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InterviewRadio Classique — L'invité de la matinale (sur Podcast)· 1 novembre 2023 17 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéInstitutions & électionsSolidarités & famille

Haïm Korsia, Grand Rabbin de France

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36OuverteRéponse directe

    Que vous inspire le regain des actes antisémites en France ?

  • 2:23OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'on peut être juif en France, en ce moment, sans avoir peur ?

  • 3:10OuverteRéponse directe

    Un Shabbat mondial où il a été demandé de laisser une place vide à table. Chez les catholiques et dans la France traditionnelle, on disait que c'est la place du pauvre au cas où il toquerait à la porte. Vous vous dites que c'est la place de quelqu'un qu'on pourrait inviter ou c'est la place de l'absent auquel on pense ?

  • 3:52OuverteRéponse directe

    Comment la communauté dont vous êtes en charge se comporte aujourd'hui ? Est-ce qu'elle tombe la kippa ? Est-ce qu'elle rase les murs ?

  • 5:31OuverteRéponse directe

    La lutte contre l'antisémitisme, grande cause nationale. Vous y pensez ?

  • 7:15OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est votre sentiment, ce sentiment de solitude exprimé, notamment sur les réseaux sociaux ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49Invité politiqueChiffre
    « il y a eu plus de 800 faits antisémites en France. »
  • 0:53Invité politiqueChiffre
    « il y a eu plus de 400 interpellations. »
  • 1:50Invité politiqueFait
    « une demi-heure après, une demi-heure après, le fait qu'on signale les choses, la personne était interpellée. »
  • 5:40Invité politiquePromesse
    « Je fais la demande depuis quelques temps. Je le formalise aujourd'hui très clairement. »
  • 5:49Invité politiqueFait
    « Quand le Président Jacques Chirac estime que 12 000 morts par an sur les routes, c'est inadmissible, on met tout en marche, tout, tout ce qui est possible dans l'État. »
  • 6:13Invité politiqueChiffre
    « on passe de 12 000 morts à ce qui est encore insupportable, 3 000 morts. »
  • 6:41Invité politiqueChiffre
    « compte tenu du nombre que nous sommes dans la société, on a maintenant plus de 80% des faits de racisme en France. »
  • 8:10Invité politiqueFait
    « la haine vient de petits groupes, soit par atavisme, soit par calcul politique, soit par haine de ce que le judaïsme peut représenter. »
  • 10:07Invité politiqueFait
    « La gauche, comme la droite aujourd'hui parlementaire, défend la République. »

Temps de parole

  • Invité politique73 %
  • Présentateur26 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Présentateur

Rahim Korsia, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Je le rappelais à l'instant, vous êtes grand rabbin de France. Depuis les attaques terroristes et les massacres du Hamas en Israël et la riposte d'Israël à Gaza, on assiste désemparé à un regain des actes antisémites. Des étoiles de David taguées au pochoir à Paris, en Ile-de-France. L'antisémitisme décomplexé sur les réseaux sociaux. Autrefois, Rahim Korsia, sur les murs, on voyait des croix gammées. Aujourd'hui, des étoiles de David, cette évolution n'est pas anodine. Que vous inspire-t-elle ?

0:36
Invité politique

Tout d'abord, sur ces étoiles de David dans Paris, on ne sait pas ce que c'est. Il faut laisser l'enquête se faire. Je dois dire que le ministère de l'Intérieur ou la préfecture de police de Paris font un travail assez extraordinaire. Parce que, vous avez raison, il y a eu plus de 800 faits antisémites en France. Sauf que, grande nouveauté, il y a eu plus de 400 interpellations. Ce qui donne raison à votre analyse. Ça, c'est nouveau. C'est nouveau parce qu'il y a une réplique rapide et on attend maintenant les sentences fermes. Alors, c'est nouveau parce qu'il y a le sentiment que ce n'est pas anodin. On n'est pas dans quelque chose d'acceptable.

Donc, le gouvernement prend cela très, très au sérieux et sur cette histoire d'étoile de David qui entretient une sorte de peur. Parce qu'on ne sait pas ce que c'est. Parce que les gens ont l'impression d'être stigmatisés. Parce qu'il y a des juifs qui habitent dans ces immeubles et ils se sentent comme repérés, presque suivis. J'ai entendu le témoignage d'une femme hier qui disait « Comment ils ont su que j'étais là ? Ils me suivent ? » Donc, ça crée vraiment une sorte de panique. Et de toute manière, l'ambiance n'est pas à la franche gaieté. Mais, il faut juste noter les efforts et la fermeté réaffirmée du gouvernement.

J'ai pu le mesurer, par exemple, avec un rabbin qui a été, sur les réseaux sociaux, menacé de manière très violente. Une demi-heure après, une demi-heure après, le fait qu'on signale les choses, la personne était interpellée. Donc, je crois qu'il y a une vraie mobilisation de l'État. Et, dans ce flot d'actes antisémites, on a tous une sorte de message de tous nos concitoyens qui fait chaud au cœur.

2:16
Présentateur

Raim Korsia, vous avez dit « L'ambiance n'est pas à la franche gaieté ». J'admire votre sens de l'halitote. Est-ce qu'on peut être juif en France, en ce moment, sans avoir peur ?

2:27
Invité politique

Je vous pose une autre question, ce qui est le propre des ramains. Est-ce qu'on peut être juif sans avoir peur ? Tout court. Au fond, quand je dis qu'on n'est pas dans une franche gaieté, c'est que nous avons fait, malgré tout, et c'est ce que je fais en ce moment, en tournant partout en province, on fait le choix de maintenir les activités, de maintenir, par exemple, le samedi prochain, le Shabbat mondial, qui est un Shabbat, l'initiative d'un grand rabbin d'Afrique du Sud, qui tenait à ce que... On essaie de partager ce moment hors du temps.

Ce moment où on peut prendre un peu en considération ce que nous sommes, le rapport aux autres, ne puits être enfermés dans cette prison informatique qui nous enferme, qui nous empêche d'être en contact avec les autres.

3:10
Présentateur

Un Shabbat mondial où il a été demandé de laisser une place vide à table. Chez les catholiques et dans la France traditionnelle, on disait que c'est la place du pauvre au cas où il toquerait à la porte. Vous vous dites que c'est la place de quelqu'un qu'on pourrait inviter ou c'est la place de l'absent auquel on pense ?

3:25
Invité politique

Exactement, c'est la place de l'absent. Et j'ai demandé à tous les fidèles de garder cette place vide dans les grands repas communautaires, à la maison. Mes amis catholiques, protestants et orthodoxes ont accepté de relayer l'information. Le principe, c'est chez soi, d'avoir une chaise vide pour les otages qui nous manquent, qui manquent à l'humanité. Et ce n'est pas une démarche confessionnelle, c'est juste une démarche humanitaire.

3:47
Présentateur

Vous avez dit vos amis catholiques, orthodoxes, musulmans aussi. Musulmans aussi. Comment la communauté dont vous êtes en charge se comporte aujourd'hui ? Est-ce qu'elle tombe la kippa ? Est-ce qu'elle rase les murs ? Est-ce qu'elle enlève la mésouza, ce symbole religieux qui est fixé au chambre de la porte d'un habitat habité par des juifs pratiquants ? Faut-il disparaître pour être un français juif en sécurité ?

4:08
Invité politique

Vous avez raison de poser la question. Ma réponse, c'est non. Mais la communauté se pose la question. Beaucoup de monde se pose la question. Ce n'est pas acceptable que pour sortir d'un magasin, on préfère prendre un sac neutre plutôt qu'un sac marqué, je ne sais pas moi, cachère, je ne sais pas quoi. Donc, le fait de se poser la question, c'est déjà une réponse. L'ambiance n'est pas à la sérénité. Mais quand je vous disais est-ce qu'on peut être juste en avoir peur, ce n'est pas la peur panique. C'est une forme d'inquiétude sur le monde. On n'a jamais été déconnecté du monde. On voit bien que le monde est en tension, que la violence fait son apparition.

Mais nous, nous sommes toujours, j'allais dire les précurseurs, si nous sommes victimes de violences, ce qui est le cas aujourd'hui, vous l'avez dit avec les chiffres, alors la société sera victime de violences à très, très court terme. Et on le voit. Donc, la seule solution, c'est d'avoir une vraie volonté collective de lutter contre cela, de ne rien laisser passer, de défendre les gens. Si vous voulez, qu'est-ce que c'est un acte anti-sémite ? C'est quelqu'un qui vient hurler sa haine à quelqu'un, qui vient peut-être molester, frapper, agresser quelqu'un, et que personne ne réagisse. Et c'est ça. L'antisémitisme, c'est quand personne ne réagit.

Sinon, on tombe sur un antisémite qu'on doit sanctionner de la manière la plus ferme possible ce que l'État a fait.

5:23
Présentateur

Rahim Korsia est l'invité de la matinale de Radio Classique. Il est grand rabbin de France. La lutte contre l'antisémitisme, grande cause nationale. Vous y pensez ? Déclarer grande cause nationale par le Président de la République comme on a déclaré le cancer, grande cause nationale, ou la lutte contre l'insécurité routière ?

5:40
Invité politique

Oui, je fais la demande depuis quelques temps. Je le formalise aujourd'hui très clairement, parce que vous avez pris l'exemple de la sécurité routière, vous avez raison. Quand le Président Jacques Chirac estime que 12 000 morts par an sur les routes, c'est inadmissible, on met tout en marche, tout, tout ce qui est possible dans l'État. C'est-à-dire que vous et moi, on perd probablement des points sur notre permis, on a des PV, on se fait des fois saisir les voitures parce qu'on a des excès de vitesse insupportables. Bref, on passe de 12 000 morts à ce qui est encore insupportable, 3 000 morts. Mais ça veut dire qu'on divise le chiffre par 4.

Donc, moi je pense que quand on déclare un objectif grande cause nationale, on met tous les rouages de l'État et de la société au service de cela. Je passe un peu... Et ce n'est pas au service des Juifs. C'est au service de ce qu'est la société. Encore une fois, il ne s'agit pas de dire on va protéger les Juifs. La vocation de la République, c'est de protéger tous les citoyens. Mais dans la mesure où les Juifs sont victimes d'actes particuliers, parce que compte tenu du nombre que nous sommes dans la société, on a maintenant plus de 80% des faits de racisme en France, c'est donc un objectif de l'ensemble de la société

6:50
Présentateur

d'expurger le mal d'elle. Je passe un peu de temps sur les réseaux sociaux, ça fait partie aussi de mon métier. Je lis des messages de personnes appartenant à la communauté juive qui estiment que la solidarité est insuffisante, que les messages de soutien des non-juifs, des artistes, sont assez peu fréquents, que quand il y a une manifestation de solidarité avec les victimes des massacres en Israël, il y a peu de non-juifs qui se joignent au cortège. Est-ce que c'est votre sentiment, ce sentiment de solitude exprimé, notamment sur les réseaux sociaux ?

7:21
Invité politique

Moi, j'ai vraiment reçu, et j'ai tourné beaucoup en province là. J'ai vu partout des gens qui recevaient des messages de l'ensemble des citoyens, des citoyennes, des personnes officielles, détentrices d'un mandat électif, les cultes, tout, tout le monde. une forme de sentiment, de partage de souffrance. Ce qui s'est passé en Israël le 7 octobre, cette haine, cette violence, cette inhumanité manifestée, pire peut-être, cette inhumanité revendiquée, a percuté l'ensemble de celles et ceux qui croient en l'homme. Et donc, par nature, ils ont exprimé leur soutien, et les sondages le montrent en ce moment.

Alors, la haine vient de petits groupes, soit par atavisme, soit par calcul politique, soit par haine de ce que le judaïsme peut représenter, c'est-à-dire l'altérité. En fait, le judaïsme, c'est toujours le même qui est différent. Vous voyez, le même qui est différent, c'est inquiétant. Quelqu'un qui est différent, il est différent, mais le même qui revendique une différence, c'est insupportable pour des sociétés qui se massifient. Or, et vous avez raison, vous en êtes un spécialiste depuis longtemps. Le monde d'Internet, c'est-à-dire les réseaux sociaux, massifie les pensées. Et donc, les gens ne peuvent pas avoir une sorte d'ouverture, une sorte d'altérité dans la pensée sur Internet.

Et donc, ils s'enferment là-dedans. Mais écoutons la voix de celles et ceux qui nous tendent la main, d'un regard, parfois d'un mot, dans la rue. Évidemment, sur le téléphone, moi je le vois. Si vous voulez, quand vous avez des gens qui n'ont rien de juif, des Arméniens, je pense à un Arménien, un ami Arménien, qui m'envoie un message qui me dit écoute, si tu organises quelque chose pour protéger les synagogues, je veux venir protéger la synagogue de mon quartier. Ça m'a touché. C'est nouveau ça ? Écoutez, c'est touchant et je n'ai pas eu souvent ce genre de message.

9:23
Présentateur

Réme Corsia, est-ce que vous avez regardé ? Je comprends.

9:26
Invité politique

Pardon, je comprends le sentiment de solitude parce qu'il n'y a rien de pire. C'est Louis Wiesel qui dit ça. L'inverse de l'amour n'est pas la haine, c'est l'indifférence. Ce sentiment d'indifférence des autres, c'est très dur. Il y a des gens qui pratiquent l'antimétisme, il y a des gens qui sont éminemment dans le soutien et il y a des gens qui sont neutres entre les deux. C'est peut-être les pires.

9:47
Présentateur

Depuis le 7 octobre, la France insoumise à gauche est empêtrée dans le procès qui lui est fait de n'avoir plus... Vous dites à gauche, pardon ? Elle se situe à gauche, traditionnellement.

9:57
Invité politique

Elle est d'abord dans l'extrême gauche, elle est dans la... Quand on sort de l'expérience républicaine, on ne peut plus être dans ce qu'est la gauche, c'est-à-dire celle qui a défendu la République. La gauche, comme la droite aujourd'hui parlementaire, défend la République. Donc, se dire de gauche, c'est défendre la République. Or, ce n'est pas briser ce qu'est la République, ce n'est pas briser l'espérance humaniste de la République. Ce que fait la France insoumise. Donc, mettez-la où vous voulez, mais pas dans la gauche.

10:23
Présentateur

En tout cas, cette France insoumise est empêtrée dans le procès qui lui est fait de n'avoir pas condamné clairement les attentats terroristes et le Hamas comme organisation terroriste. Jean-Luc Mélenchon a parlé d'une présidente de l'Assemblée nationale et Elbrun Pivet qui campait à Tel Aviv. Le mot « camper » est spécial et Hervé Gatégno va en parler dans sa revue de presse dans 5-10 minutes. Est-ce que vous avez malgré tout, vous qui êtes un homme d'église mais un homme de dialogue, eu des contacts récents avec des représentants de la France insoumise que vous venez de sortir de l'arc républicain ?

10:59
Invité politique

Mais parce que certains membres de la France insoumise ne se sentent pas, ne se reconnaissent pas dans les outrances insupportables. Vous avez parlé avec Mélenchon. Certains m'envoient des messages. Après, moi, si vous voulez, je connaissais comme tout le monde les engagements républicains de Jean-Luc Mélenchon, sa culture, sa capacité à maîtriser le verbe, les mots qu'il utilise sont toujours pesés pour faire mal. J'ai vu Yelmbrou le Pivet qui est venu lundi inaugurer un camp qu'on avait oublié en France à Thiel en Lorraine.

et j'ai vu comment des citoyens et des citoyennes venaient autour d'elle parce qu'eux ont ressenti l'agression insupportable contre elle et ces citoyens venaient simplement lui dire nous sommes votre bouclier, votre rempart. C'est donc qu'il a voulu lui faire mal, il a voulu la sortir de sa citoyenneté naturelle, peu importe ses origines, ce qu'elle est. C'est gravissime et surtout quand on connaît la capacité de choisir les mots de Mélenchon. Donc je pense que là il y a quelque chose de grave qui se passe.

12:12
Présentateur

Vous avez un message à faire passer à Mélenchon ou finalement

12:15
Invité politique

vous baissez

12:16
Présentateur

le rideau ?

12:17
Invité politique

Non, je ne baisse pas le rideau, je dis simplement il sait très bien et je vois bien qu'au cœur de ceux qui sont engagés avec lui dans ce mouvement qui est un mouvement politique à un moment qui avait vocation à regrouper des gens et ce qui a fonctionné d'ailleurs, eh bien il y a des outrances qui sont inadmissibles et notamment le fait de ne pas être capable de dire clairement que ce qui s'est passé le 7 octobre en Israël ces assassinats et ces massacres n'avaient rien d'autre que l'image horrible du terrorisme de la haine absolue et de l'antisémitisme.

12:48
Présentateur

Marine Le Pen entend se poser en meilleur rempart contre l'antisémitisme en tout cas au sein de l'hémicycle que vous inspire ce soutien qui séduit parmi les membres de la communauté juive.

12:59
Invité politique

Le meilleur rempart contre l'antisémitisme c'est la République. Personne n'est le protecteur des Juifs. C'est fini ce temps où on se plaçait sous les auspices d'un comte d'un baron ou d'un suzerain local pour bénéficier de sa protection. La seule qui nous protège c'est la République c'est-à-dire la police c'est-à-dire la République au sens de vous et moi la solidarité nationale. c'est à la fois l'État et les citoyens et les citoyennes qui ne doivent pas accepter cette stigmatisation ce rejet cette violence.

13:33
Présentateur

Vous croyez en sa sincérité ?

13:34
Invité politique

Je crois simplement à la force de la République et moi je n'ai pas donné des certificats de sincérité aux uns aux autres je dis simplement je crois en la République je crois donc en la fraternité je crois en l'accueil de l'étranger je crois dans des règles pour cet étranger qui est ici je crois dans un état de droit.

13:54
Présentateur

Réme Corsia grand rabbin de France invité de cette matinale on continue de prier dans les synagogues pour qui pour qui et pourquoi prie-t-on dans les synagogues de France ?

14:05
Invité politique

Dans les synagogues de France c'est tous les samedis on récite une prière qui est la prière pour la République. C'est un moment éminent de foi et une façon de dire si on croit notre parole est aussi une action et donc on veut agir pour cette République en priant pour elle en remerciant les forces de l'ordre des soldats en s'engageant aussi par notre action à continuer à bâtir la République on s'engage pour bâtir la société.

14:30
Présentateur

Alors est-ce qu'on prie pour les otages du Hamas ? Est-ce qu'on prie pour les victimes civiles palestiniennes ? Est-ce qu'on prie pour l'armée israélienne ?

14:39
Invité politique

On prie pour que la paix advienne une paix qui ne soit pas une paix ponctuelle et qui sera à nouveau fracassée par le vacarme des armes et de la haine on prie évidemment pour que les otages reviennent c'est le principe dont on a parlé tout à l'heure avec la chaise vide c'est-à-dire on prie pour que le monde retrouve une forme de sérénité que la Bible nous invite déjà à rêver par notre aspiration et si on peut le vivre par la prière c'est aussi une forme d'action.

15:11
Présentateur

Rahim Korsia grand rabbin de France un humoriste de la radio publique a fait une blague et qui a scandalisé en traitant Benyamin Netanyahou de nazi sans prépuce ce à quoi la rabbine Delphine Orvilleur a répondu qu'il fallait circonscrire son temps d'antenne jeu de mots à peine voilé l'humour juif est-il encore une ressource dans la période que nous vivons et vous n'en manquez pas d'humour ?

15:34
Invité politique

Évidemment parce que dans un texte que j'aime beaucoup Gladiator très important film un film alors ?

Oui c'est un texte aussi c'est une forme de culture collective partagée avec en plus il y a une musique de Hans Zimmer à tomber par terre il dit quand la mort vient la seule chose qu'on peut faire c'est smile back sourire en retour en fait quand la violence vient on se confronte à cette violence tous ensemble mais si vous voulez cette blague de cet humoriste venant dans un contexte où ça légitime un autre tweet par exemple d'un sportif français qui compare Netanyahou à Hitler je crois qu'on ne peut pas tout dire d'une certaine manière en légitimant dans des temps où la haine est aussi ouverte sans vergogne on ne peut pas tout légitimer par certaines blagues je trouve qu'il aurait pu dire les choses différemment s'il aurait envie de faire rien là-dessus

16:31
Présentateur

Rahim Corsia grand rebat de France merci d'avoir parlé aujourd'hui sur l'antenne de Radio Classique à suivre le rappel des titres la revue de presse d'Hervé Gatégno et nos esprits libres à 8h40 l'académicien Marc Lambron et la journaliste politique Nathalie Saint-Cricq pour la première fois parmi nous elle publie l'ombre d'un traître l'histoire d'un faux résistant qui a failli être enterré au Mont Valéria et encore une fois à une conscience

16:52
Locuteur

merci d'avoir regardé cette vidéo !