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interviewLCP (sur YouTube)· 1 juillet 2026 5 min

Intelligence artificielle : Dominique Voynet alerte sur une presse "sans journalistes" - 1/07/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Monsieur le Premier ministre, j'ai écouté avec attention votre intervention en amont de vivateek consacrée à l'intelligence artificielle. Vous y dites des choses sensées. LIA bouleverse et bouleversera plus encore demain notre manière de produire, d'apprendre, de nous informer et même de penser.

D'un ton martial, vous affirmez veiller à ce que cette révolution technologique profite aux français à ce qu'elle ne menace pas notre souveraineté. car je vous cite, ce qui se joue, c'est la protection de nos valeurs démocratiques. Faut-il écouter les discours ou regarder les actes ?

La question est posée quand quelques députés du groupe Renaissance déposent 110 amendements sur l'article unique d'une proposition de loi voté à l'unanimité au Sénat inscrite dans la niche GDR pour empêcher l'adoption d'une présomption d'utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d'IA. Je m'interroge, monsieur le premier ministre sur cette complaisance extraordinaire envers les ticounes français de l'IA pour lesquels toute régulation bride l'innovation et sur l'indifférence du gouvernement face aux impacts sociaux et environnementaux de l'IA dans la presse par exemple. Propriété du Crédit Mutuel, Ebra est le premier groupe de la presse quotidienne régionale en France, l'est républicain, le progrès, le bien public, les DNA.

Au Moyen-Âge, en novembre 2023, le groupe a souhaité expérimenter l'IA dans le travail des rédactions. Moins de 3 ans plus tard, un plan social de 400 personnes dont la moitié dans les équipes de rédaction a été annoncé au cours d'une réunion extraordinaire du CSE du groupe. La raison qui peut s'agir aussi d'un prétexte, comme le suggère une note de la direction générale du trésor, c'est la volonté de généraliser le recours à l'IA et dans le même mouvement celui des grands modèles de langage et de l'IA générative.

Faut-il accepter que les tâches d'édition, de relecture, de vérification des données, de hiérarchisation de l'info dont témoigne dans tout journal digne de ce nom, le montage des pages sont désormais assurés par l'IA ? Faut-il accepter que les journalistes entraînent les I qui supprimeront leurs emplois ? Faut-il se résigner à des journaux sans journalistes ?

Merci beaucoup madame la députée. La parole est à madame Catherine Pégard, ministre de la culture. [applaudissements] Madame la présidente, madame la ministre, les plans de transformation annoncés ces dernières semaines dans les groupes Centrefance ou Hébra sont le symptôme des difficultés du secteur de la presse.

Je pense d'abord cet après-midi aux salariés de ces entreprises qui vont être touchées par ces mesures. Ces difficultés sont liées, vous le savez, à la captation croissante de la valeur par les plateformes qui bénéficient du trafic créé par les contenus de presse sans pour autant contribuer suffisamment au financement de l'information. Elles sont aussi liées à l'évolution des usages notamment chez les jeunes.

Dans ce contexte, le développement de l'IA peut fournir de nouveaux outils, mais son développement suscite à juste raison beaucoup d'inquiétudes. Notamment, vous l'avez dit chez les journalistes, l'Ay ne vaut dans ce domaine que si elle est maîtrisée. C'est pourquoi le gouvernement s'emploie d'abord à conforter le modèle économique de la presse.

Il a soutenu la proposition de loi d'Hervan Balanan visant à renforcer le droit voisin des éditeurs de presse adopté à l'unanimité par le Parlement après engagement de la procédure accélérée par le Premier ministre. Cette proposition de loi a été d'ailleurs notifiée à la Commission européenne en vue de son adoption définitive à l'automne. D'autres pistes sont instruites pour faciliter la transformation du secteur pour accélérer sa numérisation.

Il est impératif que le marché publicitaire bénéficie davantage au secteur. S'agissant particulièrement de l'IA y revient, il va de soi que nos outils de soutien ne puissent pas bénéficier à des publications qui seraient exclusivement issues de l'IA. La commission paritaire des publications et agences de presse a récemment rendu une décision en ce sens.

En la manière, le respect du droit d'auteur et des droits voisins doit rester notre principe intangible. le socle de notre modèle. Protéger ses droits, c'est aussi sécuriser l'innovation.

En matière de presse, des accords existe déjà. J'invite à nouveau les développeurs d'IA à rencontrer les titulaires de droit et notamment ceux de la presse pour trouver ensemble des solutions concrètes afin que création et innovation puissent grandir ensemble. Je vous remercie.

Merci beaucoup madame la ministre. la