Jean-Pierre Raffarin : "Juppé est celui qui peut redonner confiance aux Français"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:08OuverteÉludée
On vous découvrait en cogneur aux côtés d'Alain Juppé samedi dernier à Château. Vous le trouvez dangereux, l'ancien président devenu candidat ?
- 0:18RelanceRéponse partielle
C'est son d'opposer les français les uns aux autres. On ne gouverne pas avec la haine.
- 0:35RelanceRéponse directe
Ça s'adresse à qui ?
- 2:02OuverteRéponse directe
Pas seulement la loi, la constitution, puisque Sarkozy a dit changer la constitution pour faire une loi sur le burkini.
- 2:56OuverteRéponse directe
Nicolas Sarkozy n'est pas entouré que par des extrémistes. Vous avez de l'estime pour Baroin. Vous auriez pu soutenir le même champion ?
- 3:09OuverteRéponse partielle
Baroin, vous l'expliquez comment, son ralliement à Sarkozy ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueFait
« Oh, je ne suis pas un cogneur. »
- 0:36Invité politiqueFait
« Mais ça s'adresse autant au Front National, ça s'adresse à beaucoup de gens, ça s'adresse à tous ceux qui tirent trop bas. »
- 1:08Invité politiqueFait
« Quand Nicolas Sarkozy montre qu'il est plutôt sur une stratégie de clivage, parce que le clivage mobilise, Alain Juppé dit qu'il est sur une stratégie de rassemblement. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Moi, je ne suis pas d'accord pour qu'on fasse des lois tous les matins en fonction de l'actualité. C'est le Parlement qui fait la loi, ce n'est pas l'actualité. »
- 2:11Invité politiqueFait
« Ben, il faut changer la constitution. »
- 3:25Invité politiqueFait
« Moi, j'étais pour qu'on fasse un inventaire de son quinquennat, pour qu'on puisse dire ce qui allait, ce qui n'allait pas. »
- 3:53Invité politiqueFait
« Nos institutions, aujourd'hui, nous font croire à l'homme exceptionnel, à celui qui va sauver le pays. »
- 4:08Invité politiquePromesse
« Juppé, de mon point de vue, est celui qui peut, aujourd'hui, redonner aux Français la confiance. »
- 5:55Invité politiqueFait
« Alain Juppé va plus loin dans la politique de l'offre, dans la politique des entreprises que Nicolas Sarkozy. »
- 6:09Invité politiqueFait
« C'est une politique d'allègement de charges, de mobilisation par l'innovation, de développement des entreprises avec une révision de la fiscalité. »
- 7:06Invité politiqueFait
« Je pense que c'est un constat que nous faisons tous, que ce traité était mal parti, était mal négocié. »
- 7:15Invité politiqueFait
« Les Allemands, hier, ont dit qu'il était mort. »
- 7:23Invité politiqueFait
« Je pense qu'il est important d'avoir un accord avec les Etats-Unis, comme il est important de l'avoir avec le Canada. »
- 7:42Invité politiqueFait
« Mais ils ne défendent que leurs intérêts, tous leurs intérêts et rien que leurs intérêts. »
Temps de parole
- Jean-Pierre Raffarin76 %
- Présentateur24 %
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France Inter.fr Bonjour Jean-Pierre Raffarin. Bonjour M. Cohen. On vous prenait jusqu'ici pour un modéré partisan d'un débat public tempéré, apaisé, et on vous découvre en cogneur, aux côtés d'Alain Juppé, samedi dernier à Château. C'est vous qui avez été le plus violent contre Nicolas Sarkozy, sans le citer, certes, mais quand même. Vous le trouvez dangereux, l'ancien président devenu candidat ? Oh, je ne suis pas un cogneur.
Oui, je vous cite. Non, mais vous pouvez me citer.
C'est son d'opposer les français les uns aux autres. On ne gouverne pas avec la haine.
Ça s'adresse à qui ? Mais ça s'adresse autant au Front National, ça s'adresse à beaucoup de gens, ça s'adresse à tous ceux qui tirent trop bas. Donc je pense que dans cette affaire, au fond, il faut bien faire la différence entre ce qu'est diversité et ce qu'est division. Pour moi, il est clair que dans une campagne primaire, il faut jouer la diversité. Si on était tous pareils, si tous les candidats étaient les mêmes, ce n'est pas la peine de faire une élection. Donc c'est sûr que le programme d'Alain Juppé n'est pas celui de Nicolas Sarkozy, n'est pas tout à fait celui de François Fillon, celui de Bruno Le Maire. Donc il y a des différences, il faut les exprimer.
Par exemple, quand Nicolas Sarkozy montre qu'il est plutôt sur une stratégie de clivage, parce que le clivage mobilise, Alain Juppé dit qu'il est sur une stratégie de rassemblement. Ça, c'est de la diversité. Quand je dis qu'il ne faut pas gouverner avec la haine, je m'adresse principalement au Front National et à tous ceux qui, aujourd'hui, font, d'un certain nombre de gens aujourd'hui, les adversaires d'une société, tout ça pour mobiliser, cliver. Je suis pour le rassemblement. Donc je ne suis pas du tout cogneur de ce... Franchement, ça a été une interprétation médiatique. Mais vous savez, Alain Juppé a réuni ses animateurs de comité de soutien et nous a proposé un code de bonne conduite.
Il nous a dit, il a réuni tout le monde à huis clos, et il nous a dit, je ne veux pas de division, je ne veux pas d'attaque personnelle. Mais ce n'est pas pour ça qu'on va être d'accord sur tout ce qui est dit. Moi, je ne suis pas d'accord pour qu'on fasse des lois tous les matins en fonction de l'actualité. C'est le Parlement qui fait la loi, ce n'est pas l'actualité.
Pas seulement la loi, la constitution, puisque Nicolas Sarkozy a dit, changeons la constitution pour faire une loi sur le burkini.
Il y a un certain nombre de gens qui disent, il faut une loi, puis après on dit, ah mais il faut changer la constitution. Ben, il faut changer la constitution. C'est l'escalade de la posture, alors que je suis, moi, favorable à ce qu'on dit des réflexions de fond, tempérées. Je crois vraiment qu'il y a, sur par exemple l'islam et l'immigration, des sujets beaucoup plus graves que celui-ci. On va en parler. Et quelquefois, c'est une habileté tactique que de choisir un sujet secondaire vis-à-vis duquel on affirme de la fermeté, ce qui permet de ne pas traiter les sujets plus difficiles.
Je pense aux questions comme la double peine, je pense aux questions, par exemple, comme l'aide médicale en matière de santé. Il y a un certain nombre de sujets qui sont des sujets graves, qu'il faut traiter. Et ce n'est pas le Burkini qui va nous dispenser de cet effort.
On va parler de l'économie dans un instant, Jean-Pierre Raffarin. Nicolas Sarkozy, vous l'avez remarqué, n'est pas entouré que par des extrémistes. Il y a celui qui pourrait, premier à devenir son premier ministre en cas de victoire à la présidentielle, François Baroin. Vous avez de l'estime et de l'amitié pour Baroin. Vous auriez pu soutenir le même champion ?
Oui, il y a beaucoup de gens avec qui j'ai beaucoup habillé. D'ailleurs, j'ai de l'amitié pour Sarkozy. Je ne suis pas, on n'est pas en guerre. J'ai des désaccords politiques. J'ai moi-même publié un texte sur l'inventaire. On n'a pas voulu faire un inventaire. Moi, j'étais pour qu'on fasse un inventaire de son quinquennat, pour qu'on puisse dire ce qui allait, ce qui n'allait pas, pour qu'on puisse corriger. Je pense que si on avait eu cet inventaire, on serait aujourd'hui plus libre. Alors, on est obligé d'un peu aujourd'hui dans cette campagne, qui concerne l'après 2017, de revenir un peu sur l'inventaire. On aurait mieux fait de faire ça avant.
Mais je pense que sur l'inventaire, il y a un certain nombre de sujets. C'est vrai qu'il y avait une tentation d'exercice solitaire du pouvoir. Je l'ai dit, je l'ai dit à plusieurs reprises. Et donc ça, je pense qu'il faut une organisation plus ouverte, plus collégiale de la République française. Nos institutions, aujourd'hui, nous font croire à l'homme exceptionnel, à celui qui va sauver le pays. Je pense que c'est la société française qui peut se sauver. Donc, il faut la mobiliser. Il faut lui redonner confiance. Qui, aujourd'hui, dans la vie politique française, peut donner confiance ? Juppé, de mon point de vue, est celui qui peut, aujourd'hui, redonner aux Français la confiance.
Barouin, vous l'expliquez comment, son ralliement à Sarkozy ?
Il l'a dit lui-même. Il avait des contentieux avec Alain Juppé. Il a... Et si on lui a promis d'être Premier ministre, c'est tentant. C'est une belle responsabilité. Je ne veux pas en parler. C'est peut-être quelque chose qui peut l'intéresser. Donc, c'est quelqu'un de qualité. Mais très franchement, je vais faire comme Nicolas Sarkozy. Je ne vais pas me donner le ridicule d'attaquer mes amis.
Alors, une dernière question là-dessus. Est-ce que vous parliez à l'instant d'un code de bonne conduite ? Est-ce que François Fillon l'a entamé, ce code ? Est-ce que l'ancien Premier ministre a eu raison d'attaquer Sarkozy sur sa probité ou son exemplarité en évoquant ses ennuis judiciaires ?
Je crois que ce n'est pas très délicat. Et donc, c'est clairement... Ce n'est pas légitime ? Non, mais je veux dire que ça peut être légitime. Tout ce qui est l'expression de fait n'est pas un problème dans la vie politique. Il faut quand même qu'on admette que la vérité n'est pas une difficulté. Donc, chacun peut le dire. Mais à l'intérieur d'une famille politique, on peut avoir un code de bonne conduite. Donc, je pense que ce genre d'attaque plus personnel devrait être exclu d'un code de bonne conduite. En tout cas, Alain Juppé demande à ses troupes de ne pas pratiquer ce genre d'attaque.
L'économie, Jean-Pierre Raffarin, le chômage, on en parle peu pour l'instant dans cette pré-campagne ou dans cette campagne des primaires. Qu'est-ce qui distingue le programme économique d'Alain Juppé de celui de ses concurrents et de celui de Nicolas Sarkozy ? Notamment, on voit plutôt beaucoup de proximité et de choses assez similaires.
Je pense qu'Alain Juppé va plus loin dans la politique de l'offre, dans la politique des entreprises que Nicolas Sarkozy. C'est-à-dire qu'Alain Juppé prend vraiment une option qui est de défendre la croissance par la politique de l'offre. C'est-à-dire une politique qu'on dit, qu'on qualifie, M. Macron pourrait la qualifier de pro-business, puisque lui en parle sans le faire. Mais c'est une politique d'allègement de charges, de mobilisation par l'innovation, de développement des entreprises avec une révision de la fiscalité. C'est vraiment essayer d'avoir des investisseurs pour nos entreprises, c'est avoir une capacité de création de valeur, faire de l'entreprise un levier de développement.
Et donc cet objectif-là, je pense que c'est un des objectifs sur lequel Alain Juppé est le plus ambitieux de tous. Avec un programme qui définit dans les six premiers mois la manière d'atteindre les choses. La réforme fiscale, le soutien à l'innovation, à la création de valeur. Tout ceci se fera dans les premières semaines de l'alternance.
Le TAFTA, le traité transatlantique, est mort. Le secrétaire d'Etat Mathias Feckel vient de le confirmer. Au nom de la France, il va demander l'arrêt des négociations à la Commission européenne. Est-ce que c'est un commentaire là-dessus, Jean-Pierre Farin ?
Je pense que c'est un constat que nous faisons tous, que ce traité était mal parti, était mal négocié. Les Allemands, hier, ont dit qu'il était mort. Et donc on peut aujourd'hui, en France, en effet, nous retirer du système. Enfin, tout le monde considère internationalement que cette affaire est définitivement enterrée. Je pense qu'il est important d'avoir un accord avec les Etats-Unis, comme il est important de l'avoir avec le Canada. Mais que tout ceci n'a pas été fait de manière transparente. Et en tout cas, fait de manière à protéger un certain nombre de nos intérêts. Et il est clair que les Etats-Unis, ce sont nos alliés, ce sont nos amis.
Mais ils ne défendent que leurs intérêts, tous leurs intérêts et rien que leurs intérêts. Et de temps en temps, il faut pouvoir leur dire non. Quand vous pensez qu'en Iran, par exemple, ils disent qu'il faut reconnaître l'Iran maintenant comme une puissance quasiment, entre guillemets, normale dans le monde. Mais un chef d'entreprise français qui va en Iran, il a besoin d'un passeport spécial, d'un visa spécial quand il va aux Etats-Unis après. C'est-à-dire que, d'accord, on ouvre l'Iran, mais on ouvre l'Iran pour les Etats-Unis. Et si les Français veulent aller en Iran, à ce moment-là, difficulté si vous venez aux Etats-Unis.
Donc, un certain nombre de sujets sur lesquels les Américains y vont fort. Il faut les apprendre à partager un peu plus.
Donc là, les Européens ont eu raison de dire non aux Américains. De résister, je le pense. Jean-Pierre Raffarin, invité de France Inter. On vous retrouve dans quelques minutes avec les auditeurs de France Inter. 001 45 24 7000.
Jean-Pierre Raffarin