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interviewC à vous· 29 juin 2026 60 min

La comédie-française comme vous ne l’avez jamais vue - C à Vous l’Intégrale - 29/06/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

REVEILLE EN TOI LE TOURBILLON D'UN VENT DE FOLIE. - A.-E.Lemoine: "C à vous" en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe.

Louis est aux côtés de Lou.fait.des.vidéos, notre cheffe cette semaine. - L.Amar: Pour l'instant, la planche est vide.

Mais les assiettes seront pleines. Qu'est-ce qu'on va faire? - Une salade thaï, très fraîche et colorée, avec une sauce au beurre de cacahuètes pour une touche de gourmandise. - L.Amar: Ca a l'air super bon. - A.-E.Lemoine: A tout à l'heure pour le dîner.

C'est une troupe d'exception, la plus ancienne au monde. Elle compte 31 sociétaires et 20 pensionnaires. Son but est de faire rayonner la culture théâtrale française.

Du sérieux, de l'excellence, mais pas que. Ce que met bien en lumière la comédie de l'été, qui nous plonge dans les coulisses. Les acteurs de "De la Comédie-Française" n'en restent pas moins des hommes et des femmes d'aujourd'hui avec leurs soucis, leurs joies et leurs problèmes. - Salut, Nina. - C'est la merde. - Tu veux pas m'ouvrir? - Non.

Il faut un badge. Tu l'as pas perdu? - Il faut faire une déclaration.

T'imagines si quelqu'un le trouve? Tous les membres de la Comédie-Française ont un badge. S'il y a un problème, ça retombe sur bibi.

Je sais pas si tu décides de casser quelque chose à l'intérieur ou de faire un attentat! Qu'est-ce qui se passe, si tu fais un attentat? - Je vais pas faire un attentat. - Qu'est-ce qui me le prouve? - Mais on se connaît! - Reculez, madame!

Sécurité! Il y a une dame qui veut rentrer dans la Comédie-Française! - Bonjour, Nina. - Elle est où, la dame? - C'est moi.

Tu peux m'ouvrir? - Je suis pas habilité. - Ca va être une cata. - Tu me casses les couilles! - Stop!

On avait dit une brume. - Ca va être génial. - Oh!

Je l'ai! Elle était dans mon pantalon. - Super!

Voilà. C'est bien. Bonne première! - Merci. - Et pas d'attentat! - A.-E.Lemoine: "De la Comédie-Française", coécrit et réalisé à 4 mains par M.Darondeau et B.Usclat, en salle le 28 juillet.

C'est une distribution qui réunit des pensionnaires et sociétaires de la Comédie-Française. Trois d'entre eux sont nos invités. Bonjour.

Bonsoir. Bonsoir, Clément. - L.Barruet: Non, Laurent! - A.-E.Lemoine: On est ravis de vous réunir ce soir, jour de relâche à la Comédie-Française.

Vous êtes la seule à jouer en ce moment, Marina. Laurent, vous êtes en tournage. Pauline, vous en préparez un.

Marina, vous êtes sur scène jusqu'au 11 juillet, si la météo le permet. La canicule vous a obligés à annuler des représentations. - M.Hands: On a fait ça progressivement.

On n'annule pas, chez nous. On a d'abord fait un entracte, une pause fraîcheur pour rallumer les clims. Il n'y a pas vraiment de clim pour le public.

C'est un refroidisseur d'air. C'est très grand. On a fait ça plusieurs fois.

Un moment donné, on s'est dit que ça n'allait plus être possible, qu'il fallait qu'on arrête, à regret. Les gens étaient quand même contents. - Que vous arrêtiez?

Rires. - M.Hands: On a continué parce que le public résiste... - A.-E.Lemoine: Et veut absolument y assister.

On n'annule pas une représentation de la Comédie-Française. C'est un des ressorts de cet excellent film, en salle le 22 juillet. Il a été couronné au festival de l'Alpe-d'Huez.

C'est le coup de coeur de Patrick. D'abord, on vous présente la nouvelle pépite de la chanson française. Il a seulement 30 ans, mais il a une allure tout droit sortie des années 70 avec ses chemises ajustées, ses pantalons pattes d'eph, sa longue chevelure.

C'est surtout sa voix qui intrigue, avec des accents à la D.Balavoine. Salut, E.Bielle.

Bienvenue sur la scène de "C à vous". Vous nous interprétez un extrait de votre tout premier album, à venir début avril 2027. Cette chanson s'appelle "N'importe quoi". ... - E.Bielle: Elle dit qu'elle m'aime et sa voix de velours, souvent, me donne envie d'y croire.

Je sais qu'elle rêve de folie et d'amour, d'une nuit qui n'en finit pas. Elle voudrait faire rimer "un jour" avec "toujours" comme dans les films d'autrefois. En plus, c'est vrai qu'elle fait très bien l'amour.

Pour elle, je ferais n'importe quoi. - N'IMPORTE QUOI. - Pour elle, je ferais n'importe quoi.

Je me battrais tous les soirs avec des gars bien plus forts que moi. N'importe quoi. J'irais chercher loin là-bas des choses qui n'existent pas et je crois qu'elle m'aimera pour ça.

Ses yeux sont clairs, son regard un peu fou. ... - PA LA LA... - On ne sait jamais ce qu'elle voit.

En plus elle passe toujours du tout au tout. Pour elle, je ferais n'importe quoi. N'importe quoi, n'importe quoi, n'importe quoi, n'importe quoi.

N'importe quoi, n'importe quoi, n'importe quoi, n'importe quoi...

N'importe quoi, n'importe quoi, n'importe quoi, n'importe quoi. N'importe quoi, n'importe quoi, n'importe quoi. N'importe quoi.

N'importe quoi...

Pour elle, je ferais n'importe quoi. Je me battrais tous les soirs avec des gars bien plus forts que moi. N'importe quoi...

J'irais chercher loin là-bas des choses qui n'existent pas et je crois qu'elle m'aimera pour ça. - LA LA LA... - A.-E.Lemoine: E.Bielle, "N'importe quoi", 1er extrait d'un album à venir début 2027, qui s'appellera "J'me raconte des histoires".

Je salue les musiciens. Salut, Edouard. - E.Bielle: Bonsoir. - A.-E.Lemoine: C'est votre première télé française en direct. - E.Bielle: Tout à fait.

Je me suis mis aux couleurs de l'émission sans le savoir. - A.-E.Lemoine: Vous vous en souviendrez, lorsque vous recevrez votre 1re Victoire de la musique et que vous remplirez le Stade de France? - E.Bielle: J'espère m'en souvenir à ce moment... - A.-E.Lemoine: Vous avez pas vraiment besoin de faire de télévision pour faire parler de vous.

Il y a déjà la singularité de votre voix, votre style, et aussi la façon très originale dont vous vous mettez en scène pour faire connaître vos chansons. On vous voit chanter "N'importe quoi" sur les pistes de ski ou sur les marches de l'opéra Garnier. Lorsque vous avez sorti votre premier EP, un album de 10 titres, vous colliez des stickers façon poisson d'avril dans le dos des gens avec votre nom. "Edouard Bielle" dans le dos.

Est-ce que c'est des restes de vos années dans la pub? Vous étiez rédacteur dans la publicité il y a encore 3 ans. - E.Bielle: C'est ça.

J'essaye de faire parler de moi d'une manière ou d'une autre. Les réseaux aident pas mal. Quand la machine s'emballe, c'est assez grisant.

Ca ouvre de belles opportunités, comme ce soir. - A.-E.Lemoine: Vous vous souvenez de votre dernier slogan avant de claquer la porte du monde de la publicité? - E.Bielle: Ils étaient pas géniaux.

Genre: "Gingembre et citron, en voilà, un bio couple!" C'est pour ça que j'ai décidé de faire de la musique et d'arrêter la pub. - A.-E.Lemoine: Il a fallu une rupture amoureuse et le confinement pour que vous donniez une chance à votre rêve d'ado de devenir une rockstar.

Une rockstar à la façon de M.Berger et Christophe, dont vous proposez des reprises sur les réseaux sociaux. ... - E.Bielle: Des églises et des HLM...

Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux...

Parler me semble ridicule. Je m'élance, et puis je recule. Elle fout toute sa vie en l'air.

Et toute sa vie, c'est pas grand-chose. Qu'est-ce qu'elle aurait bien pu faire, à part rester seule dans son lit, le soir entre ses draps roses? - A.-E.Lemoine: Avoir une voix haut perchée, c'était un objectif? - E.Bielle: L'objectif, à l'origine, était de pouvoir reprendre M.Polnareff.

Je me mettais ça en tête, d'avoir une voix haut perchée. Je me suis rendu compte que j'avais une grande capacité, une grande tessiture de voix. En plus, ça me permet de me donner quand je chante. - A.-E.Lemoine: D'éprouver physiquement la sensation de chanter. - E.Bielle: Sur scène, j'aime cette sensation physique de transpirer à la fin, de faire un vrai effort. - A.-E.Lemoine: Quand on vous demande de chanter bas, vous dites que ça vous emmerde.

Vous vous ennuyez? - E.Bielle: Une chanson comme ça, une reprise de Gainsbourg ou je sais pas qui d'autre, oui, mais je m'amuse plus comme ça.

Dans mon dernier single, je chante un peu plus bas à des moments. C'est joli aussi. - A.-E.Lemoine: Ce qui vous plaît dans les années 70, c'est la sonorité, la musique de ces années-là, le style, aussi, que vous avez adopté, et qui sont indissociables.

C'est ce qui était chouette dans ces années? - E.Bielle: J'ai longtemps été en recherche de mon style.

J'aime beaucoup...

Je trouvais l'élégance masculine dans ces années-là assez intéressante. J'essaie de l'appliquer à ma personne tous les jours. Il y a plein de choses qui m'inspirent dans ces années-là, pas forcément que le style, mais aussi la vision qu'on avait du futur, qui était peut-être un peu plus optimiste qu'aujourd'hui.

C'est aussi ça qui se retranscrit dans les chansons de l'époque. C'est peut-être ça qui m'inspire, de ces années-là. - P.Cohen: Vous êtes atteint de vitiligo.

Vous avez développé vos premières taches à l'âge de 18 ans. C'est une forme de dépigmentation de la peau. Je n'en parlerais pas si vous n'en aviez pas fait une chanson, "Vitiliboy", que vous avez interprétée aux Rencontres annuelles du vitiligo l'an dernier. - E.Bielle: J'ai des taches qui apparaissent, qui s'étalent partout, sur ma face, le long des bras, le long du cou, comme des traces qui ne ressemblent à rien du tout...

Il faut que je m'y fasse avant que ça me rende fou. Car je suis un vitiliboy... - P.Cohen: Question premier degré...

Est-ce qu'il y a du 2d degré dans cette chanson, ou c'est une chanson qui vous a aidé à affronter ce mal dont vous êtes atteint, cette maladie? - E.Bielle: Un peu des deux.

J'avais besoin d'écrire une chanson là-dessus pour m'en détacher un peu et, du coup, j'essaie d'apporter de la légèreté à ça. Il y a une atteinte physique, visible, mais qui ne s'étend pas plus que ça. Ce n'est pas plus dangereux que ça.

J'essaie de relativiser, même si on peut avoir des coups de mou. Cette chanson m'a permis de relativiser et de me dire "autant créer un club de gens atteints de vitiligo". Les "vitliboys" et les "vitiligirls", si jamais quelqu'un veut reprendre la chanson version féminine. - A.-E.Lemoine: On a adoré votre premier EP et on adore "N'importe quoi".

On attend avec impatience l'album disponible en janvier 2027 au plus tôt. Il va s'appeler "J'me raconte des histoires". Hâte que vous nous les racontiez.

Merci de nous avoir accordé votre toute première télévision française. A bientôt aux Victoires de la musique. - E.Bielle: Merci à vous deux de m'avoir invité.

C'était un plaisir. - A.-E.Lemoine: Vous restez avec nous pour dîner.

J'ai oublié le menu, mais ce sera bon. J'ai oublié le menu, mais ce sera bon. - P.Lescure: Une salade fraîcheur. - A.-E.Lemoine: Et un OEil de Pierre. - P.Lescure: Etant donné le plateau, je fais un petit OEil à la fois musique, théâtre, et danse.

A la mi-juillet, il y a aussi théâtre Montparnasse, rue de la Gaieté, en spectacle qui s'appelle "Tango". C'est monté par un grand metteur en scène argentin. Il voulait absolument nous montrer ce "Tango".

Il a monté ça avec 10 musiciens et danseurs argentins. Ce n'est pas par hasard que ça se passe à Montparnasse. - Le fait de jouer ici, à Montparnasse, ça a été le début de l'histoire.

Au début du siècle, en 1900, le tango est arrivé à Paris, à Montparnasse, à la Coupole. C'était marrant de me dire qu'il n'y avait pas que des Bretons à Montparnasse. - P.Lescure: Il y a des musiques et de la danse sur scène, mais avec un très beau jeu d'écrans et d'images.

Ca raconte l'exile et l'arrivée au début du siècle dernier, l'arrivée d'Argentine d'hommes déracinés débarquant dans le quartier de Montparnasse. - Quand il y a les 1ers orchestres qui arrivent, forcément, c'était dans les grands restaurants, mais aussi très vite dans les maisons closes. Il y a eu tout de suite des histoires d'amour assez passionnées entre les beaux Argentins et les belles Françaises.

Elles ont donné suite à toute une série de tangos. Certains tangos racontent ces histoires intimes. - P.Lescure: C'est tellement technique et classe, le tango, qu'on pourrait parler de science exacte.

Mais c'est aussi passionnel et romanesque. Et c'est beau de découvrir que c'est un composé venu des 4 coins du monde. - Le tango est fait de plusieurs composants culturels.

Il est argentin par nature, mais il a été fait aussi par des sonorités africaines via le Brésil, nourri par la ville de Buenos Aires, qui a été un exemple de cohabitation de tous les pays d'Europe, des Français aux Italiens, aux juifs d'Europe centrale. - P.Lescure: Sur la scène de Montparnasse, Marcial Di Fonzo Bo a installé 3 musiciens exceptionnels, et les danseurs ont un talent fou. ...

C'est en alternance avec "Tartuffe" jusqu'à la mi-juillet. - A.-E.Lemoine: Merci.

Tout de suite, le Coup de coeur de Patrick. Est-ce que vous avez été sensible à "De la Comédie-Française"? - P.Cohen: Je ne vois pas qui peut être insensible à cette comédie, qui traverse un monument national, la Comédie-Française, à 100 à l'heure.

Elle parle à tout le monde tout en nous faisant découvrir un tout petit monde. Elle montre l'envers du décor aussi angoissant que réjouissant de la création théâtrale. On est à 3 heures d'une première de "Macbeth" et rien ne va se passer comme prévu.

L'épisode qu'on a vu du gardien obtus et soupçonneux n'est qu'un amuse-gueule. Tout ce qui va suivre et qui concerne le casting, les lumières, les décors, les accessoires, tout sera dysfonctionnel, y compris les costumes. - La veste, tu l'as validée? - Elle est très jolie.

Qu'est-ce qui se passe? - Elle est verte. Je joue pas en vert. - Il va pas recommencer avec ses superstitions! - Elle est bleue. - Antoine, t'as une veste verte, t'as une veste verte. - Non.

Je vous dis qu'elle est bleue. Turquoise, à la limite. Emilie? - Je suis daltonienne.

Je la vois orange. - Elle est super. Est-ce qu'on peut se revoir? - Si c'est turquoise, pourquoi je la vois verte? - Voilà ce qui se passe.

Qu'est-ce qu'on a là-haut? Des projecteurs LED. Ca change la perception des couleurs.

Pourquoi? Parce qu'on n'est pas sur une lumière continue. - OK... - Du coup, chaque personne a sa propre échelle spectrale.

Chacun voit une couleur différente. Hein? Personnellement, je la vois verte. - P.Cohen: L'exaspérant régisseur qui a réponse à tout mais solution à rien, c'est Christian Hecq.

L'emmerdeur qui joue Macbeth, c'est vous, Laurent. Le superstitieux au costume vert, c'est J.Frison.

L'actrice nymphomane, pardon, Marina, c'est vous. - M.Hands: Elle a besoin de se détendre. - P.Cohen: La comédienne sorcière qui ne comprend rien à rien, c'est A.d'Hermy.

La doyenne déjantée et défoncée, c'est D.Lebrun. La ministre de la Culture un peu fofolle, c'est F.Gillard.

Pauline, vous oscillez entre la panique absolue et le contrôle de soi, mais toujours dans la course, dans une vitesse folle. Ca donne au film une énergie et une puissance comique hors du commun. On pense au "Birdman" ou "Helzapoppin", au "Grand-Guignol", des films qui racontent la vie de troupes en mode burlesque.

On se demande quelle est la part de vécu, c'est-à-dire combien de cocus le Français a abrité dans son histoire, combien de régisseurs psychorigides interdisent qu'on touche à leur console, combien de drogués et de superstitieux, beaucoup, sans doute, et combien êtes-vous à trouver Shakespeare compliqué et chiant. Malgré tout votre talent, Pauline, on se dit que vous n'avez pas pu tout inventer. - P.Clément: C'est vrai qu'il y a du vrai. - A.-E.Lemoine: On veut savoir dans le détail. - P.Clément: C'est une fiction...

J'ai déjà eu du mal à rentrer à cause d'un badge oublié. On me donnait des badges visiteurs alors que j'étais là depuis des années. Se perdre dans les couloirs, c'est tout à fait possible.

Je me suis perdue longtemps. Les histoires d'amour dans les loges, c'est possible. - A.-E.Lemoine: Je voyais Laurent et Marina qui faisaient comme ça pour la question "combien il y a de cocus..." - L.Stocker: Il faut bien qu'on le soit. - M.Hands: La vie se passe.

On travaille tout le temps. Forcément, il y a des représentations tous les soirs, des premières tout le temps...

C'est comme ici, c'est en direct et ça se sent. Il y a une vibration particulière. On est hors de soi.

Si quelque chose ne se passe pas bien, il y a une énergie du désespoir qui nous pousse. On vit un peu comme ça, dans cette espèce d'énergie, dans ce stress permanent, et joyeux aussi. - A.-E.Lemoine: Laurent, est-ce que vous êtes du genre à vous plaindre qu'il y a de moins en moins à manger à la cantine?

Vous en êtes à compter les nuggets dans le film. - L.Stocker: Le rôle est haut en couleurs.

C'est ma petite camarade qui a écrit avec B.Usclat. - A.-E.Lemoine: Et M.Darondeau. - L.Stocker: On s'est rencontrés un an avant.

On a raconté plein d'anecdotes. Ils m'ont dit: "On a vraiment un rôle pour toi. C'est le rôle de l'acteur qui est vraiment chiant, pas sympathique." - A.-E.Lemoine: Cocu! - L.Stocker: Qui se plaint de tout.

Comme on en connaît. Il y en a, des gens comme ça, et pas forcément que des acteurs. - P.Cohen: Et qui trouve les idées bizarres géniales. - L.Stocker: Les idées que personne n'aime, il les trouve géniales. - A.-E.Lemoine: Par esprit de contradiction. - L.Stocker: Il est bien obligé de trouver ça génial.

J'en dis pas plus. Il faut aller voir le film. - A.-E.Lemoine: Ce qui est vrai, c'est que rien ne doit interrompre une représentation.

On n'annule pas! Pauline, ça vous est déjà arrivé de vous brûler la main et de faire un malaise alors que le public commençait à rentrer dans la salle et de jouer quand même. - P.Clément: C'est ça.

Je me suis fait une petite épilation rapide avant de jouer. J'ai mis le pot dans mon micro-ondes. En le sortant, je me suis brûlé la main.

A la pharmacie, ils m'ont dit de partir aux urgences. Je suis allée au théâtre. Je pensais qu'on allait trouver une solution.

Je me suis évanouie en leur expliquant ce qui m'est arrivé. Les pompiers sont arrivés alors que le public rentrait. Les pompiers ont voulu soulever le truc et ils pouvaient pas.

Il n'y avait plus de peau. C'était comme un poulet. Ils m'ont demandé ce que je faisais.

J'ai dit: "Le public est en train de rentrer." Un acteur m'a apporté un coca. Dans ses yeux, il y avait tellement de soutien quand il m'a dit "je vais aller te chercher un coca"...

Ca n'allait pas m'aider, mais j'ai senti son soutien. On a fait la pièce, et 1 heure 30 après, je suis allée aux urgences. - A.-E.Lemoine: Il y a une magie qui s'opère. - L.Stocker: Sur "Les Fables de La Fontaine", j'ai un pivot...

J'ai eu un accident de voiture il y a longtemps, et j'ai un pivot qui est tombé dans mon siphon de voiture au moment d'aller jouer. C'est un spectacle où on devait sourire. Je ne pouvais pas le faire.

Je n'avais pas retrouvé ma dent. Elle était dans le siphon. J'ai fait tout le spectacle comme ça... - A.-E.Lemoine: Sans jamais sourire! - L.Stocker: Il a fallu recoller. - P.Clément: T'as pas joué aussi en fauteuil roulant? - L.Stocker: Je me suis cassé les côtes en scooter et j'ai joué en fauteuil roulant, un spectacle avec une annonce au public.

Dès que je commençais à parler trop fort, c'était une douleur atroce. On a eu plein de choses comme ça. On a joué avec 40 de fièvre. - M.Hands: On fait quand même une annonce au public en expliquant que ça va pas être la mise en scène telle que...

Les gens savent pas trop quoi...

On donne pas toujours les détails. Parfois, on voit rien. Mais il y a des choses terribles.

Des gens travaillent dans des états, avec aussi la vie, des proches, des décès, des naissances... - A.-E.Lemoine: On hallucine de la succession d'emmerdes qui s'accumule sur Nina, votre personnage, qui met pour la première fois en scène "Macbeth".

C'est une pièce qui a pour réputation d'être maudite. - L.Stocker: Je dis jamais le mot que vous venez de dire.

On dit "la pièce écossaise". - M.Hands: Ca porte malheur. - L.Stocker: Je dis "la pièce écossaise". - P.Cohen: Vous êtes très près de votre personnage, en fait! - L.Stocker: Pour ce mot, je dis "la pièce écossaise".

Les gens me demandent. Je dis: "C'est la pièce écossaise." - A.-E.Lemoine: Pourquoi elle a cette réputation? - L.Stocker: Ca a collé toujours...

Il y a eu des décès, des tas de choses quand elle a été montée dans plusieurs théâtres. A chaque fois, il y a eu des problèmes. - M.Hands: C'est une pièce dans laquelle il y a des sorcières, des prophéties... - P.Clément: Il se passe des malheurs dans la pièce.

J'avais peur, au début. Je me suis dit: "On peut pas faire ça." Mais c'est un film, une fiction.

Mais j'ai eu du mal à digérer le fait que c'était "Macbeth". - L.Stocker: "La pièce écossaise"! - P.Cohen: J'en profite pour dire de rester sur le générique de fin quand vous verrez le film.

Il se passe des choses. Il y a une bande-son particulière. - P.Clément: Il faut rester jusqu'au bout du bout. - L.Stocker: Ca dure 1 heure 15.

Si vous partez avant... - P.Cohen: Au début du générique, les gens...

Les gens se lèvent. Il faut rester. - P.Lescure: Votre amant, dans le film, Marina, est très superstitieux.

Il y en a beaucoup, dans la troupe, des pensionnaires, qui sont superstitieux? - L.Stocker: Il y en a beaucoup.

Le théâtre, avant, était un lieu où travaillaient les marins. On a la même rhétorique que les marins. On dit "le cousin du lièvre", on ne siffle pas...

Si on siffle sur un bateau, on envoie des voix qui ne sont pas les bonnes. Il y a toute cette rhétorique...

C'est comme des bateaux qui sont échoués, les théâtres. Vous avez vu, j'ai fait un...

Ca m'est venu comme ça! - A.-E.Lemoine: Sans texte, sans répétitions! - L.Stocker: Et j'ai pas d'oreillette! - L.Amar: Une comédie à 100 à l'heure, disait Patrick, et un tournage aussi à 100 à l'heure.

Le tournage s'est déroulé dans des conditions particulières. 2 mois d'écriture et 3 semaines de tournage. Trop rapide? - M.Hands: 15 jours de tournage. - P.Clément: C'est trop rapide. - A.-E.Lemoine: On dirait vraiment votre personnage, Laurent.

Vous me faites peur. - L.Stocker: Il ne faut pas que ça devienne une habitude.

Les gens disent: "Ils ont fait ça en 3 semaines, ils peuvent..." - L.Amar: La salle n'était disponible que 5 jours en juin, entre 13h et 17h. - M.Hands: On jouait le soir.

On réattaquait...

On était au maquillage le matin. On faisait 3 journées en une. - L.Stocker: 5 heures 30 de maquillage! - A.-E.Lemoine: Mais très peu de prises.

C'est aussi ça, l'excellence du Français. - P.Clément: Tout est dans le film. - M.Hands: 2 prises, parce que j'ai des fous rires. - A.-E.Lemoine: A cause des fous rires de Marina, on a pris du retard dans le tournage?

Vous êtes irrésistibles dans le film. C'était une réussite absolue, totale. - P.Cohen: Marina, vous avez une histoire particulière avec la Comédie-Française.

Vous y entrez en 2006, à 31 ans. Vous la quittez en 2007. - M.Hands: Oui. - P.Cohen: Mais 13 ans plus tard, 2020, vous rêviez d'y revenir.

Vous étiez prête à écrire une lettre de motivation. Qu'est-ce qui s'est passé? Pourquoi vous êtes restée seulement un an et avec cette envie d'y retourner? - M.Hands: Au moment où je suis rentrée, c'était une histoire de timing.

J'ai reçu un César. Je me suis mise à avoir plein de propositions. A l'époque, j'avais l'impression que c'était plus compliqué.

Comme je venais d'arriver, je me suis dit qu'il fallait que je suive cette aventure. J'ai suivi cette aventure de cinéma et je suis revenue en courant, après cette expérience. C'était un endroit où j'avais trouvé du sens.

J'avais l'impression que ça s'était ouvert, qu'on pouvait faire plus de choses et qu'il n'y avait pas de jugement de morale sur le fait de faire plein de choses différentes. A l'époque, c'était beaucoup de pression. Plus jeune, j'avais du mal à supporter la pression.

Maintenant, j'adore. Je trouve extraordinaire d'avoir cette émulation. On a plusieurs événements dans l'année à la Comédie-Française.

C'est un entraînement qui se met en place et on n'est jamais seul. - A.-E.Lemoine: C'est ce que vous disiez, Pauline. - M.Hands: Il y a toujours quelqu'un pour aider, pour parler. - A.-E.Lemoine: Il y a une pression très forte aussi. - L.Stocker: Moi, j'ai le trac.

Je me réveille le matin, j'ouvre un oeil et je me demande si je joue ce soir. Là, je commence à avoir peur. Après, toute la journée, je vois les heures défiler. - A.-E.Lemoine: C'est quoi votre truc pour tuer le trac? - L.Stocker: J'ai pas réellement de truc.

Je fais un peu de méditation. Ca fait rire tout le monde. Comme je fais beaucoup de blagues avant d'entrer en scène, les gens me demandent si j'ai médité avant.

Je m'allonge 10 minutes et je fais une sorte de méditation. - A.-E.Lemoine: Et vous faites des blagues avant d'entrer en scène? - P.Clément: Ah oui!

C'est très drôle. - L.Stocker: Oui, parce que c'est anxiogène de monter sur scène.

J'ai un ami chirurgien qui m'a dit qu'ils faisaient les mêmes blagues en salle de garde que ce que je pouvais faire en coulisses. "Oui, vous opérez un endroit, et nous, on opère un autre endroit, l'âme, les gens." Est-ce qu'on va donner du plaisir?

Est-ce que les gens vont rire? Il y a une espèce de chose...

Il faut y aller et, en même temps, c'est difficile de monter sur scène. - A.-E.Lemoine: Pauline, votre truc contre le trac? - P.Clément: Moi, je bois vachement d'eau.

J'ai peur d'arriver sur scène et d'avoir super soif, de ne plus pouvoir parler. - L.Stocker: J'ai cru que tu allais dire que tu buvais beaucoup d'alcool. - P.Clément: Non!

La transition entre les coulisses et la salle est vertigineuse. J'arrive toujours un peu en avance. Parfois, j'ai la main sur la poignée avant d'entrer sur scène.

Tu ne sais jamais si ça va bien se passer. Même si tu es en super forme, tu ne sais pas. On a un truc qu'on ne sent pas.

Cette transition est toujours très vertigineuse. ... - Voici le masque du commandeur.

Il a peur. Il est amoureux. - Oh!

Monsieur le Commandeur! - L.Stocker: Regardez quelqu'un, normalement, sans masque, c'est comme ça.

Avec le masque, c'est comme ça. Tout est...

Le corps doit être en appel. C'est un spectacle extrêmement physique. - P.Lescure: Quel rôle vous a demandé, au-delà d'un masque, le plus gros boulot de transformation? - L.Stocker: Les rôles me demandent toujours beaucoup de travail parce que je lis à peu près tout ce qu'a écrit l'auteur.

Je regarde les choses qui ont été faites avant. Les rôles les plus fatigants pour moi, qui suis plutôt quelqu'un qui aime bouger, c'est les rôles où je ne bouge pas. C'est quand je fais Néron, par exemple, où on m'avait dit de me servir de Poutine.

J'avais fait un truc très calme parce que Poutine est très calme, bizarrement. Du coup, quand c'est des rôles de Feydeau ou des choses comme ça, je suis trempé à la fin de la représentation, mais c'est pas ce qui est le plus fatigant. Pour moi, les rôles les plus fatigants sont les rôles statiques où l'intériorité doit primer, mais où il n'y a presque pas de mouvement.

C'est très fatigant. Je suis d'ailleurs tout aussi en sueur sur un rôle où je ne bouge pas que sur un Feydeau. C'est très bizarre. - A.-E.Lemoine: "De la Comédie-Française", en salle le 22 juillet.

Allez-y! On va vous obliger à y aller. Vous nous direz merci.

Bravo. C'est un film dans l'air du temps, quand même. Il montre une image de la Comédie-Française avec beaucoup d'autodérision.

Parfois, on pense que c'est une institution très sérieuse. Vous êtes tous très drôles et avez beaucoup d'autodérision. Restez avec nous, évidemment.

Il y a le dîner et le Bonus de Louis. On célèbre 250 ans d'existence et d'amitié. - L.Amar: Samedi prochain, le 4 juillet, les Etats-Unis auront officiellement 250 ans.

C'est l'anniversaire de la Déclaration d'indépendance, le traité grâce auquel les Américains ont rompu avec l'Empire britannique. Les festivités ont débuté la semaine dernière. Pour l'occasion, ils ont convié de vieux amis: les Français, qui ont joué un rôle crucial pendant la guerre d'indépendance.

La patrouille de France a survolé la statue de la Liberté, la ville de Philadelphie, où a été signée la Déclaration, et la capitale, Washington. Lundi dernier, 9 Alphajets sont passés au-dessus du National Mall. Beaucoup des artistes ont fait défection pour ne pas s'afficher avec le président Trump.

Le président leur a répondu à sa manière, sur les réseaux sociaux. ...

Regardez. ...

Trump fait main basse sur cet anniversaire. Un match de MMA dans les jardins de la Maison-Blanche à l'occasion de son anniversaire, une salle de bal à la Maison-Blanche, un feu d'artifice géant...

Il a même imposé son profil sur une monnaie spécialement conçue pour l'événement. Avant D.Trump, apparemment, c'était le chaos. ... - A.-E.Lemoine: Bonsoir, G.Araud, ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis.

Vous êtes là ce soir à l'occasion d'un documentaire diffusé demain sur France 2, qui raconte les 250 ans de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis et autant d'années de relations franco-américaines. La France a été la première à soutenir le combat des indépendantistes américains et à reconnaître les nations d'Amérique en 1776. Son rôle ne va pas particulièrement être rappelé par D.Trump.

Il ne va pas trop s'appesantir là-dessus. - G.Araud: Pas tellement, non.

On ne va pas se souvenir d'à peu près la moitié des Américains non plus. Ca aurait dû être une fête de l'unanimité américaine. En réalité, il va transformer ça en un meeting à la gloire de D.Trump, naturellement, et un meeting contre les démocrates, contre le reste du pays. - A.-E.Lemoine: Oui, l'Amérique, c'est lui. - G.Araud: Oui, et l'Amérique, c'est la guerre civile.

Nous sommes dans une guerre civile virtuelle. Il y a vraiment 2 Amériques qui se font face et Trump jette de l'huile sur le feu. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'il a en tête le rôle très actif de la France dans l'indépendance des Etats-Unis?

Est-ce qu'il lui en sait gré, même de très loin? - G.Araud: Vous savez, Trump ne sait rien.

C'est vraiment étonnant. Il ne connaît absolument pas l'histoire. L'Europe lui est absolument indifférente.

Je vous rappelle qu'une fois, il était venu le 14 juillet 2017 assister au défilé. Ensuite, il avait dit devant le président de la République à son équipe: "Vous avez vu, je ne savais pas, les Français ont gagné des batailles!" Vous voyez... - A.-E.Lemoine: Il faut lui envoyer le documentaire de toute urgence, qui explique tout ça avec beaucoup de pédagogie.

Vous faites partie des intervenants. Un documentaire qui rappelle que le symbole de cette amitié franco-américaine, c'est la statue de la Liberté, construite par Bartholdi avec la collaboration de G.Eiffel. 8 ans pour la mettre sur pied.

La statue de la Liberté célèbre donc ses 140 ans. F.Mitterrand s'était rendu à New York à l'occasion de son centenaire.

Applaudissements du public. - F.Mitterrand était le seul chef d'Etat étranger invité car Miss Liberty est née en France. - F.Mitterrand: A vous, Américains, je dis de toute la force de mon esprit et de mon coeur: happy birthday, United States! - A.-E.Lemoine: F.Mitterrand applaudi par R.Reagan...

C'était pas gagné, parce que l'élection de F.Mitterrand a beaucoup inquiété les Américains. - G.Araud: Je voudrais dire aussi que l'intérêt de ce film, c'est la relation franco-américaine.

Il faut bien dire, qu'on aime ou pas les Etats-Unis, qu'on a tous une Amérique en nous. Ca doit rappeler aussi cette Amérique. Il y a aussi les aspects politiques auxquels vous faites allusion.

Il y a aussi tous les aspects culturels. Ce n'est pas Pierre qui va me contredire. Le cinéma, la musique, etc.

F.Mitterrand est élu. Reagan, c'était la victoire de la droite républicaine.

F.Mitterrand, victoire de la gauche. En plus, F.Mitterrand a la bonne idée de faire entrer des ministres communistes au gouvernement.

Alors là, à Washington, c'est panique à bord. F.Mitterrand se rend au Canada d'abord.

Il rencontre Reagan. Là, il va faire son numéro de charme. Il y a ensuite l'affaire Farewell.

Il va lui dire: "Voilà, nous avons infiltré l'Union soviétique, le KGB. Nous avons un agent. Nous allons vous donner les informations que cet agent nous transmet." C'était un agent au coeur de la machine soviétique.

Ce sera une manière de retrouver de la confiance. Si on voulait être anticommuniste avec F.Mitterrand, on avait ce qui était nécessaire. - L.Amar: Parmi les temps forts de cette amitié entre les 2 pays, il y a la une du journal "Le Monde" juste après les attentats du 11 septembre 2001. "On est tous Américains", titre "Le Monde".

J.Chirac, une semaine après les attentats, sera le 1er chef d'Etat étranger à se rendre à New York. - "Ca fume toujours", s'étonne Jacques Chirac.

Hier, en compagnie du maire de New York, le président français a pris la mesure de la tragédie qui frappe les Etats-Unis. - J.Chirac: Nous sommes naturellement disposés à être totalement solidaires des Etats-Unis et à faire tout ce qui, en concertation avec eux, paraîtra utile et nécessaire pour atteindre cet objectif vital pour la planète qui est l'éradication du terrorisme. - L.Amar: J.Chirac, dont les mandats incarnent presque la relation franco-américaine.

Il y a l'amitié, mais aussi le refus de s'engager auprès des Etats-Unis dans la guerre en Irak, porté notamment à l'ONU par D.de Villepin. - D.de Villepin: Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les gardiens d'un idéal.

Nous sommes les gardiens d'une conscience avec la lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres et qui doivent conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix. C'est un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs.

Applaudissement. - L.Amar: G.Araud, vous récitiez le discours pendant qu'il parlait. - G.Araud: Oui, j'étais dans la salle.

J'avais participé à l'élaboration de ce discours. On était fiers d'être français. Vous avez entendu des applaudissements, mais on applaudit jamais au Conseil de sécurité, jamais.

C'était une des fois où on a senti que D.de Villepin était vraiment le porte-parole du monde et disait aux Américains: "Ne faites pas cette folie." Ca a été un grand moment.

C'était un moment de fierté. - P.Cohen: Un président a eu une relation difficile avec les Etats-Unis, N.Sarkozy, qui ne cachait pourtant pas son admiration pour ce pays.

Avec B.Obama, le courant n'est pas passé et B.Obama l'a dit ensuite une fois sorti du pouvoir. - Derrière les apparences, les relations sont un peu moins idylliques que ne l'espérait N.Sarkozy. 10 ans plus tard, dans ses mémoires, B.Obama ne l'épargne pas. ... - P.Cohen: L'éloignement de B.Obama avec l'Europe et la France, c'est cette période Sarkozy ou est-ce que c'est son refus, en 2013, d'aller combattre contre la Syrie de B.Al-Assad aux côtés de la France de F.Hollande? - G.Araud: Je pense que ça vient de beaucoup plus loin.

Il est né à Hawaii. Il a fait ses études de collège en Californie. Finalement, il est allé à Harvard.

C'est la 1re génération des Américains qui ne s'intéressent pas à l'Europe. Depuis, ça n'a fait que s'aggraver. Les élites américaines ne regardent plus vers l'Europe Au moment du Brexit, on voyait la campagne qui tournait mal en Angleterre.

Je vais voir la conseillère nationale de sécurité américaine et je lui dis qu'il faut faire quelque chose. Elle me répond: "Le président n'est pas intéressé." Fondamentalement, il a été le premier...

Biden est le dernier président atlantiste. Je le dis à un moment dans le documentaire. K.Harris aurait fermé la porte en disant: "C'est bon.

Au revoir." Trump claque la porte sur les lois. Les Américains ne reviendront pas.

Pour eux, l'Europe, c'est la périphérie du monde. Ce n'est plus là que l'histoire se fait. - L.Amar: D.Trump est très impopulaire auprès des Français. 84 % de nos concitoyens disent ne pas avoir confiance en sa politique étrangère.

Pourtant, longtemps, la société française a regardé avec admiration la politique américaine. En 61, John Kennedy débarque à Paris pour son premier déplacement officiel. - Le couple Kennedy accomplit son 1er voyage présidentiel en France en 1961. ...

Applaudissements nourris. - L.Amar: Ca, c'est ce qu'on dit devant les caméras et il y a aussi ce qu'on dit ensuite.

Ecoutez J.Kennedy, qui ne porte pas le même regard que son mari sur nous. - Dans des enregistrements révélés 50 ans plus tard, nous découvrirons, interloqués, ce que pensait réellement Jacky des Français. ... - L.Amar: Ce qu'elle dit, ça représente ce que les Américains pensent de nous? - G.Araud: Sans doute.

Que pensent les Français des Américains? Il y a tous les préjugés. Pour eux, nous sommes cyniques, mal élevés, brutaux.

Je peux aussi vous sortir pas mal d'adjectifs sur les Américains. Ca fait partie des relations entre nos pays. - A.-E.Lemoine: Vous êtes diplomate.

Vous ne le ferez pas. - G.Araud: Exactement.

J.Kennedy parlait parfaitement le français parce que ses grands-parents étaient d'origine française. - P.Lescure: Il y a eu l'influence du sport américain, même s'ils découvrent en ce moment le soccer.

Il y a eu les grands champions américains, les stars de cinéma, la musique, de Presley à M.Jackson...

Dans le documentaire, je trouve que ce soft power de la culture américaine est assez joliment évoqué par Sheila, qui évoque les années 60. - Sheila: A l'époque, on se battait pour avoir le titre qui émergeait aux Etats-Unis et qu'on allait ramener en France et faire découvrir aux petits Français, en langue française. - Aujourd'hui et demain, on se tiendra bien la main. - Sheila: On avait cette jeunesse.

On s'est mis ensemble et on a ramené ça. Certains avec le style, avec la musique, avec les pas de danse. Elvis Presley, à part les aficionados, peu de gens connaissaient.

Il y avait un gros décalage entre ce qui se passait là-bas et ce qu'on avait chez nous. - P.Lescure: La génération née avec Trump aura peut-être moins de fascination pour l'Amérique. - G.Araud: Sans doute.

Vous avez maintenant les séries télévisées aussi qui ont pris un peu le relais. Cette culture américaine a quand même ce dynamisme. Elle renaît.

Où en sera-t-elle dans 5 ans ou dans 10 ans? Nous n'en savons rien. Je trouve que c'est intéressant de faire appel à Sheila, MC Solaar, Marie-José Pérec, toute une série de Français qui peuvent nous dire ce qu'est l'Amérique.

Ce n'est pas seulement l'Amérique du diplomate. C'est l'Amérique de tous les Français. - A.-E.Lemoine: Ce sera diffusé demain soir sur France 2, à 21h.

Ca s'appelle "L'Amérique et nous". Si vous voulez bien passer à table pour déguster la salade exotique d'inspiration thaïe avec de la mangue, des crevettes, une sauce cacahuètes qu'a préparé pour vous notre cheffe. Lou.faitdesvidéos, qu'on retrouve sur les réseaux sociaux.

Je vous propose de déguster en écoutant les Actualités de Bertrand. ...

Bonsoir. - B.Chameroy: Nous sommes le 29 juin.

Salut. Expérience en fin de semaine dernière: l'Assemblée nationale a vécu une expérience unique. Elle a participé à... "Vis ma vie d'une majorité de Français en pleine canicule".

On a chaud... - Merci, madame la présidente. - B.Chameroy: "On n'en peut plus".

Ce jour-là, plus de clim. Résultat, l'ambiance est devenue vraiment torride dans l'Hémicycle. - Je sais que vous vous préoccupez des huissiers.

Je leur ai dit qu'ils pouvaient faire tomber la veste. S'ils ne le souhaitent pas, ils sont libres de le faire. Je ne peux pas les forcer. - B.Chameroy: L'occasion pour Y.Braun-Pivet de tenter de piquer la place de Marine Leonardi. - Toute la climatisation a été coupée sur l'Assemblée nationale.

La boutique de l'Assemblée nationale vend des éventails avec des magnifiques cocardes ou avec les tableaux de la bibliothèque, d'Eugène Delacroix. - B.Chameroy: Profitez-en, pour 2 achetés, le 3e est offert.

J.-P.Farandou a donné des conseils sur les bermudas bien coupés.

Ce matin, "Jean-Pierre Fashion" sur les ondes. - Vous comprenez les députés qui veulent aller à l'Assemblée en short et en polo? - Le polo, oui.

Les Japonais interdisent presque le port de la cravate pour que tout le monde soit à égalité. Le champagne, c'est non. - B.Chameroy: C'était à peu près le seul message audible de l'entretien.

Tout le monde voulait parler en même temps. - Pardon? - Les gens ne peuvent pas tous entrer et dormir dans la pièce climatisée... - Les personnes handicapées ne peuvent pas y aller... - B.Chameroy: Pour mieux se faire comprendre, P.Larrouturou a utilisé la technique "artiste": mimer ses questions. - Vous pensez qu'en France, on commence à travailler beaucoup plus tôt...

Les professionnels de la sieste en début d'après-midi et en fin d'après-midi... - B.Chameroy: Conséquence de ces fortes températures anormales: de nombreuses pannes à signaler de trains, de métros, mais aussi de journalistes. - 8h30.

C'est l'heure de votre journal avec Marine. C'est à vous, Marine. On va parler avec vous d'abord de ce chiffre... - B.Chameroy: On reconnecte et ça repart.

La Fête de la Démocratie se tenait à Versailles. Vu les températures, ça se comprend, l'organisation avait décidé de ne pas faire appel à un chauffeur de salle. J.-N.Barrot a connu quelques moments de solitude. - Nous avons entendu aujourd'hui Z.Ziouani...

Dont la mère...

Dont la maman...

Il y a un choix qui sera sans doute au moins important, sinon plus important encore...

Lequel? Pourquoi? Pourquoi?

Applaudissements. Alors...

Merci beaucoup. On envoie les enfants sur la scène. Ca veut dire que je dois m'arrêter maintenant. - B.Chameroy: Oui.

Le message était très clair. S.Chenu ne connaît ni la définition du mot "express" ni de "courte". - Des réponses courtes.

Est-ce que vous voterez pour ou contre la loi sur la fin de vie? - B.Chameroy: Contre, donc.

Ou pour. - J'avais voté pour en première lecture pour. Sincèrement...

Propos en accéléré. Je le regrette, au final. - B.Chameroy: Tout ça pour ça.

Pendant ce temps, P.Praud continue de construire chaque jour son émission en direct et ça commence à se voir. Illustration parfaite de passer du coq à l'âne. - Tous les espaces médiatiques...

Bon...

Ecoutons monsieur Macron....

Madame Brégeon! - On ne répond pas à un drame par des cris. - "On ne répond pas à un drame par des cris." Alors...

Le canal Saint-Martin! - B.Chameroy: "J'étais parti sur un truc, mais je n'y crois plus!" Il voulait en venir au canal Saint-Martin.

C'est l'occasion de réagir à un reportage et de dire: "Ah! C'était le bon temps..." - Bon...

Il y a le côté C.Trenet. - Il y a un côté bon enfant.

Même le gros plan sur les jambes des femmes...

On aurait peur de se plaindre de la chaleur...

Il y a un côté léger. Ca ne passerait plus aujourd'hui. - B.Chameroy: "Mais oui!

Aujourd'hui, les plans sur les gambettes, on ne pourrait plus parce qu'on ne peut plus rien faire!" Sur Nostalgie, ce matin, ils ont décidé de balancer de la musique en régie. Il n'y a pas de montage.

C'était pour rythmer les propos. Déjà, c'est pas trop fort et en plus, c'est pas trop long. - On est plutôt dans une situation, comme dirait mon camarade d'en face, où ça va pas toujours très bien...

Musique à la trompette. - On déplore un petit rien...

Une bêtise... - Ca va au-delà.

Monsieur Nunez... - Tout va très bien, tout va très bien... - B.Chameroy: On se retrouve tout de suite après cette petite devinette signée F.Gatel, qui se lance dans le stand-up. ... - B.Chameroy: Je connaissais celle sur le Belge et le curé, mais celle-ci, je sèche.

La réponse demain. Teasing... - A.-E.Lemoine: Oh non!

On ne tiendra pas! - B.Chameroy: Avant, il y a plus important.

On file sur France 3 Centre-Val de Loire qui possède une émission cocooning. - Bonsoir. Si je vous dis merde... - B.Chameroy: On vous dira que c'est pas super sympa, madame. - Si je vous dis "maire de Nantes", qui est mon invité aujourd'hui. - B.Chameroy: Mais non!

Il est de retour. - Bonjour, J.-M.Ayrault. - B.Chameroy: Peu de gens le savent, mais il avait été nommé Premier ministre sous Spider-Man. - Comment s'est passée cette nomination? ... - C'est vous avec votre fameux combi Volkswagen. - B.Chameroy: Elle a vite regretté d'avoir montré cette photo. - On l'a pratiqué avec mes 2 filles.

On continue de le pratiquer tout seuls dans un véhicule un peu plus grosse. C'était encore une d'occasion achetée en 1979. On a acheté un nouveau véhicule en 2015.

Au garage pendant une longue période. - B.Chameroy: On aurait pu en parler pendant encore des heures, mais le temps nous manque, malheureusement.

Fin de cette édition. On continue demain. - A.-E.Lemoine: Bravo.

Il faut rendre l'antenne. Merci beaucoup à tous les 5. Allez au cinéma le 22 juillet prochain voir "De la Comédie-Française".

Votre album sort en janvier, cher Edouard. Vous pouvez vous tourner pour saluer nos téléspectateurs.