce chiffre n'est pas bon. Peu importe le montant.

Que ce soit un demi milliard d'euros, un milliard ou deux milliards, c'est énormément d'argent. Et il faut que le laboratoire participe. Et l'Etat par tous les moyens doit contraindre le laboratoire à payer.