Questions de confiance : Marine Le Pen peut-elle gagner ? - 04/04
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
RMC, questions de confiance. Apolline de Malherbe. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Merci d'être venue répondre à mes questions de confiance ce matin sur RMC et BFM TV. L'élection présidentielle, c'est dimanche. C'est la troisième fois que vous êtes candidate. En 2017, vous aviez obtenu 21,43% des voix au premier tour, qualifié pour le second. Mais battu par Emmanuel Macron, vous aviez obtenu 34% des voix. Emmanuel Macron, 66%. Alors aujourd'hui, aucun sondage ne vous donne gagnante face à Emmanuel Macron au deuxième tour. Mais l'écart se resserre. Il n'y a plus que cinq points qui vous séparent dans un certain nombre d'études.
Et la question qui a animé tous les débats la semaine dernière et toutes les conversations politiques, c'était Marine Le Pen, peut-elle gagner ? Et tout le monde désormais répond oui. Oui, vous pouvez gagner. Ce matin, vous avez 30 minutes pour tenter de convaincre ceux qui nous écoutent. Nombreux sont encore indécis sur le contenu de votre programme et pourquoi est-ce qu'ils vous accorderaient leur confiance ? Mais avant de dérouler votre programme, je voudrais qu'on regarde du côté d'Ukraine parce qu'il y a ces images insoutenables qui nous viennent de Boucha, dans la banlieue de Kiev. Au moins 300 corps qui gisaient, notamment le long des routes, des exécutions sommaires.
Notre reporter a vu de ses yeux le cadavre de la mer de Mautizine à l'ouest de Kiev, torturé, exécuté avec enfants et maris. Quelle est la responsabilité de Poutine ?
Ça, c'est à l'ONU de le dire. Je crois que là, vraiment, on est typiquement, si vous voulez, dans une situation où vous avez deux belligérants qui s'accusent mutuellement. Il faut à tout prix que d'urgence, il y ait une enquête qui soit diligentée par l'ONU et éventuellement, d'ailleurs, par le tribunal pénal international. Ces faits sont inadmissibles. C'est une véritable barbarie. Et ceux qui sont responsables de cela, évidemment, devront être lourdement condamnés, d'abord moralement et diplomatiquement.
Est-ce que vous parleriez de crimes de guerre ?
C'est au tribunal pénal international de parler de cela. Il y a des magistrats au niveau international, comme il y a des magistrats dans nos propres juridictions. Et à l'évidence, à partir du moment où des civils sont ainsi abattus sans défense, ça recouvre la définition de crimes de guerre.
Vous restez prudente ?
Non, pas sur la définition. Je pense qu'il s'agit là clairement d'un crime de guerre. Et encore une fois, je pense que l'ONU doit absolument, très rapidement, effectuer une enquête.
Thierry Mariani est toujours votre porte-parole ? Oui, Thierry Mariani est mon porte-parole, oui. Parce qu'au moment des bombardements du théâtre de Mariupol, il avait parlé, je le cite, d'une opération d'intoxication de l'Ukraine.
Écoutez, il faudra l'interroger sur ce sujet-là. Mais il ne porte pas votre parole, c'est votre parole. Moi, encore une fois, j'ai demandé là encore à Mariupol que l'ONU fasse une enquête. Moi, j'aimerais quand même que l'ONU aille sur le terrain pour protéger les civils. Parce que c'est ça le plus important.
Mais pardon, c'est important, il est votre porte-parole. Ce n'est pas juste un de vos compagnons de campagne, il est votre porte-parole. Ça vous a troublé qu'il ait comme ça, cette lecture ?
Je pense surtout que, normalement, dans une campagne, mais Thierry Mariani, qui a été ministre, le sait bien, on n'évoque pas les sujets internationaux parce que ça relève précisément de la responsabilité du président de la République et du président du mouvement quand il y a un mouvement.
Mais vous-même, vous le lui avez dit ?
Oui, mais bon, ce sont des affaires internes, ça qu'on règle, encore une fois.
Non, non, ce n'est pas une affaire interne, il est votre porte-parole, encore une fois. Mais il l'Ouest.
Vous avez raison, mais j'ai une parole, moi, également, et je me porte assez bien ma propre parole.
Justement, vous défendez toujours dans votre projet l'alliance avec la Russie sur la sécurité, ça fonctionnerait comment ?
Oui, bon, d'abord, vous le savez, ce projet, ce livret, a été évidemment rédigé et diffusé, d'ailleurs, avant la guerre en Ukraine. Mais il y a une chose qui est sûre, si vous voulez, c'est que j'ai, dès le début de ce conflit, indiqué très clairement mon soutien auprès des Ukrainiens, ma condamnation de cette guerre effectuée par la Russie, violent l'intégrité territoriale de l'Ukraine, violent la souveraineté de l'Ukraine. Il n'en demeure pas moins que la Russie ne va pas disparaître. Donc, la Russie restera. La Russie sera une grande puissance, toujours, et elle sera une grande puissance européenne.
Donc, il faudra, à un moment donné, malgré les divergences et les désaccords très profonds que nous avons à l'égard du comportement de la Russie, il faudra tenter d'éviter que la Russie parte définitivement dans les bras de la Chine, constituant ainsi une méga puissance qui, pour le coup, pourrait représenter un danger puissance mille pour les démocraties européennes.
Ce matin, Valérie Pécresse vous cible, vous, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, elles parlent d'une indulgence coupable pour Vladimir Poutine.
Oui, mais ça, c'est un propos facile de campagne quand on n'a rien d'autre à dire. Moi, j'essaye, si vous voulez, d'être toujours, de défendre toujours l'intérêt de la France et des Français, d'essayer de me projeter à long terme, parce que je crois que c'est ça aussi le rôle de quelqu'un qui aspire à être président de la République, c'est se projeter plus loin. Et c'est éviter, si vous voulez, de prendre des décisions qui apparaissent des décisions, des bonnes décisions le moment venu, peut-être des décisions morales le moment venu, mais qui en réalité, à terme, vont générer des dangers supplémentaires pour les Français.
C'est la raison pour laquelle je me suis opposé d'ailleurs aux sanctions qui touchent le gaz et le pétrole russe, parce que je savais très bien que la conséquence serait une inflation terrible pour les Français, une augmentation spectaculaire des prix de l'énergie. Or, il y a 9 millions de pauvres dans notre pays. Il y a déjà des gens qui ne se chauffent pas correctement et ils sont très nombreux.
Précisément, venons-en aux conséquences ici, notamment les questions de TVA, de baisse de la TVA sur l'énergie que vous proposez. D'abord, est-ce que vous, vous auriez accepté de payer le gaz ou le pétrole en rouble, comme le demande Vladimir Poutine, et comme pour l'instant l'Europe le refuse ?
Moi, je souhaite surtout qu'il n'y ait pas de rupture d'approvisionnement. Je rappelle d'ailleurs que l'Allemagne est très opposée à la rupture d'approvisionnement.
L'Allemagne est très dépendante de la Russie.
Oui, mais nous, nous sommes beaucoup moins dépendants de la Russie, mais nous sommes dépendants sur le plan du prix de l'énergie, parce que le système européen de l'électricité est fondé sur le prix du gaz. Il y a une indexation du prix de l'électricité sur le prix du gaz. Donc, en réalité, une rupture d'approvisionnement aurait des conséquences sur l'intégralité des Français. Or, moi, je veux préserver leur pouvoir d'achat. Je sais qu'encore une fois, il y a des millions de familles qui sont à la limite de la pauvreté quand elles ne sont pas déjà dans la pauvreté.
Donc, ça veut dire que si Vladimir Poutine dit « je continue à vous fournir, mais en échange vous me payez en rouble », vous dites oui.
Je pense qu'il faut, en tout cas, éviter à tout prix la rupture d'approvisionnement.
La rupture d'approvisionnement, un risque de coupure, même ce matin. Il est 8h37, mais à partir de 9h, EDF et RTE prévoient des grandes tensions, notamment dues au grand froid ce matin, et invitent tous les Français…
Non, ce n'est pas un grand froid. Il fait moins d'eux, ce n'est pas un grand froid. Ils disent que le froid va entraîner, mais ils mentent. C'est très grave. Non, non, pas du tout, ils n'exagèrent pas, ils ne mentent pas. Mais si vous voulez, c'est extrêmement grave. Ça veut dire qu'en France, en 2022, on demande aux gens de ne plus allumer leur lumière ou de se chauffer moins. On a tous reçu des mails, nous demandant de baisser le chauffage, de baisser la lumière, de ne pas utiliser les machines. Ça, c'est la conséquence de la politique qui a été menée par Emmanuel Macron. Une politique de gribouille en matière énergétique.
Une politique qu'il a déterminée au début de son mandat dernier, en disant « on va abandonner le nucléaire, donc en réalité, on a arrêté d'investir dans la filière. Il a désorganisé par ses annonces la filière nucléaire. Et aujourd'hui, nous ne sommes plus en capacité de chauffer correctement l'intégralité des Français. » Je veux dire, c'est très lourd, c'est très grave. C'est pour ça que je dis aux Français, vous savez, le vote que vous allez faire le 10 et le 24 avril ne va pas seulement déterminer les cinq prochaines années. En réalité, ce vote, il va déterminer les 50 prochaines années.
Parce qu'on a des grands choix stratégiques à faire aujourd'hui en matière de réindustrialisation, en matière d'indépendance alimentaire. Parce que là aussi, on aura l'occasion de parler.
Aujourd'hui, vous relancez le nucléaire trop tard pour vous ?
En tout cas, trop tard pour aujourd'hui. Vous voyez, parce qu'aujourd'hui, on est obligé de baisser le chauffage. Voilà. Donc, c'est 50 perdus. Vous voyez, le problème d'Emmanuel Macron, ça s'est révélé d'ailleurs dans son discours, c'est qu'on a l'impression d'une sorte de poisson rouge dans un bocage. C'est-à-dire, on tourne en rond en fait. On fait, on défait, on refait, on défait. Et ce, dans l'intégralité des domaines. Il n'a pas de vision. Il ne sait pas où il va. Il est contre. Il veut supprimer le nucléaire en début de mandat. Il veut relancer le nucléaire en fin de mandat. Il est d'accord pour la baisse de la production européenne alimentaire en début de mandat.
Aujourd'hui, il veut renoncer à cette baisse de production alimentaire imposée par l'Union Européenne. Mais où est-ce qu'il nous emmène ? C'est ça, le problème. Or, un dirigeant qui n'a pas une vision claire, mène une politique qui est dangereuse.
Donc, vous relanceriez très nettement le nucléaire, la production, et en même temps, vous voulez renoncer aux éoliennes, peut-être même les supprimer ?
Mais bien sûr, moi, mon mix énergétique, ce sera le nucléaire, l'hydroélectricité, et en m'opposant à la privatisation des barrages que les Français ont payés et que l'Union Européenne souhaite que nous privatisions, et l'hydrogène. Ça fait 20 ans qu'on aurait dû investir massivement dans l'hydrogène. Et avec ce mix, on est 100% indépendant, 100% indépendant, et 100% décarboné. Je veux dire, comment faire un autre choix ?
Sur les prix, vous promettez une baisse immédiate de la TVA de 20% à 5,5% sur le gaz, le fuel, l'électricité. Ça coûterait 12 milliards d'euros par an. Oui. Ça vous paraît quand même être nécessaire, et la bonne solution.
Mais bien sûr, il faut rendre leur argent aux Français. C'est absolument nécessaire. Ce sont des biens de première... Le gouvernement le fait autrement, avec les 18 centimes, avec le chèque énergie... Bon, on va en reparler. Mais ce sont des biens de première nécessité. Si ce sont des biens de première nécessité, se chauffer, se nourrir, s'éclairer, ce sont des biens de première nécessité. Ça veut dire qu'il faut que la TVA soit la TVA des biens de première nécessité, c'est-à-dire 5,5%. J'ai d'ailleurs été assez étonné d'entendre M. Le Maire dire que cette baisse de TVA enrichirait l'Arabie saoudite. Je n'ai pas bien compris, objectivement, par quel bout ce serait le cas.
Je pense qu'à un moment donné, les ministres finissent par raconter n'importe quoi.
Et là, pour le coup, l'Union Européenne a donné l'autorisation à la France de le faire.
Oui, voilà. L'Union Européenne, bien sûr, et même l'Union Européenne, là, pour le coup, pousse les gouvernements, contrairement à ce qui m'a été dit par un certain de vos confrères, pousse les gouvernements à baisser les taxes. On baisse les taxes, ça avantage les Français. Personne d'autre. En revanche, c'est la meilleure solution. Parce que moi, j'entends d'autres candidats évoquer un blocage des prix, mais le blocage des prix, ça va entraîner quoi, pour le coup ?
C'est ce que propose notamment Jean-Luc Mélenchon, 1,70€ le carburant.
Oui, mais il n'y a qu'un malheur, c'est que le pétrole, ce n'est pas comme le gaz. Le gaz, il est dans un tuyau, vous ne pouvez pas changer le tuyau de direction. Le pétrole, ça arrive évidemment par bateau, par conséquent. Si vous baissez le prix et que celui qui vend le pétrole ne rentre pas dans ses frais, eh bien, il va aller le vendre ailleurs. Donc, ce sont des mesures qui peuvent avoir des conséquences beaucoup plus lourdes pour les Français qu'en réalité la cause qui les suscite. Donc, je crois que la baisse de la TVA, c'est une urgence.
Il y a une autre aussi urgence compte tenu de la situation, c'est la suppression de toutes les hausses de TICPE, de taxes qui ont été décidées par Emmanuel Macron comme ministre de l'Économie et comme président de la République. Y compris les taxes spécifiques sur le carburant, au-delà de la question de la TVA. En réalité, après m'avoir critiqué, quand j'ai proposé cela, là encore, Bruno Le Maire m'a critiqué et en réalité, c'est ce qu'ils mettent en place. Il n'y a qu'un malheur, c'est qu'eux, ils le mettent en place pour 4 mois, moi je le mettrai en place pour un an. Moi, j'aimerais qu'on regarde aussi ce qu'il y a dans le caddie des Français
parce qu'on l'apprend notamment ce matin, on le sentait bien, mais les chiffres sont là, près d'un Français sur deux, dit être à 5 euros près quand il fait ses cours. C'est une enquête qui a été réalisée dans les magasins Leclerc.
Je vais mettre en place un dispositif qui permet de créer un panier de 100 produits qui seront à TVA zéro, c'est-à-dire suppression de la TVA sur un panier de 100 produits de première nécessité alimentaire et hygiène. Dedans, il y a le sel, le poivre, l'huile, le pain, les pâtes, les serviettes hygiéniques, les couches pour les bébés. Vous enlevez la TVA carrément. Oui, j'enlève la TVA tant que l'inflation est supérieure de 1 point à la croissance. Je crois que c'est absolument fondamental. Et évidemment, ça permet, par exemple, sur les fruits et légumes, il y a eu une inflation très importante. Et que les Français m'écoutent bien, ce n'est pas la guerre en Ukraine.
La guerre en Ukraine, elle va aggraver l'inflation. La réalité, c'est que l'inflation, elle est la conséquence d'une très mauvaise politique économique. La politique des portes ouvertes, car cette inflation, elle est importée. Nous avons importé, par notre politique économique, de l'inflation. Et nous avons également...
Il y a eu aussi le Covid, il y a eu aussi la question des transports. C'est quelque chose qui touche le monde entier. Pour le coup, ce n'est pas uniquement notre... Quand on regarde le taux d'inflation aux Etats-Unis, en Espagne, il est nettement supérieur aux nôtres.
Non, parce qu'il y a une autre raison, c'est que les banques centrales, et notamment la Banque Centrale Européenne, a déversé dans les banques, et non pas d'ailleurs dans l'économie réelle, a déversé dans les banques... Mais l'inflation aux Etats-Unis, qui ne dépend pas d'un banque central que nous, est plus élevée qu'en France. Oui, mais c'est le même phénomène, si vous voulez. Les Américains génèrent, en réalité, depuis des années et des années, une masse monétaire qui est absolument incroyable. Et voilà les conséquences. Donc, il faut relocaliser notre industrie, relocaliser notre économie. C'est le moyen aussi de lutter contre l'inflation. La retraite, 60 ou 65 ans ? Sûrement pas 65 ans.
Mais plus non plus 60 ? Entre 60 et 62, très clairement. Le Président de la République a dit qu'il n'avait pas compris. S'il veut, je veux bien lui accorder un petit rendez-vous pour lui expliquer. C'est pourtant extrêmement simple. Dites-nous déjà là, pour ceux qui vous écoutent,
qui vont décider de leur confiance ou non.
Tous ceux qui sont entrés par un emploi significatif, avant 20 ans, entre 17 et 20 ans, partiront à 60 ans avec 40 annuités. Et progressivement, on augmente jusqu'à maximum 42 annuités et 62 ans. C'est-à-dire que personne ne partira avec une retraite pleine après 62 ans. C'est donc extrêmement clair. Il y a un tableau, chacun peut aller le regarder pour voir quelle est sa situation. Mais vous vous rendez compte, la retraite à 65 ans, mais ça, c'est vraiment d'une injustice absolument totale. Déjà, au moment où nous nous parlons, la moitié des retraités, la moitié des gens qui prennent leur retraite sont au chômage.
Donc, qu'est-ce qui va se passer exactement avec la retraite à 65 ans, ou 64 d'ailleurs ? Eh bien, très clairement, les gens n'auront plus de retraite pleine. Soit leur retraite baissera, parce qu'en fait, leur fin de vie professionnelle sera sur la base du chômage. Donc, ça fait effondrer, évidemment, le montant de la pension. Soit ils seront obligés de prendre une décote, parce qu'ils n'arriveront jamais jusqu'à 65 ans.
Quand on a vu les scandales d'Orpea et des différents EHPAD, est-ce que vous pouvez nous assurer ce matin qu'avec vous, il y aura une forme de service public des personnes âgées, de la dépendance ? Quelle sera votre réponse à cela ? C'est une question qui se pose, finalement, aujourd'hui, non seulement à toutes les personnes âgées, mais à tous les enfants qui y pensent déjà pour leurs parents.
Évidemment. D'ailleurs, j'ai été un peu étonné que le président de la République s'oppose à la publication du rapport qui a été fait sur... Ce n'est même pas un dysfonctionnement. Je veux dire, ce sont des délits. Parce que quand on maltraite des personnes âgées pour des raisons de profit, en réalité...
Je crois que pour l'instant, en effet, c'est l'argument d'ailleurs qui est relevé par Orpéa, qui demande à ce que ce rapport ne soit pas rendu public, parce que pour des histoires d'ingénierie financière, disent-ils.
Oui, d'accord, mais on n'est pas obligé d'obéir au privé le doigt sur la couture du pantalon. Vous vous rendez compte, c'est un sujet national. Comment nos personnes âgées sont traitées dans les EHPAD ? C'est un sujet national, ça nous concerne tous. Vous l'avez rappelé au début de ce questionnement. Donc, bien sûr que tout sera fait pour obliger ces établissements. Il y en a d'ailleurs qui se comportent très bien, il faut être honnête aussi avec eux. Mais tout sera fait pour qu'il y ait un...
Mais pourquoi avec vous, est-ce qu'il y aurait un service public ou une manière en tout cas de s'occuper de nos personnes ?
Je vais vous dire, parce que moi, je n'ai pas une vision comptable. La vision comptable qui a été mise en oeuvre par Emmanuel Macron depuis des années et qui fait qu'il a supprimé 17 500 lits pendant son quinquennat, avec ce que ça a entraîné d'ailleurs de manque de lits et donc de manque de capacité de soins pendant la crise sanitaire, je n'ai pas une vision comptable. Donc d'abord, j'augmente les soignants de 10% parce que nos soignants sont toujours payés 10% de moins que la moyenne européenne. Ça n'est pas normal, malgré le Ségur de la Santé. Deuxièmement, je fais des investissements dans l'hôpital.
Je fais 10 milliards d'investissements sur le quinquennat parce que notre hôpital en a absolument besoin. Et puis, je pose des exigences, notamment l'exigence du nombre de personnels par rapport au nombre de résidents parce que les personnels soignants, ils se retrouvent dans la situation de ne pas pouvoir faire correctement leur travail. Et ils sont les premiers d'ailleurs à en souffrir. Je ne veux pas avoir une vision comptable. La santé, ça n'est pas un bien comme un autre. La santé, c'est un sujet supérieur pour nous et pour notre civilisation.
Pouvoir d'achat, santé, sécurité. Je voudrais qu'on se projette un peu parce que vous le dites, votre première mesure, si vous arrivez à l'Élysée, c'est de soumettre à un référendum, un projet de loi sur l'identité et l'immigration qui, dites-vous, est déjà prêt.
Qu'est-ce qu'il y a dans ce projet, en fait ? Il y a toute une série de mesures qui permettent aux Français, pour la première fois depuis une quarantaine d'années, de reprendre la maîtrise de la politique d'immigration. C'est-à-dire qu'il va y avoir toute une série de... C'est même plus que des principes, ce sont des règles. Alors, par exemple, je vais vous en donner plusieurs. Le droit du sol sera supprimé. C'est-à-dire qu'on ne deviendra pas Français de manière automatique parce qu'on est né sur le territoire. Il faudra mériter la nationalité française. Pardon.
Prenez votre temps, Marine Le Pen. Il y a une bouteille d'eau, si vous avez besoin. Mais je n'ai pas de verre. Mais allez-y, vous pouvez boire dans la bouteille. Je vais... Excusez-moi. Allez-y, prenez votre temps. Marine Le Pen, vous disiez, qu'est-ce qu'il y aura dans ce projet Identité et Immigration ? Donc, vous disiez,
suppression du droit du sol. Suppression du droit du sol. J'intègre le fait qu'en matière d'immigration, dans la Constitution, les règles dans la Constitution sont supérieures en fait en pouvoir au droit international. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, la Convention européenne des droits de l'homme nous interdit toute une série de choses en matière d'immigration. Moi, je pense que c'est aux Français de décider.
C'est pour ça que vous voulez d'ailleurs passer par le référendum
parce que c'est ce qui permet
en effet d'être supérieur à la Constitution.
Par exemple, je vous donne d'autres mesures. On va pouvoir diminuer arrêter le regroupement familial. Arrêter le regroupement familial, c'est-à-dire qu'il n'y aura plus d'automaticité du droit au regroupement familial. Il y aura là encore une analyse au cas par cas pour autoriser ou non une personne à faire venir sa famille. Vous interdisez le voile ? Oui, ce n'est pas du tout dans cette loi. Ce n'est pas dans cette loi ? Non, c'est dans une autre loi. Il y aura par exemple l'interdiction...
Vous voulez interdire le voile ?
Oui, l'interdiction de la régularisation des clandestins. Quand on vient de manière clandestine en France, on ne pourra pas être régularisé. Il faudra rentrer chez soi pour demander l'autorisation de venir en France et je trouve que c'est parfaitement légitime. Donc, toutes ces mesures-là visent à redonner aux Français la maîtrise, encore une fois, de l'immigration. Mais vous dites la maîtrise
par le référendum notamment. Vous avez d'ailleurs dit un certain nombre de choses dont je voudrais qu'on puisse s'extraire et notamment des décisions de la Convention européenne des droits de l'homme. Ça pose quand même une question qui est votre rapport à l'Union européenne. Parce qu'au fond, vous dites, on ne sort plus de l'Union européenne. En tout cas, ça n'est plus impréalable. Mais dans les faits, si vous prenez vos distances ou si vous n'appliquez pas les décisions de la Convention des droits de l'homme, c'est comme si vous sortiez de l'Union européenne. En tout cas, l'Union européenne, les restes des pays
considéreront que vous en êtes sortis. Non, mais pas du tout. Parce que dans la Convention européenne des droits de l'homme, il y a toute une série de droits qui restent absolument applicables. Et Dieu merci d'ailleurs le droit à un procès équitable, le droit à la liberté d'expression, toute une série de droits que justement, je veux que les Français puissent conserver. Pas conserver, parce qu'elles sont dans notre Constitution. Mais je veux que les Français puissent saisir éventuellement la Cour européenne des droits de l'homme lorsque le gouvernement français violerait leurs droits individuels.
Mais en matière d'immigration, je considère que la Cour est sortie en réalité de son rôle et que ça n'est pas à elle de déterminer comment les Français doivent gérer leur immigration. C'est à eux de dire qui a le droit de venir chez nous et qui doit en partir.
Je vous repose la question, Marine Le Pen, est-ce que vous interdirez le port du voile partout, sauf à la maison ?
Oui, oui, j'interdis le port du voile dans l'espace public. C'est-à-dire qu'en réalité, j'élargi la loi d'interdiction du voile de l'école pour qu'elle touche l'intégralité de l'espace public.
Votre directeur de cabinet, Renaud Labaye, qui est cité par Le Monde, dit nous considérons que l'islamisme n'est pas une religion et qu'une personne qui porte le voile est un islamiste. De même pour la djellaba et la barbe islamique. Est-ce que vous allez aussi réglementer le port de la djellaba
et de la barbe islamique ? Non, mais c'est-à-dire que, si vous voulez, ce que je souhaite surtout, c'est lutter contre... Et comment on veut ? Ce que je souhaite, c'est lutter contre l'idéologie islamiste. L'idéologie islamiste, elle est en train de détruire notre... Elle souhaite détruire notre civilisation. Elle souhaite imposer la charia. Et donc, la rupture de tout ce que nous sommes, en réalité. La laïcité, l'égalité entre les hommes et les femmes. La liberté, et notamment la liberté de changer de religion, ce qui est strictement évidemment interdit par les islamistes. La liberté de l'orientation sexuelle qui est évidemment condamnée par les islamistes.
Donc, tous ces sujets-là, je considère que ce sont des valeurs qui nous sont sacrées et que je ne souhaite pas qu'une idéologie puisse s'y attaquer.
Je fais donc une loi de lutte contre les idéologies islamistes dans laquelle je combats tous les signes, toute la volonté de recrutement, de développement de cette idéologie totalitaire, partout où elle s'exprime, les financements qui interviennent au bénéfice de cette idéologie totalitaire et tous ceux qui évidemment en sont les porteurs et sont étrangers dans notre pays, auront vocation à rentrer chez eux parce que je ne veux pas laisser se répandre comme c'est le cas depuis 20 ans cette idéologie islamiste qui courrit l'existence de nos compatriotes.
Il disait à ce même micro la semaine dernière qu'il pourrait bien sûr, son mot c'était bien sûr, tenir un meeting avec vous entre les deux tours.
D'abord nous avons sur ce sujet précis justement des divergences car lui considère que l'islam et l'islamisme c'est la même chose. Ça n'est pas mon cas. Moi je considère que l'islam est une religion, il y a la liberté religieuse en France et que l'islamisme est une idéologie totalitaire qu'il faut combattre telle qu'elle. Donc nous avons une vraie divergence sur ce sujet-là. Pour le reste, pardon, mais au second tour, le second tour, on n'y est pas.
Mais si c'est lui ou si c'est vous, est-ce que vous pourriez se tenir meeting ?
On n'y est pas. Moi je veux dire j'ai beaucoup de respect pour la démocratie et donc je ne souhaite pas évoquer le second tour avant que les Français aient voté parce qu'après tout on ne sait pas ce que donnera ce premier tour. Évidemment, il y a des indices qui laissent à penser et je m'en réjouis que je serai à nouveau face à Emmanuel Macron mais respectueuse. Vous êtes prête cette fois-ci ? Je suis prête, oui.
Marine Le Pen, merci d'avoir répondu à mes questions de confiance ce matin. Merci à vous, je suis désolée. J'ai un chat dans la gorge.
J'ai beaucoup de chats. Je n'en ai pas toujours dans la gorge mais là oui.
Il est 8h53. Demain, ce sera Yannick Jadot qui répondra à mes questions de confiance. Vous le savez, tous les candidats ont accepté de venir répondre aux questions et se présenter devant les auditeurs d'RMC, les téléspectateurs de BFM TV. Je dis tous sauf un puisque le président sortant candidat, Emmanuel Macron, n'a visiblement pas jugé, pour l'instant en tout cas de venir. Je trouve ça important de vous le dire.
Marine Le Pen