Eric Zemmour sur CNews interviewé par Christine Kelly
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Face à l'info, 19h, c'est l'heure, édition spéciale avec Éric Zemmour ce soir, le retour de notre ancien éditorialiste, le temps d'une soirée pour analyser la situation politique du moment en trois parties. Le sommaire, alors qu'Emmanuel Macron s'adressera à 20h ce soir pour la première fois depuis la crise politique ouverte et la perte de sa majorité absolue aux élections législatives, comment décrypter la situation politique inédite du moment ? La démocratie est-elle en apesanteur ? La France est-elle gouvernable ? Première partie. Retour sur la présidentielle, retour sur les législatives. Qu'est devenu le parti politique reconquête ? A-t-il encore une âme, un destin, un objectif ?
Quelles ont été les forces et faiblesses du parti ? Faut-il tout arrêter ou aller vers une reconquête politique, idéologique, culturelle ? Éric Zemmour reviendra-t-il, redeviendra-t-il journaliste ? La reconquête d'Éric Zemmour par lui-même ? Deuxième partie. Dernière partie de cette émission, quel avenir pour la France ? Grand déclassement ou grand effondrement ? Quels sont les grands enjeux à venir dans un contexte de politique intérieure inédite et de politique extérieure tendue ? La France peut-elle encore être sauvée ? Troisième partie. Voilà, une heure de face-à-face avec Éric Zemmour. On commente, on écrit, on analyse et c'est parti. Bonsoir Éric Zemmour. Bonsoir.
Merci beaucoup d'avoir accepté cet entretien. J'ai dû insister quand même, je le rappelle, je le dis ouvertement. Et nous avons commencé la saison ensemble de Face à l'Info.
Ça paraît loin.
Eh oui, ça paraît loin. Et je voulais absolument terminer la saison avec vous, parce que moi, demain, c'est ma dernière émission de la saison. Et je voulais la terminer avec vous. Alors, jamais vous n'êtes venu sur ce plateau en campagne, ni pendant la présidentielle, ni pendant les législatives. La dernière fois, vous n'étiez même pas encore candidat officiel. Donc, pour moi, c'est avant tout le retour du mousquetaire. Et même si, malgré justement notre histoire commune, si vous permettez, je vous poserai des questions claires et nettes. Et je sais que vous allez jouer le jeu. Alors, on ne vous a pas entendu depuis les législatives. Le paysage politique est bouleversé.
C'est un moment inédit dans l'histoire du pays. Crise politique, crise de régime sans doute. Quelle analyse portez-vous sur la situation politique de la France ?
Écoutez, j'entends beaucoup ça. J'entends crise politique, crise de régime, etc. Je vais essayer de répondre et d'analyser au plus près, comme on a toujours fait ensemble. On est en face à l'info. D'abord, il faut bien comprendre que ce que nous voyons à l'Assemblée nationale est le produit inévitable de ce qui s'est passé déjà à la présidentielle. Et que je n'ai pas été le seul d'ailleurs à décrire, vous savez, l'émergence de trois blocs. Un bloc mélenchoniste, que j'appelle moi islamo-gauchiste. On verra pourquoi. Un bloc macronien et un bloc national qui est uniquement représenté pour l'instant, en tout cas à l'Assemblée nationale, par le Rassemblement national.
Les législatives ont en vérité consacré cette division ternaire, alors que le scrutin majoritaire, on va revenir aussi, j'imagine, l'empêchait jusqu'alors. En vérité, on dit crise de régime. On dit crise de régime, crise politique, parce que le gouvernement et Emmanuel Macron n'ont pas de majorité absolue. C'est vrai que c'est inédit depuis l'instauration du quinquennat et le renversement du calendrier. Vous vous souvenez que quand on a fait le quinquennat, Jospin et Chirac se sont entendus pour décaler les législatives, pour qu'elles soient après la présidentielle. Ce n'était pas comme ça au départ.
Et donc, de ce fait, quand les Français élisaient le président de la République, ils votaient pour la majorité qui lui a été demandée. Dans la foulée. Dans la foulée. La logique de la cinquième République. Là, pour la première fois depuis cette époque-là, c'est-à-dire depuis une vingtaine, quinzaine d'années, les Français n'ont pas donné une majorité absolue. Mais ils ont quand même donné une majorité au groupe qui soutient Emmanuel Macron. Et personne d'autre, aucun autre opposant n'a la majorité. Ni l'ANUPS, le groupe autour de LFI, ni le Rassemblement National.
Deuxièmement, il faut que tout le monde comprenne bien que cette situation sans majorité absolue est justement ce qu'a prévu le père de la Constitution, Michel Debray. Lui, sous la quatrième République, il n'avait connu jamais de majorité absolue. Les gouvernements changeaient tout le temps. Le gouvernement était renversé tout le temps parce qu'il n'y avait jamais de bloc majoritaire. Donc, il a donné dans la Constitution les moyens constitutionnels de verrouiller une assemblée rebelle. Donc, il n'y a pas de crise de régime. Au contraire, cette situation a été prévue à l'origine par les constituants et par le père de la Constitution, Michel Debray, avec évidemment le général de Gaulle.
Tout ça est conçu. Donc, comprenez bien ce que je dis. La situation est nouvelle. La situation est inédite. Mais on revient à l'origine de la Ve République. D'ailleurs, en 88, quand Mitterrand a été élu, Michel Rocard, son premier ministre, n'avait pas de majorité absolue. Et donc, il a gouverné soit en s'alliant avec les centristes, soit en s'alliant avec les communistes. Vous voyez, à l'époque, il était au milieu de ça. Ou alors avec le 49.3, qui est une des armes qu'a donné la Constitution. Mais ce n'est pas la seule. Il y en a beaucoup d'autres.
Parce que depuis la réforme de la Constitution en 2008...
L'article 49.3 a été, je dirais, affaibli. Mais il existe encore. Et surtout, comprenez bien qu'il y a d'autres articles. Il y a l'article sur le vote bloqué. Enfin, si vous voulez, le gouvernement peut gouverner. Le pouvoir est resté à l'Élysée et à Matignon. Ce qu'il y a, c'est qu'effectivement, l'Assemblée va être plus rebelle, plus explosive. Vous voyez, les oppositions vont pouvoir s'affirmer avec beaucoup plus de vivacité, beaucoup plus de vigueur. Mais Emmanuel Macron a les moyens de gouverner. Mais il prendra plus de temps. Il faudra qu'il aille chercher des majorités relatives. Il faudra, s'il n'a pas de majorité absolue sur un texte, qu'il y ait une majorité pour le renverser.
C'est-à-dire que, en gros, pour parler clairement, le RN et LFI se mettent ensemble avec LR pour renverser le gouvernement. Vous voyez, pardonnez-moi d'avoir fait comme ça une description de droit constitutionnel, mais je crois que c'est important. Donc il n'y a pas de crise de régime. La 5e République a été faite pour cette situation. C'est d'ailleurs le grand paradoxe, si vous me permettez. C'est que Jean-Luc Mélenchon, qui avait lancé sa grande campagne sur le thème « Élisez-moi Premier ministre », vous avez bien compris pourquoi il faisait ça, pour justement pervertir de l'intérieur, déconstruire la 5e République.
Parce que le Premier ministre est nommé par le président, et non pas par le peuple. Vous voyez, mais il se retrouve dans une situation qui est profondément la quintessence même de la 5e République.
Donc vive la démocratie, en fait.
En tout cas, les institutions sont faites pour cette situation.
Alors lorsque vous dites 3 blocs, et le premier parti de France, c'est 25-26 millions de Français, ces abstentionnistes.
Alors là, vous avez tout à fait raison. En fait, mon raisonnement, et qui n'est pas seulement le mien, des 3 blocs, à peu près à 12-13 millions d'électeurs, oublie, vous avez tout à fait raison, un 4e bloc, qui est le bloc des abstentionnistes. Là, par exemple, pour les législatives, en vérité, on n'a pas davantage voté qu'en 2017. Il y a toujours un peu moins de 50% de gens qui sont allés voter. Et pour la plupart, ce sont des gens plutôt âgés, il y a moins de jeunes, on sait tout ça. Donc effectivement, vous avez raison, il y a aussi un problème majeur de l'abstention.
Et d'ailleurs, ce qui fait et ce qui fera peut-être que la situation politique actuelle est fragile, n'est pas installée, parce qu'il y a des millions de gens qui, en allant voter, pourront changer complètement le cours des choses.
Et qui ne se retrouvent pas, malgré, justement, cette percée démocratique au sein de l'Assemblée nationale.
Absolument. Et qui ne se retrouvent pas, parce que, sans doute, l'offre politique ne leur convient pas. Il n'y a pas une autre partie qui leur convienne mieux. Ou parce qu'ils pensent que la politique ne sert plus à rien. Je pense qu'il y a beaucoup, vous savez, on en avait parlé quand j'étais ici, dans Face à l'Info, le choc qu'a constitué le référendum de 2005, où la majorité avait voté non au traité constitutionnel européen, et que Nicolas Sarkozy, ensuite, a fait voter par la majorité de l'Assemblée nationale, le texte à peu près similaire. Donc les gens en ont assez.
Les gens ont compris instinctivement que l'essentiel de la loi était fait à Bruxelles, qu'ensuite, même quand le Parlement s'appropriait ses lois, et là, on va le voir, il va beaucoup plus s'approprier, il ne va pas être des gaudillots, vous voyez, donc il y a des gens qui vont discuter la loi. Mais ensuite, il va y avoir le juge constitutionnel qui va mettre son grain de sel et qui a vie de droit ou de mort sur les lois votées par le Parlement. Les gens ne sont pas des spécialistes de droit constitutionnel, mais ils comprennent cela. Et ils comprennent que le pouvoir politique n'a plus le pouvoir qu'il avait il y a 30 ans, il y a 40 ans. Et je pense que ça joue dans leur désamour.
C'est pour ça que moi, pendant la présidentielle, j'avais proposé de passer davantage par le référendum. Et il y avait un vrai affrontement qui n'est jamais venu à la surface entre Laurent Fabius et moi, puisque Laurent Fabius avait déclaré d'avance, il est président du Conseil constitutionnel, il avait déclaré d'avance que le futur président de la République ne pourrait pas utiliser l'article 11 de la Constitution, comme le général de Gaulle l'avait fait, c'est-à-dire pour passer par-dessus les parlements, le Conseil constitutionnel, etc. Ça présageait d'un conflit avec le Conseil constitutionnel. Vous voyez, tout ça, je pense, explique l'abstention.
Et je pense que pour réduire l'abstention, on n'y arrivera pas par des moyens cosmétiques, comme voulait le faire, là, Emmanuel Macron, mais je pense que ça a du plomb dans l'aile, avec le Conseil national, vous voyez, tout ça, c'est du, en vérité, c'est du médiatique, c'est du cosmétique. Il faut rendre le pouvoir au peuple par le référendum.
Beaucoup de questions. Qu'est-ce qui est cosmétique ? Le Conseil national de l'eurofondation ?
Bien sûr.
D'accord.
Et on va parler tout à l'heure de l'Union nationale aussi, qui veut faire, on en parle dans un instant. J'aimerais revenir sur les trois blocs. À l'intérieur des trois blocs, est-ce qu'il n'y a pas des lignes de fracture importantes et qui peuvent peser ?
Bien sûr. Il y a des lignes de fracture au sein de la Macronie, avec Édouard Philippe, avec d'autres, etc. Il y a des lignes de fracture évidentes dans le bloc islamo-gauchiste de Mélenchon, avec le Parti social élé, les anciens partis, le Parti socialiste, les Verts, le Parti communiste, qui se sont ralliés à Mélenchon parce qu'ils étaient tellement affaiblis qu'ils voulaient sauver leurs députés, leurs groupes, leur argent public. Il ne faut pas oublier cet élément. Et il y a évidemment des lignes de fracture au sein du bloc national, entre le Rassemblement national, Reconquête, les LR qui ne veulent pas aller chez Macron. C'est tout ça que j'appelle le bloc national.
Et vous voyez bien qu'il est profondément divisé, que c'est le seul qui n'a pas réussi à s'unir, même pour les législatives. Donc oui, vous avez raison, il y a des lignes de fracture au sein de chacun de ces groupes. Mais moi, ce que j'essayais de voir, c'est avoir une vision un peu sociologique et politique. Vous voyez, il y a le bloc macronien qui est essentiellement celui de la France d'aujourd'hui, d'une France des métropoles, d'une France pro-européenne, d'une France qui veut surtout garder ce qui est et garder leur position acquise, surtout des gens plutôt âgés.
Il y a une France islamo-gauchiste qui, je le rappelle, Mélenchon a été élu par 69% des musulmans qui ont voté pour lui, avec à côté de ça des gens plutôt d'extrême-gauche, des étudiants, des intellectuels déclassés, vous voyez, des gens qui vivent dans les métropoles, etc., etc. Mélenchon et ses élus et ses députés ont fait 60-70% dans les banlieues islamisées. Et puis, il y a le bloc national avec, évidemment, le gros qui est tenu par le Rassemblement national de Marine Le Pen, mais aussi Reconquête et aussi, je le répète, des LR qui ne voudraient pas aller avec Macron. Et ceux-là, qu'est-ce que c'est ? Ce sont les Français qui veulent que la France reste la France, en vérité.
Alors, dans un instant, dans la deuxième partie, on va s'arrêter un peu sur Reconquête, sur les forces, les faiblesses dans la deuxième partie. Mais là, pour l'instant, restons déjà dans le bloc national. Reconquête n'est pas, donc, à l'Assemblée nationale. Personne n'a vu venir les 89 députés du Rassemblement national. Comment est-ce qu'on peut expliquer que personne n'a vu venir ces 89, 10 fois plus qu'ils ont ?
Vous avez raison, personne, même pas Marine Le Pen, elle l'a dit elle-même, même pas les dirigeants du Rassemblement national, par moi, personne, ni les sondeurs, etc. Parce que je pense, tout simplement, que personne n'a vu venir le fait que le cordon sanitaire, vous savez, ce fameux cordon sanitaire qui faisait que, depuis 30 ans, la droite s'interdisait de voter pour le Rassemblement national, la droite LR, ce qu'on appelait le RPR et l'UDF auparavant, les Chirakiens, vous voyez, tous ces gens-là, et qu'aujourd'hui, ce cordon sanitaire a en partie sauté. Pas complètement, mais il a en partie sauté. On le voit. Moi, j'y vois. D'abord, je veux dire que je m'en réjouis.
Parce que vous savez bien, vous m'avez écouté pendant deux ans, vous savez bien que, depuis 20 ans, c'est mon combat. Depuis 20 ans, je dis que ce cordon sanitaire est inopérant, qu'il doit sauter, que c'est le peuple de droite qui doit se rassembler, que ceux qui défendent la France doivent se rassembler, et qu'il est ridicule d'ostraciser comme ça, de diaboliser le Rassemblement national et tous les gens qui défendent les idées identitaires de lutte contre l'immigration et l'islamisation de la France. Donc, moi, je m'en réjouis. Évidemment, humainement, je ne vous cache pas, j'aurais préféré que ça se fasse autour de moi, puisque c'est moi qui l'avais promu alors que le plus possible.
Mais, bon, je distingue entre l'intérêt de la France et mon intérêt personnel. Donc, voilà, sans aigreur, je vous le dis, j'en suis ravi.
En tout cas, je remarque votre humilité,
que je souligne.
Non, mais c'est...
Mon honnêteté.
Et votre honnêteté. Mon honnêteté. Je... Vous me connaissez,
j'essaie d'être le plus honnête possible. Bon, voilà...
On ne dit pas ça de vous, mais... Mais je sais, je sais, mais...
On n'a pas ce regard, forcément, sur vous, mais... Ils ont tort, ils ont tort.
Vous appréciez, vous applaudissez, effectivement, le fait que le Front républicain...
Et sautait, en partie. Pas complètement, mais en partie. Et j'allais dire, c'est ma deuxième explication. J'ai lu une analyse assez pertinente et percutante de Jérôme Fourquet, vous savez, le sondeur de l'IFOP, je crois que c'est dans le Figaro ce matin, ou hier, je ne sais plus, qui expliquait très bien que ce cordon sanitaire et ce Front républicain a particulièrement sauté contre l'ANUPS. C'est-à-dire, évidemment, c'est ce que je vous disais, contre les islamo-gauchistes, les gens de LR, et bien, vote contre avec le Rassemblement national. Voilà, je pense que c'est logique. Heureusement que c'est ça.
J'aimerais qu'on partait d'ailleurs de l'Union nationale, mais pendant que vous parlez de la NUP, je vous prends un tweet que vous avez fait. Le score effroyablement haut de la NUP aurait pu être évité si la droite s'était unie. Malgré la faute poussée du RN, la première force d'opposition est islamo-gauchiste. Avec une union, elle aurait été patriote.
J'ai dit ça le soir du premier tour, j'imagine ? Donc, je maintiens. Évidemment, si on avait eu un accord global, on aurait eu plus, si vous voulez, de position au second tour. Mais, en vérité, même, je le reconnais encore une fois, même sans cet accord global, le RN ayant bénéficié de l'explosion partielle du cordon sanitaire, vous voyez, il a quand même eu 89 sièges, qui est une progression inouïe.
Vous me direz dans un instant, est-ce que vos idées progressent finalement sans vous ? C'est un peu la question qu'on a envie de se poser. On va essayer de voir ça dans la deuxième partie tout à l'heure. Mais je voudrais revenir sur l'union nationale. Par exemple, on voit que le chef de l'État prône, on verra ce qu'il dit à 20h, mais une union nationale, alors, selon ce qu'on entend, ça serait effectivement un front républicain qui fonctionnerait peut-être pour certains, pas pour d'autres. Qu'est-ce que l'union nationale ? Qu'est-ce que ça représente ? Est-ce que c'est une bonne idée ?
D'abord, l'union nationale, qu'est-ce que c'est ? Parce qu'il faut toujours voir ce que les mots charrient. L'union nationale, c'est le rassemblement de toute la classe politique, de tous les hommes politiques de droite et de gauche lors du début de la guerre de 1914. C'est ça l'union nationale. On a appelé ça l'union sacrée, l'union nationale. L'union nationale, c'est ça. C'est que même les gens d'extrême gauche pacifistes sont allés dans un gouvernement qui faisait la guerre face à l'Allemagne. Vous voyez, on en est loin. C'est pour ça que je me méfie de ce genre de mots. Moi, ce que je pense, c'est que l'union nationale dont parle Emmanuel Macron, ce sera plutôt du débauchage.
C'est-à-dire qu'il va débaucher des élus, soit de LR, soit de l'ANUPS, mais des socialistes et débauchables qui voudraient devenir ministre ou qui devraient se rassembler. J'ai vu que, si vous voulez, ça va obliger LR à régler son problème existentiel. C'est-à-dire ? LR, c'est un centre de formation de ministre d'Emmanuel Macron depuis 5 ans. Il y a ceux qui sont partis il y a 5 ans. Il y a ceux qui sont partis comme Damien Abad il y a quelques semaines. Et il y a ceux qui rêvent d'en partir. J'ai vu que Jean-François Copé frétillait à l'idée de rejoindre la Macronie et de redevenir enfin ministre et de retrouver sa voiture avec ses petits fagnons. Donc voilà.
Maintenant, il y en a d'autres qui ne voudront pas rejoindre Emmanuel Macron, soit par conviction, soit par calcul politique pour pouvoir être l'opposant dans 5 ans dans la présidentielle. Comment ?
Elle n'est pas mort. Le parti n'est pas mort.
Moi, je pense que LR n'a plus d'espace.
Vous avez toujours dit que Macron prépare l'affrontement entre le bloc Mélenchon et National. Absolument.
Moi, si vous voulez, je pense que LR est condamné à rejoindre Emmanuel Macron. Alors, il y en a qui le feront, il y en a qui ne le feront pas. Je pense que, si vous voulez, les dirigeants de LR, même ceux qui ne rejoindront pas Emmanuel Macron, par exemple, n'ont rien dit sur la fin du cordon sanitaire. Moi, je suis clair, même à mon détriment, il faut détruire ce cordon sanitaire, il faut l'achever. Eux, ils ne disent rien. Ils ne disent rien parce qu'au fond, ils pensent, ils ne veulent pas rompre cela. Ils ne veulent pas faire un accord au-delà de LR. Vous voyez ? D'ailleurs, ils n'ont pas fait d'accord national, ils ont refusé tout accord. Ils ont joué sur leur enracinement local.
Bon, ça leur a permis de tenir à 50, 60, mais pas plus. Il vient de vous souvenir, ils avaient 100, 200 députés. Donc, je pense que oui, LR n'a plus d'espace. D'ailleurs, je l'ai vu, moi, dans le Var.
Ils avaient 112, ils sont à 61.
Voilà. Et jadis, sous Sarkozy, ils étaient à 250 ou 300. Moi, je l'ai vu dans le Var. Je l'ai vu dans le Var. Dans le Var, qu'est-ce qui s'est passé dans ma circonscription ? La quatrième du Var. En vérité, la candidate de En Marche avait fait 32% en 2017. Elle a fait 28%. Petit tassement, je parle du premier tour, évidemment. Le candidat du RN, Philippe Lottiaud, qui était le même en 2017 et en 2022, a fait le même score dans les deux cas, autour de 24%. Et il y avait un candidat LR qui avait fait 17%. Il y avait un divers droite qui avait fait 6%. Vous voyez ? 17 plus 6, ça fait 23%. C'est le score que j'ai fait. Et la candidate qui représentait LR a fait 4%. Vous voyez ?
Parce que, tout simplement, pour les gens, j'ai l'impression que LR est déjà du passé. LR est une aile macronienne. Alors, évidemment, les dirigeants de LR tentent de retenir leurs troupes, de dire « mais non, mais non, nous serons dans l'opposition ». J'attends de voir la suite.
Si LR est le passé, qui est l'avenir ?
Je pense que l'avenir et cet affrontement que j'ai décrit entre l'islamo-gauchisme de l'autre et le bloc national, et dans ce bloc national, je pense que Reconquête doit avoir une place éminente. Alors, on va en parler. Voilà, qui ne l'a pas été reconnu dans cette élection. Mais je pense que nous devrons avoir une place éminente. En tout cas, je l'espère. Et je ferai tout pour ça.
Bon, bon, bon, bon. J'ai plein de questions à vous poser sur ce sujet. Juste avant de passer, justement, à la deuxième partie. On dit que la France est à droite aujourd'hui. On reste toujours dans l'analyse politique générale. Est-ce que, selon vous, la France est réellement à droite ? On a vu à la présidentielle, aux législatives, alors qu'il y avait plusieurs sondages qui disaient que la France était de droite. Est-elle encore de droite, oui ou non ?
Moi, je pense qu'effectivement, il y a un gros bloc de droite. Si on additionne le Rassemblement national, je parle de la présidentielle, Reconquête et la candidate LR, ça fait quand même, plus Nicolas Dupont-Aignan, ça fait quand même un bloc qui est à 35%. Ce n'est pas rien. Même si on retire la candidate Pécresse qui a appelé à voter pour Macron. Voilà. Donc ça, ça fait un gros bloc. Il n'est pas majoritaire. Il n'est pas majoritaire. Deuxièmement, pour les idées, moi, j'ai été très frappé d'une chose. Je me suis battu pour imposer des thèmes de droite, des thèmes identitaires. L'identité de la France, la civilisation. J'imagine qu'on va en reparler.
Et puis, à partir de février, après le grand basculement causé par l'intervention en Ukraine, on a finalement parlé, et on a vu pour les législatives, on n'a parlé que de pouvoir d'achat, que de social, que de retraite. On l'a vu pendant la campagne des législatives. À part cette histoire du Stade de France, sur laquelle je reviendrai, parce que c'est un événement colossal, on a guère parlé d'immigration et d'identité. On a surtout parlé de social, de retraite. Et ça, ce sont des thèmes de gauche. Donc, en vérité, la gauche a pris le pouvoir idéologique. D'ailleurs, parce que tout le monde n'a parlé que de ça. Le Rassemblement National n'a parlé que de pouvoir d'achat.
En Marche n'a parlé que de pouvoir d'achat et de retraite. Et la gauche a imposé ces thèmes. Moi, je pense, et on va en parler, je vous fais le lien avec la suite, Je pense que le thème de l'identité restera majeur. Je pense qu'il va devenir de plus en plus majeur. Et je continuerai à me battre pour qu'on en parle. J'ai réussi en septembre, octobre, novembre de l'année dernière. J'ai échoué, comme je vous l'ai dit, à partir de février. Mais moi, je continuerai à me battre pour que ce thème soit le cœur du débat politique.
Bien, bien, bien, bien. Alors, on voit bien, effectivement, ce que vous avez expliqué. Le Front en République a sauté, tant mieux. Le RN a gagné, tant mieux. Vous les applaudissez.
Enfin, gagner les élections. Non, non, non. Il a fait un progrès extraordinaire. Oui, extraordinaire. Dix fois, dix fois, ce qu'il avait, c'est extraordinaire. Exactement. Il n'a pas gagné les élections.
Et là, non. Et la démocratie fonctionne. Vive la démocratie.
Et vive la Ve République, qui peut permettre, justement, de régler cet éclatement de la représentation.
Alors, justement, on ne va pas se mentir, Éric Zemmour, vous étiez ici, donc je disais, chroniqueur, éditorialiste, pardon. Vous êtes parti, avant la mi-septembre, en fanfare. 7, 17, 18% et finalement 7% et tout s'est effondré. Que s'est-il passé ?
Alors, je ne vais pas être le chroniqueur de mes défaites. En plus, je suis en train d'écrire un livre là-dessus. J'essaie de réfléchir au calme. Vous voyez, et vous savez, quand on écrit, on comprend mieux ce qu'on pense et on accouche sa pensée beaucoup mieux par écrit. Donc, je reviendrai. J'espère que vous m'inviterez avec un livre pour raconter tout ça, pour mettre au plan tout ça. Donc, qu'est-ce qui s'est passé ? Je l'ai déjà expliqué, j'ai déjà raconté le basculement de l'Ukraine, etc. Mais je ne vais pas revenir là-dessus. J'ai sans doute fait beaucoup d'erreurs. Je n'en dis ce qu'on vient nullement.
Des erreurs, soit par ingénuité, par manque de professionnalisme, par brusquerie, parce que je n'ai pas assez expliqué. Tout ça, je ne le nie pas. Mais, si vous voulez, ce que je comprends dans tous les gens qui me disent « il faut reconnaître vos erreurs », ce ne sont pas des erreurs qu'ils me demandent de reconnaître. Ils me demandent un mea culpa. C'est-à-dire, ils me demandent de dire « voilà, vous avez voulu imposer le thème de l'identité, vous avez voulu imposer le thème du grand remplacement, et vous vous êtes trompé. » Ça, je ne le dirai jamais, parce que je pense que c'est la vérité.
Je pense que c'est le thème fondamental pour la France, et c'est le danger fondamental pour la France dans les 10-20 ans qui viennent. Alors, peut-être que je le dis beaucoup, peut-être que je le dis trop, peut-être que je le dis trop rudement, mais, je vous le dis, je ne cesserai jamais de le dire, car je pense que c'est la vérité. Et voilà, donc, je ne mentirai pas aux Français. Je ne reconnaîtrai jamais ce qu'on veut me faire avouer. On veut me faire dire « oui, il y avait des éléments plus importants ».
Non, tous les médias, les gens de gauche, mes opposants politiques, vous voyez, il y a beaucoup de gens qui ont intérêt à ce que j'avoue et que je reconnaisse, que non, le grand remplacement n'était pas le grand danger que menace la France dans les 10-20 ans prochains. Eh bien, ça, je ne le dirai jamais, parce que je ne le pense pas, parce que je pense que c'est la vérité. Le grand remplacement, si on ne fait rien, et puisque Emmanuel Macron a gagné, quels que soient les résultats des législatives, ça va continuer. On va continuer à avoir 275 000 immigrés légaux par an. On va continuer à avoir des attaques de plus en plus nombreuses.
On va continuer à avoir, et de plus en plus, des gens, des femmes voilées dans la rue, des jeunes femmes, vous avez vu, maintenant c'est de la nouvelle mode, qui viennent avec des jupes longues manifestement islamiques, puisqu'elles sont achetées sur des sites islamiques. Le Burkini, vous avez vu que le Conseil d'État s'est opposé au Burkini, je le félicite, parce que c'est bien la première fois qu'il s'oppose à l'islamisation de la France. Donc là, encore une fois, vous voyez, je suis heureux de ce coup d'arrêt, mais ça n'arrêtera rien, ça va continuer, parce que la démographie va s'imposer à nous. Et on l'a vu tout de suite après l'élection d'Emmanuel Macron. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il y a eu le Stade de France, vous avez vu. Toutes ces racailles de banlieue liées avec des migrants qui ont agressé des pauvres supporters anglais et espagnols qui n'en pouvaient mais, alors que pendant les jours qui suivent, M. Darmanin a menti effrontément à accuser les supporters anglais. Tout le monde a dit que c'était la faute de la police. Vous avez vu ça ? Mais ça, c'est parce qu'on a peur de la Seine-Saint-Denis. On a peur de ces enclaves étrangères qui veulent faire la loi. Et vous avez vu la nomination de Papenday. Qu'est-ce que c'est, Papenday ?
C'est un intellectuel indigéniste au ministère de l'Éducation nationale, à la place de Jean-Michel Blanquer, qui avait quand même des positions républicaines, laïques, traditionnelles. Moi, je ne l'ai trouvé pas assez ferme. Mais, en tout cas, dans les discours, il tenait ce discours-là.
Vous êtes en train de me dire, en fait, que la politique a peur du réel, que la politique a peur de la réalité, que la vérité ne fonctionne pas avec la politique. J'aimerais qu'on revienne sur votre parcours personnel, sur le parcours de reconquête. On va marquer une pause, parce qu'on a une minute info. Vous savez, depuis que vous êtes parti, on est une petite minute à 19h30. Allez-y. Et je vous poserai toutes ces questions pour savoir, effectivement, est-ce que vous, peut-être, c'est parce que vous dites la vérité, une certaine vérité, que ça ne fonctionne pas ? La minute info.
Trois jours après les élections législatives et la perte de sa majorité absolue, pour la première fois, Emmanuel Macron va prendre la parole dans une demi-heure. Le chef de l'État va s'adresser aux Français, après avoir bouclé aujourd'hui son tour de table des différentes forces politiques pour tenter de trouver un difficile consensus à l'Assemblée nationale. Une allocution à suivre, évidemment, en direct à 20h sur CNews. A Bruxelles, les eurodéputés adoptent un accord sur la réforme du marché carbone, de ce peine après avoir rejeté, par surprise, une première version de ce texte clé du plan climat de l'Union européenne. Ce compromis prévoit notamment l'élargissement du marché du CO2.
Il avait participé à la découverte de la célèbre australopithèque Lucie en 1974. Le paléontologue français Yves Coppin s'est décédé aujourd'hui, à l'âge de 87 ans. Le scientifique est mort des suites d'une longue maladie, a expliqué tout à l'heure son entourage.
Éric Zemmour, la politique a peur du réel ?
Je dirais, ça dépend quel réel. Quand ce réel est lié à la question identitaire du grand remplacement, oui, la politique, la classe politique en général a peur du réel.
Le grand remplacement, je ne l'ai jamais laissé dire ce mot-là sur mon plateau. Vous l'avez dit partout ailleurs. Je vous laisse le dire maintenant, puisque sur tous les plateaux, vous l'avez dit depuis...
Mais c'est simple, vous savez qu'est-ce que c'est que le... C'est bien parce que vous me permettez de préciser. Parce que j'ai vu qu'on avait dévoyé ce terme. On explique maintenant que le grand remplacement est une thèse complotiste qui croit qu'il y a des gens qui manipulent et qui veulent le remplacement des populations européennes par les populations du sud, maghrébines, musulmanes et africaines. Non, ce n'est pas ça le grand remplacement. Le grand remplacement, c'est un constat. C'est un constat démographique.
C'est-à-dire, il y a des millions de gens qui viennent du sud de la Méditerranée et qui, peu à peu, évincent les gens qui habitaient là, les peuples autochtones, les peuples de souche, comme on n'ose plus dire, tout simplement parce que ces gens-là font beaucoup plus d'enfants, parce qu'ils sont plus nombreux. Il suffit de voir un état civil pour voir que ceux qui meurent s'appellent Pierre et Lucette et ceux qui, dans les naissances, qu'il y a énormément de Mohamed et de Fatiha. Voilà, c'est tout, c'est factuel.
Et par ailleurs, on voit bien dans les rues, on voit bien dans les rues comment il y a de plus en plus de femmes boilées, qu'il y a de plus en plus d'hommes en Djé là-bas, qu'il y a de plus en plus de kebabs dans beaucoup de quartiers. Donc voilà, c'est ce que j'appelle le grand remplacement. Alors, on vous connaît. Remplacement de nos mœurs, de notre civilisation. Voilà, c'est tout.
On vous connaît sur ces questions-là.
Bien sûr.
Par contre, j'aimerais savoir, lorsque vous avez perdu, lorsque vous vous dites, voilà, je veux faire passer mes thèmes, mes idées, les thèmes identitaires, comme vous avez dit, l'immigration, et que finalement, ça ne fonctionne pas. Qu'est-ce que vous dites ?
D'abord, je dis, ça a fonctionné. Vous l'avez dit vous-même, on n'a parlé que de cela pendant septembre, octobre, novembre, pendant la primaire de LR, je suis monté à 18%. Donc ça prouve qu'il y a eu un écho dans l'opinion. On ne peut pas le cacher. Encore en février, avant l'intervention de Poutine, j'étais au second tour dans les sondages. Donc c'était sur cette thématique-là. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé, je vous l'ai dit, que d'autres sujets se sont imposés, ont écrasé cette thématique.
C'est-à-dire d'abord l'Ukraine, d'abord l'intervention russe en Ukraine, qui a occupé tous les écrans, puis la question provoquée, même si elle venait de plus loin avec l'augmentation lente de l'inflation, de la question du pouvoir d'achat, de l'essence, dont le prix augmentait, de tous ces sujets, évidemment, qui prenaient les gens à vif, parce que c'est leur lendemain. Moi, je leur parlais de l'avenir de la France dans 10 ans, dans 15 ans, et ils entendaient, ils écoutaient, parce qu'ils le voient tous, en vérité. Ils le voient tous, ils le savent tous, qu'on est en train d'être remplacés.
Mais les considérations matérielles, les considérations au jour le jour, et c'est bien naturel, c'est humain, on a tous des besoins, on doit vivre, on doit nourrir nos enfants, etc. Et donc, on prie le pas. C'est ça qui s'est passé. Et donc, évidemment, la thématique identitaire est venue au second rang, et donc, les candidats qui en parlaient le plus, de social, de pouvoir d'achat, etc., sont passés devant. Par ailleurs, il y a eu la logique du vote utile, mais nous ne nous apesantissons pas là-dessus.
Ce que je veux dire, encore une fois, c'est ce que je vous ai dit tout à l'heure, je peux bien admettre qu'on me dise, oui, vous en avez trop parlé, vous en avez trop parlé durement, ça a peut-être fait peur même. C'est peut-être une explication. Peut-être que, vous savez, à force de dire aux gens, faites attention, voilà ce qui va se passer, on leur fait peur et on provoque un réflexe de, vous savez, la Dubarry sur la guillotine. Encore une minute, monsieur le bourreau. Vous regrettez ? Comment ? Vous regrettez ? Ah non, non, non, je vous l'ai dit, sincèrement, vous savez, on m'a beaucoup dit, tu aurais dû dire ça, tu aurais dû dire cela.
Moi, je n'avais pas vocation à me lancer dans cette bataille politique. Ce n'est pas toute ma vie. Moi, au contraire, j'étais heureux ici, avec vous, avec Marc, j'étais heureux. Vous revenez ? Vous savez, chaque chose en son temps. Les choses, on ne se rebaine jamais dans le même fleuve, vous savez, vous connaissez Héraclite. Et donc, si vous voulez, moi, je ne regrette pas ça. Je vous dis encore une fois, peut-être que ça a fait peur. Peut-être que je l'ai trop dit, mais ce que je veux dire, c'est que moi, je voulais dire la vérité aux Français. Je voulais leur parler du destin de la France.
Je voulais, je leur ai parlé aussi d'eux-mêmes, je leur ai parlé de pouvoir d'achat, je leur ai parlé d'école, de l'effondrement de l'école, je leur ai parlé d'augmentation des salaires. J'ai fait un programme complet. Franchement, les gens qui ont établi mon programme sont des gens magnifiques, admirables, des gens de haute qualité, qui ont travaillé énormément. Je ne laisserai pas dire que je n'ai parlé que d'immigration. Ce n'est pas vrai. C'est faux. J'ai parlé de tous les sujets.
Mais, mais, je disais, et je continue à le dire, que tous les sujets sont importants, les retraites, le social, le pouvoir d'achat, l'industrialisation, mais que, mais que, si dans 15 ans, comme je le crains, si nous continuons sur cette pente-là, nous sommes le Liban, si vous voulez, avec des communautés qui s'affrontent et avec un pays qui est à moitié islamisé, si dans 30 ans, il est complètement une république islamique, nos discussions seront dérisoires. C'est tout ce que je dis.
Alors, j'ai noté que vous n'avez pas dit non, pour revenir sur le plateau de Face à l'Info.
J'ai dit, on ne se baigne pas dans le même fleur.
On va changer le décor. En tout cas, sachez que vous êtes le bienvenu, si jamais vous... En tout cas, Reconquête, pour vous, a un avenir ? Alors... Et quel avenir pour Reconquête ?
Moi, je pense que Reconquête a le plus bel, le plus beau des avenirs. Le plus bel avenir. Oui. C'est-à-dire ? Je pense que, si vous voulez, voilà, je vais vous faire d'ailleurs, si vous le voulez bien, trois annonces claires. La première, oui, je continue, je suis le président de Reconquête, et je continuerai. Parce que, tout simplement, et vous m'avez connu pendant ces deux dernières années, avant l'année de la campagne, j'ai toujours fait de la politique, en vérité. Quand j'étais journaliste et quand j'étais écrivain, on me disait, il fait trop de politique.
Et maintenant, quand je suis devenu un politique plus classique, on me dit, ah oui, mais il est resté journaliste parce qu'il fait de l'analyse. Vous voyez, là, je suis sûr qu'on va dire, notre première 20 minutes, là, notre première demi-heure, voilà, on va dire, ah, mais il est resté dans l'analyse, il est redevenu...
À tous les politiques sur les plateaux, on leur demande des analyses.
C'est ce que j'allais vous dire. J'allais vous dire, Mélenchon fait de longues analyses et qui sont d'ailleurs souvent passionnantes. Et dans le passé, François Mitterrand, Giscard d'Estaing... Reconquête. Voilà, Reconquête. Bon, donc, donc, je continue. Ça, c'est une première chose. Et deuxième chose, je vais marcher sur mes deux jambes. L'un, la politique active, les élections, etc. Deux, l'analyse, c'est-à-dire la réflexion, c'est-à-dire le côté, le combat culturel, le combat idéologique. Moi, je veux mener les deux combats. Les autres ne le veulent pas. Moi, je pense que la gauche mène toujours le combat idéologique. Mélenchon mène toujours le combat idéologique et culturel.
Les Verts mènent toujours le combat idéologique et culturel. Sandrine Rousseau mène toujours le combat idéologique et culturel. La gauche a toujours fait ça. Je veux, moi, que la droite, qui ne le fait jamais, le fasse. Et je serai celui-là. Deuxièmement, deuxième annonce, j'ai fondé, il y a six mois, un parti politique qui est sans doute, en termes d'effectifs, le premier de France, avec 130 000 adhérents. Ce sont des gens absolument magnifiques. Ce sont des gens admirables, qui se sont dévoués, qui ont fait tous campagne. Alors, chacun a fait à son niveau, chacun a sa place. Les uns ont donné de l'argent, les autres ont milité. Les troisièmes ont travaillé au programme.
Vous voyez, il y a eu de tout. Ce sont des gens vraiment extraordinaires. Je vais lancer une consultation de tous ces gens. Je vais leur demander, comme vous m'avez demandé ce soir, qu'est-ce qui a marché, qu'est-ce qui n'a pas marché d'après vous, quelles sont les erreurs qu'on a faites, quelles sont les choses formidables qu'on a faites, qu'est-ce que vous en pensez, comment doit vivre désormais le parti, parce que, vous savez, en six mois, forcément, on n'a pas tout bien fait, ce n'est pas possible. C'est déjà miraculeux ce qu'on a fait, de faire un grand mouvement de 130 000 adhérents en six mois. Ce n'est jamais vu. Deuxième chose.
Et troisième chose, je vous ai dit que je voulais rester aussi dans le combat culturel, dans l'analyse, dans la transmission. Je veux que Reconquête soit le parti de la transmission. Vous savez, j'ai été vraiment touché par le fait d'avoir assemblé 20 000 jeunes AGZ, Génération Z, derrière le jeune Stanislas Rigaud. 20 000 jeunes. Et quand j'ai fait mon dernier meeting au Palais des Sports, devant toute cette jeunesse, à un moment, je leur dis, mais vraiment, je ne sais même pas, je leur décrivais le degré d'endoctrinement, de propagande, de tout le système qui commence à l'école, qui continue avec les médias, etc. Je leur dis, mais vraiment, vous avez du mérite.
Je ne sais pas, comment vous êtes arrivé là, avec moi ? Et là, il y a eu un cri dans la foule qui m'a vraiment ému. Et ils m'ont dit, grâce à vous. Donc j'ai compris que, bon, je n'avais pas tout perdu et que j'avais mené un combat culturel qui avait porté ses fruits dans une partie de la jeunesse. Donc, je vais continuer ça, accentuer ça. Et nous allons commencer dès septembre, le 10 septembre, dans le Var, puisque c'est mon département d'élection, dans tous les sens du terme. Dans le Var, nous allons faire la première université d'été de reconquête. Avec une partie formation, une partie, vous voyez, je crois qu'il y a une attente.
Si vous voulez, je pense, et c'est vraiment le fruit d'une réflexion approfondie, je pense que l'éducation nationale ne donne plus sa pittance intellectuelle et culturelle à des jeunes qui en ont besoin et qui sont en manque. Elle ne leur donne pas la pittance sur un double plan. Le premier plan, elle ne leur donne pas assez. Il n'y a qu'à comparer, si vous voulez, les livres d'histoire ou les livres de français des années 60-70 avec les livres d'aujourd'hui, avec les cours d'aujourd'hui. Il y a, c'est comme si c'était élagué. Vous voyez, il y a trois fois moins, il y a trois fois moins, il y a quatre fois moins. Donc, en quantité, il n'y en a pas assez.
Et en qualité, c'est-à-dire que c'est de la propagande. C'est de la propagande par les lobbies. J'ai déjà dénoncé tous ces gens, les lobbies LGBT, les lobbies antiracistes, les lobbies immigrationnistes, etc. Donc, je veux que Reconquête soit le parti qui forme et qui donne cette pittance intellectuelle, culturelle, idéologique à ces jeunes qui sont en attente.
Où en est-on de l'union des droites ?
Je vous ai répondu en partie. C'est-à-dire que l'union des droites n'a pas fonctionné au niveau des appareils. Est-ce que ça reste un objectif ? Bien sûr. Moi, je vous savais, l'union des droites, c'était un moyen plus qu'un objectif. C'était un moyen pour gagner l'élection. Parce que je pensais que c'était le seul moyen de battre Emmanuel Macron. D'ailleurs, vous avez vu qu'il a vaincu Emmanuel Macron. Il a gagné la présidentielle. Mais, donc cette union des droites n'a pas fonctionné parce que le RN n'en a pas voulu, parce que le LR n'en a pas voulu. Et puis voilà, je ne vais pas pleurer sur le LR renversé.
Ce que je dis, c'est qu'en plus, on en a parlé tout à l'heure, une partie de l'électorat LR, en tout cas quand il y avait un adversaire NUPES, l'a faite naturellement. L'union des droites, ça a profité au RN. Donc, moi, je pense qu'il faut toujours y penser, toujours le... L'avoir un objectif. Voilà, exactement.
Je vais vous montrer quelques images et vous me direz ce que vous en avez pensé. Je vous pose une question juste après. Regardez. 15 secondes. Où est passé cet Éric Zemmour-là ?
C'est-à-dire ?
Celui-là.
Il est toujours là, il est devant vous. C'est le même.
Est-ce qu'il a toujours la même rage ?
Oui, bien sûr. Vous savez, vous avez vu, il y a certaines personnes d'ailleurs qui m'ont dit que je ne souriais pas, que j'étais sérieux, etc. Et ils ont raison. J'étais moins léger qu'à l'accoutumée parce que devant cette marée humaine, la mer, comme disait le général de Gaulle, vous savez, en 44, je me suis dit que j'avais une responsabilité et que tous ces gens attendaient quelque chose de moi et donc ça me donnait une responsabilité supérieure et donc qui me donnait de la gravité. Donc oui, je suis toujours le même. Je continue le combat pour ces gens-là. Ils sont là, ils vous écoutent. Exactement, ils sont là, ils m'écoutent, ils m'attendent.
Et vous savez, dans la rue depuis un mois, beaucoup de gens me disent ne lâchez pas, ne lâchez pas, restez avec nous, continuez le combat. Donc oui, je continuerai le combat pour eux, pour la France, je ne vais pas lâcher. Et quand je vois ça, ils sont absolument admirables, ces gens.
Et vous leur répondez quoi ? Comment ? Vous leur répondez quoi ? Que vous n'allez pas lâcher ?
Voilà, je leur dis tout le temps non, je ne vais pas lâcher, je ne vais pas, je vais continuer le combat. C'était assez émouvant, d'ailleurs, de voir tous ces gens qui étaient eux-mêmes émus. Ils étaient heureux de se retrouver entre Français qui aiment la France, qui voulaient défendre l'identité française, qui aimait ce contact, ne se connaissaient pas. Mais il n'y avait guerre de différence, ni sociale, ni ethnique, ni religieuse entre eux. C'est simplement, ils étaient portés par leur amour commun de la France et leur mode de vie à la française.
Vous voyez, leur habitus, leur mœurs, ils se sentaient tout de suite en symbiose d'où qu'ils viennent, quel que soit leur dieu, quelle que soit leur classe sociale. Et c'est ça, c'est cette idée-là de la France que je défends et que je continuerai de défendre.
Je vais vous montrer une autre image. Une image qui m'a marquée pendant votre campagne. Ensuite, on finira avec la dernière partie. Regardez, vous me direz ce que vous pensez.
Je suis un policier qui a une médaille d'honneur de la police et ça,
je vais vous en dire
parce que vous êtes notre seul et unique espoir. Monsieur Zemmour, vous êtes notre seul et unique espoir.
Qui était cet homme ?
Ce monsieur, vous savez, je vais vous raconter parce que j'avais ce jour-là vraiment les larmes aux yeux. J'étais très gêné. Je vais vous expliquer pourquoi. Il est très ému parce que ce monsieur est un policier qui a vu une jeune femme être agressée par des racailles et il s'est interposé pour la défendre. Et il a été roué de coups, massacré par une dizaine de racailles qui se sont évidemment jetées sur lui et il n'a pas pu les vaincre tous et il s'est retrouvé dans un état de santé vraiment déplorable. Et vous imaginez dans quel état il était. roué de coups et il a reçu une médaille, une décoration, deux décorations d'ailleurs pour son geste magnifique.
Et il est venu à un de mes meetings et il est venu me voir après, vous savez, après le meeting, on sabre le champagne, on rigole, on mange quelques petits fours, on se retrouve entre nous, c'est la détente. et il est venu me voir et il m'a offert ces deux décorations en me disant c'est vous qui le méritez plus que moi. J'étais très mal parce que je ne le pense pas du tout. Je vous avoue franchement. Donc j'ai essayé de refuser et j'ai compris au bout d'une minute ou deux, vous savez, que je l'aurais vexé si j'avais insisté.
Mais ça vous oblige un geste comme celui-là ?
C'est plus que ça. Quand quelqu'un vous dit vous êtes notre seul chanvre, je n'ai pas inventé, vous l'avez vous-même enregistré, ça m'oblige bien sûr, ça m'oblige à continuer, ça m'oblige à me battre. Je me dis que je suis dans le vrai, malgré tout, malgré les échecs, malgré les erreurs. Et je me dis que rien que pour ces hommes-là, je dois continuer à me battre.
Vous battre pour qui ? Vous battre pour quoi ? Vous battre pour la France, c'est ce que vous dites tout le temps. Est-ce qu'elle peut encore être sauvée, cette France ? À quoi ressemblera la France de demain ? Quels sont les enjeux ?
Les enjeux, vous savez, mais vous allez dire que j'en ai déjà parlé, les enjeux sont avant tout démographiques. La démographie, c'est l'histoire ? La démographie, vous savez, je vous l'ai toujours dit ici, c'est le destin, c'est l'histoire. Donc la démographie, oui, en 10, 20 ans. Et c'est ça, d'ailleurs, ce qu'a révélé l'émergence de Mélenchon et de l'ANUPES. C'est ce peuple, islamo-gauchiste. Et ça a des conséquences multiples. Ça a des conséquences sociales, ça a des conséquences économiques, ça a des conséquences culturelles, vous voyez, tout simplement de sécurité. Et puis, la France de demain, c'est aussi un pays appauvri.
Et c'est un pays, alors là, on parle d'économie, c'est un pays en danger, parce que là, le retour de l'inflation, vous avez bien compris, le retour de l'inflation va provoquer, a déjà provoqué, non seulement une augmentation des prix, ce que tous les gens voient, et ce qui cause des problèmes, le fameux pouvoir d'achat, mais aussi une augmentation des taux d'intérêt, ça les gens le savent moins, par la Banque Centrale Européenne. Qu'est-ce que c'est, les taux d'intérêt ? C'est le prix de l'argent, le prix auquel on paye pour payer, pour rembourser notre dette. Donc, ça va devenir de plus en plus cher pour les Français, pour les Italiens.
Or, nous avons une dette colossale qui représente 120% du PIB. Et Emmanuel Macron n'a absolument pas réduit la dette. Au contraire. Et troisièmement, nous avons un déficit commercial qui est énorme, de plus de 100 milliards par an. Depuis 15 ans, nous n'avons jamais fait, nous n'avons jamais eu des rapports commerciaux en excédent, une balance commerciale en excédent. Ça fait 15 ans. Nous sommes le seul pays d'Europe à avoir une balance commerciale négative et aussi négative. Donc, ça prouve que nous ne sommes pas compétitifs. Donc, nous devons travailler mieux, travailler plus, être plus compétitifs, réindustrialiser, ramener notre industrie, une partie de notre industrie sur notre sol.
Vous voyez ? Sinon, on va vers l'appauvrissement. Troisièmement, il y a l'école. Si vous voulez, j'ai dit ici, j'ai dit pendant la campagne présidentielle, le grand drame français, c'est l'effondrement du niveau scolaire. Et l'effondrement du niveau scolaire, ça a deux conséquences. La première, c'est que les gens, il y a beaucoup de gens qui ne savent pas bien lire, il y a beaucoup de gens qui n'appréhendent moins les grands concepts, vous voyez, c'est terrible. Et deuxièmement, ça rend nos salariés moins dynamiques, moins compétents. C'est une faiblesse pour l'industrie française et pour l'économie française en général.
Et en plus, dernière chose, mais qui est liée à l'école, nous avons la montée en puissance de ce qu'on appelle, mais ce n'est pas à vous que je vais l'apprendre, vous avez Mathieu Boccoté tous les soirs ici, qui est le grand spécialiste de cette idéologie woke, de cette idéologie de déconstruction de la France, de ce qu'il appelle le régime diversitaire.
Faut-il avoir peur ?
Mais bien sûr, ça détruit la culture française, ça détruit le, comment vous dire, l'image que les petits français ont de la France. Comment résister ? Mais comment résister ?
D'abord, en se battant sur ces news, à la télévision, comme parents, avec nos enfants, pour contester, pour contenir ce discours qui va être d'autant plus répandu à l'école que nous avons un ministre, Papenday, qui a été nommé par Emmanuel Macron et qui est un intellectuel woke, qui est un intellectuel indigéniste qui nous explique que le problème français est un problème racial, que nous sommes le produit de l'esclavage, de la colonisation, alors qu'il confond manifestement l'histoire de l'esclavage aux Etats-Unis, qu'il a bien étudié, avec l'histoire française.
Vous voyez, ce n'est pas la même chose, mais ils veulent plaquer tous ces intellectuels woke et indigénistes, ils veulent plaquer l'histoire des Etats-Unis sur l'histoire de France. Et ils veulent absolument juger l'histoire de France à l'aune des notions progressistes d'aujourd'hui. Il faut lutter contre cela. Moi, je le ferai, je le ferai quand vous m'inviterez, je le ferai quand on m'invitera à la télévision, je le ferai à Reconquête, je le ferai dans le cadre de la formation dont je vous ai parlé, je le ferai dans les conférences que je ferai dans le cadre de Reconquête, puisque je vais faire des conférences en France, vous voyez, pour Reconquête.
vous voyez, je vous répète, il faut mener le combat politique et le combat culturel, le combat électoral et le combat métapolitique. Les deux doivent aller de pair. C'est très important. Et je pense que c'est la caractéristique de Reconquête, c'est l'ADN de Reconquête.
Voilà, si vous voulez, Reconquête a une vraie autonomie de pensée, une vraie utilité de se retrouver avec cette thématique identitaire dont je vous ai parlé, la thématique économique sur une thématique qui est plus proche des entrepreneurs, des petits commerçants, de ceux qui veulent travailler contre la cistana, du travail contre la cistana, et une thématique culturelle de combat contre les woke, contre les indigénistes qui veulent effacer, vous savez, la fameuse cancel culture, qui veulent effacer l'histoire de France la culture française sur son propre sol.
Vous pensez que Reconquête a plus, ensuite on va revenir encore sur les enjeux de la France, mais Reconquête a plus de force, plus de pouvoir, plus de possibilité que des partis qui n'ont pas de députés comme le parti animaliste ou bien NPA ou bien le Front National qui restait 14 ans sans député. Vous pensez que Reconquête
les moyens ? En tout cas, ces gens-là prouvent qu'on peut vivre et on peut influencer sur la vie politique sans député, sans être représenté à l'Assemblée, puisque ça va être notre problème évidemment, il faudra que nous trouvions des solutions. Et ces partis-là ont inventé, ils ont quand même une influence sur la vie intellectuelle, médiatique et donc politique. Donc nous allons effectivement faire cela, je vous l'ai dit, par les moyens dont je vous ai parlé.
Alors en sort de six mois de présidence française de l'Union européenne, la France a-t-elle tenu son rang ?
Emmanuel Macron a été un président du Conseil européen. Vous savez, les présidents du Conseil européen aujourd'hui, depuis les grandes réformes de 2008, n'ont plus le pouvoir qu'ils avaient avant. C'est la commission de Bruxelles qui prépare tout. Mais vous posez une vraie question en vérité sur Emmanuel Macron et sur sa politique. Emmanuel Macron change d'avis sur tous les sujets, sauf sur un, qui est l'Europe. Il est un fédéraliste européen, il rêve, sans le dire, des États-Unis d'Europe, il pense que la France doit se fondre dans les États-Unis d'Europe et il défend dès qu'il peut ses avancées fédéralistes.
Son grand concept qui est l'autonomie stratégique européenne, c'est-à-dire qu'il rêve d'une défense européenne, il rêve d'une armée européenne, il rêve d'une industrie de défense européenne, je pense que la situation, la guerre en Ukraine, les réactions ont prouvé que, si vous voulez, c'était une chimère. Ce que je disais depuis des années et ce que j'ai dit pendant toute la campagne, pourquoi c'est une chimère ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Dès que la Russie a attaqué l'Ukraine, les pays européens les plus proches, c'est-à-dire la Pologne, c'est-à-dire les pays baltes, se sont retournés vers qui ? Vers la défense européenne ? Vers la France ? Vers l'Allemagne ? Non.
Ils se sont retournés vers les États-Unis et vers l'OTAN. Et tous les pays européens se sont repliés dans les jupes du protecteur américain. C'est l'OTAN, le grand vainqueur de l'intervention russe et de la période que nous venons de vivre. Et Emmanuel Macron, qui disait que l'OTAN était en état de mort cérébrale, est le grand effet de cette séquence. Parce que quand les Allemands, par exemple, disent nous allons mettre sur la table un budget de 100 milliards d'euros pour la défense, parce que nous n'avons plus d'armée depuis 40 ans, ce qui est vrai, de façon anecdotique, les 100 milliards, d'après vous, ils vont aller vers qui ? Les Allemands ont déjà répondu.
Premier achat militaire des Allemands, ce c'est pour des F-35, les avions américains. Alors même que les Allemands ont un accord depuis plusieurs années avec les Français, sous l'égide d'Emmanuel Macron et des dirigeants allemands, pour faire un avion commun européen. Les Allemands s'en moquent, ils ont acheté des avions américains. Et tout est comme ça.
Et deuxièmement, quand Emmanuel Macron veut, et c'est à son honneur, veut défendre une position française originale, veut défendre, quand il dit il ne faut pas humilier la Russie, quand il continue à parler avec Poutine, quand il dit qu'il faut trouver un accord de paix qui n'humilie personne et qui ne défaisse, qui ne soit la défaite de personne, moi je l'approuve quand il dit ça. C'est exactement ce que j'ai dit tout de suite après l'intervention. D'ailleurs, ce que d'autres m'ont reproché. Mais, il a raison de dire ça. Sauf que, qu'est-ce qui se passe quand il dit ça ?
Immédiatement, il se fait, non seulement, insulter par le président Zelensky, le président ukrainien, ça on peut le comprendre, il défend sa peau, il défend la faute de son pays, ses habitants meurent, on comprend qu'il soit à vif. Mais même les autres Européens, les Polonais, les Baltes et d'autres, lui reprochent de parler avec autant de compréhension de la position russe, lui reprochent ce qu'ils appellent le cavalier seul français. Le cavalier seul français, c'est simplement l'indépendance de la France.
Donc, quand Emmanuel Macron veut défendre la position traditionnelle de la France depuis le général de Gaulle, il se fait taper sur les doigts par les autres Européens et il ne peut pas se défendre puisqu'il passe son temps à faire des discours européens fédéralistes. Quand la commission de Bruxelles dit qu'il faut arrêter avec le droit de veto des Français en particulier et des autres de chaque pays pour la politique étrangère, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'Emmanuel Macron ou son successeur ne pourra plus avoir de politique indépendante et que c'est Bruxelles qui défendra la politique étrangère étrangère du continent européen.
Emmanuel Macron, son bras droit, dit « Oui, c'est magnifique, nous sommes d'accord avec ça car nous voulons les États-Unis d'Europe » mais son bras gauche qui est quand même celui du président français dit « Ah ben non, moi je veux défendre la politique française ». C'est cette contradiction qui va saper la ligne et le mandat d'Emmanuel Macron.
S'il faut un dernier mot pour terminer cette émission, je vais vous laisser le mot de la fin. Je vais quand même résumer tout ce qui a été dit. Premièrement, vous avez apprécié que le front républicain est sauté. Vous avez dit « Oui, je continue » pour ceux qui étaient autres au cas des rangs, pour ceux et policiers comme celui qui vous a remis la médaille. Vous avez dit que vous voulez faire politique et analyse. lancer une consultation et le parti de la transmission. Vous avez 10 secondes pour le dernier mot avant Emmanuel Macron.
Je voulais d'abord remercier tous ceux qui me regardent, tous ceux qui m'ont suivi et à d'en face à l'info et tous ceux qui ont voté pour moi. Je pense que plus tard, plus tard, on dira aujourd'hui bien sûr ils sont tristes comme moi, ils me le disent d'ailleurs, mais plus tard on dira « Vous avez raison, l'histoire vous donnera raison ».
Donc on peut avoir raison sans gagner. Merci beaucoup Éric Zemmour pour votre présence exceptionnelle. Merci à vous. On passe à l'info. Tout de suite, on part à l'Elysée avec l'allocution exceptionnelle d'Emmanuel Macron. Sous-titrage Société Radio-Canada
Éric Zemmour