Compte rendu du Conseil des ministres du 27 janvier 2021.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00RelanceRéponse directe
La pression scientifique monte, pourquoi attendre avant de reconfiner ? Quels scénarios étudiez-vous ?
- 15:00RelanceRéponse directe
L'efficacité du couvre-feu est relative : cela signifie-t-il que vous savez déjà qu'il est insuffisant ?
- 20:00OuverteRéponse partielle
Craignez-vous une désobéissance civile si un confinement est décidé ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Renforcement des contrôles aux frontières ? Mesures contre les compagnies aériennes ?
- 30:00OuverteRéponse directe
Conférence de presse du Premier ministre demain ? Allocution présidentielle ? Débat parlementaire envisagé ?
- 35:00OuverteRéponse directe
Tensions entre pays sur les vaccins : risque de nationalisme vaccinal ?
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
... -G.
Attal : Bien. Mesdames messieurs, vous le savez, un Conseil de défense et de sécurité nationale et un Conseil des ministres se sont tenus ce matin dans un contexte où, vous le savez, la situation de l'épidémie de COVID-19 est au coeur de nos préoccupations. L'épidémie circule dans notre pays avec ce qui est qualifié depuis maintenant plusieurs semaines un plateau haut, ascendant, qui s'est traduit encore ces derniers jours par une augmentation du taux d'incidence de l'ordre de 10% qui se traduit aussi par une circulation des variants du virus.
Les études qui nous ont été présentées ce matin, les dernières études de Bruno Lina, font état d'une estimation au 8 janvier à 3,2% de cas liés au variant VoC 2020 séquencé en Grande-Bretagne, et des estimations sur le fait que ce variant circulerait aujourd'hui dans 10% des cas. C'est donc une augmentation et une diffusion de ce variant à laquelle nous faisons face. Vous le savez, dans ces conditions nous avons pris un certain nombre de mesures.
Et notamment le couvre-feu qui a été avancé à 18h d'abord dans une série de départements au début du mois de janvier et puis sur l'ensemble du territoire national ensuite. Le couvre-feu à 18h a une efficacité aujourd'hui relative. Il a une efficacité, et nous avons des données qui permettent de montrer qu'il freine, dans une certaine mesure, la circulation du virus, mais à ce stade, il ne freine pas suffisamment la circulation du virus pour être considéré comme pleinement efficace face aux défis sanitaires que j'évoquais à l'instant et qui se traduisent, je le rappelle aussi, par une augmentation des admissions à l'hôpital et des admissions en réanimation.
Ce couvre-feu a été annoncé pour deux semaines par le Premier ministre, vous le savez. C'est donc à la fin de cette semaine, d'ici à la fin de cette semaine, que nous pourrons en mesurer pleinement les effets. Mais sans attendre, nous anticipons et nous avons travaillé ce matin sur différents scénarios qui peuvent être envisagés sur la base de la situation actuelle.
Le président de la République a demandé au gouvernement des analyses complémentaires épidémiologiques et scientifiques sur chacun de ces scénarios. Ces analyses lui seront transmises dans les heures et les jours qui viennent. Il a également demandé au Premier ministre qu'une concertation approfondie soit menée sur ces différents scénarios avec le comité de liaison parlementaire, qui représente les différents groupes parlementaires avec les associations d'élus et avec les partenaires sociaux.
Ces concertations se tiendront dans les prochains jours. L'objectif, c'est évidemment de partager avec eux l'intégralité de l'information dont nous disposons, toujours dans cette logique de pleine transparence et également évidemment de recueillir leur avis sur la base de ces informations sur les différents scénarios qui sont devant nous. Nous continuons donc à suivre heure par heure la situation épidémique dans notre pays et nous continuons évidemment aussi à accompagner les Français et les acteurs économiques dans le cadre de cette crise.
Je le redis, le quoi qu'il en coûte est et restera notre ligne tant que la crise sévira dans notre pays. Nos systèmes d'aide continueront à être mis en place, à s'adapter, à évoluer, à montrer leurs effets. Au cours de ce Conseil des ministres, la ministre du Travail de l'Emploi et de l'Insertion a ainsi tiré un bilan de l'activité partielle et de l'activité partielle de longue durée en 2020.
Lors du premier confinement 8,5 millions de Français ont pu en bénéficier. Ils ont été près de 3 millions lors du second confinement. Concrètement, ce sont donc des millions de Français qui ont vu leur emploi préservé et ont pu être rémunérés, malgré la baisse d'activité voire la fermeture de leur lieu de travail.
Et quant à l'activité partielle de longue durée qui permet de sauver des emplois dans le temps dans une logique de formation, vous le savez, des salariés, elle couvre près de 500 000 salariés dans toutes les branches et des entreprises de toutes tailles. Ces dispositifs, nous les surveillons. Evidemment, ils coûtent de l'argent.
Et donc c'est normal de surveiller et de contrôler face à ce qui peut exister. C'est-à-dire des abus. 550 000 contrôles ont été menés a priori ou a posteriori, et près de 90% des sommes indues ont été recouvrées.
Ces dispositifs surtout, nous les maintenons dans la durée, et nous les adaptons aux mesures qui sont prises et aux demandes des différents secteurs. Cela a par exemple été le cas encore récemment pour les acteurs de la montagne ou pour les commerces qui doivent aujourd'hui fermer à 18h en raison du couvre-feu. Cette logique se poursuivra évidemment.
En même temps que nous surveillons attentivement l'épidémie et que nous aidons les Français à traverser cette période, nous continuons à mener de front notre campagne vaccinale. Nous avions fixé comme objectif de vacciner un million de personnes d'ici à fin janvier. Et cet objectif, nous l'avons non seulement atteint une semaine plus tôt, mais nous l'avons déjà dépassé.
A cette date près de 1,2 million de personnes ont reçu une première injection. Il faut évidemment s'en réjouir. Nous mettons tout en oeuvre pour minimiser le temps entre la réception des doses et l'injection du vaccin.
Ainsi évidemment que pour augmenter le nombre de doses dont nous disposons en France. Chaque semaine, les laboratoires doivent nous livrer des stocks plus importants. Nous attendons une décision dans les prochains jours de l'Agence européenne du médicament qui pourrait permettre l'arrivée d'un nouveau vaccin sur le marché.
Nous sommes mobilisés enfin pour que d'autres laboratoires puissent produire des vaccins existants et déjà autorisés. Et vous avez vu que des informations importantes en ce sens ont été communiquées dans les dernières heures. Une campagne vaccinale telle que celle-ci exige une logistique et un engagement exceptionnel de tous les acteurs de la santé, de l'Etat et des élus locaux.
Le président a, ce matin, salué leur travail et leur engagement et je veux à mon tour remercier toutes celles et tous ceux qui participent au succès de cette campagne vaccinale. Mesdames, messieurs, le Conseil des ministres a été l'occasion d'adopter trois textes sur lesquels je vais revenir très rapidement. Le 1er est un projet de loi autorisant une convention d'entraide judiciaire et d'extradition entre la France et le Mali.
Cet accord est bénéfique à nos deux pays. Il permet de consolider notre partenariat de sécurité et de s'assurer qu'aucun délit ne reste impuni. Pouvoir aboutir à cette convention pour la coopération française, pour la protection de nos ressortissants est une nouvelle preuve de la relation de confiance que nous menons avec le Mali. 2d texte à l'ordre du jour du Conseil des ministres ce matin, une ordonnance sur la formation des élus des communes de Nouvelle-Calédonie.
Concrètement, il s'agit de renforcer les capacités offertes aux élus locaux calédoniens de se former en ayant une meilleure visibilité sur le catalogue à leur disposition, ou encore en renforçant les capacités de financement de ces formations. Dernier texte examiné ce matin, une ordonnance relative aux services privés de recrutement et de placement des gens de mer. Il s'agit notamment de préciser les activités de ces services et le cadre de mise à disposition des gens de mer sur des navires privés.
Enfin, ce Conseil des ministres a été l'occasion de revenir sur les réformes prioritaires majeures menées depuis 2017. S'agissant du ministère de la Justice, le garde des Sceaux a fait un point sur ces réformes. Il a d'abord évoqué ce qui est une réelle évolution pour les magistrats, les enquêteurs et pour les citoyens, c'est le déploiement de la procédure pénale numérique.
Ce projet porté conjointement avec le ministère de l'Intérieur vise à dématérialiser l'intégralité de la chaîne pénale, de la plainte jusqu'au jugement et aux archives. Cela permettra une utilisation plus facile pour tous les acteurs et une accessibilité renforcée de notre justice qui est un enjeu évidemment extrêmement important. Après des phases d'expérimentation, le déploiement de la procédure pénale numérique a commencé en octobre dernier et présente déjà quelques évolutions notables.
Je veux également insister sur la plainte en ligne intégrée à ce chantier et portée par le ministère de l'Intérieur. La plainte en ligne, c'est une étape forte pour faciliter la vie des Français et s'assurer qu'aucune infraction ne reste impunie. Les pré-plaintes en ligne qui permettent de prendre rendez-vous sont déjà accessibles et il sera désormais possible pour certains délits de rédiger sa plainte à distance et de la signer sans avoir à se déplacer.
Autre chantier majeur du ministère de la Justice, la dématérialisation de bout en bout de l'aide juridictionnelle. C'est un projet important pour garantir l'accès de tous à la justice et aux droits. Une expérimentation sera menée à Rennes à partir de mars 2021 avant une généralisation de la mesure d'ici à mars 2022.
C'est une avancée majeure, car elle permet une réduction drastique des délais à terme de 50 à 5 jours. Cet objectif de proximité, c'est aussi celui porté par la justice de la vie quotidienne. Il s'agit concrètement de simplifier et d'accélérer le traitement des petites infractions, comme on a coutume de les appeler, de tenir des audiences foraines dans les territoires ou encore d'augmenter les méthodes alternatives aux poursuites pour des sanctions rapides et parfaitement appliquées.
Il s'agit aussi d'augmenter les effectifs de la justice. Ce sera le cas grâce, je le rappelle, à une hausse exceptionnelle et historique des moyens du ministère de la Justice. Cette année, il s'agit au fond qu'avec ces moyens accrus investis, la réponse pénale soit plus rapide, plus proche et plus efficace.
Enfin le garde des Sceaux a insisté sur le développement des travaux d'intérêt général, les TIG, à travers deux plateformes numériques qui permettent une meilleure offre et un meilleur suivi de leur exécution. Fin 2021, leur gestion sera entièrement dématérialisée. Voilà, mesdames et messieurs ce que je pouvais vous dire du Conseil des ministres de ce matin, et je me tiens maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions. -Bonjour.
Agathe Lambret pour BFMTV. La pression du monde scientifique en particulier monte. Et pourtant vous attendez avant de décider de reconfiner.
Est-ce que vous estimez, est-ce que vous mesurez que c'est risqué ? Enfin, vous nous avez parlé, malgré cette attente, de différents scénarios que vous étudiez. Est-ce-que vous pourriez nous en dire plus sur ces scénarios.
On entend parler de confinement dur, léger, de couvre-feu associé à un confinement le week-end. Et enfin, dernière question. Vous avez parlé d'associer les élus à ces scénarios, et les syndicats.
Est-ce que tout cela se ferait dans les jours qui viennent avant dimanche, ou est-ce que c'est sur le plus long terme ? Merci. -G.
Attal : Merci pour votre question. Alors j'ai caractérisé à l'instant la situation épidémique dans notre pays. Je le rappelle un plateau haut qui augmente, une incidence qui augmente, une pression sur l'hôpital qui augmente, une diffusion des variants qui est à l'évidence importante et rapide.
C'est dans ces conditions que nous avions pris en anticipation le couvre-feu avancé à 18h. Il y a des expressions scientifiques nombreuses, et c'est important. Il y a des expressions du président du conseil scientifique, le professeur Delfraissy, qui, lui-même, a considéré qu'il était important de mesurer pleinement les effets du couvre-feu à 18h, et c'est ce que nous faisons, mais ce que je disais à l'instant, c'est que nous travaillons en anticipation de ce point d'étape qui sera fait et de ces conclusions qui seront tirées sur le couvre-feu à 18h au bout des deux semaines qui avait été l'engagement du 1er ministre, parce que nous considérons, je le disais à l'instant, que le couvre-feu à 18h a, à ce stade en effet, une efficacité relative qui est réelle, mais qui n'est pas suffisante à ce stade.
Et c'est donc en anticipation avant de tirer les conclusions au bout des deux semaines que nous envisageons plusieurs scénarios. Pour répondre à vos questions, ce sont plusieurs scénarios qui vont d'un maintien du cadre actuel avec le couvre-feu à 18h jusqu'à un confinement très serré. Ces différents scénarios ont été abordés ce matin, et je rappelle que le président de la République a demandé au gouvernement des analyses complémentaires épidémiologiques et scientifiques sur chacun de ces scénarios et que dans le même temps, des concertations vont être menées par le 1er ministre à la demande du président de la République, avec le comité de liaison parlementaire, les groupes parlementaires représentés au Parlement, avec les partenaires sociaux et les associations d'élus.
Ces concertations approfondies vont se dérouler dans les tout prochains jours. -Bonjour. Simon Le Barron, France Inter.
Je poursuis la question de ma consoeur. Vous dites que l'efficacité du couvre-feu est relative. Ca veut dire que vous savez déjà, avant même le bilan des quinze jours qui aura lieu samedi, que cette efficacité n'est pas suffisante.
Ca veut dire on peut dire clairement...
Vous, est-ce que vous pouvez dire clairement aux Français aujourd'hui qu'il y aura des restrictions inévitablement dans les prochains jours ? -G. Attal : Je vous remercie d'avoir repris mes propos.
Il faut les reprendre dans leur intégralité. Ce que j'ai dit, c'est que le couvre-feu avait été annoncé à 18h pour 2 semaines. Ces 2 semaines ne sortent pas de nulle part.
Vous savez que les scientifiques eux-mêmes disent que pour une telle mesure, il faut au moins 2 semaines pour en mesurer pleinement les effets. C'est pourquoi le 1er ministre avait parlé de 2 semaines, mais qu'à ce stade, nous sommes proches des deux semaines. A ce stade, l'efficacité est relative.
C'est-à-dire qu'il y a une efficacité qui ralentit la progression du virus, mais que le virus continue à progresser, que les variants, par ailleurs, se développent à un rythme important. Et c'est pour ça que nous anticipons avant ces deux semaines pour travailler à des scénarios qui seront expertisés dans les prochains jours, discutés avec les partenaires sociaux et les responsables politiques. Et je vous ai dit de manière très transparente que ces scénarios allaient d'un maintien du cadre actuel jusqu'à un confinement très serré. -Si je vous entends bien, le 1er de ces scénarios, le maintien du cadre actuel couvre-feu à 18h... -G.
Attal : A ce stade, paraît peu probable évidemment. Mais nous expertisons ces différents scénarios à la lumière des données scientifiques et épidémiologiques dont nous disposons. -Merci. -Bonjour.
Bastien Augey. TF1/LCI. On a vu des images d'émeutes aux Pays-Bas.
On sait aussi que les Français sont de plus en plus réticents à l'idée d'un confinement. Est-ce que vous avez peur d'une désobéissance civile des Français, de certains Français, si jamais vous décidez d'un confinement ? Est-ce que vous avez peur de voir en France ces images d'émeutes ?
Et est-ce que, plus généralement c'est cette peur-là qui guide aussi le fait que vous temporisez ? Et est-ce que ça jouera dans la décision de confiner ou pas ? -G.
Attal : Alors vous savez, ce matin, ce que nous avons abordé sur la situation épidémique, sur les différents scénarios possibles, ce sont évidemment les données sanitaires directes s'agissant de l'épidémie de COVID, indirectes s'agissant d'autres pathologies qui doivent aussi pouvoir être prises en charge dans les meilleures conditions les effets économiques, les effets sociaux, les effets sociétaux, évidemment que nous prenons tout cela en compte. Je vais vous le dire, moi, je sais parfaitement qu'il y a une lassitude chez beaucoup de Français. Nous aimerions tous pouvoir sortir de cette épidémie, et nous travaillons tous à pouvoir sortir de cette épidémie.
Il y a une lassitude évidente vis-à-vis de l'épidémie chez les Français, mais chez, je pense, l'ensemble des citoyens de l'ensemble des pays du monde. Il y a une lassitude aussi très forte chez nos soignants qui sont mobilisés à l'hôpital et qui continuent à faire face avec, je le rappelle, un niveau élevé d'hospitalisations et de réanimations liées au COVID. Je crois que c'est aujourd'hui 57% qui sont liés à la COVID.
Et donc évidemment que nous en sommes conscients. Et nous continuerons à prendre toutes les mesures qui sont nécessaires pour protéger les Français, pour protéger notre hôpital face à la circulation du virus et face à l'épidémie. Je rajouterais que vous faisiez état d'images qui ont pu être vues chez un certain nombre, dans un certain nombre de pays qui nous sont proches.
Il y a eu ces derniers mois des images et des situations de tension dans un certain nombre de pays. Elles sont réelles, et moi je veux vraiment insister sur le fait que depuis le début de cette crise, les Français ont fait énormément d'efforts. Ils continuent à faire beaucoup d'efforts en responsabilité.
Et ça, je pense que c'est important de le dire avant de focaliser... de nous-mêmes s'auto... nous auto-convaincre que ça ne serait pas le cas.
Je ne crois pas. Les Français font des efforts, ont fait des efforts. On l'a vu d'ailleurs avec la situation épidémique qui était restée maîtrisée au moment des fêtes.
Et je pense que c'est important de le signaler et de le garder toujours à l'esprit. -Bonjour, M. le ministre, Louis de Raguenel, Europe 1.
J'avais trois questions. La 1re, on entend parler de renforcement des contrôles sanitaires aux frontières. Est-ce qu'il y a des mesures qui vont être annoncées ?
Est-ce qu'il y a des discussions avec les compagnies aériennes ? Ma 2e question est un peu une sous-question de celle-là. Est ce qu'il y aura des renforcements des contrôles sanitaires sur le territoire français ?
Est-ce que ce sera fait par la police, par les services du ministère de la Santé ? Et ma dernière question porte sur l'entreprise. Une startup bretonne, Valneva, dont la recherche est financée par le Royaume-Uni à 80%.
Et on entend parler de cette entreprise parce que manifestement il y a 60 millions de doses qui ont été commandées et qui vont être livrées au Royaume-Uni. Est-ce que la France aurait pu anticiper et acheter un certain nombre de doses de cette entreprise avant ? -Sur le premier point sur la question des frontières, vous le savez, les mesures ont été renforcées.
Des mesures ont été prises dès le début de la crise. en mars 2020 avec la fermeture des frontières extra-européennes aux non-ressortissants français, C'est-à-dire pour rejoindre la France d'un pays extérieur à l'Union européenne, il faut avoir la nationalité française, un titre de séjour valable ou un motif de dérogation qui sont extrêmement limités. Ces mesures ont ensuite été renforcées progressivement avec la mise en place de tests PCR obligatoires soit au départ, soit à l'arrivée et la semaine dernière, vous vous en souvenez, après les annonces du 1er ministre, avec l'obligation d'un test réalisé au départ et qui doit être négatif pour embarquer vers la France.
Tout ce travail se fait évidemment dans une coordination européenne, et chacun peut le comprendre. Si un pays prend seul des mesures de restriction ou d'interdiction de ses frontières avec des pays extérieurs à l'Union européenne mais que la circulation reste possible même si elle est évidemment contrôlée entre pays de l'Union européenne, il suffit à ce moment-là pour quelqu'un qui vient d'un pays dont les frontières sont totalement fermées avec un autre pays de passer par un autre pays de l'Union européenne pour le rejoindre. C'est pour ça que nous travaillons en concertation européenne qu'il y a eu un Conseil européen qui s'est tenu la semaine dernière auquel le président de la République a évidemment participé et dans lequel il a fait des propositions.
C'est pour ça que les travaux se poursuivent. Il y a aujourd'hui un Coreper qui se tient et qui abordera spécifiquement ces questions. Le président de la République a demandé d'instruire deux pistes, deux scénarios, et de les porter au niveau européen.
Le 1er, c'est un durcissement des contrôles et un durcissement des règles aux frontières, en particulier extra-européennes. C'est un 1er point qui est actuellement travaillé et discuté dans un cadre européen à l'initiative de la France. Et puis ensuite des sanctions contre des compagnies aériennes qui opéreraient avec des pays extérieurs à l'Union européenne et qui ne respecteraient pas manifestement les règles qui ont été fixées avec le test PCR négatif obligatoire pour embarquer.
Des sanctions qui pourraient se traduire jusqu'à une interdiction temporaire ou définitive d'opérer avec la France, et d'atterrir ou de décoller dans des aéroports français. Ces deux sujets sont actuellement à travailler, et dans les prochaines heures, les prochains jours, ces deux sujets doivent aboutir. Sur la dernière question que vous avez posée, je n'ai pas d'informations sur ce sujet.
Je n'ai pas entendu parler de ce dossier. Je m'engage à me renseigner auprès de mes collègues et à revenir vers vous avec une réponse. -Bonjour.
Yannick Falt, France Info. un point agenda qui peut avoir son importance. Est-ce que vous confirmez une conférence de presse du 1er ministre demain jeudi ?
Est-ce qu'une allocution du président est envisagée voire actée ? Et vous parliez de la concertation avec les groupes parlementaires, est-ce qu'un débat au Parlement est envisagé à ce stade avec possiblement un vote, comme ç'avait été le cas en avril avec Edouard Philippe ou en octobre avec Jean Castex ? Merci. -G.
Attal : Ce que je peux vous dire, c'est que ce qui est prévu à ce stade, je le disais à l'instant, c'est cette concertation approfondie avec le comité de liaison parlementaire Donc les parlementaires avec les partenaires sociaux et avec les associations d'élus. Ce qui est prévu à ce stade pour demain, c'est un point d'information par le ministre de la Santé, le directeur général de la Santé et des scientifiques sur l'état de la circulation du virus dans notre pays, sur la situation sanitaire à laquelle nous faisons face. Et pour le reste, nous vous tiendrons évidemment informés si d'autres éléments sont à mettre à l'agenda.
Mais à ce stade, c'est ceux-là qui sont prévus. -Bonjour. Elizabeth Pineau de l'agence Reuters.
Une question sur les vaccins et le problème des fabricants de vaccins qui ont du mal à respecter leurs obligations en la matière. Et on sent des tensions qui commencent à naître entre capitales : Paris, Londres, Bruxelles, Budapest. Est-ce qu'il faut s'inquiéter de ces tensions ?
Quel est le point de vue de la France concernant ces tensions ? Est-ce qu'on peut parler de nationalisme de certains pays en matière vaccinale ? Et faut-il s'en inquiéter ?
Merci. -G. Attal : L'épidémie, c'est un défi mondial.
Et c'est le monde entier qui doit l'affronter. Il y a de très grands pays très puissants qui l'affrontent, et le choix que nous avons fait avec nos partenaires européens, c'est de l'affronter en Européens depuis le début de cette crise. Et ce choix, nous avons eu raison de le faire, et nous continuons à le faire, car c'est comme ça que nous pouvons peser.
C'est comme ça que nous pouvons garantir que nous avons pu garantir un très haut niveau de commandes de doses qui arrivent progressivement sur le continent européen et dans les différents pays européens. Le vaccin arrive très vite. La première personne vaccinée dans le monde l'a été moins d'un an après que le premier cas soit identifié, séquencé de cette épidémie.
C'est historique en termes de rapidité et de capacité à trouver aussi rapidement un vaccin. Et nous savons que dans ces conditions, il peut y avoir des enjeux industriels, des enjeux de production qui peuvent ralentir momentanément, on l'a vu ces dernières semaines, la production. Ces sujets-là, ces difficultés-là, chacun peut les comprendre, mais ce qui ne peut pas être compris, c'est qu'il y ait un ralentissement de livraisons ou des différés de livraison pour des raisons qui ne sont pas objectivées.
C'est la raison pour laquelle nous travaillons dans un cadre européen avec les différents laboratoires. Vous savez par ailleurs que le président de la République a reçu, en début de semaine, les laboratoires. Et ce que nous demandons, dans un cadre européen, je crois que la présidente de la Commission européenne a été claire aussi sur ce point, c'est de la responsabilité et de la transparence.
On ne peut pas se dédire sans expliquer les difficultés auxquelles on fait face. Le président de la République est en faveur d'une mesure de contrôle. C'est-à-dire la capacité à aller observer ce qui se passe dans les usines dès lors que des difficultés sont évoquées.
C'est prévu par ailleurs dans les contrats que nous avons signés puisqu'il y a une capacité d'audit qui est prévue dans ces contrats. Et puis le président de la République est évidemment favorable, évidemment en coordination avec nos partenaires européens, qui sont également sur cette ligne, à ce que puissent s'opérer des contrôles à l'export, non pas pour empêcher des exportations. Il y a des exportations de vaccins et c'est normal.
Il y a des vaccins qui sont produits sur le sol européen qui sont exportés à l'étranger, de même qu'il y a des vaccins produits aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne qui sont exportés en France ou en Europe. Il ne s'agit évidemment pas de revenir sur cela. Mais simplement de vérifier et de confirmer que les commandes réalisées que les contrats signés sont honorés.
Et sur ces deux points, nous travaillons avec la Commission européenne. -Merci. -Bonjour.
Laurence Benhamou de l'AFP. J'ai plusieurs questions. D'abord vous parliez de scénarios possibles.
Est-ce qu'à l'intérieur de ces scénarios, on peut imaginer un durcissement par exemple sur le port des masques ? On sait que l'Allemagne veut imposer des masques FFP 2. Petite question subsidiaire.
Est-ce que nous en avons assez ? 2e question, est-ce que dans ces scénarios est envisagé les appels à un auto-confinement des personnes fragiles, un peu plus insistants, de manière à pouvoir laisser ouvertes les écoles et pourquoi pas les universités ? Il y a eu cette vidéo de Jean Castex avec un étudiant qui laissait apparemment entendre qu'on pourrait maintenir cette annonce du président sur un jour par semaine.
Et puis dernière chose, pour reparler des frontières, l'Allemagne, toujours elle, envisage de bloquer les arrivées aériennes. Est-ce que la France étudie un tel scénario ? Merci. -G.
Attal : Sur le premier point, je crois que j'ai été assez clair sur les différents scénarios, sur la gradation entre ces différents scénarios et je ne vais pas ici rentrer dans le détail. Encore une fois, le président de la République a demandé des expertises complémentaires épidémiologiques ou scientifiques. Sur la question que vous avez abordée sur les masques, je rappelle que le gouvernement a saisi le Haut Conseil à la santé publique sur l'adaptation des gestes barrières, la distance, les masques, en raison de la circulation du virus et de l'apparition des variants.
Cet avis a été remis et que le gouvernement a eu l'occasion de s'exprimer, notamment s'agissant des masques artisanaux qui ne doivent plus être utilisés, les fameux masques faits maison, selon la recommandation qui avait été faite par le Haut Conseil à la santé publique. Je ne crois pas qu'il y en avait d'autres sur les autres sujets de masques que vous avez évoqués, même si évidemment, nous continuons à suivre la situation et les recommandations qui nous sont faites par les scientifiques indépendants qui nous font ces recommandations. Sur le deuxième point, je crois avoir déjà répondu que le président de la République était en faveur d'une augmentation des contrôles sanitaires à nos frontières, particulièrement s'agissant des pays extérieurs à l'Union européenne.
Que par ailleurs, ce sont des mesures et des décisions qui doivent être prises dans un cadre européen. Je ne vais pas refaire la démonstration, mais dès lors qu'il y a une liberté de circulation en Europe, je rappelle qu'elle est maintenant contrôlée, puisque lorsque vous prenez l'avion d'un pays européen vers la France, vous devez présenter un test PCR négatif à l'embarquement. Mais dès lors qu'il y a une circulation qui est possible, il faut évidemment qu'il y ait une harmonisation des frontières avec les pays extérieurs à l'Union européenne, sinon indirectement, tout le monde pourra toujours circuler d'un pays à l'autre.
C'est dans ce cadre-là que nous travaillons actuellement. Vous avez évoqué des pistes qui sont évoquées en Allemagne, et évidemment cela fait partie des pistes qui sont sur la table et nous travaillons à cette coordination européenne. Je vous ai dit que les différents scénarios, je ne rentrais pas davantage dans les détails. -Sylvie Corbet, Société de presse.
Une question sur les Outre-mer. Les vaccinations à Mayotte n'ont pas encore commencé. Ca vient à peine de commencer en Guyane.
Or ce sont des endroits très exposés aux variants, notamment brésiliens et Afrique du Sud, en raison de leur localisation. Les populations sont en colère quand elles voient l'accélération conséquente en métropole. Qu'est-ce que vous leur répondez ? -G.
Attal : Je leur réponds d'abord que nous permettons la vaccination pour les Français sur le territoire. Et ça vaut évidemment pour tous les Français sur tous les territoires de la République. Et au même titre que des départements de l'Hexagone, évidemment que ces territoires sont concernés par la campagne vaccinale et par son accélération.
Il y a des réalités démographiques et géographiques qui sont évidemment différentes. Notamment le fait que nous avons démarré la campagne de vaccination, vous le savez, sur les plus fragiles, et notamment les résidents en maison de retraite, et qu'il y a très peu, voire pas de maisons de retraite dans certains territoires évoqués. Ensuite que la population âgée de plus de 75 ans dans ces territoires est en moyenne très nettement inférieure à celle de l'Hexagone.
Je ne dis pas ça pour dire qu'il faut attendre avant de lancer la campagne de vaccination dans ces territoires. Je dis que cela explique le fait que dès lors que nous ciblons des publics prioritaires sur le territoire national, c'est une réalité qui existe sur l'intégralité du territoire national. Pour autant, nous avons pris des mesures et nous prenons encore des mesures pour garantir l'approvisionnement et l'accélération de la campagne de vaccination dans les territoires ultramarins.
L'armée nous apporte un concours extrêmement important, logistique, parce qu'il y a évidemment un enjeu logistique à livrer des super congélateurs, des doses qui en plus se transportent, vous le savez, dans des conditions extrêmement particulières dans ces territoires. Et je peux vous dire que les congélateurs, les doses sont bien arrivés, que la vaccination a débuté. Evidemment elle va s'amplifier et s'accélérer au même rythme qu'elle s'amplifie et qu'elle s'accélère sur tout le territoire. -Merci.
J'ai une 2e question sur un tout autre sujet. Six ONG dont Amnesty International annoncent aujourd'hui une action de groupe contre l'Etat pour mettre fin aux contrôles au faciès par la police. C'était un sujet qui avait été évoqué, notamment par Emmanuel Macron, en décembre.
Quelle est la réaction du gouvernement sur cette action ? -G. Attal : Ecoutez.
Je n'ai pas vu ces déclarations. Moi, ce que je peux simplement vous redire, c'est effectivement les déclarations qui ont été faites par le président de la République et vous rappeler que s'est ouvert un Beauvau de la sécurité qui permet de travailler avec les forces de sécurité intérieures dans notre pays à l'amélioration de leurs conditions de travail, qui est un élément fondamental pour nous, qui nous a conduits à augmenter les recrutements de policiers, de gendarmes, à améliorer le parc automobile, à payer les heures supplémentaires, à rénover les commissariats qui aborde aussi d'autres enjeux et notamment l'enjeu du lien entre police et population ou entre la police et les médias. Et c'est dans ce cadre-là évidemment que nous avançons. -Bonjour.
Ania Nussbaum de Bloomberg News. Une petite précision. Donc si j'ai bien compris, à ce stade, il n'est pas prévu que M.
Castex s'exprime aux côtés de M. Véran, demain. Je veux bien m'en assurer. 2me question, sur les restrictions aux frontières.
Que pense le président de restrictions plus importantes aux frontières à l'intérieur de l'Union européenne ? Et quel est le calendrier pour la prise de décision de l'Union européenne ? Enfin, une question sur AstraZeneca, les fameux retards de livraison.
Est-ce que ça va ou pas du tout affecter le calendrier vaccinal de la France ? Et est-ce que vous soutenez la proposition allemande pour limiter l'exportation des vaccins ? -Il y a une partie des réponses auxquelles j'ai répondu tout à l'heure, puisque j'ai dit sur le dernier sujet que le président de la République était favorable à un mécanisme de contrôle des exportations.
Je ne crois pas que la proposition allemande ou la piste que vous évoquez soit de les limiter par principe. Donc je le disais tout à l'heure, il y a des exportations de vaccins dans un sens comme dans l'autre. Il y a des vaccins produits dans l'Union européenne qui ont vocation à honorer des contrats établis avec des pays en dehors de l'Union européenne, et il y a des vaccins produits dans des pays en dehors de l'Union européenne, qui ont vocation à rejoindre le territoire européen.
La France et les autres pays. Et c'est comme ça que cela fonctionne. L'important dans les contrôles, c'est de vérifier que les contrats qui ont été signés sont honorés et que les doses qui ont été prévues sont livrées, sauf évidemment s'il y a des difficultés de production.
Et dans ces cas-là on les met sur la table. Et c'est dans ces conditions que des audits peuvent avoir lieu pour s'en assurer. Moi, je veux le redire, il y a un engagement très fort, une mobilisation très forte des laboratoires pharmaceutiques pour d'abord découvrir et ensuite produire ce vaccin.
Il peut y arriver dans une telle rapidité qu'il y ait des difficultés passagères de production. Dans ces cas-là, on les met sur la table, on s'en explique et on établit un calendrier et un échelonnement. C'est ce qui a été fait, vous vous en souvenez, avec le laboratoire Pfizer.
Il y a eu un ralentissement sur une semaine puis ensuite les doses sont revenues à un rythme qui est celui qui était prévu. Elles sont même rattrapées. S'agissant du ralentissement qui a eu lieu pendant une semaine.
Il y a d'autres discussions en cours avec le laboratoire AstraZeneca notamment. Et évidemment, tant que ces discussions sont en cours, je ne peux pas vous donner de conclusion s'agissant de la stratégie vaccinale, même si, je le rappelle, c'est toujours important de le dire, le choix que nous avons fait en France et en Europe, c'est de ne pas mettre tous nos oeufs dans le même panier, si je peux me permettre cette expression et donc d'avoir des précommandes et des commandes de vaccins auprès d'un panel de laboratoires, de différents laboratoires. -Et sur M.
Castex. Les restrictions aux frontières et l'intervention... -G.
Attal : Je vous ai dit l'agenda était prévu à ce stade. Il peut toujours y avoir des évolutions dans l'agenda, mais c'est ce qui est prévu à ce stade. Je suis le plus transparent possible avec vous, comme à chaque fois, vous le savez.
Et sur la question des frontières, j'avais aussi répondu aux anticipations puisque j'ai dit que dans le cadre de la coordination européenne, par ailleurs du couple franco-allemand, qui est évidemment toujours très fort, y compris dans cette crise, nous sommes favorables à une augmentation des contrôles aux frontières, notamment aux frontières extra-européennes. -Une décision peut être annoncée sur ce sujet-là ? -Je crois que les discussions sont en cours.
Je disais qu'il y avait un Coreper qui se réunissait aujourd'hui et que dans les prochains jours, il peut y avoir des décisions sur ce sujet-là il me semble. -Merci. -S'il n'y a pas d'autres questions...
Si ? J'ai tenté. -Désolée.
Les droits des chômeurs avaient été prolongés en novembre jusqu'au 31 janvier à cause du confinement de novembre, donc jusqu'à dimanche. Est-ce que vous envisagez de les prolonger de nouveau ? Merci. -J'ai pas d'annonce à faire sur ce sujet-là.
Je crois que la ministre du Travail évidemment est pleinement mobilisée pour répondre à vos questions. Mais évidemment il y a, je le disais tout à l'heure, un principe que nous avons édicté dès le début de cette crise, qui et le fameux "quoi qu'il en coûte" d'accompagner les acteurs de la vie économique les entreprises, les salariés et les personnes qui sont au chômage dans ces conditions difficiles qui ne sont de la responsabilité de personne. Et donc chacun doit pouvoir être accompagné dans ces conditions difficiles, et évidemment que nous continuerons à le faire.
Merci beaucoup et à la semaine prochaine. J'ai fait tomber mon téléphone.
Gabriel Attal