La carte de France des personnages de romans
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Quand un romancier, une chercheuse en littérature et une cartographe se rencontrent, cela donne ce très beau livre sur le tourisme littéraire entre le guide et l'Atlas, après avoir cartographié la capitale en France, publié par les éditions Autrement, nous entraîne sur les pas des personnages de romans de la littérature dans tout l'Hexagone et voire même au-delà des territoires de l'Hexagone.
De la Normandie à la Bretagne, du Nord à la Provence, en passant par le Béry et la Bourgogne, l'Atlas permet de situer les villes dont les personnages des plus grands romans français ont foulé le sol et de questionner aussi l'image de certains coins de l'Hexagone que ces récits ont contribué à diffuser dans nos imaginaires. Ismaël Jute, bonjour. Bonjour. Vous êtes l'un des trois auteurs de ce livre avec Marie-Clemence Régnier et la cartographe Gaëlle Sutton. Vous êtes romancier, docteur en littérature. Ma première question, elle est très simple. Qu'est-ce qui vous pousse d'abord à vouloir placer sur une carte les personnages de ces romans ?
Ça permet de visualiser, d'avoir une représentation visuelle de ce que, par ailleurs, on peut avoir envie de lire ou on peut avoir déjà lu. Ça donne envie peut-être d'aller sur place, de faire du tourisme ou du pèlerinage littéraire. Et ça nous met dans la position, je dirais, du narrateur de La Recherche du Temps Perdue qui est de fantasmer, de rêvasser sur les noms des lieux avant de se rendre sur place. Alors bon, pour le narrateur, c'est la déception à l'arrivée. Mais pour nous, ça peut être le plaisir de la lecture et envoyer en deux temps, se rendre avec ses jambes sur place et puis d'abord circuler dans l'imagination.
C'est ce que permet de faire le livre, de refaire grâce à cette cartographie de Gaëlle Sutton et grâce au texte qui les accompagne. Ça se regarde vraiment, les deux sont en regard. Vous pouvez circuler du texte qui retrace, comme vous l'avez dit, l'itinéraire d'un personnage. Et en regard, vous avez les points qui sont situés sur une représentation cartographique.
Alors on va évidemment prendre des exemples. Mais d'abord, quand on ouvre le livre, il y a à la fin une carte détachable. Et puis les premières cartes, il y a d'un côté les maisons des écrivains. C'est assez basique, on connaît ces maisons-là. Maupassant au Havre, Pagnola au Bagne, Georges Sand à Nohambic. Et puis les lieux de naissance des auteurs. Je cite Dumas à Villers-Cotterêts, Châteaubriand à Saint-Malo ou encore Colette à Saint-Sauveur-en-Puisay. Qu'est-ce que ça permet de savoir de ces auteurs aussi ? Est-ce qu'ils sont allés, par exemple, très loin de leur lieu de naissance ? Est-ce qu'ils n'ont écrit que depuis là où ils étaient ?
C'est aussi ça l'intérêt de pouvoir comparer les cartes ?
C'est un peu les deux. Ils ont beaucoup écrit. Quand on regarde tour à tour, on a fait plusieurs cartes transversales. Comme ça, quand on regarde effectivement les lieux où étaient les auteurs, puis après les lieux où se situe l'action de leur roman, ça coïncide. Flaubert, évidemment, situe un cœur simple autour de Trouville. Donc, c'est des endroits qu'il connaît bien. C'est pareil pour Maupassant, et ainsi de suite. Évidemment, Pagnol. Donc, ça se recoupe. Mais il y a l'exception notable d'Honoré de Balzac, pour qui la Touraine est vraiment fondée. Il est née à Tours. Oui, exactement. Et il retrace beaucoup ce territoire-là. Il en parle beaucoup.
Mais il a eu cette idée d'explorer tout le territoire, tout l'hexagone, comme vous disiez. Et donc, d'aller aussi placer la fiction dans d'autres endroits. Et pour faire ça, il s'est documenté. Il s'est rendu sur place. Et puis, il a prolongé les notes qu'il avait prises par une correspondance pour vraiment vérifier au détail près les noms des rues. Est-ce qu'il se souvenait très bien ? Et puis après, il interrogeait ses correspondants qui pouvaient être sur place. Même si parfois, certaines villes ressemblent beaucoup à Tours. Il faut bien le dire. Exactement. C'est le filtre de Balzac.
Les romanciers sont quasiment tous au XIXe siècle. Aussi, parce qu'il y a une sorte de mode à cette époque-là. Je ne sais pas si on peut le dire comme ça. Mais en tout cas, c'est le siècle de la géographie. C'est-à-dire qu'on prend le temps de décrire chaque rue.
Oui, avant Balzac, on va dire, au XVIIIe siècle, la façon de circuler dans le territoire, c'était plutôt d'abord des récits de voyage, notamment de la littérature anglaise. Alors, on a le truculent Tristram Chandy qui traverse la France, qui fait d'ailleurs un voyage en France et en Italie, qui s'arrête dans les Alpes françaises. Donc, c'est vraiment le signe de son humour. Donc, on avait ces récits de voyage au XVIIIe siècle, d'abord par des étrangers. Puis, les Français ont fait ça aussi. Hugo, Sand se sont prêtés au jeu. Évidemment, mérimés.
Et puis, avec Balzac notamment, on passe à autre chose, une autre façon d'écrire les territoires, qui est d'inscrire la fiction dans des lieux vraiment donnés. Et pour lui, l'idée lui venait de Walter Scott, ce qu'a fait Walter Scott pour l'Écosse, c'était de parler de l'histoire récente de la France et donc de rendre compte d'une sorte d'antagonisme entre Paris et ce qu'on appelait à l'époque la province. Il ne faut plus dire ça aujourd'hui, je suis bien d'accord. Paris et la province, un antagonisme mêlé d'attractions. Et donc, ça raconte toute une histoire, toute une sociologie. Et ça, c'est en gros, pour parler vite, la mention de Balzac.
Et comme ancrage dans les territoires avant Balzac, moi, je dirais qu'il y a Châteaubriand. Châteaubriand, qui garde encore cet aspect romantique d'être dans les grands sentiments, dans René notamment, mais qui inscrit René dans des lieux qui ont des noms fictifs, mais qui sont inspirés des lieux de son enfance, Combourg, et ainsi de suite. Donc, vous voyez, c'est une évolution progressive. Et puis, il y a, évidemment, Gustave Le Maire. Monsieur Mathilde, on vous voudrait. Et la lourde machine se mit en route. Elle descendit la rue du Grand Pont, traversa la place des Arts, le Quai Napoléon, le Pont Neuf, et s'arrêta court devant la statue de Pierre Corneille. Continuez.
Elle repartit, et, se laissant, dès le carrefour de la Fayette emporté par la descente, elle entra au Grand Galop dans la gare du Chemin de Fer. Non, tout droit. Le fiacre sortit des grilles, et bientôt, arrivé sur le cours, trotta doucement au milieu des grands ormes. Le cocher s'essuya le front, mit son chapeau de cuir entre ses jambes, et poussa la voiture en dehors des contre-allées, au bord de l'eau, près du gazon. Elle alla le long de la rivière, sur le chemin de halage pavé de cailloux secs, et, longtemps, du côté d'Oiselle, au-delà des îles.
Mais, tout à coup, elle s'élança d'un bond à travers quatre mars, Sotteville, la Grande Chaussée, la rue d'Elbeuf, et fit sa troisième halte devant le Jardin des Plantes. Et alors, sans parti pris ni direction, au hasard, elle vagabonda.
Madame Bovary, série fiction de France Culture, adaptée par Pauline Timonier, réalisée par Laure Égoroff, a écouté, évidemment, sur l'application Radio France dans son intégralité. Léon donne rendez-vous à Emma, dans la cathédrale de Rouen, et puis, en serre-temps, il la pousse dans le fiacre, et il se met au défi quiconque de reproduire ce trajet haletant.
Oui, oui, oui. Et la pauvre Madame Bovary, qui est enfermée dans ce fiacre, alors là, tout est laissé à l'imagination du lecteur, de la lectrice, d'imaginer ce qui lui arrive pendant qu'on a l'énumération de ses lieux. Et bon, ce que sait très bien faire Flaubert, c'est l'exagération, la surenchère. On imagine ce parcours, vraiment le fiacre, il fait un parcours complètement dément. Et là, ce qui est très intéressant pour nous, pour l'Atlas, c'est qu'on a les lieux qui sont nommés, donc on peut se représenter ça sur une carte. Ce qui est assez amusant avec Flaubert, c'est qu'il joue, et d'autres auteurs le font aussi, il joue sur la connaissance des lieux.
J'ai notamment un exemple assez amusant, qui est la première fois que Charles Bovary va rencontrer Emma Bovary. Donc il monte, non pas là dans un fiacre, mais dans un véhicule à cheval. Il est médecin, il va la nuit la voir, et il passe, pour se rendre de Toste, où il habite, jusque là-bas, il passe par Vassonville, Saint-Victor et Longueville. Mais si vous regardez sur une carte, il fait un parcours qui est complètement absurde. Il monte vers le nord, il redescend vers le sud, puis il remonte vers le nord. Alors on appelle ça les chemins de traverse, mais ça dit soit le fait que, comme souvent Charles Bovary est un peu comme ça, endormi, soit qu'on le mène en bateau aussi.
Donc c'est très amusant. Et si on n'a pas la carte sous les yeux, c'est le genre de choses, à moins de connaître parfaitement la géographie et de l'avoir en tête, c'est des choses qu'on ne réalise pas tout à fait.
Ce chapitre sur Rouen, il est aussi intéressant, Ismaël Jude, parce que ça nous dit l'image qui est véhiculée de Rouen, notamment par Gustave Laubert, mais aussi par Maupassant. Ils n'aiment pas vraiment Rouen.
Non, on va dire que ce n'est pas très généreux avec cette ville de Rouen. Mais c'est une façon, après Balzac, c'est une façon de parler de l'ennui, de l'ennui des petites villes de province. Et à travers cet ennui, pour rendre justice à Rouen, c'est plutôt le portrait d'une société, d'une classe aussi, d'un peu de personnes comme ça. C'est Madame Bovary aussi, qui n'a pas l'avis qu'elle aurait voulu. Et Rouen prend cette dimension, c'est son environnement.
Oui, et puis elle est enfermée dans... Alors, elle ne vit pas à Rouen. Non, non.
Elle vit à Yonville. À Yonville-l'Abbaye, oui. Oui. Oui, oui. Mais Rouen, elle y revient, comme on a vu comme ça, elle y va à l'hôtel avec ses amants. Et c'est vrai que c'est un peu un endroit d'attraction. Il y a les mots qu'elle déteste, comme charrette, comme barrique. On sent que tout ça la dégoûte. Et voilà, c'est la plume de Flaubert qui est incroyable.
Ce qui m'a aussi beaucoup amusé dans cet atlas, ce sont les références aux mémoires d'un touriste de Stendhal, qui est une source inépuisable pour votre atlas. Alors, il redore le blason de Rouen, mais il s'amuse. Vous écrivez, quand il passe un peu de temps dans une ville, il visite son église, sa cathédrale, le cas échéant, son musée. Il se rend au théâtre, salue quelques figures importantes sur la route de Rennes-Adol. Il passe à proximité du château de Combourg, où Châteaubriand, avant Saint-Malo, a vécu dans sa jeunesse, raconté dans les mémoires d'Outre-mer. Et puis, il poursuit. Et le narrateur, il est terrible. C'est-à-dire qu'il produit des jugements terrifiants.
Autun, ennuyeuse, montargie, petite ville assez insignifiante, cône, bourg infâme et infâme auberge, la côte d'or, petite montagne bien laide et bien sèche.
C'est un dalle très cruel, c'est assez amusant. C'est comme un faux récit de voyage. C'est un personnage fictif, le commis voyageur. Mais c'est l'occasion pour Stendhal de faire un portrait cinglant de toutes ces villes. Avec, évidemment, l'exception de Grenoble, où est née Stendhal, où là, tout devient très beau. Comme par magique. L'histoire est merveilleuse. Et puis, un petit peu rouen, encore qu'il déteste la statue de Jeanne d'Arc, il trouve que c'est de très mauvais goût de l'avoir mise à l'endroit où elle a été brûlée, vive. Et non, ce qu'il aime, c'est la statue de Pierre Corneille, en revanche. Et la maison de Pierre Corneille à Rouen.
Page 94, on descend plus au centre de la France. La France de Georges Sand, très centrale, donc, notamment avec sa maison familiale, je l'ai dit dans l'Indre, à Nohansvik. Et puis, le Berry raconté par Georges Sand, quelle est cette image du Berry qui apparaît à nos yeux en lisant ces romans ?
Là, j'ai choisi, dans l'œuvre de Georges Sand, qui est immense, pour l'aspect qui nous intéresse ici, j'ai choisi le cycle qu'on appelle des romans champêtres. Parce que je trouvais que c'était là que s'exprimait le plus l'aspect géographique de Georges Sand. Donc, la carte permet de situer des lieux qui sont parfois fictifs, avec les repères de lieux réels. Vous voyez, ça se passe entre Aigurande et au nord, Isoudun. Donc, on voit tous les lieux de ces différents romans qui sont La Maraudiable, François Champy, La Petite Fadette, on connaît tout ça.
Et ce que j'ai trouvé très intéressant en relisant ces 5-6 romans, c'est qu'on sent l'évolution de Georges Sand à travers le temps, ou dans Jeanne, qui est un des premiers romans dans ce goût-là. C'est un quatuor d'hommes qui vont un peu aider une jeune paysanne à s'élever, à la sortir de sa superstition, etc. Et donc, progressivement, le projet de Georges Sand s'affine. Et elle, ce qu'elle veut faire entendre, c'est la voix du peuple en utilisant le fond de légende, mais sans être dans cette condescendance qu'elle avait encore au début.
Et le parachèvement de ça, le livre que j'adore, c'est La Petite Fadette, où elle arrive enfin à avoir un personnage féminin qui est donc Fanchon, qui est surnommée La Petite Fadette, qui est tout sauf superstitieuse. Elle a une connaissance réelle des choses naturelles. On la prend pour une sorcière, mais elle n'est pas superstitieuse. Et c'est elle, elle est émancipée, comme femme et comme paysanne. Et c'est elle qui va aider un jeune garçon nommé Landry à s'émanciper. Donc là, on est vraiment dans une évolution. Vous voyez, on parlait tout à l'heure de la France et de la province.
Là, on est dans quelque chose avec Georges Sand de beaucoup plus généreux, de beaucoup plus à l'écoute et d'une vraie volonté de faire entendre le peuple. Et tout ça est très bien situé. Pour reparler un peu de géographie, donc on trouve sur la carte tous les lieux du Berry où vivent les personnages. Alors, parfois, nous avons placé les points de façon plus ou moins hypothétique par déduction. Oui, c'est ça. En regardant, elle nomme les chemins par où passent les personnages. Mais elle a une façon vraiment extrêmement belle de parler de son pays qu'elle aimait tant où elle vivait et où elle pouvait s'imprégner vraiment de ce charme des paysans.
Il n'y avait jamais eu un été semblable dans les collines. D'ailleurs, ce jour-là, cette même chaleur noire commença à déferler en vagues brutales sur le pays du Sud. Sur les solitudes du Var où les petits chênes se mirent à crépiter. Sur les fermes perdues des plateaux où les citernes furent tout de suite assaillies de vols de pigeons. Sur Marseille où les égouts commençèrent à fumer. à Aix, à midi, le silence de sieste était tellement grand que sur les boulevards, les fontaines sonnaient comme dans la nuit. À Draguignan, les collines renvoyaient la chaleur dans cette cuvette où se tient la ville. Il fut impossible de faire la sieste.
Les toutes petites fenêtres des maisons qui, en temps ordinaire, permettent aux chambres de rester fraîches, ils faisaient cette fois tellement chaud qu'on avait envie de les agrandir à coup de pioche pour pouvoir respirer. Tout le monde s'en alla au champ. Il n'y a pas de source, pas de fontaine. On mangea des melons et des abricots qui étaient chauds comme cuits.
Le hussard sur le toit de Jean Gionnet aux séries de fiction réalisées par Claude Mourthet en 1982 pour France Culture. Ismaël Jude, on est là aussi dans un autre des territoires où se rassemble en tout cas un grand territoire de littérature.
Oui, oui, Jean Gionnet, donc la Provence lui-même est bien sûr de Manosque. J'allais dire Aubagne, Aubagne, c'est Pagnole. Bien sûr, de Manosque. Et là, le histoire sur le toit pour nous, c'était vraiment le livre formidable. Je parle aussi de Colline dans l'Atlas parce que ce personnage d'Angelo Pardy vient d'Italie à cheval, on entendait les pas et il traverse cette Provence dévastée par la peste et donc on a beaucoup de lieux nommés, comme ça on le voit avancer et ça donne son titre au roman. Il passe une nuit sur les toits de Manosque donc c'est très très beau cette écriture du territoire.
Je suis très sensible à Jean Gionnet pour ma part et c'est vrai que c'est quelque chose de formidable d'avoir tous ses points sur la carte pour se rendre compte du grand parcours qu'il fait. Et alors ce qu'on a fait c'est qu'on l'a mis en regard avec d'autres livres qui parcourent aussi les routes de Provence. On l'a mis en regard avec Victor Hugo, Dodé, Gionnet et plus étonnant peut-être Jack Kerouac.
C'est vrai que ça m'a surpris également notamment le voyageur solitaire là aussi il y a cette idée de voyage d'itinéraire à chaque fois peut-être Ismaël Jude puisqu'on arrive au terme de notre discussion qu'est-ce que vous vous avez découvert peut-être en faisant ces cartes est-ce qu'il y a un endroit que vous ne connaissiez pas où vous avez eu envie d'aller parce que vous l'avez retrouvé dans un roman ou inversement vous êtes allé dans un endroit et puis vous avez découvert un roman qui était relié.
Il y en a énormément parce que bon l'écriture des textes de l'Atlas ne me permettait pas de me rendre partout mais il y a une ville assez étonnante c'est Brest où je ne suis pas encore allé mais que j'ai l'impression de connaître à travers Macorlan Jean Genet j'ai l'impression d'y être allé parce que c'est des écritures très sensorielles et j'ai l'impression de les connaître j'ai l'impression de connaître la brume c'est la magie de la littérature
merci beaucoup Ismaël Jude d'être venu ce matin on se quitte sur cette bande originale du film Un singe en hiver puisqu'il y a aussi tout l'imaginaire évidemment du cinéma qui peut être invoqué merci à vous d'être venu je cite d'ailleurs votre roman Une vie de jasmin chez Vertical qu'on peut également découvrir sur la planète
sur la planète sur la planète