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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 21 juin 2026 20 min

Canicule, retours de migrants déboutés du droit d'asile... Matthieu Valet dans le 8h30 franceinfo

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Invité

Bonjour Mathieu Vallée. Bonjour M. Fontaine. Bonjour M. Katte. Euro-député RN, porte-parole du parti. On va justement parler d'Europe. Dans quelques minutes, Jordan Bardella était en déplacement en Pologne cette semaine pour parler immigration. Avant cela, évidemment impossible d'y échapper. La canicule touche quasiment toute la France avec 35 départements en vigilance rouge ce matin. Près de 26 millions de personnes sont concernées par cette vigilance. C'est la fête de la musique aujourd'hui et le gouvernement a décidé d'interdire l'alcool sur la voie publique dans ces départements en vigilance rouge. Est-ce que c'est indispensable ? Oui, c'est une bonne mesure.

On sait que l'alcool ça déshydrate, on sait que l'alcool ça peut provoquer aussi in fine des coups de chaud. Moi j'aimerais bien aussi qu'il y ait avec les collectivités locales, les mairies singulièrement, des points d'accès d'eau, des points d'accès de rafraîchissement, des distributions de packs d'eau. Je pense que dans les transports en commun où les températures sont assez élevées et où, par exemple, pour Paris, puisqu'on est à Paris, la RATP en Ile-de-France ou même en province, on puisse avoir accès à des points d'eau, ce qui n'est pas le cas. Sur les quais de certaines stations à RER, vous avez jusqu'à 50 degrés.

Donc on voit que même dans les rames qui ne sont pas climatisées, c'est 40 degrés. Donc la nouvelle rame arrive par Ile-de-France Mobilité et je pense que oui, il ne faut pas être uniquement dans la surréaction liée à la canicule, mais qu'il faut anticiper comme beaucoup de sujets en France. Alors justement, on va parler anticipation dans quelques secondes, mais c'est vrai que sur cette mesure, les restaurateurs, les patrons de bars ont un peu de mal à comprendre le positionnement du gouvernement. Écoutez ce qu'en pense David Zedouna, le vice-président de l'UMI en Ile-de-France. L'UMI, c'est l'union des métiers et des industries de l'hôtellerie.

Si on s'était concerné avec les pouvoirs publics et les représentations syndicales, peut-être qu'on aurait trouvé un motus vivendi et peut-être que les étrangers n'auraient pas pris leur billet de train il y a quelques jours pour venir à Paris. Si on avait pris une décision il y a une semaine, aujourd'hui, on décide d'interdire la consommation dans les rues. Ça va être assez compliqué à gérer pour les forces de police et assez compliqué également pour nous à gérer. David Zedouna, il dit que ça va être compliqué à gérer pour les forces de police. Vous avez été policier, Mathieu Vallée. Comment on applique un tel arrêté sur le terrain ? Le but, c'est de donner un cadre légal.

C'est une contravention. On ne va pas mettre en garde d'avis évidemment des gens qui ne respectent pas l'arrêté de consommation d'alcool sur la voie publique. Ça donne un cadre légal aux forces de l'ordre. Maintenant, il va y avoir beaucoup de monde. Je ne sais pas si vous avez vu les images ce week-end. Moi, j'étais hier sur les quais de scène à Paris-Intramuros. Évidemment qu'il y a beaucoup de gens. Donc le but, ce n'est pas de faire de la fête de la musique une fête gâchée. C'est de faire une fête de la musique où il n'y a pas de drame, de drame humain. Et finalement, lié à la canicule, lié à la surconsommation d'alcool, parfois les deux.

Et donc, j'entends évidemment les représentants de l'industrie hôtelière et de restauration. Mais la réalité, c'est que la consommation est possible dans les bars, dans les restaurants. Et que je trouve que c'est plutôt sain que dans des établissements prévus à cet effet, qui reçoivent du public, qui sont prévus pour ça, la consommation d'alcool ne soit possible. Mais dans les rues, vous savez, la suralcoolisation, moi je l'ai vu en tant que policier, ça entraîne aussi souvent des bagarres, des rixes, des comportements qui ne sont pas admissibles. Et donc, avec la canicule, je trouve que pour des questions sécuritaires et sanitaires, c'est bien qu'on ait une mesure qui protège les gens.

Mais ils disent aussi que ces restaurateurs ne comprennent pas bien. Les policiers, vous savez qu'ils n'ont pas forcément accès à des points d'eau non plus. Il n'y a pas de distribution d'eau pour les 5000 policiers quasiment et gendarmes qui sont engagés à Paris, y compris aussi ceux qui vont ouvrir ce soir en province. Et donc, la réalité, c'est que les policiers et les gendarmes, ce ne sont pas des gens qui sont là pour gâcher la fête. Ils sont là justement pour la protéger. Mais justement, ces restaurateurs, ils disent qu'on ne comprend pas forcément très bien non plus. Il y a les terrasses où les clients vont pouvoir consommer. Nos clients ne peuvent pas toujours s'asseoir en terrasse.

Ils vont être dans la rue. On ne peut pas faire la police. On ne peut pas être derrière tout le monde. Ce n'est pas forcément très cohérent. Non mais d'accord. Mais en réalité, quand on a un établissement, moi, ma mère a tenu un bistrot pendant 10 ans. On gère la clientèle qui vient à l'intérieur et en terrasse. Après, le restaurateur ou le tenancier du débit de boisson n'est pas responsable de ce qui se passe de l'autre côté ou sur la rue ou sur la surface qui ne lui appartient pas. Donc, c'est aux forces de l'ordre d'être souple. Oui, bien sûr. Mais vous savez, ils le font beaucoup.

D'ailleurs, je rappelle que ce soir, il y a un meeting, une fête de la musique de la France Insoumise Place de la République. Ça prend aussi beaucoup de force mobile de quadriller la place de la République. Vous évoquez mon expérience de policier. Pourquoi le préfet de police l'avait interdit ? D'abord parce qu'il y a des risques sécuritaires et ensuite parce que ça mobilise des forces de l'ordre qui, en plus, vont devoir protéger un parti qui les déteste et qui leur tape en permanence politiquement dessus.

Est-ce qu'au-delà de cette réunion, de cet événement du côté de la place de la République, est-ce qu'au niveau national, il fallait annuler ces événements autour de la fête de la musique ? Moi, je pense que les canicules sont amenées à se succéder et malheureusement à devenir fréquentes puisqu'on en a eu il y a moins de trois semaines. Donc, on ne va pas s'interdire de vivre. Maintenant, oui, en fonction des chaleurs et des températures inégalées depuis la création, notamment de ce que j'ai vu, des alertes rouges de Météo France, il va falloir s'habituer. C'est au pouvoir public de proposer un plan dans la durée.

La ministre de la Culture, Catherine Pégard, elle appelle à une extrême vigilance. Elle dit aussi que la décision est laissée au niveau local, aux préfectures, aux municipalités. Certaines municipalités ont d'ailleurs décidé d'annuler leur événement, à Poitiers, à Brive-la-Gaillarde notamment. Est-ce qu'il fallait une décision nationale ? Est-ce que pour vous, le gouvernement manque de courage ? Non, je pense que laisser la possibilité à chaque commune d'adapter les décisions en fonction d'arrêter, c'est bien. En fait, on est dans une france jacobine où tout se décide depuis Paris. Donc, qu'un cas de général, tant mieux, notamment la consommation d'alcool qui est réglementée.

Maintenant, sur les spécificités locales, c'est bien que les maires des villes puissent, puisqu'en plus ils sont élus par leur conseil municipal, qu'ils sont in fine élus par leur conseil citoyen. On vient de passer à l'hémiscipal en mars 2026 de cette année. C'est bien que c'est les maires qui décident. Mais vous savez, aujourd'hui, la problématique des maires, ce n'est pas la fête de la musique. C'est par exemple le saccage et l'ouverture sauvage des bouches d'incendie qui réduisent le débit d'eau, qui empêchent parfois les pompiers de pouvoir sauver des gens parce que ça peut réduire la possibilité d'utiliser ces bouches d'incendie.

Et moi, je suis pour le principe, comme ça a été fait dans les Hauts-de-Seine, que lorsqu'on a des gens qui saccagent ces bouches d'incendie, qui aussi font débiter de l'eau potable, j'entends beaucoup les écologistes sur ce point-là, alors qu'ils veulent défendre les denrées rares. L'eau, c'est une denrée rare et une denrée chère. Et bien oui, je supporte que ceux qui cassent, ceux qui utilisent sauvagement ces bouches d'incendie soient les payeurs et qu'ils comprennent les parents le soient quand c'est des mineurs. Parce qu'on ne peut pas faire tout et n'importe quoi, surtout quand ça compromettre notre sécurité.

Sur cet épisode de Canicule, est-ce que vous auriez fait les choses différemment du gouvernement ? Oui, mais nous, Marine Le Pen, a un plan national de climatisation qu'on est en train de chiffrer. Alors justement. Mais vous prenez par exemple la Seine pour qu'elle soit baignable. D'ailleurs, on ne voit pas beaucoup l'ouverture de la Seine, à part le canal Sarmatin. Ça va arriver début juillet. Ça fait longtemps que ça doit arriver, puisqu'on a des problèmes pour les JO. Mais la réalité, c'est que c'est 1,4 milliard. Donc moi, je ne conteste pas le fait qu'il faut améliorer nos réseaux d'assainissement et que la Marne et la Seine devaient, en termes de qualité, être améliorés.

Mais je dis que la priorité, c'est qu'avec 1,4 milliard, on peut climatiser des écoles, compétences du maire, M. Grégoire par exemple, ou Mme Hidalgo avant la majorité à laquelle il a participé, mais par exemple aussi pour les EHPAD, les hôpitaux, les commissars, les gendarmeries, les services publics qui dépendent du périmètre de l'État et du reste du périmètre des collectivités locales. Alors justement, vous parlez du plan climatisation de Marine Le Pen. On va l'écouter. Elle a fait une déclaration sur le sujet il y a deux jours au salon Vivatec.

6:37
Matthieu Valet

Si je suis élue présidente de la République, je mettrai en place un plan massif de climatisation en commençant par les espaces où il y a les gens les plus vulnérables, les hôpitaux, les EHPAD, les écoles. L'absurdité, c'est de faire mourir les gens de chaleur.

6:54
Invité

Mathieu Vallée, ça coûte combien ce plan climatisation ? Justement, je vous l'ai dit, on est en train de refaire notre programme présidentiel pour 2027. Vous savez qu'il y a eu des réunions qui ont eu lieu, notamment à Bièvre, puisque la presse en a fait état sur ce sujet-là. Mais pourquoi on ne vous donne pas un chiffre maintenant ? Parce qu'en 2022, il y avait un programme présidentiel. Par exemple, Marine Le Pen, qui prône le nucléaire, proposait 20 réacteurs EPR, EPR2 nucléaire. Là où M. Macron en propose 8 plus 6 pour arriver à 14. Mais la réalité, c'est que le chiffrage de 2022 n'était plus que 2024, avec la dissolution. Et 2027 non plus, parce qu'on est à 3500 milliards de dettes.

Donc, on adapte notre dispositif par rapport aux contrats de butchers. Je ne peux pas vous adjure que l'ADEME, qui coûte 136 millions d'euros par an, ou même le Conseil économique, social et environnemental, qui coûte un peu moins de 40 millions d'euros, ce sont des agences et des structures. Vous avez déjà lu un rapport du CEC ? Je ne pense pas. Donc, la réalité, c'est que les économies, on va aussi les proposer pour financer nos mesures. Et je pense que la climatisation, c'est important. Alors, sur cette climatisation, Jean-Luc Mélenchon a dit qu'elle n'y connaît rien. Ça ne va faire qu'empirer les choses.

Les spécialistes expliquent que la clim, ça recrache de l'air chaud dans l'air, donc ça ne règle rien et que ça va fragiliser aussi notre réseau électrique. Est-ce que vous ne faites pas un peu fausse route sur ce sujet-là ? Non, moi, je vais vous dire, sur la climatisation, je note, par exemple, que la ministre de la Santé, elle propose un plan de modernisation des hôpitaux pour 6 milliards d'euros. Donc, vous voyez, comme quoi, les propositions qu'on fait depuis un moment sont reprises par le gouvernement. Mais bien tardivement, c'est bien dommage pour nos compatriotes, et notamment les plus vulnérables à l'hôpital. Mais M.

Mélenchon, qu'il nous propose son programme et qu'il soit déjà crédible sur les mesures qu'il propose. Sur le nucléaire, par exemple, je rappelle que nous, on propose pour l'instant une vingtaine de réacteurs nucléaires, que M. Macron en a promis 14 à long terme, 6 dans l'immédiat, et que pour l'instant, les travaux n'ont même pas commencé. Donc, la réalité, c'est que les 50% qui étaient prévus de réduire le parc nucléaire dans l'énergie française, ça a été abandonné bien tardivement. Et je rappelle aussi à M. Mélenchon, qui est plus proche des écologistes que moi, vous me le reconséderez, que la fermeture de Fessenheim, annonçée en 2012 par M.

Hollande pour acheter des voies électorales auprès des écologistes et qui a été fermée par M. Macron en 2020, ça n'a pas été une bonne chose pour la France. Alors, l'autorité de sûreté nucléaire disait que Fessenheim pouvait continuer sans parler du désastre économique et pour les ouvriers que M. Mélenchon ne défend plus. Vous dites d'un point de vue électrique, notre plan climatisation, ça peut tenir si on tient nos objectifs dans le parc nucléaire. Mais les spécialistes vous disent, d'un point de vue climatique, ça ne tient pas en revanche, parce qu'on réchauffe l'air avec des clims. D'accord, mais c'est un package.

La rénovation bâtimentaire, notamment par les plans locales de l'urbanisme que les mairies ont à s'exprimer, la végétalisation, les îlots de fraîcheur, c'est tout un package. On ne peut pas prendre des mesures individualisées. Et donc, c'est bien cette raison pour laquelle on évoque le parc nucléaire, pour être autonome dans l'électricité, mais on peut parler aussi du marché européen de l'énergie. Nous, on est pour, comme l'Espagne et le Portugal, pouvoir déroger, non pas sortir, mais déroger à ses principes pour faire baisser d'un tiers les prix d'électricité qui vont augmenter dans les mois à venir. Donc, tout se tient, en fait.

On ne peut pas faire une mesure individuelle parce qu'elles sont toutes solidaires. Vendredi, Sébastien Chenu était interrogé sur ces épisodes de canicule et il déplorait l'incapacité du gouvernement à prévoir. Il évoquait notamment des rapports du GIEC. Mais on a un peu du mal à vous suivre parce qu'en 2023, Marine Le Pen considérait que le GIEC était alarmiste. J'ai aussi retrouvé des propos d'Hervé de l'Épinot, député RN du Vaucluse, qui lui parlait de propagandiste du GIEC. Est-ce que les températures vous ont fait changer d'avis sur le GIEC ? Non, mais je pense que Marine Le Pen, à l'époque, évoquait ce catastrophisme qui ne devait pas nous rendre dans l'immobilisme.

On voulait expliquer, et moi je dis qu'aujourd'hui, évidemment qu'on reconnaît tous qu'il y a des problèmes liés à la canicule. On le vit tous au quotidien. Maintenant, la réalité, c'est qu'est-ce qu'on propose ? Donc vous avez une mauvaise vision à ce moment-là ? Non, elle avait une bonne vision dans le sens de dire qu'on n'avait pas des données consolidées. D'ailleurs, tous les scientifiques n'étaient pas d'accord sur les projections qui étaient faites de mémoire par les modèles qui étaient présentés. Certes, mais de là à parler d'alarmisme, on voit bien aujourd'hui qu'on est rattrapé par cela. Non, mais vous savez, nous on n'a pas encore exercé les responsabilités.

Le parc nucléaire, Marine Le Pen l'annonçait en 2022, le plan de climatisation. Oui d'accord, mais quand on veut exercer des responsabilités, c'est bien d'avoir une vision à long terme. Elle a une vision à long terme, mais je pense qu'aujourd'hui, ceux qui n'ont pas une vision à long terme, c'est M. Lecornu. Vous évoquez la capcette du gouvernement prévoir sur le plan narcotrafique. On voit que si on n'y est toujours pas, enfin moi je veux bien qu'on passe les amendes de 200 euros à 500 euros, mais c'est les recouvrements, qu'il faudra avoir un tiers de recouvrement. Mais autre chose, on parle du risque aussi incendie. On n'en parle pas, mais M.

Macron avait promis d'augmenter la flotte des canadaires. Vous savez aujourd'hui combien on a de canadaires ? On en a 12, et on doit passer à 14 et à 16 d'ici 2032. Les canadaires qui ont été promis il y a deux ans ne seront livrés qu'en 2028. En mars, un canadaire 2028, et en novembre 2028, et en 2032, deux supplémentaires. Mais la flotte existante est en train de vieillir, donc la réalité c'est que ceux qui ne savent pas prévoir, ce n'est pas nous. C'est le gouvernement, et quand ils annoncent des canadaires, ce n'est toujours pas livré, on n'a toujours que 12 canadaires.

Et c'est bien la difficulté, si on fait face à des feux comme on a eu au Portugal, comme on a eu dans le reste du monde. Comment on fait avec 12 canadaires, même s'il y a le système de mécanisme européen à rescue, qui nous permet d'avoir une solidarité des autres états membres ? Donc vous avez un peu révisé votre positionnement malgré tout sur le GIEC et sur ces rapports qu'on a traité de propagandistes à l'époque, en disant maintenant il faut les prendre au sérieux. Vous savez, nous on ne fait pas notre programme sur des tableurs Excel et sur des rapports, on fait notre programme sur des réalités, sur des professeurs.

Je crois qu'on est le parti qui présentons le plus de gens ici dans la société civile. Mais M. Mélenchon, il présente qui, il a parlé même. M. Mélenchon n'a rien dit à propos du climat, en tout cas, il n'a pas fait de prévision. M. Mélenchon a rien dit, c'est bien de le reconnaître parce qu'il s'est converti à l'écologie pour des raisons lectorales, des raisons de le reconnaître. Mais la réalité, c'est que nous, on en parle depuis le début et que les projections, vous l'avez reconnue, n'étaient pas fiables. Donc nous, on essaye de se baser sur des rapports incontestables lorsqu'il s'agit de faire des politiques publiques. La réalité, c'est ça.

Mathieu Vallée, eurodéputé Rennes, vous restez avec nous dans quelques instants. On va parler d'Europe avec vous. Ce sera après le rappel de l'info avec Antoine Jeffin.

12:35
Présentateur

La canicule s'intensifie. 35 départements en vigilance rouge à partir de ce midi. Du jamais vu dans ses proportions, 45 sont en orange. À 5h du matin, il faisait déjà 26 degrés à Bourges, jusqu'à 40 attendus cet après-midi à Bordeaux, 39 à Lyon, 38 à Paris, 37 à Strasbourg et 36 degrés à Rennes. Conséquence de cette chaleur extrême, la consommation d'alcool est interdite aujourd'hui sur la voie publique dans les départements en rouge. Sécurité renforcée dans l'agglomération parisienne. Pour la fête de la musique, 2500 pompiers mobilisés, 4800 policiers et gendarmes déployés. Iran et Etats-Unis autour de la table des négociations. Elles débutent aujourd'hui dans les Alpes-Suisses.

Les délégations sont arrivées ce matin au lendemain de ces frappes israéliennes au Liban qui ont fait au moins 23 morts malgré le cessez-le-feu. En réponse, Teheran dit avoir fermé le détroit d'Hormuz. Au Mondial de football, c'est fini pour la Tunisie. Corrigé 4 à 0 par le Japon ce matin. Les aigles de Carthage sont éliminés. L'Allemagne, elle, jouera les 16e de finale grâce à sa victoire sur le fil contre la Côte d'Ivoire. 2 buts à 1, 0 à 0 entre Curaçao et l'Équateur.

13:44
Invité

France Info Avant de parler d'Europe, Mathieu Vallée, je voulais évoquer avec vous ce meeting hier de Bruno Retailleau qui a réuni selon son parti entre 5 et 6 000 personnes à Paris au Parc Floral. Vous l'avez trouvé comment le candidat des Républicains ? Fatigué. La réalité, c'est qu'il a été un an à Beauvau et qu'il n'y a pas eu de résultat probant sur la lutte contre l'insécurité, sur la lutte contre l'immigration. Il nous explique qu'il a été empêché par une absence de majorité à l'Assemblée. Il ne l'a pas découvert en arrivant à Beauvau et par une fêtée qu'Emmanuel Macron est macroniste. Hier, il a dénoncé les causes qu'il a contribué à chérir durant un an à Beauvau.

Je vois par exemple que sur la réforme de la police judiciaire, je vois par exemple que sur les moyens alloués aux forces de l'ordre qui sont annoncés en diminution dans le budget rectificatif du gouvernement, il n'a pas changé le quotidien des policiers et des gendarmes, encore moins le quotidien des gens les plus modestes dans les quartiers où on a du narcotrafic, où on a du rodeo, où on a d'occupation de l'immeuble. Donc oui, quand on va à la gamelle, il faut être certain d'avoir et le soutien politique et le soutien du président de la République et du Premier ministre, ce qui n'a pas été le cas durant un an.

C'est bien pour ça qu'il est parti d'ailleurs, parce qu'il n'a pas pu caser ses amis au gouvernement. Donc ça a été désastreux tant sur son arrivée que sur son départ. Rappelez-vous ce tweet qui a mis en branle la Ve République et pour la première fois dans l'histoire de la composition d'un gouvernement. Du côté du Parlement européen, pourtant vous avez voté, vous, eurodéputé du Rassemblement national, comme des eurodéputés, des républicains.

Cette directive retour qui a été votée mercredi par le Parlement européen, avec ces hubs de retour qui doivent être mis en place, alors ça va être échangé et négocié avec les différents pays, mais François-Xavier Bellamy, il a directement négocié avec vous. Est-ce que l'immigration, c'est le ciment entre le Rassemblement national et les républicains ? Non mais la défense de la nation française, c'est le ciment entre tous les républicains qui aiment la France, sa patrie, qui veulent défendre en fait son identité, ses libertés et sa culture. Mais il y a eu une union des droites au Parlement européen.

Non mais il y a eu une union pour défendre les intérêts de la France et qui se sont aussi évidemment raccrochées avec celles des États-nations que nous appelons de nouveau. Donc là pour une fois, on a fait changer le braquet des technocrates bruxellois et strasbourgeois. On a simplement dit que notre parti est arrivé en tête aux élections européennes, ça ne vous a pas échappé, et que l'une des problématiques majeures qu'ont évoquées les électeurs qui ont porté la voix sur Jordan Bardella, c'était la lutte contre l'immigration. D'ailleurs j'ai entendu Manon Aubry qui parlait de déportation, alors qu'en fait la traduction en termes anglais c'est expulsion.

Donc je trouve qu'instrumentaliser ces votes et cette politique, c'est ignoble et ce n'est pas la hauteur des résultats politiques. On va parler de cette directive retour, mais qu'est-ce que vous dites aujourd'hui à François-Xavier Bellamy ? Est-ce que vous lui dites de rejoindre le Rassemblement national ? Mais nous on veut que tous les patriotes de gauche comme de droite puissent rejoindre notre parti. et que François-Xavier Bellamy, moi j'ai l'occasion de parler avec le Parlement européen sur la sécurité, sur l'autorité, sur la souveraineté, sur l'immigration, il a beaucoup de positions communes.

Mais la réalité c'est qu'ils ne sont pas au chagrin au niveau du PPE qui est le Parti Populaire Européen auquel appartient les LR. Vous avez le général Gomart qui est un grand général de l'armée française, vous avez M. Bellamy, vous avez Mme Morano, donc ils ne sont plus excessivement nombreux, ils ont fait 6 élus aux dernières élections européennes, donc il n'y a pas de mépris, simplement on en a fait 30. Donc nos voix portent plus pour les Français que ceux des LR dans le PPE.

Sur ces centres de rétention hors d'Europe, alors ça concerne en fait, l'objectif c'est de mettre en pratique ces OQTF, ces obligations de quitter le territoire français, dont seulement 20% sont aujourd'hui mis en oeuvre dans l'Union Européenne. Gérald Darmanin il dit que ces centres de rétention hors d'Europe, ça n'a pas marché pour l'instant, pourquoi ça ne peut marcher aujourd'hui ? Je vois que c'est 27% dans l'Union Européenne et c'est 10% au niveau de la France, mais c'est quand même assez loufoque, mais en même temps tellement cohérent de M. Macron, qui est soi-disant pro-européen, de dire qu'il ne va pas respecter... Pourquoi ça marcherait aujourd'hui ?

Non mais c'est surtout que ça ne vous a pas choqué de voir que le président de la République, qui nous dit qu'il faut respecter les institutions européennes et la voie du Parlement européen qui est la voie des peuples, disent qu'en fait il ne va pas appliquer une directive qui a été adoptée par le Parlement européen, mais on a l'habitude, c'est la copine de Mme von der Leyen, pareil pour le Mercosur, avec d'ailleurs même la France insoumise qui s'en est offusquée, on a demandé que ce traité soit déféré devant la justice de l'Union Européenne avant qu'elle soit appliquée et ils l'ont quand même appliqué, donc ils ne respectent rien. Voilà, et M.

Macron, il est pour l'immigration de projet, nous, ce n'est pas un projet. Et la réalité, c'est pourquoi ça va changer les choses ? Parce que d'abord, il y a le rétablissement du délit de séjour irrégulé qui a été supprimé par M. Hollande en 2012, ensuite, les votes de recours ne seront plus suspensifs pour l'exécution de l'expulsion et les pays de chair sûre, évidemment qu'on ne va pas envoyer d'immigrants dans des pays en guerre, dans des pays où leurs droits sont compromis. Quels seront ces pays ? Eh bien, on est en train de les définir, mais vous avez un certain nombre de pays qui sont favorables à accueillir ces migrants et dans lesquels on n'a pas de difficultés.

Mais moi, je veux bien que, par exemple, sur l'Afghanistan ou la Syrie, on reçoit des dirigeants, notamment en France, avec le grand tapis rouge, et qu'après, on nous explique que ce n'est pas des démocraties, mais il faut être cohérent dans la politique étrangère et dans la manière dont on a considéré les pays. Mathieu Vallée, un dernier mot, la visite de Jordan Bardella en Pologne, cette semaine, à la frontière polonaise, c'est déjà la visite d'un candidat à la présidentielle ? C'est la visite de quelqu'un qui représente notre groupe des Patriotes pour l'Europe au niveau de l'Union Européenne.

Vous savez qu'à Varsovie, vous avez le siège de Frontex, dont Fabrice Légérie, un de mes amis et collègues du Parlement européen, en a été le directeur pendant presque six ans. Donc, on a été voir Frontex pour voir comment mieux protéger les frontières, comment mieux leur donner des instructions et mieux les équiper si on arrive aux responsabilités. Et oui, il a été reçu par le président de la Pologne, qui d'ailleurs, M. Attal, aurait pu se garder cette polémique inutile en faisant croire que la décoration qui avait été accordée au président Zelensky était retirée suite à la visite de M. Bardella, alors que c'était retiré parce que M. Zelensky a effectivement retiré une... Oui, parce que M.

Zelensky a promu des gens dans son pays qui sont en totale contradiction avec les valeurs de la Pologne et que ça n'a rien à voir avec M. Bardella, pour faire simple. Merci à vous, Mathieu Vallée, eurodéputé RN. Merci, Majid. Cette interview est à retrouver en intégralité sur notre page YouTube. L'info continue sur France Info. Bonne journée.